C'est du Joly !
Comme prélude : la grande nouvelle est enfin annoncée par le Journal du Dimanche et reprise par le Figaro et le Monde. Ainsi, le livre secret que Flammarion nous promettait et qui offrirait un dialogue de Michel Houellebecq avec on ne savait qui - c'était l'identité de ce dernier qui agitait l'édition parisienne - mettra donc aux prises le romancier et, devinez qui, Bernard-Henri Lévy. La surprise absolue aurait été que celui-ci ne soit pas de la partie !
Notre ancienne collègue Eva Joly, elle, a déjà publié son nouveau livre. Je ne l'ai pas lu et n'ai pas l'intention de le lire. Parce que j'ai lu les autres. Mais je l'ai entendue sur France Inter avec Nicolas Demorand.
Pourquoi cet animateur souvent caustique, toujours brillant est-il si urbain intellectuellement avec, certes, un ancien magistrat mais dont le parcours et les opinions appelleraient réplique et contradiction ? Faut-il considérer qu'il est aussi sensible que d'autres moins lucides que lui à ce qui chapeaute la personnalité d'Eva Joly et lui donne magiquement quitus pour tout : elle est contre la corruption !
Je n'ai pas honte d'avouer que je n'ai jamais été enthousiaste, contrairement à beaucoup de mes collègues, de ce "monstre sacré", à en croire des médias fonçant tête baissée dans le panneau de cette justice aussi sommaire et péremptoire que l'autre était aux ordres. Si j'ai envie de rester dans le registre des "stars", à tout prendre et de très loin, je privilégie Renaud Van Ruymbeke qui a d'ailleurs terminé ce qu'elle avait indéfiniment poursuivi.
Pour expliquer ce qui me gêne chez elle, ce ne sont pas seulement ces perpétuels aller-retour Paris-Oslo qui montrent à quel point Eva Joly, dont on ne sait si elle a réussi en Norvège, est obsédée par le désir de donner des leçons en France à des juges d'instruction qui n'ont rien à lui envier sur le plan financier et à des procureurs qui, aujourd'hui, ne reçoivent plus des instructions que d'eux-mêmes, et ce ne sont pas forcément les moins discutables. Sans doute se sert-elle de ses périodes parisiennes pour se donner aussi du lustre dans son autre pays. A l'évidence, elle vise à instiller de la mauvaise conscience ici et là-bas. Mais de plus en plus éloignée, par le temps, de ses "exploits", elle tourne à vide et répète, radote un discours qui, sur le plan du concept, est simpliste et démagogique alors que d'autres, moins célébrés, plus modestes, parlent moins mais se contentent d'agir et de faire au mieux.
Pour continuer dans cette analyse, j'ai été accablé par le mauvais goût dévastateur de l'arrestation "champagnisée" de Sirven. La volte qui l'a conduite sur le plan politique, tout récemment, à approuver François Bayrou puis à l'abandonner pour se faire octroyer une place royale chez les Verts démontre son sens tactique mais laisse songeur sur la qualité et l'intégrité de ses engagements. Le paradoxe est qu'elle aurait sans doute trouvé sur la liste du Modem une effervescence à la fois jusqu'au boutiste et modérément fiable qui aurait correspondu à ses propres élans dont l'expression est devenue monotone.
Au fond de mon hostilité professionnelle, en dépit du rôle qui a été le sien dans l'accroissement des moyens dévolus à la justice financière, il y a plus, et plus sérieux. Cette volonté qu'elle a eue de se servir de son importance médiatique pour améliorer l'intendance et la logistique ne s'est jamais mise au service de tous. Son visage a occulté tous les autres et c'est ce à quoi elle aspirait. Pour parler net, à un certain moment, la vanité du personnage - il lui aurait fallu des ressources exceptionnelles pour résister au philtre de la communication dont elle était quasiment le centre exclusif - a étouffé l'orgueil de la fonction et ce qui aurait pu être une formidable opportunité pour l'institution s'est dégradé en un vedettariat fondé seulement sur un poujadisme judiciaire qui mettait "au trou" des puissants de l'économie, de la finance et de la politique. En dehors de quelques rares avocats qu'elle avait l'habileté de flatter, beaucoup n'étaient pas friands de ses méthodes et cette forme d'unanimité faisait réfléchir.
Enfin, malaise déterminant, je n'ai jamais aimé les justiciers qui niaient la justice puisque leur morale se substituait à ce que la procédure pénale, surtout strictement observée, peut offrir de rémission à des mis en examen dont les dénégations, après tout, n'étaient pas forcément absurdes. Ce qui m'a toujours troublé dans ce formalisme et ce rituel, c'était de constater avec quelle facilité ils pouvaient tourner, en toute conscience, en un sadisme qui recherchait moins la vérité que l'offense. J'ai souvent regretté cet abandon du singulier qui, il y a longtemps, faisait que le Syndicat de la Magistrature proposait l'inculpation du patronat et de la police, quand des comportements individuels étaient en cause, et qui, plus récemment, conduisaient des juges de combat à vouloir purifier la société au lieu d'examiner et d'interroger des personnes.
Nicolas Demorand, dont je suis persuadé que le for intérieur était agité par ces questions, n'a pas pu s'empêcher de faire part de son inquiétude à Eva Joly sur la dévalorisation de la politique que ses lancinantes prestations articulées sur la servilité des procureurs, la malfaisance de l'argent et des riches et la déroute de la France judiciaire depuis qu'elle n'y sévissait plus, ne manquaient pas d'entraîner. En effet, à entendre celle-ci, dans la simplicité d'un propos qui fuyait les nuances comme la peste, on ne pouvait que s'effrayer devant l'état d'une démocratie et d'une classe politique que la corruption et la faiblesse de la lutte engagée contre cette dernière auraient rendu moribondes. Tout ce qui est excessif est insignifiant, selon Talleyrand. Aujourd'hui, tout ce qui est excessif est frappé d'une légitimité immédiate. Le danger donc est grand de voir l'outrance convaincre.
