Belle de scène
Je n'ai pas envie de parler de la déroute de l'équipe de France même si la "fleur bleue" décalée jetée par Raymond Domenech a tenté de rendre poétique la catastrophe sportive. On est tout de même les bons derniers de notre groupe !
Pensons plutôt à elle.
Je me souviens l'avoir vue il y a quelques années à la télévision. Les cheveux cendrés, avec une élocution parfaite, elle était venue apporter de la distinction et de la nostalgie dans l'information du jour et je suis sûr que sa présence avait fait du bien à beaucoup.
Avec son esthétique splendide, ce mélange de grâce infinie et de robustesse pulpeuse, ses jambes gainées de noir qui attiraient le regard et suscitaient l'admiration, elle évoluait avec la certitude si rassurante de la beauté. Elle bénéficiait de cette chance inouïe de savoir d'emblée qu'elle était unique. Le miroir que lui tendait la vie, elle devait s'y refléter sans aucune crainte. Au théâtre, au cinéma, seule ou avec des partenaires prestigieux, Fred Astaire ou Gene Kelly, elle brûlait les planches et même si tous étaient en scène, on n'était souvent fasciné que par elle, sa danse, ses figures de style. Elle enlevait à la chorégraphie son caractère artificiel, elle déchirait le conventionnel et on ne se préoccupait plus du vrai et du faux. C'était devenu sans importance puisque, dès qu'elle apparaissait, sa réalité dominait les débats inutiles et oiseux sur la comédie musicale américaine. Il n'y avait qu'elle et la salle, pour être obscure, s'illuminait d'elle et par elle.
Quand, dans l'adolescence ou dans une jeunesse inquiète, je cherchais des remèdes aux difficultés d'être qui assaillent de manière inéluctable certaines personnalités, que les après-midi se traînaient et que le soir était à peine désiré, que le destin ressemblait, sans recours, sans secours, à une page vide et blanche, il me suffisait, au cours de ces mois d'été où Paris est presque désert, d'entrer dans l'un de ces cinémas qui se spécialisaient dans les comédies musicales américaines. Le film commençait. Ce n'était rien et c'était tout. Du divertissement, de la gaîté, de l'art mais avec cette gravité mélancolique des spectacles qui vous font comprendre qu'ils n'auront qu'un temps, que demain ils n'existeront plus ou qu'on aura après eux Jacques Demy. Du rythme, de la musique, l'implacable et merveilleuse mécanique du cinéma américain au sommet de sa forme, la perfection d'un genre. Et elle, royale, évidente, s'inscrivant avec autorité - mais quelle autre lumière aurait osé prétendre lui damer le pion, l'éclat ? - sur l'écran qui acceptait presque de bouger avec elle.
Je me souviens. Elle est morte à l'âge de ma mère et, d'un coup, ce matin, sont remontés à ma surface mille trésors enfouis, des moments magiques, des désespoirs crépusculaires, une existence qui se rêvait un avenir.
Je ne peux pas l'oublier. Les génies se rappellent tout grâce à une petite madeleine. Les gens ordinaires se servent de ce qu'ils trouvent. Des êtres qui se sont fichés dans leur être da manière indélébile. Ou de n'importe quoi d'autre.
Ma belle de scène. Celle qui ressuscite un passé que je croyais tranquille, apaisé, oublié.
Cyd Charisse.
Eh bien Philippe, pour les déclarations d'amour Raymond Domenech peut aller se rhabiller. Très beau texte qui me fera regarder le prochain film avec Cyd Charisse que, je l'avoue, je connais à peine. Pas, en fait.
Sans trop m'avancer, j'imagine que ce texte va aussi donner à certain(e)s l'envie de vous étendre sur leur divan. J'attends donc avec une certaine gourmandise.
