Indignation de la communauté homosexuelle : j'entends cette annonce bouleversante au journal de France Inter. Immédiatement inquiet, je me demande de quoi il s'agit, quelle catastrophe s'est abattue sur elle durant la nuit, quel homosexuel a été frappé, assassiné, quelle intolérable offense l'a blessée au point que l'information du matin éprouve le besoin de faire part de son émoi.
Je suis très vite rassuré puisqu'en réalité ce qui la désespère au-delà du raisonnable constitue, au contraire, une formidable nouvelle pour la liberté d'expression, pour la démocratie. Ce qui fait scandale pour la communauté homosexuelle, c'est l'arrêt rendu par notre plus haute juridiction, la Cour de cassation, le 12 novembre 2008, qui a cassé sans renvoi un arrêt de la cour d'appel de Douai en date du 25 janvier 2007 ayant condamné le député UMP Christian Vanneste pour injures publiques envers un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle. Cet arrêt de Douai avait confirmé un jugement du tribunal correctionnel de Lille peu ou prou fondé sur les mêmes motifs.
Contre ces décisions inspirées par le "progressisme correct", contre les conclusions de l'avocat général devant la Chambre criminelle, celle-ci a frappé fort. Dans un attendu capital, elle souligne "qu'en statuant de la sorte, alors que, si les propos litigieux, qui avaient été tenus dans la suite des débats et du vote de la loi du 30 décembre 2004 ,ont pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression, la cour d'appel a méconnu le sens et la portée des textes et principe ci-dessus susvisés" (faisant référence à la loi du 29 juillet 1881 et à la Convention européenne des droits de l'homme).
La superbe et commode concision dont la Cour de cassation fait preuve et qui est sa "marque de fabrique" la dispense d'expliciter davantage ce sur quoi elle a fondé son argumentation pour donner raison à Christian Vanneste et satisfaire sa cause. Il n'empêche qu'elle affirme nettement, contre la loi (à mon sens clientéliste) du 30 décembre 2004, les exigences de la liberté d'expression et qu'elle le fait "sans renvoi" - donc avec une certitude telle qu'elle n'éprouve même pas le besoin de saisir une nouvelle cour d'appel.
J'avais moi-même, dans "J'ai le droit de TOUT dire", consacré plusieurs pages à l'arrêt de la cour d'appel de Douai pour démonter une mécanique intellectuelle qui brimait à ce point la liberté d'expression qu'elle confondait l'offense singulière et l'analyse générale. Si elle répudiait à juste titre toute attaque directe et particulière contre tel ou tel homosexuel, elle allait jusqu'à interdire le droit d'avoir une vision critique de l'homosexualité comme phénomène social et groupe de pression politique. Une telle approche ne permettait plus de rien proférer sur l'homosexualité dont au fond on n'avait le droit de parler que si on lui était favorable à tous points de vue. Ce qui est le contraire d'une liberté d'expression authentique. Car celle-ci commence par le droit de dire du mal.
Devant l'arrêt rendu de manière éclatante par notre plus haute juridiction, on nous a généreusement dispensé, dans les médias, les commentaires réprobateurs des groupes et associations homosexuels qui se préfèrent au principe républicain de la liberté pour tous. Pour ma part, je songe à Christian Vanneste, traité sans cesse d'homophobe et qui a eu l'élégance du vainqueur de regretter l'usage de l'adjectif " inférieur". Je pense à lui, longtemps mis à l'écart par ses amis politiques qui pour la plupart ne le valaient pas. Je devine l'embarras de ces juridictions trop heureuses de donner tort à Christian Vanneste quand il se plaignait d'avoir été gravement insulté ou diffamé, surtout par un homosexuel. Quelle importance puisqu'il était qualifié, pour toujours, d'homophobe et que personne ne voulait entendre ni comprendre qu'il ne l'était pas. Mais qu'homme libre, sa pensée était sa fierté. Mis en exil pour rien, la Cour de cassation l'a remis en pleine et honorable lumière pour ceux, seulement, qui avaient douté absurdement de lui.
J'éprouve un sentiment de reconnaissance démocratique pour la Cour de cassation. Moi qui, même si on me le demandait, ne souhaiterais pas m'y trouver, je suis heureux de constater qu'elle ne sauvegarde pas seulement l'acquis. Elle n'a pas pour vocation exclusive de privilégier les sûretés contre les droits, l'ordre d'une société au détriment de l'autonomie de l'individu . Heureusement conservatrice parfois, en matière de liberté d'expression les avancées ne lui font pas peur.
