Je l'attendais, je l'espérais, cet article dans le Monde.
Alain Finkielkraut a été fidèle au rendez-vous. Il a publié un court texte sur le film qui a remporté la Palme d'Or du Festival de Cannes.
Je suis d'autant plus sensible à ses réflexions que depuis la fin du festival, je retenais mon envie d'écrire un billet sur Sean Penn, sur François Bégaudeau et, plus généralement, sur l'atmosphère qui a semblé régner dans ce haut lieu du cinéma, qui chaque année réunit producteurs, cinéastes, vedettes, journalistes et parasites, l'or et le strass, l'écume et la profondeur. Si j'ai tardé, c'est que je ne voulais pas soupçonner sans connaître. J'avais besoin, d'abord, de voir le film de Laurent Cantet. Mais je me sens le droit de m'accrocher à la pensée royale d'AF.
Dès que Sean Penn, en sa qualité de président du jury, a osé offrir à tous, qui ne lui demandaient rien, sa méthode, ses critères de choix et, au fond, ses parti pris, le festival était fichu sur le plan de l'équité. Quelle étrange idée, en effet, que de prétendre, avec un rien d'intelligence pompeuse, que seul le film politique méritait d'être sauvé, avec une vision du monde, un regard social, des ambitions universelles ! C'était écarter d'emblée du palmarès les grandes oeuvres de la vie intime, les plongées au coeur de l'humain, la représentation des sentiments et des émotions d'autant plus puissants qu'ils touchaient une forme d'éternité, quand le partisan et l'idéologique ne duraient que le temps de l'idée. Le comble, c'est que Sean Penn, par le snobisme environnant, a été applaudi avec gravité et componction. On allait avoir un festival sérieux, qui n'allait pas seulement divertir mais donner des maux de tête.
Sur le film lui-même, rien donc à dire sinon que j'avais déjà pu m'abreuver à d'autres sources pour apprécier la conception de l'enseignement de François Bégaudeau et sa volonté affichée de se situer au ras des élèves. Au point, par exemple, de banaliser délibérément le langage. Condamné comme moyen de domination, celui-ci n'était supporté que comme outil de popularité et de fraternisation. Je me souviens aussi d'un entretien entre Alain Finkielkraut, précisément, et François Bégaudeau où ce dernier n'avait cessé d'opposer à son contradicteur l'optimisme de son spontanéisme et son émerveillement devant les errements d'une jeunesse si élégamment indisciplinée. Tout se résume, pour Bégaudeau, à échapper autant que possible à la réalité de la loi pour s'abandonner à la loi de la réalité. Cette dernière constitue ce à partir de quoi tout est possible. Il ne faut surtout pas la contrarier et tenter si peu que ce soit de guider les élèves vers autre chose que le culte de ce qui est. Ce qui advient est forcément nécessaire et le maître a pour seule exigence de déguiser son impuissance en politique et en progressisme.
Il est un domaine, cependant, où AF pourrait être lui-même qualifié de naïf. Lorsqu'il prêche qu'au nom de la civilisation, un langage de qualité et de culture doit être sauvegardé, ne tient-il pas pour acquis ce qui aujourd'hui ne fait plus sens ? La civilisation constitue-t-elle encore une valeur susceptible de convaincre, un idéal à atteindre, une argumentation suprême et décisive ou bien n'est-elle pas déjà disqualifiée comme toutes ces instances supérieures, ces transcendances invoquées, régulations indiscutables qui, surplombant le réel, semblent commettre à son encontre le crime de lèse-majesté ? Est insupportable tout ce qui croit nous démontrer le meilleur par le recours à un ciel des principes. Celui-ci, profane ou sacré, ne pèse plus guère. Aussi, plaider au nom de la civilisation, c'est soutenir une cause difficile avec un avocat qui n'est plus légitime.
C'est sans doute cela l'impasse où nous nous trouvons. Dans la crise, inventer des remèdes à la crise.
On pourra toujours compter sur AF.
"Dans la crise, inventer des remèdes à la crise."
Je rebondis, façon de parler puisqu'à nouveau immobilisé, sur vos conseils :
J'en invente depuis des années, des remèdes mais malheureusement mon dos ne me supporte plus ; nous en avons tous deux plein le dos, lui et moi qui ne faisons qu'un cas dos en fait :
crises après crises, médecins après médecins, opérations après opérations, nuits sans sommeil après nuits sans sommeil, nous ne savons plus que faire !
Je profite donc de votre blog qui s'est beaucoup diversifié dernièrement pour lancer un message en forme de SOS voire SMS dans cette bouteille virtuelle, avec l'espoir de viser juste, moi aussi !
J'ai pourtant déjà tout essayé des médecines parallèles aux longitudinales voire verticales mais nous ne désespérons point, mon moral et moi ! Nous attendons un miracle !
Sissi !
