Qu'on ne se méprenne pas : je me suis toujours voulu un défenseur convaincu et, je l'espère, parfois convaincant, de la police. Je ne suis pas de ceux que leur idéologie rend fanatiquement allergique à toute forme d'autorité et qui préfèrent le désordre du monde à l'ordre d'une société. Le policier comme le policé les révulsent. Les critiques venant de ces irréductibles n'ont aucune importance puisque, pour eux, la police idéale serait la police absente.
En revanche, de la part des partisans d'un Etat organisé et qui ne poussent pas de hauts cris devant l'exercice d'une contrainte légitime, leur contestation a évidemment un autre poids et une autre portée.
Les doléances que j'entends ont été confirmées par mon expérience à la cour d'assises où j'ai pu constater, ces derniers mois, un double mouvement préoccupant. D'une part la dégradation de la qualité des enquêtes de police, quelles que soient les excuses et les explications qui peuvent être fournies, d'autre part l'abstention de plus en plus regrettable de beaucoup de fonctionnaires de police cités comme témoins et qui ne comparaissent pas en raison d'obligations de service, de vacances ou de maladie. Cela est devenu trop systématique pour ne pas révéler une peur de l'oralité des débats et du questionnement vite agressif d'un certain nombre d'avocats. On se prend à douter de la solidité mentale et psychique de policiers auxquels une épreuve pas vraiment insurmontable inspire une telle crainte.
Plus gravement, le Parisien évoque la situation du talentueux défenseur ghanéen de l'Olympique Lyonnais, John Mensah, qui, parfaitement en règle et mal compris faute de posséder suffisamment la langue française, a été mis à terre, menotté et placé en garde à vue durant plusieurs heures.
Je crois qu'il faut cesser de se consoler devant de tels incidents en les qualifiant d'isolés. Ici ou là, sur l'ensemble du territoire national, il y a des imbéciles pleins d'eux-mêmes et d'une fonction qui ne leur appartient pas, des petits chefs obtus qui usent de leur légitime pouvoir à des fins pour le moins discutables. En dépit des instructions et du contrôle politiques émanant du ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, des mesures conservatoires qu'elle peut être amenée à prendre et des sanctions disciplinaires qu'elle avalise, malgré la conscience civique d'un certain syndicalisme policier, demeure, s'aggrave même, un lien de défiance entre le policier et le citoyen. Il est poussé au paroxysme quand l'apparence laisse croire, faute d'une blancheur de peau immaculée, qu'il y a matière à questionner, à rudoyer, à suspecter ou à maltraiter. Imaginons ce qui serait survenu à un autre que John Mensah soutenu par l'OL et dont la bonne foi était entière.
Quelle image de la France est ainsi donnée aux étrangers, heureux d'être dans la patrie des droits de l'Homme et qui, innocents, sont peu ou prou traités comme des coupables ! Je ne suspecte pas une seconde les politiques qui affirmeraient qu'ils ne veulent en aucun cas que de telles pratiques existent. Mais ils se doivent de rester attentifs au fait que la police est susceptible de développer une force et une énergie autonomes, qu'elle échappe, par la difficulté et la violence souvent subie de ses missions quotidiennes, à une discipline stricte et que, pourtant, il convient de faire peser sur elle une autorité et une fermeté, absolument pas contradictoires avec la compréhension et la solidarité qu'elle mérite.
Quel déplorable exemple pour la démocratie française, que ces îlots d'absolutisme policier, de sadisme ponctuel qui, à la longue, dessinent de notre pays une image trouble.
J'ai toujours été infiniment sensible, plus qu'aux délits et aux crimes commis par quelques fonctionnaires sévèrement et justement condamnés, à la détérioration de la relation de proximité entre le demandeur de sûreté et de tranquillité et celui qui les garantit. Aujourd'hui, le fossé est tel que toute volonté de restaurer urbanité républicaine et action exemplaire apparaîtrait comme de la naïveté et de l'angélisme. Le pire réside sans doute dans ce clivage revendiqué entre une police qui, peu aimée, force dans la dureté et une société qui, définitivement déçue, s'installe dans la réprobation. Deux univers qui deviennent étrangers l'un à l'autre, dissentiment démocratique encore amplifié quand la justice se mêle d'ajouter sa propre suspicion à celle du citoyen à l'égard de "sa" police.
J'insiste sur le caractère navré de cette analyse car rien ne m'est plus éloigné que la conception d'un Etat de droit naturellement condamné à être faible parce qu'il n'aurait pour vocation que d'offrir des garanties à ceux qui veulent sa protection mais se moquent de ses exigences. Si l'essentiel du travail policier est mis en oeuvre d'une manière toujours difficile mais digne, il n'en demeure pas moins qu'est indigne le procédé dont John Mensah a été victime. Ceux qui l'ont commis comme ceux qui l'ont laissé faire en favorisant un climat de permissivité brouillent ce à quoi les gardiens de la paix et de l'ordre sont destinés : rassurer l'honnête homme, intimider qui ne l'est pas.
Le citoyen n'est pas l'ennemi de la police. Que celle-ci ne le traite pas comme un ennemi. L'espace républicain appartient à tous.
Hag et Marcel Patoulatchi ont un débat pour attribuer des qualités collectives de respect aux Allemands.
Je ne saurais confirmer pour les teutons, par contre je leur signale les mêmes qualités essentielles chez les Espagnols, les Anglais, et les Suédois - trois pays que j'ai eu la chance de connaître en détail.
Dans ces trois Etats, le policier est habillé normalement et non pas en Rambo, il parle courtoisement à l'individu lambda, probablement un peu moins aux braqueurs en goguette, mais ça reste anecdotique.
Et surtout, surtout, il ne donne pas cette impression de suspicion systématique tous azimuts qui dessert parfois la police française.
Ma réponse est évidemment critiquable : partielle et parcellaire, je ne prétends pas à l'universalité. Des flics, j'en ai croisé des sympathiques, d'autres moins.
Ceci dit, dans la rue, par précaution, je continuerai à changer de trottoir avant de croiser la patrouille.
Rédigé par : Javi | 18 décembre 2008 à 18:53
Que de propos à commenter, même si c'est sans doute en pure perte.
Allons-y quand même. Le combat cesse trop souvent faute de combattant. Or, tenter de faire se manifester quelque vague éclat de vérité n'en vaut-il pas la peine ?
Jean-Dominique nous narre sa rencontre avec la BAC. Ce sont « des voyous », nous dit-il. Mais croit-il que n'existe qu'une seule et même BAC en France ? Croit-il qu'au sein d'une BAC, l'ensemble des fonctionnaires se ressemblent ? La BAC de Paris intra-muros est réputée haïe dans les cités parisiennes. Les BAC locales des départements de petite couronne sont connues pour avoir énormément de contacts dans les cités, capables de retrouver un individu recherché dans une meule de foin en quelques heures. De simples voyous, tous identiques ? Ou bien, parfois, souvent, des fonctionnaires qui ont compris qu'il faut parfois se fondre dans le décor pour y évoluer, y être respecté et en tirer le meilleur, le tout au service de la Justice, afin de lui présenter ceux qui ont commis des infractions pénales ?
