On dirait un film de Douglas Sirk à la mode chinoise ou un roman noir avec tous les stéréotypes qui ont fait le succès du genre : un crime maquillé en suicide, la police aux ordres, un coupable haut placé et protégé, la révolte des citoyens, des émeutiers réclamant justice.
Je n'invente rien. Le site du Figaro nous informe sur ce qui s'est passé dans la ville montagneuse de Wengan au sud-ouest de la Chine.
Une adolescente de quinze ans est retrouvée morte dans une rivière du comté. Pour la police, elle se serait suicidée. Pour sa famille, elle aurait au contraire été violée puis assassinée. Le fils d'un haut dirigeant de Wengan serait le coupable. Il aurait été accompagné par deux jeunes gens. Dans ce trio, deux auraient eu des liens de parenté avec des officiers des forces de l'ordre.
Aucune autopsie n'a été pratiquée. Le fils d'un notable a été interrogé puis relâché. On a proposé de l'argent à la famille de la jeune victime. Et, comble du comble, l'oncle de celle-ci est mort après avoir été passé à tabac par on ne sait qui mais à la solde des forces de l'ordre.
A la suite de ces graves anomalies et de ce décès, des émeutes ont éclaté, des locaux et des voitures de police ont été incendiés, des éléves qui, nombreux, réclamaient justice ont été "tabassés". Ces événements dramatiques ont duré au moins neuf jours et ont provoqué le renfort de 200 membres des forces de sécurité. Les informations sur ces poussées de violence ont été soigneusement contrôlées par Pékin qui, quelques semaines avant les JO, ne tient pas à voir encore plus dégradée l'image de la Chine. Les manifestants ont été traités de "criminels".
Je ne sais pas si le soupçon collectif porté sur la réalité du suicide est fondé ou non. Ce qui m'importe, c'est de voir comme la transgression de la morale, l'offense à la vérité, l'atteinte à la justice constituent partout, même dans les dictatures les plus hégémoniques, des ferments de dissidence, des occasions de révolte qui résistent aux pires caporalismes. Il y a, dans cette persistance de l'éthique, contre vents et marées, le signe encourageant de l'inévitable ouverture, un jour, de ces Etats que les échanges internationaux ne démocratisent pas mais que l'aspiration humaine au vrai et au juste va sans doute déstabiliser et peut-être pacifier à l'avenir.
Ces effervescences sans commune mesure avec nos débats juridiques byzantins nous font aussi percevoir à quel point notre pays est saturé de démocratie et comme notre Etat de droit constitue un luxe bienfaisant dans un monde qui nous renvoie l'image de ce que la France a du être sous les périodes sombres et terribles de son Histoire. C'est comme si la Chine menait au paroxysme ce qui est susceptible de nous concerner mais de manière infiniment atténuée. L'injustice, chez elle, est en pleine intensité quand chez nous, ponctuelle ici ou là, elle n'émeut plus guère ou semble le support d'un discours humaniste obligatoire et pour tout dire assez formel.
Se sentir une fraternité avec ces êtres courageux qui, si loin de nous, prennent le risque de protester, osent combattre le scandale, pour eux, d'un crime déguisé en suicide démontre, bien plus que par une adhésion abstraite à un code universel des valeurs, à quel point l'indignation passe les frontières et comme les grands mots sont bien moins éloquents que les battements et les élans de notre coeur vers l'inconnu, vers ces inconnus, nos semblables.
C'est loin ? Non, tout près.
Le "heurt entre l'individu et la société", oui...! Surtout lorsqu'on veut mener des politiques "préventives", et non répressives, ce que réclame à cor et à cri le choeur universel des politiques et des médias, qui est incapable de penser les conséquences qu'implique son psittacisme...
Rédigé par : guzet | 04 juillet 2008 à 13:33
Juste pour dire :
à gauche dans "commentaires récents" :
_Catherine JACOB - III
Catherine JACOB - II
Catherine JACOB - I _
ça fait un peu RAMBO, non ?
Sissi !
Mais ceci n'engage que moi !
Je ne puis parler d'indignation, cependant : appréciant votre coté "militante" donc ceci me sied !
