Six morts de froid.
Le président de la République qui s'émeut et ordonne, le Premier ministre qui tempère, Christine Boutin, ministre du logement qui évoque l'hébergement autoritaire des SDF pour éviter le pire puis qui presque s'excuse. Tollé des associations. Et, nuit après nuit, des vies que la misère et le climat effacent, détruisent (Le Monde, Le Parisien, Le Figaro, le site du Nouvel Obs ).
On n'est pas loin du débat sur la prison. L'urgence qui s'oppose au rythme de ceux qui veulent tout faire dans les règles. La loi contre le système D. Les bureaucrates contre les débrouillards.
Quand Nicolas Sarkozy affirme avec indignation et à la fois bon sens qu'on ne peut pas laisser mourir les gens dans la rue, parce qu'on est en hiver et qu'on sait ce qui va advenir, qu'il convient de réagir et donc d'emmener de force tous ces malheureux, qui préfèrent à leur survie leur liberté au risque de mourir, dans des lieux où quelques heures ils échapperont à la terrible imprévisibilité d'une existence démunie de tout, on ose protester. On ose soutenir que si on les sauve dans l'urgence, de cette manière, on les perdra, on les éloignera du regard social, certes on les réchauffera, on les empêchera de succomber mais au fond on les traitera mal. On a l'impudence - et les associations le coeur sur la main, les spécialistes de la solidarité, les donneurs de leçons sociales en tête - de vitupérer les partisans de la manière forte pour le bien de ces défaits de la vie qui d'une nuit à l'autre peuvent disparaître, au prétexte qu'il vaudrait mieux les laisser mourir dans les règles, tranquillement, en attendant un avenir qui permettrait d'apprivoiser ces misérables auxquels il serait paraît-il humain de concéder un droit à l'immobilisation en plein air, évidemment mortifère.
De qui se moque-t-on lorsqu'on avance, devant de telles contraintes chaque nuit plus lourdes et plus décisives, qu'il faudrait d'abord construire plus d'hôtels sociaux, de structures de halte et de réconfort et que soumettre les SDF à l'injonction de venir se mettre à l'abri serait totalitaire et dangereux ?
En attendant, on fait quoi ?
Si je ne craignais de gangrener par l'ironie ce sujet dramatique, j'aurais envie de rappeler le mot d'Alfred Capus affirmant "en somme qu'il allait mourir guéri" à son médecin lui certifiant que toutes ses affections étaient parfaitement guéries.
Il y a une dictature de l'urgence qui impose ses exigences. Il y a une urgence de la dictature pour contraindre des vies à se ménager un havre de paix et de repos. Ensuite, elles seront libres de retrouver les grands espaces du dénuement indépendant.
On ne va pas compter un à un les morts, sans rien tenter ?
On a tellement peur de l'autorité qu'on l'économise alors même qu'elle épargnerait tant d'existences. Que penserait de nous un observateur qui surviendrait sur notre terre et qui nous entendrait disserter sur les moyens légitimes ou non de sauver pendant qu'on meurt de tous côtés ?
Là où il suffirait d'un geste, nous n'avons que des mots. Nos scrupules nous étouffent.
Demain, le septième ?
Bonjour,
J'ai lu :
Un homme a été trouvé mort de froid hier.
Le journal précise : ce n'était pas un S.D.F !
- C'était quoi alors ce 7ème ??
- Peut-être un S.D. comme tous les autres.
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 11 décembre 2008 à 21:32
@elen
"On les remettra quelques jours plus tard dans la rue où ils auront perdu leurs repères ou leurs abris de fortune.
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?"
"Et leurs baisers au loin les suivent
[...]
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent."
@Apokrif
"Dans quelle mesure une obligation d'hébergement serait-elle conforme à l'art.5 CEDH ? "
Une obligation d'hébergement me paraît conforme en priorité à l'art. qui régit la non assistance à personne en danger.
*La mort a des terreurs même à qui se dévoue ;
Le Calvaire est affreux, c’est un Dieu qui l’avoue."
L'Unique goutte d'eau sur ce calvaire affreux y aura donc son utilité!
Rédigé par : Catherine JACOB | 09 décembre 2008 à 10:08
Ces gens que je refuse d'appeler SDF sont des gens fragiles et en grande précarité.
Les emmener de force sous le prétexte de les sauver signifie ajouter une violence supplémentaire à celle qu'ils ont tous les jours à assumer dans la rue ou sous des abris de fortune.
On les remettra quelques jours plus tard dans la rue où ils auront perdu leurs repères ou leurs abris de fortune.
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Rédigé par : elen | 08 décembre 2008 à 21:47
Dans quelle mesure une obligation d'hébergement serait-elle conforme à l'art.5 CEDH ? Les SDF sont-ils des "vagabonds" au sens de cet article ?
Rédigé par : Apokrif | 06 décembre 2008 à 20:54
Bonjour
Ah ce que les solutions sont simples. On voit une info à la télévision et bien sûr notre solution simple devrait être la bonne et résoudre tous les problèmes.
