Un billet du dimanche. Quand il y a encore un suspens délicieux avant le lundi et les tâches quotidiennes. La pensée refuse de se prendre au sérieux. On a envie d'être tranquille, serein et de sourire.
Pour cela, heureusement, il y a Alain Delon avec son inaltérable amour de soi, l'ivresse avec laquelle il se consomme. Sa vanité surréaliste. L'aplomb avec lequel il se proclame, se contemple, se mire, s'interpelle et se glorifie. Les entretiens avec lui ont ceci de facile qu'il ne répond pas aux questions puisque les seules réponses qu'il consent à donner se rapportent au point de savoir s'il est le meilleur ou non. Il n'hésite jamais et l'affirmative l'emporte toujours. Au prétexte qu'il s'agit d'art et qu'il "serait" un monstre, les journalistes sont en roue libre, les magazines font dans la promotion et personne ne le renvoie à son ridicule.
Et pourtant ! Il joue une pièce avec Anouk Aimée et il la met en scène. Il succède à Philippe Noiret dont tout le monde sait qu'il était un petit comédien de rien, un piètre acteur ! On demande à Alain Delon - on ose lui demander si la succession ne sera pas trop difficile à assurer. En substance, Delon impérial réplique que l'histoire commence avec Delon et que Noiret ne pèse rien en face de l'événement qu'il inaugure.
Ce n'est pas tout. Il y a plus alarmant et plus grotesque. Il n'hésite pas, dans un autre magazine, à se comparer avec ce géant américain qu'est Clint Eastwood en affirmant avec un culot qui évidemment n'est pas contredit qu'il a sa stature, son génie, son universalité et ses aptitudes diverses et éclatantes. Alors que Delon a été, parfois, un grand acteur et c'est déjà beaucoup.
Qu'il se mêle des films consacrés à Romy Schneider parce que naturellement il serait post mortem propriétaire de celle-ci, pourquoi pas ? Avec lui, on n'en est plus à une immixtion près mais que sans trembler il se prenne pour Clint Eastwood, cela dépasse l'entendement.
Le hasard fait bien les choses puisqu'un film réalisé par ce dernier va bientôt sortir. Clint Eastwood a été plusieurs fois interviewé à cette occasion. Quelle bouffée de modestie pure, de naturel, d'élégance et de reconnaissance pour ceux qui l'ont aidé et soutenu ! Il ne parle pas de lui à la troisième personne. Il est, tout simplement.
De grâce, Alain Delon, ne vous prenez pas pour un géant. Les vrais "monuments" laissent aux autres le soin et l'honneur de les qualifier de tels.
@ BEAU
En tout cas, vous n'avez sûrement pas la beauté de l'âme !
Rédigé par : mike | 10 mars 2010 à 12:20
Chapeau bas devant vous, cher Philippe ! Quelle leçon !
PS : pas évident l'ascenseur inversé... on est trop vieux, Philippe, pour se faire ainsi bousculer nos habitudes ! (oui, je sais, "l'échec c'est de créer des habitudes", cher Laurent !)
Rédigé par : sbriglia | 10 mars 2010 à 10:50
Là, il a raison.
Sur toute la ligne.
Rédigé par : jpledun | 10 mars 2010 à 09:29
Vous êtes vraiment favorable à la liberté d'expression, mon cher Philippe, pour vous laisser insulter ainsi par un petit lâche anonyme. Quelle leçon !
PS : Philippe, entre autres inconvénients, votre site ne conserve plus en mémoire nos coordonnées. Il faut donc les retaper à chaque fois. En plus du texte qui s'efface en mode "aperçu", c'est un peu agaçant.
Rédigé par : Laurent Dingli | 10 mars 2010 à 09:05
Pour quelques minutes de "Plein soleil" ou de "Monsieur Klein", on lui pardonne tout le reste.
Friedrich Nietzsche prétendait que "si un comédien ressentait vraiment ce qu'il interprète, il deviendrait fou"
C'est ce qui a dû arriver à notre Delon... au moins il s'amuse.
George Sanders, au sommet de sa gloire, s'est suicidé en 1971, près de Barcelone, en laissant un mot : " Je m'ennuie"
Rédigé par : Savonarole | 10 mars 2010 à 06:00
Tiens, un candidat pour La Ferme 4.