Jean-Dominique nous narre que dans les coins huppés, les policiers seraient plus cordiaux, plus motivés, de meilleur niveau, que dans les zones difficiles, où seraient les « plus idiots ». Croit-il que, vu la situation française, les policiers les plus motivés cherchent à s'enterrer en pré-retraite à Neuilly-sur-Seine ?
René Richard, lui, nous explique que son fils s'est fait contrôler d'une manière qui lui a semblé déplaisante. Il ajoute « et encore il est Blanc et habite le centre de Paris, tous des délinquants !!! ». Il est toujours prodigieusement cocasse de lire des petits bourgeois blancs se scandaliser d'être traité comme n'importe qui - ne sont-ils pas n'importe qui, d'où leur naît la revendication de mériter meilleur traitement, d'où leur naît leur revendication à l'inéquité ?
Hag nous parle des commissariats allemands, où la police est respectée. Ce serait par la courtoisie de ses policiers. Mais il ne pipe mot sur la courtoisie habituelle des Allemands, ni sur leur rigueur légaliste. Qu'il commence donc par nous présenter un Allemand qui, dans le style français, reprocherait à ses policiers de vouloir intercepter un véhicule volé ! En Allemagne, le délinquant n'est pas habituellement considéré comme victime de ses actes délibérés.
Humaniste, de son côté, nous parle de rapports de la CNDS. Faut-il donc faire confiance à un petit comité pour se substituer à la Justice ? Dans cette affaire Barber, si ce que vous dites est vrai, alors il y aurait des infractions pénales à reprocher aux policiers : c'est à la Justice de s'en saisir, admettre que la CNDS s'en saisisse, c'est accepter qu'on empiète sur ses prérogatives exclusives (plus en détail : http://riesling.free.fr/20080429 ).
Humaniste poursuit en nous parlant de cette affaire de vidéo de France 2, pendant les émeutes de 2005, où un homme à terre reçoit des coups de pieds sans justification. Cette vidéo lui aurait fait perdre la naïveté de croire que « la justice est juste et tous les policiers honnêtes ». Mais les policiers en question étaient-ils si malhonnêtes, pour, après la libération d'une personne gardée à vue pour des faits émeutiers, l'ayant aperçu en train de jeter un projectile sur un camion de sapeurs-pompiers dès sa sortie du commissariat, l'avoir interpellé et s'être oublié en laissant leur colère s'exprimer par la violence le temps d'un instant ? Faute professionnelle, certes. Moindre que celle de la remise en liberté après sa garde à vue d'un individu devant aussi ostensiblement réitérer les actes ayant conduit à sa première interpellation. Malhonnêteté, je ne crois pas.
Pour le reste, Humaniste, ne vous laissez pas berner par la littérature. Les « techniques d'arrestation », selon vos termes, sont du folklore théorique. La pratique, c'est parfois des individus que même 4 hommes, versés en matière de techniques d'intervention, ne parviennent pas à maîtriser sans l'amener au sol avec force. Et dans ce cas de figure, une mauvaise réception n'est jamais à exclure.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 03 octobre 2008 à 21:42
Cher Philippe,
C'est bien la première fois que je lis ce blog et que je suis déçue.
Quant à Mme Jacob, je suis aux regrets de lui dire que la police lit le blog de Mr Bilger bien que la police ne travaille pas forcément aux RG.
Je suis fonctionnaire de police et je lis le blog de Mr Bilger et ce depuis le début.
et bien souvent la justesse et l'objectivité de ce blog me frappe.
Aujourd'hui, je suis mécontente de voir que l'on tombe dans le commun.
Rédigé par : marie | 03 octobre 2008 à 14:54
@Fabrice D
"La meilleure formation du monde ne fera pas d’un âne, un pur-sang. Chacun le sait et doit prendre cela en considération. "
@Patrick Marguillier
"Moi j'ajouterais monsieur Fabrice D.
que c'est plutôt du côté des politiques qu'on ne change pas un âne en pur-sang, pas du côté policier, les politiques commettent largement plus de "bavures" que n'en commettent les policiers."
Messieurs, messieurs, faites-nous cette grâce de rendre justice à l'âne, animal intelligent s'il en est, et même au point de que le fameux 'bonnet d'âne' de nos grands-mères visait à insuffler un peu de bon sens aux écervelés en sorte qu'ils deviennent au moins aussi intelligents que les ânes, lesquels le sont probablement davantage que les pur-sang si l'on se fie à François Bayrou qui expliquait récemment que le cheval n'est pas si intelligent qu'on l'imagine!
Rédigé par : Catherine JACOB | 01 octobre 2008 à 12:59
@ Fabrice D.
Superbe argumentation, non la police n'est pas "mal aimée" par l'ensemble de la population, si elle pourrait se dispenser des juges, des politiques et des avocats et autres équilibristes, elle ne pourrait se dispenser des policiers, matière première de la sécurité de chacun.
Je vais vous confier que j'encourage mes enfants à manquer de respect à des gens comme Sarkozy, Hollande et toutes ces or...
de politiques, mais je les encourage à en avoir envers les policiers parce que moi je les ai vus au travail, et c'est décourageant...
La stupidité des politiques, des magistrats est incroyable. Ils sont censés être diplômés (comme Dati ?), le simple citoyen lambda que je suis se demande où et quand leurs diplômes servent à quelque chose, murés dans leurs institutions, ils amènent plus de vent qu'ils ne participent à résoudre les problèmes de délinquance... c'est peut-être pour ça aussi que Nicolas Sarkozy ne les aime pas trop et les malmène régulièrement ?
Encore récemment, j'ai assisté à quelque chose de gratiné de leur part (aux magistrats) chargés de gérer les plaintes, malgré des faits délictuels avérés de coups et blessures, deux plaintes avec interventions de police, témoins, interventions physiques des témoins, troubles à l'ordre public répétés, au final :
rejet des plaintes de la victime pour finir...
Hallucinant ! Pourquoi hallucinant ? Parce que j'ai assisté à toute la procédure, "trop de social" m'a dit un flic...
Il y a pourtant des cas clairs et net, surtout quand ça se solde par un nez cassé pour la victime, et quelques semaines après par d'autres coups encore..
La police est intervenu 10 fois au moins...
C'est pour ça que je disais : décourageant...
à propos des magistrats et aussi des politiques.
Moi j'ajouterais monsieur Fabrice D.
que c'est plutôt du côté des politiques qu'on ne change pas un âne en pur sang, pas du côté policier, les politiques commettent largement plus de "bavures" que n'en commettent les policiers.
