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Le tocsin fou !

Depuis hier, les politiques dont le président de la République et le Premier ministre, les associations juives et les médias - le Figaro et le Parisien avec moins de prudence que le Monde - dénoncent le caractère antisémite d'une agression grave laissant un jeune homme de 17 ans dans le coma, entre la vie et la mort même si son état s'est apparemment amélioré aujourd'hui.

Dans tous les cas odieux, cet acte, dans l'immédiateté et l'urgence de l'indignation en quelque sorte, a été qualifié d'antisémite. A entendre certains, il était inconcevable qu'il ne le fût pas, intolérable qu'il puisse être perçu autrement, scandaleux que soit mise en doute la motivation antisémite. La bêtise et la cruauté humaines sont sans limites et ne s'arrêtent pas qu'au seul port d'une kippa pour se déchaîner mais la cause était entendue, le crime était forcément antisémite. On saura plus tard mais l'étonnant est qu'il fallait le décréter tel, tout de suite. On a l'impression que personne ne veut se voir dépasser dans cette course à la morale qui fait presque disparaître la nature intrinsèquement perverse du comportement lui-même, peut-être celui de cinq jeunes brutes.

Heureuse surprise, ce matin, où j'ai entendu, rapporté par France Inter, un propos de Gilles Bernheim, brillamment élu grand rabbin de France, pour qui le caractère antisémite de l'attaque était "probable, pas certain". Dans cette surenchère précipitée, un peu de raison et de lucidité fait du bien. Son mandat permet d'espérer, grâce déjà à ce détail éclairant.

Il y a une manière délirante de sonner le tocsin qui nourrit l'incendie au lieu de le réduire.

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Commentaires

"Il y a une manière délirante de sonner le tocsin qui amplifie l'incendie au lieu de le réduire."
terminez-vous (quelle belle chute encore) !

Oui oui..... mais cachez-moi ce tocsin que je ne saurais entendre !!!

Sissi !!!

J'ai hâte d'entendre les associations contre certaines discriminations choisies venir reprocher aux procès-verbaux d'enquête de faire état de la religion de la victime.

Et bien oui, paraît-il que c'est un scandale qu'un logiciel de rédaction de procédure puisse faire figurer ce genre de choses dans la synthèse de procès-verbal.

(cf http://riesling.free.fr/20080415 )

Tiens, d'accord ! L'avant-dernier gag, c'était à 150 m de chez moi : un incendie d'un petit local qui servait à distribuer des repas aux pauvres du quartier, et qui était une annexe de la Synagogue. Incendie, tocsin aussitôt, visite du maire et de grandes et belles âmes. 3 jours après : c'était un SDF hébergé qui, menacé d'être remis à la rue, s'était vengé...

Et plus personnellement, je ne parviens plus, même avec des proches, à faire respecter ma distinction : je suis farouchement antisioniste (notamment contre les exactions de ce gouvernement actuel d'Israël), et je suis incapable d'antisémitisme... Si je suis l'un, je dois être l'autre !...

Bonjour le débat !

Monsieur, il me semble que vous faites erreur.
-
Certes, le caractère "antisémite" d'un acte commis contre un juif clairement identifié comme tel peut aussi être discuté.
Mais ce que nous sommes quelques-uns à pointer, en engageant la question de l'antisémitisme, c'est l'empressement à dédouaner de tout racisme des jeunes gens qui, par ailleurs, pourraient être victimes de ce racisme.
Pour faire simple : quand un blondinet du FN s'en prend à un noir, il s'agit de racisme; mais quand un noir s'en prend à un juif, c'est une tension intercommunautaire.
-
"nous" et pardon pour la liberté de ce pluriel (je devrais dire "je", mais...), "nous" disons donc que ces jeunes en bande ressemblent aux SA : racistes, violentes, incultes, machos, haineuses, subversives.
-
Ces bandes tentent de prendre une forme de pouvoir dans la société : des couloirs du métro à l'intimidation dans les média.
-
Pardon d'avoir peut-être "fait la leçon". Croyez bien que j'ai par ailleurs conscience de mes propres insuffisances.

