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Dr Jekyll et Mr Besancenot !

Lénine, qui ne péchait pas par idéalisme, savait de quoi il parlait en évoquant les "idiots utiles" qui, en totale inconscience, servaient les intérêts de la Révolution.

Ces derniers temps, autour de l'émission "Vivement Dimanche" de Michel Drucker consacrée à Olivier Besancenot (OB), on en a vu graviter un certain nombre, de ces "idiots utiles". Certes, la plupart s'en tenaient au registre médiatique, percevant la prestation télévisuelle d'OB comme la manifestation, en quelque sorte, d'un retour au bercail, d'une heureuse banalisation ou, pour le dire comme Christian Estrosi dans le Parisien, d'un "embourgeoisement". Je ne veux même pas évoquer les dithyrambes à la fois naïfs et pertinents sur le plan technique de Michel Drucker qui, disant du bien de tous ses invités, n'avait aucune raison de dire du mal de celui-ci. Je préfère souligner la bienveillance rassurée avec laquelle ce révolutionnaire était considéré comme perdu pour sa cause puisqu'il avait accepté de participer au futile médiatique le pire qui soit : celui de la télévision un jour de grande écoute. Rodolphe Geisler, dans le Figaro, avec un portrait d'OB très éclairant par ailleurs, Anne Fulda dans le Figaro Magazine, Jacques Séguéla sur le site de 20 minutes, le Journal du Dimanche, Alain Duhamel, Dominique Dhombres dans le Monde, tous ont analysé la "privatisation" médiatique d'OB seulement comme sa banalisation et, donc, sa défaite derrière son apparente mise en lumière. D'une certaine manière, se rendre à la télévision chez Michel Drucker ne pouvait qu'être un Canossa idéologique. Gagnant ici, il perdrait là. Même au sein de la LCR, une minorité n'était pas loin de partager, pour la déplorer, cette analyse.

Des "idiots utiles" qui, offrant une tribune à OB et applaudissant sa participation, croyaient qu'il serait enfermé dans un système qui lui imposerait sa loi. Le frivole et l'anecdotique de l'intime chasseraient la dureté de la politique alors que la politique et son austérité ont chassé les douceurs nostalgiques et si peu révolutionnaires de l'enfance, les bonheurs de la vie familiale si peu adaptés à la lutte des classes. Clairement, c'est OB qui a, au contraire, imposé sa loi, ne retenant de Vivement Dimanche que le Vivement et laissant le Dimanche au rancart. Il n'a pas cédé d'un pouce. Il s'est servi de la caisse de résonance mais a radicalement modifié le contenu.

On a sous-estimé OB et son idéologie. On n'était pas loin de moquer ce révolutionnaire dont on reconnaissait tout de même le talent du verbe et de l'argumentation. Le Grand Soir ne pourrait pas résister à un après-midi chez Drucker. Sans doute la méprise, voire la légère condescendance avec laquelle on a pris l'habitude de traiter ce jeune homme percutant et froid venaient-elles de l'impression qu'on ne pouvait pas avoir peur de lui sur un plan politique. Trop avenant pour effrayer, trop révolutionnaire pour les temps actuels, notre société avait un subversif en son sein mais n'avait pas à craindre un réel danger de sa part. Pour la dialectique et l'empoignade, on aurait rêvé d'un débat entre le candidat Nicolas Sarkozy et OB parce que, sur le plan électoral, on le savait impossible. Tout cela était à la fois sulfureux et confortable.

Et si on se trompait sur OB ?

Au risque de tomber dans une explication trop "psychologisante", il me semble qu'OB a compris que l'intégrité dure, parfois violente du fond avait d'autant plus de chance d'être entendue que la forme ne détournerait pas l'attention par une sorte de refus instinctif ou immédiat. Il n'y avait pas un pouce, esthétique, comportemental et intellectuel, d'Alain Krivine qui échappait à l'image révolutionnaire. Tout de lui était destiné à montrer que sa position était aux antipodes de la politique classique. On n'avait même pas besoin de l'écouter pour sentir que la frontière entre lui et nous était irrécusable, infranchissable et éclatante. Avec OB, c'est l'inverse. La "bonne bouille" dont le créditent certains, la sympathie qu'il inspire à beaucoup, l'absence d'aspérités de son visage, son esthétique apaisante composent une apparence qui fait qu'un premier pas est d'emblée franchi : on ne quitte pas sa parole immédiatement, le fond peut venir dans nos têtes. Je me demande même si le contraste entre la superficie de sa personnalité et l'argumentation qu'il développe ne fait pas que cette dernière n'est jamais profondément analysée ni perçue comme erratique, extrême et dangereuse, mais seulement acceptée comme une parole qui a le droit de s'inscrire dans notre espace traditionnel. Cela revient à souligner, en définitive, qu'au coeur de son discours, on ne sait plus, on ne veut plus s'affronter à la menace révolutionnaire alors qu'elle s'y trouve et qu'OB ne nous la cache pas. Les "idiots utiles" sont trop préoccupés par le gentil facteur et son physique !

Je n'aurais sans doute pas été aussi sensible à l'impression faite par OB si je n'avais connu une expérience personnelle qui éclairera bien mon propos. En effet, il y a quelques années, il était venu dîner chez nous avec sa compagne qui était l'éditrice du livre que j'avais co-écrit avec Bruno Gaccio. Je garde un souvenir très agréable de cette soirée et j'ai remarqué à quel point la parfaite politesse d'un révolutionnaire vous incline naturellement à la bienveillance. On craint une grossièreté par dédain ou mépris des conventions et on découvre de l'affabilité, cela aide pour l'atmosphère ! En même temps, pas une seconde, OB n'a oublié ce qu'il pensait, ce pour quoi il militait, son combat, ses convictions, son idéologie. Le tour de force - et le risque de malentendu dont la responsabilité ne lui incombe pas -, c'est de laisser les naïfs se persuader que le révolutionnaire est effacé par l'être plein d'urbanité alors que le premier au contraire est aidé par le second !

