On entend dire et on peut lire que le président de la République dégainerait trop facilement l'arme judiciaire et qu'il y aurait comme une contradiction entre son statut et ses démarches contentieuses. D'aucuns ne sont pas loin de penser que ce président-ci devrait être privé de justice.
Je ne vois pas au nom de quoi mais j'admets que l'interrogation puisse être formulée si le débat est abordé avec bonne foi. Ou sans une ironie qui offre le mérite d'un petit succès immédiat mais qui n'éclaire et ne résout rien. Ségolène Royal, qui est tombée depuis quelque temps dans le sarcasme ad hominem - ce n'est pas son meilleur genre - , s'est vantée, au sujet de la "poupée vaudou", d'avoir eu plus d'humour que Nicolas Sarkozy puisqu'elle n'avait pas demandé d'interdire sa vente.
Le problème est beaucoup plus sérieux que sa légèreté semble le prétendre. Il est évident, déjà, qu'on ne saurait comparer la responsabilité d'un président soucieux de défendre l'honneur de sa charge avec la liberté d'une opposante politique qui peut, sans risque, s'abandonner à une totale tolérance. Le premier est confronté à une alternative que la seconde a le droit d'ignorer. On comprend bien que, pour un président de la République en exercice, le choix ne soit pas si aisé à faire entre l'exigence d'une majesté et d'une indifférence républicaines qui le conduirait à ne jamais avoir recours à la justice ou l'acceptation d'une judiciarisation qui le mettrait au niveau de ses concitoyens.
Il va de soi que pour tout ce qui se rapporte à la respiration d'une vie démocratique, à la nécessité d'un débat public contradictoire et approfondi, à la sauvegarde d'un pluralisme médiatique, de nos jours plus encore qu'hier, toute entrave, de nature contentieuse, de la part d'un président serait politiquement suicidaire, certainement contre-productive. Comment imaginer qu'aujourd'hui Nicolas Sarkozy pourrait être tenté de porter atteinte à l'esprit et à la dérision diffusés par les Guignols de l'Info ou à d'autres émissions satiriques du même genre ? Il y a là un droit de critique, une tradition de la gouaille et de l'ironie cultivée à la radio, à la télévision ou dans les chroniques étincelantes de Michèle Stouvenot dans le Journal du Dimanche, qu'aucun pouvoir n'aurait la maladresse de brimer, sauf à se perdre dans le ridicule.
Mais le questionnement difficile à résoudre n'est jamais fiché au coeur de la liberté d'expression, il se trouve sur ses marges et n'a jamais la pureté qu'imposerait l'évident refus d'une censure politique. En dehors même du SMS mensongèrement intime, deux affaires, surtout, ont fait réfléchir sur l'attitude du président face à la justice. Ryanair et, récemment, le livre-objet présenté dans un coffret contenant notamment une poupée de tissu et douze aiguilles, résumé sous l'appellation "poupée vaudoue". Cette étrange chose - et dont la vente se multiplie depuis l'annonce de l'assignation présidentielle en référé - a été inspirée par un dessein commercial et revêtue d'une apparence politique. Il est incontestable que l'image de Nicolas Sarkozy a été utilisée et exploitée dans des conditions qui même pour un président tolérant pouvaient susciter une réaction.
De mon point de vue, ce livre-objet équivoque, offrant habilement une double facette contradictoire (mercantile et civique), aurait mérité une analyse globale sur la notion d'outrage ou d'offense au président de la République. Il ne serait en effet pas absurde de soutenir conceptuellement que cette "instrumentalisation" de l'image présidentielle dans un but de lucre était à l'évidence de nature à dégrader la fonction présidentielle et son apparence publique. Juridiquement, cependant, ni l'outrage réprimé par le code pénal (une offense non publique) ni l'offense elle-même prévue par la loi spéciale sur la presse ne pouvaient être retenus. D'où le choix de Me Herzog, conseil du président, de viser la violation du droit à l'image.
Au moment où je commençais la rédaction de ce billet, j'apprenais que le chef de l'Etat avait été débouté de son action en référé et qu'il allait relever appel de cette décision. Selon ce que j'ai pu lire et entendre (sites du Nouvel Obs et de 20 minutes, TF1), la juridiction saisie de l'instance aurait souligné l'absence "d'atteinte à la dignité humaine et d'attaque personnelle" et le fait que la vente de cette "poupée vaudoue n'aurait pas caractérisé une atteinte au droit à l'image". D'après elle, cette affaire demeurait inscrite "dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour". On verra ce qu'il adviendra judiciairement de la suite qui, peut-être, mettra plus en évidence le commerce profitant de la personne du président et de son image.
Ségolène Royal, tout de même, ne peut pas faire semblant de craindre que ce recours entraîne, demain, des plaintes contre le Canard enchaîné, Marianne ou les Guignols de l'Info. Il n'est pas fondé, en effet, sur une contestation de la parole médiatique. L'issue négative d'aujourd'hui - une première pour un président -, après les succès anciens de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d'Estaing, répond opportunément à une critique qu'on n'aurait pas manqué de formuler. On aurait dénoncé cet usage de la voie judiciaire puisque, pour un président, elle aurait été de toutes manières sans risque. Un démenti éclatant vient d'être apporté. Il met en lumière l'indépendance de la justice, une victoire de la démocratie et que le président a d'autant plus le droit de n'être pas privé de l'arme judiciaire que celle-ci ne lui garantit rien et le met, à tous les niveaux, au même plan que ceux qui l'ont élu ou rejeté.
Enfin, on a trop mis en cause le comportement personnel du président dans les premiers temps de son mandat pour lui reprocher, alors qu'il a de son propre gré changé, d'imposer le respect de sa fonction, grâce à la justice, à ceux qui continueraient de la traiter sur un registre qui date sensiblement. Il me semble qu'on ne peut, à la fois, sauf à être incohérent, désirer la dignité présidentielle et contester à celle-ci les moyens de sa sauvegarde si la société est en retard d'une image par rapport à celui qui la représente.
