Alors qu'il arrive que l'idée d'un billet apparaisse comme une oasis dans un désert, celui d'aujourd'hui, que je désirais consacrer à l'Union syndicale des magistrats (USM) et à Rachida Dati, a été très opportunément nourri par l'émission de France 2 hier soir, "A vous de juger", où Arlette Chabot questionnait la garde des Sceaux avant que Bernard Tapie fasse un numéro éblouissant même pour ses pires adversaires. Ce n'était pas tout puisque le Monde, sous la signature de Pascale Robert-Diard, contribue, par une belle page, à l'illustration du blog célèbre de Me Eolas qui a pour interlocuteurs réguliers notamment deux magistrats "Dadouche" et "Gascogne" - deux pseudonymes évidemment. Je peux lire enfin dans Vendredi - un hebdo recueillant les meilleures infos du Net et dont le directeur de rédaction est Philippe Cohen - un texte de Dadouche, repris du blog de Me Eolas, critiquant l'action et le comportement de Rachida Dati sous le titre "La coupe Dati est pleine".
Beaucoup de recoupements et de croisements possibles, beaucoup de thèmes venant se greffer sur mon noyau central, des interrogations et des convictions.
Je comprends bien, pour l'avoir rencontré au cours d'un débat, les raisons de la discrétion de Me Eolas. Son blog, dont le succès considérable est sans commune mesure avec le mien même s'il nous arrive de traiter des mêmes sujets - par exemple, l'inopportune poursuite contre le bâtonnier de Saint-Pierre déclarée heureusement irrecevable -, donne libre cours à son intelligence et à son talent. Il préfère demeurer inconnu de sorte que sa subjectivité et sa culture s'offrent masquées mais cependant éclatantes dans les échanges qu'elles suscitent et acceptent. Me Eolas a le souci de faire connaître, d'expliquer et de dénoncer avec ce privilège, puisqu'il est avocat et non magistrat, de n'être soumis qu'à la réserve que lui dicte ou non son humeur intellectuelle du moment.
Je ne suis pas sûr que mon blog, infiniment modeste par rapport au sien, ne repose pas sur d'autres bases. La liberté de l'expression, la spontanéité de l'opinion, l'immédiateté de la réaction, les forces et les faiblesses d'une intervention purement personnelle ont, à mon sens, pour nécessaire contrepartie la présentation d'un visage, la lumière d'une personnalité et l'offrande de soi pour être aisément et sans détour criblé de flèches, couvert d'éloges ou, ce qui est pire, apprécié avec une tiède neutralité.
Ce qui me gêne dans le papier de Dadouche précisément, c'est que ce magistrat critique, dans l'action ou l'abstention de Rachida Dati ces derniers jours, des dérives incontestables et des carences indiscutables. Elle reprend aussi bien sur la justice des mineurs, la mise en cause de certains de nos collègues que sur l'absence de la ministre au congrès de l'USM, des analyses déjà formulées, notamment par moi-même. L'illisibilité, voire l'incohérence d'une politique qui enferme avec conviction puis déplore avec affliction - faisant reposer sur autrui qui n'en peut mais la charge de cette contradiction - se trouve blâmée depuis un certain temps, même par ceux qui ont approuvé les peines plancher mais se demandent où va mener ce triste tournis pénitentiaire, avec un projet de réforme qui au mieux ne sera examiné que dans le premier trimestre 2009. Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ?
Le garde des Sceaux chez Arlette Chabot : des réponses minimalistes ou/et un sourire gracieux et énigmatique en face de questions mal posées et floues. Exercice infiniment décevant d'un côté comme de l'autre. On a bien saisi que la ministre de la Justice était au service des Français et qu'elle avait été nommée par le président. On a perçu qu'Arlette Chabot maîtrisait médiocrement les problèmes de justice et se laissait "embarquer" trop aisément dans la thèse de "dix minutes de peopolisation" contre des mois harassants de travail. On aurait voulu plus, espéré mieux. Dire que j'avais gardé ma soirée pour cette émission.
Sur le plan du fond et de la forme, je voudrais utiliser une métaphore pour tenter de me faire bien comprendre. Si l'on compare une argumentation aboutie avec une maison dont toutes les pièces ont été soigneusement visitées, j'avais sans cesse l'impression que les répliques du garde des Sceaux s'arrêtaient, la porte franchie, au seuil du vestibule. On attendait, on attendait mais rien ne venait. On aurait aimé crier : à développer ! C'était frustrant. On est tout de même, magistrats du Parquet, sous l'autorité de ce ministre-là et il est légitime que nous soyons intéressés par sa prestation !
