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Tapie volant

Le hasard fait parfois bien les choses.
Alors qu'il arrive que l'idée d'un billet apparaisse comme une oasis dans un désert, celui d'aujourd'hui, que je désirais consacrer à l'Union syndicale des magistrats (USM) et à Rachida Dati, a été très opportunément nourri par l'émission de France 2 hier soir, "A vous de juger", où Arlette Chabot questionnait la garde des Sceaux avant que Bernard Tapie fasse un numéro éblouissant même pour ses pires adversaires. Ce n'était pas tout puisque le Monde, sous la signature de Pascale Robert-Diard,  contribue, par une belle page, à l'illustration du blog célèbre de Me Eolas qui a pour interlocuteurs réguliers notamment deux magistrats "Dadouche" et "Gascogne" - deux pseudonymes évidemment. Je peux lire enfin dans Vendredi - un hebdo recueillant les meilleures infos du Net et dont le directeur de rédaction est Philippe Cohen - un texte de Dadouche, repris du blog de Me Eolas, critiquant l'action et le comportement de Rachida Dati sous le titre "La coupe Dati est pleine".
Beaucoup de recoupements et de croisements possibles, beaucoup de thèmes venant se greffer sur mon noyau central, des interrogations et des convictions.
Je comprends bien, pour l'avoir rencontré au cours d'un débat, les raisons de la discrétion de Me Eolas. Son blog, dont le succès considérable est sans commune mesure avec le mien même s'il nous arrive de traiter des mêmes sujets - par exemple, l'inopportune poursuite contre le bâtonnier de Saint-Pierre déclarée heureusement irrecevable -, donne libre cours à son intelligence et à son talent. Il préfère demeurer inconnu de sorte que sa subjectivité et sa culture s'offrent masquées mais cependant éclatantes dans les échanges qu'elles suscitent et acceptent. Me Eolas a le souci de faire connaître, d'expliquer et de dénoncer avec ce privilège, puisqu'il est avocat et non magistrat, de n'être soumis qu'à la réserve que lui dicte ou non son humeur intellectuelle du moment.
Je ne suis pas sûr que mon blog, infiniment modeste par rapport au sien, ne repose pas sur d'autres bases. La liberté de l'expression, la spontanéité de l'opinion, l'immédiateté de la réaction, les forces et les faiblesses d'une intervention purement personnelle ont, à mon sens, pour nécessaire contrepartie la présentation d'un visage, la lumière d'une personnalité et l'offrande de soi pour être aisément et sans détour criblé de flèches, couvert d'éloges ou, ce qui est pire, apprécié avec une tiède neutralité.
Ce qui me gêne dans le papier de Dadouche précisément, c'est que ce magistrat critique, dans l'action ou l'abstention de Rachida Dati ces derniers jours, des dérives incontestables et des carences indiscutables. Elle reprend aussi bien sur la justice des mineurs, la mise en cause de certains de nos collègues que sur l'absence de la ministre au congrès de l'USM, des analyses déjà formulées, notamment par moi-même. L'illisibilité, voire l'incohérence d'une politique qui enferme avec conviction puis déplore avec affliction - faisant reposer sur autrui qui n'en peut mais la charge de cette contradiction - se trouve blâmée depuis un certain temps, même par ceux qui ont approuvé les peines plancher mais se demandent où va mener ce triste tournis pénitentiaire, avec un projet de réforme qui au mieux ne sera examiné que dans le premier trimestre 2009. Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos  de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ?
Le garde des Sceaux chez Arlette Chabot : des réponses minimalistes ou/et un sourire gracieux et énigmatique en face de questions mal posées et floues. Exercice infiniment décevant d'un côté comme de l'autre. On a bien saisi que la ministre de la Justice était au service des Français et qu'elle avait été nommée par le président. On a perçu qu'Arlette Chabot maîtrisait médiocrement les problèmes de justice et se laissait "embarquer" trop aisément dans la thèse de "dix minutes de peopolisation" contre des mois harassants de travail. On aurait voulu plus, espéré mieux. Dire que j'avais gardé ma soirée pour cette émission.
Sur le plan du fond et de la forme, je voudrais utiliser une métaphore pour tenter de me faire bien comprendre. Si l'on compare une argumentation aboutie avec une maison dont toutes les pièces ont été soigneusement visitées, j'avais sans cesse l'impression que les répliques du garde des Sceaux s'arrêtaient, la porte franchie, au seuil du vestibule. On attendait, on attendait mais rien ne venait. On aurait aimé crier : à développer ! C'était frustrant. On est tout de même, magistrats du Parquet, sous l'autorité de ce ministre-là et il est légitime que nous soyons intéressés par sa prestation   !
Et Bernard Tapie a pris la suite. Avec lui, toutes les pièces de la maison ont été occupées par la parole et aucun recoin n'a échappé à son intelligence. Sa dialectique en mouvement perpétuel a tout pris et n'a rien laissé.   Je continue à estimer que dans son affaire, il y a eu un détournement de procédure que l'Etat n'est jamais parvenu à expliquer ni à légitimer. Il n'empêche que, pour convaincre, Bernard Tapie est doué, formidablement. A un moment donné, pensée iconoclaste, je me suis pris à rêver. Comme il aurait bien défendu les magistrats si l'ironie du sort l'avait fait nommer ministre de la Justice et comme je devinais bien pourquoi François Mitterrand avait été séduit, peut-être même fasciné par cet homme ! Une expression drue, charnelle, directe,  une argumentation   simple, efficace et  structurée. Sur le plan politique, François Bayrou a été démoli en un trait de temps d'une manière telle que même ceux qui respectent ce dernier n'ont pas pu s'empêcher de trouver  justifiées et dévastatrices les attaques menées par Tapie. Lorsque le talent atteint un tel niveau et que s'incarne si bien dans l'espace médiatique une personnalité qui est au-delà de la sympathie ou de l'antipathie, mais une force qui étonne, surprend, tranche sur la grisaille et peut-être convainc, il faut  tirer son chapeau quoi qu'on en ait. Dati suivie de Tapie, c'était la ministre  et le maître. Un drôle de maître mais une perfection durant ces minutes de télévision bourrées jusqu'à la gueule par un canonnier de haute volée. Tapie volant au-dessus.
Je n'ai pas oublié que mon dessein initial était de parler de l'USM. Lors de son congrès, j'ai perçu, à la lecture des médias, un changement de ton. La neutralité politique maintenue n'a pas empêché  la vigueur des discours, celui de Bruno Thouzelier comme celui de Christophe Regnard, ni la vivacité, voire la virulence des interventions (Le Monde). Une collègue a évoqué "une guérilla à mener", un autre "un syndicat de combat". Cette pugnacité toute neuve, d'autant plus admissible qu'elle ne s'accompagne d'aucune adhésion partisane ou opposition idéologique, a plu bien au-delà du cercle des syndiqués de l'USM. J'y ai trouvé enfin la manifestation heureuse du nécessaire déclin des politiques dans l'esprit judiciaire. Il n'était que temps de ne plus surestimer les politiques dans le dialogue que la Justice, les magistrats doivent nouer avec eux. Longtemps, il y avait comme un respect, presque une crainte révérencieuse devant ce monde du Pouvoir qui nous prenait de haut. Maintenant, il est pris à égalité. Ses faiblesses valent bien les nôtres, nos forces ne sont pas indignes des siennes et nous oeuvrons, magistrats et politiques, au service de la démocratie.
A égalité, je vous l'assure.
 