Bien sûr, je ne prétends pas que l'obsession d'OB se résume à mettre la société française à feu et à sang mais je trouve ridicule de ne pas aller au fond de sa vision de l'Etat et du Pouvoir et, surtout, de danser et de rire devant lui comme s'il était inéluctablement condamné à demeurer à la porte de l'Histoire.

Pourtant, il y aurait à dire ! J'ai déjà fait allusion au portrait d'OB par Rodolphe Geisler. Il y a un passage tout particulièrement préoccupant pour qui écoute bien OB. Le journaliste lui demande s'il rêve toujours du "grand soir". OB répond qu'il milite pour la Révolution et, questionné sur la possibilité de l'insurrection armée, réplique que "c'est à la population d'y arriver d'une manière ou d'une autre(...)Je crois aux luttes sociales. Pour moi, la Révolution, ce n'est pas une flaque de sang à chaque coin de rue. Maintenant, la question de la violence, j'aimerais qu'on la pose au pouvoir. La violence, aujourd'hui, ce sont les expulsions".

Quelle étrange réponse qui n'est pas vraiment de nature à rassurer ! Aucune affirmation nette sur l'inscription de son combat dans notre espace démocratique, aucune condamnation claire de la violence comme moyen d'appropriation du pouvoir mais, au contraire, une comparaison surprenante entre la violence prétendue ou réelle d'un Etat légitimé par l'élection et celle, inadmissible, qu'il laisse dans le flou. A bien lire cet extrait, prendre OB pour un doux rêveur qui, avec la LCR, n'éprouverait que l'envie de convaincre tranquillement le peuple, au fil du temps, de la validité de sa cause représenterait une erreur grave. Ce n'est pas ce qu'il a pu développer avec vigueur à Vivement Dimanche sans être contredit ni même véritablement sollicité qui a apaisé les craintes. Il aspire à "une autre conception de la démocratie, du bas vers le haut" contre celle d'aujourd'hui, du haut vers le bas. La sienne, encombrée de relents spontanéistes, me fait craindre le pire pour notre conception consensuelle. Sa vision n'est pas "une autre conception" de la démocratie mais un abandon pur et simple des processus qui excluent la violence pour la prise et la gestion du pouvoir. Comment, d'ailleurs, ne pas s'alarmer de son admiration pour Che Guevara, et lors de la campagne présidentielle, de sa manière de manifester sans équivoque qu'une France était bénie et l'autre damnée. Nos vies, leurs profits ! Le pressentiment sombre qu'il suscite se trouve dans cette fracture théorisée et voulue au sein de la communauté nationale. Quand vous rejetez une partie des citoyens de votre pays, rien ne vous interdit la violence, que seul le sentiment de familiarité démocratique avec tous est de nature à expulser de la vie publique.

Alors, OB personnage sympathique ? Sans doute. Mais à prendre terriblement au sérieux.

Les idiots utiles qui lui font des grâces ne comprennent rien à ce qu'il  est et à ce qu'il veut.   

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Voici les sites qui parlent de Dr Jekyll et Mr Besancenot ! :

Commentaires

Il n'y a rien d'exceptionnel à ce qu'une personnalité politique accepte Vivement Dimanche, c'est très regardé par la tranche d'âge la plus convoitée au moment des élections (+ de 65 ans). Arlette Laguiller a participé à l'émission il y a 10 ans. Et Rachida Dati qui a moins de deux ans de médiatisation a été invitée. Bref, l'effet de curiosité a fonctionné au vu de l'indice médiamétrie.

Je l'ai trouvé plutôt bon et cohérent, et puis vers la fin un détail m'a chiffonné : on le voit sur un terrain de foot, il est en tenue de sport avec un énorme logo (une virgule) Nike sur son sweet. Durant toute l'émission il a fustigé la globalisation, les délocalisations, les usines françaises qui jettent à la porte des ouvriers, des salariées sont venues dénoncer le grand capital qui annihile des années de savoir-faire français.

Ce logo a subitement décalé le discours d'O. Besancenot : lorsqu'on est un leader de la LCR on ne porte pas un sweet Nike américain de confection chinoise au risque de se contredire. Il existe des vêtements de sport de confection française. Nos sweet français valent mieux que le profit américain.

Un petit détail, mais un détail qui tue.

Exceptionnellement, j'ai regardé une partie de l'émission. J'étais ravie de revoir Jean Ferrat, surtout de l'écouter chanter. Quelle belle voix !

Ne nous ôtez pas quelques rêves, après avoir regardé et entendu le discours de ce beau jeune homme, bien comme il faut, (comme diraient certaines grands-mères et selon Anne Roumanoff) qui "a une tête de boys band ; un 2 be 3 chez les tout fripés !!"

Il faut reconnaître que son discours passe fort bien ! Et comme nous ne sommes pas encore lassés de l'apercevoir à la télévision, c'est un révolutionnaire qui fait son chemin... qui plaît. Un salarié chez les politiques !

Quant au maillot "Nike" ; c'est peut-être une erreur de vision ou un cadeau qu'un sportif lui aura fait puisqu'il pratique également la boxe !