Rédigé par : Alex paulista | 09 mars 2010 à 21:48
C'est normal qu'on le déteste autant Alain Delon, parce qu'il était beau et conscient de sa beauté. Tous ceux qui disent du mal de lui doivent certainement avoir de sales gueules, comme celle de cette caricature d'homme qu'est Philippe Bilger. Pauvres types. N'accusez pas AD pour votre laideur. Accusez vos parents. Je vous plains. Vous resterez toujours laids, comme vos cervelles.
Rédigé par : BEAU | 09 mars 2010 à 20:38
L'Eclipse, Plein Soleil, Rocco et ses frères, Mélodie en sous-sol, l'Eclipse... Je vous laisse lire la suite sur allo-ciné. Plus d'une dizaine de films au minimum qui ont marqués le 7ème art pour ne compter que les chefs d'oeuvre, qu'on regardera, qu'on admirera, qu'on aimera aussi longtemps que l'humanité conservera la mémoire du cinéma du 20ème siècle.
Alors oui, Delon est prétentieux, Delon est nombriliste, mais Delon fait aussi partie des grands, au moins des grands acteurs, ce n'est déjà pas mal. Il est, pas à lui tout seul bien sûr mais quelle place, la culture française qui rayonne dans le monde, ne vous en déplaise messieurs les fâcheux.
NB : j'aimerais bien lire la transcription de ces soit-disant critiques à l'égard de Noiret, ça m'étonnerait fortement que Delon se permette de l'ouvrir à propos de cet homme si sympathique qui nous manque à tous.
Rédigé par : Rivas | 25 novembre 2008 à 09:44
@
"Il y a plus alarmant et plus grotesque. Il n'hésite pas, dans un autre magazine, à se comparer avec ce géant américain qu'est Clint Eastwood en affirmant avec un culot qui évidemment n'est pas contredit qu'il a sa stature, son génie, son universalité et ses aptitudes diverses et éclatantes."
Alain Delon aurait donc une carrière et une stature moins prestigieuse que Clint Eastwood ???
C'est vrai qu'il ne fut que l'acteur fétiche de Visconti et Jean-Pierre Melville, que John Woo, le Maître actuel du cinéma d'action hollywoodien, considère comme le sien. Il a d'ailleurs racheté les droits de plusieurs films de Delon, dont l'un réalisé par lui-même pour en faire des remake.
Ajoutons que puisque la véritable vanité est l'art d'être loué deux fois, une première pour son talent une seconde pour sa modestie, Il y a des gens bien plus prétentieux que lui parmi les peoples. Mais pour s'en apercevoir, encore faut-il savoir jauger les gens, et je trouve bien dommage qu'un haut magistrat ne sache pas le faire et se contente d'aligner les poncifs.
Quelqu'un me disait récemment ceci :
"Alain Delon remplace à merveille le canari au fond de la mine, sauf qu’au lieu de détecter le grisou, c’est la connerie qu’il soulève à tous les coups."
Rédigé par : XP | 23 novembre 2008 à 00:08
...N'aurait-il fait qu'acheter le manuscrit de l'appel du 18 Juin pour en faire don à la France qu'il mériterait un certain respect...
C'était en 1970, autant dire le paléolithique pour certains commentateurs...
Je fais partie d'une génération qui a vibré à "Plein soleil" et aux "(les)Aventuriers"
...Que Joanna Shimkus parte, in fine, avec Lino V. plutôt qu'avec Alain D. m'a toujours réjoui !
PS : j'ai vérifié, Madame Columbo, il n'y a pas de "h" à Joanna !
Rédigé par : sbriglia | 19 novembre 2008 à 16:47
Je trouve déplorable que tant de personnes s'estiment assez dépourvues d'ego pour administrer si lestement une volée de bois vert à l'un de leurs semblables. Pour ceux qu'AD agace, il est certainement un miroir grossissant de leurs propres travers ! Le plus difficile, peut-être, est de ne pas être dupe de ce jeu de miroir... A bon entendeur !
Rédigé par : alibalkazar | 19 novembre 2008 à 11:25
@ Patrick Marguillier
Quel commentaire méprisant ! Pour les "franchouillards", pour les "vieux qui s'accrochent à leurs épaves" en y mêlant - outre Delon - Gabin et Belmondo... Notons qu'il n'y a pas les noms de ces acteurs qui seraient mieux, "même dans le cinéma français". Quelle allégeance aveugle au cinéma US !
Naturellement, je suppose qu'en ce qui vous concerne, vous n'avez pas cette "gueule" ni ce physique qui vous permettraient de faire oublier votre stupidité abyssale. Un aigri, quoi.
