Lénine, qui ne péchait pas par idéalisme, savait de quoi il parlait en évoquant les "idiots utiles" qui, en totale inconscience, servaient les intérêts de la Révolution.
Ces derniers temps, autour de l'émission "Vivement Dimanche" de Michel Drucker consacrée à Olivier Besancenot (OB), on en a vu graviter un certain nombre, de ces "idiots utiles". Certes, la plupart s'en tenaient au registre médiatique, percevant la prestation télévisuelle d'OB comme la manifestation, en quelque sorte, d'un retour au bercail, d'une heureuse banalisation ou, pour le dire comme Christian Estrosi dans le Parisien, d'un "embourgeoisement". Je ne veux même pas évoquer les dithyrambes à la fois naïfs et pertinents sur le plan technique de Michel Drucker qui, disant du bien de tous ses invités, n'avait aucune raison de dire du mal de celui-ci. Je préfère souligner la bienveillance rassurée avec laquelle ce révolutionnaire était considéré comme perdu pour sa cause puisqu'il avait accepté de participer au futile médiatique le pire qui soit : celui de la télévision un jour de grande écoute. Rodolphe Geisler, dans le Figaro, avec un portrait d'OB très éclairant par ailleurs, Anne Fulda dans le Figaro Magazine, Jacques Séguéla sur le site de 20 minutes, le Journal du Dimanche, Alain Duhamel, Dominique Dhombres dans le Monde, tous ont analysé la "privatisation" médiatique d'OB seulement comme sa banalisation et, donc, sa défaite derrière son apparente mise en lumière. D'une certaine manière, se rendre à la télévision chez Michel Drucker ne pouvait qu'être un Canossa idéologique. Gagnant ici, il perdrait là. Même au sein de la LCR, une minorité n'était pas loin de partager, pour la déplorer, cette analyse.
Des "idiots utiles" qui, offrant une tribune à OB et applaudissant sa participation, croyaient qu'il serait enfermé dans un système qui lui imposerait sa loi. Le frivole et l'anecdotique de l'intime chasseraient la dureté de la politique alors que la politique et son austérité ont chassé les douceurs nostalgiques et si peu révolutionnaires de l'enfance, les bonheurs de la vie familiale si peu adaptés à la lutte des classes. Clairement, c'est OB qui a, au contraire, imposé sa loi, ne retenant de Vivement Dimanche que le Vivement et laissant le Dimanche au rancart. Il n'a pas cédé d'un pouce. Il s'est servi de la caisse de résonance mais a radicalement modifié le contenu.
On a sous-estimé OB et son idéologie. On n'était pas loin de moquer ce révolutionnaire dont on reconnaissait tout de même le talent du verbe et de l'argumentation. Le Grand Soir ne pourrait pas résister à un après-midi chez Drucker. Sans doute la méprise, voire la légère condescendance avec laquelle on a pris l'habitude de traiter ce jeune homme percutant et froid venaient-elles de l'impression qu'on ne pouvait pas avoir peur de lui sur un plan politique. Trop avenant pour effrayer, trop révolutionnaire pour les temps actuels, notre société avait un subversif en son sein mais n'avait pas à craindre un réel danger de sa part. Pour la dialectique et l'empoignade, on aurait rêvé d'un débat entre le candidat Nicolas Sarkozy et OB parce que, sur le plan électoral, on le savait impossible. Tout cela était à la fois sulfureux et confortable.
Et si on se trompait sur OB ?
Au risque de tomber dans une explication trop "psychologisante", il me semble qu'OB a compris que l'intégrité dure, parfois violente du fond avait d'autant plus de chance d'être entendue que la forme ne détournerait pas l'attention par une sorte de refus instinctif ou immédiat. Il n'y avait pas un pouce, esthétique, comportemental et intellectuel, d'Alain Krivine qui échappait à l'image révolutionnaire. Tout de lui était destiné à montrer que sa position était aux antipodes de la politique classique. On n'avait même pas besoin de l'écouter pour sentir que la frontière entre lui et nous était irrécusable, infranchissable et éclatante. Avec OB, c'est l'inverse. La "bonne bouille" dont le créditent certains, la sympathie qu'il inspire à beaucoup, l'absence d'aspérités de son visage, son esthétique apaisante composent une apparence qui fait qu'un premier pas est d'emblée franchi : on ne quitte pas sa parole immédiatement, le fond peut venir dans nos têtes. Je me demande même si le contraste entre la superficie de sa personnalité et l'argumentation qu'il développe ne fait pas que cette dernière n'est jamais profondément analysée ni perçue comme erratique, extrême et dangereuse, mais seulement acceptée comme une parole qui a le droit de s'inscrire dans notre espace traditionnel. Cela revient à souligner, en définitive, qu'au coeur de son discours, on ne sait plus, on ne veut plus s'affronter à la menace révolutionnaire alors qu'elle s'y trouve et qu'OB ne nous la cache pas. Les "idiots utiles" sont trop préoccupés par le gentil facteur et son physique !
Je n'aurais sans doute pas été aussi sensible à l'impression faite par OB si je n'avais connu une expérience personnelle qui éclairera bien mon propos. En effet, il y a quelques années, il était venu dîner chez nous avec sa compagne qui était l'éditrice du livre que j'avais co-écrit avec Bruno Gaccio. Je garde un souvenir très agréable de cette soirée et j'ai remarqué à quel point la parfaite politesse d'un révolutionnaire vous incline naturellement à la bienveillance. On craint une grossièreté par dédain ou mépris des conventions et on découvre de l'affabilité, cela aide pour l'atmosphère ! En même temps, pas une seconde, OB n'a oublié ce qu'il pensait, ce pour quoi il militait, son combat, ses convictions, son idéologie. Le tour de force - et le risque de malentendu dont la responsabilité ne lui incombe pas -, c'est de laisser les naïfs se persuader que le révolutionnaire est effacé par l'être plein d'urbanité alors que le premier au contraire est aidé par le second !
