Impossible d'ignorer, durant la semaine, que l'épouse du président de la République avait été invitée à s'exprimer longuement dans les colonnes de Libération et que cette initiative avait créé des remous au sein de ce quotidien. Impossible, aussi, de ne pas lire cet entretien.
C'est un bonheur, pour qui tente tant bien que mal de s'astreindre à un devoir de réserve, d'avoir le droit d'aborder des rivages politiques mais indirectement, de profil en quelque sorte, par le biais de la personnalisation et de la psychologie. Cette approche me semble d'autant plus légitime que les cinq journalistes qui ont questionné Carla Sarkozy ont été d'une parfaite galanterie médiatique, laissant aux articles d'accompagnement le soin d'instiller un zeste d'acidité.
L'entretien occupe quatre pages et il faut reconnaître qu'attendu avec impatience, il ne déçoit pas. C'est un parfait exercice de sincérité retenue et de liberté maîtrisée. Il y a ici ou là des profondeurs qui mériteraient d'être exploitées, des intuitions heureuses que l'épouse du président, avec une élégance désinvolte, détachée de tout esprit de pesanteur, laisse en jachère dans l'esprit du lecteur. Certes, l'essentiel des propos est destiné à la fois à dire et à taire. En permanence sur le fil du Pouvoir, il s'agit, pour Carla Sarkozy, de faire apparaître son sens des responsabilités, le respect de sa charge et de la tradition qu'elle implique et, à la fois, de se placer en retrait, de faire preuve de modestie intellectuelle, d'éluder le débat politique dans ce qu'il peut avoir de clivant, de non consensuel et de risqué. Cette position d'équilibre est tenue avec talent. De sorte qu'on ne soupçonne pas celle qui l'adopte d'un opportunisme suspect mais qu'on la crédite de cette "superficialité par profondeur" chère à Frédéric Nietzsche.
Deux réflexions notamment m'ont tout particulièrement intéressé.
La première, au sujet d'internet, la conduit à dénier que la liberté puisse être assimilée à ce qui serait hors-la-loi car le contraire mettrait en péril la démocratie. Cette distinction qu'elle opére, pour être élémentaire, est tout de même trop souvent oubliée. Respectée, elle serait susceptible d'éclairer quelques problèmes brûlants d'aujourd'hui.
La seconde souligne que "les gens qui sont complètement d'un côté ou de l'autre ne pensent qu'avec une partie du cerveau". La droite ou la gauche, si elles s'enferment chacune dans leur idéologie et leur vision comme dans un camp retranché, irréductiblement hostile à l'autre, manqueront l'essentiel : la prise en charge lucide d'une réalité plurielle et équivoque. Cet appel à la nécessaire globalisation par l'intelligence ne relève pas seulement de l'ouverture tactique mais constitue une exigence fondamentale pour mieux gérer le présent et inventer l'avenir.
Peut-être mon interprétation surestime-t-elle la portée de ces notations voulues fines et fugaces. Il me semble toutefois que celles-ci, parce qu'elles ne se haussent pas du col, doivent retenir l'attention, faute de quoi leur petite musique nous échapperait.
Il n'est pas honteux de dire du bien de l'interview donnée à un journal par l'épouse du président de la République. Ce n'est donc pas pour jeter artificiellement un pavé dans l'entretien que je regrette seulement la critique de la "voix" de Ségolène Royal. "Elle ne dit rien" à Carla Sarkozy. Cette dernière a-t-elle conscience qu'une telle remarque, aussi anodine soit-elle, pourrait ouvrir la voie à des considérations qui, toutes tendances politiques confondues, feraient de notre espace public un triste et médiocre combat d'apparences ?
L'épouse du président indique qu'il lui "a fait confiance" pour cet exercice difficile à la rédaction de Libération. Elle n'a pas trébuché. Sur le fil du Pouvoir, elle est restée en équilibre. Entre son être et sa fonction.
Il y a un an, tous les journaux nous "vendaient" Cécilia Sarkozy... Il y avait autant de couvertures (retouchées) que pour Carla Bruni aujourd'hui (moins retouchées peut-être). Et nous voilà à commenter les propos de la nouvelle fausse ingénue de l'Elysée comme si c'était une interview politique ! On y découvre au moins son obsession du mot "cerveau". Il y a peu de temps, elle nous apprenait que NS en avait quatre ou cinq irrigués... Maintenant certains n'en ont que la moitié. Des minus quoi, notre grand Président, lui, en a plus que les autres... Rien de plus intéressant sur la place de Paris en ce moment ?
