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Voici les sites qui parlent de Jean-Marc Rouillan bête ou méchant ? :

Commentaires

Surcouf

Après en avoir parlé avec Pierre Tombal je peux dire que je suis pour la liberté d'expression et la mise en conditionnelle de monsieur Besse.

Aïssa Lacheb-Boukachache

@ElDesdichado

Vous me lisez mal. Je sais ce qu'est une mesure judiciaire de semi-liberté et que Jean-Marc Rouillan en bénéficiait. Mais cela n'a aucun rapport. Semi-liberté ou liberté conditionnelle ou libération "sèche", c'est une insulte à la liberté que de l'avoir re-incarcéré pour cette raison.


@Nicolas

Jean-Marc Rouillan s'est toujours, durant sa longue détention, exprimé publiquement, soit par des livres, soit via internet, soit par des entretiens téléphoniques données à des journalistes. C'était de notoriété publique qu'il ne se taisait pas et qu'il ne se tairait pas. On l'a semi-libéré en sachant tout cela. Et aujourd'hui, on le re-incarcère pour moins que cela. C'est de la débilité judiciaire franche.

Quoi qu'il en soit, après 20 années de réclusion, il est temps de libérer définitivement les membres d'Action Directe dont Jean-Marc Rouillan. Quoi qu'il en soit, ils n'ont jamais -ni ne seront- pires que les Papon et autres Bousquet qui se sont vus toujours davantage récompensés par l'Etat que condamnés par quelque justice que ce soit. Les 20 ans de Jean-Marc Rouillan pour ses crimes valent bien les 3 ans pour l'un et zéro jour de prison quant à l'autre pour les leurs qui furent autrement plus vastes. Il faut savoir ce que l'on veut et dire et affronter en face les choses puisqu'on se targue de justice et de démocratie. Il n'y a pas des criminels d'un côté et des serviteurs de l'Etat de l'autre. En ce temps, les Résistants, les vrais, auraient à peine condamné Rouillan et pendu mille fois les Papon et Bousquet s'ils avaient su, s'ils avaient pu ... Dehors Jean-Marc Rouillan, dehors et libre! Et qu'il dise ce qu'il veut à qui il veut! Personne n'est obligé de l'écouter et/ou de le suivre. D'autres ont fait pire et dit pire qui furent honorés par les institutions et singulièrement bien traités par la justice ...

Il y a quelque chose de désolant dégoûtant dans ce pas de deux et de travers judiciaire, en ce moment.

Aïssa.

Catherine JACOB

Je viens de lire les deux articles du Monde que vous commentez, celui paru dans la rubrique 'point de vue' sous la plume de Françoise Rudetzki et intitulé : "Au nom des victimes du terrorisme" - LE MONDE | 07.10.08 - ainsi que celui qui dans la même rubrique sonne comme une réponse sous la plume de Aline Louangvannasy et intitulé : "Qui a peur de Jean-Marc Rouillan"? - LE MONDE | 07.10.08 -
Ils sont tous deux consultables au besoin pour le premier à cette adresse : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/07/au-nom-des-victimes-du-terrorisme-par-francoise-rudetzki_1104030_3232.html
et pour le second à celle-ci : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/07/qui-a-peur-de-jean-marc-rouillan-par-aline-louangvannasy_1104029_3232.html

Oserais-je me permettre d'avancer que toutes deux ont tort ?
La première parce que la question du terrorisme n'est pas en premier lieu la question de ses victimes et de leur famille, question au travers de laquelle la menace terroriste prend une société entière en otage en tant qu'invitée à s'identifier aux victimes en tant que future victime potentielle elle-même, et par voix de conséquence à participer, à négocier ou à pactiser avec la violence en exerçant diverses formes de pression.
La deuxième parce que elle se situe dans la même logique victimaire mais inversée, en faisant de JMR le bouc émissaire des échecs de la démocratie ou du moins d'une situation critique donnée pour telle, ce qui me paraît en effet très irresponsable.