Qu'on ne m'accuse pas d'un manque de camaraderie judiciaire. C'est le contraire. Je ne vois pas au nom de quoi nous devrions recouvrir sous un voile général complaisant des attitudes particulières sujettes à caution. Rien ne nous oblige à donner l'impression fausse que nous serions attaqués de toutes parts mais que nous serions, dans notre monde à nous, fraternels, solidaires et aveugles.
J'aime ces destinées qui nous contraignent à réfléchir sur le pouvoir personnel, les limites nécessaires de la médiatisation et la nature de ce qui peut honorer le corps tout entier au lieu de favoriser une ambition unique.
Notre ancienne collègue Eva Joly, elle, a déjà publié son nouveau livre. Je ne l'ai pas lu et n'ai pas l'intention de le lire. Parce que j'ai lu les autres. Mais je l'ai entendue sur France Inter avec Nicolas Demorand.
Pourquoi cet animateur souvent caustique, toujours brillant est-il si urbain intellectuellement avec, certes, un ancien magistrat mais dont le parcours et les opinions appelleraient réplique et contradiction ? Faut-il considérer qu'il est aussi sensible que d'autres moins lucides que lui à ce qui chapeaute la personnalité d'Eva Joly et lui donne magiquement quitus pour tout : elle est contre la corruption !
Je n'ai pas honte d'avouer que je n'ai jamais été enthousiaste, contrairement à beaucoup de mes collègues, de ce "monstre sacré", à en croire des médias fonçant tête baissée dans le panneau de cette justice aussi sommaire et péremptoire que l'autre était aux ordres. Si j'ai envie de rester dans le registre des "stars", à tout prendre et de très loin, je privilégie Renaud Van Ruymbeke qui a d'ailleurs terminé ce qu'elle avait indéfiniment poursuivi.
Pour expliquer ce qui me gêne chez elle, ce ne sont pas seulement ces perpétuels aller-retour Paris-Oslo qui montrent à quel point Eva Joly, dont on ne sait si elle a réussi en Norvège, est obsédée par le désir de donner des leçons en France à des juges d'instruction qui n'ont rien à lui envier sur le plan financier et à des procureurs qui, aujourd'hui, ne reçoivent plus des instructions que d'eux-mêmes, et ce ne sont pas forcément les moins discutables. Sans doute se sert-elle de ses périodes parisiennes pour se donner aussi du lustre dans son autre pays. A l'évidence, elle vise à instiller de la mauvaise conscience ici et là-bas. Mais de plus en plus éloignée, par le temps, de ses "exploits", elle tourne à vide et répète, radote un discours qui, sur le plan du concept, est simpliste et démagogique alors que d'autres, moins célébrés, plus modestes, parlent moins mais se contentent d'agir et de faire au mieux.
Pour continuer dans cette analyse, j'ai été accablé par le mauvais goût dévastateur de l'arrestation "champagnisée" de Sirven. La volte qui l'a conduite sur le plan politique, tout récemment, à approuver François Bayrou puis à l'abandonner pour se faire octroyer une place royale chez les Verts démontre son sens tactique mais laisse songeur sur la qualité et l'intégrité de ses engagements. Le paradoxe est qu'elle aurait sans doute trouvé sur la liste du Modem une effervescence à la fois jusqu'au boutiste et modérément fiable qui aurait correspondu à ses propres élans dont l'expression est devenue monotone.
Au fond de mon hostilité professionnelle, en dépit du rôle qui a été le sien dans l'accroissement des moyens dévolus à la justice financière, il y a plus, et plus sérieux. Cette volonté qu'elle a eue de se servir de son importance médiatique pour améliorer l'intendance et la logistique ne s'est jamais mise au service de tous. Son visage a occulté tous les autres et c'est ce à quoi elle aspirait. Pour parler net, à un certain moment, la vanité du personnage - il lui aurait fallu des ressources exceptionnelles pour résister au philtre de la communication dont elle était quasiment le centre exclusif - a étouffé l'orgueil de la fonction et ce qui aurait pu être une formidable opportunité pour l'institution s'est dégradé en un vedettariat fondé seulement sur un poujadisme judiciaire qui mettait "au trou" des puissants de l'économie, de la finance et de la politique. En dehors de quelques rares avocats qu'elle avait l'habileté de flatter, beaucoup n'étaient pas friands de ses méthodes et cette forme d'unanimité faisait réfléchir.
Enfin, malaise déterminant, je n'ai jamais aimé les justiciers qui niaient la justice puisque leur morale se substituait à ce que la procédure pénale, surtout strictement observée, peut offrir de rémission à des mis en examen dont les dénégations, après tout, n'étaient pas forcément absurdes. Ce qui m'a toujours troublé dans ce formalisme et ce rituel, c'était de constater avec quelle facilité ils pouvaient tourner, en toute conscience, en un sadisme qui recherchait moins la vérité que l'offense. J'ai souvent regretté cet abandon du singulier qui, il y a longtemps, faisait que le Syndicat de la Magistrature proposait l'inculpation du patronat et de la police, quand des comportements individuels étaient en cause, et qui, plus récemment, conduisaient des juges de combat à vouloir purifier la société au lieu d'examiner et d'interroger des personnes.