Daniel Ciccia nous dit : "On ne peut pas tout à fait altérer son image, la dégrader, car, Aïssa, que vous le vouliez ou non, que je le veuille ou non, que M. Bilger, JDR, Nathalie, Véronique A, Catherine Jacob, le veuillent ou non, cette image est fondatrice."
Mais il ne nous dit pas ce que cette image fonde, hélas, j'aurais été curieuse de l'apprendre. Car je peux affirmer qu'à ma connaissance NS n'a rien fondé chez moi.
D'autre part, Daniel confond sans doute : ce n'était pas le chef de l'Etat qui était visé, preuve en est ce que dit son avocat, Me Herzog, qui prétend même le défendre à l'oeil, il dit que NS intente une action à titre personnel... Mon oeil, mais bon.
Et puis si NS ne s'était pas mis à crier à l'atteinte à son image en public, personne n'aurait rien su de cette pitoyable et ridicule histoire. A présent, quel coup de pub ! Ce procès est une très bonne affaire commerciale pour le commerçant. Si on l'oblige à publier le jugement en public encore plus, comme pour les magasines pipoles. Il a trouvé une mine d'or.
Rédigé par : Nathalie | 11 novembre 2008 à 13:11
En cette journée exceptionnelle, je ne peux m'empêcher d'entendre les paroles si émouvantes de la chanson "Strange fruit", interprétée par Billie Holliday : ces fruits étranges qui sont les corps des hommes noirs pendus aux arbres :
Southern trees bear a strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black body swinging in the Southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees
Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Étrange fruit suspendu aux peupliers.
Visionner sur you tube le petit extrait si poignant : http://www.youtube.com/watch?v=h4ZyuULy9zs
PS : J'espère que vous m'excuserez, cher Philippe, vu les circonstances un peu particulières, une telle digression par rapport au sujet de votre article.
Rédigé par : Laurent Dingli | 04 novembre 2008 à 15:30
@ fedydurke
Je ne crois pas que l'élection d'Obama soit "la véritable insulte pour Sarkozy" comme vous dites, ni que cet homme soit "le contraire de ce qu'est notre président". "Quand nous serons capables d'élire un Obama au pouvoir, déclamez-vous encore, nous serons adultes", etc.
Vous mélangez tout et effectuez des comparaisons assez dérisoires. Nicolas Sarkozy est sans doute autant à gauche que Barack Obama sur bien des points, replongez-vous dans la réalité des Etats-Unis d'Amérique et concevez que la situation y est difficilement comparable à celle de la France, notamment en ce qui concerne la fiscalité et l'intervention de l'Etat dans l'économie. Certes, le programme d'Obama, en matière de fiscalité ou d'immigration, s'inscrit clairement à gauche (1), mais là-bas, comme vous le savez il n'y a pas de RSA ni de RMI. Quant à l'immigration, les Etats-Unis, qui sont depuis l'origine une terre de migrants, demeurent le premier pays d'accueil au monde (un million d'immigrés par an), et connaissent en même temps des problèmes liés au communautarisme (communautarisme dont la gauche française est la première à se gausser).
Vous savez sans doute aussi que le sénateur de l'Illinois s'est prononcé contre le marché "Airbus", alors que John McCain y était tout d'abord favorable, avant de changer d'avis. Si Airbus doit donc licencier ou mettre ses ouvriers au chômage technique, vous irez leur expliquer qu'Obama est le contraire de Sarkozy, que son élection est une insulte pour le président français (qui a contribué à sauver Alstom), et toutes vos remarquables réflexions.
Pour ma part, je souhaite de tout coeur que Barack Hussein Obama devienne, d'ici demain matin, le quarante-quatrième président des Etats-Unis. Mais je ne veux pas pour autant me bercer d'illusions et idéaliser le sénateur de l'Illinois.
Comme McCain s'il était élu, Obama sera confronté à une situation très difficile : crise économique et financière mondiale, guerre en Irak et en Afghanistan, réchauffement climatique, etc.
Un mot sur la guerre en Irak, à ce propos. Je me suis toujours prononcé contre. Mais je me suis peut-être trompé. Des gens assez courageux comme Pierre Lellouche ou Bernard Kouchner n'avaient-ils pas raison contre la majorité dont je faisais partie ? A vrai dire, je n'en sais rien : cette guerre, fondée sur un mensonge d'Etat, a été en outre mal organisée, mais il est encore trop tôt pour dresser un bilan. Si la situation se stabilise en Irak d'ici trois ou quatre ans et qu'un régime démocratique s'y enracine, on félicitera G. W. Bush malgré son imprévoyance et ses grossières manipulations ; dans le cas contraire, et si l'Irak devient un bastion du chiisme fondamentaliste, téléguidé par l'Iran, on continuera de le traiter de criminel. Que fera Obama en Irak ? Pourra-t-il évacuer l'essentiel des troupes dans seize mois comme il l'a promis ? D'une manière plus générale, bien des questions se posent auxquelles il n'existe pas de réponses simples : faut-il par exemple imposer la liberté à un peuple tyrannisé que ce soit au nom du pétrole, des intérêts stratégiques ou du droit d'ingérence humanitaire ? Les Etats-Unis se sont illustrés dans cette voie à des époques et dans des contextes très différents : avec l'Allemagne et le Japon en 1945, plus récemment, avec la Serbie. Le résultat a été mitigé en Corée (ils ont tout de même sauvé - n'ayons pas peur des mots - la moitié du pays de la barbarie communiste). Ils ont failli gravement au Vietnam, différemment en Somalie, de manière honteuse en Amérique centrale et du Sud où ils ont appuyé, soutenu, créé des régimes militaires d'extrême droite, couvrant et soutenant les assassinats de masse et la torture (Salvador, Chili, Argentine, etc.). Il faut donc prendre du recul et se garder de toute considération manichéenne. George W. Bush a été une calamité pour l'Amérique et le monde - je l'ai écrit depuis huit ans - mais il n'est pas le diable et Obama le bon dieu. Je veux dire par là qu'en idéalisant ou en dénigrant à l'extrême, on se condamne aux désillusions les plus cruelles.