Bien sûr, je ne prétends pas que l'obsession d'OB se résume à mettre la société française à feu et à sang mais je trouve ridicule de ne pas aller au fond de sa vision de l'Etat et du Pouvoir et, surtout, de danser et de rire devant lui comme s'il était inéluctablement condamné à demeurer à la porte de l'Histoire.
Pourtant, il y aurait à dire ! J'ai déjà fait allusion au portrait d'OB par Rodolphe Geisler. Il y a un passage tout particulièrement préoccupant pour qui écoute bien OB. Le journaliste lui demande s'il rêve toujours du "grand soir". OB répond qu'il milite pour la Révolution et, questionné sur la possibilité de l'insurrection armée, réplique que "c'est à la population d'y arriver d'une manière ou d'une autre(...)Je crois aux luttes sociales. Pour moi, la Révolution, ce n'est pas une flaque de sang à chaque coin de rue. Maintenant, la question de la violence, j'aimerais qu'on la pose au pouvoir. La violence, aujourd'hui, ce sont les expulsions".
Quelle étrange réponse qui n'est pas vraiment de nature à rassurer ! Aucune affirmation nette sur l'inscription de son combat dans notre espace démocratique, aucune condamnation claire de la violence comme moyen d'appropriation du pouvoir mais, au contraire, une comparaison surprenante entre la violence prétendue ou réelle d'un Etat légitimé par l'élection et celle, inadmissible, qu'il laisse dans le flou. A bien lire cet extrait, prendre OB pour un doux rêveur qui, avec la LCR, n'éprouverait que l'envie de convaincre tranquillement le peuple, au fil du temps, de la validité de sa cause représenterait une erreur grave. Ce n'est pas ce qu'il a pu développer avec vigueur à Vivement Dimanche sans être contredit ni même véritablement sollicité qui a apaisé les craintes. Il aspire à "une autre conception de la démocratie, du bas vers le haut" contre celle d'aujourd'hui, du haut vers le bas. La sienne, encombrée de relents spontanéistes, me fait craindre le pire pour notre conception consensuelle. Sa vision n'est pas "une autre conception" de la démocratie mais un abandon pur et simple des processus qui excluent la violence pour la prise et la gestion du pouvoir. Comment, d'ailleurs, ne pas s'alarmer de son admiration pour Che Guevara, et lors de la campagne présidentielle, de sa manière de manifester sans équivoque qu'une France était bénie et l'autre damnée. Nos vies, leurs profits ! Le pressentiment sombre qu'il suscite se trouve dans cette fracture théorisée et voulue au sein de la communauté nationale. Quand vous rejetez une partie des citoyens de votre pays, rien ne vous interdit la violence, que seul le sentiment de familiarité démocratique avec tous est de nature à expulser de la vie publique.
Alors, OB personnage sympathique ? Sans doute. Mais à prendre terriblement au sérieux.
Les idiots utiles qui lui font des grâces ne comprennent rien à ce qu'il est et à ce qu'il veut.
Je ne pensais pas Inter servile à ce point ... Ce matin, pas moins de 20 minutes consacrées à la "quintessence" de la littérature française, dixit les critiques, C.Angot, ses petites fesses, la tentative avortée de sodomie par Doc-Gynéco, ses questions existentielles, par ce petit trou ou pas par là, je le fais ou je le fais pas, quelle misère!... Combien le Seuil les a-t-il payés pour gloser de la sorte sur cette caricature de littérature? Et ça ne fait que commencer; on va en bouffer de la Angot, jusqu'à Noël, c'est pas fini, vous êtes prévenus, elle aura le Fémina, c'est dit, peut-être le Goncourt ... A moins que Sarko. soit derrière toute cette agitation ... Elle y parle que de Doc-Gynéco dans ce bouquin; peut-être qu'alors on essaye au Château de le réhabiliter auprès du public, depuis qu'il est en disgrâce populaire suite à son soutien (quel soutien minable, mes aïeux!) au candidat Nicolas ... Tout est possible ... Si c'est Sarko.; on comprend qu'Inter courbe l'échine; qui ne la courbe pas? ... On les sentait, ce matin, pas très sûrs, un peu gênés d'avoir à encenser ça ... Ils doivent rire de plus belle à l'étranger; je comprends que les Anglais aient affirmé que nous étions crevés culturellement ... Après Angot, on a eu droit à Catherine Millet, ses petites fesses elle aussi, "La vie sexuelle de Catherine M.", la suite sans doute ... Quoique, a contrario de la Angot, la Millet ne rechigne pas sur la sodo., elle; je l'ai vue au Cap d'Adge, au G... exactement (qu'y fesais-je, hein? Hé hé!...), hyper boîte échangiste de luxe, ben dis donc, ça plaisante pas avec ces choses la Catherine ... Le cul c'est le cul ... Sot-l'y-laisse ... J'étais présent, oui oui, j'ai tâté de la chose, c'était gratuit mais elle ne m'a pas reconnu dans la pénombre et toutes ces chairs amassées repues rompues ... Il n'y a qu'elle qui pétait la forme à la fin ... Au bar, je lui ai dit:"Catherine, ma chère, vous êtes sublime; votre livre (La vie sexuelle ..." est un bijou de tendresse; le sexe y est dépeint de façon exquise ...". Elle m'a répondu, jetant un regard las pour cette vingtaine ou trentaine de "cadavres" d'hommes affalés qu'elle venait d'échever: "Oui mais moi je le fais ...". Le sexe, s'entend; j'avais compris ... Je n'ai pas demandé mon reste et suis parti, l'air de rien; et sans me vanter, il ne restait plus que moi debout et elle commençait de me regarder de façon bizarre ... Il était 4 ou 5 heures du matin, je suis allé me planquer sous l'eau, la mer est à deux pas ... J'en écris librement et d'elle et de ces choses car elle le revendique et le rend public; je ne la trahis donc pas ... Mon prochain livre, c'est décidé, parlera de ça: fesses, bites, mal à la culotte, etc.; Inter et les autres m'nviteront derechef, c'est certain, je vendrai des millions et le Renaudot, dans la poche ... Puisque c'est cela que voudrait le peuple.
