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Marina Petrella : j'y suis, j'y reste !

Marina Petrella a gagné. Elle a mis sa vie dans la cause et son extradition légitimement ordonnée par un décret a été annulée par un autre décret qui, pour des raisons "exceptionnelles" prévues par une convention franco-italienne, s'est fondé sur des motifs humanitaires dus à l'état de santé de l'ancienne terroriste. Le Journal du Dimanche l'a annoncé et l'Elysée l'a confirmé.
Celle-ci, responsable, à l'âge de vingt ans, de "la colonne romaine" des Brigades rouges, a été notamment reconnue complice de l'assassinat d'un commissaire de police en 1981.
Le président de la République avait il y a quelques mois avalisé le processus de son extradition en même temps qu'il attirait l'attention des autorités italiennes sur la personnalité de Marina Petrella. J'avais alors approuvé totalement, dans le billet "D'un président l'autre", cette démarche qui conciliait le respect de l'Etat de droit et l'exigence d'humanité, étant acquis que l'Italie n'est pas un pays barbare ni totalitaire mais une démocratie au même titre que la nôtre et pourvue également de structures hospitalières satisfaisantes.
Comme il était prévisible, cette mesure à la fois nécessaire et courageuse a suscité de multiples protestations toujours réunies sous la bannière d'une compassion exclusive pour ceux naturellement devenus victimes de leurs crimes. A été invoquée, comme d'habitude, la doctrine Mitterrand qui d'une part n'a jamais eu la moindre traduction officielle et d'autre part excluait les crimes de sang.
Il était également inéluctable que, pour appuyer ces dénonciations unilatérales, Marina Petrella elle-même avec une résolution guère étonnante - capable du pire, pourquoi aurait-elle manqué d'audace pour sa propre cause qui était de demeurer en France coûte que coûte ? - a mis en péril sa propre existence en suspendant sur le sommet de l'Etat cette épée de Damoclès qui ne la ferait rejoindre l'Italie que morte. Cette menace, ce chantage, gagés sur la fragilité et le déclin de sa propre vie, lui ont fait remporter une victoire éclatante. Il était écrit que son extradition serait entravée par les moyens même les plus suicidaires. Il était fatal qu'écrasant l'un des plateaux de la balance, elle fasse fléchir l'Etat pesant peu sur l'autre. En appelant aux élans du coeur, elle a aisément fait perdre l'esprit.
A l'annonce de ce triomphe personnel et de cette défaite de l'Etat de droit - qu'on me permette, en effet, de considérer que sa seule vocation n'est pas de complaire aux anciens terroristes italiens ou autres -, le mari et les filles de Marina Petrella ont naturellement félicité et remercié le président de la République. Son avocate a indiqué que sa cliente avait "pleuré" de joie. Qui pourrait m'interdire de laisser couler dans ma sensibilité les larmes que son crime a suscitées en 1981 ? En tout cas, je refuse de les exclure pour pouvoir mieux m'abandonner à une compassion facile.
Le président de la République a perçu comme cette décision apparemment "humanitaire" était de nature à ouvrir une brèche dangereuse dans l'affirmation de sa volonté de lutter sans faiblesse contre le terrorisme. Aussi il a souligné, en espérant assigner à son indulgence un cadre purement miséricordieux incompatible, paraît-il, avec la gestion italienne, que sa politique contre le terrorisme et la collaboration internationale qu'elle impose demeureraient de rigueur et de vigueur.
Il n'empêche que la Ligue des Droits de l'Homme, par son président Jean-Pierre Dubois, a sans attendre profité de ce suspens, de cette parenthèse pour vite saluer le devoir d'humanité mais surtout pour rappeler Nicolas Sarkozy "au respect de la parole donnée aux réfugiés italiens". Sur le plan politique, les partisans d'un Etat de droit à leur convenance idéologique ne vont pas désarmer, si je puis dire. Le principal, qui touche le mythe de la révolution, n'est pas oublié. La pitié d'aujourd'hui, loin de bloquer la fronde par la référence à une situation particulière, va probablement  donner de la polémique à moudre aux partisans du refus de toute extradition. Evoquant la LDH, je ne peux m'empêcher de songer que la belle-soeur du président de la République, l'actrice Valeria Bruni-Tedeschi, a déclaré dans un journal italien  qu'elle avait rendu visite en prison à Marina Petrella (excellent texte de Me Gilles Devers sur 20 minutes et le site du Nouvel Obs). Je crains que les dissidents comme moi, dans ces domaines sensibles, pèsent peu face aux circuits privés et les citoyens face à l'entourage. Un zeste de moeurs royales en République. Dommage.
Pour ma part, je préfère m'abriter sous l'aile de l'Aiviter, la principale "association italienne des victimes du terrorisme" (site du Point). Celle-ci n'a pu que constater qu'on allait garder Marina Petrella alors que l'Italie, ses tragédies, sa justice et sa démocratie avaient besoin d'elle. Elle a tout de même rappelé qu'on soignait aussi dans son pays.
J'ai conscience, écrivant ce billet, de ne pas sembler donner toute la place qu'ils méritent au coeur et à l'apitoiement. Certes, lorsque, femme ou homme, on s'engage dans un combat en étant prêt à jouer comme mise ultime son être, son souffle, il serait malséant de tourner en dérision la personne et de lui imputer la responsabilité de son état. Je ne l'ai  pas fait. Mais il est légitime et salubre de continuer à juger le combat et les origines criminelles de celui-ci. Ce que j'ai fait.
Pour l'Italie.