Effectivement, même réaction d'un de mes amis "qui n'est pas né goy" : "nous tressons la corde qui va nous pendre à force d'hurler au loup en toute occasion !"

Ou comment, par une constance outrecuidante, même les voyous ont une hiérarchie officielle parmi les autorités de la "bien-pensance" !

Voilà qui est curieux...

«Il y a une manière délirante de sonner le tocsin qui nourrit l'incendie au lieu de le réduire.»

Ça c'est bien vrai. Quel que soit le domaine en cause, ici l'antisémitisme, la bête du Gévaudan est toujours accusée la première et une battue organisée sur le champ qui entraîne à sa suite tout le village.
Or il semblerait en effet que le cas ne soit pas si simple, ni les exacts bouteurs de feu si faciles à désigner. En tout état de cause, il semblerait également et fort heureusement pour tout le monde que le malheureux jeune homme soit désormais hors de danger si pas vraiment encore tiré d'affaire, mais ceci ne me paraît pas devoir inciter à traiter le cas avec moins de gravité et de sérieux et en profondeur.

Il y a deux problèmes :

1° La réduction systématique d'un type de victime à son origine, à savoir les victimes non blanches et catholiques, les médias et les politiques voraces de scoops et de l'interprétation dans l'immédiateté cantonnent la victime à sa kippa et de ce fait à sa judaïté de Loubavitch. Une victime française devient un jeune juif et les voyous des jeunes originaires d'Afrique noire. Une histoire de petites frappes de l'est de Paris devient une affaire d'Etat.

2° L'esprit dégénéré d'une nouvelle génération de jeunes adultes est tabou en France. Il ne s'agit pas de classes sociales, mais d'uniformisation des esprits. Il suffit d'écouter Jean Sarkozy à qui son père a offert un boulevard sans embûches en politique pour constater que de Neuilly à Bondy en passant par Montpellier les jeunes gens ont le cerveau limité. Les journalistes ont glosé sur les propos de Jean Sarkozy qui avait, la main sur le coeur, juché sur une table de bar, juré soutenir "à mort" David Martinon pour mieux l'éliminer par la suite.

Un vocabulaire très succinct, une réflexion consumériste, une culture de l'élimination de l'autre par tous les moyens, le désir de réussir vite, une sexualité violente ou frustrée, le culte de l'argent. Les origines n'ont rien à voir, il s'agit de violence gratuite pour la conquête de territoire, en l'espèce un banc public !

J'apprécie votre prudence et la réaction de M. Gilles Bernheim, le nouveau grand rabbin : le seul fait que la victime soit juive ne crée pas le crime antisémite, de même qu'un noir n'est pas automatiquement victime d'un crime raciste ou une femme d'un acte sexiste. Le caractère antisémite, raciste, sexiste, homophobe, etc. d'un acte n'est pas lié à la qualité de la victime, même apparente, mais aux mobiles de l'acte.

Le caractère antisémite est ici fort possible mais ce sera à l'enquête de l'examiner et de l'établir.

Ceci ne diminue pas la révulsion qu'inspire cet acte ni la compassion avec la famille et les proches de la victime.

@Yves Duel

Il me semble que la prise de position de Nicolas Sarkozy notamment pour un partage de Jérusalem, sans compter l'existence d'un état palestinien dans des frontières de 1967, pourrait être jugée antisioniste, serait-il antisémite ?

Un jeune connu des services de police pour des faits de violence (Le Figaro ce matin) se fait horriblement battre, un acte totalement condamnable, peut-être antisémite mais plus complexe qu'on ne le dit, apparemment.

Avoir ainsi sonné le tocsin aide ceux qui oeuvrent à accentuer les tensions, car d'autres se sentiront inégalement traités : ceux qui veulent le développement communautaire ici sont à la fête, même la justice travaille pour eux en concluant l'enquête (France 2, dimanche midi) avant son début.

Une vraie stratégie de tension encouragée par les pouvoirs et les institutions.