Il y a un peu de vanité et de mépris envers les autres dans cette attitude.
Les messages au-dessus et l'article de M. Hisch devraient vous en convaincre.
A une prochaine lecture.
Rédigé par : Charles | 02 décembre 2008 à 14:36
Jean-Dominique Reffait,
Il me semble difficile de comparer la situation actuelle avec celle de la fin du Bas-Empire, du Haut Moyen Age ou encore des grands défrichements du XIIIème siècle. L'installation des peuplades germaniques qui traversaient le Limes ne s'effectuait pas toujours de manière pacifique, comme vous le savez, et succédait souvent à des massacres et à des pillages.
Quant à l'exemple américain que vous citez, là encore, les choses sont difficilement comparables. Il s'agissait d'un pays très faiblement peuplé, et l'implantation de migrants européens a aussi eu pour corollaire l'élimination des populations amérindiennes, l'esclavage des Africains et la surexploitation des Chinois, le plus souvent dans des conditions effroyables. Ni dans le premier cas que vous évoquiez ni dans le second, il ne s'agit d'une installation sur une terre véritablement vierge et le développement des uns s'est souvent fait au détriment des autres. Vous voyez, il y a un peu de marxisme dans ma vision du monde.
Bien entendu, il existe des contre-exemples, comme la Pennsylvanie des Quakers, l'organisation sociale des Amish, les missions jésuites du Paraguay, mais ils correspondent à des expériences uniques, dans l'espace et dans le temps.
Pour les villes neuves du XIIIème siècle et les défrichements (souvent effectués par des moines), il s'agit là aussi de tentatives inscrites dans un contexte très particulier, à une époque où l'individualisme n'existait pas, en un temps où naissait la sainte Inquisition, où existait le servage, où on ne sortait que très exceptionnellement de son "ordre". La société avait des systèmes de protection et de solidarités différents des nôtres, mais ignorait la liberté individuelle.
Rédigé par : Laurent Dingli | 02 décembre 2008 à 09:33
Forçons-les à arrêter de boire
Forçons-les à abandonner leurs chiens
Séparons les couples
Confisquons les tentes
Le problème n'est pas qu'il en meure plus ou moins en hiver, c'est qu'en hiver on en parle.
Forcez-les à vivre, faites tout ce que vous voulez, mais arrêtez ce bruit médiatique insupportable, c'est 'urgent'. Tuez leur seul moment d'existence dans notre société: la médiatisation de leur mort. C'est caricatural, mais il y a un peu de ça quand même...
Pourquoi pas un tirage au sort pour parrainer chaque sans-logis par un citoyen logé ? Ça paraît bête, mais je crois que tant qu'on porte un regard extérieur sur l'autre, on n'avance pas.
Ce que devrait savoir un juge qui fait l'expérience qu'au fond, on ne juge que soi-même.
Les indigents, comme dans Homère, sont des Dieux Déguisés qui nous mettent à l'épreuve.
Il faut relire Alain, notamment son Propos sur la Charité du 3 mars 1931. Un extrait:
"L'homme est ainsi fait que la moindre tentative de forcer risque de l'irriter, de le détourner, au fond de lui faire oublier sa propre puissance libre, inviolable, indomptable, qu'il s'agit justement d'éveiller. C'est ainsi qu'il faut l'aimer. Il n'y a rien d'aimable en lui que cela même. La seule valeur en lui c'est cela même qui refuse direction et même conseil."
Rédigé par : Alexandre | 02 décembre 2008 à 07:57
@Irfan : merci pour votre commentaire sur mon blog, c'était quand même mieux écrit et mieux argumenté que les gros mots que vous avez écrits ici !!! Même si je ne partage pas votre point de vue, et même si j'ai mis ce texte en ligne, je n'en suis pas l'auteure et de plus je ne l'ai même pas commenté !
Rédigé par : Nathalie | 01 décembre 2008 à 19:40
Jean-Dominique : votre proposition de donner des villages, c'est-à-dire des maisons gratis à des sans-logis (clochards ou pas) me semble une injustice, car il y a des gens qui travaillent dur et qui ne se verraient pas offrir de logement gratuit, alors qu'ils travaillent et ne peuvent se payer un logement dans le parc privé, et qu'ils ne trouvent pas dans le parc public.
Au sujet de parc public, je vis dans un logement social, modeste certes, mais propre et très correct, les voisins sont sympas et tranquilles, un peu loin en terme d'image et d'ambiance de la zone avec immeubles pelés, motos qui pétaradent et jeunes qui glandent dans la cage d'escalier : il y a plein de logement vacants en permanence. Certains ne trouvent pas preneurs pendant longtemps. Pourquoi ? Une question d'organisation toute bête : les fichiers mettent du temps à être mis à jour, l'offre de logement met un "bail" à paraître etc... Que des histoires de lenteur de personnel administratif. Et le temps que le logement soit un peu rénové s'il est laissé un peu trop abîmé aussi.
