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Voici les sites qui parlent de La nuit d'Obama :

Commentaires

Aïssa Lacheb-Boukachache

Dans "LE ROMAN DU SOUTERRAIN"/ Editions Diable-Vauvert/2007 (publicité), j'avais écrit que si une loi ne l'interdisait pas (ne l'interdisait pas seulement et non l'autorisait), eh bien on verrait immédiatement "dans les rayons des supermarchés, de jolis bambins à vendre, certains en solde même ...". Qu'apprends-je en m'en revenant du Parc des Expositions, juste 500 mètres de chez moi, où je suis allé voir les minorités ethniques française très très peu visibles hélas d'où -mon coeur battait à cette sourde espérance, il glougloutait lourd- sortirait enfin un -notre- Obama, Yes we can nous tous une vision et un projet neufs pour notre pays ..., et où je n'ai vu que les mêmes tronches usées et surannées que l'on connaît depuis des années, des siècles politiques, les mêmes longs discours repassés, dépassés, sur les estrades qui s'étripent allègrement pour quelques fauteuils de direction et une place à la télé chez Drucker évidemment ... un spectacle profondément écoeurant ..., qu'apprends-je donc? Que dans l'Etat du Nebraska, une loi a été votée qui permet l'abandon d'enfants aux portes des hôpitaux et des dispensaires, même anonymement. Mais comme le législateur nébraskaien n'a pas fixé l'âge limite de l'enfant abandonnable -jetable, disons le mot-, le Nebraska croule aujourd'hui sous les abandons d'enfants de 1 jours à 17 ans et 11 mois et 29 jours ... On vient de tous les USA pour les jeter là, puisque c'est légal. Rien que durant les dernières 24 heures, 48 enfants de tous les Etats ont été échus dans cet Etat (le plus âgé, 17 ans; le plus jeune, un nourrisson). Un adolescent pleurait auprès d'une infirmière de l'hospice où il a été jeté à peine la portière de la voiture à ses parents ouvertes et sans même que celle-ci s'arrête: "Si je suis sage, je rentre à la maison, si je suis sage, je rentre à la maison ...", il répétait ça comme une litanie, témoignait l'infirmière. Le gouverneur du Nebraska n'en pouvant plus de ramasser les gosses des autres, a demandé instamment à ce que sa législation soit complétée et qu'un âge "raisonnable" soit fixé à l'enfant abandonnable ... Heureusement que le Nebraska n'a pas voté (par à ce que je sache, en tous les cas) une loi telle que je la dis dans LE ROMAN DU SOUTERRAIN ... Small-Wart open 24/24, baby's for sale ... I want you!... Soldes, facilités de paiement, baby's subprimes ...


PS/ La Ségo se fait massacrer par ses camarades de Parti, ses ami(es); limite ils ne l'insultent pas carrément, la traitent de putain ... C'est à vomir, sérieux, ce congrès ... On croirait des bêtes se disputant un point d'eau ... De tous, c'est la plus digne, je l'ai vu; j'espère qu'elle leur fera la nique profond à ces bouffons pseudos socialistes. ...


Aïssa.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Quel cirque français ! Un préfet blanc, c'est à peine trois lignes dans le journal local et encore, faut vraiment pas qu'il y ait un fait divers criminel ce jour-là dans le coin... Un noir, c'est tout le tintouin, le 8 heures, le 13 heures, le 20 heures et la presse et patati et tralala, tellement c'est EX-TRA-OR-DI-NAIRE, E-POUS-TOU-FLANT, A-VANT-GAR-DISTE... Deux siècles après la déclaration des Droits de l'Homme, etc. Une honte pour notre pays... Quels ploucs nous sommes... Un préfet, un tout petit préfet de rien du tout... Pourquoi pas la direction de mon bureau de poste local, tant qu'on y est ? Allo, les médias, Pujadaaaaassss ! Chazaaaaal ! Les PTT ont nommé un arabe dans mon bureau distributeur... un araaaabe IN-TE-GRE !!! A la direction, s'il vous plaît... Vite, veneeeeez !