Nicolas Demorand, dont je suis persuadé que le for intérieur était agité par ces questions, n'a pas pu s'empêcher de faire part de son inquiétude à Eva Joly sur la dévalorisation de la politique que ses lancinantes prestations articulées sur la servilité des procureurs, la malfaisance de l'argent et des riches et la déroute de la France judiciaire depuis qu'elle n'y sévissait plus, ne manquaient pas d'entraîner. En effet, à entendre celle-ci, dans la simplicité d'un propos qui fuyait les nuances comme la peste, on ne pouvait que s'effrayer devant l'état d'une démocratie et d'une classe politique que la corruption et la faiblesse de la lutte engagée contre cette dernière auraient rendu moribondes. Tout ce qui est excessif est insignifiant, selon Talleyrand. Aujourd'hui, tout ce qui est excessif est frappé d'une légitimité immédiate. Le danger donc est grand de voir l'outrance convaincre.
Qu'on ne m'accuse pas d'un manque de camaraderie judiciaire. C'est le contraire. Je ne vois pas au nom de quoi nous devrions recouvrir sous un voile général complaisant des attitudes particulières sujettes à caution. Rien ne nous oblige à donner l'impression fausse que nous serions attaqués de toutes parts mais que nous serions, dans notre monde à nous, fraternels, solidaires et aveugles.
J'aime ces destinées qui nous contraignent à réfléchir sur le pouvoir personnel, les limites nécessaires de la médiatisation et la nature de ce qui peut honorer le corps tout entier au lieu de favoriser une ambition unique.
Du grand Bilger que ce billet !
Excellent de bout en bout.
A propos, merci pour le tuyau que vous me donnez pour tous les jours dans mon travail :
lecteur à Véronique :
"Avez-vous lu le dernier de X. ?
à présent, Véronique à lecteur :
"Non. Je ne l'ai pas lu et n'ai pas l'intention de le lire. Parce que j'ai lu les autres."
Rédigé par: Véronique | 23 septembre 2008 at 08:33
Pan!
Une louche pour Eva!
Rédigé par: mike | 23 septembre 2008 at 08:53
2002. Eric Halphen avec Jean-Pierre Chevènement. On a vu la suite.
2009. Eva Joly avec Daniel Cohn-Bendit. Et si celui-ci décidait de se présenter en Allemagne, comme il l’a déjà fait, où irait-elle ?
Rédigé par: dab | 23 septembre 2008 at 09:25
En consultant le titre de ce billet, j'ai d'abord pensé que M. Bilger le consacrait à Sylvie Joly - n'avait-il pas consacré sa prose à Angelina Jolie - et c'est donc sur une curiosité vis-à-vis des raisons qui pouvaient inspirer l'auteur que j'ai entamé le lecture de ce billet.
C'est dire, en dépit de l'aura médiatique dont bénéficie Eva Joly combien je suis insensible et réticent au "tableau de chasse" et faits d'armes judiciaires qu'a à son actif l'ancienne juge d'instruction du pôle financier de Paris. Je partage les réserves et observations de M. Bilger sur cette ancienne magistrate. Elle incarne une justice de vengeance sociale démonstrative et parfois humilante, et s'est imposée comme la femme la plus puissante de France, celle qui fait trembler et s'incliner "les puissants" - MM.Dumas, Sirven, Tapie - et réjouit par conséquent, au pays de La Fontaine, "les faibles", en accréditant l'idée d'une justice de classe dont elle serait le héraut téméraire et, au final, victimisé par le système qu'elle dénonce. La pose trop facile, les cordes trop usées.
En fait, Mme Joly est allée au bout de sa logique d'isolement, mais l'institution judiciaire n'offre pas à certains de ses membres de juridiction in Parténia afin qu'ils finissent d'y poursuivre, en toute quiétude, d'éventuelles chimères. C'est peut-être dommage, car cela porte sens.
Ce n'est donc vraiment pas une surprise de voir des mouvements politiques s'intéresser désormais à son potentiel dans le cadre des prochaines élections européennes, ni la voir elle-même entrer dans cette conversion.
Pourtant, cette forme de vedettariat met en cause ses pairs en justice, tant à l'instruction, au parquet, qu'au jugement.
Cette manière de pratiquer relève de l'imposture et de la séduction, ce qui explique sans doute la fascination que ce type de figure judiciaire exerce sur les médias, et, je ne suis pas tout à fait sûr que la majorité des citoyens en soit dupe, sur la population.
Peut-on faire ou participer à l'oeuvre et à la tradition de justice si on l'assimile à de prophylaxie face à une société donnée à un moment donné?
L'exercice de la justice est trop sérieux et important pour s'inscrire délibérément dans des narrations ou nourrir des fantasmes sociaux qui trouveront toujours des écuries d'Augias à nettoyer, des turpitudes plus grandes justifiant des turpitudes moindres en dépit des talents de mise en scène médiatique ou photographique:
la Justice n'est pas une illustration, même et surtout talentueuse, car elle n'est pas destinée à assurer des transferts anthropologiques.
Même les Italiens reviennent - avec beaucoup de mal - de l'opération manu pulite, des ferveurs malsaines qu'elle a entretenu et entretient toujours.
Si la Justice est figurée aveugle, c'est sans doute pour dépasser les apparences, les polémiques, les effervescences publiques, les instrumentalisations, et n'être pas dans le préjugé puisque c'est à elle de juger et que devant elle il n'est ni faible ni puissant.
Ce n'est pas une question d'idéal à atteindre, toujours insatisfait par définition. C'est simplement le lieu d'expertise à partir duquel la justice se réalise qui détermine qu'il en est ainsi.
C'est ce lieu qui est une institution. Indépendamment de ceux qui la servent ou sont tentés, individuellement ou collectivement, de se servir d'elle, en extrapolant un rôle qui ne leur est pas conféré.
Je ne me fais guère d'illusion. Nombreux seront eux et celles qui me taxeront de naïveté. Mais la véritable naïveté c'est voir les choses comme elles ne sont pas pour la faculté qu'elles offrent ainsi de poursuivre son ou ses désirs.
Rédigé par: daniel ciccia | 23 septembre 2008 at 10:00
N'y a-t-il pas un fort parallélisme entre la carrière judiciaire/littéraire/médiatique/politique d'Eva Joly et celle d'Eric Halphen?