J'ai entendu Olivier Besancenot prôner sur les médias la réinsertion des anciens détenus. Mais là aussi, il me semble que le problème de la réinsertion d'un détenu pour lequel un statut politique a été revendiqué ne peut pas se résoudre par son intégration dans un appareil politique quelconque avec des responsabilités sinon sur le modèle du perceur de coffre-fort engagé ultérieurement comme agent de sécurité dans un organisme bancaire, au lieu d'être plutôt engagé comme 'expert' par une société de fabrication de coffres désireuse de tester la fiabilité de son matériel.
Pourquoi vouloir absolument tenter le diable?

La question du terrorisme est celle du recours à la violence comme action politique contre un Etat qui se veut non totalitaire, c'est-à-dire un régime à partis multiples qui exclut de gouverner lui-même par la violence et la torture, autrement dit encore une démocratie qui n'est pas dans un contexte de guerre civile, mais dans laquelle existent bien d'autres possibilités d'expression et/ou de revendication que de faire couler le sang.

Ceci étant, sa peine purgée JMR recouvre la pleine jouissance de ses droits et peut adhérer au parti politique légal de son choix. Il est également concerné par la liberté d'expression pour autant qu'il n'y ait pas de confusion entre liberté d'expression et incitation à la violence.
Mais Christophe Barbier souligne bien que son journal, l'Express, "n'en condamne pas moins les crimes terroristes commis hier par Action directe, ainsi que tout ce qui pourrait ressembler à une apologie de la lutte armée en France."

Vous êtes toutefois d'un avis différent de celui qui a conduit cet hebdomadaire à décider de reproduire les propos de JMR, quand vous écrivez :"Il est clair que JMR, aussi tortueuse qu'ait été sa réponse, n'a pas voulu céder d'un pouce devant l'horreur criminelle d'hier et le regret espéré aujourd'hui. Il aurait été infiniment simple de rejeter, sans se renier - à supposer qu'il faille rester fidèle à des aberrations - les entreprises délirantes et sauvages qui ont causé la mort de Georges Besse et du général Audran."

C'est compliqué. Je ne voudrais pas être à la place du JAP de Paris qui va devoir apprécier la situation et statuer de telle sorte que sa décision apparaisse évidente à tous. Quel sens donner notamment à ceci :"Pour le moment, le NPA n'est qu'une saine pagaille... Mais j'y vois un formidable élan."
Autrement dit qu'est-ce que mettre de l'ordre dans la 'saine pagaille' du facteur et comment est-il envisagé de l'aider à classer son courrier sans l'égarer?

sbriglia

"Il y a dans cette adhésion maintenue à l'absurde, dans cette complaisance à peine étouffée à l'égard de ce que le sentiment public a justement abhorré, la manifestation d'un tempérament, d'une singularité, d'un désordre qui devraient faire réfléchir sur l'être qui les porte."

Mais, cher PB, c'est bien pourquoi votre fille est muette !

Vous pensiez que durant son incarcération la hyène allait se changer en mouton ?

Rouillan est un assassin sans envergure (pléonasme ?), à la pensée médiocre, auquel Camus aurait fait un sort, en deux phrases, dans "L'homme révolté" : "souvent l'assassin n'est pas à la hauteur de son acte, il le diminue ou le calomnie" (de mémoire).

Sans aller à écrire, comme l'a fait assez ignominieusement Schneidermann, qu'il est digne d'estime pour ne s'être pas renié, je partage l'analyse lucide, courageuse,sans concession au "politiquement correct" d'Aïssa : cessons l'hypocrisie et n'exigeons pas des criminels une contrition publique après qu'ils aient purgé leur peine (oui, je sais, il ne l'a pas purgée, il doit la fermer quand il est dehors, en conditionnelle) ! Comme personne n'écoute par ailleurs ses délires, qu'il n'y a pas eu, dans l'article évoqué, d'apologie de crime, qu'il n'effraie plus le bourgeois, il est inutile de permettre à quelques vieux croûtons nostagiques d'AD (voir les commentaires - hallucinants - de certains d'entre eux sur le site de NPA) de hurler à l'oppression... Il suffit de n'y accorder aucune oreille...