(même si je ne suis pas du tout genre voyage à Lourdes)
Rédigé par : Cactus fort las là | 05 juin 2008 à 15:22
@sbriglia
« les digressions oiseuses et narcissiques de certaine(s) ! »
Au moins pendant que certaines parlent d’elles-mêmes ou témoignent de ce qui constitue leur intérêt, elles n’agressent pas verbalement certains en les giflant par les biais d’affirmations péremptoires dont elles seraient bien incapables de démontrer le bien-fondé.
Elles ne les tourmentent pas non plus mesquinement par le biais de ce qu’elles croiraient avoir appris à leur propos en leur signifiant entre les lignes qu’elles les réduiraient purement et simplement à cela point barre ; la vérité apparaissant totalement accessoire du moment qu’elle ne permettrait pas de continuer à faire du mal mais contraindrait bizarrement à saluer et admirer ! Autrement dit, offrant certains éclairages sur elles-mêmes, elles signifient par ricochet que pour leur part, elles ne se veulent pas nécessairement prisonnières de leur ignorance à leur sujet !
Bref, ajoutant que pour mon fils, je ne suis ni Mme Deneuve, ni Melle Ardant, ni l’héroïne d’Out of Africa, mais selon les bons ou les mauvais jours, tantôt la veuve Mac'Miche, la mégère écossaise avare et tyrannique du roman de la Comtesse de Ségur (née Sophie Rostopchine), tantôt Mireille Mathieu que je vous laisse affecter à votre guise, l’une et l’autre, au jour adéquat, pourrais-je enfin échapper aux effets de la sécrétion excessive de votre bile noire, cette humeur froide qui s’échappant des rates sous influence du vieux Saturne, libère et développe les facultés peu contrôlables de l'imagination ?
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 juin 2008 à 11:25
Je n'ai pas vu le film, je n'ai pas lu l'article de A. Finkelkraut et je n'ai donc aucun commentaire ad hoc à faire pour l'instant sinon que je partage votre opinion et celle de la plupart de vos commentateurs.
Le texte de Marc est remarquable et montre que rien n'est jamais inéluctable ; les difficultés d'aujourd'hui proviennent sans doute du fait que la chaîne de transmission de la culture a été rompue : les parents et les enseignants ne guident les enfants qu'un temps infime laissant le champ libre aux copains, à la télévision appuyée par Internet et au sport spectacle.
C'est ce que constate AF ; à partir de là les remèdes, s'il en est, diffèrent.
Marc a choisi la voie de l'action ; beaucoup plus modestement je le fais par l'aide aux devoirs dans un quartier difficile avec une efficacité très relative.
AF combat les outils modernes de déculturation et c'est sans doute pourquoi Jean-Dominique Reffait a raison de le dire orphelin. Orphelin mais pas silencieux !
S'il est naïf, c'est par provocation à la prise de conscience.
Chacun, à sa place et muni de ses dons et faiblesses, peut aider .
J'ose croire que le pire est derrière nous.
Rédigé par : mike | 05 juin 2008 à 11:08
Ce blog n'a pas d'équivalent connu de moi. Le témoignage de Marc est remarquable en tous point et je rejoins, l'ayant par ailleurs exprimée, sa conclusion sur les ambitions réelles des profs. Il y a aussi Aïssa, qui a pu un temps céder à l'agressivité, mais qui, s'en défaisant, a un vrai style, une vision des choses. Je parle des petits nouveaux.
Merci, Philippe, de savoir attirer cet échantillon hétérogène et de qualité. La barre a peut-être été placée haut par les plus anciens de vos commentateurs (allez, on va pas se gêner !), dissuadant les commentateurs compulsifs d'autres blogs, mais il vous revient évidemment de savoir, par une forme très spécifique d'écriture, provoquer l'adhésion sans facilité et l'opposition sans hystérie.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 05 juin 2008 à 10:52
@Marc
« la vision d'un livre m'était pénible. Cette suite de petits caractères qui forment des mots, mots qui forment à leur tour des phrases qui, écrites par nos illustres, usent d'images et de tournures de styles, m'était totalement sibylline. »
« Mais j'appris tout cela tardivement, à 17 ans, une fois exclu de cette École qui n'eut de cesse de me traiter d'imbécile (merci aux bibliothèques municipales et au CNED). »
N’est-il pas possible que vous ayez été simplement réfractaire à l’apprentissage en commun sous une férule trop directive car méconnaissant votre propre façon de progresser slalomant entre lacunes et savoirs acquis différents de ceux du voisin ?
Je constate néanmoins que, ermite du savoir, c’est pourtant grâce à l’existence du « texte sibyllin » que par l’intermédiaire d’un apprivoisement mutuel, vous avez pu pallier les manquements de l’école à votre égard !
