Les Villemin : une histoire française
Hier vendredi 11 juillet, j'étais invité à France Info par David Abiker pour répondre à des questions d'auditeurs sur l'affaire Villemin. Dans le laps de temps qui nous était imparti - dix minutes - , il était difficile d'appréhender tout ce qui avait fait de la mort du petit Grégory, le 16 octobre 1984, une tragédie qui continue de susciter une curiosité sombre et si aisément ravivée. Aujourd'hui, l'opinion publique est agitée par la possible réouverture de l'information pour tenter de relever des éléments ADN grâce à de nouveaux examens techniques sur les vêtements de Grégory, les cordelettes qui lui enserraient les mains et les pieds et sur les enveloppes postées par le "corbeau". La science, espère-t-on, viendra au secours de la justice.
Pourquoi cette affaire criminelle s'est-elle enkystée dans notre mémoire collective au point d'y demeurer comme une plaie ?
Certes, la victime étant un petit enfant dont la photographie a ému la France, d'emblée l'indignation et la compassion ont été portées à leur comble. Le drame s'était déroulé dans une région, les Vosges, et autour d'une rivière, la Vologne, qui ont pris, au fil du temps, une couleur presque mythologique, avec un mélange de mystère, de fascination et de crainte.
La scandaleuse frénésie médiatique des origines, qui a déroulé longtemps son cortège d'indignités et de vulgarités n'a pas été non plus pour rien dans le choc qu'a subi la communauté nationale sans cesse happée par la révélation d'intrusions, de confidences, de rumeurs, d'hypothèses et d'accusations qui étaient une honte pour une démocratie.
A l'évidence, ce qu'on pourrait qualifier de "crime dans le crime", l'assassinat de Bernard Laroche par Jean-Marie Villemin, a aussi amplifié la portée du crime initial. Dans le même mouvement, l'horreur se trouvait tout à coup mêlée à de la compréhension. L'exigence de justice, pour certains, était déjà vaguement satisfaite par un justicier. Un Zorro désespéré avait tranché le fil d'une vie accablée de soupçons.
Comment négliger, par ailleurs, ce qui a tenu à la désastreuse gestion judiciaire au sens large ? Je n'ai pas l'intention d'entrer dans le détail des antagonismes entre les gendarmes et le magistrat, qui ont certainement fait perdre des possibilités de succès à l'enquête et beaucoup de chances pour la vérité. Sans vouloir accabler mon collègue Lambert, force est de constater qu'il n'a pas été à la hauteur de la mission délicate qui lui avait été confiée et que, sur les plans technique et psychologique, son comportement n'a pas illustré la magistrature. Je sais qu'il est facile, si longtemps après, de jeter le glaive sur un magistrat mais l'hypocrisie et le silence, en l'occurrence, seraient encore pires et plus humiliants pour lui.
L'analyse ne doit pas s'arrêter là. L'affaire Villemin fascine surtout parce qu'elle n'aura jamais de fin. Je suis persuadé que même si les nouvelles expertises nous éclairaient sur les responsabilités criminelles, il resterait un nombre non négligeable de citoyens qui continuerait à douter. Il est des tragédies sur lesquelles, profondément, on ne désire pas connaître la vérité. Parce que la vérité officielle met fin à un processus intime qui représente, à lui seul, une finalité dans l'existence. L'odieuse mort du petit Grégory a constitué chaque Français comme un détective, un Maigret domestique et sûr de son fait. Pour peu que la lumière survienne, elle assombrirait la multitude des démarches personnelles qui ont besoin de formuler leurs interrogations mais détesteraient avoir des réponses en retour.
On est maintenant au coeur de ce qui a élevé l'affaire Grégory - selon le titre du Parisien qui a consacré au dossier une excellente page - au rang de mythe. Depuis longtemps, elle n'appartient plus à la justice mais à la société, si une telle distinction a du sens. C'est un fragment de l'Histoire de France qui aidera à comprendre notre époque. Bien au-delà de l'intervention imprudente ou clairvoyante de telle ou telle personnalité aveuglée ou fascinée. Par exemple, Marguerite Duras. Depuis 1984 jusqu'à aujourd'hui, c'est notre propre vie que nous pouvons considérer au prisme des interminables péripéties de l'affaire Villemin. Notre destin est inscrit aussi dans cette chronologie, dans ces séquences qui ont structuré notre existence comme celle, collective, de notre pays. Nous avons été accompagnés par elles, tout au long, et nous ne sommes pas loin de porter sur ce crime et ses interminables suites, en dépit de l'horreur, le regard nostalgique et presque apaisé qu'on porte sur des photographies jaunies par le temps et enrobées de passé. On s'intéresse égoïstement à nous grâce à cette durée, à cause de ce crime ancien jamais oublié, en raison des traverses subies par le couple Villemin et du bonheur conquis de haute lutte par cette famille à laquelle nous lie une étrange familiarité.