En ce monde singulier, on n'en est plus à une étrangeté près. OB en Nike, ma foi... Pas plus hilarant que ce procureur de la République à Dax qui, invité récemment à un colloque en Allemagne pour y débattre de l'éthique judiciaire, "emprunte" à l'insu de son plein gré, le soir venu, la carte bleue d'un confrère allemand pour se taper la cloche dans un de ces luxueux bordels légaux que beaucoup de nos concitoyens envient à nos voisins d'outre Rhin. Pas plus désopilant que Roger Hanin, membre du PCF, qui déclara, sans rire, d'un ton grave et sérieux, qu'il allait voter au premier tour pour Marie-Georges Buffet puis au second pour Nicolas Sarkozy. Quant à Arlette Laguiller, ce matin sur Inter, on ne savait plus si on devait rire ou pleurer, quand on l'écoutait, tant son propos semblait perdu dans on ne savait plus quelle mystique et fabuleuse légende des siècles. Marrant aussi Régis Debré, ex guerillero compagnon du Che en lumineuse extase chrétienne aujourd'hui tel un douloureux Saint d'autrefois. La liste est infinie, tout prend des allures de guignol's band et le monde va son train ... OB n'est pas Lénine, loin s'en faut, et Krivine non plus Staline. Mais certaines vérités doivent être dites ; ils les disent et c'est tant mieux. Les révolutionnaires professionnels avaient une autre gueule tout de même... sublime, hideuse, c'est selon ce en quoi l'on croit... Je me souviens d'un flic de la PJ, du temps où j'étais bandit (sourire), à qui je disais : "Je t'ai vu hier, tu me filais...". Je n'ai jamais oublié sa réponse : "Alors tu n'as pas à t'inquiéter ; c'est quand tu ne nous verras plus que ça sera chaud pour toi". J'ai compris ce qu'il voulait dire et il avait bien raison. Il vaut mieux OB un dimanche chez Drucker que l'assassinat de Georges Besse. Il manque Le Pen maintenant et tout le monde sera content. Car pareillement, il vaudra mieux Le Pen un dimanche après-midi à la télé que l'assassinat de Brahim Bouarane. C'est pourquoi une dose de proportionnelle aux élections législatives sera toujours une bonne chose car toute personne censée préfèrera toujours le débat (et l'injure même, la prise de bec voire quelques bons coups de poing) dans le saint des saints de la République plutôt que dans la rue, l'obscurité des trottoirs, les bandes secrètement et violemment "activistes", charriant alors leur haine de la démocratie, de Drucker et de la télévision.

Hasta la victoria siempre!

Aïssa.

Le sweet Nike n'est pas une fatalité mais une facilité. OB est un homme politique comme les autres qui maîtrise parfaitement les codes sociaux et sait donner un sens aux images. Lorsqu'il invite sur un plateau télévisé une salariée du Nord au fort accent et au langage simple pour condamner le grand capital et les délocalisations il connaît l'impact d'un tel discours. OB habite le bon XVIIIème, celui d'Amélie Poulain, mais il a mentionné Barbès et baladé la caméra qui se trouve à l'opposé. Donc, un sweet Nike est certes un détail, mais un détail de poids dans un monde où l'image est dominante.

Votre texte, Monsieur Bilger, est magistral, et résume parfaitement ce que je pourrais dire sur le sujet. Les premiers commentaires affligeants que je viens de lire (Marie, SR) ne font que confirmer l'urgence de cette mise en garde.
Parmi les "idiots utiles" que vous évoquez si justement, il faut aussi ranger, malheureusement, Nicolas Hulot qui s'était dit "séduit" par les idées du facteur révolutionnaire. Quand on a bâti toute sa fortune et sa notoriété sur le capitalisme, dont TF1 n'est pas le moindre représentant, je crois qu'il faut avoir la cohérence et la pudeur de ne pas cracher aussi rapidement dans la soupe. J'ai demandé aujourd'hui à la responsable de la Fondation Hulot de me rayer des membres de soutien du Pacte. La présence de Nicolas Vanier, qui justifie ouvertement le massacre des phoques, m'avait déjà échaudé il y a quelque temps. La déclaration d'amour de Hulot au représentant de la Ligue communiste révolutionnaire dans les pages du JDD a été la goutte d'eau. Ce n’est pas une question de divergence d’opinion. Je crois au contraire fermement à la nécessité de dépasser les clivages traditionnels et de s’inspirer des bonnes idées, qu’elles soient de droite ou de gauche. Mais, comme vous, je sais trop ce que masquent parfois les attitudes lissées et les bonnes figures.

J'ajoute : Vous évoquiez, il y a quelque temps, la belle tenue de Christian Estrosi (un personnage que je n'apprécie guère pour ma part) en vous demandant si l'habit faisait le moine. Aviez-vous alors oublié la perruque poudrée et les jolis bas blancs de Robespierre ? Vous le savez comme moi, seules les âmes sont laides.

Votre analyse est fine et percutante. J'ai cependant un désaccord avec vous sur la conception révolutionnaire de la prise de pouvoir.
Toute violence n'est pas à bannir lorsqu'il s'agit de secouer un ordre établi qui semble devoir fonctionner éternellement malgré les graves inégalités qu'il suscite. La démocratie elle-même est révolutionnaire : la plupart de nos pays occidentaux n'y sont parvenus qu'à la faveur de révolutions parfois sanglantes (Cromwell, Révolution américaine, Révolution française, 1848 - printemps des peuples). Ce fut également le cas à Athènes et à Rome.
Nous avons aujourd'hui une vision catastrophiste de la révolution, depuis les révolutions communistes. Nous oublions les révolutions tranquilles d'Europe de l'Est, parfois moins tranquilles, en Roumanie, ou colorée comme en Ukraine.
Oui la révolution n'est pas en soi une catastrophe et l'on peut l'appeler de ses voeux lorsqu'un système semble bloqué au point que la démocratie elle-même apparaît impuissante à changer la donne : dans un monde où le politique admet son impuissance face aux marchés, il n'y aurait rien de choquant à ce que les peuples imposent que la politique doive reprendre ses droits.
Ordo ab chao !