Rédigé par : Cactus digne à Dame Catherine | 04 juillet 2008 à 08:54
Chère Véronique, je vous remercie de cette lecture. J'espère que vous avez compris que Elie n'existe pas, qu'il n'a jamais existé, qu'il n'est que mon double... J'étais seul dans cette cellule lorsque j'ai écrit ça. Mais je vous conseille surtout "Mon cahier d'Henry Crotter" ; vous allez vous marrer à cette lecture et, à la fin, verser une petite larme. Ca n'a rien à voir avec la prison ou la justice et, vous le verrez, vous n'aurez pas l'impression que c'est le même auteur qui a écrit ces deux livres... Mais le meilleur reste à venir ; je ne l'ai pas encore publié. Il n'y a plus (ou alors ils se cachent terriblement) de vrais éditeurs en France, il n'y a plus que des commerçants purs et durs et cela devient de plus en plus difficile pour les auteurs réels. "Lé bon bédite gommerce" touche même l'édition, c'est dire le drame culturel et la paupérisation de la littérature française... Fred Vargas dont on discours sur un autre topic a été refusée par tous ou quasiment et d'abord par les éditeurs "spécialisés", sic, dans les polars. Aujourd'hui qu'elle vend par millions, que les lecteurs ne s'y sont pas trompés, ces mêmes éditeurs, surtout les "spécialisés", lui courent après comme des petits caniches soiffards que le gain attire... C'est pitoyable. A un salon, je discutais avec Eric Alphen, le juge (affaire Chirac et consort), l'écrivain ("7 ans de solitude"), comme PB ici présent dont je vais me procurer les oeuvres car je ne les ai pas encore lues, il s'était mis en quarantaine du tribunal car ras-le-bol de cette justice répressive pour les pauvres et compréhensive quand ce n'est pas soumise pour les riches et politiques et tutti quanti qui a des "grosses" moyens, il me disait en soupirant : "C'est dur, nom d'un chien, c'est dur ...", pendant que je lui dédicaçais le "Plaidoyer..."... Il parlait de l'édition, bien sûr. Je crois qu'il est retourné au tribunal maintenant, il doit être président de quelque chose ou je ne sais, en tout cas il a remis la toque et cessé d'écrire, dommage. S'il lit ce blog, qu'il sache que je le salue et que je ne me suis réconcilié avec rien sinon avec moi-même...
PS : Pardonnez, PB, si j'ai digressé.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 03 juillet 2008 à 23:50
Et avec un peu de chance on va encore réussir à tromper votre robot pour la dernière partie :
III-
Enfin, et puisque la scène de Noh a également été évoquée en voici deux exemples:
Tout d'abord celle du sanctuaire de ITSUKUSHIMA-Jinja ( 厳島神社 ) à l'orée d'une île où la mort est l'objet d'un tabou tel qu'on se dépêchait jadis de rapatrier les habitants mourants sur Hiroshima et sa région avant qu'ils ne rendent le dernier soupir:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ee/ItsukushimaNobu
tai7442.jpg
Ainsi que celle du temple CHUSON-ji dans la préfecture d'IWATE dans le N.E du Japon à 2h50 de Tokyo en Shinkansen, le fameux concurrent de notre TGV:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d4/ChusonjiNogaku
do.jpg
Et encore une fois : merci Wikipedia.
Rédigé par : Catherine JACOB - III - | 03 juillet 2008 à 20:33
II-
J'ai également eu la curiosité de rechercher à quoi pouvait ressembler un pont dans cette région, et j'ai découvert ces deux modèles qui appartiennent à l'architecture du Guangxī ( 広西省 )voisin (lequel en langue 'Sawcuengh' se prononce 'Gvangjsih' où l’on entend comme un assent !). Il s'agit de:
http://www.takumikoubou.jp/tyugoku/tonzoku/002.jpg et de:
http://www.takumikoubou.jp/tyugoku/tonzoku/009.jpg
Rédigé par : Catherine JACOB - II - | 03 juillet 2008 à 20:31
I-
En recherchant à quoi pouvait bien ressembler Wèng'ān ( 瓮安, de «Wèng» -en cantonnais «Ung»-: «Pot ou grande jarre à Saké et «Ān» qui sert aussi pour signifier: «s'amuser, passer agréablement le temps» ), j'ai découvert qu'il s'agissait d'un district administratif de la province autonome de Gùizhōu ( 貴州省 ) où résident de nombreuses minorités ethniques comme les Dong ( 侗族 =http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c2/Ethic_Dong_Lipin
g_Guizhou_China.jpg ) qu'on trouve aussi au Guangxī, la patrie de Shìtāo ( 石濤 ) également évoqué - même si on peut encore réfléchir à la restitution du sens de ce pseudonyme en prenant en compte l'idée générale qui traverse l'ensemble de tous les noms y compris posthume de cet artiste -, ou encore les Hmong qui vivent aussi au Laos etc. (http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bc/Flower_hmong
_women_bac_ha_vietnam_1999.jpg )
Cette province correspond à l'ancien royaume de Yèláng resté dans la mémoire populaire grâce à ce mot historique d'un ambassadeur Han qui répondit, dit-on, au roi du Yèláng lui demandant « Et en quoi Han pourrait-il être plus grand que Yelang ? » : « Yèláng se fait des illusions sur sa grandeur » ( 夜郎自大, Yèláng zì dà ) ou encore «Yelang est grand pour lui-même» et, ma foi, c'est déjà ça...!
