Le président privé de justice ?
On entend dire et on peut lire que le président de la République dégainerait trop facilement l'arme judiciaire et qu'il y aurait comme une contradiction entre son statut et ses démarches contentieuses. D'aucuns ne sont pas loin de penser que ce président-ci devrait être privé de justice.
Je ne vois pas au nom de quoi mais j'admets que l'interrogation puisse être formulée si le débat est abordé avec bonne foi. Ou sans une ironie qui offre le mérite d'un petit succès immédiat mais qui n'éclaire et ne résout rien. Ségolène Royal, qui est tombée depuis quelque temps dans le sarcasme ad hominem - ce n'est pas son meilleur genre - , s'est vantée, au sujet de la "poupée vaudou", d'avoir eu plus d'humour que Nicolas Sarkozy puisqu'elle n'avait pas demandé d'interdire sa vente.
Le problème est beaucoup plus sérieux que sa légèreté semble le prétendre. Il est évident, déjà, qu'on ne saurait comparer la responsabilité d'un président soucieux de défendre l'honneur de sa charge avec la liberté d'une opposante politique qui peut, sans risque, s'abandonner à une totale tolérance. Le premier est confronté à une alternative que la seconde a le droit d'ignorer. On comprend bien que, pour un président de la République en exercice, le choix ne soit pas si aisé à faire entre l'exigence d'une majesté et d'une indifférence républicaines qui le conduirait à ne jamais avoir recours à la justice ou l'acceptation d'une judiciarisation qui le mettrait au niveau de ses concitoyens.
Il va de soi que pour tout ce qui se rapporte à la respiration d'une vie démocratique, à la nécessité d'un débat public contradictoire et approfondi, à la sauvegarde d'un pluralisme médiatique, de nos jours plus encore qu'hier, toute entrave, de nature contentieuse, de la part d'un président serait politiquement suicidaire, certainement contre-productive. Comment imaginer qu'aujourd'hui Nicolas Sarkozy pourrait être tenté de porter atteinte à l'esprit et à la dérision diffusés par les Guignols de l'Info ou à d'autres émissions satiriques du même genre ? Il y a là un droit de critique, une tradition de la gouaille et de l'ironie cultivée à la radio, à la télévision ou dans les chroniques étincelantes de Michèle Stouvenot dans le Journal du Dimanche, qu'aucun pouvoir n'aurait la maladresse de brimer, sauf à se perdre dans le ridicule.
Mais le questionnement difficile à résoudre n'est jamais fiché au coeur de la liberté d'expression, il se trouve sur ses marges et n'a jamais la pureté qu'imposerait l'évident refus d'une censure politique. En dehors même du SMS mensongèrement intime, deux affaires, surtout, ont fait réfléchir sur l'attitude du président face à la justice. Ryanair et, récemment, le livre-objet présenté dans un coffret contenant notamment une poupée de tissu et douze aiguilles, résumé sous l'appellation "poupée vaudoue". Cette étrange chose - et dont la vente se multiplie depuis l'annonce de l'assignation présidentielle en référé - a été inspirée par un dessein commercial et revêtue d'une apparence politique. Il est incontestable que l'image de Nicolas Sarkozy a été utilisée et exploitée dans des conditions qui même pour un président tolérant pouvaient susciter une réaction.
De mon point de vue, ce livre-objet équivoque, offrant habilement une double facette contradictoire (mercantile et civique), aurait mérité une analyse globale sur la notion d'outrage ou d'offense au président de la République. Il ne serait en effet pas absurde de soutenir conceptuellement que cette "instrumentalisation" de l'image présidentielle dans un but de lucre était à l'évidence de nature à dégrader la fonction présidentielle et son apparence publique. Juridiquement, cependant, ni l'outrage réprimé par le code pénal (une offense non publique) ni l'offense elle-même prévue par la loi spéciale sur la presse ne pouvaient être retenus. D'où le choix de Me Herzog, conseil du président, de viser la violation du droit à l'image.
Au moment où je commençais la rédaction de ce billet, j'apprenais que le chef de l'Etat avait été débouté de son action en référé et qu'il allait relever appel de cette décision. Selon ce que j'ai pu lire et entendre (sites du Nouvel Obs et de 20 minutes, TF1), la juridiction saisie de l'instance aurait souligné l'absence "d'atteinte à la dignité humaine et d'attaque personnelle" et le fait que la vente de cette "poupée vaudoue n'aurait pas caractérisé une atteinte au droit à l'image". D'après elle, cette affaire demeurait inscrite "dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour". On verra ce qu'il adviendra judiciairement de la suite qui, peut-être, mettra plus en évidence le commerce profitant de la personne du président et de son image.
Ségolène Royal, tout de même, ne peut pas faire semblant de craindre que ce recours entraîne, demain, des plaintes contre le Canard enchaîné, Marianne ou les Guignols de l'Info. Il n'est pas fondé, en effet, sur une contestation de la parole médiatique. L'issue négative d'aujourd'hui - une première pour un président -, après les succès anciens de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d'Estaing, répond opportunément à une critique qu'on n'aurait pas manqué de formuler. On aurait dénoncé cet usage de la voie judiciaire puisque, pour un président, elle aurait été de toutes manières sans risque. Un démenti éclatant vient d'être apporté. Il met en lumière l'indépendance de la justice, une victoire de la démocratie et que le président a d'autant plus le droit de n'être pas privé de l'arme judiciaire que celle-ci ne lui garantit rien et le met, à tous les niveaux, au même plan que ceux qui l'ont élu ou rejeté.
Enfin, on a trop mis en cause le comportement personnel du président dans les premiers temps de son mandat pour lui reprocher, alors qu'il a de son propre gré changé, d'imposer le respect de sa fonction, grâce à la justice, à ceux qui continueraient de la traiter sur un registre qui date sensiblement. Il me semble qu'on ne peut, à la fois, sauf à être incohérent, désirer la dignité présidentielle et contester à celle-ci les moyens de sa sauvegarde si la société est en retard d'une image par rapport à celui qui la représente.
