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Voici les sites qui parlent de Laisser mourir dans les règles ? :

Commentaires

Eh oui, tous les hivers, des pauvres bougres cessent d'errer. Et ça fait juste un problème social de moins à chaque fois que l'un d'entre eux passe l'arme à gauche.

Il y aurait beaucoup à dire sur les raisons qui font fuir les premiers concernés des centres d'hébergements. Notamment le fait qu'on ne parvient guère à faire de merveilles en réunissant dans un même lieu un ensemble de personnes qui ont été ou se sont désocialisés ; un peu comme on ne doit pas s'étonner que les prisons soient des jungles vu qu'on y trouve plus qu'ailleurs des partisans de la loi de la jungle.

Mais notre monde n'est-il pas étrange et admis comme tel ? Tous les jours, on entend à droite à gauche, nos élus par exemple, nous dire que la vie est injuste et qu'il faut s'y faire. On n'a pas de réponse à donner à ceux qu'on met à la porte parce que leur entreprise produit moins en sous-payant ailleurs. On n'a pas de réponse à donner à ceux dont on laisse les gamins dans l'ignorance parce qu'une part de nos écoles est gangrenée par une sur-représentation d'élèves asociaux. On n'a pas de réponse à donner à ces citoyens dont le coût des mutuelles augmente alors que l'Assurance Maladie de Seine-Saint-Denis n'a que trois employés pour débusquer les fraudes dont elle fait l'objet, parmi plusieurs centaines de milliers d'assurés. On n'a pas plus de réponse à donner aux SDF alors qu'on donne des terrains avec l'eau courante et l'électricité à des roumains squatteurs.

A force de ne pas se donner les moyens de résoudre les problèmes, que peut-on souhaiter sinon qu'ils s'annihilent d'eux-mêmes. Faut-il attendre qu'il fasse 3°C pour qu'on se rappelle que des SDF sont là, pas loin de nous ?

Ce ne sont pas les moyens qui manquent, c'est leur emploi qui prête à discussion. Mais ça, on ne le voit pas, fourré dans une berline noire, de réception en réception aux frais de la princesse.

Philippe, juste un rappel : 250 personnes sont mortes dans la rue depuis le début de l'année (sans compter donc ceux qui sont morts dans les hôpitaux où ils avaient été emmenés) et c'est en été qu'il en meurt le plus ; alors quand je vois nos politiques se réveiller et gesticuler dès qu'il fait un froid à pierre fendre j'ai envie de leur dire "que faisiez-vous en été" ? Désolée mais je ne vous suis pas et cette exploitation de la misère chaque année à la même époque, ces grands cris indignés m'insupportent ; comme s'il y avait des saisons où avoir sa vie résumée dans un sac en plastique était acceptable. C'est une monstrueuse hypocrisie.

Il me semble que l'on peut objectivement constater qu'il y a de la part d'un certain nombre d'association et de mouvements qui vont du DAL aux célébrissimes enfants de Don Quichotte de l'instrumentalisation médiatique à visée politique.

La question des individus, de leur détresse, de leur égarement, n'intervient que pour peu dans cette foire aux égos démesurés qui s'accaparent à qui mieux mieux la représentation des "damnés de la terre".

Paradoxalement (enfin...) ce sont les politiques qui sont dans la pudeur, le réalisme et la bonne volonté.

Quant à refuser une mesure autoritaire au motif qu'il faut construire ou mettre à la disposition de ces sdf des structures dignes d'eux, c'est assimilable à de la pure démagogie.
Les hébergements d'urgence, destinés à ces populations, sont des hébergements d'urgence et, s'ils sont inconfortables, c'est sauvegarder une vertu essentielle, c'est de provoquer la réaction de survie, de dignité, de l'individu et de l'amener à en sortir.

Je ne crois, au final, qu'en la ressource de l'individu lui-même et j'ai une tendance profondément enfouie à suspecter celui qui apporte de l'aide à se valoriser lui-même, ou à valoriser sa fonction sociale.
On en arrive ainsi à une société où à chaque carrefour stationne un acteur social, militant pour sa propre fonction quand ce n'est pas, in fine, pour une sorte de vanité.
Le saints sont rares et pas toujours reconnaissables.

Si toutes les bonnes âmes de gauche qui se gaussent de Christine Boutin acceptaient de prendre chaque nuit un SDF en goguette, le problème des sans-abris qui meurent de froid ne se poserait plus... Hélas, les bonnes âmes de gauche sont des beaux parleurs qui donnent des leçons et qui nous font braire...

@M. Bilger,

Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive, mais j'avais à l'esprit dans ma dernière livraison, de conclure en signalant que votre billet dans sa tournure, sa sobriété comme dans sa pertinence, était d'une grande qualité.