OB sait que la forme compte autant que le fond dans notre société médiatique...
Il a raison de profiter de nos lucarnes pour faire passer ses idées...
Quelques ténors de droite (Fillon ?), de gauche (Hollande ?) feraient bien d'accepter un débat de fond avec lui pour montrer ses prises de position sous leur vraie nature : en général plus protestataires que révolutionnaires,...

A l'évidence le logo Nike du maillot porté par OB a retenu l'attention. Sans doute, subliminalement parlant, faisait-il référence à la confiance en la victoire de la Révolution. "Nike", dit-on, fait référence à la déesse grecque de la Victoire (Samothrace): Niké.
Je n'ai pas regardé cette grande messe dominicale et l'attitude de Drucker, désormais grand prêtre de l'office télévisuel, baptisant les uns de l'onction du suffrage cathodique, prononçant l'oraison funèbre des chers disparus de ce même écran et balançant son encensoir d'une émission à l'autre, m'est de plus en plus insupportable.
Cette émission, particulièrement, je me suis fait un devoir de l'ignorer totalement car, parfois, il m'arrive de regarder le final avec Canteloup, Coffe. Ici, Michel Drucker n'a pas invité un client comme un autre mais quelqu'un qui prône indiscutablement le renversement de l'ordre démocratique et de ses légitimités.
Il a imposé au téléspectateur moyen une figure politique au nom qu'elle serait une figure médiatique plutôt "sympa".
Michel Drucker arguera sans doute du fait qu'il est indépendant dans le choix de ses invités et qu'il se montre ainsi pluraliste, mais en quoi et au regard de quoi l'est-il ?
Cette invitation n'a scandalisé personne et c'est, finalement, ce qui me choque.
J'aurais aimé entendre quelque voix s'élever avant sa diffusion pour interroger l'air du temps...
Dès lors, le banaliser est une initiative à laquelle je ne peux souscrire. Michel Drucker aurait-il invité, à l'autre extrême, un Jean-Marie Le Pen et fait défiler ses supporters ?
Pour montrer ou démontrer quoi ?
Mais Michel Drucker, ce dimanche, n'a pas fait que banaliser l'extrême gauche. Il a lissé la politique réduite à un système de séduction, de dialectique, et de mouvement d'opinion.
Comme si l'ancien gendre idéal du PAF adoubait le nouveau gendre idéal de la scène politique française.
Tout, en définitive, n'est que spectacle.
C'est Michel Drucker qui le dit.
Allez, va, pour me soigner, je vais aller voir "Bataille à Seattle", où, selon la promotion du film, on voit la vraie histoire à l'oeuvre.
"Ya rien de plus fort que le pouvoir du peuple. Le monde nous regarde", y scandent les manifestants. C'est beau et prometteur comme un champ sans OGM.
Je suis à peu près sûr qu'il ne faudrait pas beaucoup pour que des enseignants traînent leurs élèves en séance scolaire dans le cadre de l'instruction civique.
Quelle épique époque !

Je suis globalement d'accord avec cet article. Néanmoins, je ne pense pas que la LCR divise les Français en deux catégories artificielles dans le but de les dresser les uns contre les autres. Les Français se divisent naturellement en deux catégories : les nantis d'un côté et de l'autre, les classes populaires. Entre ces deux catégories se trouvent les classes moyennes en voie de paupérisation.

Il convient aussi d'ajouter que l'on ne peut pas accuser la LCR d'être le seul parti susceptible de répandre la haine entre les Français. En effet, même si l'UMP n'est ni fasciste ni dictatoriale, il faudrait que ses politiciens modérassent leurs propos. Ainsi, lorsque notre président était encore candidat, il ne se priva pas de stigmatiser une partie des Français : il affirma que les héritiers de Mai 68 étaient dépourvus de valeurs morales. Il se qualifia même de candidat des honnêtes gens. Enfin, alors qu'il était ministre de l'Intérieur, il déclarait vouloir nettoyer les banlieues de la racaille au Kärcher.
Avec des propos si incendiaires, l'UMP peut paraître plus extrémiste que la LCR.

« Alors, OB personnage sympathique ? Sans doute. Mais à prendre terriblement au sérieux. »
« Les idiots utiles qui lui font des grâces ne comprennent rien à ce qu’il est et à ce qu’il veut »

Tout cela est hélas très juste.

Olivier Besancenot : ce qu’il est ?
Il est ce que sont les communistes révolutionnaires. Pour le savoir réellement, conseillez à un proche, qui restera sans cesse sur ses gardes sans le faire voir, d’aller comme piéton stationner sur le trottoir autour de la place de la Bastille lors d’un défilé de la LCR un samedi après-midi avec un appareil photo bien visible et en bandoulière. Immédiatement, un monsieur âgé apparemment bien tranquille, soixante - soixante-dix ans, s’approchera de lui comme un badaud et lui glissera « amicalement » : « Ah vous feriez bien de ne pas prendre de photos, vous savez, un accident est vite arrivé ! » (sic.) Votre proche aura compris et s’exécutera. Il ne lui arrivera rien mais quatre minutes plus tard, il apercevra notre badaud un peu plus loin en venant aux coups avec un autre photographe amateur qui n’avait pas compris le message ! Est-ce pour cela qu’OB pratique la boxe ? J’en suis à me poser très sérieusement la question.