Il n'y a pas grand-chose à ajouter à votre billet, cher PB. Que voulez-vous, le "Juif" fait vendre énormément aux médias qui ne le savent que trop bien. L'"Arabe" pareillement mais moins en ce moment ; c'est le "Juif" surtout qui est rentable pour les rédactions. L'"Asiatique" est en déflation complète ; il vaut à peine un clou sur le marché. A moins qu'il meure brusquement par millions comme par un raz-de-marée, des inondations, tremblements de terre, une répression sanglante, et encore, pas sûr... Le "Tibet" a un peu la cote mais c'est intermittent, peu fiable à terme comme placement. Quant au reste de l'Humanité, ma foi, c'est selon, les fluctuations, la conjoncture, le grand cours "boursier" médiatique, l'ennui des rédactions, la pluie, fortes chaleurs, Paris désert... Le "Noir" commence à baisser en cette période d'été ; ce n'est pas la peine d'en acheter, il vaut mieux attendre la rentrée... Le "Pédé" se porte bien quant à lui ; un de massacré, les ventes et l'audimat décollent substantiellement. La "Femme" moins ; ses dernières péripéties quant à ses "qualités essentielles" n'ont pas fait un grand tabac, à peine quelques bénéfices engrangés grâce à la participation de quelques hautes figures féministes médiatiques qui en ont fait bénévolement la promotion... L'"Enfant" rapporte à gogo, toujours ; comme le disait jadis un important rédacteur d'un grand hebdomadaire, à chaque comité matinal de rédaction : "Ce matin, zou ! on mange du Grégory...". Ce mot a fait école. Sur ce, il envoyait ses reporters à Lépanges et sur les bords de la Vologne. C'est un bon bédite gommerce...

Aïssa.

(((((
Je m'immisce , je m'immisce :
simple question sérieuse :
quel chanteur français célèbre chantait "avec les filles j'ai un tocsin fou ?"
(tube de l'été d'alors, époque Capri ou laisse les gondoles à Denise ?)
merci d'avance !
))))))

Monsieur l'Avocat général,

Voici quelques réflexions à l'emporte-pièce sur cette agression qui me bouleverse :

- Je ne crois pas que l'on ait sonné le "tocsin fou" depuis deux jours. Je crois me rappeler un attentat antisémite dans un cimetière de Provence où, peu de jours après les faits, un président de la République prenait la tête d'une manifestation dans les rues de Paris. Je suis plutôt surpris du calme relatif des incontournables et très vigilantes consciences républicaines, après la tentative d'assassinat (pardon d'anticiper un peu sur le travail du Ministère public) d'un jeune homme, agressé parce qu'il était juif. Le différend "communautaire" ne justifie pas tout. Autrement à ce train, je pense qu'une requête en révision du procès Touvier deviendrait possible...

- Je n'oserais pas affirmer qu'il existe, pour certains leaders d'opinion, un "bon antisémitisme" ni même un "antisémitisme acceptable" mais je crains qu'il existe pour quelques cyniques un "antisémitisme utile" et un autre pas. En la cause, nous sommes en face d'un acte antisémite "inutile" (sauf peut-être pour l'extrême droite française ou certaines formations ultra-sionistes) puisque l'agression met en cause une personne qui aurait du être victime de racisme mais pas cause du racisme.

- Je pense que la lutte contre l'antisémitisme a été ringardisée par les nouvelles ligues anti-racistes (RESF...). Celles-ci ont déplacé le prurit de leur militantisme sur d'autres points de fixation, savoir la lutte contre les expulsions de clandestins et toutes autres manifestations de la police des étrangers. Chacun doit se convaincre que depuis Mai 2007, c'est un Le Pen au petit pied qui a pris le pouvoir en France. La nazification (à des degrés divers) de l'adversaire est une pièce maîtresse de la tactique gauchiste, mais la dénonciation de l'antisémitisme n'a plus sa place dans un plan media efficace, puisque leur ennemi (actuellement en Israël) est désespérément inattaquable sur ce plan.

Tabassez quelqu'un au point de mettre la vie en danger de cette personne.
Etre capable de cela pour une histoire de scooter est il me semble la chose la plus terrible de cette histoire.