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Voici les sites qui parlent de Marina Petrella : j'y suis, j'y reste ! :

Commentaires

@ Philippe Bilger

Vous avez raison, le plus important dans cette histoire, c'est peut-être le double bras d'honneur (après l'affaire Battisti) que la France fait à sa "sœur latine", à un pays européen, voisin, ami. On a coutume, souvent excessivement (pour un Alsacien, un Breton ou un Nordiste, l'Italie est lointaine) de dire que les Italiens sont nos cousins, nos cugini. Nous venons de leur signifier que nous ne les considérons pas comme de notre famille.

Peut-être extrapolé-je à l'excès, mais il ne faut pas s'étonner si les jeunes Transalpins, au contraire de leurs aînés, n'apprennent plus le français, au profit de l'anglais. Car méritons-nous leur amitié ?

C'est une bonne nouvelle. L'Italie est suffisamment mature et démocratique pour comprendre et accepter celle-ci. Certes, leurs hôpitaux valent les nôtres; certes, leurs prisons égalent les nôtres; certes, leur justice n'a rien à envier à la nôtre; certes, certes ... Cependant, il ne s'agit pas tant de cela que de la honteuse remise (reniement) en cause politique de ce que l'on a appelé à tort "la doctrine Mitterrand" et qui n'est rien d'autre que la décision certes politique d'un homme, un seul, mais qui fut de fait érigée -puisque l'on semble tenir à ce mot- en doctrine puisqu'alors elle ne fut jamais remise en cause par le président de la République et tous les gouvernements successifs, soit durant plus d'une décennie et alors que les alternances politiques eurent lieu. Partant, la chose était acquise et l'on ne pouvait revenir dessus sans être ridicule pour ne pas dire plus. L'Italie elle-même, par tous ses nombreux gouvernements successifs, n'a jamais durant tout ce temps revendiqué quoi que ce soit quant à ces personnes accueillies chez nous et donnait pour elle acquise cet état de fait et a depuis tourné cette page sombre de son Histoire. Le cas contraire -sous Mitterrand même et sous Chirac- aurait donné lieu à tapage médiatique et politique; cela se serait su des deux côtés des Alpes, n'en doutez pas. Vous ne prétendez pas, cher PB, vous exprimer au nom des Italiens et dire pour eux ce qui leur serait bon et ce qui ne le leur serait pas. C'est pourtant ce que vous faites maintenant. On reconnaît bien là ce que je nomme, quant à moi, la doctrine des procureurs et que je transcris ainsi: "Quoi qu'il advienne, ils doivent payer". "Ils", ce sont les auteurs de crime et/ ou délit. Le droit à l'oubli existe, quand bien même les crimes évoqués sont graves. Nous ne sommes pas ici en présence d'une accusation éternelle de crime contre l'Humanité. Je ne vais pas répéter ce que j'ai déjà dit à ce sujet lorsqu'il s'est agi de Cesare Battisti. Mais cette doctrine dont vous montrez la teneur et qui est vôtre ne vous fait pas honneur, croyez-m'en. Vous êtes comme à souffler sur des braises froides depuis longtemps, l'espoir vain chevillé au corps de vouloir les rallumer. Les luttes armées de ces activistes italiens d'extrême gauche de cette époque avaient leurs explications historiques (on pourra être pour ou contre, c'est un autre débat). Cependant, elles ne sont pas nées du néant, spontanément. Que ne comprenez-vous pas que la décision actuelle du président Sarkozy a été prise avec l'accord du président du Conseil italien Berlusconi, qu'on ne peut soupçonner tous deux de gauchisme ou même d'une quelconque sympathie pour ce dernier? Que ne comprenez-vous pas que les Etats démocratiques et capitalistes et libéraux qui sont les nôtres sont plus mal tenus que jamais de condamner à rebours et maintenant ceux qui les ont combattus, même combattus de ces façons terribles et meurtrières, quand nous assistons tous, en ce moment même, aux innombrables misères humaines, famines, injustices sociales immenses et crimes économiques mondiaux qui sont de notre fait démocratique, capitaliste et libéral? Ainsi, l'hôpital se moquerait encore et toujours de la charité ... Que répondrez-vous aujourd'hui, vous qui les nommez, à tous les Battisti et Petrella de la terre qui exigeraient que nous rendions compte de tout ce mal que nos démocraties capitalistes engendrent à présent de par le monde? Vous les accusez encore aujourd'hui, près de 30 ans plus tard, d'une dizaine de meurtres; ils nous accusent déjà aujourd'hui et maintenant, avec encore plus d'arguments et de pertinence que vous, de dizaines de millions de meurtres! Petrella, comme Battisti, méritent autant que Brongniart et les banques et les capitalistes spéculateurs et assassins, d'être sauvés! Jamais ils ne seront aussi pires qu'eux, jamais!