Certes, mais :
1) faudra-t-il supprimer, dans les kermesses, les stands de « jeux de massacre » qui nous offrent la possibilité de bombarder d’innocents projectiles en tissus des figurines de contreplaqué représentant moult célébrités, hommes politiques inclus ?
2) comment concilier cette démarche judiciaire avec le credo présidentiel : «je préfère un excès de caricature à un excès de censure » ?
Rédigé par: Yonathan | 29 octobre 2008 at 21:30
Bonsoir
Sans vouloir polémiquer sur un personnage qui a décidé de donner du travail à la Justice, un truc me chiffonne : en étant juridiquement inattaquable, en n'ayant aucun compte à rendre à la justice (pour des raisons que je ne discuterais pas) quelle peut être la pertinence des ces plaintes successives ?
Dans le cas (avant son appel) où il est débouté, quid des dépends ? quid d'une éventuelle procédure pour abus de droit ?
Si l'accusé se considère comme éventuellement impliqué à tord, contre qui peut-il se retourner ?
Désolé de quelques termes probablement juridiquement impropres (ce n'est pas mon métier), mais les points relevés me questionnent. J'espère néanmoins avoir été clair...
Merci encore de partager (au quotidien) vos lumières.
Bonjour chez vous
Rédigé par: Jean Meyran | 29 octobre 2008 at 21:38
Certes, mais le "casse-toi, pov' con!" vaut bien une poupée vaudou. Sarko aurait davantage gagné à laisser faire qu'à attaquer ... On n'impose ni le respect ni surtout l'affection via un tribunal, cela se saurait. L'outrage, l'offense, sont légers en l'occurrence; quant à l'image "violée", volée, surtout cette image plutôt marrante et populaire, il faut savoir être bon joueur, bon blagueur ... Un tout petit peu de psychologie politique et l'on s'apercevra vite que ceux qui achètent cette effigie sont ceux-là-mêmes qui ont une réelle affection pour la personne qu'elle représente, et qu'à poursuivre en justice ses créateurs, c'est en aval leur faire d'abord à eux une offense. Ce genre d'objet transitionnel, on lui aurait demandé, à chaque meeting, avec des rires, des sourires et de grandes poignées de main, de le dédicacer et on aurait gardé ça chez soi en souvenir mieux qu'une quelconque photo "volée" ou même posée ... De plus, le Français qui subit, comme le reste du monde, les misères de toutes ces débâcles économiques et sociales, et qui attend de réelles solutions positives pour lui comme pour les autres, est maintenant fondé à se dire: Quoi! il n'a que ça à faire?! s'occuper de cette poupée!... C'est autrement plus subtil que ce qu'énonce le fond de votre billet, cher PB. Prendre au vol la chose était tout bénéfice pour lui. Qui est ce conseiller sot qui lui a conseillé de se baisser et bondir pour attaquer et faire rendre gorge de ce qui n'était pas une agression mais tout son contraire? Douste-Blazy, peut-être (est-il toujours à l'Elysée, dans ce bureau sombre du deuxième sous-sol au fond du couloir gauche?); je l'imagine bien chuchoter, quand ils se voient rarement, à l'oreille du président ce genre d'initiative politiquement perdante et ridiculement impopulaire. Voila que ma transition est faite, tiens. On sait tous que Rachida Dati au ministère a viré et découragé tous les conseillers de ce ministère, véritables piliers de l'institution, pour les remplacer par les siens qu'elle choisît. Mais qui sont ces "siens choisît" ? N'importe, ils doivent en tenir une sacrée couche, nonobstant, pour, quant à eux, lui insuffler et faire avaler cette idée fumeuse d'installer dans chaque cellule des prisons de France un interphone afin que le détenu candidat au suicide prévinsse l'administration pénitentiaire de son suicide, quelques minutes avant mettons, et, dans les maisons d'arrêt à promiscuité cellulaire deux trois quatre voire cinq bougres détenus dans ces 12 mètres carrés historiques, qu'au moins l'agressé ou l'un de ceux-là fisse de même quand le tiers tuera le second ou le premier ou inversement ou dans l'ordre que l'on voudra ... Ces conseillers savent-ils que dans les cellules, il s'y trouve toujours d'excellents tabourets de bois et d'acier et que ceux-là font un tintamarre du diable quand on cogne avec contre les portes des cellules pour alerter et qu'alors il faut être bien sourd pour ne rien entendre dans la prison car même à l'extérieur cela s'entend quand, comme c'est souvent le cas, par mimétisme carcéral et solidarité ou ennui général, le bruit fort et unique à cet endroit se fait roulement assourdissant partout? J'ai l'impression, pour conclure, que la poupée présidentielle de l'un et l'interphone ministériel de l'autre sont, hélas, trois fois hélas, les signes d'égarement d'un grand désarroi politique à comprendre ce qu'ils font tous deux ainsi que le reste du gouvernement, et le pays et le monde où ils le font.