En matière de redistribution des richesses et d'environnement, je n'hésite pas une seconde entre MacCain et Obama, même si le premier s'est souvent placé à l'avant-garde du parti républicain sur des questions brûlantes. Obama s'était prononcé contre les forages off-shore, mais il est partiellement revenu sur sa position. En revanche, il s'est opposé à la violation des zones préservées d'Alaska, contrairement à son concurrent républicain. En matière d'environnement et de protection animale, MacCain a reçu la note de 40 sur cent, de la part de la plus ancienne association US, et Obama, la note de 60 (mais 100 pour H. Clinton). Obama est favorable à l'exploitation des agrocarburants (dont son Etat, l'Illinois est très producteur), mais il a précisé qu'il fallait utiliser les agrocarburants de seconde génération, plus respectueux de l'environnement et qui n'entrent pas en concurrence avec l'alimentation humaine. Enfin, même si le programme de McCain en matière de lutte contre les gaz à effet de serre est loin d'être nul, celui d'Obama paraît bien plus ambitieux et volontaire. Là où, en effet, le sénateur démocrate s'oppose radicalement à Nicolas Sarkozy, s'est qu'il ne partage nullement son engouement pour le nucléaire (contrairement à McCain) et préfère diversifier les sources d'énergie, ce qui me paraît beaucoup plus raisonnable.
Un dernier mot sur Obama : je n'espère pas son élection parce qu'il est noir, ce serait faire du racisme à rebours (Condoleeza Rice aussi est noire), mais parce que c'est un homme dont j'apprécie les convictions et la personnalité ; pour autant son identité n'est évidemment pas anodine. Et il y a une grande émotion à imaginer que ce pays où l'on lynchait encore des noirs, il y a quarante ans, sera peut-être présidé dans quelques heures par un "couloured man". Il y a beaucoup d'émotion à imaginer que cette terre où ont souffert tant d'esclaves sera présidée par un homme d'origine africaine.
D'autres, en France, ont joué sur leur identité féminine pour expliquer en partie leur échec de mai 2007. Obama, lui, a déjà annoncé que s'il échoue, il ne mettra jamais en cause la couleur de sa peau. Une belle leçon de responsabilité venue d'outre-Atlantique.
(1) A noter aussi, qu'en ce qui concerne la crise des subprimes, McCain veut utiliser 300 milliards de dollars du plan de sauvetage des institutions financières pour racheter des crédits hypothécaires fragiles et les remplacer par des crédits à taux fixe.
Rédigé par : Laurent Dingli | 04 novembre 2008 à 12:44
Merci sbriglia pour cette très belle phrase soulignée de Nietszche. Je songe en cet instant qu'il est un procès d'assises actuellement à Douai qui, au-delà de l'horreur qu'il a à juger, est intéressant en ce sens qu'il s'y trouve, également accusés de complicité et non dénonciation de crime, deux médecins. C'est de cet enfant dont il s'agit, que son beau-père et sa mère ont durant des années torturé jusqu'à la mort ("à la fin, il pleurait sans larmes", voilà ce qu'a dit en témoignage au procès son jeune frère à peine plus âgé que lui). Croira-t-on que ces deux médecins à qui la mère amenait l'enfant en consultation lorsque les coups étaient par trop violents et laissaient sur son corps des traces sordides, pour avoir aussi des certificats médicaux qui la justifiait auprès de l'école, croira-t-on qu'ils sont des praticiens pervers de n'avoir rien dit ni dénoncé de ce qu'ils constataient objectivement sur le corps de cet enfant à chacun de leurs examens? Croira-t-on pareillement qu'ils sont tant incompétents de médecine qu'ils ont été incapables de faire la différence entre des plaies et traces causées par des "jeux" entre enfants ou des automutilations, comme le leur affirmait sa mère, et des tortures infligées volontairement par des tiers? Non, bien sûr. La réalité est beaucoup plus simple et, d'une certaine manière, rejoint à ce que j'écrivais plus haut quant à certaines psychologies médicales, des us et coutumes de ce monde, de son hermétisme anachronique, de sa toute puissance insupportable et de ses façons singulières, etc., qui rendent compte de bien des choses et des comportements qui, sans cela, demeuraient longtemps confus voire incompréhensibles quand ce ne serait inadmissible comme c'est le cas pour cet enfant. Cette réalité porte un nom et repose sur un socle légal, elle s'appelle: Le secret médical. Et celui-ci s'est, au fil des siècles et des mauvaises habitudes, tant ancré dans l'esprit de ce monde et de ceux qui y accèdent pour le pratiquer, qu'il n'est pas une seule fois venu à la conscience de ces deux médecins qu'ils pouvaient -qu'ils devaient- aller contre et dénoncer ce crime abominable qu'ils avaient régulièrement sous les yeux en consultation. Ainsi, avec la foi la plus sincère et meilleure qui soit et la conviction profonde qu'ils ne faisaient pas mal, qu'ils ne faisaient pas le mal, ils aidaient à assassiner cet enfant. A aucun moment, ils n'ont soulagé sa douleur. Et cela est la constante et résultante terribles toutes deux d'une singulière culture médicale...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 02 novembre 2008 à 21:28
...En ce jour des morts il se disait qu'il aurait souhaité la présence fraternelle d'Aïssa auprès du lit d'agonie de ses parents...
Humain, trop humain Aïssa !
Rédigé par : sbriglia | 02 novembre 2008 à 12:04
@Daniel Ciccia
Deux billets appellent deux billets ... Pour que vous compreniez bien, quand bien même vous vous n'aboyez pas mais couinez (expression pour expression, d'accord), sachez que c'est à peine maintenant que l'on commence, dans les facultés de médecine, à enseigner les prises en charge efficientes de la douleur physique et que la grande majorité des médecins, qu'ils soient hospitaliers ou généralistes, ont à peine quelques notions de celles-ci et que ceci explique pour une grande part cela ... Qu'il existe une grande réticence de leur part voire une réelle peur à prescrire ces antalgiques majeurs dont le moindre n'est pas la morphine en injectable et que l'on se trouve là davantage dans les domaines de la psychologie, les habitudes médicales et d'enseignement médical voire même les croyances que dans tout autre chose ... Certaines écoles de médecine ne pensent même et jurent aujourd'hui encore, malgré les évidences, que par le tout curable et à cela ils joignent la douleur comme une manifestation utile aidant au diagnostic et à la thérapeutique, etc. Je pourrais poursuivre longtemps comme cela. Comprenez alors que c'est beaucoup plus complexe que ce que vous n'avez que trop tendance d'énoncer facilement. Voilà. Close.