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Voici les sites qui parlent de Tapie volant:

Commentaires

Mieux vaut , vieux mots je sais , un Tapis volant ( superbe image là ! ) qu'un Bernanard violent , non ?
Sissi !
sinon Chabot était-elle le bon choix ( non non ce n'est pas une contrepèterie )_ elle m'a fait penser à la maman des poissons loin de toute vase de Bobby Lapointe que l'on peut écouter en deux sur mon glog ( deezer ) après un bon grog, hi ou pas ?
bien à vous !

J'ai oublié :
Le jour n'est pas encore venu ou l'on verra Tapie scié :
en effet, il est capable de nous repeindre notre monde à sa façon, de toutes les couleurs donc, tant sa palette est grande voire de nous jouer parfois tous les frères Daltoniens à lui tout seul !
Sissi aussi !

"Détournement de procédure", l'interdiction du recours à l'arbitrage pour les personnes publiques est un principe général du droit, sauf dérogation législative ou ordonnance par loi d'habilitation, cela étant, vous êtes un peu rapide, laissez le tribunal administratif de Paris en juger...
D'accord avec vous sur la prestation de Tapie, remarquable, il a laissé les deux journalistes à leur insuffisante connaissance du droit ; et certains arguments de droit (je ne me prononce pas sur les faits et leur qualification) m'ont paru difficilement contestables (montant de la condamnation indemnitaire indexée aux intérêts au taux légal, délai raisonnable de jugement au regard de la CEDH); on ne peut en effet aborder ce type d'affaire sous l'angle du café du commerce ou de la politisation outrancière.

Le questionnement intéressant dans ce billet et qu'il faut aller chercher loin sous votre propos, est celui-ci: En quoi médiatiquement (au sens le plus noble, c'est à dire celui du dialogue franc et précis tant avec les justiciables qu'avec les acteurs professionnels de la chose judiciaire) les prédécesseurs de Rachida Dati à la Chancellerie ont-ils(elles) été meilleur(es) qu'elle? Ce questionnement même et la teneur, entre autres et par ailleurs, de ce billet est en lui et déjà un hommage à l'actuelle garde des Sceaux car enfin, comment conclut-il: par une constatation inédite et heureuse comme qui dirait une divine surprise de la nouvelle et non moins inédite égalité entre un corps institutionnel et son chef ministériel. "A égalité, je vous l'assure", concluez-vous, cher PB. Que ne remerciez-vous pas plutôt aussi Rachida Dati de vous permettre enfin et maintenant celle-ci, l'égalité s'entend? Si donc vous (l'institution) la haïssez et protestez, ne serait-ce pas plutôt parce qu'elle vous enjoint, que dis-je, vous exige d'être meilleurs et de rendre des comptes, non à elle particulièrement car elle passera vite, comme tous les autres, mais aux usagers, voyons, aux consommateurs de justice que nous sommes et qui protestons aussi fort que vous d'être et bien traités et mieux servis? Elle détonne, vous agace car elle vous demande de mieux et bien travailler, de justifier vos rentes fonctionnarisées de situation inamovible et indépendante ... Soyez moins vieux jeu, conservateurs archaïques voire quasi séniles réactionnaires; c'est votre bien qu'elle veut. Vous encensez la prestation télé de Nanard (c'est vrai qu'il est bon à ce jeu) et avez rêvé un moment qu'il fut votre ministre pour de la sorte brasser au public du vent rhétorique ... Allons, réfléchissez: Tapie c'est la culture dure capitaliste du résultat, de l'efficience, du pragmatisme, de la rapidité des décisions, du flair, du jugement, de l'intuition, des économies, des plues-values, enfin vous voyez ce que je veux dire et voyez alors également combien ils seront malheureux à l'infini de n'être jamais à la hauteur, bousculés si violemment dans leurs vieilles habitudes de chambre, leur ronron de cabinet des antiques, ceux-là alors les votres de votre administration de costume trois-pièces et puis de robe ... Méditez: de deux maux, il faut choisir le moindre (Socrate expliquant pourquoi il avait choisi plutôt une femme faible et malingre en lieu d'une forte et décidée). Vous le savez. Certes, si Rachida n'est ni faible ni malingre, croyez moi, tenez-vous en là voire appréciez-la de vous obliger de vous interroger sur vos manières et votre relation à l'autre et n'osez ce genre de comparaison Dati-Tapie et souhait qui vous mèneront vous ne savez à quels extrémités et douloureux regrets ...