Que le fait soit à connotation raciste, en plus, ne fait qu'aggraver le premier point mais ne saurait à mon avis prendre la primauté.

Michel Audiard faisait dire a Lino Ventura dans "Les tontons flingueurs" :
"Les cons ça osent tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît"

Je dois dire que dans cette histoire il y en a une belle brochette.

La presse quotidienne, tant télévisuelle qu'écrite, a relaté, comme de coutume, des faits sans en vérifier l'exactitude.
Qu'à cela ne tienne, cela fera vendre et sera racoleur. De quoi assurer quelques papiers dans les jours à venir. Même en reconnaissant qu'il se pourrait, peut-être, éventuellement, qu'on se soit fourvoyé, cela fera encore du papier de vendu.
A sa décharge, ils ont des lecteurs qui viennent se repaître de ce genre d'approximation. Cela fait parler au café du coin et il faut bien vivre.
Il faut dire aussi que les responsables, le mot me fait ricaner, des partis politiques s'en sont également donnés à cœur joie dans la surenchère communautaire.

Ne parlions-nous pas de charognards dans un autre billet ?

Marcel Patoulatchi parlait des synthèses de procédures. Au moins celles-ci énoncent des faits et laissent aux professionnels que sont les magistrats le soin de déterminer et de qualifier la nature des actes commis, ceci avant procès et jugements.

Qu'on puisse avoir une opinion, même tranchée je le comprends, et j'en ai moi-même quelques-unes, mais s'il vous plaît messieurs les donneurs de leçons, grands apôtres de la Morale, n'érigez pas vos opinons, fussent-elles mûrement réfléchies, en Vérité.
Bonne soirée

Vous avez une énième fois raison : c'est à celui qui s'indigne le plus vite et le plus fort ! Et peu importe, au besoin, que la victime ait pu, comme la Préfecture de Police a cru utile de le diffuser, être également déjà repérée par ses services. Peu importe aussi que d'autres agressions entre bandes rivales colorent le contexte de celle-ci dont le caractère abject n'échappe à personne. Pourtant, souvenons-nous de certaines agressions prétendument antisémites et dont l'enquête a démontré une réalité autre. En vérité, le temps médiatique est devenu rigoureusement antithétique avec le temps judiciaire : le prêt à consommer médiatique ne tolère que la révélation du fait divers et si possible, dans un délai proche qui n'excède pas les 72h, l'arrestation du présumé (mais nécessairement car immédiatement) coupable. Tout le reste devient indifférent et le procès, lorsqu'il a lieu, intéresse finalement bien moins que la révélation médiatique et tapageuse du fait divers. C'est préoccupant parce que la gabegie médiatique consomme à tout va du fait divers en se souciant moins de la vérité judiciaire qui s'en dégagera, parfois longtemps après, que de l'illusion du fait divers dans l'instant. Cher Philippe, ce serait si simple si la réalité d'un dossier pouvait se résumer aux trois lignes d'une dépêche AFP ! Comparez l'écho médiatique d'un fait divers et l'écho judiciaire de son procès, c'est incomparable !

Ce qu'il y a de satisfaisant dans vos notes, Philippe Bilger, c'est très souvent, mais je ne dirai pas toujours, n'exagérons rien, cette concordance de pensée que nous avons sur bien des thèmes que vous abordez malgré, vraisemblablement, nos divergences idéologiques et politiques.
Il m'arrive de songer, à vous lire, que le fléau de votre balance se redresse sensiblement pour rejoindre le mien, s'activant de même en sens inverse.
Qu'ajouter en effet à vos paroles de bon sens, comme à celles du grand rabbin Bernheim ? Rien n'est jamais aussi tranché que ce que les médias ont l'habitude de nous suggérer, allant roucouler sur les branches du scandale pour mieux séduire leur lectorat.
Peut-on leur en vouloir à l'heure où la presse s'effeuille, comme arbre en automne, sous l'ouragan d'internet ? Oui sans doute car ils flattent ce besoin des masses avides de sensationnel et dépourvues de tout sens critique. Non certainement devant l'analyse des experts comptables.
Heureusement subsistent quelques oasis dans cette infinie platitude.