La notoriété d'attaquer les "puissants" demande des personnalités fortes qui peuvent conduire à des "ego" surdimensionnés que la célébrité renforce...
Etre juge d'instruction n'est-il pas aujourd'hui "un autre moyen" d'être une star et de vendre ses mémoires...
il suffit d'avoir "la chance" d'une affaire qui passe aux 20 heures...
Rédigé par: francis | 23 septembre 2008 at 10:33
Tout à fait d'accord avec vous sur l'ensemble de ce billet.
Excepté le passage sur "la stratégie politique", car il ne me semble pas que s'engager auprès du Modem ou d'Europe Écologie relève du génie politique... Eva Joly, si elle avait voulu aller à la soupe, étant donné l'importance médiatique que lui prête notre cher pays, aurait pu décrocher son téléphone et appeler des responsables UMP pour prendre la place de n'importe quel candidat. Il est inconcevable que cette place ne lui eût pas été cédée. De là, plusieurs conclusions parmi lesquelles: soit l'UMP ne se soucie pas de la chance qu'un candidat alternatif donne à leur campagne (et c'est le contraire de ce qui nous a été démontré à la mairie de Neuilly), soit la stratégie d'Eva Joly n'a rien a voir avec celle d'une victoire assurée (cf. réussite approximative du Modem, et inconnu total avec le groupe Europe Écologie), soit, tout simplement comme elle l'exprimait au micro de France Inter, elle est persuadée que la politique française (et surtout celle des grands partis) est pourrie par les affaires... Ce que vous appelez donc, du Poujadisme. Mais, elle a le "droit de tout dire", et il est dur de contester qu'au regard des Hauts-de-Seine et de ses mairies sulfureuses, ou encore des affaires complexes qui ont traversé les gouvernements et les partis majoritaires, il semble logique de pouvoir tenir ce discours... Et alors que 2 sources journalistiques ont vu Tapie a l'Élysée et qu'aucun grand média n'a repris la nouvelle, il est difficile de se contenter des démentis de l'ancien président de l'OM et l'actuelle ministre de l'économie pour reconnaître que "non non, l'Élysée n'a rien a voir là-dedans".
Vous invoquez à juste titre "la procédure pénale, surtout strictement observée", mais quand on sait que certaines procédures n'aboutissent pas avant plus de 10 ans et divers recours aux conclusions contradictoires, il semble logique de trouver un autre moyen d'assainir cette politique, en commençant par défendre un message honnête et moral. Je concède que si l'on compare les propos de cette dame à un "désolé d'être ami avec Bouygues, Lagardère, Dassault, etc...", alors oui, Eva Joly peut sembler un brin populiste, mais je fais alors partie de ceux à qui elle donne un peu d'espoir.
Rédigé par: Francois Pesce | 23 septembre 2008 at 11:07
Le visqueux, comme je l'appelle (Michel Houellebecq) est un grand écrivain et certainement le centre littéraire germanopratin du moment qui se prend par trop souvent pour le centre du monde tout court mais c'est ainsi; il n'y a que les français pour tomber dans le panneau et s'en trouver toujours stupides ... Vous n'êtes pas au fait de ce monde littéraire, cher PB. Encore une fois, il faut que je vous explique les choses. BHL, hormis sa fortune héritée, est peu épais dans ce réel monde de l'esprit, la pensée, la réflexion ... Il n'y a que vous -je me répète- pour faire attention plus que cela aux productions intellectuelles de cet homme. Personnellement, je l'aime bien; il me fait marrer et quelquefois il dit et/ou écrit des choses intéressantes ... Ce que j'aime surtout c'est cette façon impériale qu'il a d'écraser et mépriser les médias quasi institutionnels, les soumettre, qu'ils rampent ces pseudo férus de liberté d'information et d'expression et de liberté tout court. Henri Guaino l'a traité de petit con; Chevènement, lorsqu'il (BHL) voulut ramener sa fraise et l'attaquer sur un peu tout et n'importe quoi, lui a cloué intellectuellement le bec en deux phrases comme on donne une gifle à un petit enfant gâté qui veut jouer dans la cour des vrais intellectuels. Il s'en est retourné chez lui la queue entre les jambes, le "philosophe" et plus jamais il n'y est revenu s'y frotter ... Donc, voici: Le duo littéraire Houellebecq-BHL ... Une image résumera mieux que tout cette chose singulière, je vous l'accorde. Un nain drôle gesticulant, sautant, grimaçant partout, se désole de ce que la littérature ne le reconnaisse pas comme un des siens voire un des plus important (Parenthèse: son "BAUDELAIRE" était quand même beau). Que fait-il? Il s'agrippe à la jambe d'un géant reconnu par tous et crie à la cantonnade: "Vous voyez, si je suis là, avec lui, entre ses cuisses, c'est donc bien qu'il m'a accepté et reconnu comme un grand auteur moi aussi, son alter ego! Si donc lui m'a reconnu, vous me reconnaîtrez tous! ...". Voilà, ce n'est pas plus compliqué que cela. J'imagine Houellebecq se triturant les testicules, s'emmerdant à mourir et songeant vaguement à sa prochaine partouze pendant que l'autre lui faisait part de ses envolées qu'on trouvera certainement dans ce livre ... Houellebecq aimant le fric plus que tout; on peut raisonnablement penser que le "philosophe" a dû raquer sévère pour faire figurer son nom et sa glose près des siens ... Tout ça sera vite oublié, soyez-en sûr ...
Allez, bonne journée.
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 23 septembre 2008 at 12:30
Effectivement, à l'instar de l'actuelle garde des Sceaux qui adressait des lettres émouvantes à faire pleurer aux personnalités politiques de tous bords pour faire carrière, l'éthique de conviction de la juge Eva Joly pose question : hier supporter du MoDem, aujourd'hui tête de liste, au plus modestement (sic) numéro deux du groupe Verts au élections européennes, tout cela rend la politique un vulgaire manège à gagner un siège en dépit de sa couleur.
