Les choses vont mal après parce qu'on n'en discute pas profondément, réellement, avant.
Une anecdote qui fera sourire mais très révélatrice de la conception du débat en France.
Arrivant au Palais hier matin, mon attention est attirée par une affiche annonçant un DEBAT le 4 juin à 19 heures 30 à l'Hôtel de ville de Bobigny. Organisé par le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM), il réunira un certain nombre de personnalités et sera précédé par la diffusion d'un documentaire de Thomas Lacoste "La rétention de sûreté : une peine infinie".
Résumons-nous. Les organisateurs sont très hostiles à la rétention de sûreté. Le documentaire, déjà passé à la télévision, est une charge contre la rétention de sûreté. Les participants sont tous opposés à la rétention de sûreté. Parmi ceux-ci, un grand avocat qui est un ami cher, et un remarquable psychiatre.
Autrement dit : la rétention de sûreté va être démolie par des gens d'accord entre eux, le SAF et le SM s'étant en plus facilité l'endoctrinement grâce à un film orienté.
Pourquoi pas, après tout ? Certains trouvent du plaisir à entendre chez l'autre ce qu'ils pensent. A Bobigny, c'est évident, il n'y aura pas d'empêcheurs de dénoncer en rond. Tout sera parfait pour une exquise concordance de vues.
Mais pourquoi laisser croire qu'il y aura un DEBAT qui renvoie à des échanges contradictoires, à des opinions antagonistes ou au moins différentes ? Qu'on énonce clairement que ne sont conviés à réfléchir et à discuter que ceux qui sont du bon côté : contre la rétention de sûreté.
Ce serait comique si de multiples exemples et propos ne me démontraient pas à quel point cette rétention est souhaitée, comprise et même revendiquée. Cette aspiration ne rend pas inutile la controverse juridique mais devrait conduire ses adversaires à moins d'autarcie. Ou au contraire faut-il considérer que l'autarcie intellectuelle et judiciaire est un aveu de faiblesse ?
A Bobigny, ce ne sera pas oui ou non. Mais non et non. La démocratie peut être blessée même par d'infimes piqûres.
Excellent, Claude. Cependant, reprenant cette phrase "... qu'elle (la rétention de sûreté) a pour but d'empêcher et de prévenir la récidive par des personnes souffrant d'un trouble grave de la personnalité", ainsi l'on reconnaîtrait que la personne souffre d'un trouble grave de la personnalité, en d'autres termes mieux choisis : qu'elle est malade mentale voire démente (l'adjectif "grave" l'affirme) et donc de ce fait et par la loi irresponsable de ses actes, mais on l'aurait cependant jugée et condamnée au mépris même de son trouble grave qui justifie à lui seul et légalement qu'on ne puisse ni la juger ni la condamner. Expliquez ça, s'il vous plaît ; plus personne n'y comprend goutte.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 12 juin 2008 à 19:49
La décision du Conseil constitutionnel relative à la rétention de sûreté contient un illogisme qui n'a été souligné dans la littérature juridique papier que par le Professeur Jacques Pradel :
"ce n'est pas une peine, donc le principe de non-rétroactivité des lois pénales n'a pas à s'appliquer, mais on n'appliquera pas la mesure aux faits commis avant la loi".
Comment articulez-vous vous-même implicitement et objectivement les considérants 8 et 9 avec le 10 ?
"8. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la Déclaration de 1789 : « La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée » ; qu'il s'ensuit que ces principes ne s'appliquent qu'aux peines et aux sanctions ayant le caractère d'une punition ;
9. Considérant que, si, pour les personnes condamnées après l'entrée en vigueur de la loi, la rétention de sûreté ne peut être ordonnée que si la cour d'assises a expressément prévu, dans sa décision de condamnation, le réexamen, à la fin de sa peine, de la situation de la personne condamnée en vue de l'éventualité d'une telle mesure, la décision de la cour ne consiste pas à prononcer cette mesure, mais à la rendre possible dans le cas où, à l'issue de la peine, les autres conditions seraient réunies ; que la rétention n'est pas décidée par la cour d'assises lors du prononcé de la peine mais, à l'expiration de celle-ci, par la juridiction régionale de la rétention de sûreté ; qu'elle repose non sur la culpabilité de la personne condamnée par la cour d'assises, mais sur sa particulière dangerosité appréciée par la juridiction régionale à la date de sa décision ; qu'elle n'est mise en œuvre qu'après l'accomplissement de la peine par le condamné ; qu'elle a pour but d'empêcher et de prévenir la récidive par des personnes souffrant d'un trouble grave de la personnalité ; qu'ainsi, la rétention de sûreté n'est ni une peine, ni une sanction ayant le caractère d'une punition ; que la surveillance de sûreté ne l'est pas davantage ; que, dès lors, les griefs tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Déclaration de 1789 sont inopérants ;
10. Considérant, toutefois, que la rétention de sûreté, eu égard à sa nature privative de liberté, à la durée de cette privation, à son caractère renouvelable sans limite et au fait qu'elle est prononcée après une condamnation par une juridiction, ne saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication de la loi ou faisant l'objet d'une condamnation postérieure à cette date pour des faits commis antérieurement ; que, dès lors, doivent être déclarés contraires à la Constitution les alinéas 2 à 7 du I de l'article 13 de la loi déférée, son II et, par voie de conséquence, son IV"
Rédigé par : claude | 12 juin 2008 à 16:34
@Laurent Dingli : excellent !
