J'adore certains ministres parce que leur conception de la solidarité gouvernementale et leur sens de la camaraderie atteignent le grandiose, donc frôlent le ridicule.
Par exemple, pour Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, "il n'y a pas de problème Dati". C'est ce qu'il a déclaré à l'émission Dimanche Soir Politique (France Inter-I Télé-Le Monde).
La mondanité qui longtemps a "juré" avec la mission d'un ministre de la Justice, aucune difficulté !
Une politique pénale inspirée par le président de la République, mise en oeuvre ou projetée mais expliquée avec une dialectique qui fait frémir même ceux qui l'approuvent, pas de souci !
Les manifestations qui, à chaque "sortie", et elle sort beaucoup, l'accueillent et, sans le respect minimal qu'exige sa fonction, montrent l'ampleur de la contestation, c'est une illusion !
Une journée de protestation le 23 octobre réunissant les deux syndicats judiciaires dans le même mouvement, et d'autres organisations avec eux, et l'intense mobilisation qu'elle a entraînée (dont je n'étais pas), une apparence seulement !
Les personnels pénitentiaires négligés puis repêchés avant d'être contactés d'urgence avant le Conseil des ministres par la garde des Sceaux, une réussite !
Une inspection disciplinaire diligentée selon des modalités choquantes puis tout de même mise heureusement au rancart, un succès !
Le président de la République recevant l'Union syndicale des magistrats pour la première fois, à la suite de péripéties où le comportement de la ministre a été mis en cause et son autorité - à force de l'entendre l'affirmer, on va finir par en douter - récusée, le président de la République reprochant à Rachida Dati d'avoir "tout à faire" (le Monde), une broutille !
L'affirmation de son "respect et de sa confiance" aux magistrats comme s'ils avaient manqué en profondeur dans l'attitude générale de la garde des Sceaux, une peccadille !
Un garde des Sceaux obligée de se justifier en permanence et utilisant la pire méthode pour faire avancer la magistrature, dont le mouvement n'est pas la passion principale, un détail !
Bref, tout va bien, "il n'y a pas de problème Dati". J'ai presque de l'admiration pour le secrétaire d'Etat Karoutchi. Il y a du courage à braver de manière aussi ostensible l'évidence. La politique fascine par les mots. Les mots de la puissance : la puissance s'exprime d'abord et surtout par les mots. La puissance des mots : ils servent à cacher la réalité et la force de la dénégation prétend convaincre par sa seule existence. Le langage est détourné de son but qui est de rendre encore plus éclatant ce qui est déjà visible. "Il n'y a pas de problème Dati" donc, puisque tout exige de nier cette vérité qui, à la longue, est devenue une banalité. Que serait-ce alors s'il y avait un problème Dati ? Quoi de plus ?
Roger Karoutchi, tout de même, n'est pas allé jusqu'à dire qu'elle était la solution à l'absence de problème qu'elle pose.
"....le fait que Rachida Dati soit une arable... à supposer qu'il soit possible à une femme de 40 ans de progresser encore humainement..." Rédigé par : LABOCA | 28 octobre 2008 at 11:58
"...cette terre arable, labourée pendant plus de quarante ans, produisit alors les plus beaux ceps de vigne. Le vin que l'on en tirait réjouissait le palais..." ("La treille muscate" Colette)
Rédigé par : sbriglia | 28 octobre 2008 à 14:38
Pour tous ceux qui nous prennent pour des racistes de bas niveau...
Je voudrais juste rappeler que nous avons d'autres ministres d'origine "populaire", et pour autant personne ne leur fait la chasse aux petites phrases ridicules ni au mauvais goût de réforme. Bizarrement, Rama Yade n'est pas critiquée autant que l'est Rachida Dati, et pour autant, elle aussi conduit des réformes difficiles et importantes.
Alors oui Rachida Dati a des origines "populaires", mais concrètement, on s'en moque. Contrairement aux autres membres issus des mêmes origines, elle dit tout et son contraire, elle ne connaît pas ses dossiers lorsqu'elle est seule face aux médias, et elle lance différentes réformes sans réelle pédagogie.
Alors oui, elle seule, est incompétente pour la fonction qu'elle occupe, et cette incompétence n'est liée ni à ses origines, ni à sa famille, ni à sa religion, ni au fait qu'elle soit enceinte ni à je ne sais quoi qui est censé la caractériser.