Rédigé par: catherine A. | 18 juin 2008 at 17:38
Il n'y a pas si longtemps, un étudiant désargenté pouvait aisément emballer une fille en l'invitant dans un cinéma du Quartier latin pour revoir Chantons sous la pluie et rêver devant les longues jambes de Cyd Charisse dans un numéro de danse exceptionnel. Depuis le passage à l'euro et ses avatars, il est d'usage de bluffer une fille à Euro Disney en frimant avec sa bande de copains friqués et le soir venu la grande classe aujourd'hui est de crier à sa dulcinée "Biloute un menu Big Mac avec du ketchup !" à la sortie du film Bienvenue chez les Ch'tis. Autre temps, autre moeurs, sans élégance et ballerines sur jambes nues.
Rédigé par: SR | 18 juin 2008 at 17:47
Votre évocation est très émouvante. Il est bien difficile de trouver le ton juste entre la confession, nécessaire au partage, et la pudeur que l'on veut préserver. Mais tout m'indique que vous y parvenez naturellement.
Rédigé par: Laurent Dingli | 18 juin 2008 at 18:31
Ce soir mercredi, FR3 rediffuse "Chantons sous la pluie" à 22h50.
Rien que pour vous ;-)
Rédigé par: gabbriele | 18 juin 2008 at 19:01
"Les jambes des femmes sont des fuseaux qui enserrent le monde" ("L'homme qui aimait les femmes")
Charles Denner avait son soupirail, PB son "Champollion"...
Rédigé par: bridget | 18 juin 2008 at 21:15
Tiens, nous devions avoir le même âge ?
Rédigé par: Yves Duel | 18 juin 2008 at 21:58
Entre les génies et leurs petites madeleines et les gens ordinaires, il y a peut-être vous et votre capacité à garder intact au fond de votre coeur des émotions pures qui nous envahissent à notre tour.
Rédigé par: Aude | 18 juin 2008 at 22:03
"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie".
...est plutôt la citation exacte, Bridget...
Longtemps, il regardait les vieux films de Cyd Charisse en écoutant "Quartier Latin" de Ferré...
Je sais, "longtemps" c'est proustien ; chacun sa madeleine...
Rédigé par: sbriglia | 19 juin 2008 at 01:46
J'aime beaucoup votre crépuscule pour une Reine qui a comblé vos heures vides et noires d'autrefois.
Comme Catherine A, le nom de Cyd Charisse ne m'évoquait rien de très précis jusqu'à hier.
Mais je me rappelle il y a quelque temps, à l'occasion d'une présentation de livres que nous projetions de faire à la bibliothèque, d'avoir évoqué quelques noms des sublimes qui auraient pu habiter vos rêves.
La réponse alors, d'une personne ivre de modernisme écoeurant, fustigeant et humiliant "ces vieilles."
J'avais juste eu envie de pleurer.
Et l'espace d'une seconde, j'avais ressenti quelque chose proche de la frayeur : comprendre qu'il me faut faire avec ceux et celles qui ont été privés de ces images de grâce, de beauté et de passé.
Cette sensation, quelques secondes, donne le vertige et rend malheureux.
Rédigé par: Véronique | 19 juin 2008 at 08:22
Votre sensibilité m'émerveille et que vos mots sont doux et savent faire remonter tant de souvenirs... Comment faites-vous !
Rédigé par: monik | 19 juin 2008 at 08:32
"Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais
ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !"
Charles Baudelaire remonte de ma mémoire grâce à votre émotion.
Rédigé par: michel paul | 19 juin 2008 at 10:14
Quelle oraison qui rappelle que l'enchantement du monde ne s'opère pas uniquement par la voix mais aussi par la danse ainsi que par leurs charmes emmêlés !
Rédigé par: Catherine JACOB | 19 juin 2008 at 11:04
A Véronique :
La chance de prendre de l'âge. C'est une chance de "vieillir" tout en n'étant pas malade. Un cadeau de l'existence, de se souvenir. Rien de plus beau que ces photos du temps passé, sur lesquelles les femmes avaient leur plus beau sourire, sans maquillage la plupart du temps. Elles étaient magnifiques de naturel et de dignité. L'amour et l'amitié n'ont pas d'âge.
Comme vous, je pense que j'en aurais aussi pleuré.
A Philippe :
"que le destin ressemblait, sans recours, sans secours, à une page vide et blanche,"
J'adore cette phrase. Elle frôle un instant de détresse tout en pudeur. En lisant votre récit, je peux tout à fait visualiser l'admiration du gamin ou de l'adolescent, face au grand écran.