J'attends votre comparution à la 17ème !
...dommage, PB n'y tient plus le siège de substitut !
Rédigé par : sbriglia@ Laurent Dingli | 29 mai 2008 à 21:54
"Pour moi, Eolas est....un roitelet savant qui trône sur son petit blog, joue avec des « trolls detector », et agite un hochet en croyant brandir un sceptre."
Rédigé par: Laurent Dingli | le 29 mai 2008 à 12:23
juste pour vous dire que j'ai adoré votre écrit, là encore : il va vite devenir colle'Hector !
sinon je rajuste juste un "oui, oui" à monsieur Bilger ! j'opine du chef !
Sissi !
Rédigé par : Cactus Ottokar (en à part thé à L.Dingli) | 29 mai 2008 à 18:30
@ Véronique, vous écrivez : "J'ai voulu dire à Laurent que le propos de "Journal d'un avocat" n'est pas de pouffer dans la démagogie au sujet de la politique du gouvernement. Mais d'expliquer comment les choses se passent et se raisonnent du point de vue du droit".
Titre d'un billet d'Eolas daté du 21 mai : "En France, les femmes battues sont protégées. Sauf les Algériennes".
Si ce genre de titres, digne des pires accroches journalistiques, ne revient pas à « pouffer dans la démagogie », c’est que tout simplement nous n’avons pas la même perception des choses. Pour moi, Eolas est un roitelet savant qui trône sur son petit blog, joue avec des « trolls detector », et agite un hochet en croyant brandir un sceptre.
Rédigé par : Laurent Dingli | 29 mai 2008 à 12:23
Oui je remarque que partout prédomine l'absence de débats, et cela a l'air d'être encouragé par certains lecteurs.
Justement la semaine dernière, en écoutant un débat sur les sectes, un auditeur ayant été excommunié des témoins de Jéhovah voulait apporter son propre témoignage et semblait contester les propos de l'intervenant. L'auditeur n'a pu continuer car il avait été un membre de cette secte. J'aurais voulu entendre justement ses contestations. J'ai l'impression que l'absence de curiosité des journalistes est leur principal défaut.
Rédigé par : Fabrice Trochet | 27 mai 2008 à 18:24
@ sbriglia
"...l'âge quelque peu plus avancé de notre hôte (...) lui permettant d'avoir la bienveillance désabusée et le calme des vieilles troupes"
Pfttt !... vous parlez pour vous ou quoi ?
"...réponses au ton parfois... juvénile"
Réponses aussi, ou des fois je suis morte de rire. Je vous recommande en exemple la réponse au post 101 - Billet: La psychiatrie est-elle impuissante ? 13-05
Elles vous font rire aux larmes, plier en deux et vous rouler par terre, vous, les réponses de PB ?
J'ai bien compris le post de Laurent.
J'ai voulu dire à Laurent que le propos de "Journal d'un avocat" n'est pas de pouffer dans la démagogie au sujet de la politique du gouvernement. Mais d'expliquer comment les choses se passent et se raisonnent du point de vue du droit.
Et puis à la fin ! Acceptez aussi, sbriglia, de considérer que tout le monde n'a pas été comme vous master en droit à 10 ans et demi et avocat à 11 ans moins un jour !
ps : Philippe est tout sauf bienveillant dans ses billets.
Rédigé par : Véronique | 25 mai 2008 à 15:18
sbriglia,
Merci d'avoir traduit ma pensée.
Rédigé par : Laurent Dingli | 24 mai 2008 à 10:02
@Aïssa Lacheb-Boukachache
"si quant à vous vous connaissez de meilleures façons d'être tué que d'autres, ma foi... Vaste débat."
Je pense que je n'aurais pas aimé pas finir écorchée vive dans une geôle afghane ou coupée en plus d'une centaine de morceaux du temps de l'ancienne Chine impériale, pas plus qu'à l'instigation de l'ignoble Frédégonde, écartelée entre quatre chevaux comme la reine d'Austrasie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Frankish_Empire_481_to_814-fr.svg ) Brunehilde, reine régnante et l'une des plus remarquables têtes politiques que je connaisse.
Mais je préfère encore cette barbarie-là qui se montre à visage découvert, à l'hypocrisie de l'injection létale.