« je crois plus important qu'ils aient une chance que je n'ai jamais eue. »
Mais vous l’avez eue cette chance, puisque vous déclarez vous-même que vous avez fini par être titulaire de « tous les diplômes qui existent en mathématiques » et pouvoir valoriser ce «don particulier pour les mathématiques » que vous déclarez « avoir eu depuis ‘votre’ plus jeune âge. »
Personnellement je ne pense pas qu’il soit très sain que les élèves soient amenés en réalité à devoir soigner le maître, comme les enfants sont parfois amenés à devoir soigner leurs parents de leurs blessures secrètes, en ce qui vous concerne en vous permettant d’être le maître que vous n’avez jamais eu. Ne serait-il pas possible qu’en renvoyant aux bibliothèques et au CNED (dont soit dit en passant, toutes les disciplines sont loin d'être parfaitement représentées !!) ce surdoué en mathématiques qui ne trouvait pas sa place dans leur classe, vos professeurs vous auraient en réalité indiqué quelle était la voie qui allait vous permettre de vous en sortir, faisant en cela réelle œuvre de pédagogue qui est de permettre à l’arbre de porter les fruits qui sont en lui, ce qui n’eut manifestement pas été possible, en ce qui vous concerne, dans l’environnement scolaire où vous vous étioliez davantage que vous ne vous affirmiez. Qu’est-ce que vous leur reprochez finalement, de ne pas vous avoir conduit jusqu’au prix Nobel, ou de n’avoir pas étouffé votre originalité foncière et vous avoir transformé en Monsieur tout le monde ?!
Plus simplement, votre cas particulier n’est pas nécessairement représentatif du cas de tout un chacun et peut-être que votre retour au sein de l’institution universitaire pourrait être bénéfique à tout le monde, à la recherche, à vous-même, à vos élèves enfin ainsi qu’à de futurs étudiants ?!
Quand vous dites que la vision du livre vous était pénible, on peut vous répliquer que toute vision de ce par quoi on va devoir en passer mais qui n’ira vraisemblablement pas sans mal, est pénible, en particulier celle de cette ignorance partielle dont, cependant, vous aviez vous-même conscience au contraire de nombre de cretinus cretinissumus qui pensent que le soleil ne brille que pour eux.
Sans parler d'éventuels problèmes de vue. Quand, pour ma part, j’ai du accommoder ma vue (j’ai souffert d’une légère paralysie oculaire), à la lecture flottante de Novalis dans le train Strasbourg-Metz et retour le temps d’un week-end, soit à l’époque presque cinq heures de trajet sur un jour et demi toutes les semaines, je peux vous certifier que rien que la vue de l’œuvre à avoir lue pour la semaine suivante était devenue extrêmement pénible. Néanmoins, cet effort consenti m’a permis plus tard de ne pas caler avec l’écriture idéographique dont j’ai eu maintes et maintes fois l’envie de balancer les textes par la fenêtre !
Aussi, avec votre permission, je vais ajouter à ma petite notice sur les diverses écritures fonction des diverses conceptions de l’école de l’aube des temps historiques, ceci :
Il convient sans doute de ne pas négliger le plan métaphorique quant au captif évoqué et le comprendre en fait comme le captif de son ignorance (ne disons-nous pas nous mêmes, « ‘maintenir’ – ‘tenir’ dans l’ignorance »), et que donc le savoir doive être conçu comme ce qui délie, ce qui libère. Il existe en effet un autre caractère qui pour signifier « changer » signifie par le bais d’une silhouette humaine accolée à son double inversé pour dire que le savoir change l’homme, mais aussi le révèle à lui-même. C’est pourquoi on retrouvera cet en miroir couronné par une clé « herbes » pour désigner « la fleur », celle qui transforme l’arbre en fleurs et dont la vérité est le fruit, ce qui représente une dialectique très hégélienne quelque part même si elle fait sourire qui pense connaître le grand et le vrai Hegel, ce penseur pour qui cependant la langue de la philosophie se devait d’être le langage quotidien, le langage de tous, mais manié par la pensée en explorant toutes les pistes, toutes les fleurs et toutes les ambiguïtés.
Est-il besoin de préciser pour terminer que l'ignorance n'est pas nécessairement à concevoir comme la simple ignorance des savoirs de l'école, ou dont est censée se charger l'école !
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 juin 2008 à 10:43
L'engouement pour le livre et le film "Entre les murs" me rappelle celui des "enfants de Summerhill", expérience anglaise de libération totale de l'école. L'élève était libre d'aller au cours quand bon lui semblait. La lecture et le film de cette expérience étaient captivants, l'école classique était considérée comme ringarde.
Mais les Anglais ont ensuite étudié ce qu'était devenu dans la vie réelle ces enfants. Et là, de constater que beaucoup étaient restés illettrés et menaient une vie misérable.
Rédigé par : GED | 05 juin 2008 à 10:33
Comme dit le proverbe : "Ne jetons point le bébé avec l'eau du bain"... C'est moins l'enseignement des "grands" textes qui est en débat ici, que la façon de l'aborder.