Rédigé par: SR | 23 septembre 2008 at 13:30
J'ai trouvé votre texte un peu compliqué, nonobstant, je suis d'accord avec vous, Eva Joly m'a toujours beaucoup agacé !!!
Rédigé par: bruno | 23 septembre 2008 at 13:51
"Je ne l'ai pas lu et n'ai pas l'intention de le lire. Parce que j'ai lu les autres."
C'est très très dur et je crois qu'on peut difficilement faire pire dans la critique!
"ce qui chapeaute la personnalité d'Eva Joly et lui donne magiquement quitus pour tout : elle est contre la corruption !"
ça devrait pourtant donner à réfléchir qu'on soit prêt à beaucoup pardonner pourvu qu'on soit certain d'avoir affaire à de l'incorruptible!
Ceci dit j'entends bien qu'il n'y a parfois rien de pire non plus que la vertu!
"ces perpétuels aller-retour Paris-Oslo qui montrent à quel point Eva Joly, dont on ne sait si elle a réussi en Norvège, est obsédée par le désir de donner des leçons en France à des juges d'instruction[...]et à des procureurs[...] "
C'est vrai que c'est parfois très irritant de recevoir des leçons d'étrangèr[e]s auxquel(le)s la France a permis de faire une carrière par le biais du mariage qui n'aurait peut-être pas été aussi brillante à mener avec leurs propres forces dans leur pays d'origine. Mais l'inverse est vrai aussi.
Ceci étant et comme souvent, j'ai un exemple et c'est celui d'une collègue d'origine américaine ayant été amenée à vivre un certain temps au Japon où son français de mari avait été envoyé en mission, et que j'avais invitée un jour à déjeuner en compagnie de ma sœur et de son mari, de deux familles japonaises - issues de milieu très différents et qui se sont poliment ignorées tout le long du repas vu que l'une était arrivée très en retard ce qui avait positivement choqué l'autre -, ainsi que de quelques amis, et qui n'a cessé de tout critiquer, du fait que je ne recevais pas chez moi (pas assez de place) mais ailleurs, que j'étais vêtue de telle façon alors que les circonstances auraient voulu que ce fut de telle autre, qui plus est de vêtements qui ne m'allaient pas (trop amples, suggérant quelque part que j'avais dû m'habiller aux Emmaüs), ne cessant de me demander si je me rendais compte à quel point l'une des deux japonaises était distinguée contrairement aux japonaises en général, et à l'autre japonaise invitée en particulier et enfin critiquant :
- l'université française en général, précisant que sa fille ferait des études en Amérique vu que sa mère avait les moyens de lui payer des études qui coûtent très très cher au milieu d'étudiants qui dès lors sont réellement motivés (je veux bien, mais l'un des fils de ma sœur, a, pour sa part, fait ses études dans une université américaine réputée après avoir contracté un prêt étudiant qu'il rembourse depuis qu'il est salarié, et sans ce que cela ait donc coûté un centime à ses parents!),
- ses collègues d'anglais dont pas un seul n'était capable, paraît-il, de donner une conférence en anglais sur les sujets dont ils étaient censés être spécialistes alors que n'importe quel professeur de français aux U.S.A ou ailleurs serait mort de honte de ne pas faire sa conférence dans la langue de Molière,
- et se montrant en définitive convaincue qu'un bon linguiste ce n'est pas celui qui pérore dans sa langue sur des sujets compliqués mais celui qui connaît l'onomatopée pour 'avoir la goutte au nez' ou encore 'morve' ou bien 'se moucher', je ne sais plus exactement mais c'était quelque chose de cet ordre d'intérêt!
Chose que bien évidemment ne savent jamais les Français, si en revanche, ai-je envie d'ajouter, ils se font rarement prier pour moucher les morveux/ses!!
Rédigé par: Catherine JACOB | 23 septembre 2008 at 14:23
Je crois que j’ai failli à donner pour l’anecdotique et à toutes fins utiles, qui peut savoir, pour ce qui est du japonais en tout cas, les onomatopées auxquelles j’ai fait référence dans mon post précédent:
Quelque chose qui goutte, goutte à goutte, c’est, transcrit en français amusant : « Potes à Potes à ».
Mais transcrit selon la transcription américaine, ça donne : «POTA POTA » - Maintenant si les gouttes sont un peu conséquentes et d’une certaine texture (ex. gouttes de sang), c’est en français amusant toujours : « Bottes à bottes à ».
Transcrit selon la transcription Hepburn (= américaine, mais rien à voir avec Katarina), ça donne : «BOTA BOTA », cette dernière onomatopée renvoyant également à la consistance d’un gros corps flasque flageolant !
Enfin, ‘Snif snif’ c’est « Chic chic ! ».
En transcription Hepburn : « SHIKU SHIKU », et avec cela on dira que les américaines n’ont pas d’humour !!
Je ne sais pas si les écarts entre « le penser » en français et « le penser » en norvégien sont susceptibles de donner des choses aussi amusantes que celles-là, mais ce serait sans doute intéressant à savoir, vu que la langue dans laquelle fondamentalement les gens pensent conditionne pour beaucoup leur mode de compréhension de la réalité, y compris la juridique!
Rédigé par: Catherine JACOB | 23 septembre 2008 at 16:20
Loin de moi l'idée de commenter vos points de vue sur Eva Joly et ses engagements, je m'incline.
Sur le sieur Demorand, par contre, je suis surpris de votre indulgence : il va falloir penser un jour qu'il paraît délicat, sauf à sacrifier la préparation des dossiers, d'assurer les petits matins de France Inter et l'apéro du soir sur iTélé.