Le Grand Rabbin a tenu des propos justes.
Quant aux politiques, il jugent un peu vite... Le Président a même annoncé que la justice "punira avec sévérité" un tel acte. La justice est-elle habituellement laxiste pour ce type d'agression ?

Un responsable de la communauté juive de Bondy déclarait ce matin sur Inter qu'il connaissait la famille du jeune homme agressé, que le jeune homme en question était plus ou moins membre du Betar et qu'il participait aux bandes de ce groupe dans le quartier. Ces bandes se retrouvent aux Buttes-Chaumont et se tapent sur la gueule avec d'autres bandes, arabes ou noires.

On dissout Tribu K (et on a raison de le faire) mais le Betar prospère depuis des décennies sans que personne n'ose toucher à ces petits fachos en kippa.

Je note la prudence des responsables de la communauté juive qui contraste avec l'empressement de tous ceux qui, craignant de ne pas avoir les fesses hyper-propres, se précipitent pour protester de leur amour dégoulinant pour une communauté.

Tartuferies.

@olivier-p
""nous" disons donc que ces jeunes en bande ressemblent aux SA : racistes, violentes, incultes, machos, haineuses, subversives."

Je suppose que vous parlez ici du Betar ! Et je suis bien d'accord avec vous !

On ne pouvait mieux qualifier la chose, Monsieur Bilger...

Il est bien évident qu'une telle agression sur ce jeune homme est inqualifiable, celle d'une personne de trente ans n'aurait guère d'importance, celle d'un 50/60 ans, s'il est Français et pas sérieusement amoché et capté par les médias, passe parfaitement inaperçue.

Un jeune arabe subissant la même chose, ça n'aurait jamais été un acte anti-arabe dans nos bons médias... Non plus anti-musulman...

Pourtant de jeunes arabes ou de jeunes musulmans se font tabasser tout les jours dans notre beau pays, ça ne fait même pas un bout de fait divers dans le Maine libre ou Ouest France...

Si un Français ose dire qu'il n'en a rien à faire des juifs, il est forcément antisémite, de même que s'il n'aime pas le gouvernement israélien, il est forcément un ennemi d'Israël. Bush faisait la même chose.
Sarkozy aussi, la France tu l'aimes ou tu la quittes...

Je peux ne pas aimer Sarkozy ou Le Pen mais aimer mon pays (mieux, j'adore la France, et ô abomination, je suis un bon et pur franchouillard), je peux aimer Israël et le peuple d'Israël mais haïr Ariel Sharon ou Ehud Olmert qui sont sans doute les pires causes de plaies de leurs pays.

Ça montre combien les religions et leur baratin ont débordé notre prétendue laïcité.

Un Français, dont le père, le grand-père et une longue lignée qui auraient bâti ici, fait la guerre, payé des impôts depuis des générations, n'a plus de droit face aux lobbies divers... tant juifs que musulmans.
C'est devenu parfaitement étouffant.

Evidemment quand il s'agit d'un juif, c'est une autre affaire, les lumières des lumières, le sommet du monde ne sauraient être considérés autrement que comme les plus immenses des victimes, "la victime".

Même dans l'affaire Fourniret, les victimes n'ont pas reçu autant de considérations médiatiques.

Un bébé palestinien mort sous une bombe ou le tir d'un hélico ne fait pas un entrefilet de nos jours..

Si de l'affaire au demeurant ignoble - nul ne saurait le nier - de ce jeune homme, on n'en parle pas encore d'ici six mois, je me fais chanoine...

Ça finit par vraiment être lourd, pour ne pas dire exaspérant.