Aïssa.

Si la décision "humanitaire" peut - à la rigueur - se comprendre, le triomphalisme des journaux télévisés et des soeurs Bruni est totalement indécent... qui en dit long sur l'état d'anomie de notre société et, particulièrement, de ses élites...

On remarquera que d'après ce qui est relaté Valeria Bruni-Tedeschi a joué un rôle dans cette décision en alertant le président sur l'état de Marina Petrella, pour ensuite se déplacer à son chevet lui annoncer la nouvelle en compagnie de sa soeur Carla.

Les commentateurs oublieraient-ils que non seulement les deux soeurs sont italiennes, mais que ce sont les exactions des brigades rouges qui ont poussé leur famille à partir en France, par peur d'en être victime ?

Il n'est donc manifestement pas nécessaire d'être français et d'ignorer tout de ce que les brigades rouges ont fait subir à l'Italie pour considérer que, malgré cela, humanitairement il s'imposait de renoncer à cette expulsion.

Je suis pleinement d'accord avec notre hôte et furieux de voir la famille Bruni impliquée dans ce déni de justice et cette insulte à l'Italie.
Petrella aurait pu être absoute en Italie et Sarkozy éviter de se renier et de commettre une erreur de plus.
Mais il est vrai que les "Médicis" sont de retour.
Je salue avec respect la famille du commissaire italien "exécuté" par les brigades rouges; je fais de même, avec retard, pour la famille de l'ingénieur général Audran et du président Besse.
Notre époque est triste.

Merci, cher Philippe, pour cet excellent article. Encore une fois, n'en déplaise à quelques esprits manichéens, vous faites preuve de courage, refusant de bêler avec le reste du troupeau.

Je pense que la France a d'autres chats à fouetter en ce moment qui nécessitent qu'une martyre ne vienne pas compliquer la situation. Mais bon, je ne suis pas très forte en analyse politique.

Non, Philippe, sur plusieurs points :
- le droit italien ne vaut pas le droit français sur un point : le droit pour un condamné par contumace d'être rejugé en sa présence. Vous amalgamez tout le monde dans la même compassion stupide pour les criminels. J'ai dit et répété ici que je me fichais de Battisti comme de Petrella. J'aurais pour ma part été favorable à l'extradition, si un nouveau procès, dans un contexte politique différent, pouvait permettre aux accusés de se défendre dans des conditions plus satisfaisantes que l'atmosphère de règlements de compte qui régnait alors en Italie. A l'époque des faits reprochés à Battisti et à Petrella, l'Etat italien ne fonctionnait pas selon des normes démocratiques.

- Vous persistez à négliger le contexte des années de plomb en Italie, où, dans le corps même de l'Etat, à son plus haut niveau, notamment dans la police et chez les magistrats, la stratégie de la tension conduisait à l'organisation de la terreur par l'Etat lui-même (attentat de Milan, attentat de Bologne). Ce climat de guerre civile était un fait, le nier est un aveuglement, les jugements intervenus à cette époque et par contumace portaient cette marque. Si l'Italie est redevenue heureusement un Etat de droit, elle ne l'était plus, mais plus du tout, à cette époque où la mafia, la CIA et le corps de l'Etat, hystériques à l'idée du Compromis Historique avec les communistes, étaient liés au mépris du droit et de la démocratie. La terreur d'un nouveau Chili, ou pire, d'un nouveau Cuba, au coeur même d'un pays membre de l'OTAN et siège de la 6ème flotte américaine, avait amené à cette coalition de la mafia, de la CIA et des rouages de l'Etat italien pour mener une véritable guerre contre la démocratie italienne, à savoir empêcher, par la terreur, les italiens de porter les communistes au pouvoir. Cette guerre a eu lieu, épisode chaud de la guerre froide. Battisti et Petrella ont été des protagonistes de cette guerre.
Pour vous en convaincre, rappelez-vous la panique des Américains lorsque 4 malheureux ministres communistes sont entrés dans le premier gouvernement Mauroy. Le Secrétaire d'Etat américain a fait le voyage de Paris d'urgence tandis qu'un général de Satory, au lendemain du 10 mai, avait sorti des chars de combat, prêt à bouter les rouges qui arrivaient.