Elle est ministre, qu'elle se comporte comme tel.
Je vous rappelle enfin, que M. Bilger n'a attaqué Mme Dati que sur les faits concernant les réformes, et encore heureux d'ailleurs.
Je fais également partie du monde "judiciaire" que vous détestez tant. Vous le haïssez même, tellement vos propos sentent le populisme comme le café devant un torréfacteur.
Personne n'aime les gens qui ont fait des études, ce sont nécessairement des parvenus, imbus de leur personne, et qui ne connaissent rien de la vie...
Et après on me parle de préjugés et d'ouverture d'esprit...
Ecoutez-vous...
Rédigé par : Guile | 28 octobre 2008 à 14:36
N'est-il pas illusoire de croire que tous les problèmes de la magistrature viennent d'un (mauvais) ministre ? et qu'un (bon) ministre les effacerait rapidement ?
Je pense que malheureusement, comme dans beaucoup d'administrations françaises, le problème vient d'un manque de remise en cause du fonctionnement de la justice par les magistrats eux-mêmes.
Les magistrats connaissent-ils les mots "évaluation" "amélioration continue" "plan qualité" "indicateurs de progrès" "service client" ?
Rédigé par : Polochon | 28 octobre 2008 à 14:29
"Une inspection disciplinaire diligentée selon des modalités choquantes puis tout de même mise heureusement au rancart, un succès !"
C'est vrai que c'est choquant, indigne, insultant...
tout autant que l'est la méthode employée qui consiste à mettre en garde à vue un innocent, ou de défoncer une porte à coup de bélier d'un appartement voisin d'un présumé coupable de deal. Comme est choqué un patron d'entreprise (et ses ouvriers en chômage forcés) interrogé par un juge d'instruction et incarcéré en préventive sur simple présomptions générées par une dénonciation d'un concurrent...
Et je ne parle pas de ces enfants perturbés par le refus de parloir sous prétexte que cela peut perturber le cours de l'instruction.
Je sais, ça ne vous console pas, mais au moins cela peut-il vous faire réfléchir à certaines méthodes employées par ces mêmes magistrats outrés du traitement que l'ont fait subir à leur innocence.
Cordialement mais sans perturbation
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 28 octobre 2008 à 13:39
Karouqui ? Franchement, ce que dit ou ne dit pas Roger Karoutchi mérite-t-il tant d'honneur ? Et qu'auriez-vous voulu qu'il réponde ? Il n'a fait qu'un bel exercice de langue de bois, du bon vieux chêne. D'ailleurs n'est-il pas là pour ça ? Cela dit il n'est pas seul à dire que le problème n'est pas Dati. Sur le fond elle ne fait qu'appliquer la politique décidée par l'hôte de l'Elysée ; sur la forme elle le fait comme le ferait ce dernier, avec désinvolture et arrogance. Sans doute un (e) autre ministre mettrait-il un peu plus d'huile dans la machine judiciaire mais celle-ci tournerait-elle mieux pour autant ?
Rédigé par : catherine A. | 28 octobre 2008 à 13:25
PS: Faut-il se féliciter de l'égard tardif envers un corps tant décrié par le président ? Au mois d'août ce même président prenait sur son temps pour assister à deux reprises aux réunions de co-propriétaires de la maison du Cap Nègre de sa belle-mère. Pourquoi ? Pour résoudre une affaire du tout à l'égoût ! Et les magistrats sont émerveillés à la sortie de l'Elysée d'une petite marque d'attention du président qui aura duré moins d'une heure. En 2008, seuls les fous, les désaxés mentaux, les idiots doivent détenir les clefs du bonheur en France: leur esprit est définitivement fermé à l'analyse, et c'est tant mieux.
Rédigé par : SR | 28 octobre 2008 à 12:22
Mais où est le problème?
Cent pour cent dans la magistrature ou cent pour cent chez le garde des Sceaux?
Peut-être, une bonne moitié dans le corps judiciaire et le reste chez Madame Dati sans oublier le Président, les justiciables, les avocats ...etc
Presque tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut réformer; je crois que ce ne sont ni les magistrats ni leurs syndicats qui le feront.
La réforme dépend du pouvoir législatif inspiré par l'exécutif.
Eh bien, c'est ce qui survient après des décennies de sommeil.