Elle l'a brillamment démontré avec la victoire de Christian Vanneste.
@ sbriglia
" ...les transes épectasiques de Véronique..."
Bon. Je dois dire que j'ai eu du mal à comprendre la signification de " épectasique".
J'ai fini par comprendre.
Alors pour en rajouter une couche dans le respect profond que m'inspire humainement PB et dans les vibrations que la sensualité intellectuelle de ses écrits me procure, je pense qu'il serait très judicieux que l'introduction de "J'ai le droit de tout dire" fasse l'objet d'une édition autonome et à part entière.
A l'occasion de ce billet, je viens de relire ce texte. Des formats courts de collection dans l'édition s'adapteraient fort bien à la densité, à l’altitude de vues et au plus que très remarquable de cette introduction.
Et puis, sbriglia, merde à la fin !
Je l'aime trop, moi, mon Jim.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 16 novembre 2008 à 08:45
Monsieur Bilger,
En écrivant ceci : "Une telle approche ne permettait plus de rien proférer sur l'homosexualité dont au fond on n'avait le droit de parler que si on lui était favorable à tous points de vue", il me semble que acceptiez l'idée selon laquelle il est admissible que l'on soit défavorable à l'homosexualité.
Malgré le fait que vous ajoutiez "à tous points de vue", qui renvoie aux questions convenablement polémiques de l'adoption ou du mariage, cette phrase laisse planer un doute que vous aurez peut-être l'amabilité de dissiper.
Rédigé par : Marcellus | 16 novembre 2008 à 00:55
"traité sans cesse d'homophobe et qui a eu l'élégance du vainqueur de regretter l'usage de l'adjectif " inférieur". Je pense à lui, longtemps mis à l'écart par ses amis politiques qui pour la plupart ne le valaient pas."
C'est fort...
Quelle idée que de s'imaginer un instant que ce bon raymond soit homophobe, haha, c'te blague...
L'adjectif inférieur? bah une broutille, vous savez comment il est ce bon Vanneste, toujours le mot du rigolard, un vrai broute en train...
Il en pensait pas un mot, c'est pour ça d'ailleurs qu'il l'a dit!
Vous avez deviné juste Philippe Bilger, comme d'habitude, quelle subtilité... "supérieure" bien entendu.
Donc si je suis bien cette merveilleuse évaluation, on peut dorénavant dire que l'homosexualité est inférieure, donc je le dis, puis je dis que regrette de l'avoir dit, donc le problème est réglé.
"l'élégance du vainqueur", héhé.. Permettez moi de vous dire Monsieur Bilger que vous ne brillez pas sur ce coup la.
L'élégance eut été de ne pas tenir de propos publiques désobligeants, élémentaire éducation oblige. Devoir et réserve d'un haut fonctionnaire oblige à propos d'une communauté reconnue comme telle.
Mais voilà, ce qui se passe dans le slip des autres fascine toujours autant les frustrés.
Pourrait-on en faire autant des juifs dès lors? sans incriminer aucune personne cela va de soi, hypocrisie oblige...
Et combien d'autres communautés pourrait-on ainsi impunément désobliger? la communauté de l'expression libre a elle bien évidemment tout les droits? Ca ressemble à une nouvelle dictature...
Je vais me faire saigner par votre fan club je le sens... Le plus élégant serait de ne pas répondre à de telles provocations dans le sérail, cela va de soi..
Rédigé par : Patrick Marguillier | 15 novembre 2008 à 22:59
@ sbriglia. Excellent. Commentaire d'anthologie.
@ Aïssa. Démonstration aisée. Je vomis l'islam, le judaïsme et le christianisme tel que Saint Paul l'a dénaturé, plus de 2000 ans d'arriération mentale, il aura fallu 1500 ans pour que Galilée réinvente ce que les grecs connaissaient jusqu'au dernier potier du Céramique, pas loin de 2000 ans pour redécouvrir la nature granulaire de la matière telle que Démocrite l'avait décrite, Cicéron considérait comme banal l'héliocentrisme qui fut timidement reproposé comme une révolution au monde chrétien 1500 ans plus tard par Copernic. La révélation abrahamique a été une catastrophe intellectuelle, une bêtise à nulle autre pareille, un tsunami de sottises et de crimes. Et pourtant je lis Saint Augustin avec passion, je respecte profondément les croyants, l'un de mes plus précieux amis est prêtre et je vis dans le péché, certes, mais néanmoins conjugalement avec une musulmane qui, prétend-elle, est croyante.