Voilà, je pense que 1000 petits détails de cette nature grippent le système et peut même l'empêcher de fonctionner.
Il doit être possible de trouver d'autres exemples.
Rédigé par : Nathalie | 01 décembre 2008 à 19:31
A la charité, le Droit! (J'aime beaucoup cette petite phrase).
Deux anecdotes très significatives.
Toute l'année, davantage l'hiver, le Samu social de Paris cherche des soignants, surtout infirmiers, pour ses diverses missions d'aides aux autres les plus démunis. Pour ses "maraudes", comme il dit, ses maraudes de jour et de nuit ... (Je ne connaissais pas la destination qui avait été faite depuis de ce terme qui pour moi avait toujours signifié: aller piquer des pommes et des cerises dans le verger du curé; on était une bande de jeunes copains, on allait à la maraude aux fruits ...). Voici donc, presque mot à mot l'entretien que j'ai eu avec lui (le Samu social de Paris) l'hiver dernier (j'ai raccourci pour ne transcrire ici que l'essentiel mais ça vaut son pesant):
- J'ai des disponibilités, je suis d'accord pour venir travailler avec vous tout l'hiver ...
- Ah mais c'est parfait ça! Vous pouvez être là quand?
- Dès demain.
- C'est parfait! nous vous attendons (ici, on m'indique où je dois me rendre pour les formalités d'embauche CDD, etc.)
- Je serai logé où, durant cette période?
- Pardon?!
- Oui, je viens de Reims, je ne peux pas faire l'aller et retour tous les jours; je vous demande donc où je serai logé ...
- Mais vous n'êtes pas logé, monsieur, nous ne logeons pas, le Samu-social ne loge pas ...
- Excusez-moi mais je n'ai pas bien compris ...
- Nous ne logeons pas.
- Mais alors, comment est-ce que je fais, moi, pour venir travailler avec vous, surtout avec les rémunérations plutôt symboliques qui sont les vôtres?
- Je ne sais pas, monsieur, il faut vous débrouiller ...
- Vous devez bien avoir des chambres, tout de même?
- Oui, bien sûr, nous disposons de 5000 chambres à Paris et proche banlieue ...
- Et parmi ces 5000 chambres, vous n'en mettez pas une dizaine voire une vingtaine à la disposition des soignants qui, comme moi, viendraient de province pour gonfler vos rangs?....
- Absolument pas, monsieur; il faut vous débrouiller ...
- Ainsi, si j'ai bien compris, je maraude avec vous puis, à la fin de mon travail, je me retrouve à mon tour à la rue, sans lieux où aller me reposer, attendant que la prochaine maraude passe me ramasser ... C'est bien ça?
(silence à l'autre bout du téléphone; j'imaginais cette pauvre secrétaire empêtrée dans ses dilemmes, cherchant une réponse; je n'ai pas été cruel à ce point et ai mis fin à la conversation ...).
- Au revoir, mademoiselle, et à l'avenir précisez bien dans vos annonces de recrutement que les soignants que vous recrutez et dont vous avez un impératif besoin doivent IMPERATIVEMENT avoir de quoi se loger par eux-mêmes à Paris et sa région.
La seconde anecdote, cet été, toujours Paris (décidément).
La Mairie de Paris en pénurie dramatique de personnel soignant infirmier. Recherche par voie de concours et recrutement, etc. Je postule, tout baigne, concours, recrutement, bientôt fonctionnaire à la plus grosse mairie de France, hé hé ... Puis, au dernier moment, la veille de les rencontrer, je les appelle d'ici, de là où je vous écris:
- Allo ...
- Ici la mairie de Paris, bureau du recrutement, patati ...
(Je me représente et explique toute l'affaire, puis termine ainsi):
- Donc vous rémunérez 1100 euros net par mois, pour un temps plein; j'espère qu'à ce tarif, vous fournissez également le logement, à tout le moins un petit studio sympa ...
- Absolument pas, monsieur, vous vous débrouillez ... Et puis, l'attente est très très longue pour obtenir de la ville un logement ...
(Alors là, je m'énerve car son ton outrée à cette fonctionnaire était insupportable ...)
- Non, madame, c'est pas moi qui se débrouille, c'est vous qui vous démerdez! Moi, j'en ai rien à branler, c'est votre problème, pas le mien! On me fait des propositions à 3000 euros net, logement gratuit, en Suisse ou à Luxembourg; il ne tient qu'à moi d'y aller demain ... Je suis obligé de refuser du travail, des missions intérim, des remplacements, tellement la pénurie de soignants est dramatique en notre pays; autrement, je travaillerais nuit et jour, sans jamais aucun repos, même d'une heure! Je ne vais pas faire l'infirmier esclave pour la mairie de Paris et coucher dehors en plus ou donner tout mon salaire, cette rémunération honteuse que vous imposez, quand il suffirait ce salaire de misère, à un quelconque bailleur si il s'en trouve encore dans votre ville pourrie ... Vos parisiens désemparés de ne plus trouver de soignants pour les soigner, soignez-les vous-mêmes, petite fonctionnaire du recrutement à la mairie!