Oui refaire le conflit israélo-palestinien ici commence à lasser tout le monde. Oui les antisémites drapés dans le drapeau palestinien nous gonflent, oui les petits fachos du Betar drapés dans le drapeau d'Israël nous gonflent tout autant. S'ils veulent les uns et les autres se disputer les oliveraies, qu'ils aillent le faire là-bas ! Mais il est vrai qu'on peut supposer que le vrai territoire convoité est plutôt un carré de bitume ou vendre du marocain. Oui il faudra un jour nous dire si un français d'origine contrôlée, catholique ou protestant, agressé nuitamment pas trois arabes ou quatre noirs - ou par d'autres gaulois comme lui - a droit à la première page des journaux. Le motif raciste ou antisémite d'une agression est-il une circonstance aggravante ? Et n'y a-t-il jamais d'agressions racistes vis-à-vis des "autochtones" ?
Pour travailler depuis plus de vingt ans auprès de jeunes "difficiles" et avoir cotoyé de nombreux jeunes d'origine non-européenne, je témoigne avoir été de nombreuses fois taité de sale "céfran" de sale "fromage" de "face de craie". Le caractère ouvertement raciste de ces propos -de plus en plus courants- est il un sujet médiatique?
Oui la haine est en train de se répandre dans ce pays, pas seulement la haine du juif ou du noir, la haine du goy et du blanc.
Et même la haine du breton éructée par Mélenchon au fond des débats sur les langues minoritaires.
Qu'on commence par arrêter de sanctifier les victimes et qu'on leur donne -enfin- le droit de se défendre par elles-mêmes. Qu'on punisse les coupables, qu'on sorte de la politique de l'excuse à géométrie variable.

La question n'est pas de savoir si cette agression est un peu, beaucoup, carrément ou totalement antisémite, la question est de savoir si on tolère les agressions dans ce pays, plus, autant ou moins quand les victimes sont juives que quand elles ne le sont pas.

Mon cher Philippe,

Je vois que nous partageons les mêmes points de vue au sujet de cette histoire qui a fait l'objet d'un de mes billets.

J'ai toutefois orienté l'analyse sur le traitement médiatique qui a été réservé à cette histoire.

Lorsque lemonde.fr titre :
"L'agression d'un jeune juif à Paris soulève l'indignation" qui n'est pas sans susciter l'idée que l'agression est antisémite, trahissant les arrières-pensées de l'auteur, Rue89.com pour sa part titrait:
"Agression d'un jeune à Paris : le Crif dénonce un acte antisémite" présentant bien plus clairement que l'acte antisémite n'était qu'une thèse parmi d'autres.

Le professionnalisme de certains journalistes est parfois bien effrayant.

Les politiques suivant le pas des médias (ou peut-être est-ce l'inverse ?) se font une spécialité malsaine de "réagir à chaud" à l'actualité, au mépris de la nécessaire réflexion et de la sérénité indispensable à leurs fonctions.

Vous me permettrez de m'offusquer que les journalistes n'aient pas tiré les conclusions opportunes de l'affaire Outreau.

Il serait effectivement sain qu'ils procèdent aussi à ce travail d'introspection qu'ils ont eux-mêmes exigé de la Magistrature.

Pour le moment, ça crie encore au "présumé coupable", ça condamne avant de juger, et peu importe si l'on ne connaît que partiellement les faits. "Affirmons sans vergogne notre opinion en la travestissant dans les habits de l'information !" Telle doit être la devise de certains "éminents" journalistes.

Scandaleux.