Y'a pas à dire, vous écrivez super bien!
Bonne fin de semaine à toutes et à tous !
Rédigé par: Ktrin | 19 juin 2008 at 12:04
Si c'est ainsi que votre réquisitoire à la Cour d'assises, même l'accusé(e) doit essuyer une larme et s'effondrer... Vous êtes vraiment étonnant, dans le sens le plus élogieux du terme. De la poésie, que diable ! Dans ce monde de dingues !
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 juin 2008 at 12:40
Merci aux dames de ce blog de m'obliger, par leur sensibilité exprimée, à relire d'un oeil neuf les phrases de Philippe, obnubilé que j'étais par les jambes de Dame Charisse... et il est vrai, comme le soulignent K-trin, Véronique, Monik et Catherine A., que Chardonne n'est pas loin, Rilke et Zweig non plus, tant ces quelques phrases pudiques sont comme la confession d'un enfant du siècle passé...
Qui n'a pas connu la mélancolie et la douceur de vivre au Quartier latin dans les années soixante ne peut imaginer cette magie qu'opéraient sur nous le cinéma américain, ses couleurs "Panavision" et ses héroïnes aux chevelures rousses...
La France s'ennuyait peut-être mais nous, nous rêvions de ces "inaccessibles étoiles".
...Heureux blog qui peut ainsi voir s'éclore sous la plume d'un Procureur la plus belle des oraisons offerte à celle qui sera, de toute éternité, "The Legs", comme Lauren Bacall fut "The Look".
Rédigé par: sbriglia | 19 juin 2008 at 16:09
Le ans passent et c'est tant pis et tant mieux à la fois. Les temps actuels porteront plus tard quelques-uns à d'autres nostalgies. C'est ainsi ... Le progrès, la civilisation, les éternelles "maisons de la culture", comme dit Bernard-Henry Lévy quand il veut moquer et insulter la culture populaire ... Ne te hâte ni ne tarde, dit le proverbe allemand. Comme je n'avais rien de particulier à faire aujourd'hui, en tout cas pas à faire hors de chez moi, j'ai tenté une expérience. Je me doutais du résultat mais j'ai voulu l'accomplir malgré tout. Levé à 7 heures, toilette, petit-déjeuner, etc. Internet. J'ai lu l'information régionale, nationale et internationale sur l'écran. Appris que Jean-Christophe Rufin a été élu à l'Académie française ; l'Humanitaire, c'est connu, mène à tout. On se demande pourquoi, tout comme Kouchner, il a fait médecine, celui-là ; sa trousse n'a pas du beaucoup servir et son cabinet de soins, ils sont nombreux qui le cherchent encore... Pendant ce temps, immigration choisie oblige, on dépouille les pays pauvres des quelques docteurs qu'il leur reste, à fin qu'ils viennent soigner nos vieux et nos malades ici qui manquent cruellement de médecins, étant entendu que les uns sont au ministère des Affaires étrangères et les autres désormais à l'Académie quand ils n'étaient pas auparavant dans une quelconque ambassade au bout du monde. Il y en a aussi qui sont à l'Elysée conseillers ; Douste-Blazy. Conseillers de quoi ? On se le demande mais conseillers tout de même... Lu les derniers billets sur les blogs. Me suis souvenu vaguement de Cyd Charisse, ai trouvé l'hommage de PB très très littéraire ; PB qui aurait certainement sa place à l'Académie, aux côtés du merveilleux Jean-Denis Bredin ; après tout, il s'y trouve bien Dabadie, en attendant aussi Barbelivien. Culture culture, quand tu nous tiens... Donc, ensuite, mes courriels (je n'ai plus, par la magie d'Internet, que très peu de courrier papier dûment posté ; je ne dois pas être le seul dans ce cas). De l'administratif (CAF, CPAM, TRESOR PUBLIC, IMPOTS, MON BAILLEUR... rien de bien important ; je réponds par courriel et y joins les documents et renseignements demandés. On accuse réception par retour de courriel et on me remercie de ma diligence. 