Monsieur Bilger en tout cas dans cet article fait honneur aux conceptions d'un Etat de droit, d'une démocratie digne de ce nom que politiques, magistrats, fonctionnaires devraient lui envier sinon adopter de toute urgence !
Au-dessus de toute idéologie ou clivage politique. La justice doit être indivisible, égale pour tous, et ne doit pas être un terrain de confrontation entre membres au service d'une même cause, la sécurité des Francais, et les brebis galeuses doivent être dénoncées et exclues impérativement.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 30 septembre 2008 à 23:29
"je suis de plus en plus frappé par la montée d'une hostilité à l'encontre de la police, sans distinction aucune et avec une aigreur qui ne connaît pas la nuance."
Effet de mode ? Les magistrats n'y échappent plus ou peu ou pas...
Hostilité envers les policiers ? Sans blague ? L'inverse est réciproque mais hélas il n'y a que vous qui avez la parole, juges, avocats, procureurs... vous faites recette dans les épisodes people de TF1 et autres TV débitant de la niaiserie tout crin.
Pipôles avec effets de manches clés en main.
Déconsidération tout crin, le petit peuple n'a qu'à suivre. Et il suit...
Demandez-vous plutôt qui initie à ces nouvelles non-valeurs, à ce mépris de certains pans des institutions, des administrations...
Quand Nicolas Sarkozy humilie les policiers, les moutons suivent...
Quand Saddam était au pouvoir, tout ses conseillers et ministres avaient eux aussi la moustache...
C'est du lourd comme disent les jeunes.
Mais la plus à plaindre reste la police,
la victime (votre gagne-pain) se fiche pas mal de l'avocat, du juge, des magistrats en général quand le fléau lui tombe dessus, c'est le flic qui la sauve, reçoit ses confidences, ses larmes, est la première cellule de soutien psychologique et prend des risques pour sa vie, vit des scènes humaines abominables, certainement pas les juges ou les avocats en train de dormir dans leur soie, bien à l'abri du moindre risque, généralement dans des quartiers dits "chics".
En général, les flics font un travail admirable mais ce gouvernement a réussi à couper la parole qui existait entre la police et la population.
"la police n'est pas la pour jouer au foot" disait encore un certain premier magistrat de France avec une arrogance non dissimulée, et leurs heures sup non payées ?
Qui donnait l'exemple dans la haute magistrature sinon le premier magistrat de France en éjectant un flic parce que son pote avait des petits problèmes dans sa villa en Corse...
Curieusement, il m'a toujours paru stupéfiant qu'un magistrat ou un avocat gagne autant d'argent avec le seul risque de se fiche sa manche dans le nez alors qu'un policier risque sa vie presque tous les jours, même en dehors du service...
Pour moi, la plupart des flics valent mieux que n'importe quel membre du gouvernement ou de la magistrature, eux au moins on peut compter sur eux en cas de coup dur.
Mais chut je n'ai rien dit n'est-ce pas sinon je vais finir sur Edvige, je blague, j'y suis déjà heureusement... opposant aux mauvaises idées du gouvernement, ça m'appprendra, ça m'a valu de ne pas avoir le droit à une formation récemment, incroyable non ? Le préfet n'a pas renvoyé le dossier... mais comme ils sont aussi faux culs les uns que les autres, on ne m'a bien sûr pas envoyé un courrier stipulant les raisons comme théoriquement ils en ont l'obligation.
Des fois que vous auriez décidé de mener l'enquête, vous avez mon email n'est-ce pas, j'en profite pour caser mon cas puisque je suis censé être sur le blog de la justice... on verra s'il y a de véritables épris de justice ici ou si c'est effets de manche et cie. Je ne vous vise pas particulièrement Monsieur Bilger, je vise la justice en général.
Il y a bien du juste dans justice ?
Rédigé par : Patrick Marguillier | 30 septembre 2008 à 22:55
Ah, j'oubliais : mon précédent billet ci-dessus se termine ainsi : ATTENTION, JUSTICE !
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 29 septembre 2008 à 20:00
Le tribunal correctionnel vient de relaxer Jean Sarkozy, fils à son papa et futur président héréditaire de la République, du chef d'avoir, au guidon de son scooter, accidenté l'arrière d'une BMW appartenant à un gueux populace (dixit Imbert), minorité ethnique visible de surcroît, Arabe donc pour ses origines. Pour conclure, le tribunal condamne ce dernier des derniers à verser au fils à son papa et futur premier magistrat de France la somme de 2000 euros en préjudice moral (eh oui) de, dixit la Chambre, l'abus qu'il fit de la procédure. Il n'empêche -et c'est en souriant que j'écris cela-, quelque chose dans cette affaire ne tourne forcément pas rond et c'est solennellement que je pose ici la question : pourquoi avoir, si donc les charges accusatoires, comme le clame fort maître Herzog à l'issue du procès, sont inexistantes, en tout cas pas de nature à poursuivre, pourquoi donc ne pas avoir rendu en amont une ordonnance de non-lieu, tout simplement? C'est ainsi que l'on procède d'habitude ou me trompè-je? Un non-lieu, au vu des éléments, témoignages et pièces des uns et des autres et baste! L'affaire était classée comme tant d'autres insignifiantes (un petit peu de taule froissée et un délit de fuite, mettons, un léger -une distraction à peine- oubli de s'arrêter pour constater et faire constater) affaires de ce genre où il est entendu qu'il ne suffit pas d'accuser pour mobiliser tout un tribunal et obtenir gain de cause... Or, s'il n'y a pas eu de non-lieu, c'est donc bien qu'il y avait largement matière à renvoyer devant la juridiction; le magistrat instructeur, le Parquet, la Chambre d'accusation -puisqu'appel il dut certainement y avoir contre cette ordonnance de renvoi- , ne prennent pas ces décisions à la légère, cela se saurait. C'est donc que l'accusation avait déjà à moitié raison et la défense à moitié tort... Ou à moins qu'il y ait eu de l'idéologie là-dedans et que, malgré le vide du dossier, de singuliers gauchistes magistrats, des haineux, des Eva Joly, aient décidé de renvoyer envers et contre tout et tous face la justice ce blond rejeton cousu d'or à la naissance. Cela laisse songeur...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 29 septembre 2008 à 19:33
@Humaniste
"C’est la même naïveté qui me permet de dormir sur mes deux oreilles en pensant que personne ne va entrer chez moi pendant mon sommeil alors que n’importe qui peut ouvrir n’importe quelle porte en dix minutes."
Faites comme moi et comme la petite jeune fille dont le chien (catégorie2 la semaine dernière a sauvé la famille d'un incendie qui s'était déclenché pendant leur sommeil - mais j'ai oublié la cause de ce sinistre -, en sautant sur son lit et en s'évertuant à la réveiller, faites donc dormir votre animal dans votre chambre.