Besancenot juste après (ou juste avant, je ne sais plus) ... En l'écoutant ce matin, je n'ai pu m'empêcher de songer que c'est toujours lui qu'on entend, jamais les autres cadres et dirigeants (ils existent, je suppose) de la LCR, prochainement le NPA. Est-ce que ce Parti se résume à cet homme uniquement ou les autres sont-ils par trop incapables d'expression et/ou incompétents? Il y a quelque chose de franchement dérangeant ici. Le même constat s'applique à Arlette Laguiller; on voit une tronche et c'est tout mais derrière il y a quoi? Qui? On aimerait savoir, les entendre aussi, les écouter, leur poser des questions ... S'il y a quelque chose qui ressemble fort à un totalitarisme ou autoritarisme de mauvais aloi dans ces Partis, il se trouve là, c'est certain. Mais pourquoi? Il n'y a que lui (Besancenot), ça se résume à lui, ça commence et ça finit à lui ... C'est dommage, je pense; en tout cas, étrange ... Le discours est légitime; pourquoi cacher ceux qui le portent autant que lui?
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 25 août 2008 à 13:33
Une polémique ridicule. On est d'accord.
Rédigé par : emachedé | 01 juin 2008 à 16:30
A la lecture des petites affiches du 15 mai 2008 numéro 98, libres propos, je me suis demandé s'il fallait prendre les arguments au premier degré, si les propos et exemples donnés étaient volontairement provocateurs ou tout simplement perdus. C'est décevant et je nuance mes propos.
Rédigé par : semtob françoise | 31 mai 2008 à 22:05
"...qui fait un peu tâche", écrit Aïssa qui devrait tâcher de ne plus faire de telles taches sur ses papiers...
J.Ph.CH
Rédigé par : CHAILLOUS Jean-Philippe | 27 mai 2008 à 17:01
Perle
Chateaubriand racontait que, pendant la Révolution, on lisait sur la loge d'un concierge, rue de Grenelle-Saint-Germain, cette inscription :
"Ici on s'honore du titre de citoyen et on se tutoie. Ferme la porte, s'il vous plaît."
Rédigé par : Marie | 17 mai 2008 à 23:48
@Aïssa
merci beaucoup pour l'explication sur votre prénom. Je vous prie de bien vouloir m'excuser de la méprise car effectivement j'ai confondu Aïssa et Aïcha.
Sinon, et par humour, j'aime bien le texte de Michel Polnareff concernant l'homme un vrai.
Pour en revenir au sujet premier, j'ai par mes cours et mes livres d'Histoire, remarqué, que bien souvent la dictature s'est servie de la démocratie pour la combattre. Prendre des précautions n'est pas totalement mauvais il me semble.
N'étant effectivement pas un constitutionnaliste, je ne saurais prendre une position ferme sur la nécessité ou non d'abolir cet article.
@Aïssa
Quant à l'article 16, ma foi, lui ne veut rien dire sinon qu'il instaure la dictature pour sauver (à voir) la démocratie qui se serait fourvoyée en élisant à sa tête un Besancenot ou un Le Pen
Je pense que là vous faites erreur.
Le président sortant n'aurait pas légitimité à prendre les pleins pouvoir suite à sa défaite aux élections présidentielles face à des personnes comme Besancenot ou Le Pen.
La représentation nationale étant là pour l'en empêcher et le peuple aussi d'ailleurs je pense.
Par contre le risque qu'une de ces deux personnes veuille user de cet article une fois élue, ne serait pas impossible.
Cordialement
Surcouf
Rédigé par : Surcouf | 17 mai 2008 à 11:39
Veuillez avoir, je vous prie, la gentillesse d'écrire mon prénom au masculin. Aïssa veut dire littéralement, sic, Jésus, de l'arabe au français, c'est ainsi, je n'y suis pour rien comme a dit ce malheureux Brodeck. Bref, je suis un homme un vrai, comme l'a si bien écrit également Tom Wolfe (à lire absolument, Claudel également). Vous confondez avec Aïcha, j'ai l'habitude, qui lui veut dire, littéralement traduit, "la vivante" ou "celle qui est vivante" ou "celle qui vit", comme on voudra... Quant à l'article 16, ma foi, lui ne veut rien dire sinon qu'il instaure la dictature pour sauver (à voir) la démocratie qui se serait fourvoyée en élisant à sa tête un Besancenot ou un Le Pen dont beaucoup s'accordent à dire et menacer qu'ils mettraient de facto les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, etc.etc. en danger. En ce sens, effectivement, la dictature aurait du bon, ce qui ne manque pas d'une certaine et étonnante contradiction, n'est-ce pas ? Croyez-moi, ils sont nombreux les démocrates et même d'éminents constitutionnalistes qu'on ne peut soupçonner d'extrémisme, qui souhaitent la disparition de cet article particulier qui fait un peu tâche en ce beau texte. Il a été mis en application durant les dernières années de la guerre d'Algérie, on sait ce que cela a donné comme iniquités injustifiées et crimes d'Etat indignes d'un Etat de droit si l'on considère alors que l'Etat de droit n'est pas aboli par l'application de cet article. On touille, là, monsieur, on touille, on dilue, comme dit Giscard quand on le contrarie... Une démocratie forte ne craint pas ses démons, je l'ai déjà écrit.
Salutations.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 16 mai 2008 à 23:57
Chère Aïssa
Votre réponse venant juste après la mienne je la prends un peu pour moi.