J'attends sur ce point avec intérêt le commentaire de J-D Reffait...

nicolas

Aïssa, votre conclusion me laisse pantois.

JM Rouillan n'avait pas le droit de s'exprimer sur les crimes qu'il a commis.

Quand le journaliste lui pose une question à ce sujet, il commence par répondre (à peu de choses près) : "je n'ai pas le droit de m'exprimer à ce sujet".

S'il s'en était tenu là, il serait toujours dehors. Notez que s'il avait même pu s'en tenir à ça, tout en continuant de ne rien regretter.

Mais il n'a pu s'empêcher d'ajouter (de tête) : "le fait que je n'ai pas le droit de m'exprimer est en soi une réponse. Si je crachais sur ce que j'avais fait, je pourrais m'exprimer".

Ce n'est ni une insinuation, ni une métaphore, c'est affirmation fort simple : "je ne regrette pas, et c'est pour ça que je n'ai pas le droit de m'exprimer à ce sujet" ; affirmation par ailleurs fausse : s'il n'a pas le droit de s'exprimer dessus, c'est pour éviter que la presse fasse choux gras avec des confessions d'assassins (repentis ou non), et pour préserver la famille de la victime.

JM Rouillan est fort heureusement libre de regretter ou pas ses actions passées (et d'une manière plus générale de penser ce qu'il veut), mais en revanche il lui est interdit de s'exprimer à ce sujet.

Dès lors c'est très simple : interdiction non respectée= sanction. C'est factuel.

Sur un plan plus "philosophique", j'ajouterai que je ne vois là nulle trace de liberté d'expression amputée. Lorsque l'on commet un crime (ou un délit), on perd pour un temps sa liberté, y compris d'expression. C'est parfaitement normal et démocratique. JMR après une lourde peine de prison (20 ans, c'est terrible !) était toujours privé d'un pan infime de sa liberté d'expression. Alors qu'il était libre de s'exprimer sur tous les autres sujets possibles au monde (c'est vaste quand même !), il a choisi précisément le seul qui lui était interdit, ou plutôt, il a choisi de ne pas l'éviter.

C'est pourquoi à la question : "JMR est-il bête ou méchant?" je réponds bête.

Pas stupide, pas idiot ou débile. Au contraire, l'homme est cultivé, capable de présenter des raisonnements argumentés et construits. Mais beaucoup trop embrigadé, voire conditionné. Cela conduit parfois à l'aveuglement.

Philippe

J'avais tenté de dire à peu près la même chose que vous sur le site de Rue89, mais avec moins de talent, de brio et d'intelligence.
Mon intervention reçut une volée de bois vert !!
Je vais me permettre de mettre un lien avec votre article.

mike

Bête, méchant et assassin.
Mais il n'est apparemment pas le seul pour ce qui est de la bêtise.
S'il n'est pas de mauvaise foi, d'autres le sont.

bruno

Rouillan est une bête immonde et Schneidermann dit souvent des sottises...

nap

Bonjour,

Vous indiquez : "A-t-on d'ailleurs le droit de présenter la violence presque comme une opportunité désirable, un moyen de faire de la politique autrement que par la voie républicaine et son système représentatif ?"

Il me semble malheureusement que notre système démocratique "cède" régulièrement devant des comportements violents que ce soit des agriculteurs qui brûlent des pneus devant une préfecture, des "faucheurs" qui détruisent des plans d'OGM, des "jeunes" qui brûlent des voitures etc.

La violence, dans les faits plus que dans les mots, semble prouver à "l'Etat" la détermination d'un groupe et l'Etat envisage alors de négocier, d'accorder des "subventions" ou des "aides" (dénommées dans certains cas "plan banlieue").

Il faut malheureusement constater au cours de l'histoire (et même l'histoire récente) que le rapport de force débouche souvent sur une issue violente et que la violence aura finalement permis de "débloquer" des situations.

Je ne peux que le regretter, je ne l'approuve pas... mais je le constate.