Les Villemin : une histoire française.
Je découvre ce post au moment de partir et je suis déjà en retard sur mon horaire. Je n'aurai pas d'accès internet d'ici une semaine environ. Sans doute cela réjouira-t-il certains arthritiques de la molette.
Rédigé par: Catherine JACOB | 12 juillet 2008 at 13:43
M.Bilger,
En lisant votre article, je ne peux m'empêcher de penser à toutes les erreurs ou manquements judiciaires et en particulier aux aveux que parfois la gendarmerie ou la police essaient d'obtenir par la pression psychologique, avec les conséquences désastreuses que l'on sait.
Ainsi, il y a une semaine,nous avons appris le décès par suicide de Richard Roman, accusé du meurtre de la petite Céline puis acquitté en 1992 après 4 années d'incarcération.
Le drame de la Vologne permet également de mettre en perspective le travail de certains journaux (je préfère parler de journaux plutôt que de journalistes car le ton, la déontologie, la ligne d'un journal me paraissent beaucoup plus importants que la qualité intrinsèque de tel ou tel journaliste). Certains journaux vendent d'abord de l'émotion et semblent prêts à tout pour tirer le maximum d'une affaire.
D'autres me semblent plus dignes de confiance car ils ont le souci d'informer en priorisant et en vérifiant les informations.
Pour conclure et rebondir sur votre précédent article, faut il encore des journalistes ? Certainement. Avons-nous besoin de journaux ? Absolument.
Rédigé par: Polochon | 12 juillet 2008 at 17:21
Ce billet vôtre répond en partie à la question du précédent. Ils servent aussi à ça, les journalistes, hélas. J'ai souvenir de ce rédac-chef d'un quotidien notoire qui, certains matins, arrivait en comité de rédaction en s'écriant, se tapant dans les mains : "Ce matin, on "mange" du Grégory...". Sur ce, il envoyait ses reporters et titrait et brodait chaque jour durant une semaine quant à ce drame quand l'actualité par ailleurs était "calme" selon lui. J'ai souvenir également de ce "grand" reporter d'un hebdomadaire à grand tirage qui, au moment où l'affaire commençait de s'apaiser médiatiquement, laissa courir le bruit que l'assassin se pouvait être, oui, ce pouvait être ce Bernard L. Ce qui donna la suite tragique que l'on connaît. Et ainsi de suite, longtemps, cela n'en finissait pas... Ils ne furent pas glorieux durant toutes ces années. Ainsi le meurtre d'un enfant peut être à ce point un gagne-pain pour ceux-là... Qui cherchait encore la vérité à ce moment, quand tout prit, du fait des médias, de telles proportions ? Combien d'enfants sont assassinés chaque année dans notre pays ? Pourquoi celui-là fut-il "choisi" par les journalistes et pas un autre ? La photo attachante de cet enfant souriant ? Il y eut de nombreuses autres photos de ces enfants souriants avant leur mort tragique... Alors quoi ? La proximité de l'abolition de la peine de mort et le désir malsain d'en rajouter dans le débat clos pourtant par la loi ? Nul ne sait et je doute que même eux, les journalistes, le savent davantage, aujourd'hui encore... "Sublime, forcément sublime ...", pourquoi pas ? Il ne manquait plus, à ce moment, que cette terrible suspicion pour faire durer l'histoire et l'inscrire définitivement dans l'Histoire...
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 12 juillet 2008 at 20:36
J'étais en Afrique au moment de ce qui était encore l'Affaire Grégory et pas encore l'Affaire Villemin. Vue de loin, c'était incompréhensible. Vue de loin, cela signifie, loin des images télévisées que vous avez vues ici en France et que nous ne voyions pas à l'époque à l'étranger.
Nous ne comprenions pas cet engouement, ces débats, ce juge amoureux, ce Laroche coupable, puis assassiné puis innocent. Nous ne comprenions pas non plus ce paysage, cette Vologne dont on ignorait tout. Parce que sans les images de télévision, cette affaire telle qu'elle a été vécue par les Français n'était pas compréhensible.