Car j'en connais de modernes "Ignoble Frédégonde" qui n'hésiteraient pas une seule seconde si les temps le permettaient à suivre l'exemple de leur illustre devancière, la chambrière de la reine de Neustrie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9gonde) qui n'en était pas à son coup d'essai !
Comme le dit René Girard, en effet "ce n'est pas le Père qui est violent, mais la Violence qui est le père", ou encore ironiquement : l'erreur, c'est le père et la psychanalyse ; ta vérité, c'est le meurtre !
D'où les vieux rituels de style corrida ne sont sans doute pas sans utilité dans cette vieille société sanguinaire qui se cache sous le monde moderne ! - CJL -
Rédigé par : Catherine JACOB | 24 mai 2008 à 08:25
Nietzsche. D'autres éminents spécialistes médicaux ont avancé l'hypothèse de la PMD (Psychose Maniaco-Dépressive). Mais souvent la PMD couve aussi un état-limite. Vous voyez, on n'en sort pas. Quoi qu'il en soit, une certitude est qu'il ne sombra pas dans la démence du fait de sa syphilis. Un fait "anodin" (un cocher battant son cheval) a fait sombrer Nietzsche dans la démence, comme un fait "anodin" (un lycée de Lyon refusant injustement Khelkal en ses classes) a fait sombrer celui-ci dans le meurtre. Cela ne veut en rien dire que les causes responsables de ces effets sont uniquement celles-là. Mais cela veut dire que sans ces causes, celles-là précisément, il se serait passé autre chose pour ces deux hommes qui n'aurait pu être que meilleur car, comme je l'ai écrit, c'est le pire qui leur est arrivé ainsi qu'aux victimes dans le cas de Khelkal. C'est tout ce que j'ai voulu exprimer.
Vauzelle. Sa culture, comme vous l'écrivez, sbriglia, comme 65 000 détenus actuellement dans les prisons de France entassés de la façon la plus indigne dans une promiscuité qui fait frémir et qui est la honte de notre pays, en violation constante et caractérisée de notre propre droit judiciaire et pénitentiaire, en violation même de l'élémentaire humanité, à l'unisson d'eux je dirais : qu'est-ce que j'en ai à foutre. D'un ministre de la Justice, le justiciable n'attend pas un éloge si beau soit-il de Daniel Manin ou un quelconque ronron intellectuel de salon mais un véritable engagement politique et des décisions et faits concrets pour une justice davantage républicaine, donc la même pour tous, et une Pénitentiaire qui ne soit plus une poubelle où des êtres humains, des détenus, à l'instar d'autres êtres humains, les personnes âgées en maisons de retraite (Cf entre autres le livre du professeur Soubeyrand, gériatre: ON TUE LES VIEUX), sont traités comme des déchets. Après, l'homme, ce qu'il est personnellement, sa vie, ses oeuvres, ses fantasmes, etc. ... Chacun le verra comme il le verra, c'est bien subjectif tout cela. Moi j'ai vu un beauf, pas de ma faute, je n'ai vu que cela, un beauf socialiste, cela existe... Je n'ai pas à m'en excuser puisque c'est subjectif et qu'en l'espèce beauf est à peine péjoratif voire pas du tout, c'est ainsi.
La tauromachie. CJ, allez-y une fois, vous verrez, c'est un spectacle impressionnant. Je ne suis ni pro ni anti corrida ; cela existe comme un vieux rituel de mise à mort, c'est tout, je l'ai constaté simplement. Pour le reste, si quant à vous vous connaissez de meilleures façons d'être tué que d'autres, ma foi... Vaste débat.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachachache | 23 mai 2008 à 22:28
@Aïssa Lacheb-Boukachache
"Il n'y a pas de combat ; le fauve est sacrifié selon un art bien codifié. Aucune égalité, au sens où vous l'exprimez, là-dedans. A ce sujet, je vous engage à lire, entre autres, ma nouvelle dans le recueil de nouvelles tauromachiques "TOREO DE SALON ET AUTRES NOUVELLES" paru aux éditions Diable-Vauvert. "
Si vous faites donc partie des auteurs de 'Au Diable Vauvert', la notice qui chez eux vous concerne est donc celle-ci:
"BIOGRAPHIE:
Né en 1963 à Sissonne, dans l'Aisne, Aïssa Lacheb-Boukachache a commencé, tout petit déjà, par voler des vélos aux petits gars de son âge dans les quartiers, pour finir par les braquages de banques où, là, comme il l'affirme, c'était beaucoup moins dangereux. Condamné en tout et pour tout à 26 années de réclusion criminelle et d'emprisonnement ferme, il fut libéré en 1998, un vendredi 13, après 13 années passées dans les prisons. Aujourd'hui, écrivain et infirmier diplômé d'Etat, il partage son temps entre la littérature et les soins infirmiers"
A ce propos :
"A ce moment, je l'imaginais en bête fauve et, comme il se trouvait à un mètre de moi juste en contrebas, le banc précédent, je bondissais et, vêtu d'un habit de lumière moi aussi, lui portais l'estocade à son cou gras et empli de boutons que je distinguais nettement sous sa chemise débraillée car nous étions en été. "
Je constate que vous reconnaissez au moins une utilité à la corrida par l'intermédiaire de sa représentation mentale façon Yoga !
