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Voici les sites qui parlent de Dati "s'éclate" au pénal ! :

Commentaires

Cactus et les bornes des limites

Fort à propos de
_Dati "s'éclate" au pénal !_
juste une petite remarque :
d'habitude c'est plutôt au Sénégal , non ? si je relis mon Martin Circus !

sinon je reviens juste sur cette phrase :

"Sans entrer dans le détail, force est de regretter qu'aucune instance ne soit à même d'accueillir un magistrat lorsque, presque au bord du trou, il aurait besoin de le faire savoir pour qu'on l'aide afin qu'il ne trahisse pas sa mission."
Une seule remarque s'impose alors :
quelle affaire !

Cactus songeur, éperdument admiratif...

.... car,là aussi on s'éclate, non ? :
juste deux extraits de comment ne pas se taire !

"@Véronique
Si vous n'existiez pas, il faudrait vous inventer..."
nous conte un Admirateur éperdu qui veut mettre notre Véronique nationale dans une bouteille le 03 septembre 2008 à 15:38:28 !

Oui mais, avec des "si" vous connaissez la chute ! Sissi !!

Et dire encore qu'un peu plus loin j'apprends que C. Jacob avoue être " Alice au pays d'émerveille " !(le 04 septembre 2008 à 12:32:00)

Et si tout ceci n'était que de la totale féérie éclatée , monsieur Bilger (et vous , notre David Copperfield !)

Ne nous resterait plus alors qu'à retrouver notre Bambi et notre Blanche neige - j'ai bien ma petite idée, sissi aussi - ! ) !

Amitiés cactées de ma voie lactée (voire vice versa !)

Catherine JACOB

@Véronique

"Je veux bien être Bambi, Blanche-Neige ou Alice. Je veux bien que Philippe Bilger, puisque nous sommes chez lui, soit mon bisounours et mon nounours."

Vé-rô-niiiii-que!!

La question sérieuse est en fait à l'image de l'équation rapport qualité/prix sur 'moyens dont on dispose' en économie domestique, l'équation rapport pouvoir/qualités morales sur 'responsabilité personnelle'!

Admirateur éperdu

@Véronique

So what ?

Et si au lieu de ces propos, fort bien écrits au demeurant , vous répondiez plus simplement à mes affirmations.

Est-ce que vous nieriez que, de temps en temps, notre magnifique pays "berceau des droits de l'homme", (dont la justice fait l'admiration du monde entier pour son indépendance et son courage), n'est pas le théâtre de magnifiques coups tordus ?

En particulier quand on veut que des vérités dérangeantes soient étouffées ?

Et nierez-vous que en général certains (dirigeants politiques, journalistes et magistrats) s'entendent comme larrons en foire pour nous vendre des "vérités judiciaires" qui n'ont pas grand-chose à voir avec la "vérité vraie" ?

Tiens, juste une idée : j'adorerais que des chercheurs nous fassent une thèse d'Etat sur le thème "De l'utilisation judiciaire du suicide dans la non-résolution des crimes dans des affaires qui dérangent...".

Comme R. Boulin "suicidé d'une flaque d'eau"...par ex. et bien d'autres suicides dans des affaires criminelles...

Ne serait-ce pas intéressant ?

Mais bien évidemment il n'y a que des paranoïaques et des "complotistes" qui peuvent penser ça : que de temps en temps on nous cacherait des vérités dérangeantes...

Tenez voilà ce qu'écrivait Jean-Marie Rouart il y a 5 ans : encore un complotiste que celui-là non ?

Je vais encore me faire accuser de faire long… mais il est , je crois intéressant, que de dangereux complotistes et paranoïaques comme JM Rouart puissent être lus et que leur prose puisse être connue.

Cinq ans après, ses propos ont gardé toute leur pertinence et prions pour ne pas découvrir qu'il avait plus que raison dans ses interrogations….

Mardi, 26 août 2003, p. 12

DEBATS ET OPINIONS

JUSTICE L'institution judiciaire française est-elle en crise ?
Recadrages et étouffements