Non Monsieur Bilger, un être humain dans son plus profond désespoir n'a pas envie de partager le même espace avec d'autres comme lui, mais différents de lui. Et alors oui, il pourra préférer une tente de fortune à l'orée du bois de Vincennes, et s'endormir dans la solitude transi de froid, avec le risque de ne pas se réveiller au matin. La promiscuité des lieux d'hébergement est effrayante et les hommes perdent leur humanité dans la violence, les excréments, l'alcool et les insultes. Alors, le bon sens devrait commander au pouvoir public la création de chambres individuelles, sans porter de jugement sur les entrants.

Chaque jour, l'homme moderne est sollicité par de nouvelles acquisitions de technologies, les clochards partagent les bancs publics des jardins de Paris avec les étudiants qui trouvent une borne d'accès libre au wifi. Mais des logements pour les pauvres, on ne trouve point.

Ecoutant l'autre jour Augustin Legrand, chez Taddéi, je l'ai entendu heureusement qui citait ce fait que les SDF meurent davantage l'été que l'hiver, chose qu'en tant que soignant je ne sais que trop, mais chose qui n'est pas médiatisée souvent voire jamais. Comme si, mettons, ce serait plus supportable au soleil, tel que le dit la chanson ... Le saviez-vous, cher PB? Non, je suppose, comme tant de nos concitoyens. C'est que l'hiver, les grands froids, etc., renverraient brutalement et de façon terrifiée dans l'inconscient collectif à des périodes obscures, ce long Moyen Age glacial, quand l'électricité et le chauffage central n'existaient pas ... Mourir aujourd'hui la rue l'été ou le bois, ce serait presque mourir normal, en tout cas supportable, séant, civilisé car toutes choses seraient plus douces au printemps, l'été ... Puis c'est les vacances, les journées sont belles et longues, les esprits sont ailleurs que devant le poste de télévision ou le soir la lecture du quotidien du soir ... Auriez-vous commis ce billet en plein mois d'août, qu'on vous traiterait d'iconoclaste ... C'est ainsi.

Puis, il y a ces fameux centres d'hébergement d'urgence où ils sont de plus en plus nombreux à ne vouloir s'y rendre, même par gel à pierre fendre. Il faudrait aussi se demander pourquoi. Pourquoi préférer le pire à cela ? C'est inquiétant, tout de même. Que se passe-t-il dans ces centres? comment sont-ils gérés? quel règlement singulier y prévaut? Etc. Sont-ce des souricières "caritatives"? Autant d'interrogations légitimes, en regard de cet état de fait et ces constations, qui appellent des réponses claires et justifiées de ces responsables. Régulièrement, les hivers douloureux, il y a de ces nombreux SDF qui s'arrangent pour commettre un petit délit, fractures de vitres ou autres bris de voitures, pour se faire arrêter et incarcérer. Au juge qui les comprend puisqu'il abonde toujours ou presque dans leur sens, ils arguent qu'ils ne souhaitent que de passer le froid au chaud, bref trois quatre mois, soupe garantie, peut-être même un petit travail en détention pour mettre un peu de monnaie de côté ... Que se passe-t-il dans ces centres d'accueil d'urgence, qu'on leur préfère parfois même la prison? Sont-ils pires que des prisons?!

J.D.Reffait cite à bon escient ces nombreuses casernes désaffectées, sauf qu'il en propose faire des prisons. Moi, en l'espèce, je propose moins de prisons et plus d'éducation, d'emploi et de dignité dans l'emploi, de respect et de droit pour les plus démunis, les plus vulnérables, mais c'est un autre débat. Cependant, ces casernes seraient, oui, les bienvenues pour en faire de petits studios peu chers voire gratuits dans l'urgence, tant pour les chômeurs et travailleurs pauvres sans logis que pour les étudiants dont les galères vont pareillement du pire au pire ... Mais on retombe sur notre première interrogation (fondamentale, à mon sens, la clef et la source de tout ce problème): comment seront-ils (ces nouveaux hébergements des ex locaux militaires) gérés? De la même façon qui fait déjà fuir et reculer ceux-là qui y seraient invités à s'abriter puis s'y loger?...

Puis l'hypocrisie, encore et toujours ... On sait bien que notre système sanitaire ne joue plus son rôle et que l'on trouve de plus en plus de malades mentaux voire très grands schizophrènes, à la rue, jetés, pour des raisons économiques, de rentabilité financières sanitaire, de tous les lieux de soins qui devraient, comme c'est leur raison fondamentale d'être, les accueillir pour les y prendre globalement -et sur le long terme- en charge. Ces personnes, dans leur immense majorité, ne sont pas, loin s'en faut, des tueurs ou autres monstres comme deux ou trois faits divers dramatiques récents le donneraient à croire. Elles sont surtout les premières victimes et les plus vulnérables ... A la rue, c'est perdu pour elles, définitivement perdu, et tous les services publics sociaux et sanitaires dignes de ce nom le savent, qui le dénoncent souvent, comme encore dernièrement le docteur Zagury ...