Alors à votre question je répondrais : non nous n'avons pas le droit de présenter la violence comme un "moyen désirable..." car ce serait nier notre système démocratique mais force est de constater que la violence permet à certains groupes de défendre leurs positions et d'obtenir des solutions en leur faveur.

m'enfin,
@+

ElDesdichado

@Aïssa,
Le plaidoyer est intéressant, mais JMR n'était pas "en liberté", mais en "semi-liberté", qui est un régime particulier.
En vous lisant, je me dis que vous pensez qu'il n'aurait tout simplement pas fallu offrir ce régime, certes contraignant, à JMR.
Humainement, je pense qu'il fallait le faire, même si cette chance supposait quelques contraintes. Qu'il n'ait pas daigné bon d'y porter attention, c'est de sa responsabilité.

Catherine JACOB

"Ce qui a également représenté un aiguillon, c'est dans le Monde une tribune de Françoise Rudetzki se plaignant du silence des intellectuels, des magistrats et des avocats sur les victimes du terrorisme. Il ne m'a pas semblé illégitime, devant cette respectable injonction, de modestement la contredire."

"'il a décidé de ne pas offrir cette contrition ou au moins cette pudeur médiatiques, c'est que demeure en lui la passion du sadisme criminel colorié en lutte politique,"

Personnellement j'aimerais bien voir évoquer tous les terrorismes, autrement dit non pas seulement ceux qui se traduisent par des meurtres sanglants, à savoir des actions d'éclat, mais également tous ceux qui, à tous les niveaux de la société et sous tous les prétextes, idéologiques et non idéologiques (terrorisme intellectuel), principe de précaution et simple paranoïa (terrorisme de la bêtise) etc. etc. faisant de l'exception la règle recourent systématiquement au
- meurtre psychique (pratiques diverses visant à la destruction non pas des idées mais de la personnalité de l'adversaire - ex. l'exécution en règle de Michel Colucci perpétrée par des professionnels du domaine considéré à l'occasion de l'émission de Michel Polac au cours de laquelle j'ai, d'une certaine manière, perdu ma naïveté télévisuelle - ), au
- meurtre social (diffamations, calomnies et autres interventions et immixtions intempestives et infondées) ainsi qu'à toutes mesures visant, comme dans le cas d'une organisation politique qui cherche à créer et maintenir dans un but politique un climat d'insécurité dans la population en général, à susciter une crainte totalement infondée eu égard au risque réellement présenté de divers points de vue, par un individu ou un groupe d'individus donné eu égard à une communauté particulière d'intérêts, de façon à pouvoir ensuite occuper soi-même ou ses amis, le terrain!

Autrement dit, j'aimerais bien voir évoquer le terrorisme comme méthode ou encore régime de fonctionnement social usant du détournement et du dévoiement des libertés et des pouvoirs ordinaires (médiatique etc.)

"Un tel texte jette, de manière irresponsable, de l'huile sur le feu et pour émaner d'un professeur de philosophie, il n'en est pas moins d'une inquiétante actualité avec les tentations anti-démocratiques qu'il prétend théoriser."

Tous les professeurs de philosophie ne sont pas des anges de vertu intellectuelle et tout comme il existe un dévoiement des libertés et des pouvoirs ordinaires ainsi que je l'évoquais ci-dessus, ou encore tout comme il existe un dévoiement des techniques de combat, il existe un dévoiement des techniques du discours, la sophistique...

"J'ai évoqué "la bêtise". En effet, je m'interroge sur la manière contemporaine de désavouer la violence et de refuser le terrorisme."