Re bon soir.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 01 novembre 2008 à 22:22
@Daniel Ciccia
On va arrêter là, je pense, car cela me fatigue plus qu'autre chose. Sachez que je ne vous prends pas de haut ni encore ne cherche à vous convaincre, pas plus qu'un(e) autre. Vos références à la loi, aux directives, décrets et autres ordonnances, me font sourire, vous permettez ... Changeons de registre un moment, si vous le voulez bien. Prenons les prisons et le judiciaire ... Que dit la loi? Toute incarcération est individuelle et unicellulaire? Qu'en est-il dans les faits et qui y remédie? qu'est-ce qui y remédie? Quel procureur, quelle justice, interviennent à cet endroit pour faire cesser cette constante violation caractérisée de la loi, pour faire respecter la loi? Nulle ni aucun. En ce sens, tout le système carcéral français ou peu s'en faut est hors la loi, le nierez-vous? Que dit-elle encore? Tout homme est présumé innocent tant qu'il n'a pas été reconnu coupable, etc. Combien, dans ce cas, d'innocents légaux, qui sont en prison et durant des années plus que souvent, en détention dite provisoire? Vous concevez des présumés innocents de par la loi, en prison, vous? Moi non. Pareillement, qui intervient à cet endroit? Quel procureur ou tribunal qui ferait ici respecter la loi, cesser cette hérésie judiciaire? Je pourrais continuer longtemps ainsi; de ces exemples en ce domaine juridique comme en tant d'autres, il y en a la pelle et au râteau ... Ne vous servez pas, je vous prie, d'une quelconque et pour tout dire pauvre argumentation de Droit pour vous convaincre ou convaincre je ne sais qui qui vous lit. Voyez-vous, je n'ai rien à gagner ni rien à perdre de dire ou taire les choses qui me font vomir, je vous les pose telles qu'elles sont, sans fioriture, que vous le vouliez ou non, c'est ainsi: La législation, c'est de la merde dès lors que ceux qui l'ont décidée ne la respectent pas ni ne l'appliquent ni ne la font respecter ni appliquer. Partant, ni moi ni personne ne vous interdit de rêver, si vous y trouvez du bonheur, ce que je vous souhaite.
Bon soir.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 01 novembre 2008 à 20:13
@Aïssa,
Au-delà même et pour prendre un peu de hauteur je ne voudrais pas que nous devenions une nation - et même un continent - chétifs, poursuivis par la peur de mourir, la peur des rides, la peur de ne pas ressembler à l'autre, où des jeunes filles rêvent à des opérations de chirurgie esthétique pour avoir les lèvres de telle ou les seins de telle autre...
Or, derrière la question du droit à mourir dans la dignité, je vois personnellement se profiler une aspiration gigantesque à l'égoïsme.
On peut l'appréhender à plusieurs niveaux, me semble-t-il. Un niveau symbolique, celui, consistant à nier à Dieu, au destin, à l'ordre des choses, le pouvoir de décider de l'instant où chacun rend l'âme.
L'euthanasie active, il me semble, est dans cette contestation. Ma vie m'appartient jusque là... Elle l'a appartenu tout le temps et je revendique, pour moi et les autres, qui souffrent, au nom de leur souffrance qui n'est pas admissible et tolérable dans la société telle qu'elle doit être, que je choisis le moment de mon départ.
Je considère que c'est une revendication de société fatiguée, repliée sur elle-même, peut-être blasée.
Attention, ne me faites pas dire ou même penser que je mépriserais la souffrance d'autrui. Tout doit être entrepris pour la soulager, la gommer, aider à la surmonter.
Mais il faut être tourné vers la vie. D'ailleurs je vais faire un footing, et pendant ce temps, à l'échelle du monde, des milliers de personnes vont naître tandis que d'autres vont mourir.
Et voyez-vous, Aïssa, au moment où j'écris cela, je ne peux pas m'empêcher de me dire: et toi, comment seras-tu ou serais-tu face à la souffrance?
C'est là que l'on compte sur les autres, la compassion, et le fait que des inconnus, tenus par le serment d'Hippocrate, la conscience ou la loi, veille à préserver votre dignité.
Rédigé par : Daniel Ciccia | 01 novembre 2008 à 14:57
@Aïssa (débat sur la fin de vie)
J'ignore pourquoi vous vous croyez autorisé à me toiser de haut, Aïssa, au prétexte que je serais l'ingénu dans votre milieu. Le condescendance ne permet guère d'avancer dans un débat. Puisque vous l'ouvrez, souffrez que des personnes qui partagent votre compassion universelle, ne partagent pas votre manière de l'exprimer et les conclusions qui sont les vôtres.
Je maintiens que la loi doit permettre d'éclairer d'ores et déjà la situation et aurait pu être invoquée.
Je prends le décret n° 2006-120 du 6 février 2006 relatif à la procédure collégiale prévue par la loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie et modifiant le code de la santé publique (dispositions réglementaires).
Il est clair:
« Art. R. 4127-37. - I. - En toutes circonstances, le médecin doit s'efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l'assister moralement. Il doit s'abstenir de toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique et peut renoncer à entreprendre ou poursuivre des traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou qui n'ont d'autre objet ou effet que le maintien artificiel de la vie.
« II. - Dans les cas prévus aux articles L. 1111-4 et L. 1111-13, lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin ne peut décider de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés sans avoir préalablement mis en oeuvre une procédure collégiale dans les conditions suivantes :
« La décision est prise par le médecin en charge du patient, après concertation avec l'équipe de soins si elle existe et sur l'avis motivé d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L'avis motivé d'un deuxième consultant est demandé par ces médecins si l'un d'eux l'estime utile.