C'est du moins ce que j'ai essayé d'expliquer ici : http://reprisesvh.wordpress.com/2008/06/05/my-diigo-reponse-a-alain-finkielkraut/
Rédigé par : cjacomino | 05 juin 2008 à 07:46
@ Aude et d'autres... et @ Marc
J'apprécie vos commentaires et en partage volontiers l'essence.
Oui les plus jeunes ne demandent qu'à se hisser (et certains nettement plus âgés - moi par exemple), mais les modèles manquent furieusement et ne vont que très rarement au "charbon" ou se cantonnent à leurs blogs.
C'est bien dommage. J'admire le courage des profs, pas celui des avocats car le courage ne leur sert pas à grand-chose.
Quant à AF très peu pour moi, je préfère les chants de l'âme aux joutes de circonstances, les cris du coeur et de la sincérité à l'incontinence verbale.
Mais la encore, les modèles...
Beaucoup de beaux parleurs qui forment leurs petits communautarismes mais que l'on ne voit jamais dans les cités.
La classe ne s'y pointe pas. Alors on se forme à la source que l'on a, à défaut de.
Les livres devraient être gratuits, l'humanité et l'humanisme feraient un grand pas, la culture aussi. Ça serait un vrai progrès.
Le langage des jeunes me plaît quant à moi, mais je ne l'emploie pas, chacun sa génération. Nous ne sommes pas l'avenir.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 05 juin 2008 à 00:49
Marc, j'aimerais, à mon âge, être assis au banc de votre classe.
Merci pour ce témoignage qui, par sa sincérité et sa modestie, renvoie aux oubliettes toutes les digressions oiseuses et narcissiques de certaine(s) !
Le maniement de la langue, je le constate tous les jours dans mon activité, et quoique je ne sois pas avocat, est une épée redoutable qui peut désespérer et humilier le pauvre en vocabulaire mais aussi et surtout, lui apporter le réconfort et la dignité...
Le texte de Fink est magnifique en ce qu'il réhabilite l'effort de lecture... Qui a écouté le regretté Devos face à Claude Hagège, une plaidoirie de Jean-Denis Bredin, les phrases de Malraux au Panthéon sait combien le maniement de la langue peut déverser du bonheur et de l'espoir...
...Oui, je sais, elle peut être aussi la pire des choses (par pitié, CJ, pas de wikipédia sur Esope !)
@Thierry S. : entièrement d'accord avec votre "hors sujet". Madame Dati m'a bluffé ce jour-là, et carton rouge pour ceux qui ont eu la bassesse de clamer que l'hémicycle n'était pas le défouloir de nos névroses personnelles.
Rédigé par : sbriglia | 04 juin 2008 à 23:20
@Marc
"Aujourd'hui que je sais lire, et que j'aime ça, que je sais écrire même si ça reste pénible pour mes lecteurs..."
Je suis désolée de vous contredire, mais comme l'a souligné Laurent Dingli, votre texte est très beau et très sensible.
Rédigé par : Aude | 04 juin 2008 à 22:25
Marc,
C'est un très beau texte que vous nous confiez là.
Rédigé par : Laurent Dingli | 04 juin 2008 à 21:22
Cher Monsieur Bilger, j'ai pris connaissance de votre texte un peu plus tôt dans la journée, et je viens de lire celui d'Alain Finkielkraut il y a quelques instants.
Ce débat me concerne sur tous les plans, par mon histoire personnelle façonnée par la violence que j'ai subie comme élève dans les années 80, par ma vocation de chercheur un temps puis d'enseignant aujourd'hui.
Mon parcours atypique m'a donné une vision du système d'enseignement, qui tout en restant pragmatique me montre les errements de certains illustres penseurs.
J'ai eu tous les diplômes qui existent en mathématiques, chercheur durant quelques années j'ai pu travailler avec les personnes les plus remarquables de mon temps. J'ai connu les Euclides du XXIème siècle, construire mon savoir dans leur ombre et même parfois me faire entendre d'eux.
Si je tiens ces propos narcissiques en apparence, c'est pour préciser tout de suite que ma situation ne tient qu'à un don particulier pour les mathématiques que j'avais depuis mon plus jeune âge.
Sans ce don qui m'a toujours laissé imaginer une voie de sortie de l'enfer que je vivais alors, je n'aurais sans doute pas eu un destin très brillant et peut-être me serais-je retrouvé en face de vous, dans un box.
Mes professeurs de collège et de lycée ne voyaient en moi qu'un analphabète, rêveur (terme qui revient dans tout mes bulletins), peu éveillé voire débile (terme employé par certains d'entre eux...) L'étrange note en mathématique qui ne descendait jamais en-dessous de 17 ou 18 ne faisait pas le poids.
Et je peux les comprendre ; issu d'un milieu inculte, la télévision étant la principale et unique activité familiale, je peux affirmer qu'en effet la vision d'un livre m'était pénible. Cette suite de petits caractères qui forment des mots, mots qui forment à leur tour des phrases qui, écrites par nos illustres, usent d'images et de tournures de styles, m'était totalement sibylline.
