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« Le silence est requis ! | Accueil | Ciel, elle n'est plus vierge ! »

Un bon Conseil !

TF1, Charles Villeneuve et Arsène Wenger. Quel étrange trio ! Je croyais que Villeneuve était devenu le président du PSG et que Wenger était l'entraîneur d'Arsenal. Apparemment, on avait pensé à beaucoup de monde pour prendre en charge l'équipe de Paris. Mais pas à Arsène Villeneuve !

C'est insignifiant par rapport à ce qui préoccupe aujourd'hui la magistrature et en particulier l'Union syndicale des magistrats (USM) dont je viens de lire le communiqué au sujet de la composition du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Je prends acte que toutes les organisations d'avocats soutiennent l'USM. Piquant de les voir, régulièrement, dénoncer le corporatisme des magistrats pour l'avaliser pourtant en cette circonstance.

Ce qui constitue le motif de discorde, la pierre d'achoppement, c'est que les magistrats se retrouveraient en minorité dans cette instance et qu'ils semblent voir dans cette trop faible représentation un casus belli. Certes, ce nouveau CSM ne serait plus présidé par le président de la République ou, en son absence, par le garde des Sceaux mais par les chefs de la Cour de cassation. Compensation qui ne console pas certains de mes collègues, ni les syndicats.

Si j'ai éprouvé du plaisir, en d'autres temps, à être minoritaire en défendant certains points de vue, parce qu'absurdement j'assimilais cette position à la vérité, je ne suis plus aujourd'hui dans les mêmes dispositions. Aussi il m'est pénible, alors qu'avec d'autres je me bats pour porter haut l'honneur de la justice et la grandeur de notre métier, de devoir continuer, sur ce point central qu'est la composition du CSM, à manifester mon désaccord avec la plupart de mes collègues. Et ce, non pas en vertu d'un masochisme pervers qui me conduirait sans cesse à approuver ce qui prétendrait nous offenser mais de la conscience, au contraire, que la réduction de notre nombre nous ferait perdre du chiffre mais gagner du crédit sur le plan démocratique.

Tout dépend de ce qu'on place au premier rang de ses préoccupations. Il est clair que notre souci fondamental ne saurait être de vivre en autarcie, le plus confortablement possible, seulement satisfaits de voir notre indépendance respectée et notre faible efficience admise comme une sorte de mal inévitable. Ce qui doit nous mobiliser, c'est la nature et la qualité du lien qui unit notre institution à la société tout entière, le service public de la justice aux citoyens qui attendent beaucoup de lui. Cette relation capitale, si elle est beaucoup dégradée aujourd'hui, et gravement depuis Outreau en matière pénale, n'est pas à mon sens affectée autant qu'on le croit par une critique de la quotidienneté judiciaire - quoi qu'ils en aient, les usagers nous reconnaissent de faire tout ce qu'on peut avec ce qu'on a - mais plutôt par l'image d'un pouvoir qui serait sans contrepartie. On ne nous dénie pas des qualités mais on ne perçoit que des défauts qui tiendraient à une forme d'arrogance institutionnelle, de corporatisme défensif et d'impunité technique. Je n'admets pas dans toutes ses composantes le procès qui nous est intenté mais il n'empêche que pour l'essentiel il vise juste.

Aussi, rien ne me semble plus nécessaire, tactiquement, que d'accepter de nous retirer d'un jeu qui altérait la réputation du corps et ne donnait pas des résultats si éclatants en matière de promotions et de nominations qu'il ait fallu à toute force le maintenir tel quel. Loin que la réduction du nombre de magistrats au profit d'autres personnalités désignées par le président de la République, le président du Sénat et le président de l'Assemblée nationale et d'autres organes, risque de nous porter atteinte, j'ose soutenir que ce sera le contraire dans la mesure où l'accusation républicaine, à chaque dysfonctionnement, ne portera plus principalement sur nous. Pour ma part, j'aurais même, fidèle à cette nouvelle orientation, évité de faire présider le nouveau CSM par les chefs de la Cour de cassation. Le monde judiciaire est une "pétaudière" apparente ou masquée, en tout cas, le lieu de conflits et d'antagonismes auxquels naturellement nos plus hauts responsables ne peuvent demeurer insensibles. Il est paradoxal de diminuer le pourcentage de magistrats au sein du CSM mais de négliger d'écarter cette illustration suprême du corporatisme à sa tête.