- La première demande concernant Battisti était l'un des premiers actes du premier gouvernement Berlusconi. La deuxième demande concernant Petrella a été l'un des premiers actes du second gouvernement Berlusconi. Ne soyons pas aveugle au point de ne pas voir qu'il s'agit là d'actes purement politiques et d'échanges de bons procédés entre les deux grands amis Sarkozy et Berlusconi, que les motivations de droit et de morale sont absentes de tout cela.

- La France a connu des périodes semblables et n'a pas de leçons à donner à l'Italie. A ces époques, qu'il s'agisse de l'Occupation ou de la guerre d'Algérie, le fonctionnement démocratique de l'Etat était totalement ou partiellement altéré. S'en sont suivies des amnisties pour de grands criminels. Parce que les contextes politiques changent, les conditions de l'Etat de droit sont restaurées. C'est cette ligne qu'il faut proposer à nos amis italiens, et non l'acharnement à laisser croire que les conditions de l'Etat de droit étaient pleinement réunis en Italie, en 1981.

J'avais dit ici toute l'absurdité que je voyais à la tenue du procès Papon, 50 ans après, personnage que je gratifiais de mon plus profond mépris. Il faut savoir tirer l'échelle et ne pas s'installer dans le déni des réalités historiques qui n'ont plus de sens, en terme politique et juridique, des décennies plus tard. Reste la peine des familles, certes, celles des victimes de la gare de Bologne, tuées par des policiers italiens restés impunis, comme celle des Brigades rouges. Le terrorisme avaient alors deux visages, Philippe : celui des Brigades Rouges mais aussi celui d'un prétendu Etat de droit qui posait des bombes pour tuer un maximum de civils à Milan et à Bologne. Si vous pensez aux unes, pensez donc aussi aux autres, plus nombreuses.

Il faut regarder les deux visages de Janus.

Et j'apprends que ce sont deux italiennes, issues de la grande bourgeoisie, qui sont allées au chevet de Petrella lui annoncer la nouvelle officielle : Valeria Bruni et... Carla Sarkozy.
Le droit, rien que le droit ? Mais il paraît que même Dieu écrit droit avec des lignes courbes, que ce soient celles de notre présidente ou des méandres imprévisibles de l'histoire.

@Aïssa
vous comparez les assassinats de Battisti et de Petrella à des "dizaines de millions de meurtres" commis pas les capitalistes spéculateurs et assassins etc.
Comparaison n'est pas raison. Votre "raisonnement" est tellement outré qu'il ne convaincra pas grand-monde. Pas moi en tout cas ! Il me faut des arguments un peu plus soutenus. Quand on commence à comparer des faits et des actes précis au mal que serait en train de faire indirectement un groupe de personnes mal identifiées au niveau mondial, c'est qu'on est au bout de l'argumentation raisonnée. On tombe dans l'affectif et à ce compte-là, on peut accuser le monde entier de tout et de son contraire.

Pour autant, était-ce une bonne décision que celle de Sarkozy ? Aucune idée.
Je remarque juste que Petrella est rattrapée par son passé et qu'elle ne l'assume pas. Qu'elle soit en réelle dépression ou bien qu'elle fasse une sorte de chantage au suicide, elle n'assume pas ses actes passés. Comme pour Rouillan, je ressens pour cette femme comme une amertume. Je n'échangerais ma place pour rien au monde avec elle. Avoir tué pour rien. Avoir détruit une vie délibérément ainsi qu'une famille, pour rien. Cela laisse comme un goût de cendres dans la bouche. Au moins, Rouillan paie et assume, même s'il ne l'a pas choisi !

La défaite de l'Italie, c'est aussi la victoire de la Reine de France et de sa soeur Valeria, ces dames auraient même été les premières à annoncer "la bonne nouvelle" à la détenue.

On ne sait pas comment s'équilibrent les choses, si même elles sont vouées à s'équilibrer, mais lorsque j'ai appris que le président de la République ne signerait pas le décret d'extradition en vertu de la clause humanitaire, j'ai fait la relation, à quelques jours prés, avec le cas de Jean-Marc Rouillan retournant purger sa peine pour avoir laissé entendre qu'il n'éprouvait aucun regret dans l'assassinat de M. Besse.
Presque à la symétrique, Marina Petrella, dans ce chantage que M. Bilger décrit si exactement, voudrait, si elle le pouvait, faire reprendre au diable ces maudites années de plomb et demeurer, avec les siens, à l'endroit où elle a refait sa vie.
Elle a fui son passé, comme Rouillan et ses comparses d'AD semblent et ont semblé s'y accrocher. Fuite pathétique et dérisoire puisque la justice a remis la main sur elle.