Et Bernard Tapie a pris la suite. Avec lui, toutes les pièces de la maison ont été occupées par la parole et aucun recoin n'a échappé à son intelligence. Sa dialectique en mouvement perpétuel a tout pris et n'a rien laissé. Je continue à estimer que dans son affaire, il y a eu un détournement de procédure que l'Etat n'est jamais parvenu à expliquer ni à légitimer. Il n'empêche que, pour convaincre, Bernard Tapie est doué, formidablement. A un moment donné, pensée iconoclaste, je me suis pris à rêver. Comme il aurait bien défendu les magistrats si l'ironie du sort l'avait fait nommer ministre de la Justice et comme je devinais bien pourquoi François Mitterrand avait été séduit, peut-être même fasciné par cet homme ! Une expression drue, charnelle, directe, une argumentation simple, efficace et structurée. Sur le plan politique, François Bayrou a été démoli en un trait de temps d'une manière telle que même ceux qui respectent ce dernier n'ont pas pu s'empêcher de trouver justifiées et dévastatrices les attaques menées par Tapie. Lorsque le talent atteint un tel niveau et que s'incarne si bien dans l'espace médiatique une personnalité qui est au-delà de la sympathie ou de l'antipathie, mais une force qui étonne, surprend, tranche sur la grisaille et peut-être convainc, il faut tirer son chapeau quoi qu'on en ait. Dati suivie de Tapie, c'était la ministre et le maître. Un drôle de maître mais une perfection durant ces minutes de télévision bourrées jusqu'à la gueule par un canonnier de haute volée. Tapie volant au-dessus.
Je n'ai pas oublié que mon dessein initial était de parler de l'USM. Lors de son congrès, j'ai perçu, à la lecture des médias, un changement de ton. La neutralité politique maintenue n'a pas empêché la vigueur des discours, celui de Bruno Thouzelier comme celui de Christophe Regnard, ni la vivacité, voire la virulence des interventions (Le Monde). Une collègue a évoqué "une guérilla à mener", un autre "un syndicat de combat". Cette pugnacité toute neuve, d'autant plus admissible qu'elle ne s'accompagne d'aucune adhésion partisane ou opposition idéologique, a plu bien au-delà du cercle des syndiqués de l'USM. J'y ai trouvé enfin la manifestation heureuse du nécessaire déclin des politiques dans l'esprit judiciaire. Il n'était que temps de ne plus surestimer les politiques dans le dialogue que la Justice, les magistrats doivent nouer avec eux. Longtemps, il y avait comme un respect, presque une crainte révérencieuse devant ce monde du Pouvoir qui nous prenait de haut. Maintenant, il est pris à égalité. Ses faiblesses valent bien les nôtres, nos forces ne sont pas indignes des siennes et nous oeuvrons, magistrats et politiques, au service de la démocratie.
A égalité, je vous l'assure.
Ha oui, les 45 millions de préjudice moral + l'amendement "Tapie" qui vient de sortir... Il a déjà touché le chèque au fait ?
J'allais oublier avec toutes ces histoires d'économie virtuelle, de bourses qui se cassent la figure etc...
Et Tapie à la télé, toujours dans le registre de la séduction - qu'est-ce qu'il a d'autre ? Il agit en commercial, peut-être a-il-vendu des cuisines intégrées dans une autre vie ? - qui fait mouche, ça marche. Il fait rire avec sa gouaille style grande g... et populo. Au comptoir du bistrot, j'imagine le succès.
J'ai du mal à gober que sur le plan juridique, ce soit incontestable surtout si le choix de l'instance qui lui a accordé ces indemnités, lui, l'est.
Rédigé par : Nathalie | 24 octobre 2008 à 19:20
Bonjour,
Je n'ai pu que vous copier un morceau, vous pouvez lire le reste page 118 du Folio "A l'ombre des jeunes filles en fleurs".
C'est très doux ! et pas du tout hors sujet :
"Ce nom Bergotte me fit tressauter comme le bruit d’un revolver qu’on aurait déchargé sur moi, mais instinctivement pour faire bonne contenance je saluai ; devant moi comme ces prestidigitateurs qu’on aperçoit intacts en redingote sous la poussière d’un coup de feu
d’où s’envole une colombe, mon salut m’était rendu par un homme jeune, rude, petit, râblé et myope, à nez rouge en forme de coquille de colimaçon et à barbiche noire.
J’étais mortellement triste, car ce qui venait d’être réduit en poudre, ce n’était pas seulement le langoureux vieillard dont il ne restait plus rien, c’était aussi la beauté d’une œuvre immense que j’avais pu loger dans l’organisme défaillant et sacré que j’avais, comme un temple, construit expressément pour elle, mais à laquelle aucune place n’était réservée dans le corps trapu, rempli de vaisseaux d’os, de ganglions, du petit home à nez camus et à barbiche noire qui était devant moi. Tout le Bergotte que j’avais lentement et délicatement élaboré moi-même goutte à goutte comme une stalactite, avec la transparente beauté de ses livres, ce Bergotte-là se trouvait d’un seul coup ne plus pouvoir être d’aucun usage, du moment qu’il fallait conserver le nez en colimaçon et utiliser la barbiche noire…………..Mais pour Bergotte la gêne du nom préalable n’était rien auprès de celle que me causait l’œuvre connue à laquelle j’étais obligé d’attacher, comme après un ballon l’homme à barbiche sans savoir si elle garderait la force de s’élever….et alors je me demandais si l’originalité prouve vraiment que les grands écrivains soient des dieux régnant chacun dans un royaume qui n’est qu’à lui, ou bien s’il n’y a pas dans tout cela un peu de feinte, si les différences entre les oeuvres ne seraient pas le résultat du travail, plutôt que l’expression d’une différence radicale d’essence entre les diverses personnalités…..
.................."
Je venais juste de connaître le blog d'Eolas
Je viens d'apprendre qu'Eolas n'a qu'une trentaine d'année, je le croyais bien plus vieux... il y aura autant d'Eolas que de lecteurs. Nous avons chacun notre Bergotte.
Ce qui unit ces deux blogs c'est la générosité de leur propriétaire.