Ce qu’il veut ?
C’est très simple. Il suffit de lire ce passage tiré du supplément à ROUGE N°137 daté du mardi 14 décembre 1971, distribué gratuitement à la sortie du métro et titré « Dites moi M.Marchais... (7 questions « embarrassantes » au n°1 du PCF)

Partant de la constatation que « toute l’histoire contemporaine (Espagne en 36 ,Grèce en 67) montre que la classe exploiteuse ne recule jamais devant la violence et le coup d’État pour perpétuer son pouvoir. » la question est :
« Ne vaudrait-il pas mieux préparer les travailleurs à ces affrontements inévitables au lieu de semer des illusions sur une « voie pacifique » débouchant en fait sur des aventures sanglantes et sur les dictatures fascisantes ? »

Alors, sang pour sang révolutionnaire ! Ces gens-là n’ont pas changé d’avis ou de méthodes depuis un siècle. C’est acquis.
Affrontements i-n-é-v-i-t-a-b-l-e-s.
Que cela soit entendu !

Quant aux idiots utiles j’en ai connu dans ma campagne.
Ce sont d’abord ces électeurs de petits villages qui font élire ces maires (5 ou 6 par département,en moyenne) qui donnent leur signature en parrainage à OB lors de l’élection présidentielle.
Comment cela se passe-t-il ?
Les quémandeurs arrivent chez le maire à son domicile, même s’ils savent que ce n’est pas un sympathisant, ils rentrent chez lui et refusent de sortir tant que le maire n‘aura pas signé ! Dans un cas sur trois cents seulement le maire craque pour s’en débarrasser. Mais c’est assez pour obtenir cinq cents signatures au niveau national.
Idiots utiles aussi sont les autres élus de droite, de la base au sommet, des maires de petits villages au sénateur du coin qui savent se les acoquiner pour avoir la paix !
J’ai vécu treize ans dans un village avec une (oui « une ») maire LCR. J’ai donc pu observer ces gens d’extrême gauche en long et en large à la campagne avec une expérience de parisien qui ne jetait jamais à la poubelle un tract distribué aux abords du métro.
Leurs méthodes pour se faufiler partout avec une extraordinaire dextérité, mêlant l’hypocrisie à la fausse ignorance pour berner les gens sont imparables. Quand je recommandais la plus grande prudence aux gens autour de moi, au début lorsqu’elle avait pris ses fonctions, on ne me comprenait pas ou alors on me rétorquait que j’avais des préjugés. Personne ne savait ce que représentait le grand poster (Che Guevara) qui interpellait le regard dès qu’on franchissait (très rarement et en cas d’absolue nécessité) la porte de sa maison. Et elle était toujours au premier rang des officiels lors de cérémonies de remises de médailles aux anciens d’Algérie du village et de ceux environnants ! Il faut déjà le faire.

Comment le village finalement s’en est débarrassé ?
Directrice d’école maternelle dans un village voisin plus important, elle « tenait » toutes les jeunes familles de sa commune qui étaient sous sa coupe, fortement aidée par les parents d’élèves qu’elle se choisissait. Même si des froissements se produisaient tout le monde s’écrasait, comme les conseillers municipaux. Elle était invincible.
Vint l’élection présidentielle de 2002. Elle venait d’être réélue pour son second mandat l’année précédente en 2001. Les gens apprirent avec stupéfaction ,par la presse locale et par internet qu’elle avait signé début 2002 pour Besancenot, le village étant à droite à 80/90%. Personne n’avait semblé lui en tenir rigueur. Cependant la prolongation du mandat de maire de une année lui fut finalement fatale début 2007 parce qu‘elle avait pris sa retraite d‘enseignante au cours de cette ultime intervalle. Son nom cette fois n’apparaissait pas parmi les cinq cents signataires en faveur de Besancenot, cela étant interprété comme le signal qu’elle allait se représenter pour un troisième mandat, comme du reste ceux des trois ou quatre autres (des enseignants et un facteur) qui dans le département, avaient fait comme elle cinq ans plus tôt. Jusqu’à la dernière réunion de conseil de son mandat aucune opposition ne se manifesta mais à chaque fois, deux ou trois conseillers (sur neuf au total) étaient absents ou s’étaient excusés.
Lors de la dernière réunion avant les élections municipales, elle questionna les conseillers pour leur demander s’ils se représentaient sur sa liste : aucune réponse positive, aucun n‘était candidat ! Elle fit en conséquence, une « liste » sur laquelle ne figurait que son nom !
Simultanément et dès que sa « liste » fut distribuée dans les boîtes aux lettres , deux jeunes candidats qui ne faisaient pas partie du conseil précédent distribuèrent aussitôt une liste avec seulement leurs deux noms, aucun autre candidat potentiel ne voulant se joindre à eux. Ils furent élus au premier tour ainsi qu’un conseiller sortant « non-candidat » et elle même en dernière position (c’est possible dans les petits villages). Au second tour, le village devait basculer en faveur des deux jeunes qui avaient eu l’audace de se présenter ouvertement et dont l’un allait être élu maire.
C’est comme cela que ça se passe dans les petits villages.

On me dit que ce jeune homme rond et lisse, beau parleur, que l’on peut accepter à sa table pour peu que les circonstances y aident, se réclamerait du grand humaniste russe Léon Trotsky. Bah ! Tous les espoirs de récupération par la gauche démocratique ne sont pas perdus. L’Histoire présente fourmille d’ex-trentenaires repentis, aujourd’hui aux premières loges. Aucun, cependant, n’avait occupé le sommet de la pyramide, et de façon aussi rayonnante. Petits bourgeois égarés dans un monde prolétarien, ou qui se voulait tel, ils étaient souvent assignés à une vulgaire tâche de noyautage puisque apparemment inaptes à se hisser jusqu’aux instances dirigeantes du parti et, de surcroît, conformes à l’image du monde à pénétrer. Mais peut-on concevoir « Olivier » ( et aurait-on pu concevoir « Arlette » ) autrement que numéro Un ? Dès lors la logomachie n’est plus tout à fait innocente : les mots obligent. Et si personne n’entrevoit un Grand Soir, rien, ni proposition, ni décision, ne trouvera grâce si elle ne se réfère pas aux mots sacrés définis par Raymond Aron : Révolution, Prolétariat, auxquels on peut ajouter aujourd’hui, parmi d’autres, sans papiers, seuil de pauvreté…
C’est la droite qui doit se réjouir de cette auréole de la gauche de la gauche…