Ce sont des décrets promulgués par le Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin, et ils ont valeur règlementaire, ceci pour dire que toutes les lois ne sont pas des effets de législation et sont immédiatement applicables.
Alors, j'insiste car si la description que vous avez fait des souffrances endurées par cette mourante reflète ma réalité, votre établissement, à plusieurs niveaux, a manqué à ses devoirs. Je suppose qu'il compte une chaîne de responsabilité, une direction, des chefs de service dans le secteur infirmier, des praticiens, etc, et que dans ce contexte, s'il y a eu volonté de laisser souffrir cette dame cela constitue une faute manifeste et qu'elle peut être dénoncée à cet titre et faire l'objet de sanctions disciplinaires et judiciaires.
Je suis sans doute ingénu, mais dès l'instant où il y a une loi qui prescrit une attitude face à une situation, celui ou ceux qui ne s'y soumettent pas sont passibles d'être poursuivis. Cela ne les prive pas de se défendre, d'apporter leur justification, leur point de vue, mais si le jeu consiste simplement à dire "J'ai assisté à quelque chose d'affreux, mes amis, que vous ne supporteriez pas. Regardez comme nous avons à faire à une loi mal faite, comment je vous souhaite madame de tomber sur un bon docteur parce sinon vous allez souffrir mille enfers, alors, Aïssa, cette rhétorique est vaine.
Je vais parler comme vous. Si la loi existe, même dans une dimension règlementaire, elle n'est pas faite pour les chiens.
Alors voyez-vous j'essaie de ne pas aboyer.
Rédigé par : Daniel Ciccia | 01 novembre 2008 à 14:42
Le Président, oui
par ce procès, oui
ridicule, non
a ouvert la voie, non pas lui le juge la justice
à une débauche de caricatures ou d'objets le représentant, oui mais pas seulement lui
dans des situations qui seront de moins en moins à son avantage oui mais pas seulement lui
Fera-t-il vraiment des procès à tout le monde ? feront-ils vraiment...
Faudra-t-il réserver un petit Tribunal spécial rien que pour lui ? non aussi pour eux.
Même Chevalier criera pouce !
l'antisarkozysme aveugle.
Rédigé par : bernard | 01 novembre 2008 à 12:26
Le Président, par ce procès ridicule, a ouvert la voie à une débauche de caricatures ou d'objets le représentant, dans des situations qui seront de moins en moins à son avantage. Fera-t-il vraiment des procès à tout le monde ? Faudra-t-il réserver un petit Tribunal spécial rien que pour lui ?
Ce qui me préoccupe, personnellement, c'est que ce Président puisse se permettre d'insulter publiquement un citoyen sans être poursuivi, qu'il ordonne à des magistrats, depuis la Chine, de s'asseoir sur une jurisprudence relative aux rectifications d'erreurs matérielles, pour réincarcérer un présumé coupable, de trouver des centaines de milliards pour aider les banques, en prétendant que les caisses sont vides pour d'autres causes plus nobles...
Ce qui me dérange, c'est que ce Président fasse croire que la Loi Leonetti règle le problème des soins palliatifs, alors que le témoignage bouleversant d'Aïssa démontre qu'il n'en est rien...
Ce qui me navre, c'est le décalage des discours avec la réalité.
Dans cette affaire de poupée vaudoue, il se comporte comme un "people", pas comme un Président.
Rédigé par : chevalier | 01 novembre 2008 à 01:11
Bon, puisque certains, suivant notre cher PB, veulent jouer les malins et prendre fait et cause pour le sort judiciaire fait à cette poupée, je vais vous montrer, moi, ce qu'est une attitude présidentielle courageusement authentique et empreinte de toute la dignité inhérente à la fonction. C'est autre chose que vos petits motifs rhétoriques à faire rire de pitié. Voici, écoutez : Quand Bastien-Thiry, suite à l'attentat de Clamart, attendait dans la cellule des condamnés à mort que le président Charles de Gaulle le gracie ou le fasse exécuter, ce dernier eut ce mot pour expliquer pourquoi il décida l'exécution: "S'il n'avait visé que moi, je l'aurais gracié. Mais mon épouse se trouvait avec moi dans la voiture. Il ne pouvait certes le savoir; cependant, il eut, sur cette question, ces mots, lors de son procès: "Quand on est la femme d'un homme, c'est pour le meilleur et pour le pire ..." S'il avait seulement regretté la présence de ma femme dans notre voiture, je le graciais".
C'est quand même autre chose que ces (vos) élucubrations médiatico-procédurières vaudouesques ... Ca a de la gueule, ça! être mitraillé à bout portant et avoir cette réaction présidentielle ... C'est autre chose que se sentir menacé et atteint par un chiffon d'aiguilles fait poupée ... A vous les laudateurs d'une pitrerie supplémentaire qui s'empare de l'élu suprême!
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 31 octobre 2008 à 21:35
Le Vaudou est toujours debout;
On encense Sa puissance
D’un bout du monde à l’autre bout!
Pour fêter l’infâme idole,
Rois et peuples confondus,
Au bruit sombre des écus
Dansent une ronde folle
Autour de son piédestal!
Et Satan conduit le bal!
Le Vaudou est toujours debout; Dans sa gloire Dérisoire
Le monstre abject insulte aux cieux!
Il contemple, ô rage étrange!
A ses pieds le genre humain
Rédigé par : sbriglia chantant Faust | 31 octobre 2008 à 21:20
Je trouve que vous avez très bien recadré le débat...
Rédigé par : Frankey | 31 octobre 2008 à 19:01
@Grain de Poivre,
"Je rêve. Il s'agit tout simplement de dire s'il est normal de commercialiser des effigies destinées à des rites magiques et démoniaques : je pique la poupée avec des épingles et celui qu'elle représente mourra. Quel que soit le personnage représenté, cela n'a rien d'humoristique. C'est au contraire très grave car ce n'est ni plus ni moins qu'un appel au meurtre, même s'il ne doit rester que symbolique."