Pour le reste je rejoins Véronique.
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 23 octobre 2008 à 10:13
@ sbriglia
Bilger, Eolas ?
Jim ET Jules.
Oui. Absolument.
Pour comprendre et pour se choisir soi dans les tourbillons de la vie, c'est tantôt Jim, c'est tantôt Jules.
Chez Jules, c'est d'abord apprendre. Pour avoir une chance de comprendre.
Chez Jim, c'est faire les apprentissages des contraintes et des délivrances d'être soi.
"L'autre est magistrat, heureusement délivré, par son âge et son poste, des choix de carrière, disposant d'une certaine liberté de plume,..."
Quand on lit la biographie professionnelle et intellectuelle de Jim, croyez-moi, même quand Jim avait 10 ans, son tempérament s'est toujours exprimé. La liberté est son nirvana.
Dans l'Antiquité, au temps du juge Pascal, eh bien le Jim, de son propre aveu, réalisait avec ce collègue ébouriffé l'exploit d'être dans le peloton de tête des juges les plus mal notés de France. Jim, dans la nuit des temps, question notation... une vraie catastrophe...(*).
(*) "Un avocat général s'est échappé"
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 23 octobre 2008 à 07:37
@ sbriglia
"Inutilement perfide, heureusement faux"
Point faux puisque Monsieur Bilger lui-même admet qu'il ne peut.. toujours librement approfondir étant tenu à un certain devoir de réserve, devoir de réserve qui me paraît légitime et tout a fait respectable.
En l'avouant, ou plutôt en nous le confiant, Monsieur Bilger nous laisse entendre qu'il n'est pas dupe. Et je le crois volontiers.
Confondriez-vous esprit critique avec perfidie?, vous m'attribuez un bien étrange culte qui ne fait pas partie de ma culture, aussi baroque soit-elle, dieu merci ! Je suis un homme d'honneur, Monsieur Bilger accepte la critique démocratiquement, je me sers de l'usage.
La nature m'a doté comme tout un chacun d'une capacité de réflexion, je me contente d'en user, sans pour autant prétendre avoir toujours raison, la perfidie est un terme inapproprié à mon humble avis en ce qui concerne mon caractère seulement franc, le lambda citoyen que je suis se sert de la démocratie directe que nous offre notre hôte.
Si je devais y aller de flatteries continuelles, Monsieur Bilger s'ennuierait, même, si courtois, il ne me le ferait jamais remarquer, Monsieur Bilger argumente parce qu'il aime l'argumentation, Sans l'alpha et l'oméga, l'esprit stagne..
Rédigé par : Patrick Marguillier | 23 octobre 2008 à 04:42
Eolas versus Bilger ?
Cela n'a pas de sens.
Le blog du premier, remarquable sur le plan de la technique juridique, suivi avec bonheur par des commentateurs avides de connaissances du judiciaire, ne saurait, selon moi, être comparé au blog de PB, a fortiori faire l'objet d'un dérisoire et inopportun challenge...
La "clientèle" de l'un ne recouvre pas celle de l'autre, les attentes ne sont pas les mêmes, les profils foncièrement différents...
L'un est avocat, comme tel soumis à la déontologie de son Ordre qui l'oblige nécessairement à l'anonymat... (les jalousies sont grandes chez les disciples de Berryer !)
L'autre est magistrat, heureusement délivré, par son âge et son poste, des choix de carrière, disposant d'une certaine liberté de plume, pour autant limitée par l'inévitable devoir de réserve...
L'un, sous couvert d'anonymat, peut forcer le trait, débrider l'expression, humilier le commentateur imbécile, mépriser l'indigent d'esprit, faire rire aux dépens des uns ou des autres, bref, se "faire plaisir" sans craindre les foudres d'une quelconque hiérarchie, d'un confrère vilipendé, d'un Tribunal admonesté, ledit anonymat le protégeant.
L'autre, à poitrine déployée, tel Cyrano, va représenter la Société aux assises, affronter l'avocat qui, dans un commentaire acide, le fustigeait la veille sur son propre blog, recevoir les instructions d'une Chancellerie dont il n'a jamais été l'obséquieux ou zélé serviteur.
De grâce évitons les comparaisons, ne mesurons pas l'aune "médiamétrique" de l'un à celle de l'autre...
Elles sont consubstantiellement différentes...
Tous deux sont, dans leur domaine, essentiels.
Certains préfèrent le salon Verdurin, d'autres la salle des criées : il faut sans doute un peu des deux pour comprendre son siècle...
Rédigé par : sbriglia | 22 octobre 2008 à 17:28
"Monsieur Bilger me laisse souvent sur ma faim, ne creusant pas assez, il se contente du salon et au mieux du salon mais ne va jamais dans l'arrière-boutique et encore moins dans l'arrière-cour." a écrit PM
Inutilement perfide, heureusement faux...
Pour la profondeur et le creusement, je vais chercher mon puisatier, ou je m'asphyxie dans la longueur des commentaires de certain(e)s.
Pour l'arrière-boutique et l'arrière-cour, juste avant les latrines, il suffit d'avoir pris ses précautions avant ...
...la réponse de PB est un chef d'oeuvre de finesse.
Rédigé par : sbriglia | 22 octobre 2008 à 09:02
@ Aïssa
...Il y avait presque dix ans de cela. Une usine à la campagne. Une vente aux enchères publiques d'actifs qui n'étaient plus que du matériel qui ne valait rien. Qui valait tout.