Revenant en France, j'ai mieux compris. Le scénario de cette histoire est, comme vous le dites et plus peut-être que vous ne l'exprimez, profondément française. Le jeune couple Villemin est idéalement français : sans être des canons de beauté, elle et lui ont un physique agréable, gentil, celui que nous croisons chaque samedi dans les cortèges de mariages. Hommes sensibles à l'ingénuité de Christine Villemin, femmes doutant de sa sincérité, il y avait dans l'image de ce couple les ferments d'un débat dans les familles. Comme si Christine Villemin rassemblait, par son visage, sa coupe de cheveux, tous les désirs ordinaires des hommes comme son mari, comme le juge Lambert, toutes les jalousies des femmes qui lui ressemblent et qui acceptent bien que leur mari fantasment sur une star d'Hollywood mais qui refusent que celui-ci se fasse le protecteur d'une femme ordinaire. Ces images renvoient à l'intimité domestique de la France.
Joint à ces images, il y avait le corbeau (souvenons-nous du film de Clouzot), ce personnage diabolique de la noirceur française. Une histoire de corbeau ne peut pas être simple, elle plonge les gens ordinaires dans de terribles secrets.
J'ai compris une seconde fois en me trouvant un peu par hasard en vacances dans la vallée de la Vologne. Là encore, c'est l'image qui illustre la prégnance de cette affaire dans les mentalités. Paysage de carte postale, rural et doux, une petite rivière innocente qui roucoule entre les prés et les bosquets. Une France des Vosges qui pourrait être normande ou limousine, une France qui, à l'image des Villemin, offre un visage sans mystère apparent, belle sans excès de beauté.
"Etrange familiarité", dites-vous ? Pas si étrange que cela, nous sommes tous des Villemin, nos familles en sont truffées, leurs secrets ressemblent aux nôtres et la télévision, la presse nous ont fait craindre le pire : que nos secrets soient dévoilés.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 12 juillet 2008 at 22:07
"Les Villemin : une histoire française."
Je ne partage pas vraiment votre lecture de l'affaire Villemin comme relevant d'une mythologie française.
Je vois plutôt cette affaire comme une date clé qui consacre la résolution d'une affaire criminelle comme un feuilleton médiatique à rebondissements et à succès.
Des journalistes enragés, une justice et une gendarmerie fascinés par des hordes de caméras et par des appareils photographiques, les confidences et les connivences meurtrières, les actions judiciaires les plus basiques devenant des épisodes d’une saga médiatique. La perte d’un sens commun de ce qu’est une enquête policière et judiciaire.
Et par la suite des répliques ont prospéré. L’affaire d’Outreau en devenant à mes yeux la version la plus achevée et à son paroxysme.
L’affaire Villemin, pour moi, c’est d’abord et très tristement une sorte d’acte de naissance de cela.
Pour qu’elle devienne mythologie, il faut que le temps fasse encore son œuvre.
Pour rendre la rudesse, approcher au plus aigu les secrets des Vosges et de la Vologne, et en faire une mythologie apaisée, des années sont encore très nécessaires.
Pour le moment, trop d’images et trop de mots pleins de sauvageries à pleurer encombrent ce paysage qui a d’abord été celui du gigantesque malheur d‘un jeune couple, et l’énorme gâchis d’une confusion médias/gendarmerie/justice.
Rédigé par: Véronique | 13 juillet 2008 at 13:42
Après l'affaire Kazkaz (mauvais traitement et empoisonnement sur mineur) qui s'est terminée après des années d'une procédure sourde et aveugle par la mort suspecte de la principale accusée et une simple condamnation au civil pour son complice - lequel soit dit en passant n'a d'ailleurs jamais versé un centime à la victime et a bénéficié ensuite d'un non-lieu concernant le décès de sa femme (mère de la victime) morte empoisonnée pendant son sommeil à ses côtés, à quelques semaines de sa comparution aux Assises -, je ne crois plus en la justice. A noter que ledit complice, médecin, n'a pas pour autant été empêché d'exercer et coule depuis lors des jours heureux dans un hôpital de province qui inclue un service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent ! Scandaleux !