Rachida Dati est de passage et elle agit: les lois sont votées.
Pour moi, cela va plutôt dans le bon sens (et avec bon sens). De plus, la loi est la loi, y compris pour les syndicats de magistrats dont les citoyens ont pris l'habitude de n'entendre que les jérémiades et les critiques des lois votées.
Chicaner en permanence le ministre sur ses manières n'est certainement pas la solution.
A la longue, ce n'est guère productif; je dirais même que c'est lassant.
Cela pourrait de plus apparaître comme un alibi facile pour cacher les vrais problèmes, justifier l'inaction, faire oublier les "dysfonctionnements" et maintenir les avantages acquis.
Rédigé par : mike | 28 octobre 2008 à 12:15
Il est difficile de prendre position relativement aux affaires concernant Rachida Dati.
J'ai envie de dire : trop, c'est trop!
En le disant, je ne vise nullement Monsieur l'Avocat général Bilger dont l'objectivité dans la façon de présenter les "dossiers" Dati ne peut être contestée.
Je vise plutôt les autres : les politiques, les autres professionnels judiciaires, les journalistes généraux.
Je m'étonne que Rachida Dati soit systématiquement attaquée, alors que tout le monde sait parfaitement qu'elle n'a pas de politique, c'est-à-dire qu'elle se borne à exécuter ce que décide le chef de l'Etat.
Sans Rachida Dati, on aurait eu la même politique de la justice que celle actuellement mise en oeuvre.
Je crains donc que la personnalité atypique de Rachida Dati serve fallacieusement de prétexte à des attaques la visant spécialement pour ce qu'elle est.
Posons la question franchement : le fait que Rachida Dati soit une arable, donc française relevant d'une ethnie autre que française, explique-t-il la violence des attaques dont, de façon récurrente, elle est l'objet depuis son installation au prestigieux ministère qu'on sait?
Pourquoi certains nous parlent tout le temps de l'incompétence supposée de Rachida Dati, alors que l'on sait qu'en France ce sont les hauts fonctionnaires qui font tout le boulot des ministres, lesquels assurent simplement le travail d'exposition publique des politiques publiques?
On voit des ministères changer régulièrement d'affectation. Et tout le monde en vient à relativiser leurs compétences, c'est-à-dire leur expertise, en avançant que d'aussi nombreux changements de poste ne se produisent que parce qu'on trouve au sein de chaque ministère des fonctionnaires compétents, qui font le boulot à la place du ministre.
Si les ministres sont par définition des incompétents au sens où ils ne s'en sortent que grâce aux hauts fonctionnaires et autres fonctionnaires placés sous leur direction politique, pourquoi Rachida Radi serait-elle plus incompétente que les autres ministres?
Je ne veux pas ici défendre une ministre qui ne m'a jamais donné un centime d'euro et qui, probablement, ne me défendrait pas si un jour, un policier ou un magistrat devaient, du fait de leurs préjugés et de leur volonté de plaire aux hommes, m'infliger une injustice.
Je n'aime pas davantage la façon dont cette ministre se comporte parfois.
Je pourrais aussi reprocher à celle-ci son goût pour tout ce qui brille, jusqu'à oublier que, avant d'être ce qu'elle est actuellement, sa vie fut faite de souffrance, voire d'humiliation.
Mais ce n'est pas parce qu'une personne ne me plaît pas humainement que je devrais m'associer à tous ceux qui le prennent sans raison pour cible.
J'essaye de faire la part des choses et j'applique à ce que mon appréciation de l'être d'une personne n'interfère pas sur ma position à l'égard des jugements dont elle peut faire l'objet de la part du monde.
Rachida Dati doit certainement s'améliorer dans ses relations avec les gens - à supposer qu'il soit possible à une femme de 40 ans de progresser encore humainement. Mais elle ne mérite pas d'être agressée perpétuellement.