Sans transition.

Jean-Baptiste Rambla donne hélas la preuve à tous, aujourd'hui, que victime un jour on en devient pas moins un même coupable le lendemain. Et que le tout et absolu victimaire n'a aucun sens. Je ne sais si j'ai bien écrit la phrase ... On m'aura compris.


Aïssa.

Aïssa, je suis en plein accord avec votre propos.
Je voudrais cependant rebondir sur un terme que vous avez employé en parlant de l'institution judiciaire.

C'est le mot haine et cela est bien vrai. De nos jours bien trop de réaction haineuse dans notre société.
Je conçois bien volontiers la colère, même forte, voire violente s'il le faut, mais non la haine.
Je lisais dernièrement que la haine est une paresse de l'esprit.
La haine est une réaction de déni de l'intelligence, n'apportant aucune réponse et ne posant que des questions.

Aussi je suis très étonné de voir des hommes de justice ou de la justice se laisser aller à des penchants si opposés à ce que doit être, selon ma perception propre, la pensée même du droit.

Mais je ne voudrais pas non plus, par mon propos, stigmatiser toute une institution. Je pense quand même que nombre de magistrats ou d'avocats et notamment les syndicalistes sont une des causes importantes de ce malaise. Syndicalisme qui lorgne vers l'exécutif et qui donne à penser qu'il aimerait aussi avoir ce pouvoir là. Syndicalisme qui préfère voir la paille dans l'oeil du voisin que la poutre qui est dans le sien.

Un mot sur Bernard Tapie. Voilà un homme qui a cru que l'exercice au quotidien du pouvoir, politique ou industriel, s'apparentait au tournage d'un film ou à un show des Carpentier ou encore à une soirée au casino de Monte Carlo. Grande gueule et gouailleur au possible mais pour moi un triste sire.
Je le voyais cet après-midi à la télévision jouer un commissaire de police. Il était d'un ridicule achevé. Mais bon, pour une liasse de billets certains sont prêts à beaucoup même à paraître ridicule à moins et ce serait dramatique qu'ils se prennent au sérieux.

"...mon blog, infiniment modeste par rapport au sien,"

Allons, cher PB, votre verre est petit (quoique !...) mais nous y buvons, outre votre Petrus, le Pommard d'Aïssa, le Sauternes de JDR, le punch de Cactus, le thé aux étamines de fleur de lotus de CJ, le porto de Véronique et autres breuvages plus ou moins frappés...

...aujourd'hui le Pommard est plutôt du vinaigre... balsamique !
Il dégage bien fort les bronches ! Chapeau l'artiste !

C'est là toute la différence avec Eolas : un salon versus un amphi...

Vos fauteuils sont plus confortables...

Pourquoi tant de haine contre Rachida ?

Elle est loin d'être parfaite et elle a un tas de défauts. Nous en sommes tous d'accord. Mais elle a une qualité, peut-être la seule : elle oblige la Justice à se remettre en cause et pour cela elle prend l'opinion publique à témoin. Cela a un côté affreusement populiste, détestable, mais au fond, cette remise en cause de la justice, elle est largement nécessaire. Nous, les Français moyens, pourquoi aimons-nous Rachida ? Essentiellement parce que nous savons bien qu'avec toutes ses imperfections, elle vous obligera à bouger enfin. Vous n'aurez pas le choix !
Je ne parle pas pour vous Philippe Bilger, vous qui êtes un honnête homme, un vrai, comme je les aime.
Mais, de l'intérieur, la Justice n'aura jamais le courage de se réformer elle-même. Rachida, malgré sa vulgarité et en fait, grâce à sa vulgarité essaie et réussira à faire bouger cette vieille femme impotente qu'est la Justice de notre pays. Elle n'a pas la manière car elle n'a pas les bonnes manières mais comment faire autrement ? Un homme du sérail n'aurait jamais eu la grossièreté de donner des coups de pied là où cela fait longtemps que cela nous démange de le faire !

Les dernières phrases appellent une remarque : les magistrats sont au service de la loi, et ce sont les politiques qui décident du contenu de la loi, même si les deux agissent au nom du peuple français...

"Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ? "

Je ne pense pas que le masque Dadouche ait fait perdre au propos de ce magistrat dignité et élégance.

Pour le lecteur que je suis, ce qui a terriblement compté dans l'appréciation de son billet, c'est le sentiment que ce qui y était exprimé était une forme de désarroi professionnel profond. La colère maîtrisée d'un professionnel qui souffre. Parce que la gestion par le ministre du jeune détenu suicidé a atteint une sorte de frontière protégée intérieure, qui est celle du sens qu'un professionnel a irréductiblement besoin de donner à son travail. Dont nous tous, quel que soit notre métier, avons absolument besoin.

Là, Dadouche ou une identité réelle n'importe pas ou n‘importe plus.

A la lecture et à la relecture, ce qui a emporté l'adhésion à son billet, c'est le sentiment que quelque chose de totalement sincère et d'intrinsèquement grave - au sens nécessaire et très sérieux - y était dit. Ce pourrait être une réflexion dans le journal intime d'une femme magistrat qui vient d'être amputée de balises essentielles.

@ Augustissime

" J'y ai trouvé enfin la manifestation heureuse du nécessaire déclin des politiques dans l'esprit judiciaire. "

A l'image de cette phrase de PB, je pense que question mots empoisonnés, vous pouvez bénéficier ici d’un terrain d’entraînement dont, perso, je raffole.

Cette phrase, c'est du Philippe Bilger pur cristal...

@ Philippe

Quand vous écrivez Bilger, votre identité est aussi devenue un genre de virtuel.

Je ne pense pas qu'utiliser votre nom réel apporte un supplément de vérité à vos billets.

Parce que d'une part, le nom de Philippe Bilger existait avant votre blog dans le monde judiciaire et ailleurs. Vous êtes ici en totale fidélité à celui-là. D'autre part, tel que je vous perçois, avec vos masques à vous, un pseudo, ce n’est très simplement pas concevable une seconde. Un masque… en trop.

Et puis, vous voyez, je signe ce post de mon nom en entier.

Entre nous, franchement, même si je ne suis pas magistrat, ça change quoi ?

Eolas… Hum… Le petit fantômas du web est peut-être un brillant juriste, je ne suis pas en mesure d’en juger, mais je rejoins Pascale Robert-Diard quand elle évoque ce « ton de donneur de leçons qui ne souffre guère la critique », c'est pourquoi je ne lis plus depuis longtemps sa très suffisante prose. Mais il y a pire: un homme qui au début du XXIème siècle dit que l’histoire de l’humanité c’est la lutte contre la biodiversité - et qui s’en réjouit visiblement - un homme qui minimise les dégâts faits à notre environnement dans la mesure où ils n’ont pas entamé sa petite santé d’avocat parisien ou celle de ses enfants, un homme qui pense dur comme fer que Monsanto, producteur de l’agent orange, se soucie de la vie de ses clients (et celle des autres ?), cet homme-là, dis-je, n’est pas un grand malin.
En ce qui concerne Rachida Dati, ce n'est pas la personnalité que je préfère dans le gouvernement. Pour le reste, j'avoue mon ignorance et préfère me montrer prudent dans un domaine que je ne connais pas.

Tout comme Dame Véronique ( que je re-salue ) et Sir sbriglia , tout comme eux !
Votre blog est notre petit nid douillet et vice versa !
Vous êtes notre vent d'Eole et notre Vendée Globe tout à la fois !!
ump voire ps : vous étiez trop bien hier soir à Cactus sur Paris première , ceci ne s'invente pas ! ( et Vikash Dhorasoo à vos côtés , pas si sot que ça , sissi ) ; et Géraldine , quel peps , quelle Belle , quelle succulente ( et pas que côté décolleté mais aussi les fois où elle sortait son colt tendance Magnum pour mieux gérer son émission _ il y a redif ce jour à 13H45 !_
Bien à vous !!

Je n'étais pas puni, j'ai regardé "Flics" sur TF1, Chabot+Tapie, cette seule évocation me donne des boutons...

"Dire que j'avais gardé ma soirée pour cette émission."

Vous êtes pas tout seul !
Je me dispense en règle générale de suivre les interventions du ministre de la Justice dans les médias, mais s’agissant de l’excellente émission d’Arlette Chabot et le plateau complet étant prometteur, j’ai regardé « A vous de juger » avant-hier au soir sur France2.

Je réserve encore pour le moment cependant, mon commentaire. Motif : J'ai faim !
Je limiterai donc provisoirement à vous dire que, pour ma part, je ne pense pas avoir gaspillé ma soirée.

Comme vous, j'ai été bluffée par la prestation de Tapie pour lequel je n'ai pourtant pas beaucoup de sympathie.
J'attendais avec impatience que Nicolas Domenach lui apporte une contradiction forte et précise et j'ai attendu en vain.
En revanche, j'ai été complètement retournée par la force de conviction, le charisme, l'énergie gouailleuse et intelligente de Bernard Tapie. Et là je me suis dit "il est très fort, il m'a presque convaincue, il m'a fait changer d'avis.
Comme vous j'ai compris qu'un Mitterrand ait pu être séduit par le personnage.
Idem pour Sarkozy qui savait ce qu'il faisait pendant sa campagne en négociant l'appui de Tapie contre un coup de pouce dans ses démêlés judiciaires (quel euphémisme quand on sait le coût de ce coup de pouce).
Mais comme Tapie lui a bien renvoyé l'ascenseur ce soir là avec l'air de ne pas y toucher. "Il est pas mauvais" "Il a magnifiquement géré la crise financière"...
tout en donnant l'impression qu'il ne renonçait en rien à ses convictions, grand ami de Claude Bartolone etc, etc...
Non il est vraiment très fort !