Rédigé par: Preud'homme Marie, Paule | 13 juillet 2008 at 14:37
@Preud'homme Marie, Paule
Vous ne croyez plus, dites-vous, en la justice. Cela signifie que vous avez d'abord commis l'erreur d'y croire comme si l'on pouvait, d'une façon ou d'une autre, croire en une administration. Le concept de justice n'a rien à voir avec l'administration judiciaire et intituler un ministère "de la Justice" est aussi outrancier que s'il existait un ministère de la Vérité ou un ministère du Bonheur.
L'administration judiciaire est d'abord une administration, c'est-à-dire qu'elle est bête, créée et organisée pour être bête car c'est de cette bêtise administrative qu'émerge l'égalité de tous devant elle. Il revient aux acteurs de cette administration bête d'être intelligents pour établir, à l'intérieur d'un cadre nécessairement stupide, des décisions individuelles signifiantes. Mais là se pose la question du statut et de la formation des juges qui ne favorisent pas l'émergence des intelligences.
De ce fait, la confrontation avec la justice n'est qu'une bagarre de plus, continuelle, contre une administration à laquelle on ne peut pas plus faire confiance qu'à l'administration du fisc. De multiples intérêts, indépendants des causes précises, sont en jeu : politiques, carrières, responsabilités, dialectique parquet-siège, etc. Pour les décisions simples, la justice est rendue simplement. Dès que la cause devient complexe, les interférences sont trop nombreuses et ça coince.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 13 juillet 2008 at 17:44
"On ne fait pas le poids face à la mort d'un enfant"/Sartre. C'est la seule chose qu'il y ait à dire...
Aïssa
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 13 juillet 2008 at 23:46
Même si la vérité pointe un jour son nez, deux êtres sont morts.
Le mystère de la destinée humaine : pourquoi les dés sont-ils jetés ainsi pour certaines personnes ?
La vie, oui, plus que la gloire, l'argent (dont on parle à toutes les sauces actuellement) : la vie vaut tout.
Les Français étaient passionnés par ce sujet car ce dernier nous racontait cela : l'amour des parents, celui du petit garçon pour eux.
La souffrance que Grégory a endurée.
Ne jetez pas la pierre aux journalistes à chaque fois que l'on évoque un sujet : cela devient lassant car répétitif !
L'essentiel, c'est que l'âme de Grégory et de son oncle repose en paix.
Je vous souhaite une agréable nouvelle semaine à toutes et à tous !
Rédigé par: Ktrin | 15 juillet 2008 at 00:45
Il est curieux de critiquer la presse de l'époque. Aujourd'hui, d'autres journalistes qui n'ont été en rien mêlés aux événements, fondent sur l'affaire dès qu'apparaît un "rebondissement". Alors ?
Le juge Lambert a été un bon magistrat confronté à des enquêteurs de la gendarmerie étonnants. La lettre de revendication du crime a été définitivement et irrémédiablement saccagée dès le 17 octobre 1984 alors que le juge n'avait pas encore été désigné. Il ne le fut qu'en début d'après-midi. Les heures d'appel des membres de la famille à la gendarmerie ne furent pas notées, cela ne se faisait pas ! Pas de perquisition chez les parents, pas de relevé de terre dans la voiture de Christine Villemin, prise d'empreintes de pneus sur les bords de la Vologne incomplets : deux éléments qui auraient pu écarter d'emblée la mère de Grégory, désignation (très choisie) d'experts en écritures en toute illégalité, sans autorisation du juge, et j'en passe.
L'élève expert gendarme a trouvé un foulage que personne d'autres n'a jamais décelé... C'est ce même personnage qui, devenu expert privé et client de la gendarmerie, a désigné Lionel Lézeau comme profanateur des tombes du cimetière juif d'Herrlisheim. L'enquête a révélé ultérieuremnt que ce jeune homme était parfaitement innocent.
Deux autres experts ont désigné (avec réserves) Bernard Laroche, alors en garde à vue, ça tombait bien. Mais qui était désigné en seconde position très rapprochée ? Devinez ! Je crois que je vais écrire un livre, parce que trop, c'est trop ! Et, j'en passe.
Maintenant, les avocats de Christine Villemin nous racontent que "le non-lieu n'est pas suffisant", après en avoir fait leur bible. Il est vrai qu'effacer 25 charges, ce n'est pas vraiment un cadeau.
Et puis le non-lieu accuse d'enlèvement Bernard Laroche en omettant de dire qu'il est l'assassin de Grégory.
Il y a un vide sidéral...
