Heureusement, les médias offrent toujours de quoi rire. Ou s'indigner.
On aurait dû féliciter Geluck d'instiller un peu de chronologie et d'Histoire dans un univers qui ne brille pas par la culture. Mais, manque de chance, quelques auditeurs et le Conseil français du culte musulman ont été choqués par la métaphore utilisée.
Les uns et l'autre auraient pu être renvoyés dans leurs cordes et l'affaire dérisoire en serait restée là. Ou alors, les plaintifs auraient dû prendre l'initiative d'assigner, avec le caractère grotesque d'une telle démarche. Ils ne s'en seraient pas remis. Des responsables et des animateurs de caractère, en étouffant d'emblée cette esquisse de polémique, en la traitant avec l'indifférence nécessaire, auraient ainsi évité d'aggraver le poids des clientélismes et le dépeçage de la liberté d'expression.
Au contraire, qu'a-t-on constaté ? Alexandre Bompard en personne, le "patron" d'Europe 1, est intervenu pour donner toute son importance à cette minable contestation. Le 17 octobre, lors du journal de 19 heures d'Europe 1, Michel Drucker et Philippe Geluck ont présenté leurs excuses. Comme des gamins pris la main dans le sac. Alors qu'ils n'avaient commis aucune faute sinon celle d'avoir oublié qu'on n'a plus le droit de parler.
Parfois les juifs, souvent les musulmans, plus rarement les chrétiens prétendent assigner à l'expression, qu'elle concerne de l'insignifiant ou de l'essentiel, des limites. Par décence, pour préserver leur conception de la foi, de la vie et de l'Histoire, il faudrait se taire ou ne proférer que ce qu'ils ont décrété convenable. Demain, pourquoi pas les bouchers, les épiciers ? Les homosexuels comptent déjà parmi les virtuels censeurs. Bientôt, nous n'aurons plus l'ombre d'une possibilité d'écrire ou de parler librement parce qu'il n'est personne, aucune corporation, aucun groupe, aucune croyance, qui ne se sentira pas offensé. La censure ne nous laissera que de misérables restes.
C'est ce monde auquel nous aspirons, vraiment ? Est-il sérieux pour attacher tant de gravité aux plaisanteries les plus inoffensives ?
Le meilleur est pour la fin et la fin, c'est Michel Drucker. J'aurais été étonné si cette personnalité, dont la vocation est de faire reluire, n'était pas allée un peu plus loin dans la démagogie. Je n'ai pas été déçu.
Je vous le donne en mille. Après s'être aplati à l'antenne, il a ajouté, pour faire bonne mesure, qu'il était, lui aussi, un Français "de sang mêlé". Quelle complaisance caricaturale !
On a les célébrités qu'on mérite !
Jean-Dominique Reffait | 21 octobre 2008 à 12:13
Merci pour cette page d'histoire joliment détaillée.
Rédigé par : jpledun@JD Reffait | 19 octobre 2009 à 02:17
Et pendant ce temps là, Dame justice ne nous fait pas rire du tout !
Car les blagues, elle les collectionne,
Princes sans rire et petits rapporteurs s'en donnent à cœur joie sur les blagues qu'ils rendent au nom "du Peuple français".
Rédigé par : Parmentelas Philippe | 04 janvier 2009 à 18:14
Et tout à l'heure le Christianisme tiendra ses racines dans l'Islam auquel il devrait tout si j'en crois ce que je lis ! Je caricature, mais à peine.
Je n'aime pas beaucoup certaines relectures de l'histoire que je lis parfois.
Rédigé par : Nathalie | 09 novembre 2008 à 18:19
Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est bien-pensant, vive la France, vive Vichy, vive Papon, vive Céline, ça c'est de la culture monsieur, ça c'est la France.
Rédigé par : alex | 31 octobre 2008 à 00:54
Moi je ne lui en veux pas du tout à Philippe Geluck.
Rédigé par : Pascal SOURIS | 29 octobre 2008 à 20:32
Peut-être convient-il de nous souvenir qu'un docteur en démographie (donc un expert de la question) est devenue extrêmement impopulaire après avoir qualifié les Japonais de 'fourmis jaunes' et déclaré qu'il considérait l'homosexualité comme 'une sorte de faiblesse', soulignant qu'un Anglais sur quatre était homosexuel !