Non vous ne rêvez pas et agissez. Non seulement ce n'est pas normal mais cela devrait être interdit.
C'est au procureur de la République d'en interdire la diffusion et la vente. Je porterai plainte s'il ne le fait pas.
Mon préjudice ?? Je n'en dors pas la nuit et j'y pense continuellement le jour à cette folie qui s'est emparée des Français et qui en rappelle bien d'autres.
Martin
Rédigé par : bommart@netcourrier.com | 31 octobre 2008 à 18:41
@Catherine Jacob
"Je ne te demande pas ton pays, ta religion; tu souffres (-horrible migraine-), cela suffit, je te soulagerai"/L.Pasteur.
Heureux de vous trouver à nouveau parmi nous, chère, nous vous crûmes alitée et ruminant de noirs desseins ... Votre intervention ne m'interpelle pas car vous y nommez une hypothétique "loi Humbert" relative à ce que vous dites très pertinemment, quand moi j'évoque et invoque la loi Léonetti bien réelle, elle. C'est d'ailleurs, il me semble, le lieu des amalgames et de l'incompréhension. On confond l'une avec l'autre et inversement; ce qui relèverait de l'une et ce qui relève de l'autre et inversement ... La confusion a été -j'ose la penser involontaire- par le militantisme médiatique des associations prônant une euthanasie active. Faire mourir sans souffrance et laisser mourir sans souffrance sont deux choses différentes où mon propos trouve sa résonance uniquement dans la seconde proposition. Le docteur Léonetti a parfaitement compris cela et a su définir avec raison les limites de la loi portant son nom. Concluant, il s'agit, dans mon exemple et quasiment toutes les situations que j'ai à l'esprit, de la mort en institution de retraite, c'est-à-dire précisément en milieu para-hospitalier voire extra-hospitalier, où les intervenants médicaux sont uniquement les médecins généralistes traitants des résidents âgés et très âgés où les cas pathologiques, incurables et douloureux tels que celui que j'ai dit sont plus nombreux que ne peut le laisser à croire l'imagerie et l'imagination populaire.
Sur ce, bon rétablissement et, contrairement à l'énoncé de "mon" incipit que j'ai eu l'heur de signer de son illustre auteur, quelle que soit votre condition humaine vous ne m'appartenez pas, chère, ni plus qu'à un autre, j'ose le croire ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 31 octobre 2008 à 18:13
A l'heure où les milliards s'envolent tandis que pleuvent les bombes sur de pauvres congolais, cette histoire de poupée vaudoue est quand même d'un dérisoire achevée, mais bon, notre monde ne hiérarchise plus, il empile.
Je suis assez d'accord avec Aïssa : n'aimant pas Sarkozy, je n'irais jamais acheter une poupée vaudoue à son effigie. Ceux qui le font n'ont sans doute pas la même aversion que moi.
Imaginer une milli-seconde que les acheteurs ont l'espoir de causer ne serait-ce qu'une démangeaison au président en plantant une épingle de couture dans une peluche, on frise le burlesque. C'est du Buster Keaton, ça ne se plaide pas.
Tout cela est d'un grotesque achevé, depuis la mise en vente d'un produit d'assez médiocre qualité à ce que j'en ai vu à la télé jusqu'à la procédure engagée. Cet épiphénomène de la vie mondaine ne méritait ni cet excès d'honneur, ni cette indignité.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 31 octobre 2008 à 17:51
Piqûres vaudoues ; des rites passéistes de l’obscurantisme remis à la une de l’actualité.
Et il y a des personnes pour acheter cette débilité. Au jeu de cons, que des gagnants...
Piqûres, piqûres, nos jeunes psychotiques ne sont pas dans le même registre.
Intramusculaires à effet prolongé pour nos psychotiques, c’est le traitement dit «de stabilisation» pour tenter de les faire revenir dans la réalité.
Un rituel répétitif d’années en années. Y aura-t-il une fin.
Sortirons-nous nos jeunes de leurs cauchemars.
Chaque poupée achetée devrait être taxée pour financer la recherche sur la schizophrénie.
A quand à l’effigie du Pape, autres chefs religieux et gourous sectaires ?
Croire en l’irréalité est une fonction cérébrale; son excès est schizophrénique; sa souffrance est la maladie psychique.
http://monsite.orange.fr/champion20
Rédigé par : Champion Maurice | 31 octobre 2008 à 16:45
Une réaction allergique à une épice asiatique dont la date de consommation était probablement dépassée m'ayant occasionné une forte migraine, elle n'autorisera donc pas un très long commentaire.
Toutefois en marge de ce commentaire, qui donc sera très court, et de façon liminaire et puisque aussi bien Aissa évoque lui aussi le sujet en parallèle, je dirai par ex. que bien que ma migraine soit persistante depuis 24heures elle ne saurait en aucun cas être destinée à me faire comprendre ce que c'est que cette souffrance que "la loi Vincent Humbert" - qui selon les termes du présentateur de France2 'n'est pas encore appliquée' - vise à autoriser à soulager définitivement.
L'idée même d'une telle éventualité aboutirait en réalité tout à fait à l'inverse puisque je ne suis pas plus d'accord pour qu'on décide arbitrairement de guérir les gens de la vie, que pour qu'on les torture ou qu'on les empoisonne pour leur faire admettre qu'il y a des souffrances qui méritent qu'on les guérisse par la mort sans que cet en quelque sorte remède à la vie se voie qualifié de crime, parce que c'est précisément contre ce type d'attitude condamnable et contre le risque de se voir qualifier d'incurable pour arranger d'éventuelles affaires de famille que la loi doit protéger le citoyen en général, en déclarant dans un cas que l'empoisonnement délibéré n'est pas un argumentaire admissible, et dans l'autre que la médecine est faite pour guérir de la maladie et non pas de la vie comme lorsque Socrate demandait que l'on consacrât un coq à Esculape une fois que le poison aurait achevé son office.