Alors, les indignations prétendues mais ostentatoires, qui nous font plus honte que si on se taisait pudiquement et laissait faire la nature puisque c'est à la nature que notre société les renvoie pour qu'ils y meurt cachés et en silence ... Puisque nous avons et les moyens financiers de faire (la preuve: le renflouement des banques n'a causé aucun souci de budget à l'Etat) et les hommes et femmes pour le faire (tous les docteurs et autres soignants et intervenants sociaux qu'on pourrait fièrement nommer les Zagury) et les idées et dispositifs connus et éprouvés de longtemps, mais que l'on ne veut pas faire, ou plus exactement pas laisser faire ni donner les moyens de faire ...

Un rapport vient de choir sur le bureau de la ministre de la Justice, qui propose, sans rire, la responsabilisation pénale des enfants de 12 ans et même un dispositif judiciaire répressif particulier adapté aux moins de 12 ans ... Voila nos idées, notre civilisation, ce que nous voulons puisque a priori il n'y a pas de protestation civique et sociale majeure, plus que cela, encore moins d'opposition politique.


Aïssa.

C'est très compliqué d'"offrir" du logement à quelqu'un, parce que cela renvoie à beaucoup de notions :
- population d'assistés
- bonne conscience
-etc...
et qu'on se demande toujours de quel "niveau" doit être le dit logement ( miteux c'est bien assez, trop c'est luxueux ... )
Le mieux est qu'il puisse se le payer. Mais pour cela il faut de l'argent, et l'argent il n'y a pas de meilleure solution que de l'acquérir par le travail.
Seulement depuis 2 ou 3 décennies, s'est institué dans l'esprit des politiques qu'un taux de chômage tampon de pas loin de 10% est une bonne chose.
Cette idéologie a créé 2 populations dont on se passerait ( sociétalement parlant ):
1/ les financièrement arrogants aux manettes de l'économie,
2/ les écartés du circuit économique, qui peuplent rue et sous-bois.
La plupart des mesures qui sont prises n'agissent pas sur la disparition de ces 2 extrêmes mais ne font que renforcer le phénomène.

En tant que donneur de leçon sociale je me permets, malgré ma compétence en la matière et mon expérience qui -visiblement- me rendent illégitime à aborder le sujet, de tout de même marquer le coup en vous répondant.

D'abord, je me navre que la rhétorique sarkozienne fasse des ravages jusqu'ici. Car non, Monsieur Bilger, la question ne se pose pas de façon si simpliste que "laisser mourir libre ou sauver grâce aux chaînes".

Ne succombez pas à ces effets de style faciles mais sans pertinence. Le monde de la "grande exclusion", les moyens pour y répondre et la chronologie de ces drames sont malheureusement complexes. Par exemple vous motivez cette posture par l'urgence. Eh bien non. Il n'y a pas plus urgence par 0° que par 5 ou 10... Certaines personnes mourront sous le soleil... D'autres supporteront des froids bien plus forts que ceux subis en ce moment. Ce n'est parce que les gens "bien comme il faut" mettent leur écharpe que les problèmes sociaux sont radicalement différents.

Et quelle réponse?
Savez-vous qu'une règle s'est toujours vérifiée, c'est qu'une augmentation de l'offre sociale va accroître la demande sociale? Paris concentre la plupart des dispositifs d'hébergement. Et chaque année la pénurie augmente...

On ne peut donc accuser la collectivité - à Paris en tout cas - d'indifférence chronique ou de ne pas "en faire assez".

Que dire par ailleurs des problèmes psy d'une part croissante des exclus? Ne pensez-vous pas que certains de ceux qui se "cachent" ainsi à la périphérie de Paris recherchent la solitude, à tout prix? Ce n'est pas une raison pour les laisser tomber, je suis le 1er à la dire, mais pourquoi seulement quand il fait froid? Et les rassembler, de force risque, là aussi, de provoquer quelques drames.

Et pratiquement, voulez-vous que la Gendarmerie organise des battues dans les bois pour "ramasser" tous ceux qu'elle croise? Que faire si la personne, arbitrairement arrêtée, et pour moi ce n'est pas rien, se révolte? Un SDF, même potentiellement en danger à moins de droits qu'un justiciable? Si on vous mettait de force dans un fourgon pour vous faire dormir contre votre gré au milieu de personnes que vous fuyez, comment le prendriez-vous? Est-ce à ce moment là que commenceriez à apprécier la société et à tenter d'y reprendre pied? Quel respect auriez-vous pour les gens qui vous auraient fait cela? Quelle confiance leur accorderiez-vous ensuite? Quid en cas de "bavure"? Et les sans papiers, vous croyez qu'ils vont attendre qu'on vienne ainsi les cueillir?