Personnellement je pense que ce qui était choquant ce n'était pas la référence à ces insectes travailleurs et économes qui ne sont pas des cigales chantant et dansant sans souci du lendemain, mais plutôt la référence à la couleur, qui allait au-delà d'une métaphore de prime abord flatteuse et faisait de ce peuple industrieux allant et venant sans trêve sur le fameux trajet 'métro-boulot-dodo' poussé dans les rames de métro par des sumotori en veine de boulot accessoire ('arbeit' en japonais), une nouvelle espèce d'insectes à côté des fourmis rouges ou des fourmis légionnaires, et suggérait aussi quelque part qu'un petit sprtiz d'acide formique serait plus efficace qu'une apologie des vacances pour stopper le mouvement de ces redoutables concurrents à propos desquels les médias occidentaux font systématiquement leurs choux gras de la moindre faiblesse apparaissant à l'horizon économique, en ce moment, en particulier, celle de l'indice NIKKEI qui est toujours pointé du doigt avant celui d'autre places boursières que la place de Tokyo, même lorsqu'ils sont en plus mauvaise posture!
S'agissant des souris, j'ignore à quoi ce rongeur fait penser pour les musulmans en dehors de Mickey, mais pour les extrêmes-orientaux il évoque le vainqueur de la montagne dans une logique Jan-ken-pon style pierre/ciseau/papier telle que sur : http://ja.wikipedia.org/wiki/%E7%94%BB%E5%83%8F:Rock_paper_scissors.jpg
A la suite de l'incident 'fourmis jaunes', les Japonais se sont interrogés avec délices sur les véritables relations entre le chef de l'Etat et son prime minister lequel était réputé il me semble, pour ne pas se déplacer sans un wagon de petites culottes en dentelles...
Rédigé par : Catherine JACOB | 28 octobre 2008 à 13:36
@Criticus
Finalement nous sommes d'accord, le monde est un éternel va-et-vient d'idées, de choses et d'humains, et l'idée de nation physiquement et culturellement uniforme est une idée philosophiquement et historiquement absolument absurde ... Quant à trouver un équivalent, tenez, je vous en donne un fameux et qui fait bien rire, il paraît. Cependant il est, mettons, plutôt extra-intra-occidental, extra-intra-français exactement ... Si si, comme dirait ce cher Cactus, "extra" et "intra" se marient très bien si on pousse un peu, ça s'emboîte à merveille comme un couple qui s'aime ... Donc voici: "Bienvenue chez les Chti's" qui eut pu être sans inconvénient ni difficulté, vous en conviendrez, "Bienvenue chez les Bretons ou chez les Alsaciens ou les Catalans ou toutes les nôtres régions que vous voudrez", n'a-t-il pas été le fait de deux excellents Français, Daniel Hamidou (Dany Boon) dont le père vient d'Algérie et de Kaddour Merad (Kad Merad) dont les deux parents, quant à lui, viennent et sont aussi originaires d'Algérie? Ne niez pas, ce film est un bien bel hommage français à la France et aux Français ... Vous seriez bien le seul à penser le contraire, de nos concitoyens intra-occid ... pardon, intra-français. C'est notre culture.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 26 octobre 2008 à 20:51
@ Aïssa
Pourquoi ai-je mis Philippe Bilger dans la rubrique « Réactionnaires » ? Parce que notre hôte me l'a demandé ! Je l'avais classé au départ dans les « Conservateurs », étiquette qu'il a refusée au profit de réactionnaire.
Quant à mon blog, je ne vous invitais à lire que le billet sur Sylvain Gouguenheim. Il y a une idée, que je n'y développe pas car on ne peut pas parler de tout, n'est-ce pas, qui me hérisse, et que vous avez faite vôtre : l'Occident, et en particulier la France, seraient « fermés » aux autres cultures.
