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Voici les sites qui parlent de Les journalistes sont-ils encore utiles ? :

Commentaires

Jean-Dominique Reffait

Très beau billet d'amour pour le journalisme en voie de disparition, celui d'un homme d'un autre siècle où les patrons de presse ne fabriquaient ni des armes, ni des ponts et chaussées ni du papier à cigarette mais seulement des journaux.
Mais c'est fini ça, le journalisme disparaît faute d'argent, de patrons de presse véritables, à l'exception notable de la presse régionale. Parce qu'un journaliste, ça coûte cher et que ça rapporte plus d'ennuis que de dividendes. Aussi préfère-t-on communiquer, exiger la diffusion d'un communiqué de presse plutôt que d'en laisser l'examen et l'appréciation à un journaliste. Dépêches d'agences, communiqués, basta, débrouille-toi avec ça citoyen, c'est gratuit, gratuit, gratuit à grand renfort de publicité qu'on espère pour survivre, qu'on regrette quand elle disparaît parce que cette lèpre, qui contrôle les rédactions, est nourricière, ne t'occupe pas de ce que tu manges et mange.
Regardez comment N. Sarkozy a été interrogé par France 3, ça c'était du journalisme loin des révérences élyséennes. C'était un chant du cygne dont la dépouille est offerte à Claire Chazal et consorts.

Marcel Patoulatchi

Comme souvent, lorsqu'une innovation technologique éclot, la tentation existe soit de la vouer aux gémonies, surtout quand elle remet en cause notre gagne-pain et aura, soit d'en faire l'apologie, surtout quand elle nous donne un statut inespéré.

Et comme souvent, la vérité n'est sans doute pas à chercher dans ces extrêmes.

La technologie doit être mise à contribution. Elle ne saurait remplacer, effacer, pas plus qu'il ne serait sage d'ignorer ce qu'elle permet.

Les blogs contribuent au débat public, surtout en ces temps où finalement nous ne communiquons guère, sinon dans des cadres très endogames. Pour autant, l'intérêt d'un journalisme rigoureux, source d'information, n'a pas disparu.