Il fut un temps où les idiots utiles rêvaient à un monde nouveau. Aujourd'hui ils n'écoutent pas les paroles tant ils sont charmés par la musique et le minois du chanteur. Combien vous avez raison monsieur Bilger ! Et que le Che était craquant avec sa barbe de jais et ses beaux cigares ! Et puis les opposants politiques exécutés au petit matin d'une balle dans la nuque c'était si loin et il y a si longtemps. Et on n'est même pas certains que ce fût vrai. Tant d'entre nous oublient tout même parmi les lecteurs de vos chroniques. Merci de continuer à essayer de les éclairer et espérons qu'ils en retireront quelque lumière.

Ce qui est navrant lorsqu'on écoute (et qu'on lit aussi quelquefois) certains propos, c'est cette espèce d'odeur fleurant bon son petit bourgeois frileux et lâche, ruisselant de consensus sans conséquence, pensée unique d'où le mensonge doublé ou non d'omission (ou "l'oubli" volontaire) s'impose comme le bon ton des personnes "normales", bien comme il faut. Le Che fut un tueur, quelle horreur ! Et l'on oublie ce que furent alors en ce temps les régimes politiques d'Amérique latine "bien comme il faut" qu'il combattait. Ah oui c'est peut-être avec des fleurs de toutes sortes et des manifestations pacifiques qu'on allait lutter contre ces tyrans sanguinaires ! Castro et le Che furent pires que Batista, voyons... Encore un effort et vous le canoniserez, Batista, bien sûr, pas les deux autres. Marat fut un monstre ; Louis 14 non assurément, un grand roi, aucune horreur sur la conscience, on le bénit, on l'encense aujourd'hui... Quant à Lénine, n'en parlons pas, ce fut le diable incarné... Une petite phrase "anodine" de Bernard-Henry Lévy dans son bloc-notes du Point me laissa songeur longtemps. Il y écrivait, au sujet de l'Histoire russe précisément, ses révolutions, Lénine, Staline et Poutine pour finir qu'il considère comme un tyran de la pire sorte, digne des précédents, que les démocraties occidentales se salissent à le rencontrer et qu'il serait temps d'exiger de ce monstre (Poutine donc) le rétablissement de la démocratie dans son pays. Je restais songeur, oui, après avoir posé le magazine et j'aurais tant voulu à ce moment avoir le téléphone de BHL pour lui demander de m'expliquer quand la Russie fut-elle un jour seulement démocratique puisqu'il a écrit Rétablir, ce qui voulait dire qu'elle a existé avant toutes ces révolutions, ces guerres et ces dictatures qu'il dénonçait, puis fut détruite. Ce qui sidère, c'est cette catharsis de la mémoire, cette passivité intellectuelle de nos concitoyens. Max Gallo va dans le même sens qui nous exhorte à vénérer les pires tyrans de notre Histoire sous le prétexte (fallacieux, il faut le dire) qu'ils incarnèrent la grandeur de la France. Je passe sur son dernier Louis 14 à crever de rire pour me souvenir de quand il s'indignait ces derniers temps de ce que nous, Français, nous ne célébrions pas avec fastes et grandeurs la bataille et la victoire d'Austerlitz puisque nos voisins et désormais amis Anglais ont fêté, eux, Trafalgar. Célébrer une boucherie humaine, un dictateur, un saigneur à blanc de la France et de l'Europe, voila ce que "l'historien" officiel des médias exigeait presque de nous, cette imbécillité collective de célébrer la mort "victorieuse" de millions de gens parce que d'autres le faisaient ... Rétablir, donc établir une seconde fois, sic, une démocratie russe qui n'a jamais existé, voila ce qu'exige également le "philosophe" officiel des médias ... Mais tout est dit de façon telle qu'on occulte les crimes des uns pour mieux faire ressortir ceux des autres. Et le peuple, comme souvent, tombe dans le panneau de cette terrible dialectique. Gallo aurait pu rajouter Verdun dans son éloge des victoires guerrières françaises, dans son désir fou de les fêter avec flon-flon, bière à gogo et majorettes; ce fut une victoire cette horreur sans nom, indicible à un point tel que même ceux qui l'on commise et vécue n'en ont plus jamais voulu parler et à peine s'en souvenir que dans leurs cauchemars. Je pense à Ernest Jünger, soldat de première classe en 1914, fuyant avec sa compagnie dans un bois d'Argonne, les obus éclatant partout autour de lui, déchiquetant à chaque seconde des dizaines de ses camarades et qui, apercevant alors son colonel, une main dans sa vareuse qui donnait des instructions à son chef d'Etat major, sous la mitraille, le vacarme et les éclats de toutes sortes, se mit à penser soudain :"Tiens, tiens, toute cette histoire a donc un sens". Oui, les tueurs historiques de toutes sortes, les grands que célèbrent les Gallo, les contemporains que vilipendent les BHL, les moins grands dont plus personne ne parle mais tout autant officiels, les tout petits mais non moins sanglants, les révolutionnaires pareillement, les droites, les gauches, les extrêmes, les hauts vicaires..: Tiens, tiens, toute cette HISTOIRE a donc un sens". Plus une société ment, plus c'est la preuve qu'elle a peur. Plus une société réprime, plus c'est la preuve qu'elle est faible. Une démocratie forte ne craint pas ses démons.

Aïssa.