Je me souviens, lorsque j'étais enfant puis adolescent, dans nos quartiers d'errance et d'ennui, nous avions souvent une expression lorsque l'un d'entre nous refusait quelque chose à l'autre : "T'es radin comme un Juif !" ou alors : "Arrête d'être radin comme un Juif" ou encore : "Putaaaaiiinnnnnn l'enfoiré, il est radin comme un Juif !". A ce moment, bien entendu, aucun d'entre nous ne savait ce qu'est un Juif ni encore moins pourquoi celui-ci serait radin plus qu'un autre. C'était une expression qui nous venait de nulle part ; nous ne la comprenions que comme le fait d'être radin... comme un Juif. Cela aurait pu être radin comme un Auvergnat ou un quelconque ou même une pie, un oiseau, que sais-je encore ?... Aujourd'hui, cette expression ne m'est naturellement plus de mise mais je sais qu'elle est encore souvent - pour ne pas dire toujours - usitée par d'autres jeunes dans les quartiers et banlieues avec une légère variante de verlan. Ainsi, elle est devenue : Putaaaiiinnnnnn, il est radin comme un Feuj, l'autre...". L'autre, bien entendu, n'est pas Juif. L'expression a perduré. Aujourd'hui, la vie faisant, les ans passant, j'ai bien évidemment constaté que les Juifs ne sont pas plus radins que d'autres, qu'il y en a parmi eux des généreux, des enfoirés, etc. Que la connerie humaine, ils en avaient aussi leur part mais non l'exclusive. Alors, me suis-je demandé, pourquoi cette expression qui nous a été, par devers nous, inculquée si tôt ? Pourquoi l'employiions-nous ? D'où nous venait-elle ? A l'âge de 10, 12, 15 ou même 17 ans, on ne théorise pas ses expressions, on ne les prémédite pas, c'est un langage spontané, c'est le langage de l'ignorance... N'empêche, on disait cela. Plus tard, que ce fut en prison ou ailleurs, j'ai connu des Juifs, pratiquants ou non voire hyper pratiquants ou hyper païens. Ils n'étaient ni plus ni moins radins que moi ou d'autres. Oui mais ils accumulent, ils embrouillent tout le monde, ils sont bourrés de tunes, ils lâchent pas un centime, ils font croire qu'ils sont pauvres... J'en avais la tête qui tournait lors de certaines discussions. Cela ne me convainquait guère car j'observais et constatais qu'il y en avait beaucoup de ces Juifs qu'on désignait si odieux qui étaient non seulement plus fauchés que moi mais en plus plus généreux et aimables que moi. Aujourd'hui (mon amour inné de la lecture et de l'écriture y fut pour beaucoup), ayant lu et su l'Histoire, je suis à même de comprendre les origines de cette expression et de tant d'autres plus glauques et sinistres les unes que les autres. Ce qui m'a alors sidéré fut de constater combien ces mots en apparence anodins nous avaient si profondément contaminés, nous, enfants, et contaminent encore. Pourtant, je n'ai pas souvenir de quelque adulte qui nous aurait dit et "instruit", à cette époque, en ces termes : "Méfiez-vous, les Juifs sont radins"... Pas davantage de souvenirs de lecture où nous aurions lu écrit cela ; d'ailleurs, nous ne lisions pas ; l'école, nous la quittions tous à 15 ans pour aller chaparder dans les magasins. Les bandes dessinées, oui mais... Tintin, Lucky Luke, Astérix, Spirou... Le conflit israélo-palestinien ? On ne savait ni où c'était ni ce que c'était. De plus, à l'âge que nous avions alors et aux temps heureux du disco et des fièvres du samedi soir, on s'en battait comme d'une vieille semelle de Jérusalem et de Kippour, de la chéchia et de la kipa... Il est inutile que je poursuive ; on aura compris ce que je veux dire...