L'USM tient pour un argument décisif le fait que la France - j'ai cru lire l'inverse dans un récent article du garde des Sceaux - serait le seul pays à mettre en place un tel Conseil avec une représentation minoritaire. Et alors ? Cette exception ne deviendrait choquante que dans une perspective où la solution de fond  envisagée serait intrinsèquement mauvaise. Je soutiens que celle-ci est bonne parce que tout ce qui permet au judiciaire de se désenclaver de lui-même constitue une opportunité à saisir. La mission de la justice est noble, considérable. Elle se suffit à elle-même. Je ne suis pas persuadé que pour lui donner sens il convienne en amont et en aval que le judiciaire sélectionne le judiciaire, lui enseigne, le forme, l'évalue, le sanctionne, le nomme et que sais-je encore ! La multiplication des regards et des interventions externes sur la parcours judiciaire et ceux qui s'y trouvent quotidiennement impliqués non seulement doit être favorisée mais apportera sérénité, objectivité, distance et fiabilité. Pour prendre un exemple, les "malheureux" magistrats qui sont chargés de présenter leur projet devant le CSM dans l'éventualité d'une importante nomination, comment peuvent-ils le faire librement alors que toute réflexion sérieuse sur ce plan implique absence de démagogie, audace et rupture ?

Continuons à nous opposer à tout, notamment à cette réforme du Conseil, et nous  ressemblerons à des aigris attachés à leur os. Incapables de sentir que pour revenir en force dans le débat public il nous faudrait avoir l'intelligence d'accepter une apparente faiblesse.

 Nous serons moins mais nous vaudrons plus. 

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Commentaires

Ah ! l'honnête homme que voilà !
Cependant, dans cette république qui n'est, hélas, pas composée seulement d'honnêtes hommes, ne craignez-vous pas de donner à vos adversaires dans l'institution des armes encore plus menaçantes ?
Sur un plan éthique, je vous approuve pleinement.
Sur un plan tactique, je ne sais pas si votre position est habile.
Mais je crois avoir senti que vous préférez la vérité à l'habileté (du moins celle qui triche avec la vérité)

Stop au corporatisme et à ses dérives inévitables et insupportables.

Suppression du CSM !!

Au moins on n'aura plus de problème de composition. ;)

Dans mes bras, Cyrano !
Dans mes bras, Don Quichotte !
Dans mes bras, Thomas Moore !

J'arrête, car on dirait que je flagorne !

Bonsoir,
J'attends avec impatience votre commentaire sur ce mariage annulé en France, pour le seul fait que le mari s'est plaint que sa femme n'était pas vierge. Le jugement ayant en plus été rendu par une juge !!!
Merci.
Alain

Hum hum... Est-ce que cela dérange quelqu'un si je me porte volontaire à un poste de membre du CSM, en tant que citoyen et candidat libre ?


@sbriglia

Les piqûres, je veux bien ; les sushis, non, ce n'est pas moi, vous devez confondre...

Bonne nuit.

Aïssa.

Fatigant le nombrilisme non ? Comme Domenech qui se met en scène tel un seigneur qui a le droit de vie et de mort sur des joueurs assommés, dans l'hélicoptère qui les éjectait de la short list ; comme Landreau doublement sonné à son retour à Paris par Villeneuve qui réclame un nouveau portier efficace pour le PSG.

Pitié ! Ne retenir qu'un mot d'une décision de justice est inopérant pour argumenter raisonnablement. Des mariages annulés pour absence d'une condition essentielle sont nombreux. Personne ne s'émeut lorsqu'une femme demande une annulation lorsque son futur social ne correspond pas à ce qu'elle espérait (le mari n'est pas si riche, sa sexualité est insatisfaisante...). Qui ne serait pas choqué de découvrir après une nuit de noces la véritable nature de son épouse ? Après enquête, le statut de l'épouse a bien changé ! Elle n'était plus une sage étudiante, mais une prostituée. Alors après cette révélation chacun peut gloser sur ces musulmans barbares, mais la réalité est plus complexe. La virginité donne lieu à marchandage, pour se marier des femmes sont prêtes à tout : reconstruction de l'hymen, certificat de complaisance, relations sexuelles exclusivement anales !!! Plus que de virginité il s'agit d'un homme trompé dans sa confiance.

PS : il faut cesser de victimiser les femmes, elles sont de formidables comédiennes, nous en avons un exemple à l'Elysée où Carla Bruni est devenue Madame Sarkozy après avoir passé 20 ans nue sur les magazines en vantant la polyandrie à tout va. Dans son cas, il y a eu achat de virginité sous les feux des projecteurs !!!

@alain

Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!!!

Etant donné que ce qui caractérise la loi c'est d'être applicable à tous, si la jurisprudence transforme la société française en une société où la femme n'aura plus à faire ses preuves avant de se faire épouser à peine de répudiation immédiate, ça mérite vraiment la constitution sans délais d'une commission de réflexion incluant obligatoirement des ethnologues, des sociologues et des psys !