Une horde de marchands qui ont éventré des fenêtres, détruit des portes, arraché des prises de courant. Et puis les cuvettes de WC débordés de leurs excréments. Depuis la liquidation judiciaire, l'eau avait été coupée.
Ce jour-là elle avait voulu être ailleurs. Elle y revint le lendemain. Elle pleura comme jamais du désastre qu'elle vit. Une mise à sac. Et elle à terre pour la seule fois, au milieu de tout ça, dans son chagrin sur un ciment glacial.
Un commissaire priseur, ici, auxiliaire de justice, avait dirigé la vente. Il avait permis cette dévastation.
Après tout, ce représentant de la justice, si elle avait eu la force de lui demander d'expliquer, aurait pu lui répondre que ce jour-là il ne représentait "que la loi, rien que la loi, point barre."...
- N'avancez pas ces choses à la légère, vous les ignorez.
- Qu'en savez-vous ?
- Tssss tsssss tssss...
- Passons à autre chose... d’accord, Aïssa ?
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 22 octobre 2008 à 08:22
@ Jean-Dominique Reffait
Je partage votre analyse, non sur Bernard Tapie, mais celle sur le blog de Monsieur Bilger, je suis allé plusieurs fois également sur celui de Maître Eolas mais je n'éprouve pas le besoin de répondre, on ne peut nier la richesse de son blog, mais les roses sans épines..
Je me lasse vite de sa lecture..
De toute manière je ne pense pas qu'il soit intéressant de faire des comparaisons, ce sont deux blogs très intéressants, avec contenu et suivi, ce qui attiserait ma curiosité par contre ce serait de voir ces deux ténors débattre ensemble de sujets de société, de justice...
Rédigé par : Patrick Marguillier | 22 octobre 2008 à 06:39
"..je ne suis pas sûr que certaines définitions de la profondeur qu'on me propose ne renvoient pas tout simplement à une forme de grossièreté, voire de brutalité dans la forme. Ce n'est pas la conception que j'ai de ce blog et dans ce blog."
Je vous approuve pleinement, ça ne serait plus un blog tendant à la qualité des échanges, sans consensus ni acceptation de règles, ça deviendrait une foire d'empoigne lourde à maîtriser.
Puis après tout, vous êtes chez vous que diable ! et nul n'aurait bonne foi à se plaindre de votre courtoisie et chose rare de nos jours, vous ne pratiquez pas la censure ni ne limitez les dialogues.
Votre blog est formidable, la plupart des gens sont intéressants à lire, je ne voudrais pas vous voir le clore parce que la brutalité ou la grossièreté approximative règneraient.
Dans le fond, peut-on se passer de bon pain ?
Rédigé par : Patrick Marguillier | 22 octobre 2008 à 06:24
@ Monsieur Bilger,
Effectivement, dès lors, on peut comprendre votre réserve, comme disait Desproges (me semble-t-il) "on peut tout dire, mais pas à n'importe qui.."
Néanmoins, certains de vos billets sont très pertinents, et même quelque fois délicieusement impertinents, j'ai toujours plaisir à lire vos posts et votre blog m'est aussi indispensable qu'un bon pain puisque invariablement, je reviens vous lire et décocher occasionnellement quelques flèches. Il est des lectures dont on ne peut se passer.
Je vous sais très ouvert et nombre de hauts magistrats devraient en prendre de la graine, établir des dialogues avec les citoyens lambda pour consacrer à la formule consacrée du "citoyen ignorant" type.
Sinon ma vision de la profondeur ne passait par des formes de grossièreté, d'acharnements, qui ne feraient pas avancer le(s) débat(s), je pensais plutôt aux aspects psychologiques des personnages que vous décrivez, aux conséquences de leurs actes, les avantages ne sont que ceux qui devraient être depuis mille ans si l'homme ne se fourvoyait dans des guerres et autres débilités qui lui font perdre des siècles d'avancées, les avantages ne présentent aucun intérêt verbal puisqu'ils sont le but basique comme ultime de toute démarche humaine, finalement ce qui me semble le plus important ce sont les résultats et leurs conséquences.
En ce qui concerne Bernard Tapie, le personnage est sympathique de prime abord, mais les finalités/résultats depuis des années sont loin d'être à la hauteur de ses beaux discours.
Autant pour Nicolas Sarkozy, autant pour Maître Vergès, beaux parleurs certes, mais quand on analyse un peu plus profondément les choses, la politique du résultat, c'est loin d'être du must ! et quelquefois plus on approfondit, plus c'est nauséeux à souhait ou simplement révélateur.
Ceci pour recadrer un peu les personnages, au-delà de ces résultats, personnellement, ces personnages ne me sont nullement antipathiques, bien au contraire, MAIS je ne vis pas dans les beaux quartiers, je vois, j'évalue, et je constate que les actes ne correspondent pas aux mots, aux engagements, je ne perds jamais de vue que le charme politique, financier, ne vise, la plupart du temps qu'à corrompre l'idéal basique, l'idéal voisin ou l'idéal opposé, le charme n'est qu'un leurre auquel je refuse de succomber tant que les faits ne sont pas à la hauteur du charme déployé.
Il sera toujours temps de se gargariser par la suite.