Cependant, j'ai la certitude qu'en France aujourd'hui et ce depuis plusieurs années, ce sont les Juifs qui sont cause de tant de tort au quotidien aux Juifs. Qu'on ne cherche pas ailleurs ; la source de ce mal est là. Un lobby juif sioniste puissant est à l'oeuvre en France qui détient le quasi monopole des interventions médiatiques, pseudo "philosophiques" et intellectuielles, qu'elles soient télévisuelles, journalistiques, littéraires, musicales, cinématographiques... Tout support qui médiatise massivement. Ce serait la pire des hypocrisies que de le nier et par cette négation ce serait encore ajouter du tort à la grande majorité des citoyens Français et juifs de confession ou non mais d'ascendance israélite qui n'appartiennent pas à ce lobby et vivent ni plus ni moins différemment - si ce n'est leur culte et leurs traditions, au même titre que les autres des autres confessions et/ou origines - du reste de la population. Ce lobby n'a pas d'autres raison d'être que le sionisme intransigeant, c'est-à-dire le soutien inconditionnel à l'Etat d'Israël quelle que soit sa politique. Ce lobby n'a pour seule raison d'être que l'existence d'Israël à tout prix. Soit ! On peut comprendre - et je suis le premier de ceux-là - que ce lobby, à travers ses membres et sa puissance financière et de facto médiatique, veuille, au regard de ce qu'a été l'Histoire des Juifs et particulièrement leur Histoire française au long de ce XXème siècle, sauvegarder et affermir absolument l'Etat d'Israël. Mais ceci justifie-t-il qu'il entrainât pour cela dans son désir tous les citoyens français de confession et/ou d'ascendance peu ou prou lointaine juive qui, dans leur grande majorité, ne se sentent pas concernés par celui-ci et n'aspirent qu'à être ce qu'ils sont et n'ont jamais cessé d'être, c'est-à-dire des Français, tout simplement, avec les mêmes qualités et les mêmes droits et la même Histoire ? Non. Et non davantage lorsque l'on emploie pour cela, pour cette propagande insidieuse, pour cet embrigadement de toute une partie de la population française, des méthodes indignes. Ces méthodes indignes sont précisément ce que PB, ici même, dans son billet initial, nomme "Le tocsin fou". Il est fou, certes mais il n'est pas innocent. Semer la terreur médiatique de la sorte pour obliger à un repli communautariste et, de là, à une adhésion désespérée à ce sionisme absolu, est honteux, indigne et, pour tout dire, criminel et dangereux. Il est, je l'espère, au sein des Français juifs pratiquants ou non, la majorité, l'immense majorité d'entre eux, à ne pas se laisser berner de la sorte et à faire face à ceux qui, les persuadant faussement de mille dangers et maux et s'érigeant indûment en leur porte-voix et défenseurs exclusifs, leur nuisent à chaque fois davantage en cela. Ce qui, en d'autres temps proches, ici en Europe essentiellement, a pu expliquer voire justifier la création d'un Etat juif pour des populations disparates et sans cesse persécutées, n'est plus de mise et d'actualité aujourd'hui, ni en Europe ni encore moins en France. On peut être juif en France et ne se sentir pas plus ni moins concerné qu'un autre par les politiques et conflits passés et actuels de cet Etat d'Israël qu'on leur présente d'une façon ou d'une autre comme le leur également et absolument. On peut - on doit - être juif en France et ne souhaiter relever que du droit commun.

Aïssa.

L'expression "Arrête de faire ton feuj, file-moi un peu de blé" ou autre renvoie à bien loin, à la nuit des temps presque, car dans les pays musulmans où les juifs étaient installés, ils étaient les seuls à pratiquer les prêts à taux usuraires, le profit étant proscrit par l'Islam. Quand on voit le prix de l'essence, on se dit que les monarchies pétrolières le regard tourné vers la Mecque et les mains sur une calculette ont oublié certains interdits religieux.

Comme je suis d'accord avec vous...
Vouloir faire de l'information à tout prix...
Ne pas confirmer les premiers éléments de l'enquête...
Ne pas vérifier les informations reçues...

Combien de faits divers comme celui-ci sont traités avec ce manque criant de compétence ?
L'urgence, l'urgence, l'urgence...

Combien de faits divers traités dans l'urgence sont oubliés avec le temps ?

pffff

"Quand on voit le prix de l'essence, on se dit que les monarchies pétrolières le regard tourné vers la Mecque et les mains sur une calculette ont oublié certains interdits religieux."
SR,j e ne vois pas le rapport sauf à être de mauvaise foi : la Bible interdit le prêt à intérêt "à ton frère" mais non "à l'étranger".
En outre la manne pétrolière dont bénéficient les pays du Golfe persique leur procure des revenus liés à la vente de l'or noir et non aux prêts à intérêt.
Enfin la facture pétrolière, pour nous consommateurs, est essentiellement due aux taxes fiscales internes, le prix du baril ne représentant qu'un cinquième du coût total.

Un peu d'économie appliquée ne nuit pas... même s'il n'est pas indispensable de lire les pages économiques de votre quotidien préféré.

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