Jean-Marie ROUART


On l'a dit, on le répète, il y a une crise de l'institution judiciaire. On considère que la justice s'éloigne trop du peuple, de ses souffrances, qu'elle est tantôt trop inquisitrice avec les grands de ce monde, ou au contraire trop laxiste. Comme pour rendre le malaise plus sensible, une multitude d'affaires illustre aujourd'hui des aspirations contradictoires. La dernière en date concerne la clarification du statut pénal du chef de l'État : mesure jugée diversement, mais qui évitera, selon moi, cette situation à l'italienne si déplorable pour un président en exercice.
Il y a eu d'abord l'arrêt de la Cour de cassation, mettant fin aux poursuites contre les responsables du sang contaminé : les 900 hémophiles qui sont morts et leurs parents et amis qui auront souffert de les voir non seulement victimes d'une erreur gravissime puis de la mauvaise volonté des pouvoirs publics d'accepter leurs fautes auront une piètre consolation en apprenant de la part d'un juriste que « toute souffrance n'a pas forcément une qualification pénale ».
Les parents des « disparues » de l'Yonne qui ont patienté depuis plus de dix ans dans l'espoir que les magistrats instruiraient leurs plaintes, ces familles qu'on n'a pas cessé de mener en bateau laissant entendre que les malheureuses filles étaient des fugueuses, attendent eux aussi beaucoup de la justice. Ils risquent d'attendre longtemps. Les magistrats si peu curieux, si peu zélés, qui se sont peu intéressés à leurs plaintes, n'ont été convoqués devant une commission de discipline de la Chancellerie que parce que le scandale avait pris de telles proportions qu'il fallait faire un geste. Mme Lebranchu l'a fait. Les juges en ont été quittes pour la peur. Aucune sanction n'a été prise. Quant au gendarme Jambert qui inlassablement avait réuni les pièces du dossier contre le bouc émissaire de l'affaire Emile Louis, un brave homme qui avait bénéficié de beaucoup de protections dans la région , il s'est suicidé avec un grand à-propos avant de pouvoir témoigner. Son rapport comme lui-même ont été enterrés. On se suicide beaucoup en ce moment en France, et cela avec un grand sens de l'opportunité.
Le pasteur Doucé, lui, ne s'est pas suicidé puisqu'on a retrouvé plusieurs balles dans son corps. Autour de lui également, on s'est beaucoup suicidé. Le scandale qu'il risquait de soulever qui touchait directement le pouvoir puisqu'il était surabondamment surveillé par les Renseignements généraux a été circonscrit à une affaire de moeurs. On a poursuivi ses assassins avec tout le zèle que l'on a mis pendant des années dans la recherche d'Yvan Colonna. C'est dire. Personne, bien sûr, n'a été dupe. Une simple affaire Stavisky dans les milieux pédophiles. Passons. Oserons-nous lever un coin du voile sur les ténébreuses tractations touchant les frégates vendues par la France à Taïwan ? C'est sans doute l'affaire qui a entraîné le plus de suicides. Une épidémie. Ou alors le hasard qui fait si bien les choses. Ces affaires qui brassaient des sommes énormes sont menées, c'est connu, par des gens très dépressifs. Il faut un excellent état nerveux pour négocier des contrats d'armement mais, une fois ces contrats conclus, on assiste à ce spectacle proprement navrant de solides gaillards, d'anciens militaires, qui se jettent éperdument par la fenêtre.
Venons-en à l'affaire de Toulouse. Une ville dont pourtant j'apprécie et j'estime l'ancien maire Dominique Baudis. Cela étant, il faut l'avouer, dans cette ville, un spécialiste du suicide n'y retrouverait pas ses petits. On s'y est beaucoup suicidé. Les prostituées notamment. Il a fallu un certain nombre de concours de circonstances, l'intervention d'un groupe spécialisé de la gendarmerie pour qu'enfin on découvre que ces « suicides » étaient en réalité des meurtres commis par un criminel en série, Patrick Alègre, qui avait la particularité d'être à tu et à toi avec des policiers importants et des juges qui ne le sont pas moins. C'est du moins ce que j'ai lu dans Le Figaro qui n'est pas particulièrement un journal boutefeu. J'y ai appris bien des choses. Que beaucoup de « filles » avaient disparu. Qu'un certain nombre de témoins, dans cette région, étaient morts de mort violente.
Cette affaire à elle seule même si on choisit d'en omettre la plus respectable personnalité mise en cause, Dominique Baudis, que je veux croire innocent restera des plus troublantes, des plus inquiétantes. Dans les annales judiciaires, comme on dit, elle fera date. Ainsi les représentants de la justice, de la police et de la pègre, prennent-ils ensemble du bon temps, se rendant de menus services, comme de faire passer le meurtre d'une prostituée pour un « suicide ». On va me dire que les prostituées n'ont pas une vie très honorable. Il est vrai que leur vie ne vaut pas cher par les temps qui courent. Du rebut humain, tout au plus, si l'on en juge par le peu de cas que l'on fait de leur disparition. Cette affaire gravissime, je m'étonne qu'on ne la cite pas comme l'une des dégradations les plus patentes des principes démocratiques. Cette ténébreuse affaire donc, qu'on ne parle plus de « dépayser » judiciairement comme en bonne logique, on devrait le faire, on a décidé en haut lieu de la « recadrer ». J'adore ce terme. La République a de ces euphémismes ! Je ne crois pas qu'elle nous prenne pour des idiots, elle a simplement peur de nous inquiéter en nous révélant des vérités trop terribles à accepter par nos fragiles consciences de citoyens. Pourtant, nous sommes de grands garçons, nous savons même qu'il existe des soirées sadomasochistes, des partouzes où se retrouvent allégrement, c'est le cas de le dire, des gens du meilleur monde et ceux des bas-fonds. Mais je crois que le gouvernement veut nous éviter cette douleur de ne plus croire à la justice ce qui serait en effet grave surtout pour ceux qui y croient encore. Il veut donc « recadrer », c'est un terme décidément plein de saveur.
L'une des prostituées à l'origine de l'affaire, Patricia, a fini en prison. Je l'aurais juré. Elle a dénoncé des crimes avérés. Ne méritait-elle pas au moins pour cela un peu d'indulgence, même si elle a livré des divagations qui, aujourd'hui, arrangent tout le monde ? Regardez sa vie, les supplices qu'elle a endurés, l'horreur de sa situation : être entre les mains de ceux qu'elle accuse et qui vont la faire condamner pour « dénonciation calomnieuse ». Il n'y a que dans les films noirs américains que l'on trouve des situations aussi affreuses. Un peu d'humanité, serait-ce trop demander ? Qu'elle ait dit du faux avec du vrai, peut-être. Le vrai demeure, plus personne ne le conteste. Veut-on qu'elle se suicide elle aussi ? Alors ce sera le seul vrai « suicide » de cette affaire de Toulouse qui en comporte tant. Je n'aimerais pas personnellement être à la place du groupe de gendarmes qui sont allés chercher Patricia dans sa retraite, qui l'ont suppliée de parler et lui ont promis toutes les garanties pour sa sécurité. Ils doivent être aussi tristes que le gendarme Jambert. J'espère qu'il n'y aura pas trop de suicides dans la brigade.
Le comportement du procureur général de Toulouse, M. Volff, a provoqué l'ire du ministre de la Justice qui est sorti de son flegme habituel pour stigmatiser un homme qui n'aurait pas eu une attitude à la hauteur des circonstances. Une colère de Perben, ça ne décoiffe pas beaucoup. Deux semaines plus tard, jour pour jour, voilà M. Volff qui, avec tambours et trompettes, est promu à la Cour de cassation : « Quelle belle carrière », s'exclamerait Erich Von Stroheim dans La Grande Illusion. Le procureur général de Toulouse est allé rejoindre le procureur Davenas qui avait surtout fait parler de lui pour ses dons d'alpiniste dans l'Himalaya. Ouf ! La République est sauve. Comme la femme de César, elle ne sera pas soupçonnée.
Puisqu'on ne pouvait ni soupçonner ni condamner les juges qui se jugent eux-mêmes avec une sévérité qui forcent l'admiration, puisqu'on ne pouvait pas non plus condamner des policiers, eh bien, on a mis José Bové en prison. Voilà une décision qui révèle de la poigne. Peut-être un jour José Bové aura-t-il sa statue dans un square, peut-être finira-t-il au Panthéon quand les écologistes auront pris le pouvoir et que Noël Mamère sera devenu la plus haute moustache de la République ? Bové était dangereux. Beaucoup plus dangereux qu'Alègre, que l'assassin du pasteur Doucé, que les notables qui ont torturé des jeunes filles nues, attachées à des croix de Saint-André à Appoigny (tiens encore dans l'Yonne), où grâce à un tortionnaire compréhensif, M. Dunant, libre de tous préjugés, ils pouvaient satisfaire leurs fantasmes sadiques les plus cruels : enfoncer des aiguilles dans les parties génitales, les seins, etc. Qu'on ne s'inquiète pas outre mesure pour M. Dunant, il est sorti de prison grâce à de hautes protections. On cherche toujours le carnet de moleskine noire dans lequel cet homme scrupuleux avait noté les noms des bons pères de famille avec lesquels il se livrait à ces délicieuses pratiques.
Oui, Bové était un homme dangereux. Il mettait gravement en cause l'autorité de la République. Il fallait sévir contre ce redoutable idéaliste. Avec la pègre, on sait où l'on va. Avec les idéalistes, il n'y a pas de bornes.
Faisons un peu de politique. Le spectacle qu'offrent les deux principaux ministres intéressés par des affaires si graves ne manque pas de sel. On ne peut imaginer deux hommes plus opposés que le sont M. Sarkozy et M. Perben. Le premier est un homme pressé qui court toujours, qui fait voter des lois plus vite que son ombre. C'est Lucky Luke place Beauvau. L'autre, M. Perben, d'une parfaite élégance, regarde M. Sarkozy avec un flegme et une componction de gentleman, comme s'il suivait à la jumelle un pur-sang jetant ses feux au Derby d'Epsom. On ne peut pas dire que ce modéré, cet extrémiste de la modération, aura jeté le trouble dans la justice par des réformes révolutionnaires. Il semble avoir médité l'adage de la haute sagesse taoïste : « Après le grand art de faire faire les choses par les autres, il y a l'art suprême de laisser les choses se faire toutes seules. » Il est prudent. Il a raison. En matière de justice, il n'a que des coups à prendre (j'en sais quelque chose). Tout le monde ne peut être Peyrefitte ou Chalandon. On se souvient cependant d'eux comme de trouble-fête. Est-ce qu'on se souviendra de M. Perben ? La question mérite d'être posée. Peut-être de son coup de gueule contre le procureur général Volff si dévastateur qu'il a propulsé celui-ci à la Cour de cassation.
J'ai beaucoup de sympathie pour M. Sarkozy : d'abord, il a rétabli l'ordre l'ordre qui selon Péguy, fait la liberté, le désordre fait la servitude. Il a pris dans le domaine de la sécurité publique des mesures courageuses.
En revanche, je ne le félicite pas pour les textes qu'il a cru devoir faire adopter dans le domaine de la prostitution. Il a agi comme toujours avec précipitation, sans aucune concertation avec les associations, et le projet qu'il a soumis au Parlement montre qu'il se comporte toute révérence gardée comme une femme de ménage pressée qui met la poussière sur le tapis. Ça fait propre mais on n'a pas résolu grand-chose. Placer les prostituées sous l'arbitraire des policiers, il fallait y penser. A Neuilly, on doit être ravi. La méthode Sarkozy a ses limites. Il va vite, mais sait-il où il va ? Des policiers et des prostituées, cela ne fait pas toujours des couples harmonieux, quoi qu'on en pense Place Beauvau. On l'a vu à Toulouse. Toulouse, oui, Toulouse où il y a une affaire qui n'existe pas. On dira bientôt qu'elle a été inventée puisqu'elle ne paraissait pas croyable.

Véronique

@ Admirateur éperdu

"Bien évidemment le SAC cela n'a jamais existé, l'APM ne s'est pas dissoute minée par les scandales qui touchaient ses dirigeants (...) "

Quelle tuerie de toute une famille, par exemple, n’aurait pas manqué de survenir, compte tenu des scandales qui touchaient les dirigeants de l'APM, et que seule une dissolution a pu éviter de justesse ?

Quelles exactions criminelles, quels délits, quels suicides dans une flaque d'eau, quelles corruptions ont été l'oeuvre du crime organisé constitué par les 8000 magistrats de France, et commandités par les mains noires que sont leurs divers syndicats ou associations professionnelles ?

Je veux bien être Bambi, Blanche-Neige ou Alice. Je veux bien que Philippe Bilger, puisque nous sommes chez lui, soit mon bisounours et mon nounours.