Alors je pourrais continuer sur la nouvelle quête ADN et le rapport du professeur suisse de l'université de Lausanne qui a amené le procureur général à demander la réouverture de l'information (cela dit,tant mieux, je suis ravie). J'ai découvert quelque chose... Même si l'affaire est d'un gravité exceptionnelle, cela m'a fait beaucoup rire.
Rédigé par: Marie-France Bezzina | 15 juillet 2008 at 16:27
PS : les Villemin ont fait incinérer les restes de leur fils, avec l'accord de la Justice... Donc aucune expertise ne pourra être faite.
Rédigé par: Marie-France Bezzina | 15 juillet 2008 at 16:29
Voilà bien, non pas une "histoire française", mais une "histoire de la justice française".
Comment ne pas être étonné que dans un site géographique restreint, avec une population restreinte, mais des moyens énormes et une pléthore d'enquêteurs curieux et de journalistes plus fouineurs que curieux, on n'ait pas pu trouver le coupable.
Je ne comprends pas que l'on ait mis sur la place publique des "présumés innocents", encore moins qu'on en ait même mis un en face d'un fusil vengeur !
Problème de juge ? de policiers ? de gendarmes ? de moyens ? de temps ? ou plus simplement d'inefficacité d'un système.
Réforme de la justice me direz-vous ?
Quelle réforme, celle qui consiste à déplacer des pions sans toucher au système en manque de la plus élémentaire humanité (le système, pas les hommes) ?
J'en veux pour exemple ce qui risque d'arriver à ce pauvre père qui a "oublié" son fils dans une voiture surchauffée.
Je souhaite que la justice n'ajoute pas une impitoyable procédure à une douleur et une culpabilité impérissables.
Mais je crains le pire de la part d'un système sans âme.
La loi est-elle faite pour l'homme ou l'homme pour la loi ?
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par: Pierre-Antoine | 16 juillet 2008 at 18:13
@ Marie-France Bezzina
"PS : les Villemin ont fait incinérer les restes de leur fils, avec l'accord de la Justice... Donc aucune expertise ne pourra être faite."
Vous confondez peut-être autopsie du corps de la victime avec expertise de l'ADN qu'aurait pu laisser le coupable sur des objets ?
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par: Piere-Antoine | 16 juillet 2008 at 18:20
Je veux dire que, par exemple, il ne sera plus possible de vérifier avec des méthodes actuelles si Grégory a été étranglé (cordelette autour du cou), si une piqûre d'aiguille a provoqué un hématome invisible à l'époque... Je sais bien ce qu'est l'ADN. En Grande-Bretagne, les pionniers en la matière (Alex Jeffrey) ont prouvé un viol suivi de meurtre dès 1988. Le génial juge Simon n'avait aucune connaissance de cette révolution, il n'a donc pas tenté de recherches. Aujourd'hui, on nous raconte que les Français savent tout faire. En fait le Low Copy Number (LCN), amplification à partir d'une seule cellule, vient encore d'outre-Manche. Retrouver des traces génétiques sur le blouson de Grégory, les cordelettes passablement lessivés par la Vologne... Sur les enveloppes du corbeau ? Deux étaient à bandes adhésives de marque Clairefontaine, la troisième peut-être à patte triangulaire (je ne me souviens plus)... Mais le corbeau pouvait utiliser des "mouillettes", n'est-ce pas, Corbeau ? En plus, tant de gens ont manipulé ces scellés sans précautions !
Reste-t-il un tout petit morceau de timbre ?
Idem, si le corbeau l'a humidifié avec de l'eau du robinet. On oublie que les premières expertises effectuées en 1984 sur les timbres par l'essai de détection du corpuscule de Barr n'ont en aucun cas mis en cause Bernard Laroche. A la demande de l'avocat de Christine Villemin, Me Garaud, l'analyse a été annulée, l'un des experts n'ayant pas signé ou prêté serment, je ne sais plus.
On pourrait retrouver les conclusions, puisque la justice n'hésite pas à utiliser d'autres pièces annulées. Je pense ainsi qu'il serait possible de réexaminer le fameux "foulage" (pièce annulée mais largement utilisée) accusateur de Bernard Laroche, savoir pourquoi certains l'ont vu, d'autres absolument pas, tels les policiers du BKA à Wiesbaden, pas des amateurs !... et regarder si d'autres pièces n'en comportent pas. Et ce n'est pas tout.