Qu'auraient fait les vigilants défenseurs après ?
Mais rien de violent ils se doivent de respecter l'Etat démocratique pour autant que celui-ci le reste.
Sinon ils doivent faire quelque chose avant car après il est trop tard.
Point de révolution violente.
L'arrivée de JM Le Pen au second tour a provoqué un choc et une réaction que j'estime salutaire même si cyniquement je me dis que si cet homme a pu en arriver là c'est par l'incurie du perdant.
Le fameux article 16 pouvant donner de grand pouvoir à l'exécutif.
Je le copie depuis LEGIFRANCE.GOUV.FR
Art. 16. - Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier Ministre, des Présidents des assemblées ainsi que du Conseil Constitutionnel.
Il en informe la Nation par un message.
Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d'assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d'accomplir leur mission. Le Conseil Constitutionnel est consulté à leur sujet.
Le Parlement se réunit de plein droit.
L'Assemblée Nationale ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels.
Les deux dernières phrases me semblent essentielles pour contrebalancer un pouvoir exécutif par trop puissant.
Et la première pose bien des conditions et notamment l'interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels.
Nous ne sommes plus en 1939.
Rédigé par : Surcouf | 16 mai 2008 à 20:46
O. Besancenot adhère à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) sous son vrai nom, il n'avance pas masqué, il affiche ses convictions et ses idéaux. Son air débonnaire, lisse, poli et tout et tout ne change rien à cela. Il se veut à la gauche de la gauche et révolutionnaire.
Il faut être bien niais ou imbécile pour se tromper sur ce personnage. La communication et les médias ne changeront pas les quelques maigres % qu'il représente au plan national. Votre billet nous rappelle qu'il faut être attentif au discours et au fonds et non pas à l'apparence et à la forme.
Rédigé par : La Vieille | 16 mai 2008 à 10:56
« Le secret de l'agitateur est de paraître aussi bête que ses auditeurs, pour qu'ils se croient aussi intelligents que lui. » - Karl Kraus.
«Le national-socialisme n’a pas anéanti la presse, mais la presse a créé le national-socialisme.» Phrase tirée de « La Troisième Nuit de Walpurgis » par Karl Kraus, écrit en 1933.
Ce texte de Karl Kraus est l’un des plus importants pour comprendre comment le totalitarisme s’installe d’abord dans les esprits.
Même si Karl Kraus n’a pas connu les nouveaux médias, il est incontestable que les images occupent aujourd’hui une place qu’il n’aurait pu imaginer. Cette évolution n’implique pas que les armes de Kraus ne soient d’aucun secours pour entreprendre une critique des médias d’aujourd’hui, à commencer par la télévision. Kraus dénonce et critique la soumission des médias au pouvoir économique ; s’inquiète des collusions entre la classe politique et le monde de la presse, pour ne rien dire du conformisme des intellectuels.
Le silence de l’ignorance, la volonté de ne pas savoir... celui des « millions de gens qui ont tout sous les yeux et ne remarquent rien ».
L’expérience de la guerre de 1914, où les journaux autrichiens deviennent un instrument de pure et simple propagande au service de l’armée, conduit même Kraus à remettre en question jusqu’au principe de la liberté de la presse, « pour sauver la liberté de l’humanité ».
Si les journalistes peuvent faire et défaire l’opinion à leur gré, c’est parce que les mots n’ont plus le moindre poids et ne veulent véritablement plus rien dire. Rien de plus facile, dans ces conditions, que de leur faire dire ce qu’on veut.
Rédigé par : Marie | 16 mai 2008 à 02:13
Si d'aucuns pensent que notre démocratie est fragile, c'est donc qu'ils ne croient pas en les valeurs qu'elle induit. C'est très intéressant car ces "gardiens vigilants" de la démocratie souhaiteraient, si je puis l'écrire ainsi, une démocratie sans démocrates. Hum hum... Si en 2002 Le Pen avait été élu président de la République, quelle aurait été alors leur attitude à ces "vigilants gardiens" de la démocratie qui eut à ce moment porté cet homme extrême au pouvoir suprême ? Peut-être auraient-ils fomenté des attentats, une "révolution" violente, des complots, des coups d'Etat voire des crimes immenses pour sauver la démocratie des griffes de cet homme qu'elle aura pourtant légitimé démocratiquement on ne saurait davantage. Ils auraient peut-être été pires, tant dans le propos que dans le geste, que tous les Besancenot et Le Pen réunis. Ca n'aurait pas manqué de singularité. C'est honorable d'avoir en soi la lettre de la démocratie ; encore faut-il également en avoir l'esprit. Autrement, ceux-là même qui s'arrogent de la sorte ce devoir (un droit, disent-ils aussi) passionné de défendre la démocratie sont ceux-là même qui à chacun de leurs discours voire de leurs actes la piétinent et lui crachent à la figure sans s'en apercevoir une seule fois. Savent-ils que la démocratie, dans l'absolu, a le droit ultime de se saborder ? Et que ce droit anti-démocratie est même prévu dans le droit positif constitutionnel actuel de notre République démocratique, c'est-à-dire écrit en toutes lettres dans la Constitution qui théorise juridiquement notre démocratie. Le savent-ils ? J'en doute. L'article 16 de la Constitution, ils n'en ont jamais entendu parler, ces "vigilants" et zélés défenseurs de la démocratie, c'est tristement patent. Quelquefois une notule discrète en bas de page d'un contrat fait toute la différence mais quoi, que dis-je, une notule me lancent-ils, mais qu'est-ce que c'est que ça ?... Je ne puis m'empêcher de sourire et de passer à autre chose.