"Comme le dit un homme politique qui connaît très bien ce milieu : "La seule chose qui intéresse les magistrats c'est leur carrière.."

Et vous en connaissez un paquet, vous, dans la haute, la moyenne et la petite administration qui, professionnellement, ne sont que des remarquables, des pointures et des tops ? Dont le principal intérêt ou moteur n‘est pas de se positionner au mieux, de la façon la plus habile et la plus banale, au plus proche des cercles des pouvoirs ?

Comme la haute fonction publique, la magistrature est une technocratie. Certains d’entre eux ne se définissent que comme des techniciens supérieurs du droit. D’autres n'emploient leur temps et leur énergie qu'à se perdre et à se confondre avec les labyrinthes des virgules des arrêts, de la doctrine et des Dalloz. D’autres font faire leur jardin ou leur piscine par des mecs payés au noir. D’autres encore s’excitent comme des justiciers.

Pendant que d’autres dînent en ville avec qui compte ou croit compter, en ne pensant qu’à ça dans leurs journées dans leurs tribunaux, d’autres, plein d’autres, innombrables, s’occupent de leurs dossiers et des affaires de leurs cabinets, de leurs bureaux et de leurs audiences, graves ou ordinaires, qui concernent le quotidien d’une multitude de gens.

Et enfin, d’autres, parce qu’ils sont devenus transparents à eux-mêmes et à leurs semblables trop muets et quelconques à pleurer, parce que, malgré tout, ils ont encore des envies irrépressibles de gosses, un besoin de contrastes qui se transforme en une fascination dangereuse pour les marges, et une demande du regard d’autrui sur eux, chutent.

Celui-là fera la Une de la chronique judiciaire. Mais l’histoire, la fable et le conte destinés aux ingénus seront EGALEMENT la chronique d’une tranche de vie et celle d’un itinéraire humain.


Admirateur éperdu

@Véronique

Si vous n'existiez pas, il faudrait vous inventer...

Désolé de vous le dire, vous êtes tombée la tête la première dans le panneau...

Combien de fois vos arguments sont mis en avant par ceux qui savent (journalistes politiques basochards, etc...) quand le citoyen est un peu trop curieux, un peu trop lucide... et un peu trop bien renseigné.

Il est immédiatement taxé, au mieux, avec un mépris non dissimulé de "complotiste" au pire "d'hurluberlu faisant le jeu de l'extrême droite avec les méthodes des ligues de l'avant guerre"...

Ben voyons...

C'est délicieux et jubilatoire de voir sortir en permanence cette attaque au-dessous de la ceinture... et c'est la preuve dans 90 % des cas que l'on a visé juste.

Bien évidement dans notre bel et beau pays jamais :

- un magistrat n'a étouffé une affaire par intérêt (financier, politique, de carrière, personnel...),
- jamais au nom d'une raison d'Etat dévoyée on n'a étouffé des affaires qui le citoyen ne doit pas connaître,
- jamais certains n'ont organisé des officines afin de déstabiliser leurs adversaire ou leurs amis.

Bien évidemment le SAC cela n'a jamais existé, l'APM ne s'est pas dissoute minée par les scandales qui touchaient ses dirigeants, Pierre Péan hallucinait quand il a raconté dans un de ses ouvrages comment des juges complotaient pour obliger le président Mitterrand à démissionner...

Bien entendu Robert Boulin a été mort "suicidé par une flaque d'eau" comme disent les truands et les trois fractures du crâne qu'il avait ont été faites, comme nous dit la justice, "par les sangliers qui ont retourné son corps" dans les étangs de Hollande...

Bien entendu dans notre bel et beau pays le Ministre de l'Interieur n'intervient pas pour empêcher des flics d'aller accompagner un magistrat perquisitionner chez un homme politique...

Bien entendu on n'envoit jamais un hélicoptère dans l'Himalaya pour aller quérir un magistrat à l'échine plus souple que celui qui vient de requérir contre un politique...

Bien évidemment il n'existe pas de rapport rédigé par de hauts magistrats mettant très gravement en cause un des leurs, rapport étouffé par les gardes des Sceaux qui se succèdent depuis quatre ans (ce magistrat est mis en cause dans une affaire criminelle très grave... et il sera bien évidemment blanchi par ses pairs...).

L'omerta cela n'existe pas... bien sûr.

Tout cela n'a jamais existé... et tous ceux qui le croient ne sont que des imbéciles "complotistes"...

Véronique, ne prenez pas vos interlocuteurs pour plus stupides qu'ils ne sont : c'est très souvent un travers de la basoche.

A moins que vous ne soyez une grande très grande ingénue : dans ce cas je vous suggère de lire, c'est assez court, un excellent article de l'académicien JM Rouart qui s'appelle "Recadrages et étouffements"... Encore un complotiste que cet académicien...

Véronique voulez-vous que l'on vous appelle "Bambi au pays merveilleux des magistrats" ?

ou "Véronique chez les bisounours-magistrats ?"

Merci : tout le plaisir sera pour moi...

PS : Voirain était de toute évidence protégé du fait de ses engagements politiques. Quant à la lâcheté de ceux qui l'ont noté et qui n'ont pas voulu se singulariser en stigmatisant ses dérapages, c'est encore un autre problème bien connu dans la magistrature. Comme le dit un homme politique qui connaît très bien ce milieu : "La seule chose qui intéresse les magistrats c'est leur carrière.."

Véronique

@ Admirateur éperdu

Mais non, vous n'êtes pas "assez d'accord" avec moi.

Dans une réponse à Catherine, j'ai noté Philippe Bilger. Je m'attendais à ce que PB me dise que ma notation était sans doute sympathique à son égard, mais de pure fantaisie. Je pensais qu'il me rappellerait que je ne connais pas son milieu et son cadre professionnels, que de surcroît, je n'ai JAMAIS vu travailler le magistrat Philippe Bilger.

Eh bien non. Aucune réaction de sa part sur le fait que je me permets de le noter. Alors que j'ignore tout de la pratique concrète et des réalités de son travail.

Pour le cas de M. Voirain, avant d'agiter les fantasmes de l'omerta, acceptez simplement d'envisager une seconde que les observations et les notations qui ont été portés par ses hiérarchies successives sur sa pratique professionnelle, ont été établies avec indifférence et désintérêt pour ce qui constituait la trame concrète de son travail.

Je suis toujours surprise quand, à la faveur de telle ou de telle affaire qui concerne l’administration de base ou la haute administration, on y voit d’entrée la traduction d’un complot et de pratiques mafieuses et obscures, qu’il convient de débusquer et de dénoncer haut et fort.

Alors que le plus souvent, c’est l’absence d’évaluation et d’encadrement qui sont à l’origine des dysfonctionnements. Le désintérêt, la passivité, l’indifférence à la pratique professionnelle quotidienne, les phrases toutes faites, prêtes à l’emploi des notations, créent de l‘isolement et de la solitude. Cela fabrique de la mésestime de soi.

Admirateur éperdu

@ Véronique

Assez d'accord avec vous quand vous écrivez "L'impunité dont a bénéficié ce magistrat est également le compte rendu en creux d'hommes et de femmes ravagés de petites ambitions qui les rend sourds et aveugles."

Chez les mafieux cela s'appelle de l'omerta et c'est jugé très défavorablement.

Comment pourrait-on appeler cela chez les magistrats ?

Allez juste un exemple : lorsque une inspection de la justice à Nice est déclenchée sur demande du cabinet de la Ministre, que conclue l'ISJ : il n'y a aucun problème à Nice le seul problème c'est... le procureur de Montgolfier, celui-là même qui dénonce ces dérives !

Pas mal, non... Nos braves inspecteurs ont été obligés de reprendre leur copie et de refaire leur devoir.

Mais nous ne sommes pas chez des mafieux et cela ne s'appelle donc pas de l'omerta, non ?

Et lorsqu'on couvre ainsi des agissements délictueux voire criminels, (bien évidement cela n'existe pas dans l'institution judiciaire) cela s'appelle comment ?

Que ces agissements soient ceux de magistrats ou de leurs protégés.

Lisez le roman récent de l'ancien magistrat Léguevaque et demandez-lui ce qu'il a répondu à la journaliste de Elle qui trouvait que vraiment il forçait bien le trait avec son juge pour enfants...pédophile...

Comme Léguevaque a de l'humour la réponse vaut son pesant de cacahuètes.