On va dire que les yeux d'Eva lui font penser à ceux de Maja (mais je m'égare)
Bonjour chez vous
Rédigé par: Jean Meyran | 23 septembre 2008 at 16:56
Etre contre la corruption, c'est bien la moindre des choses pour un Juge ! Cela ne l'autorise pas à devenir un "sheriff", plus préoccupé de son image médiatique que de la réserve qui sied à sa fonction.
En ce sens, bien que sur un plan différent, Eva Joly et Renaud Van Ruymbeke ont ce point commun... Ceci expliquerait-il leur "mise au placard" ?
Quand on est sur le devant de la scène, la majorité silencieuse attend un faux pas... Car la célébrité de quelques-uns rend les autres jaloux... L'affaire Clearstream aura été celle de trop pour RVR... La Justice s'en portera-t-elle mieux ? Permettez-moi d'en douter.
Rédigé par: chevalier | 23 septembre 2008 at 18:02
J'étais jeune et à l'époque... j'avais aimé la phrase..."Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?" Depuis, je trouve Mme E.J. très confuse. Mais je suis sans doute avec beaucoup de doutes ? Merci de m'ouvrir autant l'esprit, la pensée et... le coeur.
Rédigé par: monik | 23 septembre 2008 at 19:16
Quel réquisitoire !
Heureusement que vous n'occupez pas le poste de DSJ, cher Philippe, sans quoi Eva Joly finirait en enfer ! Sur le fond, vous avez malheureusement raison.
Rédigé par: Thierry SAGARDOYTHO | 23 septembre 2008 at 19:44
Si les procureurs sont serviles, Radio-France elle, est dévouée corps et âme au Parti Socialiste.
Une telle partialité, avec de l'argent public, c'est choquant.
Rédigé par: Polochon | 23 septembre 2008 at 20:58
Hier soir, à 20 heures, sur TF1 (c'est rare), un très beau téléfilm où Tcheky Karyo magistral incarne le "petit juge" qui instruisit l'affaire de Bruay-en-Artois. La création récente de ce téléfilm m'a quelque peu surpris car je ne pensais pas qu'on put s'en souvenir avec autant de prégnance. Il suffit d'avoir passé alors sa soirée devant l'écran pour se dire, si besoin était encore, que les Eva Joly, les Eric Alphen, etc., ont eu ce mérite plus que respectable, comme ce "petit juge" Pascal de Bruay, de nous montrer un peu, rien qu'un peu, de l'envers de ce décor judiciaire ... Vous semblez, par votre billet, cher PB, faire dans une sorte de pudeur quant au judiciaire. Je puis le comprendre; vous en êtes; ne lave-t-on pas son linge sale en famille?... Cependant voilà, ce linge sale, s'il est le vôtre comme des terres sont siennes un métayer, compose et intéresse tout un peuple qui vous en confie et l'entretien et l'intégrité et la propreté ... Il ne vous appartient pas, la justice ne vous appartient pas ... C'est ce qu'ont compris les Joly, les Alphen, les Jean-Pierre, les Pascal et, en plus de l'avoir compris, de le dire fort: Oui, nous sommes au service du Peuple et non à celui de quelque clan que ce soit ou, pire, de nos propres clans de Palais ... Vous prônez la transparence de la justice et critiquez négativement dans le même temps celle qui en fut l'incarnation même, Eva Joly; c'est un singulier paradoxe. Comment aurait-elle fait, la petite juge, femme de surcroît, pour que ces hautes affaires honteuses et indignes d'une vraie République éclatent à la face du jour et que le Peuple en soit informé, si elle n'avait tenu ce rôle près les médias? Dites, comment aurait-elle fait? Pareils les autres juges incriminés? Le téléfilm d'hier soir le montre bien qui permet à Pascal d'avancer dans son enquête grâce, justement, à cette transparence qui, certes, ne vous fait pas transparent ni joli-joli vous autres dans ce monde de la justice du Peuple au nom du Peuple, etc. On y voit bien les mécanismes judiciaires d'étouffement des affaires "délicates" (ici, pourtant, le viol et l'assassinat d'une petite fille); pourquoi voulez-vous -enjoignez-vous presque- que cela soit, mettons, discret pour, mettons encore, une bonne administration de la justice, une crédibilité judiciaire ou que sais-je?... C'est pénible que de constater chaque jour que des magistrats intègres soient obligés de se "vedettariser" pour pouvoir tout simplement faire leur travail sans subir la moindre entrave politique ou autre ou, à tout le moins, en réduire les effets anti-démocratiques. Bruguière en politique (il fut battu) vous fait-il le même effet que Joly en politique? Et Fenech? Et Marceau? J'en oublie sans doute ... Non, certainement, car ils incarnent le rang et, sans remettre en rien leur intégrité professionnelle, j'affirme qu'Eva Joly ne leur cède en rien quant à la compétence et l'intégrité professionnelles. Tout comme Pascal. A rebours, écrivait Huysmans; c'est peut-être cela qui vous agace; qu'elle aille longtemps à rebours ... Et alors?... Cela a été efficace, non? Combien de lièvres a-t-elle pu ainsi lever? C'est la Légion d'honneur qu'elle mériterait, le grade le plus haut et d'être élue également représentante du Peuple car s'il y en a bien une qui a sincèrement défendu les intérêts du Peuple -au détriment de ces propres intérêts même- c'est bien elle. Le téléfilm d'hier nous montre bien, vers sa fin, comment en 2004, juste avant le délai légal de prescription, afin, précise la voix off de Tcheky Karyo sans doute, qu'un juge un peu plus obstiné, zélé que les autres, n'ait l'idée "saugrenue" de ré-ouvrir ce dossier, nous montre bien donc comment en 2004 toutes les pièces scellées de ce dossier ont mystérieusement disparu de toutes les archives ... Introuvables désormais, fini Bruay, définitivement enterré le juge Pascal, pertes et profits les jeunes victimes martyrisées à mort ... Une autre Eva Joly pourra, à l'avenir, passer par là, elle n'y trouvera plus rien ... Alors quoi? Qu'est-ce qui vous dérange là-dedans? Sa notoriété, sa popularité? Mais c'est la notoriété, la popularité des gens aimés parce qu'ils sont entiers. Maintenant qu'elle ne fait plus partie de la magistrature, c'est son droit le plus absolu de faire et dire ce qu'elle veut sans avoir à essuyer l'acrimonie -c'est ainsi que je devine votre billet mais j'aimerais me tromper- de ses anciens collègues qui lui reprochent d'avoir osé ce dont ils ont toujours secrètement rêvé sans en avoir eu le courage réel, dans une certaine pusillanimité ... C'est ce que j'appelle "le prix du fauteuil"; on y est bien, on ne veut pas le quitter, et puis pour aller où, faire quoi, on ne sait faire que cela ... Si ici c'est du Joly, c'est bien parce qu'ailleurs c'est très très sale!