Est-il raisonnable de parler d'un avocat de la défense sur le blog d'un avocat général ? Oui, sans doute ; après tout ils font presque le même métier. Et, j'en suis sûr, ils se connaissent très bien aussi, ayant sans doute eu à ferrailler souvent dans le prétoire. Il s'agit de Thierry Lévy que j'ai l'honneur personnel de connaitre un peu. Son dernier livre intitulé "LEVY OBLIGE" est à lire absolument ; c'est un régal d'intelligence froide et aussi un peu un clin d'oeil et un ricanement voltairien pour tous les "idiots utiles" de la terre. Lévy toi-même ! suis-je tenté de lui dire amicalement. Et comme je pense qu'en bon avocat de la défense instruit des faits de l'attaque (l'attaque étant ici entendue comme représentée par le ministère public, donc Bilger puisque nous sommes chez lui en ce blog), il doit lire ce qui s'y écrit et même, peut-être, se demander ce que je fous là. Ah cher Maître, si vous aviez un blog, j'irais aussi chez vous, soyez-en sûr (sourire)... Donc voici une anecdote, cher Maître, qui, paraît-il, est authentique. En exergue de votre livre, elle aurait fait fureur. David Ben-Gourion, alors président de l'Etat d'Israel, se faisant conduire, la nuit, en voiture, par les rues de Tel-Aviv. Il remarque des prostituées juives sur les trottoirs de certains quartiers. Il les observe, incrédule puis soudain tape sur l'épaule de son chauffeur, retient un soupir ému et s'exclame, heureux : "Dieu merci, nous sommes un peuple comme les autres !".
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 16 mai 2008 à 00:18
Olivier Besancenot/Jean-Marie Le Pen même combat.
Touts les deux se servent de la démocratie pour la combattre. Elle n'entre pas dans leur vision du monde.
L'un rouge, l'autre noir.
Histoire connue et reconnue.
Ces hommes sont dangereux. Eux-mêmes et ceux qui les suivent sont à surveiller dans leurs agissements.
Ils sont à mon sens des dangers aussi fort que peut l'être l'intégrisme religieux qui sévit en ce moment.
Ce sont des intégristes.
Enfin, telle est mon opinion.
Rédigé par : Surcouf | 15 mai 2008 à 20:52
Il semble bien entendu primordial de rappeler que notre démocratie est fragile et qu'il ne faut pas hésiter à dénoncer les extrémismes, les idées comme les pratiques (très consensuel est mon propos n'est-ce pas ?).
Le citoyen doit garder ses sens en éveil devant la forme utilisée par OB pour présenter le contenu. La face est lisse, les idées rugueuses. S'informer tout en multipliant ses sources, analyser les arguments, gratter pour comprendre, souffler pour découvrir. Il y a un côté irrationnel dans ce succès médiatique et politique.
Prenons garde, derrière le poli, l'aspérité.
Rédigé par : Loran | 15 mai 2008 à 17:00
Les redresseurs de monde sont juchés sur des pyramides d'imbéciles.
Rédigé par : Laurent Dingli | 15 mai 2008 à 11:05
« Votre texte, Monsieur Bilger, est magistral, et résume parfaitement ce que je pourrais dire sur le sujet. Les premiers commentaires affligeants que je viens de lire (Marie, SR) ne font que confirmer l'urgence de cette mise en garde. »
Revoilà l’intransigeance de monsieur Dingli !
Si vous ne comprenez pas l'humour, Monsieur, vous devez être un bien triste sire ! A vous lire, il serait bon que tout individu pensât comme vous ! Comme je n’ai pas vu le début, voire une partie de l’émission « Vivement dimanche », je ne suis pas encore aveugle, pas plus qu’aveuglée, et j’ai constaté au moins que monsieur OB paraît être un jeune homme charmant. POINT.
Vous me faites penser à ces « idiots utiles » qui déclarèrent en leur temps que les femmes votaient comme leurs maris et que, déjà à l’époque de monsieur Lecanuet, elles votaient pour une « belle gueule », aussi charmant qu’avait pu être monsieur Lecanuet ! Ou encore plus récemment, comme ces autres qui avaient sondé une catégorie de population et en avaient conclu que « George Clooney » était le type même du « gendre idéal » que voulait avoir toute belle-mère !!
Certains « mâles » se pâment devant un visage de chirurgie esthétique d’une certaine Carla et ne supportent pas qu’une femme déclare que, et surtout, OB est agréable à regarder !!!
Malheureusement pour vous et pour la droite, OB n’est ni cul de jatte, ni borgne, ni bossu….
Ne vous en déplaise, il fit un score surprenant qui alla de 20 jusqu’à 25 % d’audience !
François Mitterrand a bien épousé les idées socialistes tout en étant de droite, pour être certain d’avoir un jour un rôle primordial à jouer ! Il fut un de nos Présidents de la République française avec un passé historique sur lequel plane un point d’interrogation. Alors. Que faut-il en penser ? Et ceux qui ont voté pour lui, en sont-ils toujours fiers ? Fallait-il l’élire ?????
Quant à monsieur Estrozaki, certains « idiots utiles » lui présenteraient quelques affinités avec un certain monsieur de Montespan qui lui s’opposa au grand Louis XIV ! Clin d’œil à qui de droit...!!
Rédigé par : Marie | 15 mai 2008 à 00:50
@Jean-Dominique Reffait
Insultant, je ne pense pas. Je ne l'ai pas voulu ainsi. Il ne vise personne en particulier et surtout pas l'avocat général Bilger qui a le courage de ce blog, des commentaires qu'il suscite et la sympathie en plus d'accueillir OB et son épouse chez lui et puis, surtout, de le dire publiquement ici. Je songeais uniquement à cet air du temps petit-bourgeois, cette espèce de pensée sirupeuse générale, à sens unique toujours, dénigrant l'esprit critique, s'imposant comme une vapeur à l'opinion publique... Vous m'avez compris. Mais non pas au bourgeois en tant que tel ; voyez-vous, avec l'âge, j'ai tendance à le devenir un peu moi aussi, alors... J'aurais sans doute dû employer un autre terme mais lequel ? Conservateur ? Mais c'est vrai qu'on a pris cette sale habitude depuis longtemps de dire de quelqu'un qu'il est bourgeois, donc qu'il pense mal. Je le déplore. Zola fut un grand bourgeois et Dieu seul sait combien il fit de bien à l'Humanité, combien il fut grandiose en cela...