Admirateur éperdu

@Catherine

Allez on va essayer de faire court ...

J'en saurais des choses ?

Je suis simplement curieux et donc je diversifie mes sources d'information, et organisé... et comme j'ai de la mémoire, j'évite, un tout petit peu, de me faire enfumer.

Car nos braves journalistes, si pleins de compassion pour certains aiment bien nous enfumer de temps en temps, non ?

Mais rassurez-vous, je ne suis pas parano.

Au fait que pensez-vous de l'omerta concernant Voirain (et bien d'autres magistrats...) stigmatisée par les sources que j'ai citées ?

Véronique

@ Catherine

Mais bien sûr.

Ma notation :

"disponibilité, compétence, sens de l'intérêt général, éminent serviteur de l'Etat, capacité d'écoute et d'engagement sans faille, lucidité, courage, sens élevé du service public et du travail en équipe, méthodique, empathique, bien intégré dans son groupe de travail, humanité, capacité d'initiatives, etc. etc."

Patchwork établi à l'aide d'extraits de notation, d'un courrier adressé par un procureur général à un procureur tout court, et à l'aide de mots standards qui sont utilisés partout, dès qu'il s'agit d'apprécier les compétences professionnelles dans les administrations et d'évaluer les pratiques.

Autant dire qu'avec ça, son institution peut être objectivement renseignée et grandement rassurée sur les compétences professionnelles de Philippe Bilger.

Catherine JACOB

@Véronique
"A ce régime et à ce compte des minimum, je serais capable, moi, de noter Philippe Bilger. Sans difficulté."

Allons bon !

Véronique

@ Admirateur éperdu

"en face de l'humanité" (je dirais l'extrême bienveillance de PRD pour ne pas être plus désobligeant) heureusement que certains s'en tiennent aux faits..."

L'audience que relate PRD examine les faits. Il ne s'agit plus des hypothèses et des éléments épars d'un dossier communiqué aux médias au moment de l’instruction par "des sources proches" de l'enquête.

M. Voirain a été jugé pour des faits, à raison, très aggravés par sa position de magistrat.

J'ai bien compris que ce qui stimule la curiosité des auteurs des articles que vous citez est la protection judiciaire et politique dont aurait bénéficié M. Voirain dans sa carrière de magistrat.

Je pense que cette protection a d'abord pour nom l'indifférence. L'exercice professionnel de ce magistrat n'impressionne personne. Dans cette comédie humaine des nominations et dans cette compétition à approcher au plus près les cercles des pouvoirs politiques, la biographie intime d‘un collègue n‘intéresse personne.

L'impunité dont a bénéficié ce magistrat est également le compte rendu en creux d'hommes et de femmes ravagés de petites ambitions qui les rend sourds et aveugles.

Envisagez simplement que la notation établie par les supérieurs de M. Voirain que vous citez, est un modèle de banalités et d'expressions convenues. Aucune mention n'est argumentée. Je pense que ce qui est écrit n’est que la traduction des usages et des habitudes.

A ce régime et à ce compte des minimum, je serais capable, moi, de noter Philippe Bilger. Sans difficulté.

Pour évaluer la pratique professionnelle d'un homme, encore faut-il s'intéresser à son travail.

Extrait du billet de PRD - 15 avril 2008:

"- On sent que vous avez eu une vraie relation amicale avec Tino Maloberti, observe le président. Pourtant, elle peut surprendre. Vous êtes procureur… il est chauffeur. Il a déjà eu des ennuis avec la justice…

Olivier Leurent ne dit pas mais tout le monde l’entend, qu’il trouve que le petit artisan mal dégrossi au verbe brut ne “convient” pas à un magistrat du parquet.

- Je sais que c’est difficile à comprendre. La juge d’instruction non plus, elle ne comprenait pas. Mais je vais vous dire, tous les autres, les bien-pensants, les biens comme il faut, quand il y a eu la maladie de ma fille, ils n’étaient pas là. On aurait dit qu’elle était contagieuse. Lui, il a été là. Voilà, c’est tout.”

Dans son procès, M. Voirain a reconnu les faits pour lesquels il a été poursuivi.

Tout au long de son billet PRD informe de ces faits.

Mais son compte rendu va au-delà de cela. Il donne à comprendre le parcours en entier d'un homme, et la sécheresse, l'indifférence d'un milieu qui ne sait plus regarder les marges, ni entendre l'homme, ni évaluer le professionnel.

Catherine JACOB@Admirateur éperdu

@Admirateur éperdu

Je ne sais pas ce que va en penser Véronique, mais que d'informations passionnantes. Vous en savez des choses ! Je constate également que vous êtes devenu adepte de la version longue et que vous nous servez même deux couches successives. Cela va compenser je pense les versions médiatiques courtes quant à l'incarcération du substitut du procureur de Montpellier.

Admirateur éperdu

@ Véronique

Je livre à la curiosité des autres internautes cet article du Point que vous critiquez ; à eux de se faire une idée.

Au moins il complète le portait bien lénifiant qu'avait fait PRD...

Au fait, je note que l'on ne connait toujours pas l'identité du magistrat de Montpellier : secret défense ?

Ces précautions, tout à fait exceptionnelles auraient-elles été de mise si au lieu d'être magistrat, le zozo en question avait été ouvrier agricole, plombier zingueur, employé des impôts ou petit patron ?

Justice

Itinéraire d'un juge dévoyé

Promis aux plus hautes instances de la magistrature, l'ex-vice-procureur au tribunal de Bobigny dort à la Santé. Jean-Louis Voirain aurait abusé de ses fonctions. Pour quelques enveloppes.

Denis Demonpion

De l'avis même de ses ex-collègues magistrats, c'est « un drôle de zozo, plutôt falot », qui dort derrière les barreaux de la maison d'arrêt de la Santé. Cependant, on ne voit pas comment Jean-Louis Voirain, suspendu de ses fonctions de vice-procureur au tribunal de Bobigny à la suite de son incarcération, le 11 février, pourrait échapper à la radiation du corps de la magistrature. Les instances disciplinaires du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sont saisies. Sa mise à la retraite anticipée ne devrait plus être qu'une question de semaines.
Mis en examen pour « blanchiment aggravé, corruption passive et trafic d'influence » par la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui instruit une vaste affaire de carambouille, ce magistrat de 59 ans est accusé d'avoir monnayé ses conseils auprès de personnes en délicatesse avec la justice. En contrepartie, il aurait reçu des cadeaux de valeur, se serait fait payer des voyages en Grèce et en Israël et aurait touché des enveloppes de 1 500 à 2 000 euros. La plupart du temps, elles lui étaient glissées dans la poche au restaurant. Mais il est arrivé qu'un coursier les lui apporte à son bureau au tribunal, voire à son domicile. Autres « anomalies » relevées par les policiers : ses interventions avaient pour but d'obtenir la clémence pour ses amis. Il aurait même demandé le placement en détention d'un chef d'entreprise pour plaire à un proche. En près de dix ans, le juge Voirain aurait ainsi empoché plus de 50 000 euros. Pourtant, nul ne lui connaît un train de vie dispendieux. Juste un goût marqué pour les armes de collection. Quand il roulait en Mercedes, c'est qu'on la lui avait prêtée...

Qu'un magistrat de son rang en poste dans un des tribunaux les plus importants de France ait pu se livrer à des exactions sans être inquiété par sa hiérarchie ni par ses ministres de tutelle successifs laisse pantois. D'autant que Jean-Louis Voirain n'est pas, à proprement parler, inconnu des services de la justice. Alors qu'il est substitut à Meaux, entre 1976 et 1986, il est une première fois soupçonné d'avoir tiré d'affaire une société engluée dans les ennuis judiciaires. Une procédure disciplinaire est ouverte à son encontre, qui sera vite abandonnée. Ses explications suffisent à convaincre ses pairs de sa bonne foi. En 1999, son nom est cité dans l'affaire de détournements de fonds de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF). Là encore, les deux juges qui l'interrogent l'exonèrent sur son seul témoignage. L'alerte a été chaude. Le dossier s'alourdit. Contacté par Le Point à propos de cette affaire, son avocat n'a pas donné suite.