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 29 octobre 2008 at 22:10
Plus sérieusement. En tant qu'infirmier, je viens d'assister -et j'en ai connu de ces fins d'hommes et de femmes-, dans une maison de retraite où j'interviens, à la pire agonie humaine qu'il m'ait été donné de voir. Celle-ci s'est terminée par la mort de la personne (une dame âgée) avant-hier et aura duré deux années. Pour la première fois de ma vie, je fus sincèrement, réellement heureux qu'une personne meure. Deux années de souffrance physique continue, sur un lit, immobile, nourrie par sonde et j'en passe ... Deux années avec pour unique moyen de communiquer des cris d'horreur de douleur et des silences, le regard continuellement voilé, fermé ... Je n'en dirai pas plus. Même à mon pire ennemi je ne souhaite cela. Son médecin traitant qui la voyait de temps en temps ne soulageait en rien -ou à peine- médicalement sa douleur. Les Soins palliatifs du CHU que nous, soignants infirmiers, de notre initiative, avons fait intervenir à plusieurs reprises afin qu'ils, comme leur nom l'indique, pallient à cette souffrance, n'ont rien pallié ou à peine. Elle est morte dans des conditions de souffrances physiques pires que celles du dernier animal mourant abandonné. A un cheval, un chien, un chat, un oiseau, on n'aurait pas permis qu'il finisse ainsi et on aurait abrégé son agonie si, comme pour cette femme, le mal avait été incurable et fatal ... Alors, pourquoi ce commentaire ici? Parce qu'il est, à mon sens, ici plus crédible qu'ailleurs d'autres endroits plus spécialisés médicalement, et qu'il s'y trouve certainement des qui le lisent qui sont ou juristes ou médecins ou les deux ou encore simplement concernés et gravement interpellés par cette abomination de notre civilisation. Je connais la loi dite "loi Léonetti" du nom de son promoteur médecin et législateur, et je sais ce qu'elle permet en de certaines circonstances -et c'en était une, celle-là, mille fois c'en était une- afin d'accompagner au mieux et le plus dignement possible et avec le moins de souffrance physique possible pour elle, la personne en fin de vie. Cette personne, il suffisait de la mettre, comme la loi Léonetti le permet et recommande, sous seringue électrique de morphine et de l'accompagner ainsi et la laisser partir paisiblement au fil des jours en lieu de la laisser, comme ce fut le cas, pourrir littéralement sur son lit de souffrance durant deux années entières et sachant son mal absolument incurable. Pourquoi aucun médecin n'a-t-il prescrit cela? Pourquoi même les unités professionnelles de soins palliatifs, rodées dit-on à ces choses, n'ont de même osé cela, se contentant du minimum qui n'assurait ni ne compensait rien? A qui s'adresse alors cette loi et est-elle loi? Sont-ils formés à celle-ci et informés de celle-ci, les médecins qui ont seuls le pouvoir de prescription? Au nom de quoi et de quel droit un médecin généraliste qui passe voir cinq minutes sa patiente une fois par mois ou les Soins palliatifs du CHU quand on les sollicite, nous laissent-ils, nous soignants infirmiers et autres, démunis, impuissants, assister nuit et jour, continuellement, supporter voire culpabiliser, vomir de dégoût, n'en plus pouvoir de dépit, d'incompréhension, de honte, et ce durant deux ans, de l'agonie atroce d'une personne, quand ils peuvent, le plus simplement qui soit, par une simple prescription, de par la loi qui le leur permet, empêcher cela? De quel droit cette ordure pseudo médicale et pseudo humaniste? C'est peut-être parce que ce ne sont pas eux qui ont pris ça, cette agonie sans nom, dans la gueule, continuellement, sans répit, du matin au soir et du soir au matin, chaque heure, chaque instant, mais elle d'abord, cette mourante, et nous ensuite qui à chaque seconde de chaque jour de ces deux années n'en pouvions plus de la voir et l'entendre n'en plus finir d'atrocement mourir ... La loi Léonetti n'oblige pas les prescripteurs médecins. Est-ce à croire que ce que j'ai vu, nous avons vu, leur est permis? C'est facile, trop facile, de se réfugier loin de l'agonie, dans son cabinet ou son bureau de l'hôpital, et de dire: non, je ne fais rien. Nous, infirmiers, aide-soignants et autres, nous l'avons là, sous nos yeux, permanente, et nous ne pouvons rien faire si ce n'est nous boucher les oreilles et détourner le regard parce que monsieur ou madame docteur, soit est contre la loi Léonetti, soit a peur de la loi Léonetti, soit ignore la loi Léonetti! Qu'un médecin me laissât, moi, mourir dans ces conditions, depuis l'enfer je viendrais le chercher sur terre ...
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 29 octobre 2008 at 23:33
Excellente analyse, même si c'est très gênant de complimenter ici notre hôte.
M. Bilger a tout à fait raison de relever le distinguo, et ses implications, entre ce qui relève du droit d'expression et du droit commercial, car même ceux qui jubilent à l'évocation de cet exutoire anti-sarko ne peuvent pas contester le fait qu'il s'agit d'une exploitation à but principalement mercantile. Le "principalement", pour rappeler que le "Sarko" se vend très bien quel que soit le domaine, une de magazines, librairies, etc et qu'il se trouvera d'autant plus des malins pour profiter de cette veine, qu'elle leur assure de surcroît une publicité nationale.
J'ai tendance à penser que l'ironie et la dérision constituent une chute dans les moeurs qui rabaisse tous ceux qui s'y prêtent pour de bonnes ou de mauvaises raisons.
Une société qui s'y complaît, selon moi, est plus proche de la décadence que de sa renaissance.
Dès lors, il me semble qu'on ne peut pas outrager la fonction de président de la République sans accepter finalement, en invoquant de grands principes, de se placer dans l'ordre du dérisoire.
Or, il n'y a pas de quoi se flatter. Le dérisoire, qu'il soit démocratique, républicain, médiatique, n'est que vacuité.
On peut la choisir. On peut devenir nihiliste, aussi, le revendiquer clairement.
Qu'une candidate au poste de Premier secrétaire du PS y consente, cela prouve qu'elle est cool, mais la personnalité juridique et morale du président de la République, j'ose penser que, indépendamment de la personne, c'est un statut à part et que la déférence qui lui est due vaut le respect que nous nous accordons - et que nous méritons - à nous-mêmes en tant que peuple.
La tenue d'un peuple dans l'histoire comme dans les vicissitudes du quotidien, ce n'est pas non plus une notion sans importance.
Même si, par nature, le président constitue la figure qui concentre la haine, les ressentiments, les passions, etc, il est le premier personnage de l'Etat et, à ce titre, il doit bénéficier d'un respect minimal.