Quel pays de barges les Etats-uniens ! Il suffit que vous regardiez plus d'une minute le cul d'une femme et hop ! vous voilà soupçonné, enquêté, démissionné, empechmenté voire prisonné... Dominique Strauss-Kahn, dans le baba, mon vieux, tu croyais tout de même pas que t'allais faire long feu au bled givré des complexés puritains, bouffer du caviar gratos tous les jours au FMI... Toute façon, t'étais déjà trop gras pour un socialiste, pas bon pour la santé, le souffle, les coronaires tu connais ? ... Et Anne, hein, t'y a pensé à Anne ton épouse journaliste, non mais !... Même le William Jefferson-Clinton, ce sacré vieux Bill, a morflé... On n'humidifie pas ses cigares, si délicats soient-ils, en ces endroits-là, monsieur le président, ce n'est pas fait pour ça, consentante ou pas la propriétaire du dit doux lieu... En France aussi on y est de ces débilités profondes, soyons-en sûrs et tremblons, honnêtes messieurs. L'adversaire, l'ennemi, on s'en débarrasse maintenant par la femme via le juge, à tous les coups ça marche, la justice est là pour régler les modalités, tous les Eolas et tout leur baratin n'y feront rien... Tiens, à propos, on vient d'acquitter Maire à la troisième cour d'assises et deux condamnations à 15 ans d'abord puis 20 en appel, c'est pas rien ... Faudrait savoir, monsieur et madame Tribunal-Justice! il est coupable ou innocent, ce type?!... Vos pas de deux, vos incompétences, vos débilités même, ras la casquette! Les temps sont à la révolution; même l'Ecureuil nous entube de nos millions, nos économies, notre épargne sacrée, notre sueur ... Alors cessez, on n'a pas que ça à faire à ruminer votre suffisance!... Trois cours d'assises pour que le doute présent dès l'origine lui profite, comme le dit explicitement la loi, trois cours d'assises et des années de procédure et de prison et vous vous dites intelligents! et vous osez la ramener concernant Rachida Dati! Mais vous vous prenez pour qui?!... C'est un comble, ça!

Sans transition.

Un peu triste, tout de même ... Guillaume Depardieu ... Il y avait quelque chose de bien en lui, sais pas mais cela se devinait ... Troublant aussi ... Comme lui il est malade et rapatrié de l'étranger, comme lui il fut amputé d'une jambe gangrenée, comme lui il s'est brûlé à tous les alcools et drogues, comme lui il écrivait des poèmes, comme lui il meurt à l'hôpital, comme lui il meurt à 37 ans ... Arthur Rimbaud.


Aïssa.

@pavesi,

"Idem pour Sarkozy qui savait ce qu'il faisait pendant sa campagne en négociant l'appui de Tapie contre un coup de pouce dans ses démêlés judiciaires (quel euphémisme quand on sait le coût de ce coup de pouce)."
Votre propos est spéculatif.
Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy ait besoin de graisser des pattes pour s'attirer des jugements bienveillants de la part d'anciennes figures de la Mitterrandie, qu'il s'agisse d'Attali, d'Allègre, de Rocard, de Charasse, etc.
Je crédite ces personnes d'être de bonne foi.

Par ailleurs, j'ai suivi l'audition de Tapie devant la commission de l'AN, il y a quelques semaines, et considère depuis ce jour-là que l'arbitrage était la voie qui s'imposait pour en finir avec cette affaire.
Il est toujours possible de parier sur une victoire possible du Crédit Lyonnais, mais, mon sentiment, c'est que c'est loin d'être juridiquement assuré et moralement nécessaire.
Il n'y a qu'au casino, au jeu, que la banque doit gagner à tous les coups.

Enfin, la décision arbitrale n'a pas été prise à la légère par des guignols, et je m'en remets volontiers au discernement de MM. Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Denis Bredin, avocat, et Pierre Estoup, magistrat.
Si le Crédit Lyonnais a manqué à ses obligations et spolié Tapie, sauf si nous étions dans un tout autre type de justice que celle à laquelle il convient de demeurer attaché, il est normal et légitime, ayant purgé par ailleurs les peines auxquelles il a été condamné, que justice soit rendue.
Le fait qu'il ait de la verve ou pas; qu'il soit sympathique aux uns, antipathique aux autres, et vice-versa, n'a rien à voir dans l'affaire.

@ Philippe

Vous me dites que Dadouche pouvait écrire son billet avec son identité réelle. La pertinence de son propos constituant une sorte d‘évidence pour le monde judiciaire.

Un billet écrit avec une identité réelle apporte-t-il une valeur ajoutée et une authenticité supplémentaire à ce qui est exprimé ?

Je pense qu’une identité virtuelle n’est jamais insignifiante ou indifférente. Dadouche est pour la Dadouche réelle une construction d’elle-même sans doute plus près et plus juste, pour elle, que son identité sociale ou professionnelle seule. Le recours au pseudo marque pour certains auteurs un territoire personnel et intime pour l’expression d’une plus grande vérité et liberté de soi.