Aïssa.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Il faut prendre acte que Bernard-Henry Lévy, depuis des années, à de nombreuses reprises, dans son Bloc-notes du Point, a fait part de Barack Obama et, au fil de l'échéance électorale, prédisait sa victoire. Il faut rendre à César, etc. Ceci pour arriver à son "Idéologie française" qui n'est pas si stupide qu'on l'a dit. Et de là, lier les deux pour les amener chez nous, la France, où, malgré les apparences, l'élection d'un Noir à la Maison-Blanche n'est secrètement généralement pas si bien vécue que l'on a voulu le faire croire. Je crains fort -et le prédis ici même- un sourd et lent repli communautaire blanc dans notre pays ... Une peur irraisonnée que puisque cela a eu lieu là-bas, il pourrait avoir lieu ici ... Et cette idéologie profondément malsaine qui taraude en sourdine et sans violence, presque comme une douce "éducation" inconsciente, qui trouve ses racines profonde dans notre Histoire et qui n'a jamais cessé non de croître mais d'exister, est toujours à l'oeuvre chez nous qui agit souvent même à l'insu de ceux qui la portent comme on porte sans le savoir un quelconque héritage de vermine ... Et si celle-ci n'était que le fait d'intellectuels, ce ne serait rien ou si peu ... Mais quand elle a, par on ne sait quel patient et sourd travail de sape des consciences, intégré comme le coeur même de la culture populaire pour s'y nicher doucement cachée, presque invisible ... Droite, Gauche, mêlées; il ne s'agit plus ici de partisaneries politiques au sens classique du terme; sa force et sa capacité de nuisance ont été précisément de se porter au-delà des luttes quelconques de classe ou autres, pour se donner comme telle: une autre et "certaine idée de la France". Aujourd'hui, les conditions françaises sont à nouveau réunies pour que ce germe se manifeste encore et fasse éclore peu à peu certaines mauvaises réactions quotidiennes et personnelles puis moins discrètes et plus globales... Nicolas Sarkozy dont ce n'est plus un secret qu'il est d'origine hongroise et d'ascendance juive -donc non Français, pour cette idéologie des tréfonds "culturels", ce germe- est à la Présidence; Rachida Dati (une autre "étrangère") est au ministère le plus significatif et symbolique en la matière; Fadela Amara, Rama Yade ... Puis maintenant, Barack, ce Barack-Hussein ... L'Amérique ... Mais alors, demain ce sera chez nous, c'est presque chez nous, c'est déjà chez nous ... Et à ceux qui douteraient, je dirais simplement ceci: Le Pen et son programme de "salut public", au second tour de la présidentielle, c'était hier, pas loin, hier ... Et si besoin était de prouver encore que cela dépasse les clivages classiquement politiques, droite, gauche, centres, radicaux, extrêmes même, etc., il n'est que de se dire que c'est la classe ouvrière pour l'essentiel qui, hier communiste, envoya le FN presque à la présidence ... de se dire également qu'il est des rapprochement sémantiques qui sont révélateurs de ces choses, que FN hier était communiste et puis front ... populaire ... que si Blum et quelques autres autres furent arrêtés, nombreux sont-ils qui se sont ralliés aussitôt à ce germe sourd qui éclatait alors, Pétain et sa clique, comme on revient naturellement aux sources quand on se sent en danger, ou plutôt, quand on sent la patrie en danger ... J'ai la certitude que Barack Obama inspire plus une terreur populaire irraisonnée et secrète ici, chez nous, que au coeur même des pires ex Etats ségrégationistes du Sud des Etats-Unis. Il va falloir être vigilant, après cette euphorie de façade. La France n'est pas l'Amérique; elle est beaucoup plus tourmentée et travaillée, beaucoup plus contaminée à toutes les strates sociales ...


Aïssa.

Laurent Dingli

En relisant ce que j'ai écrit sur la guerre en Irak, je suis soudain frappé par tout le dérisoire de mon propos. Je disais que j'étais contre la guerre, et qu'aujour'hui, je ne savais plus. Mais comment peut-on être pour ou contre la guerre quand on ne l'a pas faite soi-même, quand on ne la pas sentie dans sa chair, que l'on est installé chez soi, devant son ordinateur? Tout cela n'est-il pas finalement bien ridicule ? Et comment choisir entre cet enfant irakien qui avait perdu bras et jambes ainsi que toute sa famille après un bombardement américain, entre lui et ces populations gazées, torturées, assassinées par Saddam ? Comment choisir entre la peste et le choléra ?
Pourtant, il faut bien choisir. Mais parfois, surtout en cette veille de commémoration, j'ai le sentiment que des milliers d'yeux, des yeux de spectres me regardent et me disent : mais de quoi parles-tu ?