De même, qu'on me pardonne de ne pas considérer, à titre personnel, l'homosexualité comme souhaitable pour mes enfants : je ne serais pas enchanté d'en voir un, ou deux, voire les trois (!!!) pencher de ce côté là. Cela dit, ils resteront mes enfants chéris à qui je souhaiterais le bonheur selon leurs goûts.
S'agissant de la Gay Pride, non, je n'en fais pas l'échange contre autre chose et j'ai pris soin de préciser que cela ne concernait que quelques-uns. C'était une boutade de ma part. La Gay Pride demeure, à mes yeux, un monument de laideur, non pas en raison de l'homosexualité des participants mais pour ce que ce défilé affiche de laideur outrancière. Il me semble qu'il y a d'autres façons de défiler dans la rue et je ne sache pas que Bernard Thibaud éprouve le besoin de se loquer en drag queen ou en string sado-maso pour revendiquer des augmentations de salaire. Cela dit, c'est mon esthétique, c'est ma prière, et je ne serais pas d'accord pour qu'on interdise pour autant la Gay Pride.
@ Bruno Pardon, j'ai encore été incontinent.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 15 novembre 2008 à 22:15
Appel à M.Bilger...
Allez-vous commenter ce portrait de Dupont-Moretti par PRD ? http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/13/eric-dupond-moretti-l-artiste-des-pretoires_1118133_3224.html
Ce serait intéressant.
Rédigé par : Jean | 15 novembre 2008 à 22:08
Madame Aïssa, je vous déteste, je vous déteste, je vous déteste! C'est une honte monsieur le juge Bruguière que cette oh je n'ose la qualifier de femme s'exprime sur votre blog! Vous devriez faire un peu plus la police! C'est ça la justice! Bien c'est du propre! On m'en avait fait une bonne publicité pourtant, de votre salon, Récamier tout craché mais au masculin m'a-t-on dit, j'y venais sans risque exposer des opinions, ah je suis servie! Je m'en vais tantôt, monsieur le président du tribunal Philippe Brougière, et vous ne m'y reverrez pas chez vous. Elle est belle la France, tiens!
Rédigé par : Jacqueline | 15 novembre 2008 à 21:45
@ aïssa
Pardonnez-moi mais votre dernier commentaire "j'ai le droit de me poiler..."
m'a rappelé dans les Pensées de Pascal : "Le moi est haïssable". Désolé pour le jeu de mots et sans rancune car j'aime bien, mais pas toujours, vos digressions.
Rédigé par : mike | 15 novembre 2008 à 19:44
Je salue la décision de la Cour de Cassation mais je souhaiterais qu'elle soit aussi vigilante sur certaines questions de procédure pénale pour lesquelles, par des arrêts de pure circonstance, elle n'a d'autre souci que de sauver des procédures qui auraient normalement du être annulées.
Rédigé par : Thierry SAGARDOYTHO | 15 novembre 2008 à 15:58
NB/ Comme notre cher PB a le droit de TOUT dire, j'ai le droit de TOUT "digresser" et le droit de me POILER; comme on a le droit de ne RIEN me lire ni rien me REGARDER ... (On aurait tort, cependant). PB ne me fait pas l'aumône, pas plus qu'à quiconque je veux le croire, d'une quelconque place sur son blog ... Il m'interrogeait simplement, par noble et pure curiosité intellectuelle, ne voyant pas d'abord le lien entre son billet initial et mon premier commentaire. Maintenant, je le suppute, il le voit bien. Le fait est qu'il n'y a pas de réelles digressions en mes propos ; ils sont toujours d'une manière ou d'une autre dans le fil du billet PB; ou on sait me lire ou on zappe avec un soupir ... Pour finir -puisqu'on y fait souvent allusion-, Céline est l'homme de coeur par excellence même et le plus grand écrivain français du siècle passé ... Il est inimitable sur le plan littéraire et ce serait lui faire injure que de s'y essayer. Mais ce serait un autre et long débat que d'expliciter et confronter ceci et alors, effectivement, on digresserait ... tous.