Ah ! Ah ! Un Avocat général qui, dans un texte époustouflant de lucidité et de finesse, traite l'essentiel du microcosme médiatique parisien d'"idiots utiles" n'a plus qu'à quitter la robe pour l'épée !

Mais ces "idiots utiles" ne lisent pas le blog de PB, trop occupés qu'ils sont à gérer leur agenda de Cour...

Et sous la plume assassine, nos idiots utiles sont nus comme le Roi, nus, face au facteur qui n'a pas sonné car la porte était grande ouverte.


Aissa, pourquoi faut-il que votre propos auquel j'adhère malgré quelques réserves, soit introduit par un jugement insultant ?
Philippe Bilger a reçu chez lui Olivier Besancenot avant que celui-ci ne soit la coqueluche des médias, il n'a donc pas cédé à la mode et n'a cependant pas fermé sa porte à des idées diamétralement opposées aux siennes. Je trouve ça classe. Et Olivier Besancenot s'est lui-même comporté en invité courtois chez l'ennemi de classe, sans avoir rien à y gagner.
J'aime bien votre commentaire, mais avec son introduction injuste, je l'aime moins.

En parcourant ces lignes, Monsieur l'Avocat général, et les commentaires qu'elles provoquent une interrogation me saisit : Monsieur Besancenot est-il "républicain" ? La réponse s'impose avec évidence, sub ratione aeternitatis. Mais en réalité, ce prédicat a pris depuis quelques années la forme d'un certificat de bonne conduite qui fixe la limite de la bienséance politique. Au-delà, on entre dans le champ de la tolérance démocratique. PPDA pourra vous interroger au JT de 20 h. à l'occasion, mais vous ne pourrez jamais poser votre derrière sur le canapé rouge de qui vous savez. En passant de la salle de meetings finissant en coup de poing à l'atmosphère feutrée d'un plateau TV, le débat politique est devenu une espèce de conversation bourgeoise et polie, où seules comptent les apparences et le sentiment d'appartenir au même monde, -- inculte et ravagé par les mêmes lieux communs. La boboïsation de l'espace médiatique explique sans doute pourquoi une révolutionnaire marxiste-léniniste soit devenue une "midinette bolchévique" sympa (dixit Libé) et qu'un agitateur trotsko apparaisse comme un idéaliste au grand coeur, un gendre idéal un peu anticonformiste. Au fond, je me demande si être "républicain", ne correspond pas à la capacité citoyenne de poser son derrière sur le canapé rouge. Peut-être qu'un collègue de Science-Po pourra proposer cette interrogation en sujet de thèse.

Dr Jekyll and Mister qui ?
Trouvé sur le site du Nouvelobs : " "On va tous vous trancher la gorge", aurait ainsi lancé, dans un sourire figé, un ministre à l'un des proches de Jean-François Copé dans les couloirs de l'Assemblée."
Nulle part on ne trouve duquel il s'agit.

Sans doute un qui voudrait passer chez Drucker...

Ce n'est pas pour rien qu'on l'a choisi : pour recruter.

Et pensez à tous ceux qui pesèrent pour qu'il s'impose. Même si, loin de Drucker, tant d'idiots utiles à courte vue oeuvrent utilement, au FMI, à la Commission Européenne, à la BM, en comitologie, les oeillères vissées au crâne, la tête emplie de certitudes enseignées dans les meilleures écoles.

@Jean-Dominique Reffait

Insultant, je ne pense pas. Je ne l'ai pas voulu ainsi. Il ne vise personne en particulier et surtout pas l'avocat général Bilger qui a le courage de ce blog, des commentaires qu'il suscite et la sympathie en plus d'accueillir OB et son épouse chez lui et puis, surtout, de le dire publiquement ici. Je songeais uniquement à cet air du temps petit-bourgeois, cette espèce de pensée sirupeuse générale, à sens unique toujours, dénigrant l'esprit critique, s'imposant comme une vapeur à l'opinion publique... Vous m'avez compris. Mais non pas au bourgeois en tant que tel ; voyez-vous, avec l'âge, j'ai tendance à le devenir un peu moi aussi, alors... J'aurais sans doute dû employer un autre terme mais lequel ? Conservateur ? Mais c'est vrai qu'on a pris cette sale habitude depuis longtemps de dire de quelqu'un qu'il est bourgeois, donc qu'il pense mal. Je le déplore. Zola fut un grand bourgeois et Dieu seul sait combien il fit de bien à l'Humanité, combien il fut grandiose en cela...

Salutations.

Aïssa.


« Votre texte, Monsieur Bilger, est magistral, et résume parfaitement ce que je pourrais dire sur le sujet. Les premiers commentaires affligeants que je viens de lire (Marie, SR) ne font que confirmer l'urgence de cette mise en garde. »

Revoilà l’intransigeance de monsieur Dingli !

Si vous ne comprenez pas l'humour, Monsieur, vous devez être un bien triste sire ! A vous lire, il serait bon que tout individu pensât comme vous ! Comme je n’ai pas vu le début, voire une partie de l’émission « Vivement dimanche », je ne suis pas encore aveugle, pas plus qu’aveuglée, et j’ai constaté au moins que monsieur OB paraît être un jeune homme charmant. POINT.

Vous me faites penser à ces « idiots utiles » qui déclarèrent en leur temps que les femmes votaient comme leurs maris et que, déjà à l’époque de monsieur Lecanuet, elles votaient pour une « belle gueule », aussi charmant qu’avait pu être monsieur Lecanuet ! Ou encore plus récemment, comme ces autres qui avaient sondé une catégorie de population et en avaient conclu que « George Clooney » était le type même du « gendre idéal » que voulait avoir toute belle-mère !!