On a toujours besoin d'un plus petit que soi

@Aïssa Lacheb-Boukachache
«Je sais bien qu'il faut imaginer Sisyphe heureux... Mais c'est l'imaginer ignorant de son état et ne cherchant pas à le changer.»

De fait, «la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
Voir Sisyphe
http://pagesperso-orange.fr/wxy/wambst/Sisyphus.gif

Ça m'a fait penser à la première machine à laver que nous avons eue devant laquelle je suis restée des heures à regarder le tambour tourner vers la gauche, puis vers la droite, puis vers la gauche, puis vers la droite, puis vers la gauche, puis vers la droite, puis vers la gauche, puis vers la droite, puis vers la gauche..... à un moment donné il larguait une eau sale et restituait un linge propre tel Nangaku polissant sa tuile pour devenir Bouddha [ http://zen-nice.org/sangha/Gyobutsu-Ji-No-8-1-2.html passage fin de page Baso et Nangaku - Mercredi 31 mars 2004 - soir : La réalisation dans l’action. ]

Le tambour et le mécanisme qui l'agit eux ne sont pas humains ils ne font que s'user dans l'action et la propreté du linge n'est que le résultat transitoire de leur mise en mouvement un temps donné. Rien de tout cela ne les rend eux-mêmes heureux. En revanche si Sisyphe peut être heureux c'est en déplaçant le but de l'action du sommet de la montagne vers l'action elle-même.

Véronique Raffeneau

Superbe billet Philippe. Très Bilger.

"S'il n'avait pas fait ce choix intime, s'il ne l'avait pas si bien explicité, s'il n'avait pas si finement perçu ce qu'il faut de boue pour tout trésor..."

Si vous le permettez, je souhaiterais exprimer quelque chose de plus personnel.

Dans l'ouest de la France, de Vendée d'où je viens, quand j'étais enfant mon monde était fait par des gens se ressemblant, et se reconnaissant par leur culture et leur traditions partagées.

Là, un boucher, là un tailleur devenu entrepreneur, plus vers l'Anjou un viticulteur avec un château - un vrai - qui est transmis de génération en génération.

Aujourd'hui ces trois familles si semblables par une identité culturelle commune, se rencontrent à la Toussaint pleines de fierté et d'amour fou avec des petits-enfants mélangés avec le Maroc, le Sénégal et le Mali.

Ce qui était impensable, rempli de peur, d'hostilité et redouté pour ces grands-parents il y a 30 ans, il y a 20 ans, est devenu une part d'eux-mêmes.

Si vous saviez comme ces enfants et leurs parents sont infiniment aimés.

En vous lisant, j'ai pensé à eux, j'ai pensé à moi.

sbriglia

Excellent, Aïssa, si férocement vrai, hélas !

Aïssa Lacheb-Boukachache

On mesure toute la distance qui sépare notre démocratie naine face à la démocratie géante américaine en écoutant en ce moment les militants du PS appelés à se prononcer par vote sur les motions. Que cela fait du bien de rire, nom de Dieu ! Je les écoutais tout à l'heure à la télé (une cellule quelconque d'un arrondissement parisien), le mot qui revenait souvent était "changement". Comme une litanie, une ritournelle, c'est selon... De quel changement parlent-ils ? C'est les mêmes têtes depuis trente ans, dans ce Parti, on les voit vieillir comme on voit vieillir nos parents sauf que ce ne sont pas nos parents... ces fonctionnaires politiciens, la carrière plus lucrative et moins fatigante qu'une autre... La Droite n'est pas en reste, c'est vrai ; néanmoins, avec Sarkozy, il y a eu un peu de têtes neuves, un peu de têtes nouvelles, un petit courant d'air pour aérer, renouveler l'air... Du changement, disent-ils... Bon Dieu, j'hallucine ! Le look, peut-être ?... Mets une cravate, Jack, et quitte la place des Vosges, c'est pas socialiste d'habiter là... Martine, plus courte la jupe, au-dessus du genou... Marie-Ségolène, cessez de parler du nez, songez à l'effet... Bertrand, moins droit, moins figé à la télé, à la tribune, on dirait un ancien soviet aux remparts du Kremlin ou alors que t'as un balai rigide dans le... C'est peut-être ça le changement qu'ils invoquent ; sinon, je ne vois pas, vraiment pas... Les Américains, eux, ne font pas dans le détail ; je comprends qu'ils nous regardent toujours de façon bizarre. Le changement, c'est le changement avec eux, pas de chichi, du blanc au noir, sans transition, d'un extrême l'autre, direct... Bush fils à Barack-Hussein... Quelle leçon on prend en pleine gueule ! Quels rigolos nous sommes avec nos Fabius préhistoriques et nos Giscard antédiluviens !... C'est Finkielkraut qui va encore bouder et qui va revoir ses leçons... Il est certainement déjà retourné à ses obscurs et vieux livres poussiéreux pour y chercher ce qui n'a pas américainement cloché, à ce moment, bushiste fier singulier bouffi de petites certitudes à deux balles... Hé hé !