J’aime beaucoup une scène de "Tout sur ma mère" (film de P. Almodovar) où Algrado, un travesti, dit que nous ne sommes jamais autant nous-mêmes que lorsque nous approchons au plus près de l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes ou que nous avons imaginé et rêvé pour nous-mêmes.

Et puis quoi ! Imagineriez-vous Cactus ici sans ses déguisements qui s’ajustent si bien à son irrésistible pseudo - hello Cactus ! - ou sbriglia sans sbriglia - hello sbriglia ! -, le charme fin et la séduction qui vont avec son pseudo ?

Savez-vous Philippe, que lorsqu’il m’arrive de correspondre avec des virtuels de votre théâtre d’ombres, je vous nomme Jim.

Oui. Parfaitement.

Pourquoi ? Je ne le dirai pas.

Mais sachez que Philippe Bilger a aussi pour moi l'identité de Jim. Croyez-moi, dans mon esprit, le pseudo que je vous donne exprime à la fois quelque chose que je pense être un peu de votre vérité, et quelque chose qui a un peu à voir avec l’idée que je me fais de moi.

ps : je continue sous ce billet à parler avec mon nom. C'est vrai à la fin, ça change quoi ?

@ Aïssa

"Tiens, à propos, on vient d'acquitter Maire à la troisième cour d'assises et deux condamnations à 15 ans d'abord puis 20 en appel, c'est pas rien... Faudrait savoir, monsieur et madame Tribunal-Justice ! Il est coupable ou innocent, ce type ?!..."

Dans un procès d’assises monsieur et madame Tribunal-Justice est majoritairement composée d'un jury populaire. Le troisième Jury a la liberté de contredire le premier et le second jury. Un procès en appel est un recours, donc, en premier, la traduction d’une garantie supplémentaire pour l’accusé.

"et vous osez la ramener concernant Rachida Dati ! Mais vous vous prenez pour qui ?!... C'est un comble, ça ! "

Je fais partie de ceux qui ont été profondément heureux de la nomination de Rachida Dati.

Ce qui est en cause ici est la façon précipitée, intempestive et absurde dont Rachida Dati a géré une situation de crise. Ce qui n'est pas acceptable c'est, de la part d'un GDS, de culpabiliser et d'humilier des magistrats.

Aïssa, vous qui connaissez bien le système hospitalier, vous savez parfaitement ce que ce type de gestion a d’injuste et de catastrophique.

Bonjour Philippe,
1°) Votre espace de liberté n'a pas à être comparé à celui de Me EOLAS: il a ses spécificités et c'est pour cela que nous lui demeurons fidèles.
2°) Le show médiatique de cette semaine a parfaitement démontré -une nouvelle fois, hélas!- que Rachida DATI ne maîtrise que très approximativement les sujets graves dont elle a la charge; elle effleure les sujets mais s'en tient, comme vous le dites justement, à ne nous faire pénétrer que dans le vestibule; Je la sens d'ailleurs plus à l'aise pour disserter sur les boîtes de chocolat ou de chaussures qui semblent garnir son bureau selon les clichés régulièrement dévoilés.
Peu de journalistes maîtrisent parfaitement la chose judiciaire et l'interview dans ce cadre n'apporte pas grand-chose puisque le journaliste et l'invité sont à peu près aussi à l'aise dans ces questions très pointues.
C'est précisément parce que l'espace télévisuel est pauvre sur ces questions que Philippe BILGER et Me EOLAS sont d'indispensables espaces d'échanges. Continuez ainsi.