Les SDF ne meurent pas uniquement à cause du froid, et ils n'attendent pas de nous qu'on les force à sauver temporairement une existence qui commence déjà à les lâcher.
Ils méritent mieux que de passer de l'indifférence ou du mépris à la plus paternaliste des commisérations aussi vite qu'un thermomètre chute ou... grimpe...

Alors Monsieur Bilger, en tant que défenseur de la solidarité entre tous et citoyen très à cheval sur le principe des libertés individuelles, je me sens offensé par vos critiques adressées aux contempteurs de cette proposition ministérielle. Pourtant je vous respecte, c'est peu de le dire.

J'avais également fait un billet suite à ces propositions, j'en tire des enseignements radicalement différents: http://billy-tallec.typepad.fr/leblogpolitiquedebilly/2008/11/destruction-de-valeur-humaine.html

Et pour les alpinistes qui dévissent ? Et pour les skieurs hors pistes confrontés au risque permanent de mort violente par avalanche ? Et pour les marins du Vendée Globe à la merci de la première déferlante venue ? Faut-il également prendre des mesures contraignantes pour les soustraire au risque de mort ni certain ni même probable, mais au moins aussi réel que celui de dormir dans le bois de Vincennes par trois degrés au-dessous de zéro ? Non ! Car ceux-là sont " intégrés ", actifs, ils participent au jeu social et nous font nous-mêmes participer par émotion interposée (allez, Philippe, entre la critique de l'exposition Soutine et l'éloge d'Isabelle Huppert, un petit billet sur la bravoure en mer !), et donc, ont acquis le droit de tutoyer la mort et de flirter avec elle. Ils peuvent même sans crainte l'épouser pour de bon : reconnaissance - et donc, réussite - sociale à perpétuité garantie!

Mais les pauvres ? Non ! Ils doivent se soumettre. Leur liberté ? Chansons ! Elle ne nous apporte rien, sauf aux niais, à Margot pleurant dans sa chaumière et aux " belles âmes " comme dirait l'inénarable Rioufol du Figaro. Aucune utilité sociale ! Inutile de sponsoriser la baraque à Fredo dans le bois de Vincennes, ça ne fait pas vibrer les foules. Alors que les monocoques Crédit Agricole ou Fleury Michon...

Vous ne m'ôterez pas de l'idée, Philippe, qu'il y a malgré tout un petit parfum de punition sociale dans cette histoire

Cordialement.

Mika

Comme vous y allez !
Oui, nous ne devons pas nous dissimuler derrière d'hypocrites scrupules. Il n'est pas plus imaginable de laisser mourir un SDF sous prétexte qu'il doit rester libre de refuser un hébergement qu'il n'est acceptable de laisser mutiler sexuellement des jeunes filles au nom d'une tradition sous prétexte de relativisme culturel.
Non, la seule dictature de l'urgence ne s'impose pas.
Les solutions existent pour peu :
1) qu'on n'attende pas l'hiver pour les proposer,
2) qu'on utilise les moyens à notre disposition en réquisitionnant les logements vacants.

Eric Zemmour, éditorialiste au Figaro (j'ai longtemps pensé le Figaro plus rigoureux et sérieux dans ses choix de journalistes) et "machin-truc-pitre" chez Ruquier, fait des siennes en ce moment, il s'agite, fait des moulinets publics avec ses petits bras ... Il nous sort l'antienne vérolée des races (lui, dit-il, fait partie de la race blanche, rien que ça, et vous de la race noire, surenchérit-il à un autre, dis donc! moi certainement de la race grise, attendons qu'il le dise, nous le croirons ...); qu'a-t-il comme livre ou publicité quelconque à vendre en ce moment pour gesticuler ainsi? Dans le fond, cela m'amuse ... Oui car, finalement, que fait-il? Il nous donne la preuve à tous -si besoin était encore- que les Juifs (race et blanche, selon Zemmour) sont comme tous les autres, tout le monde; eux aussi ont leurs crétins patentés. C'est plutôt rassurant, et à ceux, naïfs et influençables, qui verraient des Juifs partout comploteurs et pervers, qu'ils regardent un petit moment Eric Zemmour, ils verront s'effondrer aussitôt leur malsain préjugé ... Merci mille fois, Eric, merci d'être aussi con.