Le président de la République avait-il le choix dans cette affaire? Ou plus exactement entre quoi et quoi avait-il le choix quand Marina Petrella, en se laissant mourir, posait à la République un problème qui n'est autre qu'humanitaire. Bien sûr, la qualité des soins dans les hôpitaux italiens et les conditions d'un procès équitable ne peuvent pas être mis en doute, mais il y a quand même une question qui est celle des conditions pratiques du tranfert d'un justiciable vers un pays. Si l'intéressée est allée aussi loin qu'on le dit vers la mort et la prostration, est-il possible, dans ces conditions, de l'extrader et de se laver les mains de son sort. Je comprends que cette décision prive les Italiens d'un procès qu'ils attendent, qu'elle est pour eux une incompréhensible frustration, mais, du point de vue du droit, est-il possible de transférer un individu dont on ne sait, sachant dans quel extrémisme suicidaire il se trouve, que rien ne garantit sa survie.
Je pense que la mesure dont bénéficie MP est injuste. Je n'ai aucune sympathie pour elle, pour les crimes qu'elle a commis et pour la nature politique du mouvement pour lequel elle versé le sang.
Selon moi, le fait qu'elle ait commis ce qu'elle a commis pour des raisons idéologiques, l'oblige moralement à se présenter devant la justice de son pays, à demander pardon à ceux qui ont souffert de ses actes, à dire qu'elle a changé de vie, à dire ses regrets. Si, bien entendu, elle est dans ces dispositions d'esprit. La justice est là pour réaliser son oeuvre au profit des victimes comme, bien que moins visible, au profit de l'auteur d'un crime. C'est la fonction rédemptrice du procès.
Marina Petrella se prive de cela. Elle demeure donc dans la fuite.
Pour le reste, la déclaration du président de la LDH donnerait presque envie qu'il n'y ait pas eu de "grâce", juste pour contredire cette fichue tendance à signifier des victoires ou des actes politiques qui n'ont pas lieu à être célébrés.
Il n'en a pas en la matière et Mme Petrella, si elle ne devait s'exprimer qu'une fois, devrait le dire.

Enfin, on a beaucoup glosé sur le droit de grâce. Le président Sarkozy lui-même, avant son élection, considérait que ce droit n'était pas conforme à sa vision de la République.
Je pense que cette "faculté" est indispensable à la justice. Nul autre que le président ne pouvait prendre cette mesure en faveur de MP. De ce point de vue, je l'accepte.

@Daniel Ciccia

J.D.Reffait vous informe, ci-dessus, que, contrairement à ce que vous croyez, il n'y aura pas de procès italien ni pour Petrella ni pour Battisti s'ils étaient extradés, au mépris même des principes les plus élémentaires du droit qui posent que la contumace induit un second procès lorsque la personne ainsi jugée -et condamnée- est prise et déférée. Ce sera, en l'état actuel des choses, direct la prison à perpétuité sans passer par un quelconque tribunal où elle et lui pourraient, présents, se défendre voire s'exprimer face aux victimes et la société.


@Florence

Vous convaincre n'est pas mon but. Cependant, lorsque vous affirmez " ... un groupe de personne mal identifiées au niveau mondial, etc", quant à ces spéculateurs financiers qui, sciemment, pour leurs profits personnels, affament et tuent plus que jamais actuellement des millions de gens, de grâce, ayez un peu la décence de réfléchir quelques instants avant de vous exprimer ainsi, ayez la décence de respecter davantage ces victimes innombrables actuellement. Ces personnes, si nombreuses soient-elles, sont parfaitement identifiables. Et dans l'horreur faite aux gens, elles n'ont aucune leçon à recevoir de tous les Battisti et Petrella de la terre ... Cela vous scandalise qu'un homme -ou une femme- tue à bout portant, d'un coup de révolver une personne voire même dix dans la rue à Rome ou ailleurs. Je puis comprendre; c'est plus visible qu'un spéculateur en Bourse (parfaitement identifiable) qui en affame et tue un million de par le monde depuis son bureau paisible d'une quelconque cité financière ... L'affect, c'est vous; n'inversez pas les rôles, je vous prie.


J.D.Reffait

Merci d'avoir été aujourd'hui l'historien que vous êtes et rappellé qu'un chat -même historiquement- s'appelle un chat et non un chien. Il n'est pas bon que notre cher PB s'égare de la sorte en ne prenant qu'un bout de la lorgnette fixe quand les choses requièrent une vision objective, totale et circulaire, en deux mots loyale et intellectuellement honnête.


Aïssa.