@Véronique Raffeneau


Mais de quelle garantie parlez-vous, chère Véronique? Cette affaire Jacques Maire traîne depuis 1987! Plus de 15 ans d'instruction, des incarcérations, des libérations et des re-incarcérations du suspect Maire. Un procès: pas de un: coupable: 15 années de réclusion. Pas de deux: appel: re-coupable: 20 années de réclusion. Pas de trois: cassation: libération. Pas de quatre: re-incarcération: procès: acquittement. 21 ans de procédure! Jacques Maire bousillé et les familles des victimes mystifiées par monsieur et madame Tribunal-justice, ce couple infernal, ces Thénardier de la République! A ce propos, les avocats des dites partie-civiles vont attaquer (en justice, où voulez-vous que ce soit d'autre? Quelle ironie et hypocrisie institutionnelle! Mais il serait bien qu'une instance constitutionnelle voire européenne soit créée pour justement juger de ces choses de la responsabilité personnelle des magistrats) afin que des responsabilités judiciaires personnelles soient dégagées et sanctionnées pour ce énième et terrible fiasco judiciaire. Car les victimes de ces tarés judiciaires -elles le comprennent enfin!- sont aussi celles-là les familles des victimes, autrement dit les parties civiles; il n'y a pas que l'accusé. En sus de l'accusé, on s'est moqué d'elles durant 21 ans et vous appelez cela "des garanties"! Et ils ont bien raison, ces avocats des parties civiles d'y aller aussi et maintenant de concert avec ceux de l'accusé pour exiger de véritables restitutions de compte de la part de tous ces magistrats qui firent cela. Il faut qu'ils virent! chômage! qu'ils déguerpissent! ras-le-bol de ce népotisme judiciaire intouchable, irresponsable, qui a à peine de compte à rendre à lui-même!... Ils veulent être respectés, soit! Qu'ils commencent par se respecter eux-mêmes et avoir ne serait-ce qu'une once de dignité! Vous me parlez de l'hôpital. Sachez que j'ai connu plus d'un médecin qui, ayant "merdé" et causé du tort au malade, a remis sa démission, lors même qu'on ne lui demandait rien ni ne l'inculpait de quoi que ce soit. J'en ai connu qui ne dormaient plus, qui sombraient dans l'alcool d'avoir causé -involontairement pourtant, par fatigue, sotte négligence- du tort irréversible à un malade. Et eux, là, tranquilles comme Baptiste avec leur pompon de juge sur la tête: On s'est trompé, circulez, y'a plus rien à voir!... Et puis quoi encore?! La paie tombe à la fin du mois, tranquille; aucun risque de se faire virer; on fait ce qu'on veut, on est les rois ... Quelles garanties, Véronique, quelles garanties? Allez dire ça à Jacques Maire et aux familles de ces deux femmes assassinées à qui on a fait croire durant 21 ans que le coupable était trouvé et qu'elles allaient faire leur deuil, oublier ... Vous ne connaissez de la justice que ses ressorts visibles, sa partie émergée qu'on donne à voir au peuple pour lui faire croire des choses, se donner pour sérieuse et caetera. J'en connais tous les ressorts secrets, ceux que vous ne verrez jamais, toutes les fanges, les tourbes, les pourritures, les vices, car depuis l'âge de 14 ans jusqu'à celui de 35 j'étais sans cesse au coeur même acteur de toutes ces choses qui semblent vous éblouir que je ne comprends pas. Des comptes, des vrais, qu'ils rendent des comptes au peuple; on ne leur demande rien d'autre en sus de faire leur job, point barre! Comme le médecin d'hier et, plus généralement tous les notables, a été démythifié par les temps et les moeurs évoluant, lui aussi le juge le sera et cessera de gré ou de force de se prendre pour celui ou celle qui fait le beau, la belle, le beau temps et la pluie au pays de la République, un démiurge mâle ou femelle, un demi Dieu, une Déesse. On les sent désemparés, là, ils manifestent aux marches des Palais, on veut les en déloger disent-ils, on veut les obliger à s'expliquer, à expliquer, protestent-ils, ils sortent les tenues des grands jours, les toques, ils veulent encore impressionner, intimider, ils crient Rachida! ... Demain ils crieront qui? quoi encore?... Taïau taïau!... Ridicule!


Transition.


Je me plais à imaginer le sanglot long et la lourde larme de honte amère et toute bue de Renaud Van Ruymbeke, dans son bureau, seul, hier, au moment qu'il signa lentement, marquant une pause puis reprenant, l'ordonnance de non-lieu qui fait maintenant que toute cette affaire des frégates de Taïwan, ses corruptions, ces nombreux suicidés, ces travers, ces valses et ces tangos, ces rock'n roll judiciaires et caetera, n'ont jamais existé. Un autre aurait fait ça en se marrant, songeant avec avidité à sa médaille et sa promotion; c'est possible; tout est possible avec ces gens-là ... Lui, je le vois plutôt chialer en secret et renifler un bon coup et faire bonne contenance publique car ... show must go on!... malgré tout.


Aïssa.

Je n’ai pas gardé ma soirée pour cette émission, mais je l’ai enregistrée pour regarder sereinement. Je n’ai pas été déçu.

A mon avis, R.D. a fait une bonne prestation, elle avait travaillé l’audition ;) .
Vous qualifiez ses réponses de minimalistes, mais les questions étaient tristement banales, imprécises dans la formulation et superficielles dans l’argumentation.
Du mauvais ouvrage de journaliste qui n’a pas pris la peine de travailler le fond permettant des relances précises pour privilégier l’aspect people, rumeurs et autres goujateries, fond de commerce des salons parisiens.
La présence et les interventions d’E. Guigou n’ont pas relevé le niveau bien au contraire. Finalement c’était R.D. la meilleure (ou la moins mauvaise si vous préférez) dans cette séquence.

Elle trace son sillon avec constance malgré les nombreuses peaux de bananes internes au ministère où sa simple présence est insupportable à certains qui la voient toujours comme une mouche dans une tasse de lait (les purges ont certainement amélioré un peu la situation), malgré l’orchestration de rumeurs et autres vacheries de la part de ceux qui ce seraient bien vus à sa place et malgré les syndicats lorsqu’elle ose, provocation suprême, faire diligenter une enquête par l’inspection qui, crime de lèse majesté absolu, souhaite entendre au plus vite les personnes concernées, magistrats inclus.
Votre frustration transparaît nettement dans ce billet au point de nommer R.D. « ce ministre-là » ce qui est une forme plus urbaine de « celle-là » qui a, au genre près, échappé à un Mac Cain en plein désarroi.

S’agissant de votre appréciation sur l’évolution du syndicat dans lequel vous semblez vous retrouver, votre satisfaction de voir naître une « mouvance » quasi-révolutionnaire m’attriste un peu.
Si mener des actions de guérilla et organiser un syndicat de combat vous semble une bonne chose, si les idées du Che imbibent la justice et les magistrats, si vous revendiquez votre autonomie totale, si vous voyez pouvoir et autorité sur le même niveau, si vous considérez que le concours de l’ENM vaut, à vie, onction élective, alors oui, il y a du souci à se faire pour notre société qui souffre déjà de sa justice.
La recherche de l’égalité ne serait qu’une étape avant le saut ultime.
C’est amusant, je repense à votre billet relatif à l’invitation d’O. Besancenot par M. Drucker.