Enfin, non seulement "la loi Vincent Humbert" n'est pas actuellement appliquée mais elle ne saurait l'être n'ayant été ni votée, ni présentée, ni rédigée par un rédacteur habilité en vue d'être présentée à l'assemblée et soutenue le rapporteur adéquat, et ne représente, pour l'instant, qu'une sorte d'abus de langage.
Enfin, contrairement à une Mme Humbert qui assimile sa lutte à celle qui avait autrefois pour objet le droit à l'avortement, je pense que la plus grande différence entre les deux circonstances c'est qu'on ne saurait encore hériter d'un fœtus mais que le cas se présentera vraisemblablement dès lors qu'on aura reconnu à ce dernier un statut juridique.
Je pense également qu’une loi n'a pas à être modifiée ou amendée en urgence pour épargner le sentiment de culpabilité de ceux qui l'enfreignent et que le débat de fond est loin d'être clos sur le sujet.
Pour en venir à la poupée vaudoue conçue à la ressemblance du président de la République française en exercice, mon sentiment est qu'elle pose un problème différent de celui de la simple caricature dans la mesure où la loi française prend en compte l'intentionnel - par ex. dans quelle intention telle ou telle personne aura donné la mort à tel ou tel réputé ou présumé incurable - que le vaudou est une pratique magique qui agit sur le plan de l'intention en créditant cette dernière d'une efficacité et que par conséquent il ne s'agit pas d'un simple outrage à l'adresse du premier magistrat de la République et qu'il peut y avoir suspicion d'une tentative d'action subreptice et maligne sur son psychisme dans la mesure où on le penserait influençable de ce point de vue.
Le cas donc ne me paraît pas si simple, mais c'est sans doute parce que je ne suis pas juriste.
Rédigé par : Catherine JACOB | 31 octobre 2008 à 14:23
@Daniel Ciccia
En vous lisant à l'instant, je mesure toute la difficulté de discuter clairement de ces choses de la fin de vie, avec, comme vous le dites, des personnes non au fait de ce qui fait et fonde judiciairement, médicalement, techniquement, historiquement, dans ses us et coutumes et ses rapports au malade et sa famille quand celle-ci existe et est présente, etc., le monde hospitalier et para-hospitalier. Je ne milite, vous pouvez me croire, pour aucune association pro-euthanasie, comme vous dites, et, je répète, mon propos n'entre pas précisément dans ce thème même s'il peut donner à le penser. La transparence médicale, comme la transparence judiciaire, doit être une réalité avec pour socles inévitables des contre-pouvoirs civils réels et légitimes qui seraient en mesure de rappeler certaines notions d'humanité et de droit à ce monde médical par trop et depuis si longtemps quasi replié sur lui-même, ses convictions, ses certitudes, ses orgueils mêmes ... C'est d'une question fondamentale de démocratie dont il s'agit là. Et c'est à l'échelle d'une population entière qu'elle se doit d'être prise à bras le corps et discutée franchement.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 31 octobre 2008 à 13:32
L'election d'Obama sera la veritable insulte pour Sarkozy. cet homme est le contraire de ce qu'est notre president. Quand nous serons capables d'elire un Obama au pouvoir, nous serons adultes. En attendant cet heureux jour, continuons de nous disputer avec la bonne foi qui nous caracterise.
Rédigé par : fedydurke | 31 octobre 2008 à 12:07
M.SARKOZY n'est pas le premier chef d'Etat français à faire valoir démocratiquement ses droits devant un tribunal,... au risque de perdre (« La cour rend des arrêts et non des services ».SÉGUIER M., cité in ROUSSELET M., Les cas de conscience du magistrat, p.52-53). A propos des rapports entre les souverains français et la justice, les amateurs d'histoire judiciaire liront Marcel ROUSSELET, "Les souverains devant la justice, de Louis XVI à Napoléon III", Albin Michel, 1946
Rédigé par : Pascal SOURIS | 31 octobre 2008 à 10:46
@Aïssa, "Plus sérieusement", j'espère que vous ne faites pas du prosélytisme pro-euthanasie puisque j'observe que vous nous relatez la "pire agonie humaine qu'il [vous] ait été donné de voir" au moment où l'association de M. Romero lance le 2 novembre la "Journée mondiale pour le droit à mourir dans la dignité". Par contre si le sort - depuis deux ans - fait à cette patiente est tel que vous reviendriez de l'enfer pour poursuivre le médecin, pour reprendre vos termes, cela me pose un problème. Les gens se parlent-ils dans votre établissement? Y-t-il une hiérarchie? La patiente en question avait-elle une famille? Et puis, au fond, si la souffrance à laquelle cette personne a été abandonnée et livrée est telle que vous la décrivez, et les raisons de ne pas lui administrer des palliatifs liées à l'incompétence ou à la méconnaissance des dispositifs légaux, alors je ne comprends pas que vous puissiez revenir de l'enfer pour vous-même et, tout en étant si sensible à sa souffrance, ne pas bousculer les cloisons pour cette dame. Je persiste à penser que le procureur de la République, à défaut de tout autre, y compris la DDASS ou l'IGAS, est un interlocuteur possible.
Devant une situation anormale, où la loi est ignorée par des praticiens avec de telles conséquences, il peut me semble-t-il être saisi, mais je ne connais pas les détails de cette affaire.
Pour le reste, il est possible de cumuler plusieurs plans de réflexion sans nécessairement trahir quoi que ce soit. De fait, une nation est notamment fondée sur des cohésions entre individus entre eux, groupes d'individus, et des cohérences juridiques. Les questions de fin de vie représentent, dans une France qui verra sa proportion de personnes âgées augmenter de manière importante (mais moins que le Japon) d'ici vingt ans, un enjeu extrêmement important.
Dans l'histoire de l'humanité, c'est la première fois que la pyramide des âges, en Europe particulièrement, aura cette forme. Nous n'en sommes donc qu'au début des questionnements. Soyons attentifs qu'ils ne nous submergent pas...
On peut aborder ces problématiques à la fois par l'émotion du cas particulier, ce que vous savez faire avec talent, mais aussi dans la perspective de l'organisation sociale, ce qui me fait revenir au président de la République qui est le garant de la cohésion nationale.