Ce serait certainement intéressant de savoir comment vous vous seriez représenté l'actuel garde des Sceaux dans la même circonstance !
Ceci étant, vous vous trompez en affirmant que le taureau n'a aucune chance sauf lorsqu'il affronte un torero suicidaire. Un bon encornage de la cuisse fait autant de dégâts que dans la partie du corps que vous évoquez.
Je suppose que vous connaissez le magnifique texte du poète espagnol Garcia Lorca, intitulé 'Le Sang Répandu':
"Et à travers les troupeaux,
s'éleva un air de voix secrètes,
cris lancés aux taureaux célestes
par des gardiens de brume pâle.
Il n'y eut de prince à Séville
qu'on puisse lui comparer,
ni d'épée comme son épée,
ni de coeur aussi entier.
Comme un fleuve de lions
sa force merveilleuse,
et comme un torse de marbre
sa prudence mesurée.
Un souffle de Rome andalouse
nimbait d'or son visage,
où son rire était un nard
d'esprit et d'intelligence.
Quel grand torero dans l'arène!
Quel grand montagnard dans la montagne"
Il ne s'agit manifestement pas d'un suicide !
Puisque vous m'en fournissez l'occasion, je dirais que mieux vaut finir comme le taureau dans l'arène après avoir bien combattu, que comme le renard qui, à quatre heures cet après-midi, servait encore de déjeuner aux mouches dans la proximité de l'Abribus où descendent les visiteurs de la prison de Metz-Queuleu, alors que l'autorité compétente en est informée depuis onze heures ce matin !
Accessoirement, après avoir pris des clichés de la bête, j'ai cherché à consulter les modifications de cet arrêté qui date de 1996, pour ce qui concerne la Moselle, [http://admi.net/jo/19980508/AGRG9800811A.html ] , mais je n'ai rien trouvé !
Rédigé par : Catherine JACOB | 23 mai 2008 à 18:28
@Aïssa
"Lorsqu'il sombra dans la pathologie et toutes ses terribles manifestations psychiques, la syphilis n'y fut pour rien, croyez-moi."
Ce n'est pas ce que j'ai lu sous des plumes très autorisées à émettre un avis en la matière et qui plus est dans des documents dont la diffusion n'est pas grand public mais interne à la communauté médicale, et donc par l'intermédiaire de l'un de ses membres.
Personnellement je n'ai aucune compétence à poser un diagnostic quelconque à propos de quelque écrivain/penseur/personnalité et quidam quelconques, mais bien des apparentes bizarreries de la pensée nietzschéenne peuvent trouver des explications hors domaine psychiatrique et donc philosophiquement beaucoup plus intéressantes !
Rédigé par : Catherine JACOB | 23 mai 2008 à 17:26
@ Aïssa
Vous vous trompez sur Vauzelle : c'est un homme remarquablement cultivé (on n'est pas Premier secrétaire de la Conférence du barreau de Paris pour rien ; qui a eu le bonheur d'entendre son "Eloge de Daniel Manin" pourrait vous le confirmer) doublé d'un politique avisé, avec tout ce que vous pouvez imaginer dans "avisé"...
En aucun cas un beauf...
Ne jamais se fier au col de chemise : Hemingway avait, lui aussi, un cou de taureau...
Rédigé par : sbriglia | 23 mai 2008 à 11:29
Véronique, vous n'avez pas saisi le propos de Laurent,ce me semble...
Laurent considère que "l'humilité étant l'antichambre des perfections", Eolas dispose, comme nous tous, d'une singulière marge de progression à cet égard, l'âge quelque peu plus avancé de notre hôte (on peut le supposer en lisant les réponses d'Eolas aux commentaires, réponses au ton parfois... juvénile) lui permettant d'avoir la bienveillance désabusée et le calme des vieilles troupes (pardon Philippe !)
Rédigé par : sbriglia | 23 mai 2008 à 11:18
@ Véronique,
J'entends vos nuances et les prends bien volontiers en compte.
Rédigé par : Laurent Dingli | 23 mai 2008 à 09:54
@ Laurent
"...l'ouverture d'une réflexion sur un sujet donné n'étant pas le but du "Journal d'un avocat"."
Sur un sujet donné, "Journal d'un avocat" propose en premier une lecture et une analyse juridiques. Un cadre est posé.