Maître Aïssa
Avocat commis d'office d'Eva Joly, ex juge d'instruction.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 23 septembre 2008 at 21:25
Je suis consternée.
Suis-je sur un blog affilié à "Voici" ou "Gala" ?! Etonnant qu'on ne parle pas du tailleur de Mme Joly, ou de sa coiffure !
A l'heure où la lutte contre la corruption n'a jamais été aussi nécessaire (cf le développement des paradis fiscaux, qui sont une menace directe pour l'équilibre des démocraties, en plus d'empêcher les autres pays d'y accéder), cracher sur une personne qui a le courage de s'y coller (malgré moult intimidations et menaces) ; et cela sous prétexte qu'elle aurait des comptes à régler "à la Karl Marx" ?! (vous êtes psy, en plus d'être chroniqueur mondain monsieur Bilger ?!)
Et cela de la part d'un homme de justice qui plus est... c'est à désespérer !
quand on lit le mépris affiché à son encontre lors de convocations, de la part de personnalités telles monsieur Dumas, monsieur Léotard etc, qui semblent avoir oublié que la france n'est plus une monarchie dont ils seraient les divins représentants... quoique... on est en droit de s'interroger : qui met le plus à profit la problématique de classes ?!
ce mépris, celui ci, est à vomir
je suis consternée, je le répète
Rédigé par: loli | 24 septembre 2008 at 00:43
@ Aïssa
Je ne suis pas d'accord avec votre plaidoirie.
Cette justice en forme de coups et de mises en images médiatiques a discrédité la magistrature. Bien plus qu'elle ne l'a défendue et aidée.
Cette justice spectaculaire a tellement bien réussi à agir au nom du " peuple " d'en bas, que ce même " peuple " n'hésite pas à élire à nouveau des politiques, qu'il sait pourtant disqualifiés pour le représenter.
Quand vous plaidez pour cette justice du dogme, dites-vous bien que la logique de votre plaidoirie conduit directement à transformer une infirmière, un ouvrier, un huissier, un chauffeur de taxi, un prêtre etc. en notables et en puissants, qu'il convient de déshonorer en barbarie médiatique,au moyen des pires accusations.
Rédigé par: Véronique | 24 septembre 2008 at 08:15
@Aïssa
Je suis relativement troublé que vous prêtiez à un téléfilm un tel degré de probité et d'exigence à l'égard de la vérité, alors qu'il ne s'agit que d'une narration, ou comme on dit aujourd'hui, un docu-fiction, c'est-à-dire, si cela se peut, le comble de la confusion des genres.
L'exercice consiste à concilier deux ambitions qui peuvent être paradoxales : instruire et divertir, sans prendre le risque de la gravité qui consiste justement à prendre le risque de ne pas complaire.
La télévision propose son paradigme des événements. Elle en a le droit, comme elle a le droit de chronique. Mais cela ce sont des postulats opportuns de scenarii qui ne peuvent fonctionner sans dégager des formes d'héroïsme, dont je pense, personnellement, qu'ils sont plus que convenus, mensongers car ils ont cessé de regarder la réalité objective pour une autre, qui n'a de rapport à la réalité que celui qu'un écho a à l'égard de son origine, le subjectif.
A propos de subjectif et de fiction, j'ai été sinon frappé du moins étonné de voir dans la bouche du procureur de la République de Clermont-Ferrand la référence - didactique sans doute, mais ce n'est pas sûr - aux Experts (de Miami ou de Las Vegas) pour expliquer certaines des opérations menées au domicile de la mère d'Antoine et au domicile de son compagnon, tout comme m'a surpris, de la part des Douanes, la référence technique "au go fast", organisation "logistique" du transport de drogue par convoi sur l'autoroute, et la mention des références cinématographiques, comme s'il s'agissait de valider le réel en le référant à la fiction.
Rédigé par: daniel ciccia | 24 septembre 2008 at 08:46
@Aïssa Lacheb-Boukachache
"comment en 2004 toutes les pièces scellées de ce dossier ont mystérieusement disparu de toutes les archives ... Introuvables désormais, "
Or donc, faisant l'apologie des magistrats en question eux-mêmes, vous incriminez leurs greffes si je vous lis bien. Ou tout au moins leurs systèmes de sécurité? A moins que ce soit tout bêtement les variations des systèmes de classement (de D à G ou de G à D peut-être) qui ne permet plus de s'y retrouver. Une solution : numériser!
@loli
"Je suis consternée.
Suis-je sur un blog affilié à "Voici" ou "Gala" ?! Étonnant qu'on ne parle pas du tailleur de Mme Joly, ou de sa coiffure !"