Mon cher PB, relisant votre billet en même temps que je voyais à la télé les images de ces tueries de Bombay, je n'ai pu m'empêcher d'associer singulièrement les deux pour écrire autrement son titre. J'ai pensé, brutalement, spontanément: LAISSER TUER DANS LES REGLES. Hier ailleurs, aujourd'hui en Inde, demain chez nous, je n'en doute pas une seconde. La misère et le non-vouloir politique y remédier concrètement poussera certains à ces extrémités. Ils seront de chez nous, ceux-là, de la race blanche, comme dit Zemmour, on ne peut plus blanche ... Et je doute que même alors on voudra y remédier encore. On dira, comme à Bombay, comme à l'accoutumée, qu'il s'agit de terroristes militarisés hyper organisés, idéologisés, des Al-Qaïda quelconques, quand il ne s'agit que de crèves-la-faim désespérés comme il s'en trouve un milliard en Inde; toutes les richesses étant accaparées par quelques-uns ... Oui, le LAISSER TUER crée par des irresponsables politiques, financiers, économiques ... Surtout par la passivité politique. Raymond Barre a eu cette phrase peu de temps avant de mourir, c'était chez FOG je crois: "Le politique ne décide pas, il a peur de décider ...". Tout est là.


Bonne nuit.


Aïssa.

Le bon sens oublié.

Quand un pompier a affaire, dans un immeuble en feu, à un homme qui refuse de faire ce qu'on lui dit pour se sauver, le laisse-t-il mourir, au prétexte de préserver sa dignité et sa liberté? Non, bien sûr. Il l'emmène de force.

Les "assoces" gauchistes qui font profession d'aider la terre entière ont cessé d'habiter le monde rationnel pour devenir des sectes religieuses, mues par une idéologie absurde et nocive. Elles cherchent davantage à justifier leur propre existence et à célébrer leur propre culte qu'à secourir les gens qu'elles prétendent aider.

Pour le dire en peu de mots (désolé pour l'esprit de l'escalier): si l'on écoutait les professionnels de la profession (ONG diverses et variées, SOS machin, etc), il ne faudrait surtout pas emmener de force les SDF au chaud avant que le socialisme ne règne sur terre.

Car si on le faisait, il y aurait une bonne excuse pour ne pas instaurer le socialisme.

Le fait que le socialisme, tel que le rêvent ses propagandistes, n'a jamais existé et n'existera jamais n'est ici qu'un léger détail. Il en faudrait beaucoup plus pour bousculer les certitudes des bien-pensistes.

En somme, les gauchistes tiennent à tuer quelques SDF chaque hiver.

Cela leur assure, en effet, et des passages réguliers à la télévision, et le renouvellement annuel, par l'Etat, des subventions aux associations qui les emploient à plein temps, et le confort moral d'être, leur vie durant, du côté du Bien.

Je commencerai à écouter les thuriféraires des "solutions de fond" quand ils militeront: 1) en faveur de l'internement obligatoire en hôpital psychiatrique (de nombreux SDF n'ont pas de problèmes de logement, mais sont des malades mentaux laissés dans la nature, en vertu de l'idéologie soixante-huitarde voulant qu'enfermer les fous soit fasciste, et que ce soient les non-fous qui soient fous); 2) en faveur de la libéralisation totale de la construction de logements, de la suppression des lois protégeant abusivement les locataires, et de la baisse radicale du nombre des HLM, qui sont les trois facteurs à l'origine de la pénurie de logements que connaît la France, de façon presque ininterrompue depuis... 1918. (Voir le remarquable ouvrage "Logement: crise publique, remèdes privés", de Vincent Bénard.)

Une fois qu'on en sera là, on reparlera du "scandale des SDF qui revient chaque hiver alors qu'on [les gauchistes] connaît très bien les solutions pour y remédier".

Bizarrement, la gauche, qui connaît tout sur tout et a la solution à tout, n'a pas été en mesure de régler ce "douloureux problème" une fois pour toutes pendant le long règne de Saint François le Second.

Mais ce n'est pas cela qui va l'engager à plus de modestie.

Cela fait une cinquantaine d'années que l'Abbé Pierre a lancé son cri d'alarme, une trentaine que Coluche a créé les Restos du coeur. Qu'a fait l'Etat au profit de ces deshérités ? Rien, nada...

L'Etat consent à dépenser 500 millions d'euros par an pour expulser des immigrés en situation irrégulière, met sur pied des plans de plusieurs dizaines de milliards pour sauver les Banques, mais pour les SDF ? Rien, nada...

La Justice condamne le DAL pour avoir "embarrassé" la rue de la Banque (!) d'"objets" (en fait des tentes abritant des sans-abris)... Là, on touche le fond !

En fait, ce qui gêne les bien-pensants, ce n'est pas la misère des sans-abris, c'est de les voir mourir dans la rue ou dans les bois. Leur conscience en est toute chavirée !