De nos jours Han envoie donc «un renfort de 200 membres des forces de sécurité» pour rétablir l'ordre dans le district de Wèng' ān ( 瓮安 ) ・・・ -
Ce petit détour historico-géographique permet sans doute de mieux cerner l'effervescence que vous évoquiez, dans un contexte qui est celui de minorités ethniques face au pouvoir central.
Maintenant, on ne nous précise pas si la jeune fille dont le corps a été découvert dans la rivière, appartenait ou non à l'une de ces minorités.
Rédigé par : Catherine JACOB - I - | 03 juillet 2008 à 20:31
@ Aïssa
"PB vient de m'engueuler parce que je serais injurieux envers certains, notamment Marcel P. et Laurent D."
En aparté de la note et du blog de Philippe.
J'ai terminé hier soir votre livre :
"Plaidoyer pour les justes"
Euh... question gros mots, il y a dans vos pages de quoi vous faire engueuler par le Philippe. A perpétuité...
Ce que j'ai totalement aimé dans votre J'accuse, c'est l'affection et l'amitié dans l'extrême qui vous lient (au sens premier) à Elie, votre compagnon de cellule. Et celles qui le lient, lui à vous. La solidarité à fleur de nerfs du et dans le malheur.
Je voulais vous le dire.
Rédigé par : Véronique | 03 juillet 2008 à 13:21
@Marcel
Le seul et unique combat est celui de cette femme chinoise d'un bout à l'autre de la planète, dans sa totalité. Il est facile, pour notre confort moral, de saucissonner la vie de cette femme : héroïne en Chine, délinquante en France, mais elle était cette même femme qui, de Chine en France, a trimbalé son inexistence fantomatique. Lorsqu'un policier français rapatrie un Chinois chez lui, il le livre à la police chinoise et pour cette malheureuse, sous l'uniforme français se cachait un policier chinois.
Marcel, comprenez-moi bien : si nous sommes contraints (ce que je ne crois pas) d'expulser des miséreux de notre pays, soyons conscients que cette contrainte est une saloperie morale. Je ne suis pas meilleur que d'autres, je ne me situe pas dans le camp des gentils contre celui des méchants, je dis simplement qu'expulser des miséreux est un acte immoral, aussi justifiable soit-il sur d'autres plans. Notre combat unique dans ce domaine est donc d'être lucides face aux ignominies que nous sommes contraints d'accepter afin de commencer à en réduire la portée dans sa globalité sans nous contenter de notre pré carré.
@Aissa
Philippe a eu raison de vous tacler car vos mots sont parfois forts. J'apprécie vos commentaires mais efforçons-nous de n'être les adversaires que des idées et non de ceux qui les expriment.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 03 juillet 2008 à 12:51
@ sbriglia
"Ce soir, grand bonheur : Ingrid est libre... tout devient dérisoire à cette aune..."
Alors, Monsieur, arrêtez d'asticoter notre Catherine Jacob et ne la transformez pas, sur ce blog, en "Ingrid"...
Ayez un peu de tolérance !
Rédigé par : Marie | 03 juillet 2008 à 11:45
@Aïssa
Un homme qui retombe sur ses pattes, tel Bébert, avec autant d'élégance et d'à propos, mérite le respect ! Un monde qui réconcilierait le chat de Céline et la guenon de Ferré est-il vraiment impossible ?
Ce soir, grand bonheur : Ingrid est libre... tout devient dérisoire à cette aune...
Rédigé par : sbriglia | 03 juillet 2008 à 01:23
Pour ce commentaire le plus court de l'année, pour l'humour qu'il recèle, il vous sera beaucoup pardonné, chère Catherine...