Vous voyez bien, Catherine Jacob, que l'on peut à la fois faire court et pertinent !
Tout comme vous !
...malgré que "la mer, en refluant, laisse sur mes lèvres le souvenir cuisant de son limon amer"

Quelle honte pour mon pays : la mauvaise santé de Petrella même si elle peut encore pleurer de joie, ce que ne peuvent, hélas, faire les familles de ses victimes, va peser sur les déséquilibres des comptes de la sécu, alors qu'il eut été si facile de transférer ces coûts à l'Etat italien. Pourquoi l'humanitaire et la compassions ne sont que pour les terroristes ? Pourquoi la soigner ?
Merci, PB, pour votre post.

@JDR

Vous taxez notre hôte de vouloir amalgamer tout ceux qui ne seraient pas d'accord avec lui dans une empathie pour des criminels, je n'ai pas eu, même si je ne partage pas sa réflexion sur ses conclusions, ce sentiment ; par contre, votre vision de l'Italie des années 70-80 procède de l'amalgame entre le terrorisme, l'Etat, la magistrature, la CIA, et sans doute le Vatican et ses loges.
Mais cette dégénérescence incontestable de l'Etat, la corruption hypothétiquement généralisée des élites politiques, économiques, judiciaires et médiatiques n'est pas une circonstance atténuante pour les terroristes des brigades rouges ou des mouvements d'extrême droite.
Cela constitue une circonstance aggravante.
On ne met pas impunément un pays à feu et à sang, ni un pays étranger et a fortiori le sien. Cela constitue le signe le moins contestable de la barbarie.
Il conviendra un jour de dire qu'on n'érigera pas, plus, de nation par la barbarie, par le traumatisme qu'il impose.

Voilà, selon moi, ce qui est impardonnable dans le terrorisme et qui relève du crime contre les nations. Il mériterait d'être tenu pour imprescriptible, comme l'est le crime contre l'humanité.
Car il y a lieu, dans ce domaine, de mettre un terme à une forme de cynisme historique selon lequel seule la morale des gagnants prévaut et que le reste, ce n'est que le produit d'une culture dominante qui impose à son profit sa propre grille de lecture. Ainsi, au terme de cette logique, si le IIIe Reich s'était imposé en Europe, - si les Etats-Unis n'étaient pas intervenus dans le conflit - la morale serait autre, notre échelle de valeur également.
L'histoire ne serait alors qu'un ensemble de rapports relatifs et d'entérinements successifs. Ne dit-on pas, pour imager, qu'elle repasse les plats....
Le négationnisme ne prend pas source ailleurs que là.
On peut avoir une autre ambition, au regard de la civilisation.

Affirmer qu'il y a des crimes contre la dignité nationale serait un avantage pour le monde. Chaque peuple devrait affirmer essentiellement son attachement à cela, dans sa Constitution, car si on apprend de l'histoire qu'elle est tragique, il n'est pas inconcevable de prétendre lui apprendre quelque chose de nous pour préserver les générations à venir de ce fléau.
Il est patent que, jusqu'à présent, - et la Révolution Française, avec la Terreur, y a participé - il a été érigé un droit au terrorisme ou "à la résistance" au terme duquel un mouvement, un chef terroriste pense que son crime sera lavé par le temps, que le peuple et l'Etat qu'il violente, s'inclineront devant lui au terme du combat.
Ce droit, il a été invoqué en Iran par la Révolution islamique, en Irak, en Afghanistan, au fin fond de la jungle bolivienne par les Farc, etc, et ce droit, pourtant, il n'existe pas, il ne se fonde sur rien sinon le cynisme et la tromperie.
Quand il y a des morts, victimes civiles a fortiori ou pas, il faut en répondre. Je pense que c'est une question fondamentale et un élément clé de la dignité nationale. Quel Afghanistan construire après le passage des Talibans, les têtes coupées...

Cette notion mériterait et, au fond peu de choses le méritent, de former un principe inaliénable pour autant que les conditions élémentaires de la démocratie ou de la représentation soient assurées, ce qui était le cas en Italie, et ce qui est le cas dans la plupart des pays.
On ne peut pas, selon moi, absoudre les auteurs de crime terroriste parce les temps auraient changé et que leur crime ne serait plus parfaitement "intelligible". Je regrette, il l'est toujours, car le terrorisme, fondamentalement, n'est pas caractérisé par un contexte, mais par l'utilisation de moyens qui relèvent de la terreur.
Cela vaut en Algérie, aussi, où l'on a aussi, lors des années de plomb, assuré que l'Etat était derrière une certain nombre d'actes.
Cela vaut en Irak où le contexte national et l'autorité de l'Etat n'étaient pas moins décomposés - loin s'en faut, vous en conviendrez - que l'Italie des années 70/80, mais où finalement, le jour - qui est un tournant pour l'Irak - où Moktada Sadr a admis qu'il ne pouvait s'attaquer aux institutions légales et que quiconque au sein de son mouvement qui le ferait serait un criminel.
Je le cite car cela signifie quelque chose d'éminent.