(J'ai transcrit là encore l'essentiel, la forme comme le fond, puis j'ai terminé, je m'en souviens bien, par : dites à Delanoë de mettre une blouse blanche et d'y aller lui-même, ça le fera peut-être...).
Comment ne pas prendre de la distance et garder le sens de l'humour après ça?... Est-ce donc ainsi que les hommes vivent? Oui, c'est tout à fait ainsi ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 01 décembre 2008 à 19:17
@Laurent Dingli
Ni ce que j'imagine ni le RSA ne sont des solutions à cette aberration que constitue le mode d'organisation de l'espèce humaine dans le règne animal : l'inégalité matérielle, je suis d'accord avec vous.
De même n'imaginais-je de transporter de force les pauvres à la campagne mais je fais une observation : a-t-on le droit d'être pauvre aujourd'hui ? Eh bien non, c'est interdit, parce qu'il ne faut pas encombrer l'espace public, parce qu'il est interdit de se chauffer en prenant du bois dans une forêt domaniale, parce qu'il est interdit d'y construire sa cabane.
Or qu'étaient nos jolis villages des origines ? Des endroits où quelques migrants et miséreux posaient leurs hardes, construisaient quelques cabanes, puis une vague église en bois. C'est de cela que nous venons tous, nous sommes tous les descendants de sans abris qui n'ont pas eu à fournir de formulaires pour s'installer. Lorsqu'il fallait des formulaires et qu'ils étaient nombreux, ils faisaient comme les francs, les wisigoths ou les alains, ils passaient en force et posaient leurs bagages de force. Nous avons reproduit cela en Amérique et ça a marché. Mais désormais, le robinet est fermé : nous avons l'espace, nous avons les bras mais nous ne voulons plus.
C'est à ce rêve que je faisais allusion et non à une énième organisation bureaucratique qui prétendrait encadrer la pauvreté. Puisque nous ne sommes pas foutus d'éradiquer la misère, laissons-la vivre à sa manière, laissons-la peupler des endroits abandonnés, cultiver des terrains négligés, n'exigeons pas qu'un logement soit exclusivement un bâtiment répondant aux normes ISO avec le câble, le frigo et les extracteurs d'air réglementaires.
Un homme qui n'a aucun droit n'a aucun devoir non plus.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 01 décembre 2008 à 18:22
Tout à fait d'accord avec vous, M. Bilger.
La levée de bouclier des associations de soi-disant défense des démunis n'est qu'une manifestation de leur narcissisme: elles craignent de perdre leurs faire-valoir lorsqu'ils seront au chaud.
Cette problématique est du même ordre que des mots d'ordre du genre "la liberté ou la mort", "la démocratie à tout prix", repris et claironnés par les salauds de tous bords qui envoient les autres à l'abattoir pour satisfaire leur volonté de puissance. A tout prendre, il vaut mieux vivre dans une dictature qu'être mort.
Enfin, il y a quelque chose de malsain et d'indécent à rebattre les oreilles du citoyen avec les sans-abris, comme une sorte d'appel permanent à la générosité, alors que l'Etat et certaines collectivités locales gaspillent des millions dans du festivisme type Nuit blanche ou Paris plage. Si la pauvreté était un sujet de préoccupation réel, les pouvoirs publics hiérarchiseraient mieux les dépenses.
Rédigé par : Pol Henri | 01 décembre 2008 à 18:06
En somme le plus important est de détourner le sujet : voyez, ils ne veulent pas de mon aide !
Alors que les centre d'hébergement sont bourrés et n'arrivent pas à répondre à tous les demandeurs d'asile de nuit.
Sans doute qu'il est plus important de communiquer que d'agir.
Rédigé par : belka | 01 décembre 2008 à 17:32
Les SDF exposés au froid sont-ils des vagabonds au sens de l'art. 5.1e CEDH ? Il me semble que c'est la seule stipulation de ce texte qui permettrait leur détention.
Rédigé par : Apokrif | 01 décembre 2008 à 15:44
@JDR
Les pauvres dans des villages abandonnés. Voilà une solution qui devrait plaire à Madame Boutin et à quelques autres ; ne manquera qu'un mur érigé autour et tout ira bien dans le meilleur des mondes. Mais, cher JDR, les "pauvres" ont souvent quitté la campagne pour la ville où ils espéraient trouver un travail et de meilleures conditions de vie, "les pauvres" à la campagne il y en a énormément, on les voit juste moins car ils ont souvent un domicile, fut-il très rudimentaire. Mais pas plus que la misère n'est plus belle au soleil ou l'été, je ne crois pas qu'elle soit plus belle à la campagne, même si de temps en temps on leur donne un lapin... Quant à votre remarque sur la mort qui a finalement délivré cet homme mort dans sa camionnette elle me fait frémir. Cet homme était-il condamné à vie à la misère, je ne le crois pas, pas plus que je ne suis sûre qu'il a été un enfant enjoué ou un travailleur acharné. Je n'en sais rien, pas plus que vous et de toute façon, cela change-t-il quelque chose ? Nous sommes là en pleine littérature. Par contre ce dont je suis sûre c'est que personne n'est condamné à être pauvre à vie. Sûre aussi que la solution autoritaire n'est pas une solution ; elle nie à des hommes et des femmes le libre arbitre. Leur vie leur appartient, comme elle appartient d'ailleurs à un malade en fin de vie. Il n'appartient me semble-t-il à personne de le leur enlever. Les mettre au chaud à moins 6 pour les remettre à la rue à 6 heures du matin a surtout un intérêt : nous donner bonne conscience.