Quand le grand chef est ainsi installé à demeure, nul ne peut monter ne serait-ce que la première marche de l'escalier, ni même chuchoter de façon inhabituelle dans la rue sans déclencher un concert d'avertissements assourdissants. Ce qui n'est toutefois pas sans inconvénients surtout quand vous êtes en train d'écouter de la musique...
Ceci étant, je ne tiens pas compte là il est vrai, des éventuels maîtres chiens susceptibles de tromper la vigilance de l'animal et qui seraient également des as de l'effraction, de potentiels tueurs en série et s'imagineraient avoir des raisons de vous en vouloir personnellement.
Plus judicieusement encore donc, ne stressez plus d'être ou de ne pas être naïf, autrement dit, plus de paranoïa et vous aurez ainsi statistiquement bien davantage de chance de gagner cinq ans d'espérance de vie que de vous la faire raccourcir!
"ne lisez par les rapports d’Amnesty International, de la CIMADE ou de CNDS, vous risqueriez de perdre la foi."
Assez étrangement, le parcours criminel de Fourniret tel que dessiné par France2 formait une sorte de croix avec un lieu supplémentaire en bas à gauche tel une silhouette prosternée au pied de la croix d'un supplicié et schéma qui me fait penser à cette remarque de l'expert psychiatre : "Les tueurs en série ont tous eu un parcours terrible dans leur enfance, mais tous ceux qui comme eux ont eu un parcours terrible ne deviennent pas nécessairement loin de là des tueurs en série, ni même des tueurs tout court.".
Un constat auquel semble faire écho ce passage de la chanson favorite d'Alain Delon qui nous a fait cadeau (pas seulement lui mais lui et son fils) du seul moment vrai du dernier 'Vivement dimanche prochain': "C'est le chagrin qui fait l'homme."
Et pourtant, l'expert cité semblait penser que le plus éprouvé et le plus réprouvé de ces tueurs n'était pas irrémédiablement coupé d'un devenir homme... un jour, donc aussi quelque part et tel que le conçoit le christianisme, d'un dieu.
Donc, s'il reste une chance pour le tueur en série, pourquoi pas pour le tortionnaire au grand jour et dans la foulée pour le policier qui perd son sang-froid et abuse de son autorité, qui n'est donc pas le pire des trois et dont on peut espérer qu'il est également le moins sourd à sa conscience morale!
Rédigé par : Catherine JACOB | 29 septembre 2008 à 16:17
J’ai fait une bêtise, j’ai commenté plus avec mon cœur qu’avec ma tête, trop choqué par les gens qui ne veulent pas reconnaître qu’il y a des bavures, de la violence policière et des innocents condamnés.
Énervé par ce système où il suffit à un policier qui a frappé un innocent, souvent en se trompant de bonne foi, de lui mettre un outrage et rébellion sur le dos pour être couvert et même indemnisé.
Mais c’est la nature humaine d’avoir besoin de cette naïveté, qui nous fait croire que la justice est juste et tous les policiers honnêtes. Tous les psys le disent. C’est la même naïveté qui me permet de dormir sur mes deux oreilles en pensant que personne ne va entrer chez moi pendant mon sommeil alors que n’importe qui peut ouvrir n’importe quelle porte en dix minutes.
Moi, j’ai perdu cette naïveté un soir d’émeutes en voyant huit policiers frapper un homme à terre sur France 2. J’ai perdu les dernières traces de cette naïveté dans l’affaire Outreau.
Mais j’envie ceux qui l’ont encore. Alors ne lisez par les rapports d’Amnesty International, de la CIMADE ou de CNDS, vous risqueriez de perdre la foi.
Rédigé par : Humaniste | 29 septembre 2008 à 13:21
@ Ray Hack
C’est donc plus + ou – choquant de se faire insulter en fonction de la couleur ?
C’est plus agréable de se faire insulter par un blanc ?
Ce simple mot « maghrébin » prononcé par vous, policier, illustre bien les propos de Philippe Bilger.
Il y a réellement des couleurs qui sont plus suspectes que d’autres.
@Marcel Patoulatchi
Concernant Eunice Barber, je vous convie à taper son nom dans Google et à lire le rapport du CNDS. Des policiers qui changent leur version parce qu’ils apprennent qu’ils ont été filmés, c’est déshonorant.
Moi aussi j’aimerais croire que les policiers sont tous des gens bien qui font éthiquement leur boulot mais il y en a régulièrement des condamnés, et puis il y a les rapports de la CIMADE, d’Amnesty International et du CNDS qui nous disent le contraire.
Bien sûr, il faut parfois user de la force pour arrêter des gens, mais en proportion : il est anormal de voir des gens sortir de GAV avec des nez cassés ou des dents en moins : le coup de poing facial n’est pas et n’a jamais été un mouvement technique d’arrestation.
Nous avons des policiers fatigués, parfois loin de leur familles quand ils viennent de province et qu’on les nomme dans les « beaux « quartiers de Paris. On leur demande de travailler 6 jour /7 en horaire décalé.
A la fin, certains ce suicident, d’autre pétent les plombs et deviennent violents, ce n’est pas de leur faute : le système les amène à dérailler.
Ce qui pose problème est que l’on ne dit rien, ne fait rien et laisse dériver jusqu'à la grosse bavure.
C’est l’homme qui amène l’honneur au blason de son uniforme et non pas le contraire, il faut donc retirer cet uniforme à celui qui le déshonore.
Rédigé par : Humaniste | 29 septembre 2008 à 12:44
@Jean-Dominique
Sois honni si à Gallo le nègre tu fis !
@basba
Vous avez dit ce qu'il fallait dire et on ne saurait rien y ajouter. Je me souviens, en prison, une de nos distractions préférées dans les cours de promenade était d'essayer par tous les moyens d'imaginer une société sans flic et sans juge. Il y avait là des types de la banlieue sud, des caïds pas du genre à touiller, des Corses, des gens du Sud, des Arabes, des Gitans, même des étrangers, Colombie et cartels, des tueurs, et d'autres encore, bref du beau monde, même un flic qui avait tué un jeune dans un commissariat, un notaire aussi, un vrai (ça c'est le clin d'oeil Bruay) qui tua sa femme d'un coup de fusil de chasse lors qu'elle rentrait au petit matin de chez son amant, et on dissertait des heures durant ce grave sujet ... Bien, voyez-vous, on arrivait toujours, malgré les arguments et l'imagination pertinents des uns et des autres, à cette conclusion que c'était chose impossible et inacceptable et que les flics et les juges étaient ABSOLUMENT nécessaire au bon fonctionnement de la société civile et des affaires privées ...
- T'imagines, Daniel, si y'avait pas de flics, rien ...