Pour revenir à Bernard Tapie, l'incompétence désormais notoire de Rachida Dati au moins autant que la prétendue compétence verbale de Bernard Tapie sont nuisibles, Dati est quasi transparente, peut être un peu trop, néanmoins après rapide analyse, il y a une nuance très nette entre "l'affaire" Tapie et l'affaire justice, sérieusement mise à mal, qui concerne quelques 60 millions de Français.
360 millions d'euros, 60 millions de Français, faites vos choix messieurs dames..
Mais tentons un instant d'être résolument honnête, sans le moindre parti pris, le fond de la boutique Dati s'appelle Sarkozy.
Cécilia disait "ma soeur" à propos de Dati, N.S dit: je suis le patron. Dati n'a jamais été élue.
Dati n'a toujours été qu'un pion dans la stratégie de longue haleine, chrono en main, que mène NS. Cela n'exonère pas Rachida Dati de ses nombreuses erreurs politiques et de sa communication désastreuse.
Enceinte, elle va sans doute être contrainte de s'arrêter quelque temps ?
Rédigé par : Patrick Marguillier | 22 octobre 2008 à 06:00
Bonjour,
Puisqu'on a comparé ce blog au salon "Verdurin" je copierai demain pour vous le passage décrivant la présentation de Bergotte à Proust, c'est tout à fait délicieux...
Quelqu'un de nous racontera j'espère un jour sa rencontre avec Eolas...
Je rejoins Véronique Raffeneau. Il y a autant d'Eolas que de commentateurs ou de lecteurs d'Eolas... y compris pour lui-même...
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 22 octobre 2008 à 01:14
Comme j'ai été vraiment touché par les appréciations très positives de J-D Reffait sur ce blog, je voudrais indiquer à ceux qui trouvent que certains billets manquent de profondeur - par exemple pour Patrick Marguillier, sur Tapie volant - d'abord qu'ils ont peut-être raison, ensuite, et surtout, que ce qu'ils appellent profondeur serait la possibilité pour moi de disposer d'une liberté totale qui me permettrait d'aller plus loin encore dans l'analyse. Mes billets, la majorité d'entre vous l'a compris, représentent une synthèse entre la volonté de tout dire et ma réserve de magistrat. Je ne peux pas pousser l''expression de ma pensée sans retenue. Je ne suis pas persuadé d'ailleurs que certaines définitions de la profondeur qu'on me propose ne renvoient pas tout simplement à une forme de grossièreté, voire de brutalité dans la forme. Ce n'est pas la conception que j'ai de ce blog et dans ce blog.
Rédigé par : Philippe Bilger | 22 octobre 2008 à 00:22
@Véronique
Tssss tsssss tssss... Vous vous perdez dans la rhétorique, chère Véronique. La philosophie, comme la psychologie, c'est dans le boudoir, pas au tribunal. La loi, que la loi, rien que la loi, point barre. Que dit-elle ? Que le doute doit profiter à l'accusé. Un doute, si infime soit-il, ne perdure pas durant 21 ans comme c'est le cas dans cette affaire Maire. S'il a autant duré au détriment de l'un (l'accusé) et des autres (les parties civiles), que les magistrats en payent le prix, c'est la moindre des choses. Ce prix? Qu'ils dégagent! comme des mauvais qu'ils sont quand ce n'est pas des criminels quand les uns et/ou les autres, las que le doute ne leur profite jamais, finissent par se donner la mort pour échapper à leur incompétence, leur suffisance, omnipotence, cynisme et tyrannie. Ca c'est de la République, n'en déplaise à certains. Le contraire, c'est de la banane.
Quant à moi personnellement, détrompez-vous. Ce système que vous nommez n'a ni plus ni moins souhaité que je crève, comme tant d'autres. N'avancez pas ces choses à la légère, vous les ignorez. Je ne lui dois rien. Si, un lourd crachat quand je le vois continuer pareil dans sa bêtise et son arrogance et son mépris des lois qu'il prétend et affirme appliquer avec conscience et rigueur, et son mépris de l'humain, sous des apparences, des apparats ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 21 octobre 2008 à 22:28
@ Véronique Raffeneau
Superbe argumentation
@ Lucas Clermont
Je crains de partager votre avis, Monsieur Bilger me laisse souvent sur ma faim, ne creusant pas assez, il se contente du salon et au mieux du salon mais ne va jamais dans l'arrière-boutique et encore moins dans l'arrière-cour.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 21 octobre 2008 à 21:10
@ Jean-Dominique Reffait
J'adore le "...est une purge"
"au goudron avec les plumes", on en rirait presque si ça ne coûtait autant aux contribuables..
Moi les shows Tapie avec effets spéciaux ne me font plus guère d'effet, je ne nierais pas qu'à une autre époque..
Je pense que quand on sait ce que l'on veut, ce show n'est pas plus difficile que de cueillir des pâquerettes..
SURTOUT quand on sait ce qu'il y a en face, Arlette Chabot tsss..
Quand Tapie a un adversaire efficace qui connaît son ou ses dossiers, il ne tient pas la route longtemps, il se met en colère, devient vite grossier, est incapable de se maîtriser.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 21 octobre 2008 à 21:05
"la ministre et le maître"
On tourne la formule autrement ?
"l'ex taulard et Madame la ministre de la Justice, garde des Sceaux"
voulait sans doute dire Monsieur Bilger, respectueux des us et coutumes de la haute magistrature ?