Bon jour.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 15 novembre 2008 à 13:22
Il serait intéressant que vous expliquiez, cher J.D. Reffait, comment, en disant d'un concept (c'est votre mot) qu'il est inférieur (l'homosexualité/ le propos de Vanneste), on ne dit pas en même temps que celui ou celle qui l'incarne et le vit (ce concept) n'est pas inférieur(e).
De plus, que vous soyez favorable à l'évolution des droits des homosexuels, comme vous l'écrivez, c'est très bien. Mais que vous conditionnez (ou presque) celle-ci à l'abandon par eux de leur gay-pride que vous jugez "monstrueuse de vulgarité" (je vous cite), il y a là quelque chose qui dépasse l'entendement et pour tout dire franchement ridicule de la part de vous qui semblez pourtant bien tolérant en bien des domaines. Vous érigeriez-vous en supérieur aux homosexuels pour, de cette façon condescendante et lamentable, leur concéder une chose (l'évolution de leurs droit) "en échange" (c'est votre mot, là encore) de l'abandon par eux d'une autre chose (leur droit à manifester et défiler)? Un droit contre un droit, c'est donc cela qui vous animerait en l'espèce?... La gay-pride est une liberté fondamentale, qu'elle vous plaise ou non. Elle est -et a été- au fil des ans ce qui a permis à des milliers (des dizaines de millions de par le monde) personnes de sortir des tréfonds sociaux, de ces obscurités et les craintes où les avaient confiné la "bien-pensance" et la "morale" commune de notre société, ces censures masquées et malsaines de tous acabits ... C'est ainsi, par exemple, qu'en lieu de se rencontrer, à la nuit tombée, dans des pissotières publiques infâmes, comme c'était le cas naguère, il se trouve aujourd'hui partout de formidables bars et autres endroits publics où la joie et la tolérance ne le cèdent en rien à d'autres endroits tels, et que fréquentent plus que souvent même les plus invétérés des hétérosexuels. Ainsi également que l'on a pu -et peut chaque année de cette fête- voir les visages de celles et ceux qui en sont et que l'on n'a que trop durement, hypocritement, lâchement stigmatisé(es) au long les siècles ... Que c'est un immense assemblement de libertés individuelles qui forme un carnaval qui n'a rien de sordide ni de honteux, mais que de joie et de dignité assumées ... Que ces rassemblements ont été pareillement qui ont permis aux femmes de montrer leur corps et le revendiquer pleinement en ces temps proches des dures luttes féminines ... Si vous n'aimez pas les pédés et les gouines, écrivez-le clairement, c'est votre droit, mais ne touillez pas, ne diluez pas; ils et elles n'ont que faire de votre "sympathie" sous condition; et, pire que de les insulter franchement, c'est leur enjoindre quasi bourgeoisement un comportement qui sied davantage à vos représentations de l'humain et ses libertés.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 15 novembre 2008 à 12:47
Après réflexion : pisse-copie de gauche, serait-ce un pléonasme ?
Rédigé par : bruno | 15 novembre 2008 à 12:42
Cher Monsieur Bilger,
à propos de "la superbe concision" de la Cour de cassation me permettrez-vous de citer Pierre Bouchardon ?
« C'est un art qui ne s'acquiert pas du premier coup que celui de s'exprimer dans le moins de mots possible, surtout d'employer les mêmes. »
BOUCHARDON P., Souvenirs, p.420 – 421
Rédigé par : Pascal SOURIS | 15 novembre 2008 à 12:24
@ SR
Vous confondez.
Vous avez, comme moi, une opinion négative des propos de C. Vanneste mais ces propos constituent une opinion sur un concept général et non une injure envers des personnes. Quand bien même jugerions nous cette opinion stupide et vulgaire que cette opinion conserverait malgré tout un droit imprescriptible à s'exprimer. Il convient de la combattre dans le débat d'idées et non devant un tribunal.
Et puis il faut mesurer les choses à l'aune de son intelligence et non de nos réactions épidermiques : C. Vanneste a voté favorablement au Conseil Régional d'Ile de France pour la représentation des associations d'homosexuels aux commémorations sur la déportation.