Pas de petits profits

»Les élus comme les magistrats qu'il a connus en conviennent : l'impunité dont ce fonctionnaire a bénéficié durant ces années ne s'explique que par ses engagements politiques. Membre du RPR, puis de l'UMP, Jean-Louis Voirain a longtemps fait partie de l'Association professionnelle des magistrats (APM), le syndicat de droite, très en cour sous le ministère de Jacques Toubon. Il en devient bientôt le secrétaire général et, par la même occasion, l'obligé et l'homme à tout faire de son président, Georges Fenech, élu député UMP du Rhône aux élections législatives de mars 2002. Deux hommes que les circonstances et les intérêts croisés rendent indissociables. « Je n'entretenais pas de liens amicaux avec lui. Juste des liens syndicaux », tempère aujourd'hui Georges Fenech.

Lorsque, par la faute de son président honoraire, Alain Terrail, l'APM se retrouve au banc des accusés à la suite d'un jeu de mots antisémite paru dans la revue de l'organisation, tous deux s'en éloignent pour aller fonder le Syndicat indépendant des magistrats, une formation pratiquement mort-née. Comme il n'y a pas de petits profits, le secrétaire général part avec les timbres qu'il restituera un dimanche à son successeur, après avoir reçu une lettre comminatoire de la nouvelle direction de l'APM.

Fenech et Voirain sont de vieilles connaissances, embarqués volontaires dans l'expédition africaine organisée en 1998, en étroite liaison avec la présidence gabonaise, pour veiller au bon déroulement du scrutin devant conduire à la réélection d'Omar Bongo. La délégation comporte quelques bonnes copines magistrates affiliées à l'APM et l'avocat parisien proche de l'Elysée, Francis Szpiner.
L'APM se retrouve également mêlée à l'affaire Falcone portant sur des ventes d'armes à l'Angola. L'enquête révèle que Pierre Falcone, l'homme d'affaires au coeur du dossier, a financé le syndicat dirigé à l'époque par Fenech. L'épisode se traduira par la mise en examen de ce dernier.
Spécialisé dans le contentieux des débits de boisson et la chasse au trafic d'influence commis par les gérants de pizzérias, Jean-Louis Voirain, ces dernières années, est las de poursuivre le crime dans La Plaine-Saint-Denis, où il a officié pendant quatorze ans. Désormais, il aspire à prendre du grade comme avocat général à la cour d'appel de Paris. Lui qui n'a jamais fait mystère de ses engagements politiques, y compris lorsqu'il requiert devant le tribunal, se mobilise pour les campagnes présidentielle et législatives de 2002. Il participe à plusieurs réunions politiques en Seine-Saint-Denis. Pilier du département, Robert Pandraud, qui fut ministre délégué à l'Intérieur chargé de la sécurité dans le gouvernement Chirac en 1986-1988, se souvient de l'avoir vu à une soirée qu'il avait organisée en présence de Jean-Louis Borloo, futur ministre délégué à la Ville du gouvernement Raffarin. A cette occasion, Voirain prend la parole pour réclamer plus de fermeté dans les textes et davantage de moyens matériels pour la justice. « Le discours classique d'un magistrat modéré », note Pandraud.
Auprès de certains de ses collègues, l'accusateur public se targue d'être l'inspirateur du programme « justice » de l'UMP. « Pas de quoi se vanter », ironise l'un d'eux. Voirain fonde tous ses espoirs dans la victoire de la droite. « Il voyait déjà le tapis rouge se dérouler sous ses pieds », résume un magistrat. Le résultat des élections conforte ses ambitions, d'autant que, dès janvier 2002, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur sur proposition de l'Elysée. C'est Robert Pandraud qui, lui donnant alternativement du « Cher Jean-Louis Voirain » et du « Cher ami », lui remet les insignes. Pour « récompenser les services éminents »... « rendus à la justice ». Et à la France. « La distinction qui vous honore, déclare l'ancien ministre, récompense, vous a écrit le président de la République, je le cite, votre disponibilité, votre compétence, votre sens de l'intérêt général. Ceux-ci vous avaient déjà valu, en 1996, votre nomination au grade de chevalier de l'ordre national du Mérite. »
« Eminent serviteur de l'Etat »
Après avoir salué l'« éminent serviteur de l'Etat » pour l'« écoute » qu'il prodigue aux élus locaux et le « modèle » qu'il incarne « au service serein du noble métier de procureur », Robert Pandraud se félicite d'avoir été choisi comme « parrain » de cette remise de décoration. « Je ne parlerai pas des valeurs que vous défendez avec tant de conviction, nous tous ici les partageons. »
Dans l'assistance, le sénateur maire UMP de Neuilly-Plaisance, Christian Demuynck, puissance invitante, jubile. De même que le chanteur Jean-Luc Lahaye, propriétaire impécunieux d'une discothèque, Le 287, à Aubervilliers, où Jacques Chirac était venu célébrer la Fête de l'Internet pendant la campagne présidentielle. Ami de Voirain, le chanteur, au bord de la faillite, avait, en 2002, obtenu du tribunal de commerce de Seine-Saint-Denis la faveur d'un plan de continuation au lieu d'une liquidation judiciaire. Inscrit sur la liste des invités, le magistrat Jean-Claude Antonetti, conseiller d'Alain Juppé à Matignon puis de Chirac à l'Elysée jusqu'à sa réélection, a, au dernier moment, été empêché d'assister à l'amicale cérémonie.
Le dévouement de Voirain, bientôt, serait récompensé. En décembre 2002, quelques semaines avant son incarcération, Dominique Perben, ministre de la Justice, le propose au poste prestigieux d'avocat général, sur les instances de... Georges Fenech. Malédiction ! Le Conseil supérieur de la magistrature, « surpris » de cet avancement, s'y oppose. « Ses capacités n'avaient jamais impressionné personne », relève, laconique, un membre du CSM. Ce refus évite à Dominique Perben de commettre un impair qui, politiquement, aurait pu lui coûter cher
© le point 19/09/03 - N°1618 - Page 34 - 1380 mots


Admirateur éperdu

@Véronique

Je ne suis pas sûr que vous ayez compris ce que j'ai voulu vous faire voir : cette promptitude qu'ont certains lorsque un magistrat se fait pincer à nous expliquer bouche en coeur :

- que ce brave homme avait des difficultés passagères,
- qu'il est "gris et terne" sous-entendu insignifiant…
- - etc…

Lorsqu'on gratte un peu et qu'il y a une enquête sérieuse on se rend compte la plupart du temps que ce magistrat dérapait depuis bien longtemps, que c'était connu de la plupart, qu'il bénéficiait de solides protections en particulier politiques… (ex récents : Hontang, Vérita, Renard et bien d'autres…)

C'était le cas de Voirain.

Et qui vient nous dire cela : ses collègues magistrats, les quelques journalistes dits "spécialistes" de la justice dont PRD car bien évidemment s'ils faisaient correctement leur travail, cela se saurait et ils n'ont pas envie de scier la branche sur laquelle ils sont assis…

Alors, j'espère que vous aurez autant de critiques pour les 3 articles que je soumets à votre sagacité : en face de l'humanité" (je dirais l'extrême bienveillance de PRD pour ne pas être plus désobligeant) heureusement que certains s'en tiennent aux faits… et ils étaient accablants pour Voirain... et ses supérieurs.

Et les supérieurs de Voirain convoqués sont bien entendu connus pour leur neutralité politique ! Défense de rire...