Allons, trêves d'hypocrisie, il est évident que l'ex master T est plus vicelard coté neurones et verbiage (et actes) que la ministre, pas de quoi tomber à la renverse... un peu de charme, de l'auto-conviction saupoudrés d'une pincée de supériorité envers tous les veaux qui écoutent ou regardent "ça", un zeste de cynisme, de l'autodérision, et le tour est joué, digéré, simple numéro d'acteur dans lequel il a toujours excellé à l'identique de NS...
Tapie volant est un vieux routard des médias et un manipulateur de première, la ministre est simplement engoncée dans son inexpérience médiatique. On ne peut même pas la qualifier de psychorigide, dans l'intimité elle ne l'est pas plus que n'importe quelle femme.
Il faut néanmoins tout de même lui reconnaître un sacré manque d'argumentation qui fait très mauvais effet, dessert autant la magistrature que la politique du gouvernement, la magistrature a soif d'explications, de motivations, de réponses, mais le citoyen ordinaire également, plus particulièrement celui qui a voté pour NS car il commence a sérieusement à avoir le tournis.
Moi quand je regarde Dati je regarde presque à chaque instant mon oreiller avec beaucoup de respect, l'oeil énamouré, quant à Tapie, je connais trop son baratin mâché et pré-cuit pour encore savourer...
Je préfère encore lire votre blog finalement.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 21 octobre 2008 à 20:58
Je rejoins, cher Philippe, le bel hommage que Jean-Dominique Reffait vient de faire de votre blog.
Rédigé par : Laurent Dingli | 21 octobre 2008 à 14:10
Pour avoir connu les deux blogs, celui d'Eolas et le vôtre, au même moment, je comprends les raisons du plus grand succès de celui d'Eolas qui sont d'ailleurs les mêmes qui me font préférer le vôtre...
Si le blog d'Eolas plaît à un plus grand nombre, c'est en raison de son aisance de lecture, qui n'agite pas ou peu les multiples ressorts du comportement humain, qu'il s'agisse d'affaires de justice ou non. Plus facile à comprendre, il est aussi moins profond et, partant, moins apte à nous faire sentir les dilemmes, les complexités du métier de juger dans un état dit de droit.
Ensuite, et parce qu'il est avocat, Eolas tient un discours attendu d'un avocat : il n'est pas en décalage avec sa profession. Son effort de pédagogie est considérable, sa plume est vive et drôle mais, pour qui est plongé de gré ou de force dans le monde judiciaire, on y trouve plus de formalisme que de recherche des causes qui font agir le système tel qu'il agit.
Vous vous êtes placé dans une autre configuration intellectuelle. Un salon ? non. Un nid douillet, non plus. Vous vous situez dans le fond des choses, vous regardez ce qui reste dans le verre, après qu'on l'eut vidé chez Eolas ou ailleurs.
Et puis vous ne vous situez pas dans la posture attendue d'un magistrat. Ils sont anonymes, vous êtes à visage découvert, vous interrogez votre conscience, ce qui n'est pas l'exercice quotidien de vos collègues, vous exprimez vos convictions tandis qu'ils nous jouent la comédie de la réserve. Cette attitude peut rebuter des lecteurs habitués aux blogs qu'on lit vite fait bien fait : non, il faut souvent vous relire, décrypter, relier un billet à un autre par les souterrains d'une pensée qui est complexe, paradoxale, sans complaisance et sans concessions aux facilités du genre (sauf dans les titres où il est clair que vous vous amusez à faire du bon marketing !)
La question qui doit être posée - et je n'en connais pas la réponse - n'est pas tant de savoir qui est le plus populaire mais qui est le plus influent.
Je n'entre pas dans votre blog pour m'y reposer. Je bondis parfois, j'abonde ou je repousse, mon cerveau fonctionne. Je vais très rarement sur le blog d'Eolas, mais c'est pour m'y distraire et je n'y contribue pas, lui trouvant la beauté que Musset attribuait aux roses du Bengale : "sans épines et sans parfum".
Dati était jolie, avec un visage arrondi par la grossesse, de grands yeux doux et étonnés devant tant de questions. Elle n'a répondu à rien, s'est emmêlée les pinceaux. Service minimum.
Tapie était formidable, j'adore ce type. J'ai suivi son audition devant la commission des finances, un régal. Un show, certes, mais documents à l'appui, argumenté. Enfin quoi, cet homme n'a volé personne. Il a triché dans un jeu où tout le monde triche, mais lui s'est fait piquer et a eu droit au goudron avec les plumes. Le tribunal arbitral concrétise la notion de jeu : entre deux tricheurs, Tapie et le Crédit Lyonnais, il fallait un arbitre et non un juge, la justice se révélant incapable d'établir son mode de fonctionnement dans cette partie de billard. C'est pas joli, mais c'est ainsi que va le monde.
Chabot était nulle comme à l'accoutumée. Complaisante envers les puissants, ignorante des dossiers. Cette femme est une purge.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 21 octobre 2008 à 10:55
@ Aïssa
"Mais il serait bien qu'une instance constitutionnelle voire européenne soit créée pour justement juger de ces choses (de la responsabilité personnelle des magistrats) afin que des responsabilités judiciaires personnelles soient dégagées et sanctionnées pour ce énième et terrible fiasco judiciaire."