Or, il y a une certaine jubilation à voir le nom comme l'image du président tournée en dérision.
On est au-delà de la caricature et de l'expression démocratiques mais dans une culture où l'ensemble des repères, des bienséances, des institutions sont déconsidérées dans l'esprit public.
Dans une démocratie saine, les frontières de ce qui est acceptable ou pas, de ce qui est décent, se forment naturellement.
Il semble que cela ne soit plus tout à fait le cas. Alors gloire à notre époque médiatique, si elle est à ce point apte à souffler sur les choses un air aussi vivifiant.
A de multiples moments, on choisit les valeurs, les "postures" que l'on encourage. C'est ce que ce jugement en référé a accompli, mais un référé, si j'ai bon souvenir, n'a pas vocation ou prétention à trancher au fond...
Au-delà du juridique, il me semble que la question principale qui mérite de ne pas être perdue totalement de vue, c'est celle de la dignité.
A travers la dignité du président de la République, je considère que c'est celle du peuple qui est possiblement affectée. J'admets qu'il peut - le peuple - considérer cela comme une guigne et n'y attacher aucune importance, mais on peut rire aux Guignol de l'info, à la lecture du Canard enchaîné, et ne pas être tout à fait dupe de sa propre dérision et de la valeur qu'elle a, c'est-à-dire être capable de discerner la part des vanités qui sont à l'oeuvre, y compris et surtout la sienne.
Après, on a toute liberté de les dédier à la gloire de la démocratie. Elle a bon dos, tellement qu'un jour sans qu'on se rende compte, elle nous le tourne.
Aux Etats-Unis, une effigie de Sarah Palin a été brûlée dans une bonne ville de je ne sais plus quel Etat. Le gouverneur, démocrate me semble-t-il, a regretté ce geste en considérant, substantiellement, qu'il n'appartenait pas à la démocratie.
Rédigé par: Daniel Ciccia | 29 octobre 2008 at 23:57
@ Aïssa
Badinter a aboli la peine de mort.
Qui abolira la peine d'agonie, maintenant ?
Une poupée de chiffon, au diapason du temps, est bien hors de propos.
Et si une poupée nouvelle, bientôt, manteau rouge et col d'hermine, dans un coffret Outreau (ne rêvons pas) éditions ENM ?
Ou une autre, blouse blanche et stéthoscope ?
Une autre, bottes vertes et grand chapeau, avec pour toutes aiguilles des épines de roses ou les dents d'une fourche ?
C'est si bon de rire de soi, tant que personne d'autre s'en occupe.
Je ne sais pourquoi, mais je sens là le souci que la pandémie "vaudoue" soit vite maîtrisée. Que "l'outrage" (notez dans la racine l'Outreau du dictionnaire) n'aille pas se propager.
A l'évidence ici, à qui vit à bras le coeur, manque Nadine de Rotschild pour la forme des choses. Vos soins palliatifs ne sont guère des propos d'un salon.
Nos VO sont trop crues.
Ce blog en sous-titré causant l'universel, mêlant nos mélodies terreuses et sanguinolentes aux baroques les plus fins, nous permettrait peut-être de tendre comme un pont entre ce qui se pense et tout ce qui se FAIT, s'IMAGINE et s'ESPERE.
Le Baroque, tout à coup, aurait du grain à moudre, se sentirait utile...
Bel ouvrage de génie civil en perspective !
Rédigé par: Fleuryval | 30 octobre 2008 at 01:10
Avez vous bientôt fini de jouer aux hypocrites comme Madame Royal aujourd'hui ?
Bien sûr succès médiatique immédiat de celle-ci et de ceux qui vont dans le même sens (BFM TV ce midi). Mais jusqu'à quand ?
Faisons donc ensemble la comptabilité des caricatures, BD, pamphlets, films (K.Zéro), revues, hebdomadaires, imitateurs, humoristes, télévision...
N'a-t-il jamais intenté un procès à tout ceci ? Non jamais. En plus il vous (vous les commentateurs) fait le cadeau suprême et annonce sur tout les toits : "Je préfère trop de caricatures à pas de caricatures".
Franchement vous (les commentateurs...) lui faites un mauvais procès (pour le coup !)
En fait, tout le monde a bien compris que cette poupée est un objet de haine et de violence extrême (aiguilles dans le corps... merci).
La haine. Vous êtes bien contre et très virulent quand il s'agit de Le Pen ? Auriez-vous changé de bord ?
Moi à sa place j'aurais agi de même. Et je ferais appel !
Ledun Jean-Paul
Rédigé par: Ledun Jean-Paul | 30 octobre 2008 at 01:32
Premièrement, je trouve que ce qu'a posé Jean Meyran est une bonne question. Comment parler de justice quand l'une des parties prenantes est inattaquable juridiquement parlant. Merci cher Philippe Bilger de préciser comment vous concilier cela.
Deuxièmement, je suis surpris pas la totalité des arguments qui défendent une royauté du président inattaquable juridiquement et "outrageusement": désolé, M Philippe Bilger, je n'admets pas que le président de la République se complaise dans des procès à tout bout de champ pour une affiche brandie ou un tee-shirt offensant (surprenant que vous n'ayez pas choisi ces deux plaintes plus polémiques). Nous sommes bien aux marges que vous évoquez, à la limite de la liberté d'expression. Beaucoup diront que la poupée vaudoue n'est pas de la liberté d'expression, mais si condamnation il y avait en appel, que feraient demain des journalistes ou des satiristes ? Avec la multiplication des procès, n'y a-t-il pas simplement le risque d'une auto-censure ? Même si ces journalistes sont éloignés de la poupée vaudoue, ne risque-t-il pas (inconsciemment) de limiter leur liberté d'expression par crainte d'aller trop loin ?