En Corée effectivement la virginité est exigée et une étudiante qui aura fait des études à l'étranger, en particulier en France, se verra derechef suspectée de ne plus correspondre aux critères de la jeune fille épousable et sa famille aura beaucoup plus de difficulté à la caser. Mais dans certaines tribus d'Afrique, c'est le contraire, la femme doit avoir prouvé qu'elle était fertile. Au Japon, ça dépend. J'ai le souvenir d'avoir découvert qu'une jeune fille était venue implorer mon mari, qui m'a juré s'y être poliment refusé, de venir lui donner "un bon souvenir" avant de se soumettre à une union imposée par sa famille !!

Si la loi se mêle de la virginité qui devrait rester une question totalement intime, eh ben, on n'est pas sorti... du lit !

Je ne saisis pas très bien le rapport entre cette histoire de c... oups! de virginité et le CSM dont nous entretient gravement PB mais puisque il en est question c'est donc qu'il y a une sans doute une raison... Elisabeth Badinter qui n'en est plus à un intégrisme féministe près est au créneau en ce moment, du haut de sa tour, brandissant marmites d'huile bouillante et poix, chaux, rocher et autres casse-têtes à clous, qu'elle compte bien déverser sur la satanée tête de ces magistrats et avocats qui ont quasiment tous conclu qu'il s'agissait là, en l'espèce, d'une sage décision que prévoit de surcroît notre fameux et envié code civil. "Ni putes ni soumises", pareillement. "Les chiennes de garde", obédience la plus vindicative, vengeresse et redoutable de ces sectes préparent déjà les sabres et les couteaux pour nous couper les glaouis à nous messieurs honnêtes qui considérons que cette décision judiciaire n'est en rien scandaleuse. Posons-leur seulement la question : quelle alternative judiciaire ou autre à ce cas proposeriez-vous ? Au lieu de huer et gloser sans queue ni tête vos propos, soyez concrètes un moment dans tout ce tohu-bohu et ce brouhaha qui vous caractérisent souvent. Le tribunal n'aurait pas dû annuler ce mariage, dites-vous. Soit ! J'imagine l'ambiance alors à la maison chez ce couple, la belle vie qu'elle aurait eue cette femme dont le mari n'a plus voulue aussitôt qu'il l'a eue. Un divorce ? La femme n'en aurait pas moins vécu tout ce merdier conjugal durant le temps long de la procédure, et puis l'argent que cela aurait coûté, pour in fine le même résultat de la séparation. Les obliger à demeurer ensemble, mariés pour le meilleur et... le pire ? Cela suffit ce permanent terrorisme intellectuel de ces féministes qui s'arrogent on ne sait plus au nom de quoi le droit et l'exclusivité de la parole des femmes. Cela en devient ridicule pour ne pas écrire exaspérant. Cette femme n'a été en rien maltraitée par cet homme. C'est tout de même son droit de n'en plus vouloir dans ces conditions. Elle-même l'a compris parfaitement qui acceptât l'annulation du mariage. E. Badinter et consorts prétendraient-elles qu'elle est stupide et bête et qu'ils doivent penser et parler pour elle ?!... En d'autres pays, il l'aurait simplement répudiée d'une gifle voire pire, lapidée ou égorgée dans l'alcôve même. Aujourd'hui et en notre pays, il a fait appel au droit républicain qui, au terme de sa loi, lui a fait droit. C'est un grand progrès. Que vont-elles rajouter encore comme imbécillité pour se rendre intéressantes et chercher le scandale là où il n'y a qu'une décision sage ? C'est Courteline mais pas digeste cette fois. Les hommes ont des droits quant à la famille, qu'elles ne l'oublient pas, et le premier d'entre eux est de pouvoir choisir sa femme et future mère de leurs enfants en toute confiance mutuelle et connaissance l'un de l'autre. Le reste relève davantage de leur délire paranoïaque récurrent que d'une constante honnêteté intellectuelle. C'est affligeant. Napoléon à Joséphine : "Ne te lave pas, j'arrive". C'est beaucoup plus marrant que la Badinter et les autres.

Aïssa.

La justice est lente et voit plus le côté plaignant que l'autre, suite à un dossier justice et incarcération de la personne depuis 16 mois, suite à une plainte où personne ne s'y attendait, il se retrouve en prison et subit l'incarcération ; aucune preuve et rien de décelé, tout ça une parole contre la sienne et refus des juges d'une liberté provisoire. A cause des lois Sarkozy les juges préfèrent garder les gens en prison et juger pour une parole aux assises.

ALB : vous commencez à me plaire !

Enfin du politiquement incorrect !

Et puis souvenons-nous de Loysel "en mariage trompe qui peut".