Aïssa.

Surcouf

Les hommes politiques sont comme le commun des mortels avec leurs qualités et leurs défaut.
Pour Obama comme pour Sarkozy comme pour tout chef d'Etat et de gouvernement il convient de juger en fin de mandat, sur pièces, les résultats de ces hommes somme toute courageux. Car il en faut du courage plus que de l'ambition pour faire face aux hordes de donneurs de leçons, des yaka fokon, des assissétémoi, despiliers de comptoirs.
Il manque aux jugements bien souvent péremptoires un peu d'humilité.

Je souhaite bon courage monsieur Obama car effectivement les espoirs mis en lui et en son image sont énormes. Il va devoir se frotter aux réalités quotidiennes qui ne sont pas celles exposées pendant les campagnes, mais cela il le sait déjà...

Good Luck mister Obama

Aïssa Lacheb-Boukachache

@On a toujours besoin d'un plus petit que soi


Je sais bien qu'il faut imaginer Sisyphe heureux ... Mais c'est l'imaginer ignorant de son état et ne cherchant pas à le changer. L'homme absurde dans sa condition absurde par sa tâche pas forcément absurde mais ignorée, n'est pas un révolté, c'est un soumis qui s'ignore. La soumission à ce qui nous dépasse ou ce que l'on ne comprend pas n'est pas un argument valable. Au mieux, c'est un renoncement d'humilité; au pire, c'est une lâcheté de crainte. On ne peut imaginer Sisyphe heureux que parce que Sisyphe n'est précisément pas un humain. Or, dans le cas camusien qui nous confond, dans cette situation historique de la guerre, la mère et la Justice sont des concepts humains. L'Idée de la mère ne saurait être opposée à celle de la Justice car l'une est dans l'autre et inversement. Autrement, on est dans le domaine des subjectivités (celles de Camus, en l'occurrence) qu'on oppose l'une à l'autre et ce serait effectivement un tout autre débat qui n'aurait plus rien à voir avec la phrase en question telle qu'elle fut dite, au moment où elle fut dite et pourquoi elle fut dite.


Aïssa.

Jean-Dominique Reffait

@ SR
Oui, comme sbriglia, je suis surpris de ce dénigrement systématique de tout ce qui pourrait apparaître comme beau.
Obama n'est pas King, ça n'est pas la même époque, pas la même violence. Obama est un politique, il a fait une campagne à l'américaine, avec ses concessions nécessaires à l'esprit nationaliste américain, bien sûr, et alors ? Ne peut-on simplement se réjouir de ce que la démocratie américaine a donné un exemple frappant de vitalité, de capacité de sélectionner les talents en-dehors des appareils ? Ne peut-on se réjouir de constater que les noirs américains eux-mêmes sont réconciliés avec ce pays qui, après les avoir asservis, mit tant de temps à les libérer de toute sujétion, et qui, au final, solde son passé ? Ne peut-on se féliciter de voir que la Première Dame sera une descendante d'esclave, dans le pays de Jefferson ?
Personnellement, je ne vois aujourd'hui que matière à m'enthousiasmer. Cette Amérique à la traîne vient d'un coup de prendre une sacrée avance qui nous entraînera tous. La tâche des idéologues antiaméricains, des Ben Laden et autres, va se compliquer du seul fait que le nouveau maître du monde n'est pas un de ces sales blancs arrogants dont ils ont fait leur fond de commerce. Le symbole est tellement fort qu'il prendra, je n'en doute pas, une dimension pratique. Le temps des déceptions viendra, mais pas aujourd'hui.