Un sondage nous a appris récemment qu'une majorité de Français sont satisfaits de la présence de Carla Bruni. Et que fera la com de l'Elysée quand les Français ne seront plus satisfaits ?
Rédigé par : Bulle | 22 juin 2008 à 18:18
@SR
Seriez-vous jaloux, jalouse de la plastique de la dame ?
Votre ire n'est point justifiée.
Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir, tout cela est bien dépassé.
Selon vous, parce qu'on a un beau cul on ne peut pas dire quelque chose d'intelligent ?
Dérisoires sont vos propos !
Une république de courtisans ? Quand cela fut-il autrement dans les siècles passés ?
Les cercles des pouvoirs sont forcément des cercles d'influence. Ne jouez pas les bêtas et les hypocrites.
Vous n'aimez pas le président et sa femme c'est votre droit le plus absolu mais au moins soyez poli sinon respectueux.
L'insulte n'a jamais donné de valeur ajoutée aux paroles proférées.
Rédigé par : Surcouf | 22 juin 2008 à 17:28
@ AISSA
JE SUIS D'ACCORD AVEC VOUS. JE LIS SUR CE BLOG DES COMMENTAIRES REMARQUABLES QUI DONNENT ENVIE DE RETENIR LE NOM DE LEUR AUTEUR. ALORS POURQUOI TANT DE CHICHIS ?
SANS COMPTER QUE QUAND ON VEUT LES CITER ON NE SE SOUVIENT PLUS QUI EST QUI.
DUVAL UZAN
Rédigé par : Duval Uzan | 22 juin 2008 à 15:56
@Aïssa Lacheb-Boukachache
Je vous laisse à votre désir d'être reconnu, lu et apprécié. Nous savons tout de vous, votre métier, votre passé, vos antécédents judiciaires, vos centres d'intérêt, même le lieu géographique de votre résidence. Pour ma part, intervenir sous des initiales suffit à ma compréhension de l'intérêt de poster un point de vue. Se faire connaître peut être flatteur pour celui ou celle qui se révèle en distillant une part de sa vie privée à chaque intervention, la distance dans l'anonymat est préférable pour d'autres. Chacun fonctionne comme il l'entend. De même qu'en signant de son propre nom cela ne porte pas plus loin que le blog, à moins d'épouser dans les six mois Nicolas Sarkozy adepte du speed wedding pour devenir la nouvelle star des médias et faire la Une de Libération !
Rédigé par : SR | 22 juin 2008 à 15:08
Bonjour
Je trouve cet interview tout à fait oiseuse, surtout quand l’auteur des gouvernements invisibles en est l’instigateur. On ne peut qu’être en manque après la publicité qui lui fut faite.
Mais comme toujours « Libération » excelle dans le montage de photos tout à fait abjectes comme celle de sa première page. On y lit « je dois me protéger » ????
On ne peut enfreindre ainsi les lois de l’hospitalité.
Je n’ai vu dans cette interview que de la superficialité et aucune profondeur.Mais fallait-il en trouver ??
Il est vrai que je n’ai lu que ce qui était diffusé sur internet.
Vous devriez faire don de quelques-uns de vos billets pour élever le niveau de « Libération »
Par contre je suis d’accord pour la voix de Ségolène. Je pense en effet que Mme Royal doit travailler sa voix.
On ne peut pas parler de projet politique avec une voix de petite fille. Le contenu s’y perd.
Elle a fait quelques progrès depuis sa campagne présidentielle, mais il lui reste beaucoup à faire. Je suis sûre que ses conseillers le lui ont déjà dit.
Pour finir, une petite citation de Laurent Joffrin : « Les intérêts du gouvernement invisible ne sont pas la seule aune de l’histoire. Aujourd’hui ce qui manque surtout, c’est la volonté. Pour retrouver leur influence, les politiques doivent d’abord le vouloir. Pour que, du gouvernement invisible le pouvoir revienne au gouvernement visible, il faut une volonté. Nous ne devons pas lire le destin des hommes dans le ciel factice des marchés. Nous devons l’écrire dans le grand livre de la raison ».
Pardonnez moi, mais j’ai envie de dire ainsi soit-il !