Décidément, tout est biaisé dans votre argumentation. Vous voulez qu'on vous aime?
Soyez sûr qu'on n'aimera pas une justice sous influence. Comment ne comprenez-vous pas qu'une telle justice sera encore plus discréditée ?

Votre position est juste, Philippe, quand bien même ne serait-elle pas comprise par les professions judiciaires.
Il faut savoir ce que l'on veut. Des juges responsables sont des juges qui répondent de leurs actes devant le seul souverain, le peuple représenté par ses élus.
L'indépendance de la justice ne peut exclure de relever d'une autorité légitime, à moins de vouloir, à toute force, instituer une aristocratie judiciaire sur laquelle les acquis de la démocratie glisseraient comme sur les plumes d'un canard.
C'est une bien étrange conception de la gauche que de revendiquer qu'une catégorie de professionnels pourrait seule s'émanciper de la légitimité démocratique.
Personne ne peut exclure les manipulations politiques, notamment lors des nominations, avec un CSM majoritairement composé de non magistrats, mais doit-on pour cela préférer un CSM entre les mains des magistrats dont on sait à quel point ils s'adorent entre eux mais qui savent toujours montrer le visage lisse de l'inflexibilité sitôt qu'un étranger pointe le museau.

Claire, la justice française est discréditée et cela avec un CSM majoritairement composé de magistrats. Elle s'est discréditée toute seule, sans l'aide de personne, parce que, entre autres, 64 magistrats aveugles, autistes ou paresseux ont permis Outreau. Ah, ça vous casse les oreilles cet Outreau, vous voudriez bien qu'on lâche les juges avec ça, mais voilà, il est là le gros furoncle sur la gueule, il se voit de loin et laisse deviner la constellation d'autres furoncles qui se cachaient gentiment jusqu'alors.

Nous justiciables - permettez, mais on existe - voulons y voir clair dans ce merdier, nous voulons, nous exigeons et, pas de chance, nous décidons. Le standard européen, on s'en bat les meules car c'est de nous qu'il s'agit ici, pas des suédois qui s'organisent à leur guise. Justice indépendante ou sous influence, à la limite, je m'en tape : je veux une justice qui fonctionne et des juges qui font le job pour lequel nous les payons.
C'est pas compliqué à comprendre mais je peux l'expliquer plus vertement.

Philippe, je rejoins le commentaire enflammé de sbriglia du 29-05 à 18h59.

Sur le fond de ce débat, je ne sais pas.

Je suis assez sensible à votre argument qui met en évidence, que pour la société non judiciaire, la question d'un équilibrage des pouvoirs des magistrats n‘est pas mineure. Mais je ne sais pas, et je ne vois pas, comment une composition du CSM peut mieux garantir de l’équilibrage dans le travail quotidien des magistrats.

Sur la forme de votre billet, j'adore dans le plus. Du Bilger dans son autarcie et dans sa malveillance à tous les mots. Un régal.

Ben, j'avoue, ça fait du bien ceux qui écrivent dans la malveillance et le poison.

Allez :

Dans mes bras, Cyrano !
Dans mes bras, Don Quichotte !
Dans mes bras, Thomas Moore !

Mais j’ajoute :

Dans mes bras, Paul Léautaud !


@Aïssa Lacheb-Boukachache
"Les obliger à demeurer ensemble, mariés pour le meilleur et... le pire ? "

Pour au moins six mois a prévu le législateur en sa sagesse qui pense que les femmes ne sont pas des kleenex jetables après usage et qu'il faut ce temps pour s'habituer l'un à l'autre avant de songer à divorcer. Et, en six mois de réflexion et de pratique peut-être le digne époux aurait-il pu s'apercevoir de l'avantage qu'il y aussi à, dans certains cas, n'être pas le premier. Et d'abord, l'était-il, lui, vierge? Et s'il ne l'était pas a-t-il pensé lors de sa première fois qu'il allait empêcher dès lors une femme d'être digne d'un homme comme lui-même s'estime l'être ? Et est-ce qu'il en a dédommagé la famille ? Il y a peu de chances a priori que ce soit le cas !
Donc messieurs un peu de modestie mâtinée d'humilité dans les compétences que vous vous reconnaissez dans ce domaine ne messied point !

"En d'autres pays, il l'aurait simplement répudiée d'une gifle voire pire, lapidée ou égorgée dans l'alcôve même."

Je suis outrée par l'exposé d'une telle conception qui n'apparaît pas être une simple citation purement documentaire aux fins d'éclairer le public et qui me paraît dès lors propre à rabaisser les femmes jusque sur un blog de la République ! J'ai déjà eu l'occasion de m'apercevoir de l'extrême tolérance de notre hôte et de l'approuver mais là je me demande si sa qualité masculine ne lui a pas un peu voilé la face dans l'appréciation du propos !