On aurait pu croire que de précédentes discussions sur le port de la cravate n'auraient concerné que les hommes. Mais non, sur ce portrait de Mme JOLY publié par Wikipédia : http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Evajoly.jpg cette ancienne styliste de mode qui a accédé à la magistrature à un âge où il est à la vérité difficile de subir l'influence d'une hiérarchie (38 ans), porte une sorte de simili cravate soyeuse marron glacé sur un tailleur à rayures.
Une rapide enquête sur sa personnalité la présente comme la Mascotte de la promotion 2007 de l'ENM (ce qui promet de beaux jours à la hiérarchie), et comme actuellement "conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale". Elle est également réputée "déplorer la complaisance manifestée par la France envers le phénomène des malversations financières, expliquant son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. »
C'est là néanmoins où au-delà des rayures du tailleur, de la chevelure toujours très blonde et des coups de griffes portés aux uns aux autres depuis la lointaine Terre des Lacs, on ne peut pas ne pas se sentir interpellé(e), vu que le personnage qui déclare avoir cherché un asile politique dans son pays d'origine est tout de même issu du parquet français.
Quelles ques soient les critiques justifiées ou exagérées dont elle a été et est encore (Chabrol) l'objet, que l'un de nos juges d'instruction s'exile politiquement en Norvège est SCANDALEUX de tous points de vue.
1- Du point de vue d'une Justice qui se révèle dès lors incapable d'assurer la sécurité de ses magistrats sur le territoire national au point qu'ils se voient dans la nécessité de s'exiler au pays des vikings pour survivre et continuer de faire valoir leur point de vue.
2- Du point de vue du courage du magistrat au singulier.
3- Du point de vue des dangers qu'est amenée à devoir courir de plus en plus la libre expression. Parce que nous, les citoyens lambdas, on fait quoi, nous qui ne bénéficions pas de la protection dont est susceptible de bénéficier un magistrat bien que de façon manifestement insuffisante et qui souhaitons néanmoins faire valoir notre point de vue ici, sur la terre de nos ancêtres, par ex. dès lors que, sans passer pour autant pour des énergumènes incrédibles à la Robert Ménard, on souhaite cependant dire NON de temps en temps à tout ce qui nous paraît passer manifestement toutes les bornes du cynisme??????????????!
Voilà pourquoi, de mon point de vue, le retour de Mme JOLY en Ile de France, même en rayures et rouge à lèvres à la Palin chasseresse de caribou, dans le but de se présenter aux élections européennes n'est pas une si mauvaise idée que cela, mais au contraire me paraît être une façon d'utiliser utilement les compétences vu que les Verts ont besoin d'autre chose que de vaines gesticulations, par ex. d'une poigne et d'une grand gueule telle celle-là pour faire aboutir au bénéfice de tous, les mesures indispensables à la survie de notre planète!
Rédigé par: Catherine JACOB | 24 septembre 2008 at 11:25
Ouh, que je suis d'accord et sur la forme et sur le fond, Philippe ! Ras l'hermine de ces Diafoirus magistraux dispensant l'éloge et le blâme avant qu'on ne les prenne eux-mêmes la main dans le sac. Il y eu l'illustre Thierry Jean-Pierre, qui pour être aujourd'hui mort, n'en fut pas moins l'initiateur de ces Torquemadas aux petits pieds prêts à tout pour exister, fut-ce au prix de l'honneur à jamais rétamé de certains de leurs clients. Puis le grandiose Alphen, minabilissimus minabilissimorum, la cervelle désespérément creuse, qui vasouilla un temps ici ou là avant d'aller lécher la gamelle moisie qu'il avait abandonnée.
Et le somptueux Bruguière, dont le bilan n'explose pas à nos yeux émerveillés, et qui va se vautrer politiquement, tout surpris encore de l'ingratitude du bas peuple.
Et Joly ! Mais que ne reste-t-elle en Norvège ? Que cette femme qui parle un français correct mais empreint d'erreurs et d'hésitations, ait eu à traiter les affaires aussi sensibles qu'on lui a confiées, ça me laisse pantois. Ca donne quoi dans sa tête les subtilités de langage de Dumas ? Et voilà qu'elle se présente aux Européennes en France, sans doute parce qu'en Norvège on n'en a pas voulu.
C'est un nouveau crénau d'exportation commerciale : la médiocrité.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 24 septembre 2008 at 12:45
Je m'étonne de la charge de Monsieur l'Avocat général Bilger à l'encontre de Madame Eva Joly.
Je regrette que cette charge se limite à des aspects de la vie extra-professionnelle de l'ancienne juge Eva Joly.
Ce faisant, Monsieur l'Avocat général Bilger se montre non objectif.
Rédigé par: LABOCA | 24 septembre 2008 at 15:02
@ J.D. Reffait
Vous auriez pu choisir un autre exemple que Dumas, l'homme aux pieds sensibles, l'homme aux pieds d'or.
Rédigé par: Polochon | 24 septembre 2008 at 16:31
Cher PB,
Serait-ce le temps que les femmes se lèvent pour prendre les rênes du pouvoir ?
Non que par le passé aucune ne se soit levée, y compris pour exercer le pouvoir. Guerrière, reine, suffragette anonyme, mais toujours de ci de là et de temps en temps !
En ce moment, il me semble que ce sont plusieurs femmes qui commencent à se lever pour faire "bouger". Et ce dans divers états de part le monde.
Et ce que je constate, c'est que ce sont des femmes de caractère, de véritables Diane chasseresses.
Pour quel gibier ? Là est la question !
Serait-ce la chasse au phallocrate prévaricateur qui se croit tout-puissant intouchable ?
J'attends… L'avenir nous le dira !
Ce qui est sûr c'est que le gibier ne se laissera pas facilement capturer.
Mais ces dames ont de si charmants rets…
Cordialement et attentif.
Pierre-Antoine
Rédigé par: Pierre-Antoine | 24 septembre 2008 at 16:48