Pierre-Antoine

@Aïssa et @sbriglia :
"Je n'ai jamais bien compris ce qu'a voulu exprimer par cette phrase, Albert Camus. "Je préfère ma mère à la justice". J'y pense souvent et n'y trouve pas d'explication. Sans doute n'y en a-t-il pas. Elle est absurde, tout simplement. "

Peut-être celui qui préfère sa mère à la justice a-t-il plus conscience de ses racines que du droit, et de l'héritage reçu à transmettre à ses fils que de l'acte notarié.
Peut-être a-t-il plus conscience de sa place dans l'humanité de laquelle il est partie prenante que de sa place dans la société dans laquelle il se situe.

Cordialement et sans philosopher.

Pierre-Antoine

Jean-Dominique Reffait

Pour ma part, je comprends très bien la phrase de Camus citée par Philippe, j'en saisis le contexte, je l'approuve en ce qu'elle nous invite à privilégier en toute occasion l'indulgence, fusse au détriment de la raison. Je l'apprécie sous la plume d'un avocat général !

Moi aussi je suis saisi par cette grand-mère raciste qui brandit ses petits-enfants noirs comme un trophée : puisqu'ils sont noirs, ils seront les meilleurs. C'est moi, la femme blanche craintive qui vais vous fabriquer le premier président noir. J'imagine son immense fierté, dans sa fin de vie, d'assister à la victoire programmée de son petit-fils. Fierté d'avoir réalisé l'impossible, d'avoir vaincu les démons de l'Amérique qui étaient ses démons intimes.

Et puis, en ces temps où l'on peut être un peu plus sentimental, je voudrais malgré tout saluer certains aspects de G. Bush : c'est lui le premier qui a donné à l'Amérique internationale les visages de noirs, jusqu'à Condy Rice, femme et noire. Sans Powell et Rice, pas d'Obama possible. Il a su installer la crédibilité de hauts responsables noirs dans des fonctions stratégiques. La déclaration de G. Bush pour saluer l'élection d'Obama est très belle et je pense qu'elle traduit son sentiment profond. Ne pas oublier non plus que G. Bush est le président américain qui a multiplié par dix l'aide américaine à l'Afrique, notamment en matière de lutte contre le Sida et d'éducation.

Laurent Dingli

Jean-Dominique Reffait
Passons sur votre modestie qui vous fait écrire "Je suis heureux aussi parce qu'Obama confirme ce que je pense depuis longtemps" - pour retenir la substance de votre propos :
"les théoriciens de la diversité sont des has been, à gauche comme à droite. La négation de la différence constitue la meilleure arme contre le racisme : Obama a réussi à convaincre les Américains qu'il n'était pas noir"
Utilisant une fois encore un événement pour justifier une utopie, vous faites le même contresens que celui que vous aviez fait à propos de l'empire romain : vous confondez en effet l'acceptation de la différence au sein d'une communauté dont les valeurs sont communes, et la négation de la différence. Il n'y a jamais rien eu de tel, ni dans l'empire romain, ni dans les Etats-Unis d'Amérique où le communautarisme est pour ainsi dire contrebalancé par un sentiment patriotique très fort.
La négation de la différence, c'est le nazisme, le communisme.
La régression c'est faire comme si Obama n'était pas noir - le progrès, c'est de savoir qu'il l'est et de l'aimer ainsi.

On a toujours besoin d'un plus petit que soi

@Aïssa et @sbriglia :
"Je n'ai jamais bien compris ce qu'a voulu exprimer par cette phrase, Albert Camus. "Je préfère ma mère à la justice". J'y pense souvent et n'y trouve pas d'explication. Sans doute n'y en a-t-il pas. Elle est absurde, tout simplement. "

Peut-être ceci sera-t-il éclairant :

"Interrogé par un Algérien à Stockholm, il dira : « Je crois à la justice, mais pas avec les bombes. Entre ma mère et la justice, je préfère ma mère »".

J'imagine que sa mère n'est pas celle de «L'étranger» que l'auteur lui-même résume par: “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort.”

Quant à la question de l'absurde chez Camus, excellent résumé sur Wiki reproduit ci-après entre crochets. A votre disposition pour en discuter et rapporter le tout au texte de PB qui comme souvent repose sur un fond trop cultivé pour autoriser une lecture rapide.

[« L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde. -Le Mythe de Sisyphe, 1942 -». Dans cette phrase est concentrée la puissance d’un conflit, d’une confrontation qui supporte et emporte l’œuvre de Camus. Deux forces qui s’opposent : l’appel humain à connaître sa raison d’être et l’absence de réponse du milieu où il se trouve. L’homme vivant dans un monde dont il ne comprend pas le sens, dont il ignore tout, jusqu’à sa raison d’être.