Trois anciens supérieurs du substitut Voirain convoqués par les juges
LE MONDE | 12.06.03 | 14h10 • MIS A JOUR LE 12.06.03 | 17h28
Dans l'enquête pour blanchiment qui a provoqué l'incarcération, le 11 février, de Jean-Louis Voirain, premier substitut au parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), les juges Prévost-Desprez et Simeoni veulent entendre comme témoins trois hauts magistrats qui n'ont pas diligenté de poursuites contre lui. Alexandre Benmakhlouf, l'ancien procureur général de Paris, devrait, ainsi que son successeur Jean-Louis Nadal, être entendu fin juin. Marc Moinard, aujourd'hui procureur général de Bordeaux, devrait l'être en juillet. Le débat sur les insuffisances des mécanismes de contrôle de la magistrature est à nouveau relancé.
L'enquête pour blanchiment qui a provoqué l'incarcération, le 11 février, de Jean-Louis Voirain, premier substitut au parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), suscite depuis quelques jours une vive effervescence dans les milieux judiciaires. La juge parisienne Isabelle Prévost-Desprez - désormais épaulée dans ce dossier délicat par Xavière Simeoni - vient d'adresser des convocations à trois hauts magistrats, qui devraient être interrogés en qualité de témoins.
Premier avocat général à la Cour de cassation, Alexandre Benmakhlouf, procureur général de Paris de 1996 à 2001, et Jean-Louis Nadal, qui lui a succédé à ce poste, sont convoqués la dernière semaine de juin. Le procureur général de Bordeaux, Marc Moinard, qui fut procureur de la République à Bobigny (1991-1995), puis directeur des services judiciaires (1995-1996) et directeur des affaires criminelles et des grâces (1996-1997) à la chancellerie, est quant à lui convoqué la première semaine de juillet.
Les juges souhaitent obtenir les explications de ces trois magistrats qui, à un moment de leur carrière, ont eu M. Voirain sous leur autorité. Elles paraissent s'interroger sur l'indulgence dont auraient fait preuve les supérieurs de M. Voirain, qui a toujours été très bien noté mais dont le parcours a pourtant été jalonné d'"incidents" susceptibles de donner l'alerte.
Après avoir obtenu le placement en détention provisoire de M. Voirain, mis en examen pour "blanchiment aggravé, recel d'abus de biens sociaux, détournements d'actifs, corruption passive et trafic d'influence passif", Mme Prévost-Desprez avait sollicité la direction des services judiciaires (DSJ) de la chancellerie afin de se faire communiquer le dossier administratif du magistrat du parquet. La juge dut constater que la DSJ avait omis de lui faire parvenir la chemise qui accompagne chaque dossier de magistrat et qui recense les incidents disciplinaires. Finalement, début avril, la juge a obtenu cette chemise, au contenu édifiant.
"PRENDRE L'APÉRITIF"
Ce dossier porte notamment la trace d'une affaire de traites fictives - comparable à celle qui vaut à M. Voirain d'être incarcéré - dans laquelle le nom du magistrat fut cité dès 1992. Dans cette enquête, ouverte contre X... à Bobigny pour "escroquerie" et "faux en écriture de commerce" au cabinet du juge Guy Pieri, deux personnes étaient mises en cause : un avocat, Robert Ghariani - aujourd'hui en fuite - et un chef d'entreprise, Jacques Maloberti. Ce dernier et le fils de M. Ghariani, accusés d'avoir remis des cadeaux et des espèces à M. Voirain, sont poursuivis par Mmes Prévost-Desprez et Simeoni.
En octobre 1992, le juge Pieri avait demandé au procureur, Marc Moinard, de saisir la Cour de cassation afin qu'elle dépayse le dossier, en vertu du privilège de juridiction qui s'appliquait alors lorsqu'un magistrat était en cause. Plusieurs conversations téléphoniques interceptées entre MM. Maloberti et Ghariani attestaient leur proximité avec M. Voirain, en poste à Bobigny depuis 1989. Evoquant d'éventuels ennuis judiciaires, le premier disait au second : "On va parler de ça à Jean-Louis." Lors d'un autre appel, M. Maloberti indiquait : "Jean-Louis arrive, je lui en touche deux mots."
Selon les documents versés au dossier disciplinaire de M. Voirain, M. Moinard avait indiqué à la Cour de cassation que, d'après lui, il n'y avait pas lieu d'engager de poursuites contre le magistrat - alors chef de la section économique et financière du parquet. Suivant l'avis de M. Moinard, la Cour avait, le 9 décembre 1992, renvoyé le dossier au juge de Bobigny. Courant 1993, ce dernier avait, conformément aux réquisitions de M. Moinard, clôturé son enquête par un non-lieu. Interrogé le 3 juin par Mmes Prévost-Desprez et Simeoni sur cet épisode, M. Voirain a concédé qu'il avait noué des relations avec M. Maloberti, domicilié dans la même rue que lui, à Villemomble et à qui il aurait prodigué des "conseils commerciaux". Le magistrat a précisé que dès 1992, M. Moinard lui avait "demandé des explications" concernant ses relations avec M. Maloberti. "Je lui ai dit que comme voisin, il m'arrivait de passer prendre l'apéritif", a-t-il ajouté.
Les juges ont aussi découvert, dans le dossier de la DSJ, un rapport de 1997 intitulé "Liens de M. Voirain avec un repris de justice". Le nom du magistrat figurait dans l'agenda de Jean-Michel P., un malfaiteur arrêté en France à la demande de la justice danoise. Celui-ci était accusé d'avoir participé, avec quatre complices, à un hold-up commis en juin 1995 à Arhus au cours duquel un policier avait été tué. Un mois plus tard, le suspect avait été arrêté et mis en examen par un juge de Bobigny, Baudoin Thouvenot.
Selon le rapport rédigé en septembre 1997 par le procureur de Bobigny, Jean-Paul Simonnot - et transmis au procureur général de Paris puis à la chancellerie -, dès l'arrestation du malfrat, M. Voirain aurait révélé "spontanément au magistrat instructeur connaître Jean-Michel P.". "Il [a] entretenu des relations amicales avec Jean-Michel P. qu'il tutoie, ainsi que son amie", ajoutait le rapport. M. Voirain avait sympathisé avec le malfaiteur - condamné dans l'affaire du braquage par la cour d'assises de Bobigny en 2000 - au milieu des années 1980, à l'époque où il était substitut à Meaux (Seine-et-Marne). Jean-Michel P. avait été poursuivi devant ce tribunal pour vols de véhicules et utilisation de chèques volés.
TÉMOIN DE MORALITÉ
Avant son procès aux assises, Jean-Michel P. avait même songé à faire citer son ami Jean-Louis Voirain devant le tribunal comme témoin de moralité : "Cette perspective est extrêmement préoccupante", notait M. Simonnot dans son rapport. Au cours d'une perquisition menée chez M. Voirain en février, Mme Prévost-Desprez a découvert des vestes de cuir qui, selon le témoignage des propres filles du magistrat, avaient été offertes par Jean-Michel P. Lors de son interrogatoire du 3 juin, M. Voirain a assuré n'avoir "eu connaissance de toutes les condamnations" de Jean-Michel P. que récemment, "lors de [son] audition par l'inspection générale des services judiciaires".
Le dossier disciplinaire évoque aussi l'affaire de la MNEF : en 1999, M. Voirain avait été accusé par un imprimeur d'être rémunéré par un faux facturier à qui il aurait offert une "protection". Interrogé par les juges Armand Riberolles et Françoise Néher, M. Voirain avait admis avoir donné quelques conseils mais contesté avoir été payé. Il n'avait pas été mis en examen, mais son audition suscita trois rapports du procureur général, Alexandre Benmakhlouf, au garde des sceaux, les 22 octobre 1999, 29 novembre 1999 et 19 janvier 2000. M. Benmakhlouf s'était lui-même appuyé sur les synthèses rédigées par le procureur de Bobigny. Pourtant, lorsqu'il a été interrogé par la juge Prévost-Desprez, en février, M. Simonnot a assuré ne pas avoir été informé, en 1999, de l'implication de M. Voirain dans le dossier de la MNEF.
Les juges ont aussi versé au dossier judiciaire un fax adressé par le parquet général à la chancellerie le 19 février - soit huit jours après l'incarcération de M. Voirain - : il s'agit de la copie du procès-verbal d'audition de M. Voirain, le 9 mai 2001, dans l'enquête sur les ventes d'armes vers l'Angola. Il avait été questionné par la brigade financière lorsqu'il était apparu que l'Association professionnelle des magistrats (APM, droite), dont il fut le secrétaire général, avait été financée par la société de Pierre Falcone, l'homme d'affaires au cœur du dossier.
Nommé chevalier de la Légion d'honneur en janvier 2002 sur proposition de l'Elysée, M. Voirain avait été, en décembre 2002, proposé par le ministre de la justice pour le poste prestigieux d'avocat général à la cour d'appel de Paris. Mais le conseil supérieur de la magistrature avait émis un avis négatif.
Fabrice Lhomme
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"On n'a peut-être pas voulu voir"
Interrogé par Le Monde, Alexandre Benmakhlouf a indiqué qu'il réservait ses réponses aux juges d'instruction, précisant toutefois n'avoir "jamais eu l'occasion de connaître personnellement Jean-Louis Voirain". "La cour d'appel de Paris regroupe de nombreux magistrats ; pour les notations, je m'en remettais aux propositions des procureurs", a ajouté l'ancien procureur général de Paris (de 1996 à 2001). Marc Moinard, procureur de Bobigny entre 1991 et 1995, a concédé que, "à l'époque, on n'a peut-être pas voulu voir ce qui semblait inimaginable, à savoir qu'un magistrat pouvait être malhonnête". "Il y avait eu quelques soupçons concernant M. Voirain, mais j'imaginais qu'il avait seulement commis des maladresses. Avec le recul, je me dis que je me suis fait avoir", a regretté M. Moinard. Jean-Louis Nadal et Jean-Paul Simonnot, respectivement procureur général de Paris et procureur de Bobigny, n'ont pas souhaité s'exprimer.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 13.06.03


A propos des trois hauts magistrats qui seront entendus pour comprendre la mansuétude dont Jean-Louis Voirain a bénéficié malgré plusieurs alertes

Alexandre Benmakhlouf

Actuellement Premier avocat général à la Cour de cassation, Alexandre Benmakhlouf, fut procureur général de Paris de 1996 à 2001. Il fut nommé a ce poste par Jacques Toubon en pleine explosion des affaires de détournements de fonds et de commissions occultes en Ile-de-France.