De nombreuses personnes commencent à voir dans les syndicats des magistrats, au pire, un bras armé politique, au mieux, une machine à sédimenter le corporatisme. Souvent les deux à la fois.
Je ne pense pas par ailleurs, que ce soit une bonne chose que le ministre se rende au congrès de syndicat fusse celui de l’USM avec le risque de se faire brocarder ou de faire allégeance, le mélange des genres me semble déplacé.

Tapie.

Talentueux flamboyant et inoxydable.
Il a écrasé le plateau de sa présence sans forcer son talent A. Chabot et N. Domenach ont été inexistants inaudibles.
Je rejoins l’analyse de Daniel Ciccia pour ce qui concerne cette affaire ayant suivi également l’audition de B.T. par la commission des finances de l’AN (vidéo toujours disponible sur le site) et lu la sentence arbitrale.
Il est tombé dans un marigot plein de caïmans plus forts que lui et certains abrités dans l’île du même métal.
On peut se demander comment de telles choses sont possibles de la part d’une banque qui, à l’époque était un organisme d’Etat. Pour le moment elle laisse une ardoise d’environ 15 milliards d’euros aux contribuables. Il est vrais qu’en suivant l’actualité de ces derniers jours….

@ Philippe

Vous répondez à mon dernier post que vous pensez que l'authentique donne un prix supplémentaire à ce qui est écrit.

Si je prends comme référence de discussion le billet de Dadouche, ce qui pour moi authentifie ses mots c'est la totale sincérité intellectuelle que j'ai lue. Un entier s'y exprimait.

Je peux écrire cela car je lis régulièrement les billets de Dadouche.

Il y a dans le billet dont nous parlons une façon d'être soi dans le plus, un engagement supplémentaire, une façon d'arracher un des masques qui, à mon avis, limitaient la portée des mots de ses billets antérieurs.

Je l'ai dit ailleurs.

Si Philippe Bilger signe ses écrits Philippe Bilger, c'est parce que je pense que vous vous êtes enfin choisi, vous. Tel quel, en bloc. La question est de l’ordre d’une nécessité intérieure et intellectuelle impérieuse qui n’est plus négociable pour vous dans votre débat intime.

Alors la prime que je pourrais accorder à celui ou à celle qui, dans ses écrits, engage son identité réelle, c'est l'idée que celui-ci ou celle-là

" a enfin choisi. Elle (Il) s'est choisie " (S. de Beauvoir - " L'invitée" ).

Un peu également -, toute proportion gardée, grotesque achevé et ridicule infini de la comparaison mis de côté, évidemment ! -, dans cette idée de la fin du film "L'Armée des ombres", quand un encadré raconte le destin des protagonistes du film. A propos du Héros Résistant interprété par J. P. Cassel, l'encadré mentionne comme issue à son arrestation et aux tortures infligées:

" Il n'a donné qu'un nom. Le sien "

@ Aïssa

Je vous réponds dès que possible.

Et vous Aïssa, pour qui vous prenez-vous ?
La justice c'est exactement cela : plusieurs procès pour lever les doutes. Cela vous déplaît ? Eh bien allez vivre en République bananière, et vous verrez : un seul procès, vite expédié, et une tête vite tranchée...

Vous avez du culot, n'en usez pas contre ce que vous ne connaissez pas : cela touche au ridicule !

Intéressants commentaires de Lazare et Daniel Ciccia

Monsieur l'Avocat Général, permettez qu'un simple justiciable se fasse l'avocat du Magistrat Dadouche.

Vous critiquez son choix de l'anonymat ("Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ?"), tout en comprenant les raisons de l'anonymat d'Eolas.
Nous sommes ici "chez vous", et votre critique est respectable.

Cependant, vous allez jusqu'à donner des leçons : "... nécessaire contrepartie la présentation d'un visage, la lumière d'une personnalité et l'offrande de soi ..."

Là encore, c'est votre opinion, mais n'est-elle pas un peu "facile" ?

Vos premiers livres (certes en collaboration avec d'autres auteurs) datent des années 1990.
C'est donc bien avant l'invention des BLOG que vous avez décidé de vous exposer médiatiquement.
Ce choix vous honore. Mais est-ce qu'un autre choix en devient méprisable ?

Ici, c'est Philippe BILGER qui parle. Ce n'est finalement pas n'importe quel Avocat Général, mais bien le co-auteur de "Le besoin de justice" (paru chez Plume en 1990).

Eolas n'avait pas créé un blog pour faire partager sa parole en tant que personne, mais en tant qu'Avocat, spécialiste du droit, pour l'expliquer aux profanes.
C'est dans cette logique que des éclairages complémentaires ont été apportés par des "colocataires", qu'ils soient avocats ou juges.

Ces derniers ont donc tout naturellement repris la même logique: chez Eolas, ils s'expriment avant tout à travers leur métier, l'expérience de leur fonction. Ils ne cherchent pas l'exposition médiatique sur leur identité.
Cependant, ils assument leurs écrits, et restent sincères.
Et ce choix me paraît tout aussi respectable.

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