Rédigé par: Marie-France Bezzina | 17 juillet 2008 at 07:57
A Mme Bezzina :
Vous souhaitez publier un livre sur l'affaire Grégory, c'est une bonne idée. Je le lirai avec beaucoup d'intérêt. J'espère cependant que vous aurez moins de soucis que moi pour trouver un éditeur.
Cordialement,
Frédéric
Rédigé par: Frédéric | 17 juillet 2008 at 08:37
@Mme Bezzina
Il est vrai que la couverture médiatique de l'époque fut totalement contraire à l'éthique et au respect de la dignité humaine.
Rédigé par: heulot | 30 juillet 2008 at 17:03
Marie France Bezzina, ne serait ce pas la journaliste acharnée contre Christine Villemin, que nous avons vue dans l'émission Contre-enquête parlant de l'affaire ?
D'après l'information qu'elle donne sur d'autres Forums, elle aurait invité Laroche à dîner chez elle en compagnie de son avocat Welzer et de son époux Jean-Michel Bezzina journaliste radio et de plusieurs quotidiens (ami du commissaire Corazzy), pour comploter contre la mère de Grégory.
C'est vous dire la crédibilité de cette dame qui fut le nègre de feu son mari. Elle ne supporte pas la volonté des parents.
Rédigé par: Justain | 08 août 2008 at 20:48
Oui c'est bien cette journaliste dont parle d'ailleurs Laurence Lacour dans son remarquable ouvrage.
Les articles de ce couple Bezzina sonnaient à l'époque comme la vérité judiciaire et ce dans un unique but : accuser C.Villemin qui sera en 1993 totalement blanchie par la justice pour absence totale de charge...
En réalité, ce qui s'est passé est à méditer dans toutes les écoles de journalisme.
Rédigé par: heulot | 09 août 2008 at 12:04
@Justain
Je n'ai jamais dit que j'avais invité Bernard Laroche à dîner ! N'importe quoi ! Lorsque BL est sorti de prison, il est venu avec Gérard Welzer, son avocat, directement au bureau RTL qui se trouvait à l'époque contigu à notre appartement. Il était midi et je lui ai offert à boire et à manger. Il a juste pris un verre d'eau. Il venait de déjeuner, m'a-t-il dit. Il avait l'air totalement perdu, je dirais même déjà "ailleurs". Je lui ai demandé, alors que je me trouvais seule avec lui, qui, selon lui, avait tué Grégory. Il m'a répondu qu'il avait de très forts doutes mais qu'il ne porterait jamais d'accusations.
Quant à être le "nègre" de mon mari, là, il y a erreur...Vous me faites bien rire. Vous avez d'ailleurs un style qui me rappelle quelqu'un... Si vous êtes intelligent, expliquez-moi comment Jean-Michel Bezzina pouvait en 1 ou 2 heures faire ses papiers à RTL, et 8 articles, les éditions étant bouclées très tôt à cette époque.
@Véronique Heulot
Ce n'était pas la peine de m'envoyer personnellement un e.mail insultant le 26 juillet dernier : cela ne changera rien à ma détermination. Nous avons reçu tellement de menaces, par lettres, téléphone... Moi maintenant, notamment au cours de la nuit qui a suivi la diffusion du téléfilm. Curieusement, ce sont des voix de femmes.
Là encore, cela ne m'impressionne pas.
Mes propres "confrères et consoeurs" (la plupart en tout cas) dans un orchestre parfaitement organisé, ont tout fait pour nous déstabiliser, voire nous faire interdits de carte de presse. Ainsi, vous avez lu mes articles, tout à coup ? Vous devriez lire aussi ceux attribués par l'un des avocats de l'Affaire à Jean-Michel Bezzina pour obtenir des dommages et intérêts dans le cadre d'un mémoire contre l'Etat : c'est moi qui en suis l'auteur...
Cela serait si pratique que le coupable soit Bernard Laroche. Après la mort de ce dernier, la défense de Christine Villemin a tenté de faire annuler toute la procédure qui a suivi au motif que le juge Lambert ne pouvait pas poursuivre l'information judiciaire ; l'inculpé étant décédé, l'action publique était éteinte. Erreur de la défense sur la forme, trop compliquée à vous expliquer. L'assassinat de BL n'a rien clôturé du tout.
Je ne sais pas tout et il y a des "backgrounds" que j'aimerais bien connaître.