Aujourd'hui encore, je dois faire des efforts pour écrire, ayant toujours un dictionnaire à mes côtés ("sibylline" n'est pas venu d'un coup...).
Mais ma soif d'apprendre m'a sauvé. J'ai appris à lire, à parler, à écrire. Je savais déjà compter heureusement.
Mais j'appris tout cela tardivement, à 17 ans, une fois exclu de cette École qui n'eut de cesse de me traiter d'imbécile (merci aux bibliothèques municipales et au CNED).
Les textes fondamentaux que cite Alain Finkielkraut, les classiques, sont des trésors qu'il faut livrer à nos jeunes. Toutefois, ce trésor a un prix. Un préalable indispensable. Il faut savoir lire. Il faut acquérir cette capacité qui vous semble si naturelle de vous plonger dans un texte au point de ne plus avoir conscience que vous décryptez des symboles, des lettres, des mots, des phrases.
Lorsque vous n'avez pas reçu cette initiation, vous ressentez la lecture comme une violence, une barrière qui vous renvoie votre différence, votre inculture.
Il me reste le souvenir très vif de ce livre qu'il nous fallait lire en un mois pour un devoir de français : "Crimes et châtiments".
Lorsque je découvris la taille de ce "pavé", j'en ai eu la nausée, je crois que je n'avais pas pu dépasser la 20ème page tant l'ouvrage me paraissait monstrueux.
Un peu le sentiment que vous évoquerait une équation mathématique...
Cela renvoie à mon inculture d'alors, mes limites, et les jugements qui en découlent. Les professeurs qui ne sont même plus surpris que vous ne rendiez pas votre devoir, puisqu'ils vous ont catalogué depuis longtemps.
Cette incapacité réelle à exprimer mes sentiments, mes idées et à pouvoir accéder à la connaissance provoqua une réaction.
Laquelle ?
La même que celle de mes, nos, élèves. La violence dans le verbe, la violence dans le geste, ce qui, je l'ai compris plus tard pour moi, était une façon d'exister, d'appeler mes professeurs, ma famille, à ne pas voir en moi que l'ignorance.
C'est bien sûr contre-productif mais c'est ainsi que l'homme réagit.
Aujourd'hui que je sais lire, et que j'aime ça, que je sais écrire (même si ça reste pénible pour mes lecteurs ;-) ) et que j'ai pu me rassurer en gagnant ma place d'intellectuel scientifique dans cette société, j'ai décidé depuis quelques années de retourner à l'École.
A la grande surprise des enseignants, de mes anciens collègues, des inspecteurs qui m'imaginent plutôt une carrière d'honorable universitaire, j'ai choisi d'être à mon tour enseignant dans des classes dites "difficiles".
Je respecte mes élèves malgré leurs provocations, leur inculture, leur langage, parce qu'à défaut d'en faire des premiers de la classe, je crois plus important qu'ils aient une chance que je n'ai jamais eue. Je leur offre un adulte respectable qui pose son regard sur eux, leur parle normalement dans un (j'espère) bon français, leur expliquant les mots qu'ils ne comprendraient pas, usant de tous les moyens pour leur montrer le monde qui les entoure par le prisme des sciences, les invitant à se libérer par le langage.
Ce but très beau dans la tournure, se réalise au quotidien par des actes concrets qui, pris hors contexte, peuvent choquer des intellectuels habitués au sublime. Il faut aller chercher nos élèves où ils sont, dans le marasme culturel dans lequel notre société les a placés.
Pour aller dans le sens d'Alain Finkielkraut, il est nécessaire que nos enfants aient accès aux oeuvres fondamentales de notre littérature.
Mais pour cela, pour les amener à lire, il faut leur en donner les outils.
En revanche, Messieurs Finkielkraut et Bilger, ne vous laissez pas impressionner par certaines méthodes d'enseignement qui peuvent laisser croire à un renoncement à la Culture au profit d'une sous-culture ordinaire.
Restez convaincus que pour beaucoup d'enseignants, ce sont des enfants, pas nos égaux. Ils ne nous demandent pas de nous mettre à leur niveau, surtout pas, ils souhaitent que nous les portions au nôtre.
Je le sais, parce que j'étais l'un d'entre eux.
Bien à vous
Marc
Rédigé par : Marc | 04 juin 2008 à 19:50
Pardonnez-moi Philippe d'être délibérément hors sujet mais l'intervention parlementaire de R. Dati, hier, ne m'a pas laissé insensible : certains disent qu'elle a dérapé. J'estime au contraire qu'elle a eu le courage de s'affranchir de la coquille sarkozyenne dans laquelle elle s'était enfermée depuis trop longtemps. La vigueur, pour ne pas dire la sincérité, de cette diatribe me fait penser que Mme Dati devrait davantage cultiver sa différence. Pour la première fois depuis 14 mois, nous sommes plusieurs à l'avoir applaudie. Dans ce concert de propos et commentaires totalement ineptes sur une décision de justice à laquelle on prête à peu près l'inverse de ce qu'elle a tranché, il était intéressant d'entendre Mme Dati remettre en place les sempiternels donneurs de leçon généreux du bien d'autrui. Cet exercice d'hier était d'autant plus intéressant que, sur la forme, elle semblait vider "le sac" et exprimer ce que son vécu lui inspirait en de pareilles circonstances. Qu'elle continue ainsi. Elle aussi a visé juste !