Allez, je ne vous hais point...
C'est PB qui va être content !
Rédigé par : sbriglia@sa chère Catherine J. | 02 juillet 2008 à 20:40
La question intéressante que l'on pourrait poser ici est :
A partir du moment où une société ne peut -ou ne veut- fournir à tous les moyens conséquents d'une subsistance digne, en quoi chacun de ces exclus serait-il encore tenu par les règles de cette société et au nom de quoi cette société l'obligerait-elle ?
PS : PB vient de m'engueuler parce que je serais injurieux envers certains, notamment Marcel P. et Laurent D. J'ai répondu que je ne pense pas l'avoir été sinon qu'en proportion de ce que j'ai ressenti personnellement de leur part. En tout état de cause, il est vrai qu'il convient d'être mesuré dans la forme car c'est ce qui m'est reproché. Certes, si la forme peut être violente, le fond l'est quelquefois davantage sous une forme plus onctueuse. J'essayerai de moins personnaliser mes commentaires tout en espérant pouvoir continuer à appeler un chat un chat en ayant conscience des limites du vocabulaire. Céline avait ce mot extraordinaire : "Je sors moi-même les ordures, c'est dire si je suis crédible..." On le voit en photo, de dos, portant un cageot sale et allant le jeter dans une poubelle...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 02 juillet 2008 à 19:36
@sbriglia
"(tout est dans le A.)"
Oh !
Rédigé par : Catherine JACOB | 02 juillet 2008 à 17:32
Marcel Patoulatchi, là vous tapez fort, nom de Dieu ! "La misère qui a disparu en France hormis pour les SDF" écrivez-vous. J'hallucine de tant de mauvaise foi quand il ne s'agit pas tout simplement sciemment d'ignobles contre-vérités. Je ne vais pas perdre mon temps, tenez : 1 790 000 enfants pauvres en France (dernières stats de l'INSEE). Ce n'est pas convaincant ? Voyez avec l'INSEE alors. Certes, il est exact que cet organisme sérieux ne mentionne pas qu'ils sont tous habillés de pied en cap par Cardin, Dior ou que sais-je encore de ces marques luxueuses qui semblent votre obsession et, bien sûr, ils et/ou leurs parents roulent tous en voiture très très chères et cotées... Je n'ai cité que les enfants pour ne pas vous effrayer. Ajoutez-y les vieux et vieilles par centaines de milliers qui pourrissent dans les maisons de retraite machines à fric pour certaines nouvelles fortunes de France... Plus les fous qui pareillement peuplent ces cloaques qu'on nomme encore hôpitaux psychiatriques... Tous ceux-là, monsieur, sont encore des êtres humains et, ne vous en déplaise, ils ont des droits, les mêmes que les vôtres. L'argent public -que par mépris vous appelez la charité publique-, comme son nom l'indique est public et, par conséquent, il leur revient aussi car ils sont eux de même le public et les citoyens de ce pays quand bien même ce terme vous dégoûte et répugne à le conférer à ceux-là par millions qui sous-vivent sans les moyens. Vous ne faites pas le poids, monsieur, face à qui a faim même quand il travaille. Ayez la décence de vous taire quant à ce sujet qui manifestement vous dépasse ou alors écrivez des choses sensées.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 02 juillet 2008 à 17:26
@Patrick Marguillier
Il se trouve que je fais partie de ceux qui apprécient les contributions - toujours pertinentes et jamais oiseuses - de Catherine A. (tout est dans le A.)
"mixture, nauséeuse, caricaturale, hors sujet, légèreté insoutenable, etc..."
Diantre !
L'ellipse, la litote, l'euphémisme, devraient vous accompagner parfois...
Rédigé par : sbriglia | 02 juillet 2008 à 16:29
@ catherine A
Continuer à ne pas hésiter à hésiter de poster, ça s'appellera du bon sens, parce que la mixture entre les droits internationaux et aussi nationaux de l'homme et le sida en Chine est parfaitement nauséeuse et sans aucun doute "ahurissante" comme vous dites avec une ferveur caricaturale et hors sujet.
Une mixture d'une légèreté insoutenable.
Quant à la force de vos bras capables d'étreindre ou de frapper, elle importe bien peu ici.
J'ai un peu du mal à suivre vos raisonnements, tant ils sautent du coq à l'âne...