Salutations.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 14 mai 2008 à 21:52
Ce n'est pas pour rien qu'on l'a choisi : pour recruter.
Et pensez à tous ceux qui pesèrent pour qu'il s'impose. Même si, loin de Drucker, tant d'idiots utiles à courte vue oeuvrent utilement, au FMI, à la Commission Européenne, à la BM, en comitologie, les oeillères vissées au crâne, la tête emplie de certitudes enseignées dans les meilleures écoles.
Rédigé par : Passant | 14 mai 2008 à 21:11
Dr Jekyll and Mister qui ?
Trouvé sur le site du Nouvelobs : " "On va tous vous trancher la gorge", aurait ainsi lancé, dans un sourire figé, un ministre à l'un des proches de Jean-François Copé dans les couloirs de l'Assemblée."
Nulle part on ne trouve duquel il s'agit.
Sans doute un qui voudrait passer chez Drucker...
Rédigé par : Fleuryval | 14 mai 2008 à 18:45
En parcourant ces lignes, Monsieur l'Avocat général, et les commentaires qu'elles provoquent une interrogation me saisit : Monsieur Besancenot est-il "républicain" ? La réponse s'impose avec évidence, sub ratione aeternitatis. Mais en réalité, ce prédicat a pris depuis quelques années la forme d'un certificat de bonne conduite qui fixe la limite de la bienséance politique. Au-delà, on entre dans le champ de la tolérance démocratique. PPDA pourra vous interroger au JT de 20 h. à l'occasion, mais vous ne pourrez jamais poser votre derrière sur le canapé rouge de qui vous savez. En passant de la salle de meetings finissant en coup de poing à l'atmosphère feutrée d'un plateau TV, le débat politique est devenu une espèce de conversation bourgeoise et polie, où seules comptent les apparences et le sentiment d'appartenir au même monde, -- inculte et ravagé par les mêmes lieux communs. La boboïsation de l'espace médiatique explique sans doute pourquoi une révolutionnaire marxiste-léniniste soit devenue une "midinette bolchévique" sympa (dixit Libé) et qu'un agitateur trotsko apparaisse comme un idéaliste au grand coeur, un gendre idéal un peu anticonformiste. Au fond, je me demande si être "républicain", ne correspond pas à la capacité citoyenne de poser son derrière sur le canapé rouge. Peut-être qu'un collègue de Science-Po pourra proposer cette interrogation en sujet de thèse.
Rédigé par : Irnerius | 14 mai 2008 à 16:16
Aissa, pourquoi faut-il que votre propos auquel j'adhère malgré quelques réserves, soit introduit par un jugement insultant ?
Philippe Bilger a reçu chez lui Olivier Besancenot avant que celui-ci ne soit la coqueluche des médias, il n'a donc pas cédé à la mode et n'a cependant pas fermé sa porte à des idées diamétralement opposées aux siennes. Je trouve ça classe. Et Olivier Besancenot s'est lui-même comporté en invité courtois chez l'ennemi de classe, sans avoir rien à y gagner.
J'aime bien votre commentaire, mais avec son introduction injuste, je l'aime moins.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 14 mai 2008 à 10:20
Ah ! Ah ! Un Avocat général qui, dans un texte époustouflant de lucidité et de finesse, traite l'essentiel du microcosme médiatique parisien d'"idiots utiles" n'a plus qu'à quitter la robe pour l'épée !
Mais ces "idiots utiles" ne lisent pas le blog de PB, trop occupés qu'ils sont à gérer leur agenda de Cour...
Et sous la plume assassine, nos idiots utiles sont nus comme le Roi, nus, face au facteur qui n'a pas sonné car la porte était grande ouverte.