Rédigé par : Thierry SAGARDOYTHO | 04 juin 2008 à 19:33
@Sept ans en 1968
« le film «Entre les murs», de Laurent Cantet, à l'intitulé si carcéral. »
Ce titre m’évoque à moi le fait que, si on se réfère à la façon dont les idéogrammes signifient ‘l’école’, cette dernière est un univers carcéral depuis l’origine !
En effet, la lettre utilisée pour nommer « l’endroit où l’on apprend » est une lettre complexe relativement récente (deux millénaires) mais qui conjugue deux pictogrammes anciens (quatre millénaires au moins) dont l’un nomme ce matériau qu'est le bois, et l’autre montre une silhouette humaine les jambes croisées, liées en fait pour le plus ancien état de la lettre et qui désigne quelque chose d’ emmêlé, de croisé, ainsi que l'échange mais aussi le fait de se mesurer à.
Vu qu’un autre sens de la composition évoque la cangue ou les entraves, peut-être des échanges de captifs (?) ; mais comme on trouve aussi l’idée de domestication, apprentissage, peut-être un endroit où des captifs apprenaient la docilité et d’où celui qui était devenu ‘raisonnable’ en quelque sorte, sortait délié, laissant sa place à autrui ?!
Le mot a également été appliqué à la ‘caserne’ et sa partie droite ayant également désigné la fraternisation, la fréquentation, on comprend donc très bien comment il a pu être affecté à la désignation de cet endroit, style grande maison où l'on disait que, du temps des légendaires Xia, les anciens réunissaient les plus jeunes pour leur enseigner – faut-il comprendre de gré ou de force ? – ce qu’il y avait à savoir, endroit donc qu’en ce qui concernait les Yin qui leur ont succédé, on a écrit « moutons dans l’enclos » mais que les Shû pour leur part ont écrit « portique » ou son équivalent qui n’ est pas sans évoquer le portique platonicien.
Au mot employé par/pour les Xia les Japonais ajoutent un très ancien (quatre millénaires au moins) caractère « apprendre » dont l’origine se laisse désigner dans un autre style de main house aux poutres faîtières croisées, sorte de pensionnat où les jeunes discipuli vivaient séparés de leur famille et apprenaient les savoir traditionnels tant profanes qu’occultes.
Rédigé par : Catherine JACOB | 04 juin 2008 à 18:57
Je suis d’accord avec Jean-Dominique Reffait, et je peux me sentir moi aussi comme AF orphelin de la culture classique : le culte des Anciens, introduit comme fondement de la culture européenne par Erasme et les Humanistes, a accompagné notre histoire intellectuelle jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale : sa disparition n’est pas un phénomène français mais occidental.
Que nous apportait cet héritage, sa dilapidation va-t-elle modifier notre façon d’être et notre compétence, et notamment existait-t-il une relation entre la pensée des Anciens et les Lumières ?
Pourquoi cette évolution qui a son origine avant la seconde guerre mondiale, si l’on se rappelle les débats s’inquiétant de la primauté de la technique sur l’homme, notamment en Allemagne.
Est-ce comme le laisse entendre Sloterdijk dans Recherche pour le Parc Humain parce que la promesse de l’école comme porte d’entrée dans l’élite n’étant plus tenue, la culture lettrée ne concerne plus que ceux qui sont clercs par vocation : mais faut-il vraiment regretter que la place des clercs dans la société soit réduite, alors que nous avons fait l’expérience tragique de la barbarie extrême dans nos sociétés extrêmement cultivées : quoi de plus éduquée, de plus auto-contrôlée, de plus civilisée que la société prussienne ?
Rédigé par : Jean-Marie | 04 juin 2008 à 18:26
Bonjour
Tst Tst ; Ils ont dit la politique n’est pas un rêve de poète. Pourquoi supposez-vous que nous avons fait la guerre ? Pour leur vieux Maréchal ? Il ont encore ri : nous ne sommes pas des fous ni des niais ; nous avons l’occasion de détruire la France, elle le sera. Pas seulement sa puissance : son âme aussi. Son âme surtout. Son âme est le plus grand danger. C’est notre travail en ce moment : ne vous y trompez pas mon cher ! Nous la pourrirons par nos sourires et nos MENAGEMENTS. Nous en ferons une chienne rampante… Nous guérirons l’Europe de cette peste nous la purgerons de ce poison… Racine, Ronsard, Rousseau……Péguy, Proust… Et surtout Finkielkraut.