Pour une liberté d'expression sans crainte, il serait bon que le président de la république soit égal aux français et supprime cette antiquité de délit d'outrage. Le plus comique, c'est qu'avec ces plaintes il fait la pub de ceux contre qui il porte plainte.
Rédigé par: Patrick C. | 30 octobre 2008 at 01:54
Je me souviens, dans les années 70, dans la vitrine d'un magasin de cadeaux de province, de bouteilles dont les bouchons étaient d'énormes têtes d'hommes politiques en cire, je revois de Gaulle en képi, Giscard et Barre, avec une tête proche de ce qu'est une marionnette des Guignols aujourd'hui. Je me souviens de réactions choquées autour de moi, comment peut-on associer le Général à l'alcool et en tirer profit. C'était, disait-on, de "mauvais goût" mais il ne me semble pas avoir entendu qu'il fallait poursuivre le fabriquant.
Nicolas Sarkozy fait vendre les journaux, il en bombe le torse de temps en temps. Qu'il fasse vendre les poupées, autre que les Barbie, c'est une bonne nouvelle en période de crise !
Ce qui est étonnant, c'est que ceux qui reprochent à Ségolène Royal d'être psycho-rigide, tout d'un coup l'accusent d'être trop cool ! Je trouve son attitude (je n'ai ni lu ni entendu sa réaction) fort sympathique. J'ai été surprise d'entendre dans la Matinale de Canal un certain Léon dire que si Ségolène Royal ne poursuit pas c'est qu'elle doit trouver sympathique de se faire percer avec des aiguilles. Info fort subjective...
Rédigé par: Bulle | 30 octobre 2008 at 05:03
C'est vieux ça comme mode d'expression la vindicte par la dérision, la parodie, autrefois la mode allait au charivari et autres tambours pour crier sa colère sous les fenêtres des notables du village coupables aux yeux des citoyens de méfaits; Ce qui dérange toutefois aujourd'hui c'est l'immunité constitutionnelle du président et sa capacité à engorger les prétoires; Au moment de l'affaire de la libération des infirmières bulgares un veto était apposé pour refuser aux députés désireux de faire la lumière sur cette rocambolesque aventure l'audition du président, un paradoxe.
Rédigé par: SR | 30 octobre 2008 at 07:07
Que l'on soit président de la République française, Gourou Suprême Inter-universel, Pape, Pipaul ou que sais-je d'autre, le respect et la dignité chez moi ça se gagne au mérite chaque jour ! Si M.Sarkozy veut être respecté avec la dignité qui habillait ses illustres prédécesseurs, qu'il commence par être respectable, ensuite on en reparlera... L'habit présidentiel n'est pas livré avec le respect en bonus. Si ce monsieur a brigué ce poste principalement pour le respect qui s'y attache il doit être bien déçu...
J'ai beaucoup ri quand j'ai appris la présidentielle action contre la poupée vaudoue.
Si par une espèce de matérialisation absurde de la Loi de Murphy il obtenait gain de cause, tout ce que le pays compte de caricaturistes, et d'amoureux de caricatures lui serait définitivement perdu. Pour un professionnel de la politique de son acabit s'aliéner une telle quantité d'électeurs est la pire manœuvre possible.
Ses prédécesseurs (qu'on les apprécie ou non) n'ont jamais eu ce genre de comportement car ils savaient, à mon sens, que le pouvoir est toujours la cible de ce type de rudoiement. Ils préféraient certainement se consacrer aux affaires de la chose publique (et par les temps qui courent il y en a) plutôt que de dilapider des ressources dans des actions contre-productives de cet acabit.
La poupée vaudoue ne dénote pas d'un esprit critique passionnant, c'est principalement un coup médiatique de l'éditeur (qui lui a obtenu une publicité au-delà de ses espérances pour pas une thune) mais la réaction du président de la République ne crée ni l'admiration ni le respect : j'en rigole encore.
Bon je vous laisse, mes côtes me font mal...
Rédigé par: Mathieu | 30 octobre 2008 at 08:16
Je rejoins tout à fait votre analyse, cher Philippe, ainsi que le commentaire de Daniel Ciccia.
Je considère que le président de la République a eu raison de réagir ainsi à cet outrage.
En ce qui concerne Madame Ségolène Royal, ses positions opportunistes m'amusent. Elle reproche au chef de l'Etat de ne pas avoir suffisamment d'humour ; or, il me semble que la même Ségolène Royal avait refusé la présence de l'humoriste Nicolas Canteloup lors de son passage chez Drucker.
Amusant non ?
Rédigé par: Laurent Dingli | 30 octobre 2008 at 09:35
J'ajoute :
Le président a beaucoup de dossiers graves et urgents à traiter ces temps-ci
- Les milliers de personnes menacées de perdre leur emploi et la gestion de la crise mondiale
- La guerre au Congo où la situation est dramatique, notamment au Nord Kivu
- La présidence de l'Europe et le programme de lutte contre les gaz à effet de serre.
Etc, etc.
Pendant ce temps des milliers de ravis de la crèche n'ont d'autres distractions que d'enfoncer des aiguilles dans une poupée à l'effigie de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy...
Tous les pouvoirs du monde ne sont rien comparés à celui que représente cette bonne vieille bêtise.
Oui, la bêtise, voilà le cinquième pouvoir.
Laissons donc travailler le "grand petit homme".
Rédigé par: Laurent Dingli | 30 octobre 2008 at 09:58
Mais les poupées à l'image de présidents, c'est pas nouveau ! J'ai dans mon bureau des Matriochka achetées à Berlin au moment de la chute du mur représentant un gros Kohl, un Bush père l'air pas très éveillé, un Mitterrand ,un Gorbatchev avec tache de vin bien visible et un tout petit Elstine. C'est de la caricature et c'est mercantile. Et alors ? Un livre de caricatures est mercantile, un article aussi si l'on pousse le raisonnement jusqu'au bout. Que la poupée vaudoue soit d'un goût douteux je veux bien ; qu'elle soit une atteinte à l'honneur de la charge de président je ne le pense pas. En tout cas moins que le fameux, hélas, "casse-toi pauvre con".