Rédigé par : christianL | 17 novembre 2008 à 19:47
@ Cyril
Les journalistes ne se courbent pas, ils s'amusent, Delon est non seulement égocentrique mais également parfaitement stupide, et nous n'aurions aucune peine à ajouter : un brin caractériel. Otez-lui son minois, il n'y a que du vide, jeu d'acte sans variété, toujours le même, toujours les mêmes mimiques, les mêmes tics...
Une gueule ça aide beaucoup! et quand on commence à y croire...
Delon joue qui finalement ? De Niro fait la même chose en base mimes mais en mieux, il faut le reconnaître... il est surtout moins imbu de lui-même. Belmondo était meilleur acteur mais il était desservi par son physique moyen.
Et s'il n'y avait que Delon dans nos célébrités télévisuelles ou cinématographiques vautrées dans leur vanité...
La plupart des jeunes ne connaissent pas Delon, il disparaîtra aussi anonymement que BB ou Gabin ou Belmondo sauf pour les vieux qui s'accrochent à leurs épaves.
Surtout depuis que le cinéma américain est passé par la, ces acteurs font figure de ringardise sucrée bien franchouillarde.
Il y a nettement mieux comme cinéma d'anciens... même dans le cinéma français.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 17 novembre 2008 à 08:38
Amusante également, la lettre assassine du directeur du théâtre où se joue cette pièce à l'ambassadeur de Grande-Bretagne.
Motif: un feu d'artifice tiré dans les jardins de l'ambassade voisine aurait gravement troublé la quiétude de la représentation. Jusque-là, pourquoi pas.
On tique un peu en apprenant que les spectateurs auraient cru, un moment, qu'une bombe avait explosé à l'intérieur du théâtre -- ce qui commence déjà à sentir l'exagération à plein nez.
Puis l'on apprend que le feu d'artifice correspond à une fête traditionnelle britannique, et se trouve donc tiré tous les ans à pareille date. Avec toutes les autorisations nécessaires, bien entendu. Ni le théâtre ni l'ambassade n'ayant, semble-t-il, déménagé récemment, on s'étonne de ce soudain coup de calcaire, qui pourrait être lié à la qualité de Sa Seigneurie delonienne.
Toutefois, le pompon, c'est le contenu de la lettre. Le théâtreux prend l'ambassadeur de haut comme si c'était un domestique, et, voulant paraître spirituel, lui demande ce que la Grande-Bretagne peut bien trouver à fêter ces temps-ci, de la chute de la livre contre l'euro, de la crise financière, du chômage qui s'annonce, etc.
Le tout avec la stupéfiante arrogance du ponte cultureux en Franchouillie-sur-Seine qui peut tout se permettre, enrobé dans un ton anti-britannique appuyé. Si la lettre ne se terminait pas par "Je suis français et je vous emmerde", c'est, visiblement, parce qu'il n'y avait plus de place au bas de la feuille.
L'ambassadeur s'est confondu en excuses, a fait comprendre qu'il y aurait un autre feu d'artifice l'an prochain, comme d'habitude depuis la nuit des temps, et a invité le directeur du théâtre à y assister.
Il y a des moments où ça doit être marrant d'être ambassadeur.
Rédigé par : Robert Marchenoir | 15 novembre 2008 à 02:28
The joker menteur ?
ai-je droit à un joker
monsieur Bilger ?
( pour vous cette rime )
Delon en large , pourquoi en rajouter ? son époque plein soleil dans les yeux étant lointaine , juste pour vous dire que le dernier Clint m'a fait chavirer de bonheur !
( ump voire ps et sévice versa (?):
j'ai revu " mama mia" en VO : géante non verte que Meryl et pourtant même pas un streap )
Sissi !
bien à vous !!
( avec le temps
avec le temps va
tout s'en va , sinon )
Rédigé par : Cactus déferré un peu large avant un poker menteur | 13 novembre 2008 à 20:28
Votre article renvoie à la distinction entre les interprètes et les auteurs... La distinction est frappante en l'occurrence.
Rédigé par : Mathieu | 12 novembre 2008 à 14:04
@Christian : vous écrivez ceci : "vous avez mal lu ou encore une fois, êtes de mauvaise foi. " Je vous remercie de ne pas faire de procès d'intention. C'est faux de dire que je suis de mauvaise foi, et vous le savez bien. Je n'ai pas écrit que vous critiquiez Belmondo. Mais on pourrait aussi !