Fermés ? Avec tous les centres de recherches consacrés à l'étude des civilisations non-occidentales ? Avec tous les festivals de cinéma ou de littérature dédiés aux cultures asiatiques, africaines, latino-américaines, etc ? Avec toutes ces communautés issues de l'immigration, dans tous les pays occidentaux ? J'aimerais trouver un équivalent, dans les pays extra-occidentaux, à cette curiosité, cet intérêt pour les autres cultures...
Rédigé par : Criticus | 26 octobre 2008 à 15:43
@Criticus ou Roman Bernard
Je viens de parcourir rapidement votre blog. Très belles mises en page. Je n'ai pas lu, je n'en finirais pas. Mais pourquoi diable, parmi vos références et liens, avez-vous mis le blog de notre cher hôte PB dans la rubrique "Réactionnaire" ? Je ne comprends pas. PB, faites-vous de la réaction ? Expliquez-vous, de grâce, on vous met dans des cases. Si j'avais un blog, je suis sûr que Criticus et d'autres m'inventeraient derechef une rubrique "Stalinien". Pardonnez-moi, Criticus, de sourire et vous moquer un peu...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 25 octobre 2008 à 18:00
@ Aïssa
Lisez mon billet d'abord, au lieu de dire que je développe peu. Je vous rappelle que j'ai un blog (dont je vais devoir suspendre l'activité pour un mois, faute de temps) où, parmi les quelque deux cents articles publiés, un certain nombre d'entre eux traitent de ces questions.
Rédigé par : Criticus | 25 octobre 2008 à 13:40
petite mise au point :
je ne suis pas Criticus ;
je tenais à le préciser !
( Romulus et Rémus , Vénus et Janus , Cubitus et Radius , oui mais pas Criticus et Cactus _ même si ça klaksonne bien , non ? _ )
Sissi !
Rédigé par : Cactus est Criticus ? | 24 octobre 2008 à 23:55
«La civilisation arabe est la véritable fondatrice de la rationalité occidentale»
Rien que ça !
Si cela est vrai, je crois qu'ils auraient peut-être du ne pas tout donner si libéralement, et s'en garder un peu pour eux, ça aurait pu leur servir.
Rédigé par : Ramdi | 24 octobre 2008 à 22:31
@Criticus
Est-ce que vous ne confondriez pas (je vous cite): "la négation de la nation et de la civilisation", avec le sentiment de la négation de la nation et de la civilisation? Ce sont deux choses bien différentes qui, au demeurant, ne signifient toutes deux rien de bien concret. Car qu'est-ce qu'une nation? Un territoire, une population identique, une langue commune? Et qu'est-ce qu'une civilisation? Une culture commune, une histoire commune? C'est ici que cela ne cloche pas dans votre discours car, à bien vous lire même si vous développez peu, tout ceci serait bel et bien acquis et figé de toute éternité. Rebondissant sur mon propos, vous me citez positivement les échanges entre les nations qui s'enrichiraient mutuellement. Ces échanges sont aussi -et surtout- des migrations humaines voire des colonisations, des annexions ... Aucune frontière d'Etat n'est autre que la résultante d'"échanges" sanglants. Qu'était la France il y a mille ans? Les comtes de Champagne, leur nation -qu'ils défendaient jusqu'à la mort- était à peu de kilomètres près l'actuelle région Champagne-Ardenne plus un peu de la région parisienne. Croyez-vous qu'un Roussillonnais se sente plus proche d'un Chtimi's que d'un Catalan de Barcelone? Et l'Allemagne -Etat-nation s'il en fut il n'y a pas longtemps et à quel prix!-, qu'était-elle il y a à peine un siècle voire deux? L'Afrique n'y échappe pas. Croyez-vous qu'il y ait un seul peuple d'Afrique qui ait lui-même dessiné ses frontières actuelles? Aucun. D'autres s'en sont chargés grâce à ces fameux échanges que j'évoquais pour le meilleur et pour le pire. Le continent américain, vous savez son Histoire ... Les USA, c'est une nation, ça, au sens étroit où vous la restreignez? L'humain, c'est pas des cages posées les unes à côté des autres et se parlant et s'échangeant des choses de loin. Cette attitude fut celle étonnante du Japon durant des millénaires ... On sait comment cela s'est terminé. Les civilisations, c'est cela: impliquées et mouvantes les unes dans les autres et ce depuis que l'homme est l'homme. Comme des coquillages, quand ils se ferment c'est qu'ils ont peur et fuient voire ils meurent s'ils ferment trop longtemps; quand ils s'ouvrent c'est qu'ils vivent. Cro-Magnon était-il Breton ou Chinois ou bien Berbère? Quand Jules César envahit la Gaule, il s'écria: "Quels sauvages ils sont!". Quand il débarqua en Egypte, il s'exclama: "Quels sauvages nous sommes!". Tout est dit, comme dirait PB. Et ne craignez rien, rappelez-vous: L'avenir dure longtemps.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 24 octobre 2008 à 18:29
Jean-Dominique Reffait,
J'aime bien vous taquiner et si j'ai pu exprimer mon désaccord sur un ton trop vif ou avec une ironie qui a pu vous blesser, je le regrette sincèrement. Je partage rarement vos idées, mais croyez que je les respecte.