Vous remarquerez que ces miséreux ne réclament rien, individuellement. Ils savent qu'ils vont mourir dans l'indifférence des autres. Ce n'est pas seulement d'un toit dont ils ont besoin, c'est avant tout d'un peu de chaleur humaine, que notre Société égoïste est incapable de leur donner.

Il n'y a pas si longtemps, les "riches" avaient "leurs pauvres", ils pratiquaient la "charité". Aujourd'hui, on ne veut plus voir la misère, ça gâche le paysage.

Vous-même, Monsieur Bilger, n'y échappez pas... Vous comptez les morts.

Bonjour,
POURQUOI  LES « F »  aux « SD » ? Notre vocabulaire est-il si pauvre pour ne pas trouver le contraire de FIXE, ou est-ce une supercherie qui consiste à confondre le comble de la misère avec le comble de la richesse, afin d’éluder une question de droit ? Il  est donc urgent de retirer cet « F » afin que la vraie question soit posée.
En écoutant les infos hier, il m’a semblé que les médias ont retiré le mot suicide associé aux attentats. Je les remercie si ce n’est pas un fantasme. (depuis le temps que j'en rêve !)
Je les invite donc à ne plus jamais parler de S.D.F. mais de  S.D. tout court et que la vraie question soit posée quel que soit le temps et la saison.
Au sujet des "bonnes intentions", je pense à Maurice Papon qui avait dit avoir envoyé les enfants aux camps afin de leur éviter la douloureuse séparation d'avec leur parents.
Mais cela bien sûr n'a aucun rapport, et ce n'est qu'une pure association LIBRE comme on dit.
J'y ajoute "arsenic et vieilles dentelles".

Au sujet de la qualité de votre billet je m'associe comme toujours à l'appréciation de Daniel Ciccia qui sait si bien dire les choses.
Duval Uzan

@ Aïssa
On peut douter que vous soyez allé en Inde.
Je vous conseille d'y aller voir.
Amicalement

Demain, le septième ?

Nous attendons donc le septième, puis le huitième, puis le neuvième, puis .....
Nous nous scandaliserons de l'inefficacité d'un gouvernement qui va bientôt laisser mourir le dixième
Une mesure interviendra
Le onzième mourra dans l'indifférence
Et plus personne ne comptera.

Ils continueront à mourir de maladie , d'alcool , de froid, de la violence mais personne ne comptera.
10, 20, 30 ils mourront comme le reste de la société, un peu plus bien sur mais personne ne comptera.

Puis vers l'automne nous compterons: le premier , le deuxième........

Demain, le septième ?.....

@ Aïssa Lacheb-Boukachache
Vous avez une vision très simpliste des choses. En résumé, cela tourne autour du thème que vous ressassez : les politiques ne font rien pour lutter contre la misère qui génère forcément la violence et le crime. Vous ne vous rendez pas compte que, par cette logique rigide, et par ces amalgames surprenants, vous ne faites en réalité que criminaliser la misère, sinon justifier la violence qu'elle génère selon vous immanquablement.
Vous comparez curieusement les attaques terroristes de Bombay avec la situation des sans abris en France. L'amalgame n'apporte rien et ne constitue pas une explication. Il devient même en l'occurrence une négation de la complexité du réel et appauvrit le débat d'idées.
Enfin, plutôt que d'insulter Eric Zemmour, expliquez-nous vos points de désaccord de manière argumentée et cela nous intéressera certainement davantage.