Rédigé par : LABOCA | 28 octobre 2008 à 11:58
Mateo et Sylvestre,
Vos remarques ne manquent pas de pertinence et je comprends votre lassitude, mais, pour répondre au second, je ne pense pas que l'origine sociale, ethnique ou l'identité sexuelle du garde des Sceaux aient pu influencer le jugement de notre hôte. Il est vrai, et j'en ai été choqué moi-même, que les médias et certains magistrats font preuve avec elle d'une familiarité déplacée quand ils l'appellent "Rachida". Mais au-delà de la lettre des réformes, que je ne sous-estime pas, il y a la psychologie de celui ou de celle qui les applique et je crois que ce facteur joue un rôle important sur le plan politique, bien plus qu'on ne l'accorde généralement. Peut-être Madame Dati paraît-elle cassante et arrogante par manque d'assurance, en raison justement de ses origines, de sa qualité de femme, etc. Mais peu importe, l'important c'est qu'elle n'a pas le minimum de diplomatie nécessaire pour conduire la réforme, et ses origines ou encore la peur (réelle) qu'éprouvent les Français pour la réforme ne peuvent pas servir d'éternelles justifications, voire d'explication univoque. Car alors, à chaque critique fondée, l'on retorquerait : Madame Dati est une femme, d'origine algérienne et les Français ont peur du changement. C'est un peu court, ne trouvez-vous pas ?
Rédigé par : Laurent Dingli | 28 octobre 2008 à 11:43
Monsieur l'Avocat Général,
Après votre réquisitoire, la plaidoirie de la défense :
L'accusée a beaucoup de chance. Oui, imaginez que l'on soit encore sous l'ancien régime, mais c'est la place de grêve qui l'attend, le peuple veut une tête ? on va lui la donner. Après tout cette place en a vu d'autres, des frères de la Tour de Nesle à La Voisin, en passant par le régicide Ravaillac... Alors une tête de plus, et issue des colonies en plus...
Mais vous vous trompez, ce n'est pas le peuple qui la réclame (lisez les sondages), c'est l'élite, s'appuyant sur les privilèges accordés à ses fonctionnaires de justice qui la réclame...
Cette femme s'attaque, à défaut de sagesse, avec courage au nettoyage d'une justice qui a perdu sa majuscule.
Attention que le peuple un jour ne fasse lui-même le nettoyage des écuries d'Augias, fils d'Hélios. Cela risque d'être non un débordement, mais un tsunami.
Cordialement et sans animosité.
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 28 octobre 2008 à 11:09
"Roger Karoutchi, tout de même, n'est pas allé jusqu'à dire qu'elle était la solution à l'absence de problème qu'elle pose."
« Tout avoir pour tout mépriser » peut-être?
Page 20 du Figaro Magazine du 25 octobre 2008 nous lisons dans la colonne de droite sous le titre "Dati félicitée par l'Elysée" : "La ministre de la Justice qui a été félicitée par l'Elysée pour sa prestation 'réussie' à l'émission de France2 'A vous de juger", inaugurera etc...
Que voulez-vous, votre garde des Sceaux figure désormais dans le buzz politique où on l'y découvre derrière Christine Lagarde et avant Xavier Bertrand; le top du buzz étant Olivier Besancenot devant François Fillon!
L'adage populaire ne nous dit-il pas que si les grands esprits se rencontrent, les Félicie aussi!
Du buzz au bug donc, une seule toute petite consonne Zzgogneugneu!
On apprend également sur cette même page, que les prisons n'étaient pas équipées jusqu'à présent d'accès handicapés mais que les nouvelles cellules inaugurées hier à Fleury-Mérogis font une toute petite place supplémentaire à la chaise à roulettes!
Est-ce que le personnel pénitentiaire est lui aussi équipé pour courir derrière le fauteuil et lui tirer dans les roues au cas où il lui prendrait l'envie de se faire la malle??!
"Un garde des Sceaux obligée de se justifier en permanence et utilisant la pire méthode pour faire avancer la magistrature, dont le mouvement n'est pas la passion principale, un détail !"
«Ce que j’aime dans le passé ? Sa tristesse, son silence et surtout sa fixité. Ce qui bouge me gêne. » André Gide citant Maurice Barrès in Journal1
Une solution, le fauteuil pour tout le monde et le perchoir pour le Garde!
Rédigé par : Catherine JACOB | 28 octobre 2008 à 09:54
Monsieur l’Avocat général.
Mon métier est d’être en contact avec des magistrats. J’entends beaucoup ce que vous dites, mais une fois sur deux ça se termine par « et avec la famille qu’elle a, sa place est plutôt en prison qu’à la chancellerie ». Le racisme est une composante importante de ce rejet (ce qui ne veut pas dire évidement que vous êtes raciste). Dans leur ensemble les magistrats aimeraient mieux madame Lagarde avec la même politique. Ils ne l‘appelleraient pas par son prénom parce que Christine et Rachida ça ne sonne pas pareil.