- J'imagine pas ... Ca serait un de ces foutoirs!
- Oh cong! tu as raison ... Invivable!
Bonne journée.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 28 septembre 2008 à 13:12
@ Aïssa
Je t'ai vexé peut-être et je m'en veux : je n'exprimais qu'un point de vue de lecteur comparant, effectivement, uniquement les styles. Ni grand frère, ni condescendant, du tout. Je pense avoir été le premier ici à dire tout le bien que je pensais de ta verdeur de style. Pourquoi ne protestes-tu pas quand on te compare ici à Céline ? C'est bien plus outrancier que ma remarque très amicale et très subjective.
Moi, publier ? J'ai fait, beaucoup, le nègre. Peu de politiques écrivent les biographies historiques de leurs héros (sauf Villepin et Bayrou) et j'en ai donc quelques-unes à mon actif ! Je n'en suis pas spécialement fier car c'était du boulot vite fait, de compilation, sans véritable recherche, dont le but était d'orienter la biographie vers une leçon politique servant l'"auteur" officiel. J'ai aussi écrit des discours, pleins, des charretées de discours, et des slogans, les fameuses petites phrases, j'en ai quelques-unes dans mon stock. J'ai arrêté en 2002, après la défaite au premier tour de Jospin, honteux d'avoir si mal fait mon travail.
Je ne publierai jamais d'ouvrages historiques sous mon nom, parce que j'en lis trop d'excellents qui me paraissent indépassables, fussent-ils confidentiels. Je suis incapable d'écrire l'"hHstoire du climat depuis l'an mil" ou "Montaillou, village occitan" de Le Roy-Ladurie, alors je m'abstiens. Un jour j'ai cru tenir un vrai sujet, une bombe, deux ans de recherche, des notes manuscrites de la marquise de Pompadour conservées dans un couvent à Hull en Angleterre. Et puis, patatras, une incohérence de date dans un feuillet de la marquise et je m'apercevais que tout le document était apocryphe, écrit deux ans après sa mort. Le Roy Ladurie m'avait guidé dans ma recherche : la tête qu'il a faite quand je lui ai dit que ça ne tenait pas. Un sujet historique, c'est très difficile à tenir, très. Et répéter les autres, quel intérêt ?
Tout jeune, j'ai fait jouer des pièces, même jusqu'à Montréal, une qui a tenu trois ans ! Sous pseudonyme toujours, parce que ma conception de la littérature est qu'elle est une mystification de bout en bout. Une pièce de style anglais, avec un nom anglais, par exemple. Des pseudos différents, mais c'était pour l'essentiel du café-théâtre, des gags. J'en retrouve parfois dans mes cartons et ça me paraît très mauvais !
Mais j'ai plein d'autres choses dans mes tiroirs, allez un petit scoop : une pièce méchante, une comédie bien cruelle et, j'espère, très drôle, sur les magistrats et qui s'appelle "arrière-cour", acceptée par un théâtre et montée j'espère pour 2010, sous pseudonyme aussi...
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 28 septembre 2008 à 01:30
Je savais que Philippe Bilger aimait la presse, mais je ne pensais pas que c'était au point d'en arriver à prendre partie pour des affaires qu'il ne connaît pas. En effet, pour me faire une idée sur la pseudo mésaventure arrivée à ce footballeur, j'aimerais aussi lire les PV et ne pas seulement me contenter de la communication de l'OL.
Pour le reste, en tant que policier, je regrette tout comme vous l'hostilité assez largement diffusée de la population à l'encontre du seul service public de France à veiller sur les zones urbaines 24 heures sur 24, 365 jours par an.
Certes, tous les policiers ne sont pas de valeureux fonctionnaires honnêtes, polis et dévoués. Cependant, les brebis galeuses sont tellement rares que je suis effrayé par certains posts négatifs de ce topic.
La police que je connais et que je pratique, c'est la police du service public, celle qui intervient là où plus aucune autre institution ne répond, celle qui compte en son sein beaucoup plus de fonctionnaires "issus de l'immigration" que ce qu'en disent certains commentateurs de ce blog, celle qui a mis en place bien avant les autres fonctions publiques des dispositifs de recrutement visant à accroître la diversité de ses fonctionnaires, celle qui compte un nombre incroyable de blessés ou de suicidés, celle qui combat et sanctionne le plus ses dérives internes (no comment sur la Justice ou l'Education nationale à ce sujet), etc.
Des anecdotes, moi aussi j'en aurais plein à vous raconter après seulement un peu plus de deux ans de fonction. Alors je me limiterai seulement à parler de ces derniers jours, durant lesquels on m'a menacé de mort, on a tenté de me blesser grièvement (projectile de 800 grammes jeté depuis le 6ème étage d'un immeuble et tombé à moins d'un mètre de moi), etc. Je pourrais aussi vous parler de ma collègue qui s'est fait cracher au visage par une personne atteinte des hépatites B et C, ou d'une autre qui est en arrêt maladie depuis 10 jours pour une dépression s'aggravant chaque jour. Et j'ai aussi d'autres anecdotes bien plus graves comme celle de cette collègue qui s'est défenestrée ou celle de ce policier qui s'est pris cinq coups de couteau en voulant interpeller un voleur. Mais bon, là j'avoue que je dévie un peu puisque ces deux dernières histoires ne datent pas de quelques jours mais de quelques mois. Mais vous allez dire que je suis égotiste à ne parler que de nos difficultés internes. C'est pourquoi je pourrais aussi vous parler de notre dévouement en évoquant cette fonctionnaire qui a déployé des efforts considérables pour protéger une mineur en danger cette semaine (la jeune maghrébine de 16 ans a eu le malheur de tomber enceinte d'un jeune non musulman), ou mes autres collègues qui ont travaillé 35 heures en deux jours pour une banale affaire de viol.
Mais bon, les choses s'arrangent : je crois que ma mère a cessé de se prostituer car la dernière fois qu'on m'a traité de bâtard de fils de pute, c'était il y a au moins quatre semaines!
Autre commentaire : quand j'entends parler de GAV abusive dans certains posts, je m'en amuse beaucoup car je rappelle que si la police place en GAV, c'est la justice qui décide de la fin de ces procédures. A quand des parquetiers de nuit pour garantir la liberté individuelle conformément à l'article 66 de notre loi fondamentale ? A moins que le travail de nuit ne soit trop sale pour un magistrat ?
Bref, c'est peut être parce que la police est à ce point représentative de la population qu'elle est autant perfectible. Le flic parfait n'existe pas, le salaud de flic existera toujours trop, mais la police nationale a vraiment de trop nombreuses qualités pour être l'objet d'autant de critiques et d'agressions. N'oubliez jamais que derrière l'uniforme du flic se cache un être humain qui mettra peut être demain sa vie en jeu pour vous protéger. Et si vous ne croyez pas à celà, c'est que vous vivez à l'abri du malheur, dans des endroits où la police fait si bien son travail que vous pouvez en arriver à douter de sa nécessité.
