Sabre au Claire !
Ce billet m'est fortement déconseillé. Par tout le monde, même par mon épouse. Le blog doit avoir sa galanterie. On n'attaque pas les femmes, on leur rend hommage ou on les passe sous silence. Elles désirent l'égalité et on n'aurait pas le droit de les critiquer, comme les hommes, dès lors qu'elles s'exposent, travaillent, protestent et s'illustrent. Elles souhaitent les bienfaits de l'action et le confort de l'inaction, l'avantage de la puissance et la volupté de l'impuissance. Tout et son contraire. Etre traitées comme des partenaires, des rivales mais choyées comme des reines. Etre attaquées sans l'être.
Je me souviens. Il était honteux de m'être moqué du "jeunisme" d'Arielle Dombasle et de l'affectation intellectuelle de Carole Bouquet. Evidemment, j'avais célébré Isabelle Huppert mais cela ne faisait pas oublier ma grossièreté.
Je dois en arriver à Claire Chazal, mon grand souci. Certes, à plusieurs reprises, j'ai dénoncé sa pudeur à éclipses, ses histoires sentimentales vendues toujours de la même manière, la publicité dont elle raffole et dont elle a besoin et ses accès de révolte contre les mêmes médias qu'elle a sollicités. Mais, au fond, tout ce cirque ridicule et dérisoire n'a pas la moindre importance. Ce qui compte, c'est l'image qu'elle offre d'elle lorsqu'elle présente le journal télévisé le plus regardé d'Europe, celui de TF1. Nonce Paolini me semble lucide, raisonnable et capable de comprendre où est l'intérêt, même l'honneur de sa chaîne. D'autant plus que, cité par le Parisien, Robert Namias souligne qu'une réflexion est en cours sur le format et le contenu du 20 heures. Il suffira d'un petit effort supplémentaire.
Encore des scrupules, pourtant. Claire Chazal, on la voit en permanence dans les réceptions, seule ou accompagnée. Elle y rencontre la plupart des personnalités que, l'air sérieux, elle tentera de questionner, notamment durant le supplice du dimanche soir - pas pour elle mais pour les téléspectateurs. Qui peut oser s'en prendre à une telle professionnelle courtisée, qui maintenant fait du théâtre et est de toutes les fêtes ? Il est suicidaire d'émettre la moindre réserve sur une telle institution médiatico-mondaine dont, pourtant, dans la liberté des propos, je n'ai jamais entendu quiconque dire du bien. Parfois, seulement, une approbation du genre : ce soir, elle est bien coiffée.
Heureusement, la rubrique de Dominique Dhombres dans le Monde me donne du courage. Ce journaliste la prend à partie avec acidité et esprit pour sa relation minimaliste de l'affaire Benamou, tellement attiédie qu'elle ne cite même pas le nom de ce dernier. Puisque la brèche est ouverte, je vais m'y engouffrer à sa suite.
Qu'on aime ou non l'information que diffuse TF1, cette chaîne, quoique en baisse paraît-il, domine largement ses concurrentes et mérite de grands présentateurs. PPDA fait l'affaire. Il a même trouvé récemment des soutiens vigilants pour le défendre contre les retombées perfides d'une dénonciation livresque anonyme.
Mais Claire Chazal ? On m'a parlé de l'interview catastrophique de l'avocate de Kerviel, il y a quelque temps. J'ai encore dans la tête l'entretien avec le Premier ministre, dimanche soir. Mais comment peut-on être aussi mauvaise, aussi vague, aussi approximative ? Est-on obligé de baisser les yeux pour lire des mots, des phrases, des interrogations d'une banalité affligeante qui imposeraient le visage levé ? Le drame c'est qu'elle n'est pas loin d'entraîner l'interlocuteur dans sa chute, dans son désastre. Pour être bon voire brillant, un invité, artiste ou politique, a besoin de s'appuyer sur autre chose que de la bouillie complaisante et des interruptions mécaniques, juste pour donner l'illusion d'un journalisme combatif. Même pas de la connivence, seulement de l'indigence. François Fillon est parvenu tant bien que mal à donner l'apparence d'un dialogue à ce qui était un pitoyable épisode baptisé entretien de fin de journal.
Les responsables de TF1 regardent-ils leur journal en fin de semaine ? Il n'est pas concevable que normalement constitués, intellectuellement structurés, ils ne réagissent pas devant la prestation de la plus mauvaise intervieweuse qui soit. Je ne doute pas une seconde que, pour peu qu'elle soit enfin menacée, on la reverra dans les magazines avec force éloges grotesques sur sa personnalité, ses lectures, ses amours et que ses amis se mobiliseront pour elle. Le triste, en France, c'est que la médiocrité trouve toujours des alliés et des abris. Je ne veux même pas parler des talents évidents, notamment féminins, qui pourraient la remplacer si elle n'était pas protégée par une réputation entretenue artificiellement au sein de médias complaisants et intéressés. Sans gonfler l'importance de mes piques, elles auront au moins le mérite d'attirer l'attention sur cette tradition qui veut que dans les métiers d'exposition et de pouvoir, loin que l'insuffisance soit un motif d'exclusion, elle représente au contraire, souvent, une sauvegarde. Le temps valide ce que l'absence de talent n'a pu démontrer.