Pour en revenir au billet de Philippe Bilger. Je suis plus que sceptique quant à la nécessité de contraindre les sans abris. Mais avant tout, j'aimerais que certains cessent de penser que la gestion de ce drame humain puisse se faire de manière simple : enfermer (temporairement) ou ne pas enfermer, construire des logements ou ne pas en construire, etc. Certains intervenants nous ont rappelé qu'il n'y avait pas de solutions miracles et que certaines réformes, en apparence très positives, pouvaient avoir des effets pervers. Le travail du politique, qu'il soit de droite ou de gauche, est éminemment difficile, et il serait injuste de le limiter à de la mauvaise volonté. Je suis loin de vouer une admiration sans bornes à Madame Boutin, mais je ne dirai pas qu'elle ne tente rien, qu'elle ne fait rien pour améliorer la situation.
La dénonciation pure, le discours, la déclamation peuvent facilement se cantonner à des positions simples, pour ne pas dire simplistes. Il en va tout autrement de l'action qui se trouve rapidement confrontée à la complexité du réel.
Parmi les sans abris, il existe toutes sortes de personnalités et d'histoires individuelles. Certains sont alcooliques, d'autres ne le sont pas ; certains sont violents, d'autres non ; les uns souffrent d'une pathologie mentale ; les autres en sont exempts.
Des logements individuels ? L'idée sans doute est bonne avec les réserves mentionnées plus haut ? Mais où ? Dans certaines grandes villes par exemple, comme Paris, des SDF se sont créés une véritable sociabilité de quartier et il est difficile de les en priver. Faudra-t-il les parquer dans des casernes comme le suggèrent certains ? Pratiquement, l'idée semble difficilement applicable, sans parler du risque de "ghettoïsation" qu'elle sous-tend.
Poursuivons dans la voie engagée par les associations et les pouvoirs publics, en continuant de parler, de proposer soins, nourriture, logements et réinsertion quand cela est possible. Pour les cas de SDF psychotiques, les choses sont encore plus difficiles à gérer. Que faire quand un malade ne veut pas se soigner ? On peut l'obliger un temps, mais après ? Dans certains cas, la contrainte mêlée de beaucoup de persuasion est peut-être nécessaire. C'est aussi rendre service à un psychotique que de l'aider à sortir de son délire qui l'isole du monde et le détruit lui-même, mais cela ne se fait pas en claquant des doigts.
Pour les travailleurs pauvres qui ont glissé lentement et inexorablement dans la déchéance (les difficultés sociales étant souvent aggravées par la fragilité psychologique qui en est la conséquence ou l'origine), c'est un encadrement pluridisciplinaire que l'Etat et les ONG doivent mettre chaque jour en place avec des équipes spécialisées (bien des choses existent déjà et doivent être affinées et amplifiées). Il faut en outre lutter contre ce déclassement à la source, déclassement dont les prodromes sont eux aussi très divers : surendettement, violence conjugale, chômage de longue durée, perte de confiance en soi, etc.
Enfin, il est aussi nécessaire d'améliorer les centres d'accueil où ces hommes et ces femmes pourront emmener leur chien.
En bref, que demandent ces gens ? qu'on ne leur vole pas le peu qu'ils possèdent lorsqu'ils couchent dans un centre d'hébergement, qu'on ne les violente pas et, enfin, s'ils ont un compagnon, qu'ils n'aient pas à s'en séparer, ce qui est la moindre des choses. Vous savez sans doute que Réha Hutin et la Fondation 30 millions d'amis ont mis depuis longtemps une péniche à la disposition des SDF et de leurs animaux. Ce sont des mesures concrètes de ce genre qu'il faudrait développer et peut-être améliorer, tout en continuant de traiter les questions de fond.

@PB
"On n'est pas loin du débat sur la prison."

mais nous y sommes en plein...
figurez-vous que j'ai rencontré en détention des SDF qui préféraient se retrouver en détention pour des larcins commis exprès, pour pouvoir passer l'hiver au chaud et même un qui m'a dit "là au moins on fait attention à moi".
C'est le coeur du débat...
L'être humain replacé au centre, non pas du débat sur les conséquences de l'incarcération et de l'exclusion sociale, mais de l'action préventive. Comment éviter que l'autre (je n'ose pas dire "mon prochain") fasse un jour à cause de sa condition d'exclu l'objet d'un article sur un blog bilgérien.

Mais ça c'est un autre débat, que la République laïque ne sait pas tenir, ne peut pas tenir car elle n'en a pas les moyens, ce qui est gratuit est trop cher pour elle.
Que le législateur ne peut prendre en compte car cette loi qu'il faudrait prendre ne s'écrit pas sur le JO mais dans les coeurs.

Cordialement

Pierre-Antoine

@Aïssa Lacheb-Boukachache
«ces casernes seraient, oui, les bienvenues pour en faire de petits studios peu chers voire gratuits dans l'urgence, tant pour les chômeurs et travailleurs pauvres sans logis que pour les étudiants dont les galères vont pareillement du pire au pire... Mais on retombe sur notre première interrogation (fondamentale, à mon sens, la clef et la source de tout ce problème): comment seront-ils (ces nouveaux hébergements des ex locaux militaires) gérés? »

Voici comment ça se passe à METZ avec les anciennes casernes BRIDOUX:

http://www.univ-metz.fr/presentation/plans/bridoux.html

qui ont permis d'augmenter la capacité d'accueil du premier site de l'université à savoir celui-ci :

http://www.univ-metz.fr/presentation/plans/saulcy.html

ainsi que du second site d'implantation à savoir celui-là :

http://www.univ-metz.fr/presentation/plans/technopole.html

Billy Tallec,

Je ne sais pas s'il faut rire lorsque vous suggérez qu'il y a des clandestins (j'imagine que c'est de cela dont vous parlez lorsque vous écrivez « sans papiers ») SDF.

La gauche des « parrainages républicains » aurait-elle menti en dressant une vision idyllique de l'immigration clandestine où il semblait que le seul problème venait de la loi trop restrictive ? Ou faut-il importer tous les SDF de la planète sans même commencer à s'occuper de ceux qu'on a déjà ?