Ha ? Delon a joué dans "Astérix aux jeux olympiques" ? Je ne le savais pas, je n'ai pas vu ce film mais j'ai entendu dire de ci de là que c'était un fier navet.
Rédigé par : Nathalie | 12 novembre 2008 à 13:15
Ah tiens, c'est vrai : Astérix aux jeux olympiques, une véritable nullité ce film, je l'ai vu parce que j'ai deux filles et que mes filles ont des copines et qu'il m'est revenu d'accompagner ce monde voir ce navet incommensurable.
Eh bien, les seuls bons moments étaient ceux où Delon apparaissait en César, car il y parodiait son personnage de Delon, en parlant de lui à la troisième personne (comme le divin César, mais à la manière de Delon). Il y avait là un moment savoureux de Delon se moquant de Delon.
Rappelez vous Dali : Dali est géniaaal ! Ce n'est pas moi qui suis génial, c'est Dali ! L'excès de forfanterie confine à l'auto-dérision.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 12 novembre 2008 à 01:06
@ Nathalie
Il fait ce qu'un acteur star de 73 ans doit faire : il vit sur sa gloire passée,nous sommes bien d'accord. Parfois, une pièce de théâtre. Comment le lui reprocher ? Je n'ai fait qu'un parallèle avec la carrière de Belmondo (lui aussi tant moqué !) et n'ai pas critiqué celui-ci, loin de là, vous avez mal lu ou encore une fois, êtes de mauvaise foi. Delon n'a jamais eu, je vous l'accorde, le talent de réalisateur d'un Clint Eastwood. Mais faire l'acteur sous la direction de quel réalisateur aujourd'hui ? Visconti, Losey, Clément, Antonioni, Melville, Granier-Defferre... morts. Que faire ?
Rédigé par : christianL | 11 novembre 2008 à 23:58
@ Christian : Belmondo, dans "Pierrot le Fou", ou bien dans "Leon Morin, prêtre" 1961, c'étaient des rôles à contre-courant pour Belmondo qui n'a pas joué que des marioles dans des navets. Mais ces films sont anciens.
AD n'a plus que la ressource que de rester collé à l'image de son ancienne gloire et d'exploiter cette ancienne image. Sinon, dites-moi ce qu'il fait en ce moment ?
Rédigé par : Nathalie | 11 novembre 2008 à 21:27
Much Ado About Nothing !
Quel passe-temps futile que de s'intéresser à ce personnage sans intérêt !
Rédigé par : ratm | 11 novembre 2008 à 19:07
@ JJ Bernardini : commentaire singulièrement réducteur visant à démontrer que Delon n'aurait été en quelque sorte que la doublure lumière des grands acteurs qu'il a eu l'occasion de côtoyer, sans avoir lui-même, naturellement, le moindre talent. A ce compte-là, et pour reprendre les noms cités, on pourrait dire la même chose pour Ventura qui fit ses débuts dans l'ombre (ou la lumière) de Gabin et dont il fut aussi le "môme". C'est oublier aussi les circonstances de la rencontre de Visconti et de Delon, le premier étant à la recherche depuis des mois de l'acteur qui prendrait le rôle de Rocco et qui le découvrit et le fit venir à Rome alors qu'il n'en était qu'à ses tous premiers rôles en France, dans des semi-comédies. On a toujours tendance à inverser les dates : c'est la réussite de Rocco qui a permis à Delon de tourner dans le Guépard. Il avait fallu que celui-ci fut bon ou très bon dans le premier rôle et qu'il séduisit le grand et exigeant Visconti pour poursuivre sa collaboration dans le Guépard. René Clément fut peut-être plus exigeant encore sur le tournage de Plein Soleil. Plus tard, bien plus tard et dans un autre registre, la performance du Samouraï (20 premières minutes sans dialogues) a achevé de construire la légende : faut-il rappeler que ce film est devenu -regardez sur le net - source d'innombrables commentaires et études flatteurs partout dans le monde et qu'il a été plusieurs fois copié sans jamais être égalé ? Faut-il être plus critique que l'étranger ?
Rédigé par : christianL | 11 novembre 2008 à 18:45
J'ai eu un camarade de lycée qui a fait une carrière dans l'Armée et qui, un jour, a eu le privilège de marcher quelque temps dans les allées du pouvoir (2 ans, environ). Je ne l'ai pas reconnu, après. Cet officier avait pris la grosse tête comme on dit familièrement. Et, c'est drôle, mais je pense à lui quand on parle de l'immodestie d'Alain Delon...