"Aujourd'hui et en notre pays, il a fait appel au droit républicain qui, au terme de sa loi, lui a fait droit. C'est un grand progrès."

Ce qui constituait un progrès jusqu'à ce jugement, c'était de ne plus devoir exposer le drap de noces à la fenêtre de façon à ce que tout le village puisse constater par lui-même qu'il était bel et bien taché. Et si d'aventure tel ne pouvait être le cas, certains, soucieux de leur propre dignité, y répandaient d'eux-mêmes le sang d'un poulet afin que nul ne puisse suspecter la vertu de celle qui était désormais leur épouse et qui, médicalement, pouvait tout à fait avoir été épousée vierge même si le drap s'était refusé à en témoigner !

J'admets que la loi puisse ainsi s'immiscer dans le lit des époux à la seule condition que la virginité fut contractuelle et dûment exposée par écrit dans un contrat rédigé devant notaire et que la dissolution/demande d'annulation du mariage en fut expressément mentionnée comme la sanction d'une éventuelle tromperie sur ce point, s'il peut se trouver un notaire pour rédiger de tels contrats et engager les futurs époux à une mûre réflexion préalable, suggérant peut-être parallèlement un constat médical prénuptial qui ne laisserait pas l'époux dans sa propre supposée naïveté juger seul par lui-même de la situation après coup et dans des conditions humiliantes pour son conjoint !

L'exigence de virginité est un corollaire de la prohibition de l'inceste ainsi que, en France, de la loi salique qui prohibe la filiation royale par les femmes dont la revendication a engendré nombre de guerres sanglantes, en particulier, si je ne m'abuse, la guerre de cent ans.

Au-lieu de crier au loup et haro au pédophile extérieur peut-il conviendrait-il de saisir l'occasion de souligner la raison d'être initiale de cette exigence qui est l'exogamie et qui fait que chez certains peuples d'Afrique il est injurieux de faire remarquer à un individu qu'il ressemble à un oncle de sa famille maternelle, une telle ressemblance étant considérée comme diabolique et taboue !
Quant à la filiation patrilinéaire qui a longtemps réduit le lot des femmes à une simple dot, la possibilité pour un fils de prendre de préférence le nom de sa mère, comme c'est le cas depuis longtemps en Suisse notamment, ou de l'accoler au nom paternel est désormais réouverte pour nous aussi, si je ne m'abuse.
Je dis réouverte car il arrivait cependant autrefois aussi à un fils de choisir de se faire connaître dans le monde sous le nom d'une terre maternelle, je n'ai pas d'exemple certain précis en tête mais ça peut être vérifié !

Autrement dit, ce dont témoigne en tout premier lieu l'exigence de virginité qui est assez atténuée dans les sociétés longtemps matrilinéaires, asiatiques notamment, c'est d'une tendance masculine à se conduire comme ce père indigne autrichien dont il a récemment été question.
Autrement dit encore, les conditions dans lesquelles une fille a pu perdre sa virginité ne sont pas nécessairement à porter à son discrédit personnel mais à celui d'un potentiel abuseur et si votre "époux offensé" s'était conduit autrement qu'en faisant appel - tardivement comme on l'a vu ci-dessus, vu les possibilités de négociation prénuptiale offerte par le contrat rédigé par un notaire astreint à s'assurer du consentement véritable de chaque époux aux conditions souscrites et aux conséquences en cas de non respect - aux lois de la République, cette dernière se serait assurée de sa personne et l'aurait confiée à l'administration pénitentiaire à l'heure qu'il est ! Voilà ce qu'il convient de souligner avant tout autre chose et en sonnant une cloche aussi grosse que celle de Big Ben !

@ALB

Addendum au post précédent :

Il semblerait que la décision de justice faisant l'objet du présent débat se soit fondée sur l'art.180 du Code civil qui dit précisément ceci :

"Article 180 - Modifié par Loi n°2006-399 du 4 avril 2006 - art. 5 () JORF 5 avril 2006

Le mariage qui a été contracté sans le consentement libre des deux époux, ou de l'un d'eux, ne peut être attaqué que par les époux, ou par celui des deux dont le consentement n'a pas été libre, ou par le ministère public. L'exercice d'une contrainte sur les époux ou l'un d'eux, y compris par crainte révérencielle envers un ascendant, constitue un cas de nullité du mariage.


S'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage."