Je ne vois pas comment j'aurais pu me scandaliser de la compétence professionnelle de Claire Chazal sans parler de celle-ci. Il se trouve que c'est une femme et qu'elle le fait beaucoup trop savoir.
TF1, avec elle, ce n'est pas de l'information mais de la décoration.
Je suis tombée et le mot est à prendre au propre comme au figuré sur ce "sabre au Claire" ! Diable ! Que vous a fait Claire Chazal ? Vous semblez, comme un confrère du Monde, lui vouer une haine féroce !!! Un poste convoité que celui du JT et qui suscite des jalousies... Combien de confrères de la presse écrite n'ai-je entendu la blâmer elle et TF1... Que lui reproche-t-on ? De durer, d'être une femme, d'avoir des relations haut placées ?
A travers elle, Monsieur, je me sens insultée ! Je tiens juste à vous rappeler que Claire Chazal a animé une émission culturelle sur Pink TV, anime aujourd'hui une émission sur Radio Classique et, ne vous en déplaise, est époustouflante en ce moment au Théâtre du Petit Montparnasse dans la lecture du journal d'Helen... Un conseil : allez la voir !
Rédigé par: ulzhan | 02 avril 2008 at 08:54
@Véronique
«まあ、お抹茶でも一服いかがですか。 »
Semble dire la baronne à Céleste : http://www1.odn.ne.jp/~cas30550/img/aisatu-o.gif
Ce qui sous-entend en la circonstance :
« The naive person is a big welcome too… »
http://www.city.hagi.yamaguchi.jp/uploaded/image/10471.jpeg
@ sbriglia
Ah « l’ondée bienfaisante » et… « fécondante », car n’oublions pas le rôle des anciens dieux de la pluie !
NB:
Transcription et traduction littérale du japonais ci-dessus:
« Maa, O-MaTcha démo ippuku ikagadésuka. »
« Et quid pour vous de, par ex. un bol de poudre de thé vert (MaTcha) ? »
Le japonais littéral et le sens final de l’énoncé sont parfois un peu distants.
Autre ex. « Où sont les toilettes ? » signifie : « C’était très réussi mais hélas, je suis attendu(e) ailleurs. » = « Il est temps pour moi de rentrer. »
De même, « Voudriez-vous un bol de Chazuké (=Bol de riz arrosé d’une bonne rasade de thé au riz soufflé.) » revient à dire. «J’espère qu’on ne vous attend pas. »
Rédigé par: Catherine JACOB | 02 avril 2008 at 11:44
Pas d'accord avec vous Zorana, à l'heure où personne ne lit rien, il faut faire l'éloge de ceux qui lisent, et elle, elle lit.
Et qui pourrait mieux lire l'Ecclésiaste, quand il n'y a plus d'info ?
Quant au dodage psychanalytique, c'est devenu une banalité, n'importe quelle jeune fille sait maintenant qu'il faut ramener ses cheveux sur son visage et non l'inverse, pour montrer ses beaux yeux.
Tout le monde couvre pour dévoiler et dévoile pour couvrir. This is the FASHION, just for speaking a little english !!
Duval Uzan Anat
Rédigé par: Duval Uzan | 02 avril 2008 at 14:59
C'est sbriglia qui, il y a quelques jours, évoquait la banderole qui s'affichait du côté de L'Humanité invitant sans la nommer une potiche à quitter la petite lucarne.
C'est assez singulier de la part d'un titre qui, il y a quelques années, a vu venir au sein de son conseil d'administration, si je ne me trompe pas, TF1. Ou, tout au moins participer, "capitallistiquement", au renflouage de ce monument du débat politique, qui se veut l'héritier de Jaurès comme d'autres de Sartre.
J'aime bien Claire Chazal. C'est irrationnel. Peut-être parce que je me suis habitué à elle.
Quant au JT de TF1, on peut le railler. J'aime bien qu'il commence par la météo car cela nous tient à la réalité des choses et à distance des polémiques qui ne sont pas toujours, quelle que soit la passion qui peut être la nôtre pour tel ou tel sujet, pertinentes.
Au fond, et je m'écarte du propos, j'ai toujours trouvé rassurant que l'homme qui a participé à l'inspiration de la Constitution des Etats-Unis, et figure sur le Billet vert, soit, en même temps, l'inventeur du paratonnerre.
Ne trouvez-vous pas cela amusant ?
Quand Angela Merkel l'a cité, lors du Sommet de Berlin, en 2007, où il s'agissait de réaffirmer un "déterminisme" politique européen particulièrement mis à mal par le Non français, cela m'a fait plaisir. J'ai vu, là, l'homme du billet vert, certes, mais aussi celui, figurant sur les anciens livres d'école, du paratonnerre.
Rédigé par: daniel ciccia | 03 avril 2008 at 14:05
Je trouve que ce texte est ignogle, Claire Chazal est une grande femme et j'ai horreur qu'on l'a critique. Vous êtes tout simplement jalous. Je n'ai que 14 ans mais je l'a trouve vraiment exeptionnel. Elle présente toujours très bien son journal, elle s'enguage dans des associations et c'est une femme extrèmement superbe.
Rédigé par: clémence | 14 mai 2008 at 18:16