Je pense, Aïssa, qu'aucune instance, quelle qu'elle soit, aussi proche d'une perfection abstraite soit-elle, ne pourra jamais affirmer à des victimes et à des accusés qu'elle est en mesure de les préserver des imperfections d'un système judiciaire.
C'est mentir à des victimes que de leur dire qu'un procès et un coupable leur permettront de faire leur deuil, selon l'expression consacrée et utilisée à tort et à travers.
C'est mentir à un justiciable que de lui dire qu'un système judiciaire prouvera à tous les coups son innocence ou sa culpabilité.
Fabriquez tous les systèmes de responsabilité - étroit, élargi, moyen -, que vous voulez. Il y a, à mon avis, un élément décisif que jamais vous ne pourrez traduire par un langage juridique, aussi élaboré fut-il, c'est l'idée qu'un homme ou une femme se fait ou ne se fait pas, ou ne se fait plus de sa propre responsabilité professionnelle, morale et humaine, et de la valeur qu'il donne ou qu'il ne donne pas, ou qu’il donne plus à cet engagement.
Tant qu'une réelle culture de l'autre n’irriguera pas les apprentissages et les maîtrises techniques ou techniciennes des métiers qui ont à voir avec l'autorité et le pouvoir sur autrui, qui ne se structurent bien que par des ancrages forts dans des traditions de savoirs humanistes qui ont fait leur preuve, et non plus dans les prêts à penser du moment, alors, moi, je serai toujours inquiète que les dogmes des uns mélangés aux habitudes et aux inconsistances des autres tiennent lieu de morale professionnelle.
Quant à votre expérience du monde judiciaire, à vous lire ici depuis quelques mois, j’avais cru comprendre que non, Aïssa, vous n’êtes pas une victime de cet univers. Ce système, ceux qui le composent et sur lesquels vous crachez, vous ont aussi permis de vous relever et de vous tenir debout.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 21 octobre 2008 à 09:52
«Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ?»
Vous avez raison de vous poser cette question : elle peut vous aider à vous interroger sur la dignité et l'élégance qu'on confond parfois avec la posture théâtrale vertueuse des personnes qui ne risquent rien. Pour ma part, les billets de Dadouche et de Gascogne, m'apparaissent transparents, dignes et élégants en cela qu'ils n'abusent pas de l'anonymat et révèlent des conditions de travail qui laissent songeur, inquiet.
À la rigueur le reproche que l'on pourrait faire collectivement aux magistrats c'est de prétendre rendre la justice alors que manifestement ils n'ont pas les moyens de juger sereinement. Il est vrai que vous avez préféré éreinter Eva Joly plutôt que les conditions dans lesquelles les magistrats du pôle financier conduisent leurs enquêtes ; il est vrai que de l'Allemagne vous ne relevez que l'attitude des magistrats face à la responsabilité et pas que le budget de la justice de ce pays est le double du budget français (rapporté au PIB). Perception très différente du problème : le point de vue serait-il différent ?
Rédigé par : Lucas Clermont | 20 octobre 2008 à 16:24
Monsieur l'Avocat Général, permettez qu'un simple justiciable se fasse l'avocat du Magistrat Dadouche.
Vous critiquez son choix de l'anonymat ("Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ?"), tout en comprenant les raisons de l'anonymat d'Eolas.
Nous sommes ici "chez vous", et votre critique est respectable.
Cependant, vous allez jusqu'à donner des leçons : "... nécessaire contrepartie la présentation d'un visage, la lumière d'une personnalité et l'offrande de soi ..."
Là encore, c'est votre opinion, mais n'est-elle pas un peu "facile" ?
Vos premiers livres (certes en collaboration avec d'autres auteurs) datent des années 1990.
C'est donc bien avant l'invention des BLOG que vous avez décidé de vous exposer médiatiquement.
Ce choix vous honore. Mais est-ce qu'un autre choix en devient méprisable ?
Ici, c'est Philippe BILGER qui parle. Ce n'est finalement pas n'importe quel Avocat Général, mais bien le co-auteur de "Le besoin de justice" (paru chez Plume en 1990).
Eolas n'avait pas créé un blog pour faire partager sa parole en tant que personne, mais en tant qu'Avocat, spécialiste du droit, pour l'expliquer aux profanes.
C'est dans cette logique que des éclairages complémentaires ont été apportés par des "colocataires", qu'ils soient avocats ou juges.
Ces derniers ont donc tout naturellement repris la même logique: chez Eolas, ils s'expriment avant tout à travers leur métier, l'expérience de leur fonction. Ils ne cherchent pas l'exposition médiatique sur leur identité.
Cependant, ils assument leurs écrits, et restent sincères.
Et ce choix me paraît tout aussi respectable.
Rédigé par : Yves D | 20 octobre 2008 à 13:48
Intéressants commentaires de Lazare et Daniel Ciccia
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 octobre 2008 à 12:12
Et vous Aïssa, pour qui vous prenez-vous ?
La justice c'est exactement cela : plusieurs procès pour lever les doutes. Cela vous déplaît ? Eh bien allez vivre en République bananière, et vous verrez : un seul procès, vite expédié, et une tête vite tranchée...
Vous avez du culot, n'en usez pas contre ce que vous ne connaissez pas : cela touche au ridicule !
Rédigé par : Guile | 20 octobre 2008 à 10:02
@ Philippe
Vous répondez à mon dernier post que vous pensez que l'authentique donne un prix supplémentaire à ce qui est écrit.