Très très beau ce "Silence de la mer".
DUVAL UZAN
Rédigé par : Duval Uzan | 04 juin 2008 à 17:44
Etrange procès que vous faites à Sean Penn.
Au moment où Gilles Jacob et Thierry Frémaux lui demandent de présider leur festival, alors précisément, on attend de lui une méthode, qu'il impose sa vision au choix du palmarès. N'a-t-on pas trop vu de jury sans âme, saupoudrant leurs prix pour satisfaire tout le monde ?
N'ayant pas vu le film de L. Cantet, je m'en tiens à la démarche de S. Penn. Dès l'ouverture, il prévient qu'il privilégiera les oeuvres à caractère social et politique, une des raisons pour laquelle les organisateurs l'ont d'ailleurs choisi. Sûr de lui et de son fait, il fait suivre ses paroles par des actes, oubliant malgré tout 'Valse avec Bashir'.
Il est délicat de reprocher à cet homme et à ses partenaires d'avoir eu une ambition et de l'avoir tenue. Par contre, je peux comprendre que l'on ne soit pas d'accord avec les choix ou même avec son discours, mais dans ce cas, il fallait dès le départ freiner des deux pieds lorsque l'annonce de sa présidence a été faite.
Sean Penn a été tel qu'en lui-même et si la machine hollywoodienne n'a pas réussi à le faire plier, il était peu probable que des pressions cannoises y parviennent.
Rédigé par : Cyril | 04 juin 2008 à 15:35
M.Bilger, ne jugez-vous pas vous-même une palme politique avec des yeux politiques ? Et dans ce cas, ne reprochez-vous pas à autrui ce que vous faites vous-même ?
Au-delà de la volonté d'AF ou de vous-même de défendre une haute idée de la culture et de la langue (ce que je partage), on a le droit de reconnaître qu'un enseignant et un pédagogue de collège ou de primaire ne s'adresse pas aux membres du collège de France ou à des étudiants d'université, et qu'il est donc obligé pour atteindre son but qui est de transmettre, d'enseigner et même d'éduquer, de prendre son "public" tel qu'il est.
Et donc de parvenir à franchir un certain nombre de barrières, pour faire sortir son élève de son enfermement. C'est le prof qui va vers l'élève, pour que l'élève aille au prof. Si petit à petit le prof revient vers la qualité et le contenu de qualité il a gagné.
Peut-on dire que dans le film (que je n'ai pas vu) le prof enseigne des textes "nuls" à des élèves "nuls" ou bien utilise-t-il tous les moyens à sa disposition (y compris ceux des élèves) pour les toucher avec quelque chose qui correspond aux critères de qualité que vous défendez ?
Rédigé par : prevalli | 04 juin 2008 à 14:47
J'ai lu, il y a quelques temps, le livre de Bégaudeau, je n'ai pas vu le film. Ce livre n'est en rien un positionnement idéologique, il fait "méthodiquement" la chronique d'une année scolaire dans une école difficile. C'est vu par un prof qui nous offre un regard assez détaché sur les élèves, avec leurs nombreux manques pour réussir et surtout sur des profs qui sont, de mémoire, désabusés, peu motivés et envahis par leurs petits soucis personnels. Le livre ne défend rien du tout, il est une photo dérangeante de ce qu'on offre aux enfants en difficulté sociale : des profs paumés avec des ados qui n'ont pas reçu les "fondamentaux" pour réussir leur vie scolaire comme la vie tout court.
Rédigé par : Bulle | 04 juin 2008 à 14:13
"Si je devais (Dieu m'en garde) repasser aux assises et face à vous" a écrit Aïssa...
... moi j'ai repassé assis, face à PB : sans avocat commis j'ai pris le bon pli...
...et je repensais à cette phrase de Bentolila : "Lorsque les mots manquent aux élèves, c'est le sens qu'ils tentent de donner au monde qui s'obscurcit"
PS : y'a un Japonais dans la salle ?
Rédigé par : sbriglia | 04 juin 2008 à 13:46
Il est évident que tout se tient, et que le comportement subjectiviste contemporain traite de la même façon les codes linguistiques et les codes juridiques (cf l'actualité du week end), en mettant en oeuvre la maxime de Michel Onfray : "Chacun doit être désormais à soi-même sa propre norme"
Rédigé par : Guzet | 04 juin 2008 à 13:18
Aïe aïe aïe mamamia y caramba ! Si moi continué à pa'lé peti nèg', moi pas civilisé car les instances supéyeures du g'and philosophe blanc qui passé souvent dans la boîte à image à la télé exigeasse que je fisse montre d'autant éloquence oratoire que la bou'geoise et a'istocrate la g'ande madame de Stael. Donc moi sauvage car moi pas pa'lé bien la langue qui t'anscende et su'plombe le 'éel, avec des accents pa'tout, des ci'conflexes, des g'aves et des aigus. Pa' les coups de ma'tinet du g'and manitou philosophe blanc, moi devoir app'endre à bien m'e'primer sinon moi devoir retou'né dans ma b'ousse et dans ma civilisation car moi pas digne d'avoi' la palme d'or.