Certains « mâles » se pâment devant un visage de chirurgie esthétique d’une certaine Carla et ne supportent pas qu’une femme déclare que, et surtout, OB est agréable à regarder !!!
Malheureusement pour vous et pour la droite, OB n’est ni cul de jatte, ni borgne, ni bossu….
Ne vous en déplaise, il fit un score surprenant qui alla de 20 jusqu’à 25 % d’audience !

François Mitterrand a bien épousé les idées socialistes tout en étant de droite, pour être certain d’avoir un jour un rôle primordial à jouer ! Il fut un de nos Présidents de la République française avec un passé historique sur lequel plane un point d’interrogation. Alors. Que faut-il en penser ? Et ceux qui ont voté pour lui, en sont-ils toujours fiers ? Fallait-il l’élire ?????

Quant à monsieur Estrozaki, certains « idiots utiles » lui présenteraient quelques affinités avec un certain monsieur de Montespan qui lui s’opposa au grand Louis XIV ! Clin d’œil à qui de droit...!!

Les redresseurs de monde sont juchés sur des pyramides d'imbéciles.

Il semble bien entendu primordial de rappeler que notre démocratie est fragile et qu'il ne faut pas hésiter à dénoncer les extrémismes, les idées comme les pratiques (très consensuel est mon propos n'est-ce pas ?).
Le citoyen doit garder ses sens en éveil devant la forme utilisée par OB pour présenter le contenu. La face est lisse, les idées rugueuses. S'informer tout en multipliant ses sources, analyser les arguments, gratter pour comprendre, souffler pour découvrir. Il y a un côté irrationnel dans ce succès médiatique et politique.
Prenons garde, derrière le poli, l'aspérité.

Olivier Besancenot/Jean-Marie Le Pen même combat.
Touts les deux se servent de la démocratie pour la combattre. Elle n'entre pas dans leur vision du monde.
L'un rouge, l'autre noir.
Histoire connue et reconnue.
Ces hommes sont dangereux. Eux-mêmes et ceux qui les suivent sont à surveiller dans leurs agissements.

Ils sont à mon sens des dangers aussi fort que peut l'être l'intégrisme religieux qui sévit en ce moment.
Ce sont des intégristes.
Enfin, telle est mon opinion.

Si d'aucuns pensent que notre démocratie est fragile, c'est donc qu'ils ne croient pas en les valeurs qu'elle induit. C'est très intéressant car ces "gardiens vigilants" de la démocratie souhaiteraient, si je puis l'écrire ainsi, une démocratie sans démocrates. Hum hum... Si en 2002 Le Pen avait été élu président de la République, quelle aurait été alors leur attitude à ces "vigilants gardiens" de la démocratie qui eut à ce moment porté cet homme extrême au pouvoir suprême ? Peut-être auraient-ils fomenté des attentats, une "révolution" violente, des complots, des coups d'Etat voire des crimes immenses pour sauver la démocratie des griffes de cet homme qu'elle aura pourtant légitimé démocratiquement on ne saurait davantage. Ils auraient peut-être été pires, tant dans le propos que dans le geste, que tous les Besancenot et Le Pen réunis. Ca n'aurait pas manqué de singularité. C'est honorable d'avoir en soi la lettre de la démocratie ; encore faut-il également en avoir l'esprit. Autrement, ceux-là même qui s'arrogent de la sorte ce devoir (un droit, disent-ils aussi) passionné de défendre la démocratie sont ceux-là même qui à chacun de leurs discours voire de leurs actes la piétinent et lui crachent à la figure sans s'en apercevoir une seule fois. Savent-ils que la démocratie, dans l'absolu, a le droit ultime de se saborder ? Et que ce droit anti-démocratie est même prévu dans le droit positif constitutionnel actuel de notre République démocratique, c'est-à-dire écrit en toutes lettres dans la Constitution qui théorise juridiquement notre démocratie. Le savent-ils ? J'en doute. L'article 16 de la Constitution, ils n'en ont jamais entendu parler, ces "vigilants" et zélés défenseurs de la démocratie, c'est tristement patent. Quelquefois une notule discrète en bas de page d'un contrat fait toute la différence mais quoi, que dis-je, une notule me lancent-ils, mais qu'est-ce que c'est que ça ?... Je ne puis m'empêcher de sourire et de passer à autre chose.

Est-il raisonnable de parler d'un avocat de la défense sur le blog d'un avocat général ? Oui, sans doute ; après tout ils font presque le même métier. Et, j'en suis sûr, ils se connaissent très bien aussi, ayant sans doute eu à ferrailler souvent dans le prétoire. Il s'agit de Thierry Lévy que j'ai l'honneur personnel de connaitre un peu. Son dernier livre intitulé "LEVY OBLIGE" est à lire absolument ; c'est un régal d'intelligence froide et aussi un peu un clin d'oeil et un ricanement voltairien pour tous les "idiots utiles" de la terre. Lévy toi-même ! suis-je tenté de lui dire amicalement. Et comme je pense qu'en bon avocat de la défense instruit des faits de l'attaque (l'attaque étant ici entendue comme représentée par le ministère public, donc Bilger puisque nous sommes chez lui en ce blog), il doit lire ce qui s'y écrit et même, peut-être, se demander ce que je fous là. Ah cher Maître, si vous aviez un blog, j'irais aussi chez vous, soyez-en sûr (sourire)... Donc voici une anecdote, cher Maître, qui, paraît-il, est authentique. En exergue de votre livre, elle aurait fait fureur. David Ben-Gourion, alors président de l'Etat d'Israel, se faisant conduire, la nuit, en voiture, par les rues de Tel-Aviv. Il remarque des prostituées juives sur les trottoirs de certains quartiers. Il les observe, incrédule puis soudain tape sur l'épaule de son chauffeur, retient un soupir ému et s'exclame, heureux : "Dieu merci, nous sommes un peuple comme les autres !".

Aïssa.

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