Et je trouve de très mauvais goût -très marketing- le lien vers votre CV. Mais j'aurai au moins appris que désormais on « intègre le DEA de sciences-po », moi qui croyais naïvement qu'on réalisait un DEA - c'est-à-dire un travail de recherche personnel et non pas une mondanité d'élite sociale énarchisante.

@Laurent Dingli,

Votre approche est pleine d'intelligence.

Face aux graves problèmes de l'exclusion et de la pauvreté, il y a vraiment de la place pour tous, les associations qui travaillent pour le court et le moyen terme, les pouvoirs publics qui sont plutôt dans le moyen et le long terme, les citoyens qui votent pour telle ou telle politique et peuvent parfois se fendre d'un sourire ou d'un mot envers un SDF.
Il n'y a pas de place par contre pour les donneurs de leçon et ceux qui profitent de l'exposition médiatique.
Mais connaissant bien des personnes en contact avec des SDF, je sais qu'il faut une infinie patience et beaucoup de persévérance pour essayer de remettre en selle une personne désocialisée. Et donc chapeau à ceux-là.

Ce qui tue les différentes velléités d'actions qui auraient pu (ou non ?) soulager momentanément, à défaut de le régler, du problème du logement des SDF, c'est largement ces batailles d'égos et cette instrumentalisation par les uns et les autres de leur image médiatique : si c'est pour tenir le devant de la scène (médiatique) certains responsables d'association (comme celui des enfants de don quichotte par exemple pour ne citer que lui mais il y en a d'autres) n'hésite pas à entrer en conflit avec les autres, par des propos non dépourvus d'agressivité et disqualifiant pour les autres. Aucune cohésion, qui leur aurait sans doute été utile. Mais non, plutôt la division idéologique et "moi-je" veut occuper le devant de la scène ! "moi-je" a réussi un coup médiatique, "moi-je" suis le plus beau. Si l'intérêt des sdf étaient réellement pris en compte, ce serait bien plus efficace !
Tout se manigance par dessus la tête de ceux dont on parle, dont on évalue les besoins, les désidératas, la situation sans que les vrais concerné aient leurs mots à dire. Avec tout cela, on veut leur imposer des solutions - ou pas de solutions qu'ils n'ont peut être pas réclamé eux-mêmes.

Qui a lu l'ouvrage de Patrick DECLERK "Les naufragés" Il fait un descriptif plutôt saisissant du monde des clochards et des structures d'hébergements. Certes, l'ouvrage date un peu, mais je ne suis pas certaine que les choses, fondamentalement, aient réellement changées, ni les mentalités, ni les clochards eux-mêmes d'ailleurs : il dit notamment, que compte tenu du passé de certains, de leurs blessures, de leur vie,de leur état mental, comment dire que l'on peut RE-insérer dans la société des personnes qui ne l'ont jamais été ? Il décrit aussi le sadisme institutionnalisé des structures d'aide d'urgence : par exemple, mettre à la porte tôt le matin les gens qui ont été hébergés, et à recommencer pour le soir même la recherche. etc.. etc..

Je lis ceci aussi : "Les hébergements d'urgence, destinés à ces populations, sont des hébergements d'urgence et, s'ils sont inconfortables, c'est sauvegarder une vertu essentielle, c'est de provoquer la réaction de survie, de dignité, de l'individu et de l'amener à en sortir." C'est aussi le raisonnement que tiennent les petits fonctionnaires de l'ANPE : on ne compte plus les chômeurs accablés d'avantage par des gens nantis d'un boulot et bien confortables dans leur bureau qui les regarde de haut, leur font la morale, les menacent et leur font sentir bien du mépris, sous prétexte de leur provoquer "sursaut" qui n'arrivera jamais par cette méthode bien entendu, puisqu'il s'agit seulement d'un alibi pour faire sentir la "connerie" et la méchanceté gratis sur celui estimé plus faible que soi. Détestable !

Je termine par une autre citation "Les "assoces" gauchistes qui font profession d'aider la terre entière ont cessé d'habiter le monde rationnel pour devenir des sectes religieuses, mues par une idéologie absurde et nocive. Elles cherchent davantage à justifier leur propre existence et à célébrer leur propre culte qu'à secourir les gens qu'elles prétendent aider. " C'est pour dire que je suis bien d'accord avec celui qui a écrit cela.

Merci à toutes les bonnes volontés, mais quand elles se transforment seulement en vœux pieux dégoulinants qui attendent des merci, bonjour les dégâts !

Perso, les bonnes consciences des bonnes âmes des bons bourgeois, ça m'ennuie beaucoup pour ne pas le dire en plus mal-poli. Quand on veut que les choses changent un peu, on retrousse ses manches et on se met au boulot pour de vrai. Pas besoin de pérorer à l'infini, ni de publicité.

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