Si je prends comme référence de discussion le billet de Dadouche, ce qui pour moi authentifie ses mots c'est la totale sincérité intellectuelle que j'ai lue. Un entier s'y exprimait.
Je peux écrire cela car je lis régulièrement les billets de Dadouche.
Il y a dans le billet dont nous parlons une façon d'être soi dans le plus, un engagement supplémentaire, une façon d'arracher un des masques qui, à mon avis, limitaient la portée des mots de ses billets antérieurs.
Je l'ai dit ailleurs.
Si Philippe Bilger signe ses écrits Philippe Bilger, c'est parce que je pense que vous vous êtes enfin choisi, vous. Tel quel, en bloc. La question est de l’ordre d’une nécessité intérieure et intellectuelle impérieuse qui n’est plus négociable pour vous dans votre débat intime.
Alors la prime que je pourrais accorder à celui ou à celle qui, dans ses écrits, engage son identité réelle, c'est l'idée que celui-ci ou celle-là
" a enfin choisi. Elle (Il) s'est choisie " (S. de Beauvoir - " L'invitée" ).
Un peu également -, toute proportion gardée, grotesque achevé et ridicule infini de la comparaison mis de côté, évidemment ! -, dans cette idée de la fin du film "L'Armée des ombres", quand un encadré raconte le destin des protagonistes du film. A propos du Héros Résistant interprété par J. P. Cassel, l'encadré mentionne comme issue à son arrestation et aux tortures infligées:
" Il n'a donné qu'un nom. Le sien "
@ Aïssa
Je vous réponds dès que possible.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 20 octobre 2008 à 08:56
Je n’ai pas gardé ma soirée pour cette émission, mais je l’ai enregistrée pour regarder sereinement. Je n’ai pas été déçu.
A mon avis, R.D. a fait une bonne prestation, elle avait travaillé l’audition ;) .
Vous qualifiez ses réponses de minimalistes, mais les questions étaient tristement banales, imprécises dans la formulation et superficielles dans l’argumentation.
Du mauvais ouvrage de journaliste qui n’a pas pris la peine de travailler le fond permettant des relances précises pour privilégier l’aspect people, rumeurs et autres goujateries, fond de commerce des salons parisiens.
La présence et les interventions d’E. Guigou n’ont pas relevé le niveau bien au contraire. Finalement c’était R.D. la meilleure (ou la moins mauvaise si vous préférez) dans cette séquence.
Elle trace son sillon avec constance malgré les nombreuses peaux de bananes internes au ministère où sa simple présence est insupportable à certains qui la voient toujours comme une mouche dans une tasse de lait (les purges ont certainement amélioré un peu la situation), malgré l’orchestration de rumeurs et autres vacheries de la part de ceux qui ce seraient bien vus à sa place et malgré les syndicats lorsqu’elle ose, provocation suprême, faire diligenter une enquête par l’inspection qui, crime de lèse majesté absolu, souhaite entendre au plus vite les personnes concernées, magistrats inclus.
Votre frustration transparaît nettement dans ce billet au point de nommer R.D. « ce ministre-là » ce qui est une forme plus urbaine de « celle-là » qui a, au genre près, échappé à un Mac Cain en plein désarroi.
S’agissant de votre appréciation sur l’évolution du syndicat dans lequel vous semblez vous retrouver, votre satisfaction de voir naître une « mouvance » quasi-révolutionnaire m’attriste un peu.
Si mener des actions de guérilla et organiser un syndicat de combat vous semble une bonne chose, si les idées du Che imbibent la justice et les magistrats, si vous revendiquez votre autonomie totale, si vous voyez pouvoir et autorité sur le même niveau, si vous considérez que le concours de l’ENM vaut, à vie, onction élective, alors oui, il y a du souci à se faire pour notre société qui souffre déjà de sa justice.
La recherche de l’égalité ne serait qu’une étape avant le saut ultime.
C’est amusant, je repense à votre billet relatif à l’invitation d’O. Besancenot par M. Drucker.
De nombreuses personnes commencent à voir dans les syndicats des magistrats, au pire, un bras armé politique, au mieux, une machine à sédimenter le corporatisme. Souvent les deux à la fois.
Je ne pense pas par ailleurs, que ce soit une bonne chose que le ministre se rende au congrès de syndicat fusse celui de l’USM avec le risque de se faire brocarder ou de faire allégeance, le mélange des genres me semble déplacé.
Tapie.
Talentueux flamboyant et inoxydable.
Il a écrasé le plateau de sa présence sans forcer son talent A. Chabot et N. Domenach ont été inexistants inaudibles.
Je rejoins l’analyse de Daniel Ciccia pour ce qui concerne cette affaire ayant suivi également l’audition de B.T. par la commission des finances de l’AN (vidéo toujours disponible sur le site) et lu la sentence arbitrale.
Il est tombé dans un marigot plein de caïmans plus forts que lui et certains abrités dans l’île du même métal.
On peut se demander comment de telles choses sont possibles de la part d’une banque qui, à l’époque était un organisme d’Etat. Pour le moment elle laisse une ardoise d’environ 15 milliards d’euros aux contribuables. Il est vrais qu’en suivant l’actualité de ces derniers jours….
Rédigé par : LAZARE | 19 octobre 2008 à 19:26