10 heures environ. Les courses. La nourriture et la course de chevaux du quinté car, comme une bonne cinquantaine de millions de Français et autres sans papiers travailleurs esclavagisés sur notre sol, j'aspire moi aussi à améliorer un peu mon ordinaire par un gain substantiel. La Bourse du pauvre, en quelque sorte, mais une Bourse tout de même et un impôt aussi, disons-le sans honte. Que vais-je dîner ? Du poisson, allez, cela fait longtemps ... Shopi, mon code d'accès, je commande, pour midi pile, madame, je suis pressé... J'en profite, entre deux clics, pour jeter avec appréhension un coup d'oeil sur mon compte bancaire, ce n'est pas terrible mais on ne me menace pas encore des pires maux. Allez zou ! PMU.fr.; sur qui miser mes deux euros de crédit ? "Harmonieux", le 10, son nom me plaît bien et je le connais un peu, c'est un cheval qui a de la gueule, comme on dit. Pour le reste de ma combinaison, je clique et demande à l'ordinateur de me la compléter aléatoirement, ce qui est aussitôt fait. La course aura lieu à 13h50 ; je la regarderai depuis mon ordinateur. En attendant, pause café et lecture, ne pas perdre mes habitudes de prison, en ce moment le regretté Pierre Miquel, "Les mariés de Reims". Midi, on sonne, Shopi me livre: merlans (x2) et harengs (1 sachet). Déjeuner. Sieste. 13h50, la course. Je bondis sur mon ordinateur et épie l'arrivée. Harmonieux a fait honorablement sa course à Longchamp mais il n'est pas dans le quinté ; je ne touche même pas un petit bonus ; perdu donc. Qu'à cela ne tienne, il me reste le loto et l'euromillions de demain, je clique fissa sur la Française-des-Jeux.com et hop ma mise 2 euro sur ma combinaison fétiche. La Fdjeux me remercie de ma fidélité et m'offre une casquette que je recevrai prochainement par la poste. Me ferai bien un cinéma, en attendant. Le film téléchargé cette nuit est prêt à la diffusion. Allez, zou, lumières éteintes, ce n'était pas Cyd Charisse, non, juste un bon vieux Louis de Funès. J'ai bien ri. 16h30, déjà ! Mon Dieu, mon Dieu, que la vie est quotidienne. Allez, douche. Ensuite j'irai sur Meetic lire mes messages et voir si la femme de ma vie a répondu à mon appel. Est-elle plus loin que l'Inde et que la Chine ?... Non, rien, juste un travesti qui me demande si j'aime. Quoi ? Il ne le précise pas mais je suppose qu'il désigne ses atours qu'il m'envoie par photos. Je lui réponds qu'elle est très jolie mais que je ne suis pas intéressé. Allons tchater alors, maintenons le lien social, c'est très important. Il pleut, il fait sombre soudain chez moi, je branche l'halogène. On se croirait en hiver ; à Reims c'est toujours ainsi. Mais c'est qu'il pleut vraiment ! Je grogne : même la pluie est raciste, c'est un monde ! Elle n'irait pas tomber sur le Sahel, ça ne lui viendrait pas à l'idée... Non, c'est sur nos tronches, tout le temps... Je tchate. Mon expérience me dit que les pseudo "Jacqueline", "Simone" et autres de cet ancien style sont souvent, hum hum, des garçons travestis qui n'osent l'avouer. Les "Marjorie", les "Mélinda", pareillement. Ah, Julie-institutrice répond à mon message. On papote via le clavier, on se décrit, on fait connaissance comme des adolescents, mon âge ne l'effraie pas, le sien ne m'effraie pas davantage, je lui écris que je suis écrivain, elle ricane, je lui écris que je suis infirmier, elle écrit: "Ah c'est mieux" suivi d'un smiley qui signifie sourire. Elle a bien raison. Ca dure, c'est long, je m'impatiente : "On se téléphone?", demandè-je. "Oh non, me répond-t-elle; et si vous étiez un pervers, un maniaque ?... On ne sait jamais avec qui on a affaire sur Internet...". Sic. On se quitte et on promet de se revoir... enfin, de tchater ; nous