La remarque vaut aussi pour Erig de La Bouëxière avec qui j'ai eu un échange un peu houleux, il y a quelque temps.
Cordialement.
Rédigé par : Laurent Dingli | 24 octobre 2008 à 15:42
@ Aïssa
Malek Chebel est une bonne référence.
Ne dérangeons pas Philippe avec nos échanges et je ne fais pas mystère de mon adresse mail qui est connue de tous les fabricants de Viagra : jeandominique@lillaspastia.com
@ Laurent Dingli
C'est gentil de faire référence aux admirables textes de mon blog ou d'Agoravox mais alors il faut tout lire. Vous y constaterez que je ne mélange pas la partie historique, que j'essaie de maintenir dans le cadre rigoureux de la discipline, et la position idéologique que j'en conclue. Je ne fais pas reproche à Criticus de se placer sur le plan idéologique, qui est respectable, je me reproche à moi-même d'avoir argumenté sur le plan historique, laissant ainsi place à l'incompréhension qui caractérisent deux discours qui n'évoquent pas les mêmes notions.
@ Erig
Je ne m'efforce ni à la bien-pensance, ni à la mal-pensance. Je m'efforce de comprendre librement l'époque en m'appuyant en partie sur l'histoire (et la philosophie) pour tirer des bouts d'enseignement. J'ai été sensible au fait que Philippe Bilger récuse hier sur Inter le qualificatif d'homme de droite : un homme qui s'efforce à l'intelligence peut en effet être réactionnaire sur tel point, conservateur sur un autre, progressiste voire révolutionnaire sur d'autres encore sans se réduire à une latéralité facile. Je me qualifie de gauche tout en ayant conscience d'être parfaitement réactionnaire sur certains points (je suis résolument contre la mixité dans l'enseignement, pour le port d'un uniforme égalitaire des élèves, pour les méthodes anciennes d'enseignement et de discipline à l'école.)
Je ne suis pas "homophobe" au sens commun (ni pro d'ailleurs, je m'en fous) mais je défends le droit pour chacun d'exprimer librement son hostilité à l'homosexualité sans risquer l'anathème. Je pense que l'anti-racisme actuel, moi qui ne connais pas le sentiment raciste et qui n'ai donc pas à lutter contre cette tentation, par ses excès, entretient le racisme comme le feu a besoin de comburant. Et même si beaucoup de fantasmes nourrissent la méfiance à l'égard de l'islam, il est contre-productif de fustiger cette méfiance, au risque de l'enterrer sans l'éteindre, et il me paraît plus intelligent de comprendre cette méfiance, ses ressorts, son éventuelle légitimité pour convaincre plutôt que contraindre.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 24 octobre 2008 à 10:33
@ Daniel Ciccia
(Re)lisez mon billet et vous comprendrez mon propos : la négation de la nation et de la civilisation est à l'origine (je n'ai pas dit exclusive) d'un « retour du refoulé » de celles-ci, avec les nationalismes et les crispations identitaires.C'est cela que je dis.