Je puis penser et dire que la croyance en dieu est une connerie digne du Père Noël en plus compliqué et plus nuisible, cela n'implique pas que j'estime que les croyants sont des cons infantiles et méchants.
Les mots nouveaux ont cependant un poids considérable dans la confusion entretenue : homophobe réunit dans un seul terme la détestation de l'homosexualité et des homosexuels, ce qui amène les associations à interpréter la loi de 2004 comme une loi anti-homophobie, ce qui est évidemment absent du texte. Que cette confusion soit entretenue par les fanatiques ne doit pas nous inviter à y souscrire.
Ayons plus de convictions que de certitudes.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 15 novembre 2008 à 11:28
A M. Bilger
Puisque comme C.Vanneste vous aimez tellement la liberté d'expression et le droit de tout dire ,je vous invite cordialement à soutenir Siné et également ce pauvre monsieur de la France des gens simples, qui a des ennuis pour une simple affichette "casse-toi pauvre con" !
Deux poids deux mesures ?
Rédigé par : jipol | 15 novembre 2008 à 11:08
Comme c'est irritant d'entendre toujours parler des droits de telle ou telle communauté.
Chaque Français pense qu'il est le seul représentant de "sa communauté" : breton, homo, femme, prolétaire, juif, arabe, catholique pratiquant, franc-maçon, parpaillot, etc etc.
Comment est-il possible de parler d'une nation quand chacun pense à se distinguer en s'opposant aux autres.
Nous sommes comme nous sommes, destinés à vivre ensemble sous peine d'être détruits et partageant quelques vertus, vices et espérances. (les"valeurs")
Nous devrions aussi partager la tolérance et ne pas nous ridiculiser comme des enfants en nous croyant déshonorés par quelque plaisanterie.
Ce sont les juifs qui racontent les meilleures histoires juives.
Certains homosexuels vivent heureux et à l'abri des cameras ; j'en ai dans ma famille et parmi mes amis.
D'autres veulent être vus, admirés, vilipendés, être l'objet de toutes les attentions, souhaitant être comme les autres et être différents.
La gay pride en est un exemple navrant.
C Vanneste n'avait pas dit de quoi fouetter un chat ; certes le mot "inférieurs" était malvenu mais ne justifiait pas un tel chahut.
La raison semble rétablie ; pensons maintenant à nous considérer tous comme membres d'une même communautés d'hommes ( mot neutre signifiant femmes et hommes bien sûr) avec nos différences et malgré nos différences. Gardons aussi la liberté de nous traiter de sale con ou de salaud quand cela nous prend.
Rédigé par : mike | 15 novembre 2008 à 11:03
@ Daniel Ciccia
Citez Céline, mon ami, et puis Drieu La Rochelle, et Brasillach : ils ont une fort bonne place dans ma bibliothèque, surtout Drieu que je place parmi les plus grands du siècle dernier.
Je ne laisse à personne le soin de me ranger dans telle ou telle case et, comme je suis un homme parfaitement désordonné, je me range moi-même dans une foultitude de cases.
@ Aïssa
Il est vrai que c'est perturbant pour le fil d'un billet et de ses commentaires de lire un commentaire digressif... et long.
Nous sommes des fainéants qui ne prenons pas le temps de faire fonctionner un blog avec régularité et/ou qualité, nous posons donc nos valises chez Philippe qui, tel un magistrat romain, dispose de l'otium pour livrer à nos méningettes le fruit de ses sombres ou lumineuses pensées. Quand on est invité à déguster un foie gras, il n'est pas élégant d'amener chez son hôte son morceau de corned beef dans un tupperware.
Revenant sur le fil du billet et des commentaires qui suivent, je suis surpris de lire des propos qui généralisent les comportements judiciaristes de quelques associations aux homosexuels : le fanatisme communautaire ne saurait jeter le discrédit sur tous les homosexuels qui, pour leur écrasante majorité, ne souhaitent qu'un droit à l'indifférence.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 15 novembre 2008 à 11:00
@Florence, je sais bien que je milite pour le droit des femmes à la bêtise, à la connerie même mais pas la peine pourtant d'en abuser.
Une pisse-copie (de gauche ou pas c'est mon problème Bruno) pas honteuse de l'être.
Rédigé par : catherine A. | 15 novembre 2008 à 10:36
«Car celle-ci commence par le droit de dire du mal.»