L’appel humain, c’est la quête d’une cohérence, or pour Camus il n’y a pas de réponse à cette demande de sens. Tout au moins n’y a-t-il pas de réponse satisfaisante, car la seule qui pourrait satisfaire l’écrivain devrait avoir une dimension humaine : « Je ne puis comprendre qu’en termes humains. » . Ainsi les religions qui définissent nos origines, qui créent du sens, qui posent un cadre, n’offrent pas de réponse pour l’homme absurde : « Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître. Que signifie pour moi une signification hors de ma condition? -Le Mythe de Sisyphe-». L'homme absurde n'accepte pas de perspectives divines. Il veut des réponses humaines.

L’absurde n’est pas un savoir, c’est un état acquis par la confrontation consciente de deux forces. Maintenir cet état demande une lucidité et nécessite un travail, l’absurde c’est la conscience toujours maintenue d’une « fracture entre le monde et mon esprit » écrit Camus dans Le Mythe de Sisyphe. Ainsi l’homme absurde doit s’obstiner à ne pas écouter les prophètes (c'est-à-dire avoir assez d’imagination pour ne pas croire aveuglément à leur représentation de l’enfer ou du paradis) et à ne faire intervenir que ce qui est certain, et si rien ne l’est, « ceci du moins est une certitude -Le Mythe de Sisyphe-».

L’homme absurde ne pourrait s’échapper de son état qu’en niant l’une des forces contradictoires qui le fait naître : trouver un sens à ce qui est ou faire taire l’appel humain. Or aucune de ces solutions n’est réalisable.

Une manière de donner du sens serait d’accepter les religions et les dieux. Or ces derniers n’ont pas d’emprise sur l’homme absurde. L’homme absurde se sent innocent, il ne veut faire que ce qu’il comprend et « pour un esprit absurde, la raison est vaine et il n’y a rien au-delà de la raison -Le Mythe de Sisyphe-».

Une autre manière de trouver du sens serait d’en injecter : faire des projets, établir des buts, et par là même croire que la vie puisse se diriger. Mais à nouveau « tout cela se trouve démenti d’une façon vertigineuse par l’absurdité d’une mort possible -Le Mythe de Sisyphe- ». En effet, pour l’homme absurde il n’y a pas de futur, seul compte l’ici et le maintenant.

La première des deux forces contradictoires, à savoir le silence déraisonnable du monde ne peut donc être niée. Quant à l’autre force contradictoire permettant cette confrontation dont naît l’absurde, qui est l’appel humain, la seule manière de la faire taire serait le suicide. Mais ce dernier est exclu car à sa manière « le suicide résout l’absurde ». Or l’absurde ne doit pas se résoudre. L’absurde est générateur d’une énergie. Et ce refus du suicide, c’est l’exaltation de la vie, la passion de l’homme absurde. Ce dernier n’abdique pas, il se révolte.]

sbriglia

"Votre billet est très beau, littéraire, vous pouvez me croire ..."

...vous voilà enfin rassuré, cher PB, l'onction d'Aïssa devrait ôter les doutes qui vous taraudaient sur votre écriture !

(Aïssa, je vous taquine !)


Aïssa Lacheb-Boukachache

La phrase que vous citez d'Albert Camus n'a aucun sens, cher PB, je le maintiens. Il a dit n'importe quoi, ce jour-là, certainement sous le coup d'un grand désarroi dû à ces drames qui touchaient alors à son pays l'Algérie et qui le dépassaient. Mais bref... Ce étant, citer en parallèle de l'immense philosophe et écrivain, Dominique de Villepin, n'est franchement pas du meilleur goût. Ce dernier, sa phrase est sans queue ni tête. "Ne jamais avoir honte de ceux qu'on aime", qu'est-ce que ça veut dire? Rien. A-t-on besoin de le démontrer? Un père serait-il encore fier de son fils aimé, violeur et tueur d'enfant?... N'en aurait-il pas honte?... Ce serait un singulier père. Villepin est bien gentil en poète amateur et historiographe sérieux de Bonaparte puis Napoléon, mais il est loin d'être une quelconque référence morale ou philosophique ...