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 22 juin 2008 à 15:00
@sr
Votre texte est juste mais il ne porte pas. Personne n'accorde la moindre importance à qui signe son propos d'un vague pseudonyme ou d'initiales. C'est dommage que vous interveniez ainsi quand dans le même temps ce que vous écrivez est ce qu'il fallait écrire. Si le dit est important, la manifestation réelle de celui ou celle qui le signe l'est davantage ; même, c'est elle qui lui donne corps et tout son sens. C'est en toute amitié que je vous écris cela, croyez-le. Vous vous cachez derrière des initiales pour dénoncer certaines choses et certaines personnes. Ainsi, vous craindriez d'être vu(e), connu(e) et/ ou reconnu(e). Quel crédit accorder à qui a peur ainsi quand bien même on ne saurait rien ajouter de substantiel à son propos ? Comme de nombreux autres, par cette attitude d'anonymat vous gâchez tout et ce et ceux dont vous dénoncez alors les vices en sort et sortent chaque fois plus vertueux et grandis. Quand ils s'expriment, eux, ils ne sont pas anonymes, ils ne se cachent pas. Vous venez de poster au vent, ayez-en conscience ; ils en ricanent encore si tant est que cela les a accaparé rien qu'un peu. Tout ce que vous venez d'écrire, les gens même les plus humbles ne l'ignorent pas, pensez-y, même s'ils ne savent ni ne peuvent pas tous l'exprimer. Ce qu'ils veulent qui leur fera dire qu'ils ne sont pas irrémédiablement abandonnés de ceux qui savent et peuvent est de connaître qui l'écrit ou le dit. Autrement on s'éloigne dramatiquement de la démocratie et tous les possibles destructeurs deviennent alors l'unique issue.
Salutations.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 22 juin 2008 à 12:33
J'ai beaucoup aimé, merci pour votre ironie !!
J'entendais dernièrement des "Français" déclarer d'elle qu'avec son palmarès, elle n'avait pu qu'épouser un Président... ! ........... temps.... ??? (fin du commentaire)
Cela me rappelle un repas, il y a quelques années maintenant, où assise à côté d'un élu local d'une petite ville de RDA, (septuagénaire ?? je ne saurais dire) j'essayais courtoisement d'entamer ce qui aurait dû être une conversation. A chacune de mes tentatives ce dernier me répondait : "Ich bin SPD !"... !
Mon accent belge certainement !!
Rédigé par : Marie | 22 juin 2008 à 09:32
Nous sommes dans une République de courtisans et les hommes dominant les médias ont perdu leurs cerveaux (paraît que les hommes brillants en ont quatre ou cinq selon l'esprit de l'ancienne reine des podiums). Je trouve inquiétant cette servilité des hommes censés représentés les contre pouvoirs qui succombent devant une entreprise Carla Bruni botoxée qui agit en service commandée.
Je trouve les journalistes niais et piteux devant la machine Carla Bruni qui a commencé sa carrière avec un scandale : avoir posé les seins nues à la sortie d'un hôtel aux bras de Mick Jagger. Depuis le 6 mai 2007, on propose au peuple français du spectacle et des courtisans pour animer le show, et le contrat liant un ex mannequin sulfureux adepte de la polyandrie à son président de mari fonctionne à merveille. Elle fait la Une de Libération ! Il y a moins de six mois, elle était has been, son dernier album No promises n'avait pas marché, aussi était-elle retournée à son premier métier : le nu qui fait scandale, et son dernier shooting où on la voit nue lascive en cuissardes Cesare Paccioti a fait les délices des magazines à sensation. Depuis, cette série de photos est interdite de diffusions, quelle hypocrisie, suffit de ressortir les anciens Vogue pour conclure à l'instinct exhibitionniste et calculée de la dame.
Il en faut peu aux hommes pour perdre leur sang-froid et leur raison, au point de justifier leurs commentaires qui sont une confession : la pauvre est assignée à une modestie intellectuelle !!!
Mon c.. ! Tout est calcul. Une paire de fesses, une voix cassée, le cheveu en bataille, un air détaché, cette allure aristocratique qui permet une liberté de ton, un Laurent Joffrin faux-cul et servile, et des acheteurs de Libé qui s'émerveillent devant cette superficialité en profondeur.
Rédigé par : SR | 22 juin 2008 à 08:31