Dans une discussion de tous les jours au sujet, par exemple, de la rétention de sûreté, avec des interlocuteurs plutôt favorables, voire très favorables à cette disposition - ce qui n'est pas une rareté, loin de là, et qui dépasse les différences dans les bulletins de vote des uns et des autres - essayez de positionner la discussion sur le terrain du droit et de l'organisation judiciaire.
Eh bien, vous vous rendrez très vite compte de la méconnaissance du rôle, par exemple, d'un Juge d'Application des Peines et des textes juridiques auxquels il ou elle se réfère pour construire sa décision.
Le blog d'Eolas précisera cela. Ce n'est pas rien. C’est indispensable. C'est de la pédagogie, le contraire d'une démagogie.
A Bobigny, je ne pense pas que les débatteurs passeront par l'étape qui consiste à expliquer : d'un point de vue du droit et de la loi, les choses se passent de cette façon.
Quel est le propos de Philippe Bilger dans cette note ?
Son objectif, selon moi, est de dire que les débatteurs de Bobigny ne feront que reproduire ce que PB appelle de l'éthique banale qui, à force de ne pas être discutée, finit par créer un discours judiciaire séparée de la société. Ce discours s'autoalimente dans l'entre soi et dans l'autarcie intellectuelle.
Là aussi, ce n'est pas rien. C'est indispensable. C'est la place reconnue et restituée au contradictoire, un autre contraire de la démagogie
"Ce serait comique si de multiples exemples et propos ne me démontraient pas à quel point cette rétention est souhaitée, comprise et même revendiquée. Cette aspiration ne rend pas inutile la controverse juridique mais devrait conduire ses adversaires à moins d'autarcie.(...)La démocratie peut être blessée même par d'infimes piqûres."
Le souci d'Eolas : l'application du droit et la protection des libertés individuelles.
Le souci de Philippe : interroger et discuter la question d'un monde judiciaire et intellectuel qui se revendique séparé de la société, qui se positionne dans un ailleurs théorique clos sur lui-même et disjoint des besoins concrets exprimés par cette société à travers des élections.
...Et entre tout ça des commentateurs qui font ce qu'ils peuvent...
Rédigé par : Véronique | 23 mai 2008 à 08:35
@Catherine Jacob
Nietzsche a bien été atteint de la syphilis. Cependant, vous vous égarez en affirmant qu'il en est mort, en étant alors au stade 3 (syphilis tertiaire). Maupassant, oui. Nietzsche, non. La dégénérescence neurologique induite par une syphilis tertiaire ne se manifeste jamais de façon si brutale et spontanée, au coin d'une rue. C'est un processus relativement long durant lequel apparaît déjà toute une dégradation physique et physiologique, du visage notamment, de la bouche, du voile du palais qui souvent est béant, de pustules infectées et autres... D'ailleurs, à ce stade syphilitique, on meurt rapidement, le système rénal en premier est détruit, on tient quelques jours voire quelques semaine au plus, certainement pas des années comme ce fut le cas du philosophe. Voyez les photos de Nietzsche à l'asile d'aliénés, dans les bras de sa soeur, vous comprendrez qu'il n'en est rien. Nietzsche était bel et bien ce que l'on désigne, en psychiatrie, un "état-limite" ou border-line. Lorsqu'il sombra dans la pathologie et toutes ses terribles manifestations psychiques, la syphilis n'y fut pour rien, croyez-moi. Il mourut plusieurs années plus tard et là encore des discussions ont lieu qui incriminent moins que jamais la syphilis dans sa mort. Il s'éteint bien avant d'avoir subi dans sa chair les conséquences physiologiques et psychiques de cette fameuse syphilis tertiaire que vous évoquez. A contrario de Maupassant.