Rédigé par : Patrick Marguillier | 02 juillet 2008 à 12:23
Patrick,
Vous écrivez que « La tempête est et sera différente de celle de 1789, mais 1789 a été moins tendre que votre cliché, les fourches étaient aiguisées, obscènes, ne tendez pas à ce que nous retournions à cette époque, mais vous pouvez rester aveugle et sourd... Ca se termine toujours de la même façon depuis des millénaires, quels que soient la politique ou le pouvoir ou les massues en place... »
La première chose que j'ai appris en fréquentant l'Histoire, c'est qu'elle ne se répète jamais. Les plats peuvent se ressembler mais la recette n'est jamais tout à fait la même ; tout simplement parce que les circonstances changent.
La Révolution française n'a pas été sous toutes coutures un grand moment de finesse ni de modération. Les massacres y ont été légion, parfois compréhensibles, parfois déments.
Mais il me semble qu'à l'époque, on pouvait réellement parler de « misère » ; chose qui a disparu de France, hormis pour les SDF.
Les émeutiers des manifs du CPE n'étaient pas des miséreux, contrairement à ce que vous prétendez. Regardez à nouveau ces photos : vestes en cuir, sweet de marque, tshirt de marque... Nous sommes loin d'avoir affaire à des gueux. Quant à leurs motivations, irez-vous jusqu'à invoquer l'état de nécessité pour justifier le vol d'un téléphone portable ou d'un baladeur portable ? Irez-vous jusqu'à invoquer la famine en voyant ces gamins hilares en train de détruire la voiture d'un voisin ?
De nous deux, qui donne dans le « cliché simpliste » ?
Lorsque vous amalgamez Irak, Vietnam en évoquant « une lutte permanente », comme s'il y avait homogénéité et unité dans ces divers conflits, qui simplifie ? Lorsque vous décrivez l'armée comme « larbin d'Etat », qui simplifie, à notamment considérer que tous les Etats se ressemblent ?
Quant au RMI, allez donc parler de son inhumanité à des paysans de 1789 ou, plus simplement, à un paysan chinois d'aujourd'hui. C'est tout de même épatant de reprocher ce qui n'est, après tout, qu'un geste de charité publique !
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 02 juillet 2008 à 12:17
@sbriglia : il est des gloires dont je me passe ;-)
Rédigé par : catherine A. | 02 juillet 2008 à 10:41
@Aïssa
Juste pour en finir car je ne voudrais pas faire main basse sur le blog de Philippe Bilger. J'étais étudiante à Lille et j'ai rencontré plusieurs fois le juge Pascal. C'était, comment dire, un "exalté" et même la gauchiste que j'étais, a priori pas très encline à la moindre compassion pour "le notaire et sa compagne" en fut effarée ; effarée que cette affaire lui ait été confiée. Une affaire qui fut instrumentalisée. La justice n'y a rien gagné, "la cause du peuple" non plus.
Rédigé par : catherine A. | 02 juillet 2008 à 09:14
@Aissa
Quand, au monopoly, je passais par la case "prison", je savais que je finirais par construire un hôtel rue de Paradis... comme vous.
@Catherine A.
Une femme dont on implore la fessée sur le blog d'un avocat général : la gloire !
Rédigé par : sbriglia | 02 juillet 2008 à 00:47
Je ne suis pas tout à fait sûr que Bruay soit simplement une histoire de magistrat qui se prend pour Zorro... Bruay c'est aussi toute une population exclue ou de misère qui s'est sentie (à tort ? à raison ?) menacée et méprisée par une certaine classe nantie. Bruay c'est bien au-delà du simple fait divers quand bien même celui-ci fut dramatique. Bruay c'est l'éthique de la misère. Comme à Wengan en Chine actuellement. C'est en cela que j'ai "associé" les deux.
Vos bras... hum... connaissez-vous cette vieille chanson de Béranger :
"Combien je regrette
mes bras si dodus,
ma jambe bien faite
et le le temps perdu..."