La politique pénale de madame Dati a été voulue par la majorité des Français. Savoir si la ministre a exactement la bonne manière est un problème terriblement secondaire. La sensibilité de l’épiderme des magistrats honnêtement on s’en moque.
Mais si vous voulez vraiment quelqu’un de votre milieu, le Président pourrait penser à Brice Hortefeux né à Neuilly sur Seine et non Neuilly sur Marne. Vous regretterez « Rachida »…
Historiquement le meilleur Garde fut Maupeou, cordialement détesté par les magistrats. Et les Gardes « plus nuls » que Madame Dati, il y en eût beaucoup, cela n’a pas posé tout ces problèmes, il est vrai qu’ils n'étaient ni arabes, ni femmes, ni issus d’un milieu populaire.
Heureusement, après avoir revu la notion d’arrêt cardiaque, certains magistrats entreprennent d’expliquer aux avionneurs comment on doit construire un avion pour la patrouille de France. Encore des catastrophes assurées, encore des réflexions désagréables sur la magistrature en perspective, heureusement l’infâme Rachida sera sûrement ailleurs quand le scandale éclatera.
Désolé d’être de mauvaise humeur ce matin.
Rédigé par : Sylvestre | 28 octobre 2008 à 08:47
OK il y a donc un problème Dati. Il y eut un problème Allègre, et un problème Ferry. Encore avant, il y eut aussi un problème Juppé, un problème Fillon.
En fait en France, le problème central, le coeur du réacteur (de la réaction), c'est la réforme. Cela a pu être sous la gauche, ou sous la droite, l'affaire n'est en fait pas là. J'oubliais. Tout le monde est "pour" la réforme : ça fait citoyen, ça fait responsable, on sent ici la conscience diffuse des problèmes du pays.
C'est en général après que cela se gâte. L'antienne la plus entendue est "oui à la réforme, mais pas comme ça". Et de nombreuses variantes :" la méthode n'y est pas", "oui, ok pour réformer mais pas avec ce ministre". A FO on a le sens de la formule (entendue au matin) : "oui aux réformes progressistes" et le permanent de la centrale d'expliquer qu'une réforme progressiste est une réforme qui ajoute moyens et effectifs, et là bien sûr le bonhomme est en harmonie avec la réforme.
Le propre de votre institution, vue de l'extérieur, vue évidemment déformante et réductrice, est celle d'un truc extrêmement poussiéreux, où tout un chacun, professionnel de la profession, se noie entre jargon, codes complexes, et procédures "usine à gaz". Pour qui aura entre-aperçu les dessins de Daumier, la troupe judiciaire (magistrats, greffiers et avocats) semble être encore totalement dans son jus "XIXème siècle".
Alors virons Dati. Elle est nulle, incompétente, elle s'y prend mal, elle ne comprend rien, elle porte du Dior, des escarpins à 1000 boules, elle est petite, enceinte, et rebeu. Allez envoyez-nous un bon vieux Arpaillange, un Chalandon. Un peu comme un Bayrou qui se targuait, quelques mois en arrière, en pleine campagne, de ne pas avoir été confronté à des grèves de l'Education Nationale, lorsqu'il en était ministre.
Tu m'étonnes, "cogestion", aucune réforme, gestion courante des affaires, feux doux sous la popote, résultat brillantissime ? : Pas de grèves ! Whaou, ça c'est du ministère où je ne m'y connais pas.
C'est un peu le problème ici en Gaule, il y aurait pas mal d'institutions à dépoussiérer, à moderniser, des cadres de travail à toiletter. Mais inlassablement la société française bute toujours et encore sur le "non, pas comme ça", ou le "non, pas avec ce ministre-là", sous entendu pas de notre niveau.
Vous savez quoi ? Ca commence à gonfler tout le monde, même ceux qui renverraient bien Sarko dans son Neuilly préféré, parce qu'à ce petit jeu qui se répète tant et plus, on fait du surplace, et ça dure, ça dure.
On sait. Des centaines de millions d'euros de plus au budget, des recrutements en "masse", des immeubles neufs, des prisons rutilantes (la mort dans l'âme tout de même), des augmentations généralisées, voilà les termes d'une réforme acceptable.