Je ne regrette rien. D'abord, qu'ai-je dit de faux sur l'enquête ?
Quant à l'Affaire Kazkaz, je l'ai couverte aussi. Horrible. J'aimerais savoir ce qu'est devenue la jeune victime.
Bon week-end à tous...
Rédigé par: Marie-France Bezzina | 23 août 2008 at 15:16
@Mme Bezzina
Inutile de se braquer ; pour votre gouverne je ne vous ai pas adressé de mel insultant mais juste un commentaire sur vos articles datant de cette époque et j'ajoutais qu'il me semblait que ceux-ci s'écartaient de ma conception du journalisme.
Concernant la procédure Villemin, je n'ai bien entendu pas besoin de vos explications pseudo juridiques, avouez que vous ne possèdez aucune compétence ni avis éclairé en la matière.
Vous dites ne rien regretter, y compris au mépris des décisions de justice, alors il faut reconnaître que l'histoire vous a déjà jugée, comme la plupart des personnes intéressées par l'affaire.
Concernant votre remarque sur les appels féminins, je crois que ces propos illustrent au fond votre action passée, en dehors de ce que j'appelle le journalisme.
Rédigé par: heulot | 31 août 2008 at 19:29
Une bonne nouvelle ; le procureur général de Dijon requiert la réouverture de l'enquête suite à la demande des époux Villemin. Des expertises adn sur les cordelettes, les enveloppes du corbeau et les habits de Grégory pourraient être diligentées.
Très intéressant.
Rédigé par: heulot | 21 septembre 2008 at 12:08
@Véronique Heulot
Par hasard, je reviens sur ce site : vous n'avez pas répondu à ma question : qu'ai-je dit de faux, idem pour mon mari ?
La meilleure preuve que le non-lieu est bancal. Je ferai remarquer que la réouverture d'une information, après un non-lieu, ne peut se faire que sur charges nouvelles. Là, en l'occurrence, il s'agit de charges nouvelles motivées par des progrès de la science (LCN), plus le blouson, lavé dans la Vologne. Cela s'applique uniquement aux personnes ayant été mises en examen (inculpées) dans le cadre d'une affaire. Donc sont concernés Bernard Laroche et Christine Villemin. Il faudra si des traces ADN sont retrouvées, vérifier si l'un ou l'autre peut être concerné. Encore que ?
Dans les réquisitions (cf demi-timbre, méthode PCR) de Madame Hélène Magliano, le procureur général de Dijon en 1999, 2000...(je ne sais plus quand elle est partie à la Cour de cassation), Madame Magliano , donc, ne fait jamais allusion à Bernard Laroche, l'action publique étant éteinte par la grâce de son assassin.
Elle indique seulement l'arrêt de non-lieu concernant Christine Villemin. Puis elle écrit, "vu les requêtes de C et JM Villemin et de Monique et Albert Villemin tendant à la réouverture du dossier sur CHARGES NOUVELLES...
Elle écrit : "Il est établi qu'à partir de septembre 1981 un inconnu, appelé "le corbeau" par ses victimes, organisait une véritable campagne de haine dont Albert Villemin et Jean-Marie Villemin dit "le chef" étaient les principales cibles".
A cette occasion, je remarque que ce magistrat ne tient pas compte d'appels (1 ou 2 ?) que Christine Villemin dit avoir reçus les semaines précédentes.
Donc bis repetita...
Rédigé par: Marie-France Bezzina | 29 octobre 2008 at 09:52
Mme Bezzina, toutes les personnes ici présentes savent à quel point vous haïssiez et haïssez Christine Villemin. Ce n'est pas une découverte !
Bref ! Vous pouvez continuer à déblatérer ce que bon vous semble, la "Justice" ce n'est pas vous qui la faites !!! Ehhh non !!! (fort heureusement d'ailleurs !)
Sinon je voulais apporter tout mon soutien à Christine et Jean-Marie Villemin ! Qu'ils sachent que Mme Bezzina n'est pas représentative de la population française. Beaucoup de gens vous soutiennent, vous pouvez le croire.
Rédigé par: Choubi | 02 novembre 2008 at 15:33
Vous me prêtez des sentiments que je n'ai pas. L'affaire Villemin est pour moi (encore que j'ai ma conviction depuis le 17 octobre 1984 grâce notamment à la lecture des deux premiers procès-verbaux de Sesmat envoyés à sa hiérarchie nationale) un mystère policier à résoudre. C'est tout. Le hasard a voulu que je sois placée juste derrière Christine Villemin pendant six semaines, le temps du procès de son mari à Dijon. J'ai pu observer directement ses réactions.