Rédigé par : Criticus | 24 octobre 2008 à 03:03
@ Jean-Do,
Je vois que je m'étais égaré en vous plaçant dans les rangs des tenants de la bien-pensance que vous évoquez et illustrez avec le style brillant et l'érudition qui vous caractérisent.
Me voilà rassuré.
Trugarez !
Rédigé par : Erig le Brun de La Bouëxière | 23 octobre 2008 à 22:11
@Criticus,
Je ne vois guère de rapport avec le duel télévisuel de la campagne Sarko/Ségo et mon observation, d'ailleurs ni vous ni moi n'en sommes là.
Mais je ne crois pas me tromper en signalant que c'est aux nationalismes, donc aux excès du vertige national, que l'on doit un certain nombre de génocides et d'épurations ethniques, particulièrement en ex-Yougoslavie pour s'arrêter à l'histoire récente de notre continent.
On en voit encore entre le Kosovo, proclamé indépendant et la Serbie quelques traces résiduelles.
Si je me suis permis cette remarque sur votre affirmation « Depuis que l'on a décrété la mort des nations et des civilisations, il n'y a jamais eu autant de crispations identitaires... », c'est parce que la réalité la pondère, voire la dément.
J'ignore « qui » a décrété la mort des nations dans votre esprit. Ce n'est pourtant pas le décret de la mort des nations qui a provoqué les malheurs du peuple serbe et de ses voisins. C'est le contraire: l'instrumentalisation des valeurs nationales dans et par la politique au service d'une perspective historique nationaliste.
C'est un vertige ou une ivresse. Pas une raison.
Par ailleurs, l'Europe fournit en temps réel la démonstration que des transferts s'effectuent et que la nation, sans être niée, peut être transcendée. Cet espace est un espace de paix et il accomplit quelque chose de très inédit en faisant tourner deux moteurs, celui de l'intégration et celui la convergence.
Il me semble qu'il se révèlera très puissant, ce moteur.
La seule chose qui compte, c'est le solde positif pour les peuples, et de ce point de vue, la conscience de l'identité est une chose tandis que la conscience de la différence en est une autre. On ne va pas à l'autre, peuple ou individu, en vertu de sa différence, sans quoi on réduit sa capacité d'échange et de collaboration.
Je n'ai pas à craindre que fassiez l'amalgame entre ces deux notions.
A chacun des stades historiques majeurs, c'est par recomposition et dépassement que les peuples procèdent.
Nous n'y dérogerons pas car nous vivons sur ce plan une période tout à fait exceptionnelle et exaltante.
Rédigé par : Daniel Ciccia | 23 octobre 2008 à 20:29
@ Daniel Ciccia
« Vous vous hasardez sur un terrain glissant. »
C'est du même niveau que le « Je suis en colère, Monsieur Sarkozy ! » de Ségolène Royal lors du débat d'entre-deux-tours de 2007...
Rédigé par : Criticus | 23 octobre 2008 à 14:36
C'est vrai qu'utiliser l'histoire pour servir son idéologie et multiplier les anachronismes c'est quand même trop fort ! Ce serait comme, je ne sais pas moi, écrire par exemple qu'il faudrait accueillir tous les immigrés en imitant... l'Empire romain, d'il y a deux mille ans. Mais bon, personne ne pourrait écrire sérieusement une chose aussi cocasse. L'idéologie et la politique, pffft ! Est-ce que les bougnats partent en croisade contre le charbon et le vin ?
Rédigé par : Laurent Dingli | 23 octobre 2008 à 11:09
@J.D.Reffait
Je vais vous envoyer un manuscrit, si vous le voulez bien, sur ce sujet d'hier et d'aujourd'hui que vous analysez si bien ici mais dont, comme tous, il vous manque la réponse essentielle à cette fameuse question historique: Pourquoi, vers le XVème siècle et à peine en l'espace d'un siècle, toute cette prestigieuse et séculaire culture esthétique et scientifique arabo-musulmane s'est brutalement effondrée jusqu'à devenir quasiment et jusqu'à nos jours encore stérile. Aucun éditeur n'a eu le courage de publier ça qui aurait dû être préfacé par Malek Chebel. C'est romancé car je préfère le roman à l'essai froid. Cela vous apprendra certaines choses que, je le pense, vous ne soupçonnez pas et qui tiennent, pour l'essentiel, de la psychologie.