conserverons donc les mêmes pseudos afin de nous reconnaître immédiatement. Douche. Cela va me calmer. Le soir arrive. Vite Shopi : soupe ce soir, pas plus, léger. Je serai livré à 18h30. Il est 18 heures. Que faire ce soir ? L'Eurofoot, bien sûr, ce n'est pas terminé. Mais après ? Une femme pour combler mon besoin d'amour... Pas évident, les femmes se méfient maintenant ; Julie ne viendra chez moi -ou moi chez elle- que dans quelques années, peut-être, après moultes discussions via tchat ; qu'elle ait la preuve enfin que je ne l'assassinerai pas. "Escort-girls"... Le moteur de recherche affiche une liste infinie... Je cherche, je cherche, je fais défiler sur mon écran les annonces, les photos, les suggestions et la liste des prestations et des tarifs naturellement. Cette Fabienne souriante sur la photo ne me déplaît pas, tiens tiens... Hum hum... J'ai le meilleur champagne qui soit dans mon cagibi ; à la bonne heure ... Ses tarifs me semblent honnêtes, indexés sur le cours de la vie, peu inflationnistes... J'hésite, je chipote, je fais mon difficile, je me gratte le nez... Que fait-elle dans la vie ? Etudiante en master... Excellent, excellent... 21 ans, hum, blonde, hum hum, un peu grasse, hum hum hum ... N'accepte pas les chèques, classique... Elle n'est pas contre les suppléments et pourboires en sus de quelques prestations supplémentaires. Je décline l'offre "toute la nuit" : trop chère pour mon budget, il faut que je sois raisonnable. Je m'abstiendrai naturellement de lui poser l'éternelle question "pourquoi fait-elle ça ?"; elle me répondrait "et ta soeur, connard !" puis couperait la connexion, me jugeant certainement sénile et dangereux. C'est décidé, je l'appelle. Dring, ça sonne directement dans son micro et le mien. Elle n'est pas loin ; à peine plus de cinquante kilomètres par l'autoroute (les frais de déplacement à ma charge, c'est entendu, et hors prestations). Je lui montre ma bouille via la cam, elle me montre la sienne plus le reste... "22 heures, mon chou, ça te dit?". Ca me dit ; je l'attends. J'ai fait ma commande d'amour. Elle devrait être là pour la mi-temps si la circulation autoroutière est fluide. Je vous laisse; je vais préparer un petit en-cas pour la recevoir et mettre une de mes vieilles bouteilles au frais. Voilà, c'était mon expérience de ce jour, la petite confession d'un enfant du siècle.
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 juin 2008 at 21:02
Bonsoir
Quelle merveilleuse déclaration d'amour à titre posthume dédiée à la dernière plus grande danseuse et actrice du 7ème art !
Sa vie fut une chanson, elle vous a inspiré et fut comme une île en vous.
Au fond de votre coeur, la senorita toreador, avec son sombrero, sous la pluie qui chante, elle danse, elle danse...
Beau fixe à New York, elle continue de chanter sous la pluie la Demoiselle Harvey, sa broadway melody, elle chante, elle danse...
De Las Vegas, à sa mission à Moscou, des 7 cités d'Atlantis, d'une ville haute à une ville basse, elle s'élève, non sous le signe des renégats, mais dans une parade aux étoiles où elle scintille aussi fort qu'elles...
Est-elle partie dans un Ziegfeld follies juste quinze jours, ailleurs, peut-être avec un peu de chance, dans ce village fantastique n'apparaissant que tous les cent ans, Brigadoon ? Oui, peut-être ? Qui sait ?
A moins que nous soyons tous tombés dans un traquenard, son charme, le sien, tous en scène, avec elle, dans son dernier désir d'amour, le lui écrire en prose...
Rédigé par: nana | 19 juin 2008 at 22:52
A Aïssa:
J'aime bien : " Mon Dieu, mon Dieu, que la vie est quotidienne."
Et les pires moments paraissent interminables.
Le récit de votre journée est intéressant.