Pour moi, seuls comptent la mort cruelle de cet enfant et l'assassinat d'un innocent. N'oubliez pas que Jean-Marie Villemin a voulu tuer un ou deux J. le 16 octobre, puis il a commencé la chasse de Bernard Laroche dès le 9 novembre suivant. Le reste, je le traite froidement, sans états d'âme, quel que soit l'auteur de ce crime. Cela fait plus de trente ans que je côtoie des innocents et des criminels. Et, comme Philippe Bilger, j'ai entendu des criminels tellement éloignés de leurs actes qu'ils en font un déni : syndrome du clivage, état crépusculaire au moment du geste, même s'il est prémédité ? Délivrance psychologique du tueur ? Toujours est-il que j'ai rarement entendu de vraie expression de remords lorsqu'il y avait aveu.
Je remarque qu'aucun de vous n'est capable de me dire quel mensonge j'ai commis. J'attends. Lisez le non-lieu, autrefois exceptionnel, aujourd'hui insuffisant et répondez-moi : il faut accabler Bernard Laroche pour sortir de l'ombre Christine Villemin.
Il fallait s'y attendre : le double non-lieu, je n'hésite pas à le dire comporte un certain nombre d'incohérences et d'oublis, toujours dans le même sens. Je me demande même si ce double non-lieu (Bernard Laroche aussi) n'était finalement pas un piège, laissant par ses auteurs la voie libre à toute nouvelle information. Cela dit, la Chancellerie de l'époque en avait "ras-le-bol" de cette histoire et pressait Dijon d'en finir.
Je fais remarquer aussi que les magistrats de Nancy avaient, en 1986, renvoyé Christine Villemin en cour d'assises. L'un d'eux avait dit à Me Garaud qu'elle avait de bonne chance d'être acquittée. Ce n'était pas l'avis de Jean-Marie Villemin, entre autres, qui craignait une lourde peine pour sa femme "au vu des charges" (il l'a écrit) et pour lui. Il avait même parlé de 20 ans de réclusion criminelle.
Me Garaud avait entrepris une annulation de bons nombres de PV pour inculpation tardive de Christine Villemin (!), ce qui avait fait doucement sourire les magistrats qui dans le même temps étaient accusés d'avoir avalisé un dossier "vide". Je sais bien que les avocats font feu de tout bois. D'ailleurs, je répète que j'ai des doutes, de forts doutes sur l'opinion de Me Garaud sur l'affaire, sinon il aurait été accusé par la suite d'avoir plumé ses clients. Il fallait qu'il se fasse payer son travail, c'est normal, la cause étant particulièrement difficile. "Un avocat doit tout faire pour sauver son client", formule ambiguë du dit conseil.
Je vous dirai dans quelques temps ce qu'il en est des nouvelles requêtes d'aujourd'hui avec les mêmes personnages..........Un nouveau roman.
Rédigé par: Marie-France Bezzina | 03 novembre 2008 at 10:55
Mme Bezzina, vous faites peine à lire ! Je vois qu'avec les années votre cas ne s'est guère arrangé... Qui aurait oser espérer qu'avec les printemps qui passent, vous vous assagissiez ??? Le bon Dieu peut-être...
Pour vous aider à mieux comprendre ce qu'est un "non-lieu", je vais vous en donner la définition :
Non-lieu : "décision prise par la justice, de ne pas poursuivre une personne mise en examen". On ne peut faire plus clair !
Il faudra vous faire une raison, Christine Villemin n'a pas ôté la vie à son enfant.
Comme on dit, vous n'êtes pas la Justice et vous ne le serez jamais. Depuis le début de cette affreuse et tragique histoire, vous avez fait de Christine Villemin votre "coupable idéale". Pourquoi donc ??? Vous ne la connaissiez guère et pourtant dès le début pour vous, c'était "ELLE" !!! Mais si ça se trouve vous êtes une grande voyante... Permettez-moi d'en douter ! Je pense plutôt que vous jalousiez Christine. Cette jeune femme naturellement belle qui avait tout pour plaire et à qui tout souriait (avant le drame !).
Je vous le répète... Vous faites peine à lire !
Rédigé par: Choubi | 03 novembre 2008 at 14:17