Si saint Bourdieu ne vous sied point, qu'au moins saint Aissa vous chaut un peu... Je me marre tout seul là... Ah Catherine, une fessée de vos bras colère, je la défends, comme à J.J. Rousseau sa délicieuse nourrice... Mais peut-être que Rousseau n'est pas non plus votre... truc.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 01 juillet 2008 à 22:39
Aïssa, Bruay c'est l'histoire d'un magistrat qui s'est lamentablement pris pour Zorro. Que vous y ayez pensé face à cette mini-révolte chinoise prouve que vous avez beaucoup d'imagination mais je n'en attends pas moins d'un écrivain. Quant à Bourdieu (comme il fut un temps pour Foucault, un peu moins à la mode semble-t-il) j'avoue que ceux qui se réfugient pour un oui ou un non derrière sa pensée pour justifier leur vérité péremptoire m'assommmmmmment sérieusement. Saint Bourdieu c'est pas mon truc.
ps : c'est sympa de vous faire du souci pour mes bras mais ils sont encore capables d'étreindre et peut-être même de frapper.
Catherine
Rédigé par : catherine A. | 01 juillet 2008 à 21:44
Catherine, j'ai écrit que cette affaire me faisait penser à... Je n'ai pas dit qu'il y avait forcément un rapport entre les deux. Lisez mieux, je vous prie. Quant à Bourdieu, il ne faudrait plus en parler ni de son oeuvre parce qu'il est mort...? Vous n'aimez décidément pas cet homme pour vouloir ainsi l'enterrer définitivement. C'est injuste. Votre conception des choses est étrange, je vous assure. Quant à penser par soi-même, je ne fais que ça, je vous jure, la tête m'en tourne parfois... Heureusement j'ai aussi mes doux hobbies qui me distraient bien... Je vous salue chaleureusement et relevez vos bras qui vous tombent dites-vous, s'il vous plaît, soyez ferme, bien assise, poings fermés, oeil vif, regard droit...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 01 juillet 2008 à 20:54
J'ai hésité à poster tant les bras m'en tombent à lire certains commentaires. Aïssa, désolée mais je ne vois pas bien le rapport entre l'affaire de Bruay en Artois manipulée par un juge d'instruction un peu fatigué qui se prenait pour un imprécateur et l'affaire dont parle Philippe Bilger ; ces comparaisons, assimilations ne me semblent pas avoir grand sens et les propos de Patrick Marguillier sont tout simplement ahurissants et indécents. Indécents face à ce que vivent des millions de Chinois, ceux qui crèvent du sida dans les campagnes dans l'indifférence générale d'un pouvoir qui leur a pris leur sang plusieurs fois par mois, leur inoculant prise après prise la maladie, ceux qui ont été chassés pour faire place nette pour les JO. Il est franchement des comparaisons qui me font honte. Quant à Bourdieu laissez-le dormir en paix ; ni Dieu ni maître bon sang. Ne serions-nous pas assez grands pour penser par nous-mêmes ?
Rédigé par : catherine A. | 01 juillet 2008 à 17:49
@ Grain de poivre
"Et s'il existait vraiment un socle moral commun à toute l'humanité?"
La lutte contre le nazisme, ou les personnes étendues devant les chars en URSS et l'histoire ne vous ont rien appris sur ce "socle moral" qui finit toujours par renverser ou détruire les tyrannies ?
Il existe, sinon serions-nous là ? Et j'ose espérer qu'il va perdurer, mais les hommes perdent facilement la mémoire quand il s'agit de profit. Enfin certains !
Les révoltes leur ont souvent rappelé que la morale et l'éthique sont les supports nécessaires à l'évolution, la connaissance, l'inverse mène à la colère dans un premier temps, puis à la barbarie, à la destruction.
@ Jean-Dominique Reffait
Je partage votre point de vue
"c'est une victoire de la dictature de Pékin et une défaite de notre humanisme"
...et plus simplement de l'humanité, de chaque homme, ajouterais-je.
Et comme vous je pense
"Il n'y a pas de petits combats, décidément pas. Il n'y en a qu'un seul"
Avant de penser à faire le ménage chez les autres, faisons le chez nous, au moins ajouterai-je encore..
L'indignation ne doit pas être de posture seulement...
même si elle doit être, regardons aussi autour de nous, voire un peu plus loin pour ceux qui seraient dans leur tour d'ivoire.
Nul n'empêche les Chinois de faire leur révolution...
Les Iraniens préparent la leur
Quelques pays Européens aussi ces dernières années..
Nous avons eu la notre, la justice c'est une révolution permanente, dès qu'elle s'étire, voire se couche, le forban se rit de la démocratie, c'est une autre dictature qui gagne.
Que les mots liberté, égalité, fraternité, ne soient pas que de vains postiches...