Non pas, mais plutôt par le droit de s'opposer. Ce qui peut en effet passer par le nécessité de ne pas dire que du bien.
Rédigé par : Catherine JACOB | 15 novembre 2008 à 10:09
Bizarre cette référence à "l'ordre d'une société au détriment de l'autonomie des individus" ! Le propos de M. Vanneste sur "l'infériorité morale" était, lui-même, imprécis et, par là même, discutable. La question est : quelle morale?. En termes de morale individuelle, il a tort, car quel intérêt individuel peut justifier un choix entre des comportements qui satisfont les individus concernés et ne causent pas de dommage à d'autres...? En revanche, en termes de morale collective, il a raison, dans la mesure où l'exigence première des sociétés a pendant longtemps été de se reproduire malgré les coupes sombres de la mortalité infantile, des épidémies, des guerres, des catastrophes naturelles... Mais cet "ordre" a-t-il encore un sens dans une société dont le principe de base tend à devenir l'axiome de M. Onfray : "Chacun doit être à soi-même sa propre norme". Auquel cas on ne voit pas comment il peut encore exister des magistrats...!
Rédigé par : guzet | 15 novembre 2008 à 09:28
Ce n’est pas parce que les journalistes parlent de « communauté homosexuelle » qu’il faille reprendre ces mots sans les interroger. S’il est incontestable que des associations existent pour défendre telle ou telle cause, je ne vois pas en quoi cela démontre l’existence de communautés. La société française est-elle à ce point américanisée qu’il faille sans cesse en appeler à cette notion lorsqu’on aborde des sujets de société ? Les journalistes cherchent à mettre en scène de manière simpliste des affrontements, les groupes cherchent à renforcer leur cohésion interne en désignant des ennemis, tous ont intérêt à « communautariser » le discours. Ce n’est pas une raison pour céder à cette facilité (notamment au début de votre billet) !
Sur le fond, je pense comme vous qu’il est heureux que la Cour de cassation ait jugé licite les propos contestables de M. Vanneste.
Rédigé par : Arnaud Saint-Antonin | 15 novembre 2008 à 07:45
Il est désormais acquis qu'il est préférable d'être homophobe (propos Vanneste) ou islamophobe (caricatures de Mahomet), plutôt que Sarkozyphobe (affaire de la pancarte "Casse toi pauv' con", pour laquelle M. Eon a été condamné à une amende de 30 € avec sursis ou celle des "poupées vaudou").
C'est d'autant plus surprenant que le Président, du fait de son statut, n'est pas un citoyen comme les autres.
Et je trouve encore plus choquant qu'un sénateur puisse se permettre ce genre de "saillie", même si elle est couverte par la liberté d'expression.
Gérard Longuet, lui, ne risque rien... Ses propos scandaleux sont couverts par son immunité parlementaire.
Pour le "vivre ensemble", il y a encore du pain sur la planche !
Rédigé par : chevalier | 15 novembre 2008 à 03:13
"PB me demande par mail "quel rapport avec le billet ?" a écrit Aïssa...
Mort de rire !
J'imagine PB : "Bon, revoilà le Céline aux petits pieds qui vient poser ses gros godillots sur ma table... commence à m'énerver, le bonhomme, on est sur un blog sérieux, ici... j'ai déjà eu les sushis sashimis à la sauce freudienne, les transes épectasiques de Véronique, les délires cactusiens, j'en peux plus d'héberger tous les quérulents processifs du web, faut pas confondre "Justice au singulier" avec le souk d'embrun ou de ron l'infirmier ! Ca devient une vraie pétaudière, ce blog, "mon" blog, enfin ! Déjà que mes collègues me regardent d'un drôle d'oeil, que Moretti me vanne dans les prétoires, faut qu'Aïssa en rajoute des couches en infirmier érotomane !... je vais me l'allumer et lui demander le rapport avec le sujet à propos de son dernier commentaire !
Et voilà, l'insiste le bougre... cette manie de se mettre toujours en scène, l'a qu'à ouvrir son propre blog pour raconter ses émois nocturnes, l'est comme le coucou, "profiter du nid bien chaud", pousse-toi de là que j'm'y mette!... doivent bien rigoler les sbriglia et autres !
Décidément y'a que Reffait qui sait se tenir, malgré son côté gauchiste... et puis Ciccia, ah lui je l'aime bien, comme l'autre qui me donne du "Monsieur l'avocat général Bilger"... ça doit être un greffier pour être si respectueux, faudra que je lui demande...