Il semble que le juge ait interprété la virginité comme une 'qualité essentielle' alors que rien dans les autres articles du même code disposant des cas de nullité du mariage ne l'y invitait et qu'ils permettent plutôt de considérer ces qualités du point de vue de la prescription strictement juridique ex. non bigamie, âge légal ou absence de pression quant au consentement qui inclut, je pense, la pression quant à l'état effectif de virginité qui pourrait également ne pas représenter un mensonge librement consenti etc...

La seule possibilité non attaquable à mon sens de simple citoyenne lambda, eût été que cette qualité précise résultât d'un contrat en bonne et due forme au cours de la négociation duquel l'origine éventuelle d'une défloration non consentie eût pu se faire jour ou encore l'attention de la fiancée dûment appelée par le notaire sur le fait que la sanction serait l'annulation en cas de tromperie dès lors manifeste sur cette qualité considérée comme 'essentielle' d'un commun accord, enfin qu'il s'agissait bien là d'une qualité requise comme 'essentielle' tandis que là, vu que le législateur ne paraît pas réduire expressément l'appréciation de la nature essentielle de la qualité manquante à sa seule qualification par le magistrat appelé à statuer, il me paraît y avoir un recours possible si d'une telle annulation devait découler un préjudice quelconque pour l'épousée y compris psychologique ! Parce que, quel intérêt de prendre le risque de perdre ainsi tout dignité et toute considération socialement parlant si on avait bien conscience dès le départ de la configuration générale de la question !

@Catherine Jacob

Madame, Madame, calmez-vous un instant et réfléchissez, s'il vous plaît, au lieu de débiter à n'en plus finir des exposés théoriques puisés dans je ne sais trop quels livres poussiéreux au possible. Redescendez un peu sur terre ; de temps en temps c'est nécessaire.

Vous êtes "outrée par une telle conception qui n'apparaît pas être une citation purement documentaire", etc, etc, écrivez-vous. Mais dans quel empyrée vivez-vous, madame ? Si vous saviez comme les prisons françaises, donc républicaines, sont pleines de ces hommes qui lapidèrent-égorgèrent pour moins que ça leurs épouses ! A fortiori, les prisons des pays arabo-musulmans ou même italiennes, espagnoles... Lisez-moi avec un peu moins de passion et plus de raison, je vous prie, et n'appelez pas PB à la censure à mon égard sous le prétexte que ce que j'évoque ne vous sied point ; je pourrais en dire autant de certains moments pénibles de votre prose. Vous l'avez repris vous-même dans un de vos post, ce propos d'un autre : "Nous ne sommes pas chez les Verdurin". Je vous le concède ; donc sortez-en. Cessez de vous pincer le nez, l'annulaire en l'air, et humez un bon coup les véritables effluves de ce monde...

Cet homme et cette femme sont Arabes et musulmans. La loi, dans son application, sous peine d'être abstraite et théorique à l'absurde, sous peine de ne signifier plus rien, se doit d'en tenir compte, c'est son esprit. Que cela plaise ou non. La loi n'est pas plus à complaire aux femmes plus qu'à tout autre. Vous n'êtes pas fondée, pas plus que quiconque, à juger et condamner (et vous moquer) des cultures et des coutumes des uns et des autres quand bien même elles seraient dures ; le drap souillé du sang de la virginité perdue durant la nuit de noces, par exemple... Vous me faites songer à ces Suisses que vous évoquez et qui jetèrent récemment l'anathème sur les Chinois car ceux-ci trouvent le chien Saint-Bernard un mets excellent à déguster, les traitant de sauvages, protestant avec virulence auprès du monde et le prenant à témoin, quand dans le même temps leur législation permet l'élevage des chats et chatons et leur dépècement qui font de belles fourrures, paraît-il, pour leurs élégantes... Il ne coûtait rien à cette jeune femme de dire à son futur mari qu'elle n'était plus vierge. On n'en serait pas à gloser de cette ridicule affaire. Elisabeth Badinter, hier soir au journal de 20 heures, glosant glosant et glosant encore pour se dire outrée telle vous de cette histoire qui rabaisse la femme encore, a-t-elle dit, au diktat de l'homme, puis terminant son exposé par ceci : "Je trouve très bien et sage cette décision judiciaire". Je vous y renvoie ; expliquez-vous avec elle, et, de grâce, trouvez un compromis qui soit cohérent avec vos propres termes car c'est mal au crâne de vous écouter parfois.

Aïssa.

«au lieu de débiter à n'en plus finir des exposés théoriques puisés dans je ne sais trop quels livres poussiéreux au possible. Redescendez un peu sur terre ; de temps en temps c'est nécessaire.»

Je ne débite éventuellement que du bois et les diplômés des universités n'ont pas besoin de puiser leurs exposés ailleurs que dans leur culture personnelle.