Fidèle des fidèles, il fut membre du Cabinet de Jacques Chriac, Premier Ministre de la première cohabitation de 1986 à 1988. Il fut ensuite conseiller juridique de Jacques Chirac à la mairie de Paris (1985-1991) puis directeur de cabinet de Jacques Toubon, ministre RPR de la Justice, de 1995 à 1996.

Comme Jean-Louis Voirain, Georges Fenech (député UMP, affaire Falcone), Alain Terrail (calembourg raciste), Jean-Louis Herail (affaire Falcone) et Yves Bot (actuel procureur de la République de Paris), Alexandre Benmakhlouf est un ancien du bureau de la très doitière APM (ex-secretaire général adjoint), impliquée dans plusieurs scandales (d"ordre financier ou raciste).

Sa propre épouse fut salariée du célèbre office des HLM des Hauts-de-Seine, embauchée par Didier Schuller, dont il fut une relation. Si l'on en croit certaines sources judiciaires (Le Parisien, 15 décembre 2000), le fils du procureur Benmakhouf aurait été engagé en janvier 1995 comme chargé de mission auprès du maire de Paris Jacques Chirac.

Il put donc diriger, en toute impartialité, l'action publique dans les affaires des HLM de Paris et des Hauts-de-Seine, du RPR et de la Mairie de Paris.

Devant le tollé suscité par les réquisitions de nullité de la procédure engagée contre Xavière Tiberi le 8 novembre 2000 (emploi présumé fictif au Conseil général de l'Essonne) et des réquisitions de remise en liberté de l'ancien ministre RPR Michel Roussin le 5 décembre 2000, Alexandre Benmakhlouf donna sa démission en décembre 2000.

Il est aujourd'hui Premier avocat général auprès de la Cour de cassation. Il a été élevé au grade d'Officier de la Légion d'Honneur à la promotion du 1er janvier 2003.

Jean-Louis Nadal

Comme Procureur général auprès de la Cour d'Appel de Paris, Jean-Louis Nadal joua un rôle clé dans la reconnaissance de l'immunité pénale de Jacques Chirac. Dans ce cadre, il s'opposa à son subordonné direct Jean-Pierre Dintilhac, Procureur de la République de Paris, qui estimait "possible en droit" la convocation de M. Chirac chez le juge d'instruction.

Marc Moinard

Marc Moinard a été nommé par Jacques Toubon, en 1995, directeur des Affaires criminelles et des Grâces au ministère de la Justice. Il fut a ce titre qualifié de grand ordonnateur des enterrements judiciaires par le Canard du 3 septembre 1997. En 1994, magistrat à Bobigny comme Jean-Louis Voirain, il fit parti d'un groupe (surnommé le gang de Bobigny selon le Canard) associant Michel Barrau, alors premier substitut du procureur de Bobigny, qui s'illustra face au juge Halphen après sa nomination comme procureur de la République de créteil (Michel Barrau a été récemment nommé Procureur général près de la Cour d'appel de Toulouse en pleine affaire Alègre).

Références:

Le meilleur avocat du RPR est un procureur - Canard Enchainé - 03/09/1997
http://forums.transnationale.org/viewtopic.php?t=144

Halphen victime d'un cinquième coup bas - Canard Enchainé - 19/02/1997
http://forums.transnationale.org/viewtopic.php?t=144

Alexandre Benmakhlouf: Le Cheval de Caligula - Canard Enchainé - 31/07/96

Nouveaux éléments à charge dans l'enquête sur le magistrat Voirain
AFP | 06.09.03 | 12h31

Les enquêteurs chargés de l'affaire sur le magistrat Jean-Louis Voirain, mis en examen et écroué depuis le 11 février pour "trafic d'influence", ont mis au jour de nouvelles interventions présumées du substitut en faveur de ses proches, a-t-on appris samedi de source proche du dossier.Dans un compte rendu d'enquête rédigé fin juillet, les policiers énumèrent les différentes "anomalies" relevées dans des dossiers dans lesquels M. Voirain est intervenu directement ou indirectement lorsqu'il était substitut au parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis).Alors que dans la majorité des cas mis en exergue, ses interventions visaient à obtenir des décisions favorables pour ses amis ou à minimiser, d'une manière ou d'une autre, les charges retenues à leur rencontre, les enquêteurs ont relevé un dossier d'une autre nature. Il concerne un chef d'entreprise qui se voyait reproché un dépôt de bilan avec des impayés non-frauduleux au préjudice d'une société dont le dirigeant était par ailleurs associé avec un proche de M. Voirain. Sur instructions expresses de M. Voirain, le chef d'entreprise a été placé en garde à vue avant d'être placé en détention provisoire suivant ses réquisitions. Surpris de ce placement en détention que rien ne semblait justifier, un policier a cependant sollicité un entretien auprès du procureur adjoint de Bobigny. Ce dernier a indiqué qu'il allait régler le problème et le chef d'entreprise a été libéré dès le lendemain. Sollicité par l'AFP, l'avocat de M. Voirain n'a pu être contacté.Dans leur rapport, les policiers énumèrent également les interventions présumées du magistrat en faveur de différentes personnes, parmi lesquelles le chanteur Jean-Luc Lahaye. Face aux policiers, ce dernier a reconnu qu'il connaissait M. Voirain mais a affirmé ne l'avoir jamais sollicité. Interrogé sur d'éventuels avantages qu'il aurait procuré au magistrat, il a notamment raconté l'avoir invité à un meeting de l'UMP au Bourget car le magistrat lui avait fait part de son souhait de rencontrer des personnalités politiques qui pourraient appuyer sa candidature à un poste d'avocat général à la cour d'appel de Paris. Depuis plusieurs mois, les juges d'instruction Isabelle Prevost-Desprez et Xavière Siméoni tentent de comprendre pourquoi M. Voirain a toujours été bien noté et n'a jamais fait l'objet de poursuites disciplinaires en dépit de plusieurs incidents dont certains étaient connus de la hiérarchie judiciaire.Fin juillet, les anciens ministres de la Justice Jacques Toubonet Marylise Lebranchu (2000-2002) ont été entendus comme témoins dans ce dossier.


Catherine JACOB

@Véronique
"ps : dans l’émission, je ne le croyais pas ! Philippe ne porte pas de cravate… chemise blanche à la BHL.
Je pense que par délicatesse, Philippe ne souhaitait pas faire ombrage à la cravate d’Eolas."

J'ignore le pourquoi du comment du comportement de votre cher PB, mais, pour ma part, je pense qu'il est sain de ne pas être prisonnier de ses habitudes et de prendre des vacances de la cravate quand les circonstances le permettent.
A quand une cravate donc, pour BHL ?

Ceci dit, je comprends fort bien vos explications concernant le souci que l'on peut avoir de ne pas faire de l'ombre à autrui par sa seule tenue. Il m'est arrivé moi-même d'enlever un collier que j'avais choisi de porter car, pour moi, fétiche à l'occasion de certaines prestations, et de le mettre dans mon sac sur la seule remarque d'une collègue qui me faisait observer qu'elle n'osait plus mettre le sien qui ne lui paraissait pas supporter la comparaison. Je l'ai cependant rassurée sur ce point et j'ai ensuite confié le sac au vestiaire tenu par l'ambassade du Japon à Luxembourg qui m'a rendu mon sac avec... mon collier et le... même collier à l'intérieur, ce qui n'a pas été le cas du bijoutier auquel je l'ai par la suite donné à renfiler.
Ayant porté l'indélicatesse du professionnel à la connaissance de la gendarmerie, facture et photos à l'appui, le jeune gendarme qui a reçu ma plainte n'a rien trouvé de mieux que d'appeler immédiatement le bijoutier au téléphone, lequel lui a dit que si mon collier ne paraissait plus être le même (longueur notamment, mais aussi qualité de certaines perles restantes et fermoir etc..) c'était tout bonnement dû au renfilage qui l'avait raccourci (de quatre perles, dont j'éviterai de vous donner le diamètre !!). Mon courrier à l'adresse du parquet est resté avec le collier. Fin de l'histoire !
Depuis cependant, je ne le porte plus du tout parce que psychologiquement je ne peux pas !!