Rédigé par : sbriglia, l'austère qui se marre | 15 novembre 2008 à 02:30
Il n'y a pas que la "communauté homosexuelle" ( ah bon, il en existe une ? ) qui pourrait être scandalisée par ce verdict. On peut être hétéro, bi, trans, frigide, vierge, bref tout et son contraire et réprouver ce type de propos envoyé sur la place publique au nom de la sacro sainte liberté d'expression. Le droit ne permet pas tout, ce député du Nord est populiste et conforté dans ses objectifs de casser symboliquement du "pédé" pour plaire à son électorat. C'est pathétique et à terme dangereux, le quotidien offre le spectacle navrant d'un vocabulaire crasseux échangé entre mecs qui veulent se rassurer sur leur virilité en traitant l'autre de "sale pédé" et autres insultes. Dorénavant tout cela passera pour de banales discussions sans conséquences. On a la société qu'on mérite, sale et vulgaire.
Rédigé par : SR | 14 novembre 2008 à 23:55
J'avais commencé la rédaction d'un billet sur ce sujet pour une série de blogs et puis je me suis dit : "Philippe ne va pas laisser passer cela, je n'ai qu'à attendre !"
Moi qui suis un pisse-copie de gauche, comme le dit si gentiment Bruno, je considère évidemment que la Cour de cassation a eu raison : l'homosexualité n'est pas les homosexuels de la même façon qu'une religion n'est pas les croyants de ladite religion. C. Vanneste, pour lequel je n'éprouve pas l'estime que vous manifestez, loin s'en faut, a exprimé une opinion sur l'homosexualité et non sur les homosexuels, sur un concept et non sur des personnes. La loi de 2004 qui amende celle de 1881 ne porte que sur les injures faites aux personnes. On a le droit d'être contre l'homosexualité et de l'exprimer dans la mesure où cette opinion ne s'accompagne pas de propos injurieux ou discriminatoires à l'encontre des homosexuels, ligne jaune que n'a pas franchie C. Vanneste. C'est tellement limpide que je me demande comment deux tribunaux, de Lille puis de Douai, ont pu condamner ces propos. Il y a un vrai problème d'illettrisme à la cour d'appel de Douai...
Mais je suis à nouveau saisi par le comportement hors-la-loi du parquet en la circonstance. Cela fait plusieurs mois que je m'en ouvre ici : le ministère public requiert désormais n'importe comment, comme si les lois n'existaient plus pour lui. Un avocat général à la Cour de cassation s'assoit sur une loi claire, au nom sans doute d'une instruction reçue d'en haut, c'est quand même inquiétant. Après la fausse erreur matérielle, qui sera cassée d'ici une année sans l'ombre d'un doute, après l'intervention incongrue de Laurent Le Mesle (pardon Philippe) au procès foireux de Ferrara pour venir au secours d'un juge du siège qui merdoie dans les grandes largeurs, voici en moins de 15 jours une réquisition politique hors-la-loi de plus qui réduit le ministère public au rang de commissaire politique. Ca me scie.
Je précise que je suis tout à fait opposé à l'opinion de C. Vanneste, que je suis favorable à l'évolution du droit des homosexuels (s'ils veulent bien, en échange et pour certains d'entre eux, arrêter cette monstruosité de vulgarité qu'est la Gay Pride, parce que là, ça me fout de l'urticaire.)
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 14 novembre 2008 à 22:33
@Daniel Ciccia
Je ne me référais pas spécialement au jugement de l'affaire des caricatures mais à la liberté d'expression que prétendent mettre en cause diverses communautés prétendant imposer à autrui le respect de leurs inclinations et croyances, lui interdire de les discuter ou critiquer tout en prétendant les lui imposer dans l'espace public par des manifestations auxquelles il serait tenu de ne pas réagir même en paroles ou écrits.
J'ai connu même après l'Occupation une période où, dans ce pays, la liberté d'expression a été sinon menacée du moins malmenée : souvenez-vous de l'affaire Kravchenko par exemple.
Je prétends qu'elle est malmenée lorsqu'il faut plaider, et parfois jusqu'en cassation pour s'exprimer.
Rédigé par : ancien | 14 novembre 2008 à 22:27