Puisqu'il est un peu oublié ici dans les éloges, je voudrais que l'on remarque et salue l'attitude honnête et digne de John McCain ... Il aurait réalisé, j'en suis sûr, une grande présidence; ce que j'espère et souhaite à Barack Obama qui fait aujourd'hui le rêve fabuleux de Martin Luther King et de tant d'espérances dans un pays au million de contradictions. Mais le grave et dangereux problème McCain, c'était Sarah Palin, cette femme étrange qui traîne comme un peu de folie dans son sillage ... Dommage. Mais peut-être cela a-t-il été délibéré, voulu ... Peut-être fallait-il, fallait-il que Obama, maintenant, soit élu ... Je n'en sais rien.


Votre billet est très beau, littéraire, vous pouvez me croire ...


Aïssa.

eclipse

Ca y est, c'est fait !
Merci à George. Tes huit années d'erreurs et de mensonges ont permis qu'un presque noir, quasi socialiste, ait comme prochaine baraque une maison blanche à Washington.
Les artistes ferrailleurs des Ateliers de l'Eclipse te sont reconnaissants, ils l'ont d'ailleurs fait savoir dans la presse nationale dès la semaine dernière...

francis

Je suis heureux de la victoire d'Obama, tant j'abhorre le racisme, bravo aux Américains. Mais une hirondelle ne fait pas l'embellie attendue. Certes Obama n'est pas qu'un beau parleur, c'est un pragmatique à l'esprit ouvert, mais il est face à un défi colossal. Il lui faudra, avec son équipe, travailler dur pour rendre confiance à son pays et au monde qui doute des USA. Attention, sa victoire n'éteint pas la haine raciale, des visages pâles le détestent, les Latinos. Je me souviens, en Algérie les petits blancs qui n'avaient que leur peau blanche étaient les plus enragés à taper sur les Algériens. Puisse Obama être à l'abri du destin d'un Kennedy, lequel n'était pas l'intégrité, attendues ses relations maffieuses.

SR

Je persiste : il est malaisé de lire, d'écouter les commentaires sur la victoire d'un homme politique et de tout ramener à sa couleur de peau. Avec près d'un milliard de dollars, un candidat républicain handicapé physique, Barack Obama a brillé par le déballage de sa vie privée. En soi c'est le premier candidat pipole qui met en scène sa femme, ses filles, ses grands-mères, toujours en citant un verset de la Bible, il est très américain. Sa couleur noire est anecdoctique, mais les médias reprennent en boucle sa couleur de peau. Donc, il y a échec du souvenir de Martin Luther King dont le combat reposait sur le droit à l'indifférence en effaçant les préjugés sur la couleur de peau.

Erig le Brun de La Bouëxière

Ca y est, la fin de l'histoire... La réalité enfin totalement scénarisée... Le story-telling à son sommet ultime avec décès de la grand-mère à l'heure H, et Monsieur le procureur approuve en cinéphile averti.

Le XXI siècle sera celui des gravures de mode ou ne sera pas.

Polochon

Vive Obama bien sûr mais un point a été complètement occulté pendant la campagne, c'est le nombre de personnes en prison aux USA.
Plus de 2 millions de personnes (dont 46% de noirs qui par ailleurs représentent 12% seulement de la population totale) sont en prison. En France, toute proportion gardée, cela donnerait 400 000 prisonniers.
Obama a suscité un espoir fou mais ce simple chiffre montre que le défi est colossal et que nous vivons dans deux mondes différents.

ROUTA VILLANOVA

Eh oui, un magistrat peut être "fleur bleue", cela nous changerait ; humain, tout simplement et si la presse nous manipule dans ce sens, soyons volontaires. Nous avons si peu à y perdre !

Cactus un peu jauni au bout de l'ennui !

Si j'ai tout compris, monsieur Bilger :

à Obama, donc :
"Retiens cette nuit
Avec toi elle paraît si belle
Retiens cette nuit,
Qu'elle devienne éternelle
Pour le bonheur de nos bons choeurs
Arrête le temps et les heures
Je t'en supplie à l'infini
Retiens cette nuit."
(emprunté à J.Hallyday , un peu on ice quand même)

Bien à vous !

Marie-France Bezzina

Bravo, Obama, courage, la tâche va être rude. Mais il est né un quatre août !
Il a donné un "scoop" qui est passé presque inaperçu. Il ne pourra accomplir ses promesses en un seul mandat ! Donc, il prévoit de se représenter en 2012. Je crois que son talent d'orateur fait aussi partie de sa séduction.

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