Quant à Mme Royal elle a tout à fait raison de préciser qu'elle a de l'humour : sans elle cela m'aurait échappé.
Aïssa merci pour votre témoignage hors sujet mais qui j'espère fera avancer la réflexion sur la fin de vie.
Rédigé par: catherine A. | 30 octobre 2008 at 10:15
Magnifique coup médiatique cette poupée vaudoue. Quant à Sarko il montre ses muscles mais n'obtiendra pas grand-chose.
Cette affaire est ridicule, Sarkozy se ridiculise. Mais bon, peu importe on n'est plus à ça près.
@ Aissa :
Votre témoignage est bouleversant, à tel point que cette histoire de poupée vaudoue apparaît encore plus ridicule.
Rédigé par: toto | 30 octobre 2008 at 11:40
Ce qui me gêne le plus, c'est que notre presse subventionnée reprenne chacune des inepties verbales de la présidente du Poitou-Charente !!!
Rédigé par: bruno | 30 octobre 2008 at 12:23
Pas d'accord, Philippe, sur plusieurs points :
- Le caractère commercial d'une couverture de Paris Match avec l'escapade new-yorkaise du président n'est pas moins évidente que le lancement d'un produit satirique comme la poupée vaudoue. Dans les deux cas, il s'agit d'user de l'image du président pour faire du chiffre.
- Ryanair, c'est différent : le propos est éloigné de la fonction présidentielle. La poupée vaudoue n'est constituée que d'inscriptions mentionnant des éléments politiques ou de personnalité, directement en rapport avec la personnalité et traités sur le mode satirique. C'est une caricature en trois dimensions au lieu d'être imprimée sur Charlie Hebdo, c'est la seule différence et l'appel le confirmera à l'évidence.
- On ne compare pas N. Sarkozy à Pompidou ou Giscard : Ce n'est pas une malheureuse procédure, c'est 10 procédures que le président a lancé depuis son élection. Du jamais vu.
- Nous ne sommes pas là dans le rétablissement de la dignité présidentielle, mais bien dans sa peopolisation outrancière, avec un président qui attaque tout et n'importe quoi comme n'importe quelle starlette et qui, d'ailleurs, se fait logiquement débouter par la justice, comme n'importe quelle starlette.
Ce caractère chicaneur révèle une petite mentalité qui n'est pas en rapport avec la hauteur de vue que l'on prête à un homme d'Etat. Et, Philippe, puisque vous envisagez des changements imminents et des influences nouvelles, je ne trouve pas que c'est servir la fonction que de conseiller à son détenteur d'aller se bagarrer dans la bouillasse à toute occasion. De minimis non curat praetor.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 30 octobre 2008 at 12:34
Le candidat Sarkozy soutint les journalistes poursuivis pour cause des caricatures de Mahomet. Je pense qu'il n'avait pas tort, même si je déteste que des gens, sous le prétexte fallacieux d'exercer l'art, se moquent de la religion de millions de personnes.
Dès lors, je comprends mal que le même Sarkozy, certes devenu entre-temps président, cherche à étouffer une personne qui a simplement exercé un art en créant la poupée vaudoue : qu'on ne me parle pas d'entreprise mercantile à la base du livre-objet qu'on sait, car la chose à retenir fondamentalement, c'est la création que constitue la poupée vaudoue !
Le président Sarkozy a donc tort d'assigner relativement à la poupée vaudoue.
Pour autant, il ne faut pas priver le président de justice. Un chef d'Etat reste un citoyen et à ce titre il doit pouvoir défendre ses droits liés à sa personnalité. Simplement il a le devoir de prouver qu'une atteinte à ces droits a été commise par l'artiste ayant osé le représenter.
La démocratie et la liberté égalent des travers. Elles amènent les gens à se "lâcher" au motif que l'étouffement constitue une abomination.
Il faut essayer de soulager la Justice des hommes en lui soumettant de vraies causes. On pourrait éviter quantité de procès en matière de droits des personnes en recourant à des lois plus précises. Dans cette perspective, on pourrait ainsi clairement afficher dans la loi que l'art consistant à représenter les signes ou personnages religieux ou les dépositaires du pouvoir suprême dans l'ordre civil est interdit. Mais chacun voit l'absurdité d'une telle perspective, la démocratie et la liberté obligeant, selon les critères humains, à un autre type d'attitude.
La démocratie et la liberté ne peuvent jouer sagement et pleinement que dans un contexte de personnes convaincues de la force de la notion de responsabilité morale, si chère au vénéré Jean-Paul II. Mais elles sont incapables de générer de telles personnes, parce qu'elles ne sont pensées que comme de simples procédures.
Rédigé par: LABOCA | 30 octobre 2008 at 13:57
@Aïssa,
Le "Plus sérieusement" ne s'impose pas, et je ne voudrais pas croire que vous ayez posté votre texte sur la fin de vie ici par dérision, car d'une certaine manière ce n'est pas la meilleure manière d'être pertinent sur ce thème.
Libre à vous d'opposer les sujets, mais chacun, à mes yeux, mérite une égale attention.
J'ai lu déjà dans une de vos récentes interventions à quel point ce sujet des conditions de fin de vie vous révoltait. Nul ne saurait vous le reprocher.
Pourtant, dans le cas de l'émission "Les infiltrés", j'observe que le principe et la méthode employée - comme la conclusion - est sujette à caution.
J'ose croire que l'établissement en question, les personnels qui y sont employés, les cadres hospitaliers, ne sont représentatifs.