Rédigé par : catherine A. | 01 décembre 2008 à 12:06
Jean-Dominique Reffait,
Je partage certains points de votre commentaire, mais je suis un peu sceptique sur les villages destinés aux SDF que vous préconisez, pour des raisons que j'ai déjà évoquées.
D'une part, nous risquons d'isoler ces gens de la communauté avec une solution qui ne prend pas en compte leur cheminement individuel. Un exemple, parmi les sans-abris de Vincennes, il existe notamment un couple dont le mari gagne 1200 ou 1400 euros par mois et travaille pour la mairie de Paris (reportage de TF1 d'hier). Le couple, qui a trois enfants, ne peut trouver un logement. Même chose pour une autre sans-abris, ancienne secrétaire licenciée et, elle aussi, en attente d'un logement social. Le premier n'ira pas volontiers à la campagne puisqu'il a un emploi. Quant à la seconde, j'ignore quelles sont ses attaches dans la capitale. Des logements existent, mais l'engorgement est dû, en grande partie, aux retards accumulés par les différents gouvernements pendant des décennies.
Deuxième point, votre solution (dont je comprends qu'elle n'a qu'une vocation d'urgence), ne résout pas pour cette même raison le fond du problème. Je veux dire que vous aurez beau loger des gens à la campagne, le flot du déclassement se poursuivra parce que c'est le système qui le génère. Dans ce cadre, le RSA constitue une première étape importante, dans la mesure où il tente de protéger les travailleurs pauvres, catégorie particulièrement fragilisée par la crise. Ce n'est évidemment pas la panacée et il reste sans doute d'autres réformes à mener. Les chantiers liés à l'environnement, même s'ils ne constituent pas davantage un solution miracle, représentent un vivier important.
Enfin, il faudra bien un jour s'interroger sur le licenciement économique qu'on ne pourra pas toujours justifier de manière expéditive au nom de la concurrence internationale. Entre les solutions extrêmes proposées par Olivier Besancenot et la dérégulation, il y a de multiples réformes à envisager. Dans ce cadre, les socialistes doivent apporter leur sensibilité et leurs idées pour contribuer à la réforme du capitalisme.
Rédigé par : Laurent Dingli | 01 décembre 2008 à 11:57
J'ai des opinions si diamétralement opposées à celles de Christine Boutin que je crois qu'elles se touchent aux extrêmes et je ne crains pas de dire que j'ai beaucoup de respect pour cette femme, ses convictions dont je ne partage pas le millième, sa bible brandie qui m'a fait sourire, moi le laïcard, avec attendrissement et son immense générosité.
Sa proposition ne m'a donc pas fait hurler, même si j'en ai conçu des critiques dès l'annonce.
Le noeud du problème est ici :
"Il y a une dictature de l'urgence qui impose ses exigences. Il y a une urgence de la dictature pour contraindre des vies à se ménager un havre de paix et de repos."
Urgence pour les uns (toujours les mêmes) et dictature pour les autres (toujours les autres), nous voyons bien que cette inversion dialectique ne plaît pas spécialement à son auteur, mais il interroge aussitôt : quoi faire d'autre ?
L'ancien maire de Neuilly a une expérience particulière qui n'est pas celle des SDF mais des clochards et il a imaginé une solution qui convient aux clochards : emballage, épouillage. Je raille tout en considérant que ce n'est pas une mesure ridicule. Mais elle ne convient pas à celles et ceux qui ne sont pas clochards mais juste sans domicile, souvent des personnes sainement conscientes, aussi propres qu'elles le peuvent, soucieuses d'apparaître au mieux. Lorsque nous évoquons l'homme de 51 ans mort dans sa camionnette, nous ne parlons pas d'un malade mental ni d'un clochard mais d'un homme qui n'avait trouvé que cette façon, somme toute acceptable, de vivre : il est mort non de froid mais d'un chauffage défectueux. Où aurait été l'urgence pour cet homme ? Un foyer puant ? Sans conteste, il était mieux dans sa camionnette que dans un foyer et, s'il est mort sans souffrance, endormi par un gaz inodore, le voici finalement libéré par lui-même d'une vie qui ne devait pas lui réserver de fort grands bonheurs ultérieurs. Je le dis sans provocation : la mort peut être une délivrance pour qui fut un petit garçon enjoué, un travailleur courageux et qui se voit projeter dans la misère par les cruautés de la vie moderne.