Rédigé par : basba | 28 septembre 2008 à 01:20
Aïssa,
Une fois n'est pas coutume, j'ai apprécié votre message, aussi touchant qu'il semble sincère.
Ca fait plaisir, vu le niveau lamentable de la plupart des autres commentaires postés sur ce fil, enflés d'accusations gratuites et de généralisations plus qu'outrancières.
Humaniste,
Concernant Eunice Barber, avez-vous des sources ? Parce que manifestement, ce que vous croyez avoir vu sur vidéo ne correspond pas à ce d'autres en ont vu.
Pour ma part, je ne me permets pas d'avoir un avis sur cette affaire sur une simple vidéo lointaine ou des témoignages de seconde main.
Quant à votre notion du fait de « se débattre », vous devriez solliciter vos élus pour la suppression de l'infraction de rebellion. Il y a déjà une pétition pour la suppression de l'infraction d'outrage, vous allez sans nul doute faire des émules.
Je suis convaincu que d'autres partagent avec vous l'idée qu'il est possible d'interpeller sans heurt un individu virulent - j'oubliais, la police n'interpelle sans doute que des enfants de choeur, qui ne deviennent hostiles que du fait du comportement intolérable des policiers. Après tout le blabla écrit dans les commentaires plus haut sur les policiers qui croiraient n'avoir que des droits et aucun devoir, ne nous posons surtout pas de question sur ce que se permettent des « citoyens » à l'encontre de l'autorité publique.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 27 septembre 2008 à 12:25
@Pierre
"Attention à l'ampoule..."
Rien d'emphatique ni de boursouflé chez Philippe Bilger qui ne me paraît pas non plus prétendre à soigner l'image de la police avec des ventouses appliquées aux points névralgiques comme ici les lombalgies, entorses, torticolis et autres gonalgies: http://www.kine-formations.com/Technique-des-ventouses_r46.html
Rédigé par : Catherine JACOB | 27 septembre 2008 à 09:53
@sbriglia
L'histoire est vraie de bout en bout, jusqu'à ce "beau rôle" final que me prête (à tort) J.D.Reffait et qui l'ennuie... Mais c'est ainsi ; les faits ont été ceux-là, exactement ceux-là. Maintenant, que je l'écrive de cette façon ou d'une autre, ce n'est plus que de la littérature, j'aurais pu faire en trois lignes comme en 1000 pages... Je pourrais en raconter d'autres ; comme ce maton en retraite, à l'hosto, qui me chope par ma blouse et se met à gueuler:" Bordel, ça fait une heure que je sonne! Même en prison on est mieux soigné qu'ici!...". Je n'ai pas pu m'empêcher de me marrer ... Ou cette infirmière des prisons qui dut quitter la Pénitentiaire quand chaque taule s'est trouvée rattachée à l'hosto de la ville, qui nous pourrissait la vie de mépris et d'ignorance, et que j'ai retrouvée en maison de retraite où elle chialait littéralement de ne pouvoir assumer la charge de travail et les soins techniques qu'elle ignorait complètement, larguée qu'elle était depuis par l'essentiel de sa carrière qu'elle avait passée en prison à nous tyranniser ... Elle ne se souvenait pas de moi mais moi je me souvenais bien d'elle et je prenais un malin plaisir à la laisser patauger dans le boulot, à chialer (vraiment, des larmes, des vraies) de ne pouvoir assumer (ah c'était le bon temps, infirmière de la Pénitentiaire, t'étais malade à crever, un doliprane et hop dégage dans ta cellule, morbac!...) le taf et les doléances des personnes âgées et malades, j'intervenais juste quand c'était limite qu'elle allait les tuer tous, un gérontocide par une infirmière de la tentiaire, comme, par exemple, perfuser au sérum physiologique au lieu du NaCl idoine, mais c'est technique, j'entrerai pas dans les détails ... Je la surveillais au cul comme elle nous surveillait à la gueule et je l'engueulais pire qu'elle nous engueulait et je la pourrissais pire quelle nous pourrissait ... Je me marrais bien. A la fin, sa retraite, je lui ai dit le pourquoi et le comment, la taule et tout, les détails, sa tenue de matone infirmière, son petit caoutchouc jaune accroché à son gros trousseau de clefs de cellules et de portes, rien à faire, elle ne m'a jamais cru, elle voulait pas me croire, elle disait oui t'as du connaître quelqu'un là-bas qui t'a tout raconté mais toi je te crois pas, tu y as pas été, c'est pas possible,, tu serais pas là sinon ... C'est ainsi.
@J.D.Reffait
Pas de condescendance ou de psychologie de bazar de cousin ou grand-frère; j'ai passé l'âge ... Pardon? Pourquoi? Il y a eu offense? Il faut rire, mon vieux; c'est tellement naze partout autour ... Mes billets, je les relis une fois et à une vitesse que t'as même pas idée ... Après, j'envoie le bail, direction Bilger ... J'écris vite, c'est un don et j'écris bien, re don, j'ai tous les styles, re re don ... Je suis un vrai fainéant de la littérature, re re re don ... Les éditeurs (j'en ai quatre dont l'Antoine le rejeton de l'Achille) veulent plus bosser les manuscrits, travailler plus connaissent pas eux, juste mettre un tampon BAT et baste! plus flemme qu'eux, tu meurs, des administratifs au mieux, des rentiers au mieux pareil, ils sont tous gros en général, suinte l'huile, repus, avachis ... Pas de raison que je fasse tout le taf tout seul pour eux moitié les bénefs ... Préfère crever sans rien publier dans ce cas. D'ailleurs, ils peuvent pas suivre le rythme, j'impose, ils m'ont dit, ils sont largués, ils ont plus l'habitude ... Ce que j'offre ici à Bilger, c'est du bonus, ça me coûte rien, quelques minutes à peine chaque commentaire, que du plaisir et ça je garde ... Yo! J.D.Reffait, quand donc nous feras-tu une Histoire de France à la façon Braudel, les odeurs, la couleur locale, les vraies simples gens qui disent plus par leur petites choses que tous les Poléon leurs façons? Pas façon Minc, gaffe! là tu te fourvoies ... Boursicoteur singe Michelet et passe à la télé ... Ni Gallo, malheureux ...
Bonne nuit.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 27 septembre 2008 à 02:52
Prudent, mais c'est de plus en plus long !
Attention à l'ampoule...
Rédigé par : Pierre | 27 septembre 2008 à 00:36
Remarquable billet que celui-ci.
Malheureusement il y a tellement de commentaires à faire que cela fait bien quatre fois que je recommence ma réponse et que celle-ci sera forcément incomplète tant dans la forme que dans le fond.