Lorsque vous écrivez également que "... ceci étant, en dehors de l'arène où le combat est à armes égales...", je suppose que vous faites allusion ici à la corrida. Sans être le moins du monde aficionado ni même pro ou anti corrida, j'ai eu la curiosité d'assister à nombre d'entre elles dans les plus importantes arènes tauromachiques de France et même en Espagne et de m'instruire par un nombre conséquent d'ouvrages sérieux traitant de la chose. On entrerait ici dans une singulière digression si je m'aventurais plus avant en explicitant et démontrant et détaillant. Ce serait singulier sur le blog d'un magistrat. J'écrirais donc simplement ceci : croyez-moi, le taureau, sauf à ce qu'on lui tende sa poitrine dans un désir objectivement suicidaire, n'a aucune chance. Ce n'est pas un combat d'égalité, loin s'en faut. Il n'y a pas de combat ; le fauve est sacrifié selon un art bien codifié. Aucune égalité, au sens où vous l'exprimez, là-dedans. A ce sujet, je vous engage à lire, entre autres, ma nouvelle dans le recueil de nouvelles tauromachiques "TOREO DE SALON ET AUTRES NOUVELLES" paru aux éditions Diable-Vauvert. Ou comment vous découvrirez que, ce jour-là, j'avais, dans la tribune VIP, juste devant moi, à un mètre à peine, Michel Vauzelle qui lui, par contre, est un aficionado, un passionné. C'est le sujet de ma nouvelle. Car en même temps que nous assistions à la corrida, lui sans me voir ni me connaître et moi le voyant et le connaissant, je songeais à toutes ces fois où, du fond de ma cellule ou mon mitard, je recevais et lisais le rejet de mes demandes de libération conditionnelle paraphées par lui alors garde des Sceaux. A ce moment, je l'imaginais en bête fauve et, comme il se trouvait à un mètre de moi juste en contrebas, le banc précédent, je bondissais et, vêtu d'un habit de lumière moi aussi, lui portais l'estocade à son cou gras et empli de boutons que je distinguais nettement sous sa chemise débraillée car nous étions en été. Lorsque tout fut terminé, nous nous saluâmes tous et toutes et lorsqu'il me tendit sa main je la pris et la lui serrais franchement en pensant simplement que cet homme qui me laissait croupir en prison alors qu'objectivement cela n'avait plus de sens (le sens de la punition) et qu'il pouvait -qu'il devait- me libérer d'une simple signature, avait une grosse tête étrange un peu sympathique. Un beauf, me suis-dit, c'est un beauf... Au sens vrai où Cabu le narre : ni bon ni méchant, ni bête ni intelligent. Je n'en revenais pas.
Tout ce que vous avez écrit quant à l'empathie animale et qu'on ressent pour l'animal, j'y adhère plus que de raison.
Salutations.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 22 mai 2008 à 20:05
@ Véronique,
J'ai parlé de "persiflage anti-gouvernemental". Pour le reste je suis d’accord avec vous. Je ne crois pas, en effet, que l'avocat tombe dans l'anti-sarkozysme. Il me semble d'ailleurs qu'il a souvent repris certains de ses lecteurs qui confondaient son blog avec une tribune contre le chef de l'Etat. Je veux dire, en revanche, que lui et ses co-auteurs abondent trop souvent dans le même sens et occultent systématiquement ce qui ne colle pas avec l'image d'un gouvernement et d'une administration présentés comme systématiquement rétrogrades en matière d'immigration et de justice ou d'une politique qui serait presque constamment attentatoire aux principes de notre démocratie. Qu'ils n'apprécient pas la politique actuelle, c'est leur droit, et je ne cherche pas moi-même à m'en faire l'avocat, mais le manque de nuances et la caricature nuisent à la réflexion sur des sujets fondamentaux. Prenons l'exemple de l'immigration. Pointer, comme il le fait, des injustices, les non respects du droit ou de la simple morale, constituent des activités honorables et nécessaires, mais se contenter de voir la politique de l'immigration uniquement sous cet angle frôle la démagogie, car on a alors le sentiment que le seul but de nos gouvernants est de prêcher l'exclusion et la haine. Mais peut-être ai-je mal lu. Et sans doute, avez-vous raison en disant que je me suis trompé de blog, l'ouverture d'une réflexion sur un sujet donné n'étant pas le but du "Journal d'un avocat". Dont acte. Personne n'ira marchander les compétence de ces maîtres du barreau ni la critique du pouvoir qui est saine et dont ils s‘acquittent parfaitement bien, encore une fois, c'est de leur parti pris constant dont il s‘agit. Un exemple : l’article dans lequel Eolas s’était mis à persifler sur le thème de la naturalisation de Carla Bruni, avec ce ton présomptueux et cassant dont il a le secret, avant qu’un lecteur averti ne lui fasse remarquer qu’il avait commis une lourde erreur en la matière. Il a donc dû écrire un correctif sous la forme d’une mise à jour, mais en attendant, près de deux cents personnes s’étaient gaussées ou indignées sur le thème, toujours très porteur, du privilège du prince opposé aux déboires de la pauvre immigrée lambda, etc. On aurait fait bien plus de bruit si un journaliste avait commis une telle bourde (le même Eolas ne s‘interdit d‘ailleurs pas de les étriller à l‘occasion). Notre Fantômas de l’internet devrait donc y réfléchir à deux fois avant de publier ses gasconnades. A propos de l’ancienne député néerlandaise Ayaan Hirsi Ali ou de l’affaire des Français prisonniers au Tchad, il a même sombré, à mon sens, dans la petite attaque mesquine et les formules de comptoir, du genre « Mais le président de la République actuel sait qu'une opération de comm' n'a pas de prix. Surtout quand ce n'est pas lui qui paye». Et un demi, un !
Rédigé par : Laurent Dingli | 22 mai 2008 à 18:20
@ Laurent
Le blog de Philippe Bilger et celui d'Eolas n'ont rien à voir l'un avec l'autre.
Le premier fait dans les Sciences morales et politiques, le second dans le Droit.