Salutations, PB. Vous étiez pas mal, hier, chez Taddéï. On a dû vous le dire cent fois : comme avocat général, ce qu'il y a de plus redoutable en vous, ce n'est pas tant la force de vos arguments que la tonalité particulière de votre voix, cette espèce d'accent unique qu'on a l'impression tout droit sorti de la terre et qui doit emporter, rien que par sa simplicité originale, bien des convictions. Si je devais (Dieu m'en garde) repasser aux assises et face à vous comme accusateur public, la première chose que je ferais serait de prendre un vieil avocat inconnu tout droit sorti du terroir avec un non moins terrible accent à la Jacques Duclos, par exemple, un truc qui fait tourner les "r" à en donner des frissons. Autrement, on n'a aucune chance, c'est perdu d'avance.
Salutations.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 04 juin 2008 à 11:55
Décidément, vous êtes fidèle à vous-même ! Finkie me semble faire son srogneugneu habituel... Si on n'écrit pas dans la langue de La Princesse de Clèves, mieux vaut se taire !
Bon, bin jsais pas comment se crée et évolue une langue, mais ce n'est certainement pas grâce à des intellectuels debout sur les freins à chaque changement !
(précision : j'ai relu La Princesse récemment, avec un bonheur sans mélange, mais en ayant le sentiment de visiter un musée élégant et fané !)
Au passage : ne craignez-vous point d'en rester, même sans l'aveu, à des critères très très bourgeois ? Si vous excluez les "2ème génération" de la capacité ou du droit à re-créer NOTRE langue chaque semaine, peut-être allez-vous bientôt considérer qu'ils seraient mieux "chez eux" ?
;-)
(c'est une méchanceté gratuite)
Rédigé par : Yves Duel | 04 juin 2008 à 11:46
Si j'ai bien compris, vous vous posez la question: "Que pèse la palme d'or 2008, ce film d'un presque homonyme de B.Cantat à côté de tous ces autres ?" :
Le monde du silence - Orfeu Negro - Une aussi longue absence - Les parapluies de Cherbourg - Un homme et une femme - Sous le soleil de Satan -
Aucune idée a priori, si en revanche j'en ai bien une quant au lauréat du prix qui couronne les ouvrages parus soit en janvier soit en février, cet agrégé de lettres en disponibilité de l'Education nationale pour écriture, qui fut admissible à ENS et qui le fait savoir !
Tant qu'à se pencher sur les anciennes palmes on observe du côté japonais ces chefs d'œuvre qui même à l'examen du plus féroce des jurys, le temps, n'ont pas pris une ride et qui sont:
- (地獄門, Jigokumon : Les portes de l'enfer (qui évoque le Japon de l'époque de l'émergence des Funa-zushi où dans la fureur les luttes de clan entre les Taïra et les Mina-moto - et non pas 'mini motos' comme certains l'écrivent - un Lancelot japonais succombe lui aussi à un amour fatal pour une Guenièvre tout aussi japonaise)
- (影武者, Kagemusha ): L'ombre du guerrier (Japon du 16ème siècle où le rapport au monde du double est absolument fascinant)
- (楢山節考, Narayama bushiko): La balade de Narayama (Pour vous qui aimez "la profondeur, les ressorts de l'intime, les plongées au cœur de l'humain, la représentation des sentiments et des émotions", il y a ce film où la dureté de la culture qui envoie ses vieux dans la montagne est mise en parallèle avec les sentiments qui agitent ce fils portant à contrecœur sa mère sur son dos en direction de la montagne parce que c'est elle qui le veut, et qui le veut afin de le préserver du regard des autres sur elle, sa mère, qui a encore toutes ses dents et une chevelure sans un fil d'argent, mais l'âge cependant, d'attendre la mort, seule, au milieu des ossements épars du vieux cimetière de pierres dans la montagne.
Et il y a aussi le film néo-zélandais si émouvant, La leçon de piano!)
- Enfin, (うなぎ, Unagi): L'anguille, ce poisson délicieux quand il est grillé et dont on fait également d'excellents sushis, mais qui ici continue de recueillir les confidences d'un ex prisonnier, meurtrier de sa femme, adultère, mais qui ayant obtenu une conditionnelle au bout de huit ans, ouvre un salon de coiffure dans lequel l'aidera une femme qu'il vient, par hasard, mais une vie rachetant d'autre, de sauver du suicide.
Rédigé par : Catherine JACOB | 04 juin 2008 à 11:41
"je me sens le droit de m'accrocher à la pensée royale d'AF" est-ce un coming out ?
Rédigé par : Henrihubert | 04 juin 2008 à 11:02