Quant aux Versac, même s'ils s'en défendent, l'exposition régulière de leurs états d'âme sur leur popularité participe de cette starification dont ils se plaignent.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Je trouve dommage -et étonnant-, PB, que vous n'ayez pas davantage de commentateurs. Non que ceux-là ne sont pas intéressants pour la plupart mais ils devraient être plus nombreux. C'est peut-être parce que vous n'avez pas la parole (l'écrit, plutôt) tout à fait libre, à la manière d'un Versac ou d'Eolas. Mais peut-être aussi que cette liberté de ton, de fond, de forme, est au prix de leur relatif anonymat quand vous, vous apparaissez clairement. Enfin, je ne sais pas... Il y a quelque chose qui m'échappe, là... Je lis vos stats qui ne sont pas négligeables. Est-ce donc qu'un procureur avocat général intimiderait à ce point...? Dans quelle presse ou autres médias trouverait-on (cela vaut pour Eolas, Versac et d'autres non moins percutants et intéressants) autant de clefs pour déchiffrer les êtres et les faits ? Comme je l'avais rédigé dans un de mes premiers billets, ici, Internet a fait que désormais l'information n'est plus verticale et "élitiste" mais horizontale et populaire. Et c'est moins le café du commerce à l'échelle planétaire et quasi instantanée car écrire demande de la réflexion et du temps, donc peu de place pour le brouhaha spontané voire l'énervement qu'on trouve souvent chez ce dernier, que chez Juliette Récamier plutôt, un salon, le plus vaste salon de tous les temps mais un salon non discriminant. Aucune presse "classique" ne peut offrir autant de proximité dans l'éloignement. Mais surtout, aucune presse ne peut offrir autant d'information. Vous écrivez : Les journalistes... Mais n'en êtes-vous pas devenu un en l'espèce ? Ainsi que les autres ? Quel est le journaliste "officiel" qui m'apprendrait autant sur vous (professionnellement s'entend et même personnellement, pourquoi pas ?) que vous ? C'est la distance qui fait toute la différence. Il y a une magie Internet qui fait que l'on écoute davantage que l'on lit. Lorsque vous publiez presque aussitôt mon billet, je sais que vous êtes là, à l'autre bout de mon clavier, tout près en vérité, quelle que soit l'heure et cela change tout dans l'échange informatif et/ ou discursif. Le propos, a contrario de la presse écrite "classique", vient de moins loin, il ne fatigue pas en route à la manière de ces anciens journaux que l'on trouve sur les tables basses des salles d'attente des médecins... On en prend un, on l'ouvre, on lit ou relit vite, c'est loin, Dieu que c'est très loin, pense-t-on en le rejetant... On revient à vos plus anciens billets, c'est toujours proche, vivant, vivace. Pourquoi ? Car la distance (géographique, disons-là comme cela, ou mieux, physique) est nulle entre ceux-ci et ce dernier, celui-là où vous êtes encore peut-être présent personnellement en cette seconde même où je le lis et y réponds. Ce n'est pas vain lorsque j'ai écrit que vous donnez à lire, consciemment ou non, "comment "fonctionne" un procureur" en même temps que "qui est-il, cet homme ?". Quelle est la tierce personne qui donnerait cela de vous, donc de l'Institution ? Les limites du journalisme "officiel", "classique", se situent exactement là. Or ce sont toujours ces limites qu'il faut dépasser pour mieux appréhender toute chose. Il n'y a plus vous, le média et moi ; il y a vous et moi ; la différence est de taille. Et de la sorte je ne me fourvoierai jamais moins dans la compréhension des choses car s'il m'est impossible de comprendre celui qui le dit, comment comprendrai-je celui qui dit qui le dit ? L'inquiétude des journalistes "classiques" se comprend naturellement, elle est légitime car enfin il s'agit de leur travail, donc des moyens de leur subsistance. Si vous ne passez par eux, que leur restera-t-il à écrire, dire...? En rajouter dans l'interprétation ? Mais qui va s'y intéresser dès lors que l'essentiel a été écrit et dit à tous et pour tous par la source même. Le problème (si on le considère comme tel par le temps passé, l'énergie donnée, le travail fourni) se pose pour vous également (l'auteur(e) du blog, site, etc.) et pour nous (les commentateurs). Car si les moyens de subsistance sont ainsi pris aux uns, ils n'en profitent nullement aux autres. Ou comment l'information devient gratuite, un don public. Car cette information pure, elle n'est nullement ici unilatérale, c'est évident. Le commentateur la donne aussi. Ainsi, spontanément nous nous improvisons toutes et tous journalistes, documentalistes, diseurs d'information peu ou prou dissertée et interprétée, avec ou sans le style d'écriture, consciemment ou inconsciemment, partisans ou non, abrutis ou intelligents, pervers, naïfs ou innocents, bref en si peu différents des professionnels journalistes de cette information... C'est le GAI SAVOIR enfin partagé ; Nietzsche aurait été content...

Aïssa.

Pierre-Antoine

Certes, les journalistes sont indispensables...
Mais je nuancerai, je dirais plutôt que l'information est indispensable.
Information vérifiée, indépendante et objective.

Maintenant posons la question (bonne puisque c'est moi qui la pose) :
Est-ce que nous sommes informés ou manipulés ?
Pluralité des sources ou surmédiatisation ?
Information ou news people ?
Oui d'accord je vous l'accorde, j'en pose trois pour le prix d'une... mais que voulez-vous, je dois être influencé...

Quand on m'informe qu'un journaliste de renom et de talent ne présentera plus le JT, je me pose la question : "Est-ce que la qualité de l'information changera ?" (et de quatre).
Quand on m'informe des déboires "sentimentaux" d'une journaliste, je me pose la question : "Qu'est-ce que cela a à voir avec les informations qu'elle me donnera ?" (et de cinq).

Quand on me dit, alors que je suis ambidextre, qu'un journal de gauche une information contradictoire d'un journal de droite, je me pose la question : "Mais quelle est la source de cette information pour que la vérité soit si dichotomique ?" (et de six)
Bon j'arrête là…

Non, pas encore, juste une petite dernière :
"C'est quoi un journaliste ?"

Je pose la question, s'ils devaient disparaître, le jour où je verrai le squelette d'un, que je sache, comme pour les dinosaures, à quelle famille, et par déduction, à quelle époque il a appartenu.

Cordialement (non sans humour)

Pierre-Antoine

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