Rédigé par : sbriglia | 14 mai 2008 à 08:49
Ce qui est navrant lorsqu'on écoute (et qu'on lit aussi quelquefois) certains propos, c'est cette espèce d'odeur fleurant bon son petit bourgeois frileux et lâche, ruisselant de consensus sans conséquence, pensée unique d'où le mensonge doublé ou non d'omission (ou "l'oubli" volontaire) s'impose comme le bon ton des personnes "normales", bien comme il faut. Le Che fut un tueur, quelle horreur ! Et l'on oublie ce que furent alors en ce temps les régimes politiques d'Amérique latine "bien comme il faut" qu'il combattait. Ah oui c'est peut-être avec des fleurs de toutes sortes et des manifestations pacifiques qu'on allait lutter contre ces tyrans sanguinaires ! Castro et le Che furent pires que Batista, voyons... Encore un effort et vous le canoniserez, Batista, bien sûr, pas les deux autres. Marat fut un monstre ; Louis 14 non assurément, un grand roi, aucune horreur sur la conscience, on le bénit, on l'encense aujourd'hui... Quant à Lénine, n'en parlons pas, ce fut le diable incarné... Une petite phrase "anodine" de Bernard-Henry Lévy dans son bloc-notes du Point me laissa songeur longtemps. Il y écrivait, au sujet de l'Histoire russe précisément, ses révolutions, Lénine, Staline et Poutine pour finir qu'il considère comme un tyran de la pire sorte, digne des précédents, que les démocraties occidentales se salissent à le rencontrer et qu'il serait temps d'exiger de ce monstre (Poutine donc) le rétablissement de la démocratie dans son pays. Je restais songeur, oui, après avoir posé le magazine et j'aurais tant voulu à ce moment avoir le téléphone de BHL pour lui demander de m'expliquer quand la Russie fut-elle un jour seulement démocratique puisqu'il a écrit Rétablir, ce qui voulait dire qu'elle a existé avant toutes ces révolutions, ces guerres et ces dictatures qu'il dénonçait, puis fut détruite. Ce qui sidère, c'est cette catharsis de la mémoire, cette passivité intellectuelle de nos concitoyens. Max Gallo va dans le même sens qui nous exhorte à vénérer les pires tyrans de notre Histoire sous le prétexte (fallacieux, il faut le dire) qu'ils incarnèrent la grandeur de la France. Je passe sur son dernier Louis 14 à crever de rire pour me souvenir de quand il s'indignait ces derniers temps de ce que nous, Français, nous ne célébrions pas avec fastes et grandeurs la bataille et la victoire d'Austerlitz puisque nos voisins et désormais amis Anglais ont fêté, eux, Trafalgar. Célébrer une boucherie humaine, un dictateur, un saigneur à blanc de la France et de l'Europe, voila ce que "l'historien" officiel des médias exigeait presque de nous, cette imbécillité collective de célébrer la mort "victorieuse" de millions de gens parce que d'autres le faisaient ... Rétablir, donc établir une seconde fois, sic, une démocratie russe qui n'a jamais existé, voila ce qu'exige également le "philosophe" officiel des médias ... Mais tout est dit de façon telle qu'on occulte les crimes des uns pour mieux faire ressortir ceux des autres. Et le peuple, comme souvent, tombe dans le panneau de cette terrible dialectique. Gallo aurait pu rajouter Verdun dans son éloge des victoires guerrières françaises, dans son désir fou de les fêter avec flon-flon, bière à gogo et majorettes; ce fut une victoire cette horreur sans nom, indicible à un point tel que même ceux qui l'on commise et vécue n'en ont plus jamais voulu parler et à peine s'en souvenir que dans leurs cauchemars. Je pense à Ernest Jünger, soldat de première classe en 1914, fuyant avec sa compagnie dans un bois d'Argonne, les obus éclatant partout autour de lui, déchiquetant à chaque seconde des dizaines de ses camarades et qui, apercevant alors son colonel, une main dans sa vareuse qui donnait des instructions à son chef d'Etat major, sous la mitraille, le vacarme et les éclats de toutes sortes, se mit à penser soudain :"Tiens, tiens, toute cette histoire a donc un sens". Oui, les tueurs historiques de toutes sortes, les grands que célèbrent les Gallo, les contemporains que vilipendent les BHL, les moins grands dont plus personne ne parle mais tout autant officiels, les tout petits mais non moins sanglants, les révolutionnaires pareillement, les droites, les gauches, les extrêmes, les hauts vicaires..: Tiens, tiens, toute cette HISTOIRE a donc un sens". Plus une société ment, plus c'est la preuve qu'elle a peur. Plus une société réprime, plus c'est la preuve qu'elle est faible. Une démocratie forte ne craint pas ses démons.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 14 mai 2008 à 02:31
Il fut un temps où les idiots utiles rêvaient à un monde nouveau. Aujourd'hui ils n'écoutent pas les paroles tant ils sont charmés par la musique et le minois du chanteur. Combien vous avez raison monsieur Bilger ! Et que le Che était craquant avec sa barbe de jais et ses beaux cigares ! Et puis les opposants politiques exécutés au petit matin d'une balle dans la nuque c'était si loin et il y a si longtemps. Et on n'est même pas certains que ce fût vrai. Tant d'entre nous oublient tout même parmi les lecteurs de vos chroniques. Merci de continuer à essayer de les éclairer et espérons qu'ils en retireront quelque lumière.
Rédigé par : Léo | 13 mai 2008 à 18:54
On me dit que ce jeune homme rond et lisse, beau parleur, que l’on peut accepter à sa table pour peu que les circonstances y aident, se réclamerait du grand humaniste russe Léon Trotsky. Bah ! Tous les espoirs de récupération par la gauche démocratique ne sont pas perdus. L’Histoire présente fourmille d’ex-trentenaires repentis, aujourd’hui aux premières loges. Aucun, cependant, n’avait occupé le sommet de la pyramide, et de façon aussi rayonnante. Petits bourgeois égarés dans un monde prolétarien, ou qui se voulait tel, ils étaient souvent assignés à une vulgaire tâche de noyautage puisque apparemment inaptes à se hisser jusqu’aux instances dirigeantes du parti et, de surcroît, conformes à l’image du monde à pénétrer. Mais peut-on concevoir « Olivier » ( et aurait-on pu concevoir « Arlette » ) autrement que numéro Un ? Dès lors la logomachie n’est plus tout à fait innocente : les mots obligent. Et si personne n’entrevoit un Grand Soir, rien, ni proposition, ni décision, ne trouvera grâce si elle ne se réfère pas aux mots sacrés définis par Raymond Aron : Révolution, Prolétariat, auxquels on peut ajouter aujourd’hui, parmi d’autres, sans papiers, seuil de pauvreté…
C’est la droite qui doit se réjouir de cette auréole de la gauche de la gauche…
Rédigé par : Peroixe | 13 mai 2008 à 16:07
« Alors, OB personnage sympathique ? Sans doute. Mais à prendre terriblement au sérieux. »
« Les idiots utiles qui lui font des grâces ne comprennent rien à ce qu’il est et à ce qu’il veut »
Tout cela est hélas très juste.
Olivier Besancenot : ce qu’il est ?