«Cet homme et cette femme sont Arabes et musulmans. La loi, dans son application, sous peine d'être abstraite et théorique à l'absurde, sous peine de ne signifier plus rien, se doit d'en tenir compte, c'est son esprit.»

L'esprit des lois de la République c'est l'égalité de tous devant la loi.

«Vous n'êtes pas fondée, pas plus que quiconque, à juger et condamner (et vous moquer) des cultures et des coutumes des uns et des autres.Le drap souillé du sang de la virginité perdue durant la nuit de noces, par exemple... »

Je ne pense pas que vous ayez jamais pris la peine de me lire vraiment si c'est effectivement ce que vous pensez à mon propos. D'autre part le drap en question est une vieille coutume des campagnes françaises que je m'autorise à citer dans les termes qu'il me plaît d'employer pour ce faire.

«Il ne coûtait rien à cette jeune femme de dire à son futur mari qu'elle n'était plus vierge. On n'en serait pas à gloser de cette ridicule affaire»

Qui vous dit que le mari lui-même ne le savait pas et que le fin fond de toute l'histoire en réalité ce n'est pas la belle-mère ?


@ Catherine

"...et les diplômés des universités n'ont pas besoin de puiser leurs exposés ailleurs que dans leur culture personnelle."

Enfin quoi !

D'où tenez-vous cette idée extravagante que les diplômes seuls des universités suffisent pour prétendre à se dire et à se revendiquer cultivé.

Qu'un titre universitaire soit censé valider une maîtrise théorique d'une discipline donnée, pas de souci.

Mais en aucun cas cela n'en fait une personne exemplaire de culture et de savoirs, qui pourrait se passer de découvrir, d’apprendre et de se mesurer à tout le reste.

Et croyez-moi, les personnes les plus impressionnantes de culture que j'ai rencontrées n'auraient jamais osé, ni même pensé une seconde que leurs diplômes les dispensaient à jamais d'humilité et de curiosité intellectuelles, face à l'immensité à couper le souffle des savoirs et des expériences.

Ces personnes, Catherine, vous lisant dans votre phrase que je viens de citer, auraient pouffé et auraient fui en courant. Pour aller dare-dare chercher les secours. Par peur de mourir, au sens réel, de rire.

@Véronique

J'ai simplement répondu à une attaque personnelle gratuite car absolument infondée en profitant de l'occasion pour défendre l'université contre par ex. les écoles dont certaines ont à leur concours d'entrée une épreuve consistant à tenir au pied levé un discours cohérent sur n'importe quoi.

Rien néanmoins dans ce que j'ai dit ne permet de supposer que je renverrais de quelconque façon les non diplômés à l'inculture.
Les diplômés bouffis de suffisance manquant autant d'humilité que de réelle culture - j'entends par là tout à fait autre chose que le savoir encyclopédique qui permet davantage de répondre aux questions de Julien Lepers que d'aider à progresser sur un chemin de vie - sont légion en effet, et vous avez tout à fait raison de le souligner.

Mais puisque le sujet est abordé, je dirais que parmi les non bacheliers il existe des hommes effectivement très cultivés comme ce grand acteur qu'est Jacques Weber que je n'irai néanmoins pas proposer pour le prix Nobel d'astrophysique !
Parmi les diplômés il existe des personnes qui bien que fort aptes à gravir les échelons à vitesse grand V sont très loin de faire l'unanimité de leurs pairs, tant du point de vue de leurs compétences professionnelles intrinsèques que de leur culture générale dès lors que celle-ci excède la science du costume !

Il est clair que quiconque s'en donne un peu la peine peut accéder à un degré de culture fort intéressant et que la réflexion sur les expériences de vie orne l'esprit et le cœur d'une manière irremplaçable. Néanmoins ce n'est pas et de très loin le cas de tous, et la suffisance des petits esprits ne devient pas plus supportable du simple fait qu'ils seraient non diplômés, il faut arrêter de donner dans cette démagogie !
Il en va de la vraie culture comme du vrai savoir qui seul permet les découvertes, il ne suffit pas en effet de mettre trois rubans et deux boutons sur les textes ou les formules ou les découvertes scientifiques des diverses sciences qu'on aura pu s'approprier dans les tiroirs ou les disques durs d'autrui pour être admis à s'en prétendre l'auteur alors que manifestement on est tout à fait incapable de les reproduire !
Il faut donc arrêter également de stigmatiser les efforts des gens qui s'adonnent à l'étude, de ceux qui s'adonnent au chant ou à la musique ou aux sciences avec un talent rare et dans le cadre d'un travail acharné sous prétexte que tous ces efforts les ayant mis hors de la portée de la compréhension du plus grand nombre il n'appartiennent dès lors plus à ce monde, parce que c'est archi-faux.