Via PB, donnez-moi vos coordonnées si cela vous intéresse.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 23 octobre 2008 à 11:07
@ Erig
Vous avez raison, d'autant plus que ces populations musulmanes dispersées sur la côte atlantique étaient pour la plupart illettrées, de pauvres gens partis s'enrichir par la rapine. Ils n'ont été porteurs d'aucun mouvement de civilisation. Ils sont devenus de bons et loyaux paysans locaux.
Je me suis égaré à répondre à Criticus sur le plan historique, j'ai eu tort car le propos de notre ami est idéologique, ce qui est parfaitement légitime mais, du coup, nous ne parlons pas de la même chose. Je rejoins donc le fil du billet de Philippe à ce sujet.
Si la bien-pensance actuelle tend à magnifier la civilisation arabe du Moyen Age au point de rendre redevable l'Europe de l'intégralité de son corpus intellectuel, c'est un excès idéologique auquel on ne peut répondre par un autre excès, qui est de rejeter cet héritage et de décréter l'incompatibilité des civilisations arabes et européennes, ce qui est une sottise.
Si les cotations actuelles des bourses mondiales sont exprimées en chiffres arabes, ce n'est pas un hasard. Et c'est ce que j'explique à mes amis et proches arabes : ils sont les inventeurs de la rationalité mathématique moderne, ils sont aussi les inventeurs du criticisme allant jusqu'à l'athéisme, précurseur des Lumières (voir le Livre des Trois imposteurs cité par Ibn Khaldoun), c'est-à-dire que les arabes ont apporté à l'Europe l'abstraction critique que les arabes modernes fustigent dans l'Occident actuel. C'est d'ailleurs cette liberté de pensée qui a causé la perte des intellectuels arabes (par arabes, j'entends les intellectuels du Moyen Age de langue arabe mais de culture hellénique, persane ou indienne).
Cet écheveau intellectuel est, comme le suggère Aïssa, totalement indémêlable.
Les positions idéologiques sont parfaitement dénuées de sens dans un contexte aussi imbriqué. La bataille de Poitiers a pris une dimension symbolique et idéologique qu'elle n'avait pas lors de son déroulement : les arabes avaient alors des alliés chrétiens (Duc d'Aquitaine) et l'on se fichait bien des considérations identitaires dans un monde féodal naissant où le pouvoir politique se confondait avec la propriété privée.
Si l'idéologie actuelle tend à rendre aux arabes leur part de la civilisation occidentale, ce qui serait juste, il convient aussi de rendre à l'Europe la part immense qu'elle tient dans la civilisation arabe qui n'aurait jamais dépassé Médine et les déserts d'Arabie sans les grecs.
Je digresse sans digresser en évoquant la terminologie moderne : islamophobie, homophobie. Une phobie est une maladie, une angoisse maladive (agoraphobie, claustrophobie) et le choix de ces termes n'est pas neutre tendant à faire passer pour une maladie une opinion non conforme à l'idée dominante.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 23 octobre 2008 à 10:12
@Criticus,
Vous vous hasardez sur un terrain glissant.
Rédigé par : Daniel Ciccia | 22 octobre 2008 à 22:59
@ Aïssa
Ma thèse, c'est justement que les échanges dont vous parlez ne sont vraiment possibles et profitables qu'entre des peuples conscients de leurs identités... donc de leur complémentarité.
La preuve : depuis que l'on a décrété la mort des nations et des civilisations, il n'y a jamais eu autant de crispations identitaires...
Rédigé par : Criticus | 22 octobre 2008 à 21:45
@ Jean-Do... Mmouais, mettons, mais combien cela pèse-t-il face aux Guyonvar'ch, Morvan, Tual, Gourvenec, etc... Une trace onomastique de cette ampleur ne fait pas un apport civilisationnel. Soyons fiers en tous cas, de les avoir assimilés...
Rédigé par : Erig le Brun de La Bouëxière | 22 octobre 2008 à 20:30