Van Gogh a écrit : "j’ai tenté d’exprimer les terribles passions humaines par le rouge et le vert".
Pour ma part, j'avoue avoir été, par un moment, tentée par une thèse de doctorat qui aurait porté sur le terrorisme (pour ce qui est des couleurs, le rouge: autrement dit "en héraldique = 'de gueules', une dénomination qui a détrôné le 'sinople' et s'y rapporte d’abord à la férocité ; d'une façon plus générale, le rouge est la couleur de la magie ou encore du démoniaque").
Mais, vu que "comme de longs échos qui de loin se confondent,
En une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent" (Baudelaire), j'ai finalement opté pour l'étude du phénomène humain par le biais d'un langage symbolique différent, celui de la coupe de jade de la philosophie du thé (pour ce qui est des couleurs, le vert : "en héraldique =sinople ; une dénomination qui a curieusement d'abord désigné la couleur rouge." - d'autre part, "dans le cycle arthurien, le Graal est un vase d’émeraude ou de cristal vert le plus pur. Enfin, le vert était également la couleur du chapeau des apothicaires... - ), ce dans cette idée que, si chaque couleur a ses vices et ses vertus qui ne sont pas sans faire apparaître quelques divergences culturelles, de même encore qu' "en alchimie, le rouge et le vert ont parfois la même symbolique - l'alchimie ayant beaucoup blasonné", peut-être y avait-t-il un lien avec la pierre philosophale et donc l'art des mutations, la première des philosophies... -, il y avait sans doute donc, une possibilité d'atteindre (par la pensée, rassurez vous) et de comprendre les mécanismes de l'un en pratiquant l'autre. Ça paraît idiot, mais ça ne l'est pas tant que cela.

Vous qui avez commencé à opérer une mutation du rouge primitif de 'Justice au singulier', saviez-vous que l'on dit que cette couleur "rose qui résulte du mélange du rouge (sagesse divine) et du blanc (amour divin) devient, associée à Vénus, le symbole de la tendresse, de la jeunesse et de ce bonheur que veulent traduire les nœuds roses des petites filles... et qui par le biais des dessous rosés des dames "place leur union sous les meilleurs auspices..."?
Vous auriez choisi là la couleur porte bonheur par excellence à une Justice féconde... en décisions justes!!

Jean-Dominique Reffait

Je souscris à la dernière phrase d'Aïssa à savoir qu'il faut remettre Rouillan en liberté ou alors c'est lui qui a raison.

En vérité, je pense que la suspension de sa semi-liberté à titre conservatoire est une erreur. Il aurait fallu signifier que ses propos allait être examinés par la juridiction compétente pour statuer sur sa semi-liberté à qui il revient de remettre en cause la semi-liberté, dans le cadre d'un débat contradictoire. Cela aurait été plus intelligent.

Jean-Dominique Reffait

Je vous comprends mais j'ai de gros points de désaccord.

Rouillan bête ? Ma réaction en lisant ses propos a bien été de m'émerveiller devant tant de bêtise, parce que quitte à revenir en taule, autant le faire avec éclat, ce qui n'a pas été le ton de son propos. Il a essayé de louvoyer dans sa réponse, pour se garder une porte de sortie juridique. Le fait est qu'il n'a pas évoqué les faits qui l'ont conduit en prison - et c'est ce qui lui était expressément interdit - mais uniquement le contexte de la réponse qu'il pourrait faire s'il avait la possibilité d'évoquer les faits. Ca se plaide. Bête donc, mais malin quand même.

Surtout pas courageux. Je ne suis pas comme vous : je crois que certains peuvent se laisser abuser par une idéologie, par leur compréhension des misères du monde au point de passer à la lutte armée dans un pays démocratique. Ce n'est pas nécessairement du sadisme criminel et il faut, là-dessus, lire et relire beaucoup d'ouvrages sur ces sujets. J'ai en tête "Les Justes" de Camus.
Mais JMR a joué au plus fin dans une société dont il combat les ressorts institutionnels et ça c'est pas courageux. Il pouvait très bien dire : "notre cause était juste, l'assassinat était ce que nous croyions juste, aujourd'hui je regrette la mort inutile de ces hommes car notre cause n'y a rien gagné". Cela aurait été la vérité et aurait permis de séparer le contexte de l'acte criminel de l'idéologie qui le sous-tendait. Mais il a préféré rester dans le plaidable. C'est donc un has been de la cause révolutionnaire.