Prenez l'explication/vulgarisation de certaines questions de la physique contemporaine par Pierre-Gilles de Gennes, c'est tellement lumineux que c'en est presque à la portée de la compréhension d'un enfant d'école primaire, faites-la répéter par Laure Manaudou, Amélie Mauresmo ou une miss quelconque je ne suis pas certaine que vous continueriez à y comprendre quelque chose, ce qui n'enlève rien à leurs mérites dans leurs domaines respectifs qui est ce qu'on attend d'elles en priorité et ça n'enlève rien non plus à la qualité humaine qu'elles pourraient manifester par ailleurs éventuellement !

Merci, Véronique, pour votre propos. Il n'y a rien de plus affligeant que ces personnes pédantes à l'infini et qui, sous le prétexte de tartiner à n'en plus finir des choses maintes fois dites et écrites par d'autres et remisées depuis déjà aux vieux rayons des bibliothèques ou dans les stocks de tel moteur de recherche internet, se pensent originales et intelligentes. Avec de telles personnes, on n'avance pas d'un pouce, on n'évolue pas d'un iota, on ressasse, mâche et rabâche... Toute créativité en tout domaine qui soit meurt avant que d'être seulement, à cause d'elles qui au lieu de réfléchir, imaginer et ressentir, ne font que réciter et recopier. Sous des apparences d'innovation, on se trouve dans les faits en pleine régression intellectuelle au pire, en pleine stagnation au mieux. L'autorité intellectuelle serait universitaire ? Quelle bouffonnerie ! Je n'avais même pas mon brevet des collèges, à peine mon permis de conduire, lorsque j'ai écrit mon premier ouvrage publié ; il est aujourd'hui étudié par ces mêmes universitaires et certains l'ont inclus comme référence dans leur thèse... Je hais cette suffisance stérile, les fesses posées sur des diplômes de papier. Le genre de personne qui, si Jésus Christ ressuscitait aujourd'hui, se précipiterait pour lui remettre d'abord des papiers d'identité. Le Savoir au petit pied, j'appelle ça, en référence à nombre de ces enseignants en philosophie qui, sans rire, se qualifient publiquement de philosophes : des Diogène diplômés.

Salutations.

Aïssa.

Aïssa Lacheb-Boukachache |
«il n'y a rien de plus affligeant que ces personnes pédantes à l'infini et qui, sous le prétexte de tartiner à n'en plus finir des choses maintes fois dites et écrites par d'autres et remisées depuis déjà aux vieux rayons des bibliothèques ou dans les stocks de tel moteur de recherche internet, se pensent originales et intelligentes. »

Ne vous faites pas plus savant que vous ne l'êtes et cessez de créditer autrui de vos propres défauts sur la base de formules et d'idées toutes faites à usage des étages inférieurs. En l'espèce vous ne savez rien de mon propre travail de recherches que je n'étale en rien en direction de la galerie bien au contraire, en premier lieu parce qu'aucun billet n'y a fourni une ouverture quelconque. Je vous prierai donc de cesser toute allégation fantaisiste et d'intention purement blessante en commençant par nous faire savoir honnêtement si vous êtes bien qui vous prétendez être et/ou quelles sont vos sources.

Votre façon de pérorer en effet est assez typique ne vous en déplaise.

Maintenant si vous savez attribuer un seul énoncé significatif coulé de ma plume-clavier sans guillemets à une autre source, surtout ne vous gênez pour en faire la démonstration édifiante vous me rendriez même éventuellement service.

Ne vous en déplaise également ne glose pas qui veut de façon pertinente les auteurs en rapport à un contexte donné et la lecture épisodique d'un vieux recueil de réthorique poussiéreux ne vous ferait sans doute pas de mal ne serait-ce que pour apprendre à argumenter de façon fondée dans un souci d'économie des affirmations arbitraires...

Au lu de toutes ces joutes verbales, le printemps est show, un peu, ici parfois, non ?

Reste à souhaiter que l'été sera chaud !

Sissi !
(je lis tout, au fait, prends des bonnes notes et m'interroge parfois)

Ah Catherine Jacob, suffit ! Il est 19h54 et je suis fatigué... Non mais !... Vous ai-je citée ? Expliquez-moi plutôt le boudin blanc, le véritable, celui de Rethel, et son histoire... Rooooooo !

Aïssa

Décidément Aïssa me plaît de plus en plus !

Ah ! Les Trissotin en jupon qui glosent, déglosent, reglosent, surglosent vous fatiguent Aïssa ?

Bienvenue au club !

Jean-Do, président, Véronique, trésorière, votre serviteur, membre fondateur !

Je ne désespère pas d'élargir l'audience !

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