Aussi je comprends la colère de Philippe, mais je ne souscris pas à la solution envisagée, du moins à sa systématisation. Le pire serait de dresser la morale des uns contre celle des autres, l'engagement des uns contre celui des autres. Les insultes que je lis en certains commentaires sont indécents : la solution autoritaire, aussi dégoûtante qu'elle soit, est toujours une solution.
Je n'ai pas de fortune mais je rêve de villages dans des campagnes abandonnées, offerts aux pauvres, des chalets pas chers, avec un jardin, un clapier (je connais des paysans qui ne parviennent pas à manger tous les lapins qui se reproduisent dans leur ferme), oui, il y a d'autres solutions que la contrainte et qu'une fondation fortunée pourrait aisément financer.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 01 décembre 2008 à 10:32
En attendant, on fait quoi ?
Eh bien justement, on ne devrait plus attendre puisque gouverner c'est prévoir. Chaque année, il y a un hiver et chaque année c'est le même refrain. Alors, on anticipe et on règle le problème. Pas nécessairement par des réformes mais au moins par l'application d'une politique décidée et réfléchie. Lorsque l'on en sera là, on aura déjà beaucoup avancé. Le problème, c'est que ni les politiques ni la presse ne s'en apercevront.
Rédigé par : Michel | 30 novembre 2008 à 17:29
Quelle belle analyse...
Même si cela correspond à ce que pense je n'aurais jamais su le dire avec ces mots qui, délicatement, vous enserrent le coeur et vous amènent à vous poser tant de questions...
Merci
Rédigé par : Jeffanne | 30 novembre 2008 à 16:12
J'ai vu à la télé Augustin Legrand sur Canal + qui vitupérait contre C. Boutin sur le même ton que Irfan, c'est marrant non ? Quelle coïncidence ! Bon, il ne l'a pas traitée de cléricale puante, peur du procès pour insultes publiques peut-être, mais enfin, il avait la vedette à la télévision, et c'était bien. Vive lui, il s'est trouvé un job.
Rajoutons aussi, pour achever le tableau qu'elle (Boutin) est, à la Curie romaine, consulteur du Conseil pontifical pour la famille, une fonction correspondant à celle d'expert consultatif (4 consultations depuis 1995) du cardinal Alfonso Lopez-Trujillo, président de ce conseil. Elle fait forcément le jeu de l'Eglise.
Pire encore ! Tout au long de sa carrière, Christine Boutin a défendu des valeurs chrétiennes. Brrrrrrr ça fait froid dans le dos n'est-ce pas ?
Rédigé par : Nathalie | 30 novembre 2008 à 14:03
J'ajoute, Aïssa, que si vous éprouvez le désir de poursuivre cette conversation, vous pouvez le faire sur mon blog, je ne voudrais pas, par correction, pirater celui de Philippe Bilger.
Rédigé par : Laurent Dingli | 30 novembre 2008 à 11:45
@ Aïssa,
Je ne sous-estime pas, croyez-le, l'impact que peut avoir la misère, et le désespoir qu'elle entraîne, mais je pense qu'il ne s'agit pas d'un axiome, car l'on risque d'enfermer ainsi la grande pauvreté dans un déterminisme qui ne correspond pas à la réalité. Le Bangladesh par exemple, qui est l'un des pays les plus pauvres du monde, n'est pas (pour l'instant du moins) un vivier de terrorisme.
Il y aurait certainement beaucoup à dire sur les origines de l'action violente. Elles sont multiples, sans aucun doute. En Espagne, au Sri Lanka, en Thaïlande, le terrorisme n'a pas que des origines sociales, loin de là. Pour prendre un exemple encore différent, et difficilement comparable, l'action violente des mouvements de gauche et de droite des années soixante-dix étaient souvent le fait de petits bourgeois.
En ce qui concerne le terrorisme islamiste, vous êtes d'accord avec moi, je suppose, que ses racines sont loin d'être uniquement sociales. Ben Laden, et certains de ses lieutenants, n'étaient pas à proprement parler des damnés de la terre et s'ils avaient consacré le dixième de leurs immenses richesses à aider les plus démunis plutôt que de les employer à détruire tant de vies humaines, le monde ne s'en porterait que mieux.
Bien entendu, et je vous rejoins sur ce point, la misère est un terreau favorable. Mais les causes de cette misère sont elles-mêmes diverses. Prenons le cas des pays où peut sévir le fondamentaliste terroriste : les entraves au développement sont multiples : démographie galopante, non régulée le plus souvent pour des questions religieuses (Indonésie, Egypte), faiblesse ou corruption du pouvoir politique, problèmes identitaires face à la globalisation, surexploitation des hommes pour des raisons économiques et financières, désastres environnementaux comme en Indonésie ou à Haïti, invasion et séquelles de guerre (Palestine, Afghanistan) etc.