Toutefois, nous ne devons pas nous aveugler devant le mot de démocratie, notamment en ces temps de crise financière majeure où nous constatons bien que le véritable pouvoir, y compris sur des Etats démocratiques puissants, se situe dans des institutions qui n'ont rien de démocratique. Il existe des blocages, des barrages de tous ordres à la démocratie réelle. Et nous en subissons aujourd'hui les conséquences directes. On a pris la Bastille pour moins de 700 milliards de dollars. La démocratie n'est pas forcément imparfaite du fait d'elle-même, comme vous le suggérez ; elle est aussi étranglée par des pouvoirs qui la contraignent et qui ne sont pas démocratiques. C'est là où, je crois, votre philosophe et vous-même, quoiqu'exprimant des points de vue opposés, faites erreur car vous renvoyez tous deux les faiblesses de la démocratie à elle-même, elle en justifiant la violence endogène à la démocratie, vous en exaltant les vertus du débat démocratique pour améliorer le système.

Si la guerre est la poursuite de la diplomatie par d'autres moyens, la révolution (avec son cortège d'inévitables violences) peut être considérée comme la poursuite de la démocratie par d'autres moyens. Je ne développe pas, alors que cela le justifierait, pardonnez-moi donc ce raccourci sans nuance. Devant un mur, soit on recule et on cherche un autre passage, sans être certain de le trouver, soit on abat le mur.

Lorsqu'Olivier Besancenot - certainement l'un des esprits politiques les plus brillants d'aujourd'hui, sans que j'adhère à une once de son projet - n'exclut pas que la violence ou le désordre puisse être des recours y compris dans une société démocratique qui se trouve bloquée en totalité ou partiellement, il exprime une réalité politique qui se trouve confirmée dans l'histoire. Il existe des situations où le vote n'est pas suffisant pour bousculer les blocages. Et bien évidemment, la prise en compte de cette réalité suppose une intelligence politique que n'a pas JMR car une révolution doit être évaluée par ses thuriféraires comme un ensemble d'impacts sur toutes les couches de la société, et pas seulement sur les nantis. Ainsi une révolution en pays démocratique ne peut concerner que les sphères non encore démocratisées de la société et pas la société politique qui, pour imparfaite qu'elle soit, laisse la place au citoyen d'exprimer et de choisir.

J'adhère complètement à votre dernier paragraphe.

Je précise que mon grand-père avait été l'un des prédécesseurs du général Audran dans sa dernière fonction et qu'il aurait pu être la victime d'un groupe comparable à Action Directe.

catherine A.

En vingt ans de prison JMR a eu largement le temps de nourrir sa haine. Et je ne pense pas que la décision de l'y renvoyer puisse arranger les choses. Cela dit je suis surprise, pour ne pas dire choquée, de cette décision. Si l'on réincarcérait les assassins et criminels qui ne regrettent rien, il faudrait construire un sacré paquet d'établissements pénitentiaires.
Lorsqu'un condamné qui a exécuté sa peine ne montre aucun regret c'est, me semble-t-il, la morale qui est mise à mal, pas la justice.

Jimmy

Monsieur,

Votre approche est relativement claire, précise et porte juste.