Les commentaires des habitués, dans l'ensemble, m'ont bien plu même si certains me semblent éloignés de la réalité des choses et relèvent plus de l'idéologie, de la tournure d'esprit.
Je crois surtout que le policer est quelqu'un qui dès qu'il a quelques années de "boîte" est désabusé, écoeuré.
Là, deux dérives coexistent.
Soit il tombe dans un laisser-aller qui ouvre la voie à beaucoup de laxisme, soit il tombe dans une attitude aigrie qui dérive elle vers la violence, l'irrespect, l'abus de pouvoir et ceci par colère le plus souvent.
Heureusement ce genre de comportement n'est pas celui de la quasi totalité mais on sait bien qu'une brebis galeuse contamine le troupeau et stigmatise une profession.
L'incompréhension aussi face à une justice qui semble bien souvent ne pas faire grand cas du policier et de son difficile métier, voire même aime bien se payer un flic de temps en temps surtout si c'est un haut gradé.
Mais bon l'inverse existe aussi, pouvoir faire tomber un avocat est parfois stimulant pour certains.
Pour Aïssa je précise que les portes des concours sont ouvertes à tous les Français.
Il existe des commissaires divisionnaires dont le nom ressemble terriblement au vôtre.
Pour avoir un peu connu le sujet, je peux affirmer que dans la police il existe des gens de toutes origines et religions, même des témoins de Jéhovah.
La police a même embauché des jeunes de banlieue, au langage coloré, comme vous le montra l'anecdote suivante.
Alors que je cherchais mon chemin dans Paris, j'avise un gardien de la paix auprès duquel je me suis renseigné.
Le dialogue a donné à peu près ceci :
Bonjour monsieur je cherche la rue...
Le gardien de m'interrompre :
"Tu vas où m'sieur ?"
Ceci dit il m'a, avec son accent truculent, bien indiqué mon chemin.
Rédigé par : Surcouf | 26 septembre 2008 à 20:18
Le rapport du citoyen avec la police n'est pas anodin ; ce billet fait bien ressortir à quel point c'est important.
Je constate qu'en Allemagne, le slogan est 'der Polizist, dein Freund' (le policier, ton ami) et que la population, bien sûr en général, n'a pas à l'égard de la police ce sentiment de défiance comme en France.
Dans un commissariat allemand, on est 'accueilli' d'une autre manière aussi...
Rédigé par : hag | 26 septembre 2008 à 20:06
C'est marrant je me suis souvent fait la même réflexion à propos des magistrats et de la baisse de niveau général, z'avez jamais entendu parler du syndicat de la magistrature ?
Ouais l'enfer c'est les autres...
Bien sûr vous n'avez jamais eu à faire -par exemple- à une quinzaine de quintaux de viande saoule à 3h du mat' dans un bar pourri, d'un quartier pourri, où une bagarre générale s'est déclenchée avec du "fer" (= des armes) de sortie.
Ou bien ne vous êtes-vous jamais fait traiter d'enculé par un maghrébin de 15 ans, alors que vous en avez 50 !
etc...etc...
Essayez vous verrez, c'est riche d'enseignements et peut-être aurez-vous un autre regard sur ceux qui mettent les mains dans la merde, au propre et au figuré.
Rédigé par : Ray Hack | 26 septembre 2008 à 18:13
Ah, la police… Vaste sujet…
Quel que soit l’angle d’enquête, elle connaîtra ses ardents défenseurs et ses plus farouches détracteurs…
Il y a un fossé. Et ce post contribue quelque peu à le creuser.
On ne peut, M.BILGER, faire d’un fait précis dont nul ne connaît les tenants, un exemple, et de cet exemple, une généralité.
A l’inverse, si le cas cité est évidemment déplorable, d’autres le sont tout autant, quand il s’agit de transiger sur la responsabilité d’un nanti, à qui par exemple, l’on évitera une garde à vue ou bien que l’on ne déférera pas à la justice.
Je lis régulièrement votre blog et l’apprécie.
N’en déplaise @ trollquirigole « Le souci, c'est que la police ne lit pas ton blog », je suis flic.
Certes, je ne suis pas la police à moi tout seul. Simple officier de police judiciaire dans un grand service parisien, je suis un élément de cette police.
L’entité « police » est une idiotie. Le mot seul est l’expression du raccourci trop souvent usité pour décrier le comportement d’un ou d’un groupe de fonctionnaires.
Votre sentence dommageable en est la parfaite illustration.
Si je puis vous éclairer de l’intérieur, je ne pense pas que la police soit mal aimée.
En tous les cas, je n’en ai pas le ressenti. Et pourtant…
Jeune flicard, je me suis fait cracher dessus par des enfants de 8 ans que je faisais traverser sur les points écoles, mais cela reste anecdotique car tous les policiers que vous pourrez interroger iront de leurs exemples ou de leurs faits d’armes… Suis-je devenu pour autant misanthrope ?
Non. Je n’ai pas généralisé.
Le monde policier n’est qu’un fantasme pour celui qui ne le connaît pas, abreuvé de mille clichés ringards et surannés.
Il n’est vu qu’au travers de fictions plus ou moins bien éclairées, de documentaires racoleurs, ou de tristes faits divers.
Ne me prêtez ni m’offrez aucune velléité corporatiste que je n’ai de cesse de combattre à grands coups de posts dans des forums spécialisés.
Le critique –et c’est tout naturel- notera la dérive, la bascule, le faux pas. Jamais ce même critique ne s’interrogera au fond sur la pugnacité des enquêteurs, l’humanité de poulets au service de leurs contemporains.
Les services et les missions sont si différentes, que personne ne peut en dépeindre un tableau unique.
Et je ne parle que de l’aspect humain, laissant loin derrière les considérations statistico-administratives des hiérarques pesant lourd dans la balance répressive quotidienne.
Je ne compte plus les victimes ayant pleuré devant moi après leur affaire résolue, ou non d’ailleurs. Ce qui est encore plus émouvant, car à cet instant, c’est notre travail qui est mis sur la balance, notre faillite aussi. Désarmés de n’avoir pu « répondre » à la victime, elle, efface les faits –parfois insoutenables- en remerciant les enquêteurs du travail accompli.
Je compte aussi les voyous, gros ou moins gros, jeunes ou moins jeunes, qui viennent nous revoir après leur détention, pour nous remercier de notre honnêteté.
Et pas besoin d’être fiché au grand banditisme pour un tel comportement. Seuls tiennent les arguments et la personnalité du flic.
Alors c’est vrai, la police est perfectible et elle y travaille. Chaque écart est sévèrement sanctionné.
La meilleure formation du monde ne fera pas d’un âne, un pur sang. Chacun le sait et doit prendre cela en considération.
La police seule n’est rien et n’est pas une force d’auto-suffisance.