Je ne pense pas qu'Eolas se précipitera ce soir à Bobigny pour "débattre" de la rétention de sûreté après visionnage d'un film façon "Les Dossiers de l'écran". Ce n'est pas sa sphère. Pour dire les choses clairement, je suis sûre qu'il s'y emmerderait à mourir.
"Pourquoi pas, après tout ? Certains trouvent du plaisir à entendre chez l'autre ce qu'ils pensent" répondra Philippe à mon affirmation au sujet du patron d'à côté.
Je pense que tant que ce ne seront pas les préfets qui décideront d'une rétention de sûreté, Eolas ne prendra pas le maquis.
Par ailleurs, je ne partage pas votre idée qui consiste à dire qu'Eolas fait de l'anti Sarkozy abusif, et à tort et à travers, dans son blog. Il explique, du point de vue du droit, comment les choses se raisonnent. Ce qui fait grimper au lecteur des étages de compréhension.
Et puis, entre vous et moi, si son objectif était de casser du Sarkozy dans son blog, je ne pense pas qu'il s’investirait autant en temps, en passion et en travail dans ses billets.
C'est vrai, pour ça, en un coup de vélo, il n'aurait qu'à se transporter... à la Salle des fêtes de l'Hôtel de Ville de Bobigny. Vous ne croyez pas ?
Rédigé par : Véronique | 22 mai 2008 à 13:33
J'ajoute, à propos de cette interaction entre l'homme et l'animal : j'ai vu quelques documentaires assez poignants sur la question, justement, à propos d'éducation ou de réinsertion. Deux volets de l'excellent magazine Géo Reportage, sur Arte. Le premier évoquait les orphelins du Brésil qui se réinséraient en devenant de petits cavaliers. Le second avait trait à de jeunes thaïlandais, victimes de la misère et de la drogue, à qui un moine bouddhiste redonnait une seconde chance. Là encore, le cheval était le médiateur entre l'enfant et l'éducateur. Le célèbre monastère des tigres, toujours en Thaïlande, constitue une autre illustration (parmi bien d'autres) de cette interaction bénéfique.
Rédigé par : Laurent Dingli | 22 mai 2008 à 12:05
@ Catherine Jacob,
Vous nous racontez une histoire bien émouvante. Je crois à cette interaction que vous évoquez.
Rédigé par : Laurent Dingli | 22 mai 2008 à 11:48
@Aïssa
"Nietzsche se précipitant au cou du cheval, l'embrassant, lui parlant, pleurant et, finalement, sombrant définitivement dans sa psychose. "
Comme dans le cas présenté par Le Horla, nouvelle fantastique sous la forme d’un journal inachevé – quelque part « hors là » -, Nietzsche en était à un stade syphilitique de stade 3 qui n’a rien à voir avec le schème psychologique de base qui était le sien, et encore moins avec la philosophie.
Ceci étant, en dehors de l’arène où le combat est à armes égales, le cas présenté par la douleur d’un animal qui ne peut se défendre ni répliquer est insoutenable. C’est vrai qu’il faut une grande force d’âme pour résister à l’envie de manifester notre empathie par quelque geste fou lorsqu’on ne côtoie pas la douleur au quotidien comme par ex. le corps médical, et qu’on n’est pas blindé, en quelque sorte. Nietzsche affaibli par la MST évoquée, n’a pas résisté. Mais c’est là quelque chose de moins fou tout de même que l’attitude de Néron avec la même catégorie d’animaux !
Quand mon chien s’est fait renverser sur un passage pour piétons, me sauvant en quelque sorte la vie à moi-même, il a été projeté à plusieurs mètres et ses aboiements de douleur résonnent encore parfois à mes oreilles.
Néanmoins après qu’ayant bondi dans sa direction, je me suis agenouillée près de lui, posant son museau ensanglanté sur mes genoux, il s’est tu.
Il savait que ce qui devait et pourrait être fait allait l’être et il économisait donc ses forces. Et effectivement, ça l’a été. Aujourd’hui, il re galope avec toutefois une certaine appréhension du véhicule automobile.
Tout est souvent une question de seuil de tolérance, et quand ce seuil se voit considérablement abaissé, que ce soit pour une raison interne (Nietzsche) ou parce que la pression de certains types de harcèlements psychologiques visant de façon extrêmement perverse à vous faire sortir de vous-même d’une manière ou d’une autre, se fait trop grande, ou parce que... la vie tout court (deuil, situation économique, agressions physiques, dols divers etc.…) met quelque fois le paquet d’un seul coup, l’animal humain ne peut que faire intensément écho à la douleur de l’autre, animal ou humain, et ça peut aussi, en effet, constituer une sorte de phénomène déclencheur, ce n'est pas pour autant que lorsque coupable déclencheur il y a, ce dernier ne doive pas en être puni, car la sonnette sonne - pas toujours- quand on appuie dessus et ne sonne pas - le plus souvent- quand on s'en abstient !