Marc Fievet

Bonsoir,
A quand un "post" sur le renvoi devant les juges du procureur Montgolfier.
Les couteaux sont sortis depuis longtemps et l'utilisation de la justice pour régler des comptes fait désordre. Marc Cimamonti avait déjà tenté, il y a quelque temps, de régler son compte à ce gêneur... Pourtant, le patrimoine de cette famille de magistrat mériterait qu'on s'y intéressa très sérieusement !
Triste société qui branle de toutes parts...
Oui, Philippe, ce serait agréable de vous lire sur ce sujet.

Bonne soirée

Marc

Véronique

@ Admirateur Eperdu

"Lisez donc le portrait qu'en avait fait un journal aussi subversif que Le Point (...)"

Je viens de lire l'article du Point. Un modèle d'un genre journalistique. Vous savez, cet exercice d'information qui consiste à synthétiser (recopier) dans le même texte des PV d'auditions et un dossier établi par l'attachée de presse du tribunal pour faciliter le travail de rédaction des journalistes.

Pascale Robert-Diard est chroniqueur judiciaire. Dans son blog, elle écrit des comptes-rendus d'audiences. Elle ne se cache pas de leur donner une touche plus personnelle (*).

Extrait du billet de PRD du 15 avril:

"(...)Un juge corrompu, un membre du parquet-représentant-la-société-et-l’ordre-public, qui plus est à un grade élevé, on imagine le tableau. Tout juste si on n’a pas déjà aiguisé la lame.

Un homme tout gris aux cheveux tout blancs est à la barre. Il a 64 ans.(...)"

Le procès, c'est l’espace-temps où l'homme est en chair et en os, dans ses nudités. Il est là, implacablement présent, sous le regard du chroniqueur. Sans les PV et sans les dossiers de presse.

Le magistrat dévoyé du Point a 64 ans. Il est tout gris avec des cheveux tout blancs.

C'est de ce point de vue que PRD nous raconte son histoire, et dessine son portrait.

Voilà tout.

(*)cf. une émission du 2 juillet dernier sur le site "Arrêt sur images" animée par Daniel Schneidermann et consacrée aux blogs judiciaires, qui réunissait PRD, Eolas et...Philippe Bilger)

ps : dans l’émission, je ne le croyais pas ! Philippe ne porte pas de cravate… chemise blanche à la BHL.
Je pense que par délicatesse, Philippe ne souhaitait pas faire ombrage à la cravate d’Eolas.

Admirateur Eperdu

@Véronique

Ah ce portrait de Voirain fait par Pascale Robert Diard... qui semble vous avoir touché....

Le pôvre aurait pu dire le lecteur qui découvrait le "petit chose" sous la plume un brin démago et compassionnelle de la "petite soeur des magistrats".

Sauf que d'autres journalistes n'avaient pas le même avis sur Voirain...

Sauf que des magistrats n'avaient pas autant d'ingénuité sur ce zozo qui aurait dû tomber depuis bien longtemps.

Lisez donc le portrait qu'en avait fait un journal aussi subversif que Le Point (défense de rire) avec comme titre "Itinéraire d'un juge dévoyé" si je me souviens bien et qu'un internaute malicieux et un tant soit peu perfide a rajouté sous le portrait qu'en avait fait PRD...

Heureusement que certaines personnes ont compris et la tisane tiède que nous a servi PRD a eu du mal à passer ; mais c'était bien tenté...

Lorsque le pédophile Joubrel, ex. membre du CSM s'est fait pincer on nous a servi la même tisane tiède : le pôvre avait des difficultés dans son couple...

Lorsque Hontang s'est fait piquer en allant au claque avec une CB volée, lui le spécialiste de la déontologie chez les magistrats a été présenté comme "un magistrat exceptionnel" : sauf que l'enquête du CSM a démontré le contraire...

Je ne parierai pas que pour le magistrat de Montpellier, on ne découvre lors d'une enquête un peu plus fouillée qu'il n'a pas dérapé qu'une fois...

En lecteur échaudé, j'ai appris à me méfier... et à ne pas croire la 1ere version surtout quand ça concerne des magistrats qui dérapent !

bruno

Pourquoi ne pas citer le nom de ce magistrat présumé innocent ?
Parce qu'il est magistrat ?
Combien d'innocents sont jetés en prison, avec leur identité connue de tous, et qui ressortent innocentés ?

Catherine JACOB

Est-ce que vos collègues dont le quotidien régional annonce qu'ils vont devoir écourter leurs vacances pour accueillir leur garde des Sceaux, vendredi prochain, vont s'éclater eux aussi à l'occasion de la prestation de serment de six auditeurs ainsi que de l'inspection de la 'prison pilote' de Metz-Queuleu ??

Guzet

Cher Mr Bilger
Lisez ce petit livre riche d'information et trop peu commenté, publié à l'automne dernier, qui s'intitule "La société de défiance". Tout y est statistiquement et comparativement démontré en se référant au rapprochement d'enquêtes d'opinion transnationales. La défiance des Français à l'égard de leurs institutions et de leurs concitoyens comme leur tolérance complice à l'égard de l'incivisme et de l'absence d'intégrité, qui sont pourtant à l'origine de cette défiance généralisée...

Duval Uzan

Bonjour,
Que dire de cela?? Je n'en reviens pas!
je n'étais même pas au courant.

SOLIDARITE AVEC ERIC DE MONTGOLFIER.
où va la justice?

Charlotte De Langhe
25/08/2008 | Mise à jour : 16:33 | Commentaires 107 .

Crédits photo : AFP
INFO LE FIGARO - Le procureur de la République de Nice est soupçonné d'avoir contribué à maintenir abusivement en détention Jean Herrina, alias «le Sultan», un célèbre voleur de bijoux.

Les juges d'instruction de Lyon ont décidé, lundi, de renvoyer le procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, devant le tribunal correctionnel, près de huit mois après sa mise en examen pour «atteinte à la liberté individuelle» dans une affaire de détention arbitraire.

En juin, le parquet de Lyon avait requis le renvoi en correctionnelle du magistrat, soupçonné d'avoir contribué à maintenir en détention un voleur de bijoux mondialement connu : Jean Herrina.

Duval Uzan

Jean-Marie

Au contraire de vous, Philippe, et en total accord avec jean-Dominique Reffait, je pense que l'intégrité des magistrats est discutable, je pense que ce n'est pas nouveau et je parle d'expériences multiples glanées ici ou là, au fil des conversations, sur une trentaine d'années.

C'est un fait caché car les institutions considéraient et considèrent toujours que leur pouvoir et leur légitimité implique aucune mise en cause. Est-ce une bonne façon d'agir pour la société, là je n'ai pas d'avis. Par contre je sais que même les magistrats se laissent convaincre de l'intégrité par nature de leur corps, ils en oublient le doute or l'homme est l'homme.

Cette volonté de protéger les institutions a fait que le sujet restait confidentiel même en cas d'emprisonnement.

Ainsi il ne me semble pas que la condamnation à la prison d'un conseiller à la Cour d'Appel qui se faisait payer l'acquisition de son logement par des personnes du milieu lillois ait donné lieu à du battage médiatique, histoire que je m'autorise à relater car elle a été rendue publique dans un article amusant du Monde qui visait non pas le magistrat mais les relations entre le milieu et des politiques dans une démarche à arrière-pensée électorale.

De telles histoires et notamment celles d'abus de pouvoir de magistrats j'en connais de sources non contestables, ayant plus l'enrichissement personnel comme visée que celle ludique de J-D R. Plut au ciel que les magistrats ne soient qu'épicuriens !

mike

"Où le peuple est trop souvent appelé à le mal juger".
La réciproque n'est elle pas la cause de ce que vous déplorez ?

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