Elle doit, par essence, policer. Adoucir. Humaniser. Châtier.
Sa matière première est l’humain.
Perfectible tout comme elle.
Rédigé par : Fabrice D. | 26 septembre 2008 à 16:25
Mon père est policier et j'ai le plus grand respect pour ce dur métier. Cependant il faut reconnaître qu'on a souvent l'impression d'une injustice dans les affaires impliquant la police. Je me souviens de Virginie, la première tazer de France qui a été condamnée pour s'être débattue quand 4 BAC en civil SANS brassard (ils l'ont reconnu) lui sont tombés dessus.
Pour ce qui est de Eunice Barber, le principal sujet de discussion est non pas qu'elle se soit rebellée, mais que la prétendue agression vis-à-vis des policiers ne se soit pas du tout déroulée comme indiqué par le PV (hélas les caméras de sécurité du Parc des princes tournaient et les bandes ont montré ce mensonge).
Bien sûr qu'après elle s'est débattue : mais, mis a part le Dalaï-lama, connaissez-vous quelqu'un qui ne se débat pas quand on lui fait mal ?
Simplement si des policiers vous font mal et que vous vous débattez : c'est de la rébellion.
Rédigé par : Humaniste | 26 septembre 2008 à 13:56
Je comprends, cher Monsieur, votre inquiétude sur le rapport du citoyen et de la police, je vous soumets remarques, expériences et propositions.
1/ Expérience 1:
Lors d’une infraction commise mon permis de conduire m’a été retiré et fait l’objet d’une rétention administrative (comme on dit), bon.
Après quelques mois je reçois une convocation au commissariat de mon arrondissement.
Je suis reçu par un officier de police fort courtois, qui ne sais pas tout à fait ce dont il s’agit, appelle la préfecture, on lui répond qu’il s’agit de récupérer mon permis de conduire, l’officier explique que celui-ci a fait l’objet d’une rétention, elle avoue que le permis à été perdu, et me demande de faire une déclaration de perte !! Ce que j’ai bien entendu refusé.
Je dois dire pour l’honneur de la police que l’officier m’a encouragé à ne pas faire cette déclaration, qui était de fait un faux !!
Il m’a avoué que la chose est assez courante.
2/ Expérience 2
Celle de mon fils (21 ans) étudiant dans une Ecole de Commerce, qui circule en scooter.
Il me raconte la façon dont ils sont arrêtés par la Police « en tenue de combat », tutoiement, vérification d’identité, du certificat d’assurances, carte grise, pourquoi pas mais un peu de manière, et encore il est Blanc et habite le centre de Paris, « tous des délinquants !!! »
3/ Expérience 3
Les cohortes stationnées place de la Bastille « en tenue de combat »qui contrôlent les voitures à 4 ou 5 policiers, coup de sifflet, deux font le tour du véhicule, ouverture de coffre…..papiers (Ausweis bitte). Tous terroristes.
4 Expérience 4
Ayant fait il y a deux ans aux USA, un voyage en voiture de Houston à LA en passant par le sud du Texas. En longeant la frontière avec le Mexique il y a quelques postes de contrôle.
Un douanier s’approche, chemise blanche impeccable, pantalon très bien coupé, quelques écussons, magnifiquement poli.
-Bonjour Monsieur Bonjour Madame, pouvez-vous me dire où vous allez.
-Nous venons de Huston et allons à LA.
Comprenant que nous étions étranger il dit « bienvenue au Texas »
-Est-ce que vous vous vu le Lac de xxxxx eh bien prenez la route Nr) , vous verrez c’est magnifique.
5 Conclusions :
Tant que les Polices auront cette posture de combat, à la fois dans le costume et dans les comportements, il est certain que le rapport entre les citoyens et les polices sera difficile.
6-Rève
Je rêve de Policiers qui auraient quitté leur « Battle dress » avec leurs chaussures de parachutistes, avec marqué dans le dos « Police » comme si on ne les avait pas reconnu. Et auraient une tenue civile, chemise blanche cravate, veste et chaussures normales.
Rédigé par : René Richard | 26 septembre 2008 à 13:41
Merci à Aïssa de cette avant-première qui est à la fois émouvante mais qui, je le dis avec toute la sympathie que m'inspire Aïssa depuis que je l'ai vu arriver sur ce blog avec excès, se conclut par lui donner le beau rôle. C'est une tentation que nous aurions tous, mais je me permets cette légère critique pour signifier mon sentiment de lecteur.
Je ne jouerai pas à l'Alceste du Misanthrope confronté au sonnet d'Oronte, mais il me paraît que le style destiné à la publication est moins rythmé, moins dense, moins fortement imagé que le style de certains commentaires, presque trop relu, ce que je trouve personnellement dommage.
Pardon Aïssa.
Il n'y a pas une police, mais des polices. La police que nous avons dans la tête, que nous aimons puisqu'elle nous ressemble, qu'elle court après les méchants et nous couvre de sourires bienveillants. Et puis il y a les polices qui existent sur le terrain, différentes en fonction de leurs statuts mais aussi de leur lieu d'affectation. La BAC, ce sont des voyous qui se trouvent côté police tout en ayant les manières des voyous, y compris à l'égard du citoyen pépère. Comment voulez-vous avoir confiance dans un de ces groupes qui vous apostrophe de nuit, comme cela m'est arrivé sans que je leur adresse seulement la parole, : "rentre chez toi, qu'on ne te voie plus".
Et puis, il y a les cons au crâne rasé, pour qui la rédaction d'un PV constitue un exercice digne de la dissertation de philosophie du Concours Général, à qui il est vain de vouloir faire rien comprendre,qui vous en veulent de vous apercevoir qu'ils sont intellectuellement diminués et qui vous le font payer. Il y a des lieux où l'on recrute des policiers plus idiots qu'ailleurs et le flic moyen de Champigny n'a pas le même niveau que celui de Neuilly. Le neuilléen peut aimer un policier aimable, la campinois ne peut pas aimer un policier stupide et arbitraire.
Philippe, le lien s'est dégradé avec la disparition du képi. Le policier est devenu, par son allure, un para-militaire. Alors que le terme de policier suggère un rapport avec la cité et les citoyens, l'apparence, la coupe de cheveux, les rangers, relève de miliciens plus que de policiers. Un jour je me suis élevé contre la présence, à la sortie d'une école maternelle, d'un policier en tenue de combat qui faisait traverser les enfants, avec matraque et menottes à sa ceinture. Il m'a été répondu que la gentille titulaire, à qui les enfants font la bise en passant devant elle, était malade ce jour-là. Soit mais n'y avait-t-il pas moyen de vêtir le remplaçant de façon plus civilisée. Pas un gosse n'avait envie de l'embrasser celui-là.
A débattre.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 26 septembre 2008 à 11:53