S'agissant du cas que vous rapportez, s'il est à ce point inhumain qu'il a imposé des souffrances physiques et morales pendant tant de temps, je m'étonne - sans mettre en doute votre témoignage - que nul n'ait saisi les personnes compétentes et pourquoi pas - ce qui justifierait cette saillie ici - le procureur de la République car, à partir du moment où des souffrances illégitimes sont imposées à une personne quand la loi prévoit un dispositif depuis 2006, il peut déclencher une action publique.
Dans ce cas, ce n'est pas à l'ombre des consciences que les questions, les remords, les impuissances, doivent être traités.
Quant à la loi Léonetti, si après les raouts d'un certains nombre d'affaires médiatiques depuis Marie Imbert, il se trouve encore dans la communauté soignante des gens pour en ignorer les dispositions, c'est dramatique.
Ceci dit, Aïssa, le plus sérieusement ne s'imposait pas sauf à supposer qu'une personne sensible à la question posée par l'affaire de la poupée vaudoue soit nécessairement insensible à celle qui vous émeut.
Et nous savons tous ici que vous n'avez pas de tels préjugés.
Rédigé par: Daniel Ciccia | 30 octobre 2008 at 16:31
J'ai entendu sur une radio, ce matin, que Ségolène Royal avait averti qu'elle porterait plainte (et j'ai cru comprendre que c'était écrit, les écrits restent a dit l'avocat) si cette poupée...... et apprenant que Sarkozy allait porter plainte, elle avait décidé de prendre le contrepied de ce Sarkozy qu'elle déteste mais par lequel elle peut exister encore.
Est-ce une rumeur médiatique ou bien en êtes-vous informé vous-même ?
Deuxièmement, peut-on penser que la voie est autorisée par la justice maintenant pour la vente commerciale d'objets politiques avec cadeau-supplément, des poupées gonflables Unetelle, des sextoys X, des balais Y ou du papier WC Z ?
On peut craindre le pire.
Ces juges n'ont-ils pas fait une bien mauvaise action ?
J'espère que Sarkozy gagnera en appel.
On apprend par ailleurs que 150 employés de la Société Générale ont consulté le compte bancaire de Sarkozy par curiosité.
Décidément, certaines personnes sont prêtes à aller loin contre ce Président, se croient tout permis.
Rédigé par: bernard | 30 octobre 2008 at 16:34
@Daniel Ciccia
Bien sûr que le "Plus sérieusement" s'impose, et plus sérieusement que jamais ... Vous êtes hilarant, PB le premier, de monter en épingles rhétoriques des poupées de chiffon ... Si les problèmes des Français et du monde se réduisaient à ça, qu'est-ce que ça serait bien! Ce serait le ministère des Finances lui-même qui les produirait et les mettrait en vente, ces jouets aux augustes effigies, et on créerait aussi, pour la circonstance, le grand ministère de la déconnade tous azimuts dont notre cher PB, j'en suis sûr, accepterait, à défaut de celui de la Justice prochainement vacant, d'en être le grave ministre d'Etat au ricanement sourd et discret; vous certainement son plus proche collaborateur et puis moi aussi, tiens, un conseiller discret, façon Douste, un petit bureau fumeur là-dedans, tout au fond, qui ne me déplairait pas ... On s'amuserait bien; après la poupée vaudoue, on créerait d'autres concepts politiques plus élaborés, plus loin, plus fous ... Notre nouveau ministre d'Etat croulerait sous les demandes d'embauche ... J'en vois d'ici qui peaufinent déjà leur CV.
Plus sérieusement donc, saisir une autorité judiciaire quelconque pour cet état de fait médical ... Non, non, vous n'êtes pas au courant, cela se voit, c'est plus compliqué que ce que vous pouvez croire, cela ne se passe pas exactement ainsi, et puis quand bien même cela se pourrait faire et être, les tribunaux crouleraient immédiatement et étoufferaient sous ces demandes d'euthanasie, disons le mot franchement. Or, il ne s'agit pas d'euthanasie dans mon propos, au sens où le commun l'entend (péjorativement, ceci-dit) mais de l'application simple de ce que permet dans ce cas de figure la loi Léonetti. Vous survolez les propos, vous ne les lisez pas, c'est manifeste à la lecture de vos réactions et celle-ci précisément. La loi Léonetti laisse toute latitude au médecin et au médecin seul. Ma diatribe s'adresse à eux essentiellement, sachant qu'il est aussi des législateurs qui sont médecins, Léonetti par exemple, Accoyer également ... Comprenez bien ceci que j'ai écrit car tout est là de ce que j'ai voulu exprimer en substance: "La Loi Léonetti n'oblige pas le prescripteur médecin. Est-ce à croire que ce que j'ai vu, nous avons vu, leur est permis?". Un procureur ou, plus globalement, le tribunal, serait dépassé s'il était impliqué. Et quelle décision rendrait-il? pourrait-il rendre? Celle-ci: "Ordonnons que monsieur ou madame le docteur untel accomplisse, aux termes de la loi Léonetti (ces termes qui, justement, ne précisent ni ne disent rien de cela, et que vous semblez l'ignorer) les gestes nécessaires avec les matériels et produits médicaux nécessaires afin de mettre un terme létal aux souffrance de monsieur, madame untel/unetelle ..."? Vous n'y êtes pas, complètement à côté, je suis désolé. Ailleurs et là où je voulais, on m'a compris, c'est le principal. Cessons.
Revenons à nos poupées, puisque cela vous tient et n'en voulez démordre, pardon, épingler ... Sarko, tout en un, le corps physique du prince et son "corps" éthéré qui est souveraineté populaire, avant on aurait dit représentation divine ... Piquons, épinglons, allons-y gaiement, tous, en choeur, en chanson, si cela redresse les comptes publics et humanise les prisons voire les dépeuple substantiellement ...