Il est ce que sont les communistes révolutionnaires. Pour le savoir réellement, conseillez à un proche, qui restera sans cesse sur ses gardes sans le faire voir, d’aller comme piéton stationner sur le trottoir autour de la place de la Bastille lors d’un défilé de la LCR un samedi après-midi avec un appareil photo bien visible et en bandoulière. Immédiatement, un monsieur âgé apparemment bien tranquille, soixante - soixante-dix ans, s’approchera de lui comme un badaud et lui glissera « amicalement » : « Ah vous feriez bien de ne pas prendre de photos, vous savez, un accident est vite arrivé ! » (sic.) Votre proche aura compris et s’exécutera. Il ne lui arrivera rien mais quatre minutes plus tard, il apercevra notre badaud un peu plus loin en venant aux coups avec un autre photographe amateur qui n’avait pas compris le message ! Est-ce pour cela qu’OB pratique la boxe ? J’en suis à me poser très sérieusement la question.
Ce qu’il veut ?
C’est très simple. Il suffit de lire ce passage tiré du supplément à ROUGE N°137 daté du mardi 14 décembre 1971, distribué gratuitement à la sortie du métro et titré « Dites moi M.Marchais... (7 questions « embarrassantes » au n°1 du PCF)
Partant de la constatation que « toute l’histoire contemporaine (Espagne en 36 ,Grèce en 67) montre que la classe exploiteuse ne recule jamais devant la violence et le coup d’État pour perpétuer son pouvoir. » la question est :
« Ne vaudrait-il pas mieux préparer les travailleurs à ces affrontements inévitables au lieu de semer des illusions sur une « voie pacifique » débouchant en fait sur des aventures sanglantes et sur les dictatures fascisantes ? »
Alors, sang pour sang révolutionnaire ! Ces gens-là n’ont pas changé d’avis ou de méthodes depuis un siècle. C’est acquis.
Affrontements i-n-é-v-i-t-a-b-l-e-s.
Que cela soit entendu !
Quant aux idiots utiles j’en ai connu dans ma campagne.
Ce sont d’abord ces électeurs de petits villages qui font élire ces maires (5 ou 6 par département,en moyenne) qui donnent leur signature en parrainage à OB lors de l’élection présidentielle.
Comment cela se passe-t-il ?
Les quémandeurs arrivent chez le maire à son domicile, même s’ils savent que ce n’est pas un sympathisant, ils rentrent chez lui et refusent de sortir tant que le maire n‘aura pas signé ! Dans un cas sur trois cents seulement le maire craque pour s’en débarrasser. Mais c’est assez pour obtenir cinq cents signatures au niveau national.
Idiots utiles aussi sont les autres élus de droite, de la base au sommet, des maires de petits villages au sénateur du coin qui savent se les acoquiner pour avoir la paix !
J’ai vécu treize ans dans un village avec une (oui « une ») maire LCR. J’ai donc pu observer ces gens d’extrême gauche en long et en large à la campagne avec une expérience de parisien qui ne jetait jamais à la poubelle un tract distribué aux abords du métro.
Leurs méthodes pour se faufiler partout avec une extraordinaire dextérité, mêlant l’hypocrisie à la fausse ignorance pour berner les gens sont imparables. Quand je recommandais la plus grande prudence aux gens autour de moi, au début lorsqu’elle avait pris ses fonctions, on ne me comprenait pas ou alors on me rétorquait que j’avais des préjugés. Personne ne savait ce que représentait le grand poster (Che Guevara) qui interpellait le regard dès qu’on franchissait (très rarement et en cas d’absolue nécessité) la porte de sa maison. Et elle était toujours au premier rang des officiels lors de cérémonies de remises de médailles aux anciens d’Algérie du village et de ceux environnants ! Il faut déjà le faire.
Comment le village finalement s’en est débarrassé ?
Directrice d’école maternelle dans un village voisin plus important, elle « tenait » toutes les jeunes familles de sa commune qui étaient sous sa coupe, fortement aidée par les parents d’élèves qu’elle se choisissait. Même si des froissements se produisaient tout le monde s’écrasait, comme les conseillers municipaux. Elle était invincible.
Vint l’élection présidentielle de 2002. Elle venait d’être réélue pour son second mandat l’année précédente en 2001. Les gens apprirent avec stupéfaction ,par la presse locale et par internet qu’elle avait signé début 2002 pour Besancenot, le village étant à droite à 80/90%. Personne n’avait semblé lui en tenir rigueur. Cependant la prolongation du mandat de maire de une année lui fut finalement fatale début 2007 parce qu‘elle avait pris sa retraite d‘enseignante au cours de cette ultime intervalle. Son nom cette fois n’apparaissait pas parmi les cinq cents signataires en faveur de Besancenot, cela étant interprété comme le signal qu’elle allait se représenter pour un troisième mandat, comme du reste ceux des trois ou quatre autres (des enseignants et un facteur) qui dans le département, avaient fait comme elle cinq ans plus tôt. Jusqu’à la dernière réunion de conseil de son mandat aucune opposition ne se manifesta mais à chaque fois, deux ou trois conseillers (sur neuf au total) étaient absents ou s’étaient excusés.
Lors de la dernière réunion avant les élections municipales, elle questionna les conseillers pour leur demander s’ils se représentaient sur sa liste : aucune réponse positive, aucun n‘était candidat ! Elle fit en conséquence, une « liste » sur laquelle ne figurait que son nom !
Simultanément et dès que sa « liste » fut distribuée dans les boîtes aux lettres , deux jeunes candidats qui ne faisaient pas partie du conseil précédent distribuèrent aussitôt une liste avec seulement leurs deux noms, aucun autre candidat potentiel ne voulant se joindre à eux. Ils furent élus au premier tour ainsi qu’un conseiller sortant « non-candidat » et elle même en dernière position (c’est possible dans les petits villages). Au second tour, le village devait basculer en faveur des deux jeunes qui avaient eu l’audace de se présenter ouvertement et dont l’un allait être élu maire.
C’est comme cela que ça se passe dans les petits villages.
Rédigé par : dab | 13 mai 2008 à 16:05