Où commence-t-elle, peut-être à vous, Aïssa, qui savez nous interpeller et nous prendre aux tripes, ce qui est salutaire, mais peut-être aussi – fondamentalement – à celui qui en est constitutionnellement le garant. La question de la poupée vaudoue, à ce stade, n'est pas selon moi indigne d'être traitée avec sérieux et objectivité. On en peut pas tout à fait altérer son image, la dégrader, car, Aïssa, que vous le vouliez ou non, que je le veuille ou non, que M. Bilger, JDR, Nathalie, Véronique A, Catherine Jacob, le veuillent ou non, cette image est fondatrice.
Je crains de ne pas être en mesure de développer ma pensée aussi clairement que je le souhaiterais, mais tant pis... Les questions relatives à la fin de vie relèvent de la cohésion nationale. Le débat auquel vous nous invitez questionnent cette cohésion. Opposer la souffrance d'une vieille dame agonisante à la prétention légitime du président de la République à faire respecter son image vous attirera beaucoup de sympathie, mais vous usez d'un procédé qui dans d'autres circonstances, touchant un urgentiste d'origine maghrébine par exemple, vous semblerait spécieux.
Par ailleurs, il semble nécessaire de rappeler que la personne qui a inspiré la poupée vaudoue est celle qui a fait de la maladie d'Alzheimer une cause nationale.
Bien à vous.
Rédigé par : Daniel Ciccia | 31 octobre 2008 à 10:46
Merci grain de poivre,
Portons plainte collective et saisissons la justice pour nous débarrasser de cette effigie. C'est à nous de le faire et non au Président.
Que ceux et celles qui sont d'accord se joignent à moi. Je ne veux absolument pas voir cette horreur entre les mains de qui que ce soit.
Je peux comprendre que la crise financière nous préoccupe,mais réagir par une régression aussi abjecte c'est inadmissible.
Il faut introduire immédiatement une action au fond.
Cher Maître EOLAS défendrez-vous cette affaire???
C'est un appel au meurtre
Duval uzan
P.S j'ai fait une faute de frappe dans mon dernier commentaire : à la place de différence il faut lire déférence.
Rédigé par : Duval Uzan | 31 octobre 2008 à 06:33
Dans quelques jours, les Restos du coeur ouvriront à nouveau leur porte, au grand dam de feu Coluche dont le voeu était qu'ils n'aient plus de raison d'être. J'écoute sur une radio la chanson, l'hymne, de ces Restos: "Aujourd'hui, on n'a plus le droit ni d'avoir faim ni d'avoir froid, etc.", et je me demande quel est le nom de cet abruti qui a écrit les paroles de celle-ci car j'aimerais bien qu'il m'explique enfin depuis quand avoir faim et froid fut un droit. Bref...
@Nathalie
Ce qui est en cause dans mon propos est précisément le pouvoir absolu des médecins en ce domaine. C'est à ce pouvoir quasi sans limite que je souhaiterais qu'il soit mis un terme ou, à tout le moins, des limites et contre-pouvoirs réels. Le monde associatif doit en être, cela ne laisse aucun doute. Cela a été fait et continue d'être fait pour les magistrats instructeurs; que cela soit fait également pour ceux dont les pouvoirs et les décisions qui en peuvent venir touchent souvent, comme ce fut le cas dans l'exemple que j'ai cité, non seulement à l'intégrité corporelle (souffrance du corps) mais aussi à la dignité humaine dans son essence même, sans que rien ni personne n'en puisse jamais contredire ni contrevenir la volonté. Je ne généralise pas. J'ai assisté et participé à des accompagnements de fin de vie de personne malades incurables, et cela a été fait, par la volonté de tel et tel médecin responsable, dans les meilleures conditions d'apaisement de la souffrances et de dignité; les moyens médicaux et médicamenteux existent et existaient bien avant la loi Léonetti qui, précisément, essaya de donner un cadre légal à cela. Ce qui faisait la différence est précisément que ces médecins ne craignaient pas de prendre leur responsabilité face à ces détresses humaines inexorables. C'était de leur volonté et uniquement de leur volonté de faire qu'une agonie se passe paisiblement et sans souffrance ou dans les conditions ignobles telles que celle que j'ai racontée. Contre cela, il faut s'élever car, sous les prétextes les plus futiles voire sans prétexte du tout, c'est bel et bien d'une tyrannie médicale dont il s'agit. Ces médecins qui ont laissé durant deux ans cette dame pourrir tel que je l'ai vue, j'aurais voulu qu'on les mette à son chevet du soir au matin et du matin au soir durant deux ans, sans sortir de cette chambre que, par pitié, impuissance, honte, dégoût et culpabilité, nous, soignants infirmiers et aide-soignants et autres, tenions refermée ou à peine entrouverte pour tenter un peu l'oublier à défaut de la soulager car nous n'avons aucun pouvoir de prescrire quoi que ce soit, pas même une aspirine, et qu'ils la regardent mourir atrocement comme ils l'ont décidé, ou plutôt, comme ils n'ont pas voulu décider de ce qui n'aurait pas été une euthanasie mais seulement des dispositifs médicaux ramenant à zéro la souffrance physique et laissant aller la nature à son terme dans d'autres conditions soulagées et soulageantes. Je ne vous souhaite pas, Nathalie, un cancer du sein métastasé partout vos os et rachis; mais si cela vous advenait, je vous souhaite alors d'être dans le bon endroit avec le bon médecin qui ne fuira pas lâchement sa responsabilité vis à vis de vous et dont le moindre n'est pas qu'il empêche absolument toute souffrance physique de vous atteindre; ce qui lui est pourtant la chose la plus facile et accessible: il lui suffit de signer une prescription comme on souffle pour la faire partir sur une quelconque douleur. Ce pouvoir exorbitant qu'il a et contre lequel rien ni personne n'a prise, de décider que vous mourrez en souffrant ou que vous mourrez paisiblement, c'est une ordure et une abomination au coeur de la République.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 31 octobre 2008 à 01:06