Rédigé par : Catherine JACOB | 22 mai 2008 à 10:58
@ Aïssa Lacheb-Boukachache
Je sais ce qu'est un état border-line et une psychose. Mais vous confondez l'événement déclencheur et la cause réelle (qui reste évidemment bien difficile à déterminer). Par ailleurs, le rôle des parents n'est pas un facteur exogène, au même titre que l'Education nationale. Le "Moi" de l'enfant au premier âge de la vie, n'est pas séparé de celui de la mère. Il n'y a là rien d'exogène. Que mon analyse soit différente de la vôtre ne la rend pas pour autant "superficielle".
Rédigé par : Laurent Dingli | 22 mai 2008 à 10:32
Le fait que Hitler n'ait pas été reçu aux Beaux-Arts à Vienne ne serait pour rien dans ce qu'il est devenu ensuite, écrivez-vous. Je ne me risquerais pas à penser comme vous. Vous voyez les choses, j'ose l'écrire, de façon superficielle, comme elles semblent être d'apparence, comme elles se donnent. C'est un leurre. L'Histoire nous a depuis déjà appris que souvent ce sont de petits détails de la sorte qui font les grands événements tragiques ou sublimes. Tout est latent qui est dans l'homme, le pire comme le meilleur, à l'échelle de l'Humanité comme à celle de son individualité. Vous vous contredisez dans votre propre commentaire où vous ne me rejoignez pas sur Khelkal et le rejet qu'il subit de ce lycée qui participa de sa dérive meurtrière quand dans le même élan vous rejoignez un autre commentaire qui voudrait que l'on incriminât plutôt les parents. Or, il s'agit là aussi d'une explication exogène, pour reprendre votre terme. Pourquoi des parents seraient-ils davantage à incriminer qu'un lycée ? Pourquoi une éducation parentale serait-elle davantage à incriminer qu'une Education nationale ? De même, je n'écrirais pas que l'Education nationale, en ce cas, serait davantage à incriminer que qui que ce soit. En médecine psychiatrique, sachez-le, il existe une pathologie grave désignée sous le nom de border-line. Pour la résumer, il s'agit d'une psychose dont les manifestations cliniques sont latentes, "endormies" ; la personne atteinte de cette maladie peut longtemps vivre le plus normalement qui soit sans que jamais rien de sa maladie ne vienne lui nuire ainsi qu'aux autres ; souvent même elle ignore cette maladie, sa famille, ses proches également, et n'a jamais éprouvé le moindre besoin de consulter. Puis survient un fait. Un fait quelconque le plus souvent qui, chez une autre personne, ne prêterait pas à conséquence plus que cela mais qui, chez elle, va mettre en branle tout le mécanisme de la psychose et déclencher physiologiquement et psychiquement la maladie, l'"éveiller" définitivement. Cela pourra conduire la personne jusqu'au suicide, au meurtre voire à toutes les autres pires extrémités. Le fait incriminé, quand on a fait l'anamnèse de la maladie, s'avère être souvent une chose d'une banalité affligeante. Un cas souvent cité est celui de Nietzsche. Le philosophe alors en promenade dans les rues de Turin voit un cocher battre son cheval. Cette scène c'est le fait. On connaît la suite ; Nietzsche se précipitant au cou du cheval, l'embrassant, lui parlant, pleurant et, finalement, sombrant définitivement dans sa psychose. Alors voilà : si Nietzsche n'était pas passé par cette rue, n'avait pas vu cette scène ni ce cheval ni ce cocher, bref tous ces faits exogènes... La nature de l'homme n'est pas d'une bulle imperméable à tout et à tous et qui ne se nourrirait que de son individualité. Si chacun de nous, à son échelle, soumet le monde, le monde, à la sienne, le soumet en retour. C'est un principe universel. Nulle vie, a fortiori nulle société humaine, n'est possible hors ce principe. Et de même qu'un lycée de Lyon refusant Khaled Khelkal dans ses classes a pu causer la mort de dizaines de personnes sous les bombes à Paris et ailleurs, le battement des ailes d'un papillon dans les îles de la Sonde, etc.etc. Quoi qu'il en soit, j'aurais préféré toujours, et toute personne censée avec moi, que ce lycée acceptât en toute justice et honnêteté intellectuelle ce jeune homme parmi les siens, en lieu de le refuser hypocritement et de la sorte se salissant dans son principe éducatif comme une vieille pourriture. Cela aurait été ce que cela aurait été, n'importe, mais le fait, un autre fait, aurait existé dont les conséquences n'auraient été que meilleures car c'est le pire qui a eu lieu.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 22 mai 2008 à 00:51
@aïssa et @catherine jacob, je reste sans voix devant vos mots, merci et bravo.
Rédigé par : Marc | 21 mai 2008 à 23:50