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 30 octobre 2008 at 18:50
@Aïssa : Témoignage très touchant, vraiment émouvant et qui donne à réfléchir. Il ne m'était pas du tout venu à l'idée qu'un médecin, volontairement ou pas, par idéologie ou négligence, omettrait de prescrire des soins palliatifs à quelqu'un qui, de manière évidente, souffre beaucoup, ne va pas s'en remettre et guérir. J'avais tendance même à croire, que s'il y avait les moyens matériels, ceux-ci étaient plutôt, comment dirai-je, automatiques, sans prescription spéciale autres que celle du médecin dans l'unité de soins où on reste. Il n'en est rien on dirait. Non, je n'y aurais pas pensé, mais je vais en parler à mon médecin, car cela fait peur d'apprendre que de telles choses puissent être possibles.
Je dirai même que votre témoignage me semble épouvantable.
Parallèlement, j'ai appris aujourd'hui que le 2 novembre, jour des défunts, l'association pour le droit à mourir dans la dignité a prévu une manifestation "Journée mondiale pour le droit à mourir dans la dignité". Est-ce "de bon goût" ? Pourquoi donc cette association ne parle-t-elle pas et ne manifeste-t-elle pas pour le droit de vivre, même et surtout ses derniers instants dans la dignité ?
Bref, quand on pense et on parle des choses sérieuses de la vie, est-ce que l'on se préoccupe de poupée vaudoue ou pas ?
Ne se sent-on pas ridicule de concentrer son esprit sur ces bêtises ? Si cela avait été moi, bien sûr que j'aurais aussi été vexée, j'aurais perçu la volonté de ridiculiser et une certaine malveillance aussi. Mais aussi, même si NS a bien droit à la justice et au respect à sa fonction (était-ce sa fonction qui était visée ? Il me semble que c'est plus sa personne) en tant que chef d'Etat, justement, n'aurait-il pas pu montrer un comportement au-dessus de ceci, pour, justement préserver sa dignité ?
En plus, il donne l'impression de concentrer encore plus son attention sur sa personne et passe pour encore plus narcissique que jamais, au lieu de s'occuper des problèmes de ce pays qui devraient passer avant son confort et sa susceptibilité.
Rédigé par: Nathalie | 30 octobre 2008 at 21:04
Bonjour,
Tout comme Jean Meyran "je vous remercie de partager vos lumières" comme toujours d'ailleurs.
Je remercie également Daniel Ciccia pour son précieux commentaire qui a si bien traduit ma pensée, si dure à exprimer malgré toutes les libertés. Il faut savoir mais moi... alors je fais un petit copier coller du commentaire de Daniel Ciccia afin de le mettre en exergue :
"Même si, par nature, le président constitue la figure qui concentre la haine, les ressentiments, les passions, etc, il est le premier personnage de l'Etat et, à ce titre, il doit bénéficier d'un respect minimal.
Or, il y a une certaine jubilation à voir le nom comme l'image du président tournée en dérision.
On est au-delà de la caricature et de l'expression démocratiques mais dans une culture où l'ensemble des repères, des bienséances, des institutions sont déconsidérées dans l'esprit public.
Dans une démocratie saine, les frontières de ce qui est acceptable ou pas, de ce qui est décent, se forment naturellement.
Il semble que cela ne soit plus tout à fait le cas. Alors gloire à notre époque médiatique, si elle est à ce point apte à souffler sur les choses un air aussi vivifiant.
A de multiples moments, on choisit les valeurs, les "postures" que l'on encourage. C'est ce que ce jugement en référé a accompli, mais un référé, si j'ai bon souvenir, n'a pas vocation ou prétention à trancher au fond..."
Voilà, j'ajoute ceci :
Le président de la République est le représentant de la fonction paternelle sur le plan symbolique.
Ce n'est pas comparable avec l'histoire des infirmières bulgares qui est une affaire politique.
Il y a là plus qu'une atteinte à la dignité, il y a une incitation à la haine.
Je m'associe donc à la plainte de Président, je justifie mon intérêt à agir et j'invite le ministre de l'Education nationale à en faire autant au nom de la protection de l'enfance dont il a la charge.
Comme dit Laurent Dingli "ne laissons pas la bêtise prendre le 5ème pouvoir."
Vous aviez d'ailleurs évoqué ce problème lors de votre billet sur ce fameux jeu vidéo.
J'approuve ce procès et encourage une action au fond. Je suis en train de lire un livre remarquable: "L'histoire d'un Allemand" par Sebastien Haffner, recommandé par Finkielkraut lors de son émission "Répliques".
Au sujet du nombre de procès du Président, je dirai que si l'on m'attaque 20 fois je porterai plainte 20 fois et même 100 fois. Sinon c'est trop facile, en persécutant quelqu'un un grand nombre de fois, on lui retirerait facilement son droit de justice.
Un Président de la République a droit à la même différence qu'un Président de conseil syndical au moins !
Duval Uzan
Rédigé par: Duval Uzan | 30 octobre 2008 at 21:22
Je rêve. Il s'agit tout simplement de dire s'il est normal de commercialiser des effigies destinées à des rites magiques et démoniaques : je pique la poupée avec des épingles et celui qu'elle représente mourra. Quel que soit le personnage représenté, cela n'a rien d'humoristique. C'est au contraire très grave car ce n'est ni plus ni moins qu'un appel au meurtre, même s'il ne doit rester que symbolique.
Rédigé par: Grain de poivre | 30 octobre 2008 at 21:56
Il y a des constructeurs, des destructeurs,
des personnes qui se mettraient des plumes
dans le cul pour faire parler d'elles, des personnes qui ont des dents à rayer le plancher et pire encore des personnes méchantes.
Sans culture morale, il n'existe aucune chance pour les hommes.
Est-ce que des incitations à la haine peuvent ou doivent être tolérées ?
Certains applaudissements qui résonnent
dans certaines chambres fragilisent la démocratie et sont inadmissibles.
Toute incitation à la haine doit être
condamnée.
françoise karell semtob
Rédigé par: semtob | 31 octobre 2008 at 00:09