@ Catherine Jacob
La plus belle nouvelle pour moi n'est pas que Obama et Hilary mais celle-ci :
"Une petite fille de dix ans donnée en mariage à un homme de vingt ans son aîné par un père de seize enfants contre un petit pécule. Mais, bonne nouvelle, si petite soit-elle elle se remet toute seule en les mains d’un Juge pour obtenir de divorcer au motif d’avoir été mariée en dessous de l’âge légal. Elle annonce qu’elle retournera à l’école pour devenir... avocate !"
Merveilleux, presque un rêve (de père, d'humain..)
La petite mériterait une médaille pour son audace et son courage. Si nos hommes politiques et bien d'autres étaient aussi courageux...
@ Calach
Vous dites tout haut ce que je pense tout bas, néanmoins, ça démontre aussi que Monsieur Bilger accepte volontiers la critique, discours formel ou pas.
Je connais bien des sites dit "démocratiques" où la moitié de nos propos auraient été éjectes ! C'est aussi à cela qu'on reconnaît un vrai démocrate, homme de débat... Je ne peux que tirer mon chapeau à Monsieur Bilger pour cela.
Et ici, contrairement à Libé, au Monde etc, pas besoin d'abonnement ! L'amour de la liberté d'expression... de la sienne mais de celle des autres également et ça c'est formidable !
@ Marcel Patoulatchi
Discours cliché un peu simpliste, je ne pense pas que vous ayez compris le fond de mon propos..
Je n'ai rien contre la promotion sociale, récompensée par le mérite, pour les photos que vous indiquez, je ne commenterai pas, qui en aurait envie?
Au CPE, ce n'est pas un manifestant qui est mort.
Quant à ce que vous appelez la "racaille", elle ne naît pas par la force du Saint esprit... Aucun bébé ne connaît sa destinée, semez l'inégalité excessive et la misère, vous aurez la tempête.
La tempête est et sera différente de celle de 1789, mais 1789 a été moins tendre que votre cliché, les fourches étaient aiguisées, obscènes, ne tendez pas à ce que nous retournions à cette époque, mais vous pouvez rester aveugle et sourd... Ca se termine toujours de la même façon depuis des millénaires, quels que soient la politique ou le pouvoir ou les massues en place...
Moi je crois que liberté, égalité, fraternité à eu un sens et peut encore en avoir... c'est une lutte permanente, l'inverse ne peut que mener au chaos, à la terreur, et aucune armée n'en vient à bout, à l'exemple de l'Irak, du Vietnam et de bien d'autres pays, et il arrive même que l'armée, larbin d'Etat et des politiques se retournent contre leurs administrateurs au profit du peuple (l'URSS, etc).
Je suis bien loin du jacuzzi... et la France d'en bas ne sait pas forcément ce qu'est un jacuzzi, mais un bifteck une fois de temps en temps, elle aimerait... même sans caviar.
Redescendez de votre tour d'ivoire.
"Finalement, payer des gens à ne rien faire dans l'espoir qu'ils se réinsèrent, c'est indécent"
Tentez de vous réinsérer avec 400 euros par mois... c'est une blague?
C'est le montant d'une chambre de bonne louée dans le cafard incorporé... Et même pour cette horreur, on vous demande une fiche de paie la plupart du temps.
Mais si par bonheur, vous avez réussi cet exploit d'avoir un faux, vous ne mangerez rien le temps de cette location...
Super la réinsertion ! C'est d'une bonté, d'un humanisme confondant.
J'ai personnellement aidé une personne à se réinsérer, ça coûte beaucoup plus que 400 euros, ne serait-ce qu'en repas, eau, électricité, vêtements, temps à convaincre, recherche d'emploi...
Bref, le minimum de dignité humaine.
Je vous précise que cette personne était accro à l'héroïne, hébergée à mon domicile qui était une chambre de bonne avenue Paul Doumer, 16ème, avec cafards incorporés, 400 euros/mois, électricité en 110, chambre non déclarée par la propriétaire qui bien sûr vivait dans un faste...
Résultat :
Emploi plein temps en CDI, décrochage de l'héroïne, logement F2 décent, en 5 mois pour cette personne...
"Dire qu'il s'agit d'un ferment de dissidence motivé par l'injustice, c'est tout de même léger", dites vous ? Laissez-moi sourire et amenez la farine que je me roule dedans ventrebleu !
Quant au jacuzzi... il est des mondes où c'est lui le dissident...
Rédigé par : Patrick Marguillier | 01 juillet 2008 à 17:43