Pour ma part, je pense que cette affaire montre combien au fond Olivier Besancenot est chargé de haine. Qu'au-delà du gentil facteur se cache un diablotin qui aux commandes du pouvoir enverrait à la guillotine tous ceux qui ne seraient pas en accord avec ses idées. Ainsi accepter les actes d'Action directe, c'est de fait rejeter l'autre, que malheureusement Georges Besse a incarné à travers sa fonction. Au fond Olivier Besancenot n'a aucune leçon de morale à donner à présent sur un plateau de télé. Comment peut-on tenir des propos lucides après cela ? Rouillan quant à lui a bien mérité ses condamnations à perpétuité.
Ayons une pensée pour les victimes d'Action directe et les familles de celles-ci.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Jean-Marc Rouillan, durant sa détention, a longuement écrit et publié, que ce soit des livres diffusés en librairie ou des articles et des commentaires via internet. Il ne s'est pas privé d'exprimer ce qu'il pensait et sur un ton autrement plus virulent et vindicatif. Sa liberté physique ne pesait pour rien en son esprit puisqu'alors il était encore à des années de celle-ci. Sa pensée était connue de tous et d'actualité encore au moment même où il fut mis en semi-liberté. Qu'on ne feigne pas de s'étonner de ce qu'il l'exprime publiquement aujourd'hui encore. Ce qui vous heurte davantage que le fond de son propos, cher PB, je crois le deviner. C'est que ce soit dans un média quasi institutionnel, en tout cas d'une réelle crédibilité et, pour tout dire, d'un certain prestige, qu'il le fasse quand bien même il n'atteindrait pas à davantage de lecteurs qu'il l'a fait auparavant sur d'autres supports qui, je le répète, n'étaient pas clandestins. Il n'a pas regretté publiquement la mort par lui donnée. Il ne l'a pas vantée non plus ni n'a appelé au meurtre de quiconque et au pillage de quoi que ce soit (c'eut été un délit grave). La liberté d'expression, c'est tout ou rien. Il en a sa part lui aussi. Il est quelque chose de singulier et foncièrement honteux et dangereux de poser comme condition à la liberté l'interdiction de sa part la plus significative, la plus fondamentale, le dire et vouloir dire. C'est d'une liberté amputée dont il s'agit là et elle ne saurait plus s'appeler de ce nom. Je l'avais écrit il y a quelques mois ici même : il vaut mieux Olivier Besancenot un après-midi chez Drucker à la télé que l'assassinat de George Besse. J'itère et réitère : il vaut mieux Jean-Marc Rouillan aujourd'hui dans l'Express que... Même si on ne refera pas l'Histoire, qu'on ne reviendra pas en arrière, que les morts sont morts... La liberté ne se mesure pas à l'aune du prix d'une page... fut-elle à l'Express. Il faut l'assumer et aux mots répondre par les mots ou alors on avoue sa faiblesse et le poids léger des opinions qui s'énervent... IL FAUT REMETTRE IMMEDIATEMENT EN LIBERTE JEAN-MARC ROUILLAN OU ALORS C'EST LUI QUI A RAISON !

Aïssa.

Florence

Besancenot s'est tiré une balle dans le pied mais pouvait-il faire autrement sans se couper de sa base trotskiste qui rêve encore à la romantique lutte armée, façon Che !

Son discours flou va désormais lui coller à la peau et tout le monde aura beau jeu de lui envoyer Rouillan à la figure. A juste titre du reste. Il lui manquait une casserole, il l'a désormais bien accrochée. Comme jadis Le Pen, il sera assez facile de le diaboliser.

De plus, il a commis une bourde qui était celle-ci parfaitement évitable. Quand il dit qu'un homme qui a purgé sa peine a le droit de s'engager en politique, il légitime le retour en politique de tous les Juppé, Emmanuelli, Balkany et consorts, qui ont purgé eux aussi leurs peines et qui ont commis tout de même des actes bien moins graves que l'assassinat.

Je ne plains pas Besancenot, il n'a que ce qu'il mérite.

ElDesdichado

Je ne sais pas s'il est bête, mais comme disait un prof de ma connaissance : soit il est supérieurement intelligent, soit c'est le roi des c...
En tout cas, rien ne l'obligeait à parler à un journaliste. Il a cédé aux sirènes des médias, c'est son problème. Mais, selon nos lois, tant pis pour lui : il retourne en prison.
Car, au fond, qui se soucierait de JMR sans sa participation à ces assassinats ? Qu'il profite de sa notoriété ainsi acquise, comment le cautionner ?
PS : dans Le Monde, la chronique du soutien de JMR est ridicule. Lisez-là pour vous faire une opinion...

El Re

Sérieusement, qui peut ressortir apaisé, lucide et serein après autant d'années d'incarcération ?

Surcouf

Bête ? Méchant ?
Non, un assassin froid visiblement prêt à recommencer s'il le jugeait "utile".

Bête, mais alors avec le mot "une" devant. C'est le genre d'individu qui ferait monter la haine en moi, mais peut-être est-ce là son désir et il ne faut jamais céder à la haine, jamais, au risque de rejoindre dans l'abjection l'individu que l'on exècre.

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