Si l'on effectue un survol rapide du terrorisme dans le monde, que constate-t-on ? En Inde, il est le fruit, entre autres, du colonialisme et de la partition de 1947, des guerres indo-pakistanaises et de cette verrue qu'est le Cachemire, mais aussi de l'internationalisation du terrorisme islamiste, de l'extrémisme du nationalisme hindou (qui sévit aussi contre les chrétiens), de l'instrumentalisation des oppositions religieuses à des fins purement politiques (depuis les colonialistes anglais et le célèbre adage "diviser pour régner" en passant par le général pakistanais Zia introduisant la Charia dans la loi et les institutions pakistanaises)... Je crois, comme vous, qu'un pays comme l'Inde où, dans certaines régions, la population est si pauvre qu'elle doit vendre ses propres enfants, que cette grande démocratie pourtant fragile génère une misère qui peut alimenter l'action violente. Cela n'en reste pas moins un facteur parmi d'autres. Le problème c'est que la plupart des facteurs sont liés et ont un effet aggravant : ainsi les ravages environnementaux dus partiellement à l'extrême pauvreté ne font que l'accentuer en retour comme une sorte de spirale infernale : déforestation conduisant à un ravinement des sols, multipliant les inondations et donc la détresse des populations déjà démunies (Indonésie, Amérique centrale, etc.). Les pays riches ont aussi des responsabilités majeures dans la mesure où ils surexploitent les matières premières et aggravent considérablement le réchauffement climatique dont des pays comme le Bangladesh sont parmi les premières victimes. Dans le Nord de l'Afrique, la désertification progresse de manière alarmante pour une bonne part en raison des activités humaines locales.
En conclusion, la violence, notamment sociale, est certainement un facteur essentiel, dans le sens où elle s'alimente indéfiniment comme une sorte d'auto-engendrement : pirates somaliens, enfants soldats de Sierra Leone, du Congo-Kinshasa ou d'Angola - mais la lutte des classes ne constitue pas selon moi une explication suffisante et, d'autre part, la misère ne conduit pas systématiquement au terrorisme.
(Philippe, vous me pardonnerez, je l'espère, cette longue digression).
Rédigé par : Laurent Dingli | 30 novembre 2008 à 11:31
Il me semblait avoir entendu que la capacité des centres d'accueil spécialisés dans l'accueil des personnes sans abri reconnu décent selon les critères de notre société en général, ainsi celle des aires d'accueil des gens dits 'du voyage', étaient insuffisantes à répondre à la demande, ce qui expliquait que certains de ceux qui n'avaient pas pu y être recueillis faute de place, étaient susceptibles de trouver la mort de diverses façons dont le froid.
Aussi, la mesure prise par Mme Christine Boutin et qui visait à contraindre coûte que coûte à l'accueil de ces personnes à partir du moment où la température extérieure aurait atteint un seuil critique, fixé à -6°parce qu'il faut bien le fixer du point de vue juridique qui autorisera l'exercice de la contrainte ou la prise des sanctions prévues, seuil critique eu égard à la vie et à la mort par le froid dans les conditions de vie des personnes visées, m'est apparue effectivement une mesure inspirée par la charité chrétienne de Mme Boutin qui n'est pas mince (... la charité!), ainsi que son sens des responsabilités dans le domaine de sa compétence de ministre qui s'étend à tous les types de populations, à savoir aux propriétaires du parc locatif dont les logements seraient restés inoccupés depuis un temps déterminé bien qu'en état, ainsi que les personnes susceptibles de prétendre à y trouver un hébergement d'urgence, et enfin les personnels administratifs susceptibles de faire la liaison entre les deux.
Ce qui, pour moi, signifiait en priorité, par ex.
1- Faire en sorte d' "éviter les situations souvent conflictuelles avec les communes qui ne peuvent accueillir dans des conditions décentes" les gens du voyage, par la création de nouvelles aires dont "le financement est pratiquement pris à 2/3 par l’Etat (pour l’instant!)", et d'augmenter par là l'actuelle capacité d'accueil qui est ici de huit mille places.
Tout le problème étant sur la région celui de l'emplacement : Où créer ces aires salubres nécessaires?
Le choix de la nouvelle municipalité messine de gauche s'est donc porté sur un site appartenant à une petite municipalité satellite, pour sa part de droite, ce qui paraît en effet très propre à éviter les conflits...en général, vu que les directives viennent, finalement, d'un ministre de droite!!
Le nouveau maire messin de gauche devrait être néanmoins épaulé dans cette affaire par un premier adjoint ayant bénéficié en son temps des premières restructurations militaires, puisqu'il s'agit de l'actuel président de l'université Paul Verlaine, de Metz, qui bénéficie désormais avec la superbe restauration d'un lieu de casernement, d'un nouveau site à la mesure de ses ambitions qui sont de résister à l'attractivité notamment de Strasbourg, par le renforcement d'un pôle universitaire qui inclue le Luxembourg dont l'attractivité, pour sa part personnelle, n'est pas moindre non plus!