Est-il inventé car vous êtes écrivain ou est-il véridique?
J'ai eu l'impression de voir un court-métrage sur Arte. C'est sûrement pour cela que j'ai apprécié.
Allez, Philippe, à votre tour, svp, écrivez-nous un billet sur une de vos journées...
Rédigé par: Ktrin | 20 juin 2008 at 00:06
"...il me suffisait, au cours de ces mois d'été où Paris est presque désert, d'entrer dans l'un de ces cinémas qui se spécialisaient dans les comédies musicales américaines. Le film commençait. Ce n'était rien et c'était tout."
...des années plus tard, il suffira à Aïssa, dans ses jours de détresse et de désert, d'ouvrir les portes de son écran aux milliers et milliers d‘images. Les films commençaient. La messagère du Shopi, mais qui passait juste en coup de vent, le petit cheval des mauvais temps qui remporte pour nous toutes les victoires, la combinaison secrète du loto, le seul ADN qui vaille, celui qui fait palpiter d’espérance. Celui qui gagnera tous les blasons. Et surgie des autoroutes des mauvaises vies, cette bohème-là, son tout, sa richesse, sa perle, son bijou, sa reine, sa duchesse.
Sa belle de scène.
Sa Cyd Charisse à lui.
Voici donc comment Aïssa, un jour cafardeux de juin, devint le jeune frère d'un procureur...
Rédigé par: Véronique | 20 juin 2008 at 07:51
@ Aïssa
Ma femme me demande de vous interroger sur la soupe : sachet ou non ?...
Pardonnez-lui cette indiscrétion...
Rédigé par: sbriglia | 20 juin 2008 at 08:32
Curieusement, comme beaucoup de dames sur ce blog, je n’ai pas de souvenirs émus de madame Cyd Charisse et… de ses jambes. Elle aurait étudié la danse dès ses six ans, sur les conseils de son médecin pour soigner une poliomyélite. Et dans les années 80, elle aurait tourné dans la série télévisée : « Arabesque »….
Certes, enfant, j’ai du voir diffuser sur l’une des deux chaînes de l’ORTF un de ses films, régulièrement diffusé : « Chantons sous la pluie » avec Gene Kelly, mais j’avoue que, étant donné mon âge à cette époque, je préférais grandement les grimaces de monsieur Jerry Lewis ; l’élégance de certains acteurs américains, comme Gregory Peck, Cary Grant...
Ou encore, quelques années plus tard, la performance de Harry Kruger dans « le Franciscain de Bourges » d'après l'oeuvre de Marc Tolédano…
Quant aux sorties cinéma de ma jeunesse, soumises au chaperonage de mon frère, elles se réduisaient uniquement aux films de « cape et d’épée », œuvres d’Alexandre Dumas du style : « les Trois Mousquetaires ; Le Vicomte de Bragelonne ; la dame de Monsoreau… » ou celles de Paul Féval père et fils : « le Bossu ; Lagardère » …
Aussi, vous pourrez constater, monsieur Bilger, que le galbe des jambes voilées que l’on pouvait, alors, admirer, étaient celles de messieurs et non d’une Cyd Charisse !!!
Elle laisse un mari, Tony Martin, âgé de 95 ans, après plus de 60 ans de mariage !!! Eh oui, monsieur Aïssa !!!
Pour soigner votre nostalgie, monsieur Bilger, vous pouvez la retrouver sur le site : « CYD CHARISSE - STEAMY @ LIVE »
Rédigé par: Marie | 20 juin 2008 at 09:39
@sbriglia
Sachet, la soupe, sachet... Une vraie soupe à l'ancienne, c'est rarissime, mon bon monsieur, il faut s'enfoncer loin avant dans le terroir pour en trouver une...
Aïssa
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 20 juin 2008 at 12:11
@sbriglia
J'oubliais : saluez votre épouse pour moi.
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 20 juin 2008 at 12:21
Très joli et juste.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 20 juin 2008 at 12:25
@Aïssa
C'est passionnant ! N'oubliez pas de nous tenir au courant de vos performances.
Rédigé par: catherine A. | 20 juin 2008 at 12:59