Cela ne signifie pas qu'un Etat ne puisse pas chercher, pour restaurer son unité nationale, les voies d'une réconciliation en passant par une amnistie plus ou moins élargie. L'Algérie s'est lancé dans ce processus, mais n'en a guère été récompensée encore. Le Rwanda aussi, me semble-t-il mais on n'était pas là dans le terrorisme mais dans le génocide.

Partout, ce serait une victoire et l'honneur de nations que parvenir à traduire ceux et celles qui ont commis de tels crimes devant la justice. Pour dire quoi? Pour assurer que l'histoire n'est pas une amnésie collective et sélective et que sa construction est l'affaire fondamentale des peuples qui se refusent à être violentés dans leur identité nationale car le terrorisme c'est un viol d'une partie du peuple - parfois limitée aux minorités actives - sur une autre partie du peuple, et cela constitue un anéantissement de la nation.
Bien sûr, mon postulat ne vaut que si l'on considère la nation comme une entité existante et envers laquelle chacun a quelque devoir.

Les auteurs des attentats de Bologne comme ceux de Milan ont été jugés et condamnés et je ne vois pas ce qui vous permet d'opposer aux Brigades Rouges "un prétendu Etat de droit qui posait des bombes pour tuer un maximum de civils à Milan et à Bologne"... Mais je ne dispose peut-être pas des sources incontestables qui vous autorisent à alléguer un tel degré de conspiration.

Je possède une certain nombre de parents en Italie. Pour eux, cette époque est, je le concède, globalement à vomir, c'est vrai. Ils n'ont pas toujours le sentiment d'en avoir fini avec les embrouilles, la corruption et la mafia. Mais l'Italie s'est soulagé de quelque chose quand elle est parvenue à éradiquer ce terrorisme auquel Battisti et Petrella ont participé.

Pardon des longueurs... mais quand même le terrorisme ce n'est pas rien.

"A l'annonce de ce triomphe personnel et de cette défaite de l'Etat de droit..."

Je pense comme vous.

Mais je pense aussi que l'État de droit ici n'échoue pas totalement. Il se montre simplement dans toute sa fragilité. Tellement désarmé et si essentiel en même temps.

Le périphérique - Valeria et Carla - qui s'attache à la décision de NS dénature considérablement la décision présidentielle.

Quelle que soit la décision que NS aurait prise dans l'intimité stricte de sa conscience confrontée aux responsabilités d'un chef d'Etat, je pense que je n'aurais pu juger sa position.

Car je ne sais pas, moi, ce que j'aurais décidé concernant cette extradition.

J'ai envie de dire que j'aurais assumé ma position d'homme d'État intransigeant avec le terrorisme. Parce que cette position maintes fois exprimée m'engage dans le contrat passé avec le pays lors de mon élection.

Mais je ne suis pas sûre que j'aurais tenu ma position au regard d'une femme déterminée à mourir pour ne pas avoir à répondre d'un passé criminel.

Voilà ce que j'aurais pensé de la décision de NS, si celle-ci avait eu la décence de faire l'économie des interférences de Valeria et de Carla, et de la visite de Carla à Marina Petrella.

Avec cette décision de non extradition,on ne peut qu'avoir une pensée pour les victimes et leurs familles. C'est un coup terrible qui leur a été infligé.
La France donne un bien mauvais exemple.

J'ai appris avec étonnement qu'une criminelle pouvait en France sans avoir purgé de peine être assistante sociale.

De votre post et des médias je n'ai pas réponse à ma question : va-t-elle être automatiquement remise en liberté ?

Ce serait un vrai scandale, car à la différence de Jean-Dominique Reffait je ne crois pas que les années de plomb justifient toutes les dérives et je pense qu'à cette époque aussi l'Italie était une démocratie qui en valait bien d'autre. A supposer comme le laisse entendre JDR que la dictature justifie en soi tout assassinat indifférencié. Cela mériterait débat.

Encore un assassin, qui plus est politique, les pires à mon sens, qui passe au travers des mailles de la justice des hommes.

C'est désolant et quelque part une honte pour nous tous.

Mais peut-être Aïssa nous expliquera-t-il que c'est très bien ainsi et que c'est cela la justice et la libre expression de ses droits politiques.

Bref en quelque sorte on peut tuer froidement des innocents puis dire qu'on regrette, que c'était un autre temps, qu'au moment des faits c'étaient d'autres circonstances et bla bla et bla bla,
Une p'tite grève de la faim et hop on reste libre.
C'est à méditer.
A y bien penser il doit bien y avoir deux ou trois personnes à qui j'aimerais faire la peau sur cette terre. Du moment que ce n'est pas crapuleux il y a toujours des circonstances non pas atténuantes mais salvatrices.