Cet acteur - bon, au demeurant, de mon point de vue - a eu la chance, jeune, de tourner avec de grands cinéastes (Visconti, entre autres auteurs...) de côtoyer, jeune toujours, des acteurs immenses et reconnus (Jean Gabin, Lino Ventura, d'autres...) lui qui n'était que "le môme".
Quand il tourne le Guépard à Palerme, en 1962, ce n'est pas lui la grande vedette que la Presse va accueillir à l'aéroport. C'est Burt Lancaster. Mais vous rendez-vous compte de ce que cela représente, pour ce jeune Français tout juste connu alors pour "Plein soleil" de René Clément, de tourner avec ce monument qu'est Lancaster ? sous la direction de Visconti ? avec un budget astronomique qui aurait mis en faillite la Titanus si le film n'avait pas "marché" ?
Eh bien je crois que son attitude mégalomaniaque d'aujourd'hui (qui porte à sourire, d'accord avec vous, cher Philippe) est en quelque sorte la conséquence lointaine de la chance inouïe de cet acteur au tout début de sa carrière. Depuis que tous ces "grands" qu'il a connus, côtoyés, tutoyés peut-être, ont disparu, il reste qui ? Lui, Alain Delon, qui "jouait" avec eux.
Il faut l'entendre parler du cinéma français d'aujourd'hui, sans nuances, pour comprendre que l'Age d'or est derrière lui. Derrière nous, aussi ? ça se discute...
Rédigé par : Jean-Jacques Bernardini | 11 novembre 2008 à 16:50
@Nathalie
Delon n'a jamais joué dans des films d'auteur ? Vous plaisantez, ou êtes trop jeune, ou pire vous parlez de ce que vous ne connaissez pas, ou êtes de mauvaise foi ? Le Guépard, Rocco et ses frères, Plein Soleil, Monsieur Klein, L'assassinat de Trotski, L'insoumis, Notre Histoire, L'Eclipse, Le professeur, et j'en passe. Des rôles de voyous ? Allons ! A la vérité, au sortir de sa période Visconti/Antonioni/Clément, et à partir du succès de Mélodie en sous sol (1963 de Verneuil), du Samouraï (1967 de Melville), du Cercle Rouge (1970 de Melville) et bien sûr du Clan des siciliens (70 Verneuil), Delon s'est retrouvé enfermé dans des rôles de truands dont le public contemporain n'a jamais plus accepté qu'il ne sorte. A preuve, les échecs commerciaux de magnifiques films comme (notamment mais c'est le plus merveilleux) Monsieur Klein de Losey - co-produit par Delon lui-même faut-il le rappeler. Il en va de même aujourd'hui lorsque Delon paraît-il ne fait que renvoyer cette image ridicule dans laquelle on ne sait que le voir (il est intéressant, au demeurant, de constater combien la carrière et l'image de Belmondo, qui a commencé lui aussi par une grande période italienne - et française - de FILMS D'AUTEURS, et celle de Delon, sont identiques). Pas un acteur qui n'ait autant accepté de casser son image de star et de se tourner en dérision à l'écran (Le professeur, Notre histoire, Une chance sur deux avec Bébél et le tout récent Astérix eh oui !) : si ça n'est pas du second degré, de la dérision de soi-même, de l'humour, oui, qu'est-ce que c'est ? Je le répète, le bonhomme ne mérite pas vos commentaires. Et, pour vous titiller encore un peu, c'est un ch'ti honteux du succès et de l'image véhiculée par le film que vous savez, qui écrit ces lignes : vous pouvez bien critiquer les Anciens, quand on voit dans quelle nasse le cinéma français est tombé...
Rédigé par : christianL | 11 novembre 2008 à 15:05
@ Nathalie
Dans le désordre, j'adore ces films :
Le Samouraï, Monsieur Klein, La Veuve Couderc, Le Guépard, Le Clan des Siciliens, le Cercle rouge, Rocco et ses frères.
Donc Jean-Pierre Melville, Joseph Losey, Pierre Granier-Deferre, Luchino Visconti, Henri Verneuil, Jean-Pierre Melville à nouveau, Luchino Visconti à nouveau.
Croyez-moi, il y a pire comme cinéma et comme auteurs.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 11 novembre 2008 à 14:58