Ca lasse sérieux !
Rédigé par : matéo | 28 octobre 2008 à 08:13
Sautez, sautez vite de l'ambulance, Rachida : l'homme qui la conduit est un magistrat qui s'est échappé, il a remplacé la croix rouge par une cible et ne vous conduit pas à Baudelocque mais sous les fenêtres du Palais où des snipers vous attendent... sautez, vous dis-je, quand il est encore temps !
Rédigé par : sbriglia | 28 octobre 2008 à 07:08
Tiens, de la Rachida au menu! Ca va finir par ressembler à un "marronnier" en langage journaliste ... Quelle sauce aujourd'hui, Nestor? Rôtie? champignons? au pot? vapeur? gras? maigre? bio? salade peut-être?... Nestor! Nestor!... Ah voila!... L'aile ou la cuisse? La cuisse, voyons!... Qui prend le blanc? Otez donc la peau, je vous prie, c'est trop gras ... Le sot-l'y-laisse, c'est pour moi, priorité! Un peu d'abat, monsieur? Du foie, madame? Un rognon, peut-être?... Ne dites pas que vous êtes au régime encore ... Vos robes vous serrent? Les coutures?... Allons, mangez, que diable! nous n'en aurons jamais assez, on ne s'en lasse pas, c'est si bon ... Goûtez, mais goûtez donc ... N'est-ce pas autrement bon que ce que nous mangions auparavant, tout cet insipide industriel, ces boîtes, ces Clément, Guigou, Nallet, ces Toubon qui n'avaient de bon que le nom, Vauzelle, oh Vauzelle, indigeste, souvenez-vous, vous en vomissiez et attrapiez la vauzellite, la vauzellose .... Vous en tombâtes bien malade et gardâtes le lit pendant longtemps ... Nestor! Nestor! voyons, démenez-vous, servez, servez! que faites-vous, mon garçon?!... Mon cher voisin, ne vous empiffrez pas, je vous prie ... Et vous mademoiselle, cessez de glousser et mâchez en silence, cela ne se fait pas ... Les enfants, un petit morceau?... Monsieur Karoutchi, vous ne prenez rien? Goûtez donc alors un peu de ce vin et dites-nous ce qu'il en est de votre chère collègue du gouvernement, cette excentrique ministre de la justice dont tout le monde cause en ce moment, vous savez, cette si jolie dame exotique qui porte un enfant actuellement et dont on a dit hier, contrairement aux dires des professionnels de la chose, qu'elle n'est pas un problème absolument ... Ah madame, la phrase exacte n'est pas celle-ci, on vous trompe ... Mais qu'est-ce alors?... Il a été dit exactement ceci: La soldate en question n'est pas à sauver ... Oui, en effet, la différence est de taille, j'en conviens. Ah ces publicistes qui ne rapportent jamais comme il faut les thèmes et les propos!... Comme vous dites, madame!... Mais est-ce à croire alors que ...? Oui, vous avez tout à fait raison, c'est cela, c'est pertinemment cela ... Alors tout va bien, pourquoi ces bruits de palais? cette petite révolution de fonctionnaires qui conspirent il me semble? C'est désolant! Allez, mon cher, oublions tout cela et faites-moi plaisir plutôt, goûtez-moi ça, juste ça, une miette, une toute petite miette de ce met rare et cher, vous verrez comme c'est fondant, si délicat, voilà, sur la langue, laissez-moi faire, fermez les yeux, humez simplement, laissez fondre, amour ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 28 octobre 2008 à 01:08
Rachida Dati est à l'image du gouvernement qui navigue à vue, au jour le jour, sans vision à long terme. Il y a peu encore elle était acclamée comme antidote à l'archaïsme attaché à la magistrature. Il suffisait de peu : un sourire bien large, une robe Dior, des escarpins vertigineux pour rendre obsolète un corps de métier montré du doigt. Et puis, la crise oblige à plus de décence, moins d'ostentatoire, et le fond manque au garde des Sceaux. Alors, le président revient vers ceux qu'il qualifia de petits pois, car en temps de disette une armée de petits pois lui servira mieux qu'une garde-robe imprimée de pois d'une ministre princesse un jour.
Rédigé par : SR | 27 octobre 2008 à 22:05