On est pas près d'avoir un système européen de justice si on n'arrive même pas à renvoyer un assassin dans son pays alors même que celui-ci appartient, depuis l'origine, à l'Europe.

En mettant une nouvelle fois sur le même plan le bourreau et la victime, nos amis de gauche sont fidèles à eux-mêmes et tristement prévisibles. Après M. Aïssa Lacheb-Boukachache et ses millions de morts du capitalisme, M. Jean-Dominique Reffait établit une équivalence indécente entre l'Etat italien et les terroristes, faisant passer ses spéculations personnelles sur l'attentat de Bologne comme une vérité révélée. Voilà tout ce qui nous différencie. Non, ces hommes ou ces femmes ne sont pas de simples combattants qui luttent avec les armes dont ils disposent contre d'autres combattants : ce sont de vulgaires assassins et de misérables lâches qui exécutent des hommes souvent désarmés et par surprise.

Bonjour,

Merci Monsieur Bilger de traduire si bien notre pensée dans un si beau français.
Je n'ai rien à ajouter, mais simplement souligner souligner et souligner!
Je dirai tout de même que j'appréhende, car ce genre d'actions encouragent.
Enfin nous allons peut-être avoir bientôt la surprise, de voir la photo de la deuxième Ingrid, sans sa tresse!

Duval Uzan

Ce sont des actions gravissimes qu'a commises cette femme.
On ne peut pas l'absoudre pour des raisons de contexte politique à l'époque où elle les a commises car le terrorisme c'est tuer des innocents pour créer la terreur et cela c'est inadmissible !
Maintenant, que certains pensent que renier les promesses de Mitterrand, c'est renier la France, c'est aller un peu vite en besogne car le même a eu et c'est peu dire des comportements erratiques sur l'échiquier politique (de Pétain à Marchais). Il s'est donc renié lui-même à plusieurs reprises.

Il serait loyal et équitable, cher PB, que vous traitiez ici tous les criminels de la même façon indignée. Justice or not justice ... Il serait de même intellectuellement honnête que tous ceux et celles qui vous approuvent en cela et vous applaudissent et fustigent de ce mot, j'en cite un précisément, "les bêlements du troupeau que vous ne suivez pas", s'indignent publiquement de la même manière au lieu de pousser des cris d'orfraie sans argument pour dire in fine: que vous êtes joli, monsieur le procureur, que vous me semblez beau ... Jean-Claude Duvallier, ex Baby Doc d'Haïti, se la coule douce depuis près de 20 ans sur nos cotes d'azur et Champs-Elysées, ce à l'origine par la volonté et "l'humanité" de notre ex premier ministre et politique de premier plan: Laurent Fabius. La doctrine Fabius, oui, on peut aussi la nommer ainsi, celle-là. Le génocidaire de son peuple Haïtien, à la suite de son père ... La République d'Haïti (oui, je sais, ce n'est pas tout à fait l'Italie mais ce peuple a un tribunal et est tout autant respectable que les autres) réclame officiellement son extradition. C'est quand même, vous en conviendrez, un meurtrier d'une autre envergure que Battisti ou Petrella ... Osez le même billet quant à cet homme et vous tous qui criez haro sur Petrella, osez la même indignation, pétitionnez à l'Elysée pour qu'on le renvoie à son peuple qui n'attend que de le juger légitimement! Osez vos bêlements d'hallalli car les bêlements et le troupeau, c'est vous qui l'incarnez par cette attitude vindicatrice voire haineuse par moment. Le titre de ce billet est: La défaite de l'Italie. Qui dit défaite signifie lutte. Or, il n'y a jamais eu en l'espèce d'animosité entre nos deux pays respectifs. Je le désapprouve donc et me permets de le re-intituler ainsi: L'honneur de la France. Mais c'est vrai aussi qu'il est mis à mal par ailleurs, cet honneur (Cf. ci-dessus) ... Osez, les courageux, les Quichotte, les justiciers, osons Duvallier! Il est en bonne santé, lui, et bronze et mange bien gras sur nos cotes ensoleillées... Petite proie tremblante Petrella et toute cette meute française à tes trousses ...


Aïssa.

Je conclus par ceci car ce débat m'agace tant il sent par trop l'hypocrisie totale :

1) A l'intention de L.Dingli : si le terrorisme économique dont nous voyons actuellement encore une de ses manifestations des plus infâmes, ne vous inspire guère, ne vous dit ni ne vous fait rien, alors vous êtes un homme heureux, monsieur, nous vous envions tous, je vous félicite...

2) La souveraineté populaire s'est exprimée à travers la décision de son représentant premier, le président de la République, et ce droit de grâce qu'elle lui confère à travers la Constitution. Osez encore mettre en cause et accuser de toutes les complicités de meurtres et terrorisme la souveraineté populaire et vous dire toujours démocrates et républicains! ... CQFD!


Aïssa.

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