Le président de l'université de Metz, autrement dit :“Celui là même qui aurait avoué dans le journal “La Semaine” du jeudi de la deuxième quinzaine de septembre 2008 :” Je ne suis pas un énorme travailleur (…)” selon certains qui précisent : ”il a au moins l’honnêteté et le courage de reconnaître ce que les serveuses des cafés de Metz confirment …”!
Disons, pour notre part, que le café messin ne paraît pas un lieu de travail inapproprié pour un ethnologue comme Richard LIOGER, l'auteur de "La folie du Chaman".
Il suffit juste de savoir dans quel café on va pouvoir le trouver au besoin, mais j'imagine que son secrétariat, pour sa part, ne l'ignore pas.
On trouvera accessoirement une présentation critique de cet ouvrage - par ailleurs passionnant, mais ce n'est pas le lieu d'en faire ici notre critique personnelle -, à cet endroit :
http://leportique.revues.org/document193.html
Autrement dit, un endroit où Jean-Paul Resweber, son digne collègue philosophe, théologien et psychologue mais pas femme de ménage, attirait en 2002 notre attention sur "le profil de l’ethnopsychanalyste qui recouperait celui du Chaman, avec lequel il semble partager une secrète complicité"...!
2- S'agissant de l'ethnie des SDF messins qui comme partout inclue "des femmes seules, des familles avec enfants, des SDF avec des chiens" etc.., elle pourra bénéficier, donc, du "plan hivernal d'hébergement d'urgence de Mme Boutin, plan qui offrira cette année 16.400 places, un chiffre en forte augmentation par rapport aux 13.138 places de 2006», selon l'Alsace, et j'imagine que le préfet de région, aura loisir, comme tous ses collègues préfets, "d'augmenter ponctuellement le nombre de places, de réquisitionner des gymnases ou des casernes."
Les places dégagées seront -elles là aussi suffisantes? Il semblerait que non mais il semblerait aussi que l'actuel défaut de capacité des lieux d'hébergement permanents ou ponctuels, pourrait être compensée en 2008 par 10.000 nuitées d'hôtel aux frais de l'Etat.
Ceci étant, ce qui motive le billet du jour me paraît être une confusion entre le fait de contraindre à l'hébergement des personnes dans les cas où leur forme de pauvreté et les conditions de vie qui en découlent les mettraient en danger de mort dès que la température extérieure serait descendue en dessous d'un certain seuil critique, autrement dit le fait d'intimer la responsabilité des pouvoirs publics susceptibles d'agir ainsi que des citoyens en général, et le fait de contraindre les personnes qui seraient estimées en danger à se faire héberger alors même qu'elles préfèreraient leurs conditions de vie actuelles aux conditions proposée par un parc hébergement qui leur paraîtrait inadapté.
Personnellement je pense qu'il en va de l'obligation d'hébergement comme de l'obligation de soins médicaux et que, de même qu'on peut être contraint à donner des soins mais pas à les recevoir, on peut être contraint à héberger et à recenser les populations en danger à cet égard, mais pas à être hébergé.
En revanche, au lieu de passer son temps à émettre des critiques qui n'ont rien de constructif, je pense qu'il faut essayer de comprendre le pourquoi des refus de certains et soutenir, au moins moralement, l'action de ceux qui cherchent dans le dialogue avec ces populations, à mettre en place des conditions d'hébergement desdites populations, telles que ces conditions soient l'objet de moins de refus ou de résistance de la part de ceux auxquels elles s'adressent.
Ex. peut-être utopique, mais bon :
La charte du canal saint Martin des enfants de Don Quichotte dont il est question ici :
http://metz-utopie.over-blog.net/archive-12-2006.html
Rédigé par : Catherine JACOB | 30 novembre 2008 à 10:31
Nous n'irons plus au bois
Les crédits sont coupés
La gauche que voilà
Ira en distribuer
L'aide aux sans abris n'est pas un projet politique; autrement les résultats de ceux qui se sont succédés aux commandes de l'Etat plaideraient pour leurs idées.
Reste la solution, temporaire et précaire, de la mise à l'abri.
On porte secours à celui qui veut se noyer ou se jeter par la fenêtre: porte-t-on ainsi atteinte à sa dignité?
Lors de cet été caniculaire, il a été assez évoqué qu'il fallait persuader les vieilles personnes, dont je commence à faire partie, de boire sans soif.
Eh bien plutôt que de passer notre temps à dire que c'est à telle ou à telle association de faire le travail, pourquoi ne ferait-on pas appel à un service spécialisé des pompiers pour veiller et agir. Le financement pourrait venir de dons et legs comme cela se fait pour les hospitaliers sauveteurs bretons, gens de mer qui n'hésitent pas à risquer leur vie pour aller chercher des "marins?" imprudents.
Rédigé par : mike | 30 novembre 2008 à 10:18
Les personnes qui "aident" vraiment les autres - et pas seulement les SDF - le font sans bruit, en toute discrétion... et rien ne vaut un immense sourire en guise de remerciement...
Rédigé par : Jeffanne | 30 novembre 2008 à 09:21