Henri Guaino est de retour dans les médias. On lui a redonné le droit de s'exprimer. Le résultat n'a pas tardé.
Il est conseiller spécial du président de la République. Vraiment spécial.
Ne vient-il pas de déclarer au Grand Rendez-Vous/Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, à propos du jugement ayant débouté le Président et autorisé la poursuite de la commercialisation de la poupée vaudoue, "qu'à titre personnel, je pense qu'il est parfaitement incongru, scandaleux, moralement inacceptable qu'on puisse trouver un juge pour dire que ça n'atteint pas la dignité de la personne".
Je passe sur la familiarité un tantinet méprisante du "...qu'on puisse trouver un juge...". J'en arrive à l'essentiel.
Le 29 octobre, une décision a été rendue qui n'a pas retenu la thèse du président de la République et l'analyse juridique de son avocat Me Thierry Herzog qui avait assigné en référé sur le fondement de la violation du droit à l'image. Nicolas Sarkozy a interjeté appel du jugement et, sans m'avancer, il me semble évident qu'un débat approfondi aura lieu sur la pertinence du droit à l'humour appliqué au droit à l'image et sur la distinction à opérer entre la validité juridique et la perception politique.
Dans l'attente de l'appel, le président de la République, qui a décidé d'exercer cette voie de recours comme peut le faire tout demandeur débouté, a respecté une discrétion absolue et s'en est tenu à ce que son rôle de garant judiciaire lui impose. De son côté, Me Herzog, qui est très sollicité depuis que sa qualité de conseil du Président est connue, a formulé des observations modérées et respectueuses de la juridiction concernée, même s'il faisait déjà valoir l'axe de sa future argumentation. Tout cela relevait d'une belle et bonne démocratie. Cette démarche du Président et de son avocat était d'autant plus remarquable que des médias - notamment le site du Nouvel Obs, auquel on doit tout de même - le seul ! - d'avoir attiré l'attention sur ces propos - absurdement qualifiaient de "camouflet" la décision rendue, en présumant une dépendance de la justice au moment même où il convenait de se féliciter de son indépendance. Le paradoxe est que les journalistes perçoivent comme un dysfonctionnement et une offense politique ce qui relève d'une administration judiciaire normale.
Mais c'était oublier Henri Guaino dont on a sollicité avec imprudence l'avis sur cette question. Des adjectifs pour le moins surprenants, à l'égard d'une décision de justice, dans la bouche d'un conseiller spécial de président de la République : "incongru, scandaleux, inacceptable..." ! Ainsi, alors que la magistrature a été et s'est mise à feu et à sang et que le président, en recevant son syndicat majoritaire, lui a donné de la considération et offert de l'écoute, que peut-être même il a apaisé des tensions et que la garde des Sceaux elle-même semble atteinte d'une grâce nouvelle, était-il vraiment nécessaire de lancer ce brûlot verbal qui en d'autres temps aurait entraîné sans retard le désaveu ou la mise à l'écart du personnage l'ayant proféré ? La réponse est contenue dans l'interrogation. L'Etat de droit, ce devrait être aussi le silence d'Henri Guaino.
Un ministre, René Tomasini, il y a longtemps, avait traité de "lâches" les magistrats et la réprobation politique et sociale avait été immense. Henri Guaino, justicier impénitent, s'autorise une inadmissible liberté de ton et sanctionne d'un "moralement inacceptable" une argumentation juridique qui ne lui plaît pas. Si personne ne s'émeut, si aucun désaveu n'est formulé, aucun départ programmé, on sera plus d'un à se demander dans quel monde on vit, et sous quelle étrange mansuétude.
Ce que je préfère, c'est le prudent "à titre personnel" qu'Henri Guaino estime sans doute décisif. Encore heureux que cela soit "à titre personnel" et qu'une telle déclaration ne puisse être imputée à plusieurs ou au président lui-même ! Qu'Henri Guaino s'exprime en son nom ou au nom de, force est d'admettre que la pertinence et la mesure, chez lui, demeurent parcimonieuses !
J'ai une illumination "à titre personnel". Pour régler le problème, le président de la République devrait en permanence flanquer Henri Guaino d'un conseiller spécial.
Note reprise par Marianne 2.fr
J'ai pas mal fréquenté Henri Guaino avant sa phase sarkozienne.
Son problème, et cela permet en partie de comprendre ce qui se passe avec la justice aujourd'hui, est qu'il ne supporte pas les magistrats.
Il les trouve illégitimes et n'accepte même pas l'idée qu'un tiers intervienne dans un litige.
Je ne suis donc guère étonné de cette magistrale sortie.
Rédigé par : L | 19 novembre 2008 à 13:45
@ Guile
Des anti notables ? un peu facile comme théorie.
Si j'étais un distributeur de baffes, j'en inviterai beaucoup à venir se désaltérer à ma fontaine, une grande partie de ces bling bling du gouvernement ou de l'autre côté tout autant bling bling oublient qu'ils nous suffit de couper la fontaine de jouvence pour qu'ils redeviennent de simples RMISTES..
Il n'y a pas d'actes de soumissions signé à la naissance.
Comme un certain Michel Serrault, je dirais que "la société à les assassins qu'elle mérite".
Et encore... ajouterais-je.
Surtout quand je vois le nombre de gens sur le carreau... les hauts fonctionnaires n'y sont pas pour rien !
Rédigé par : Patrick Marguillier | 17 novembre 2008 à 09:18
"L'Etat de droit, ce devrait être aussi le silence d'Henri Guaino" dit Monsieur Bilger,
Un autre Christian Vanneste ?
C'est un peu contradictoire comme position me semble-t-il.
Liberté d'expression tant chérie, soudainement sélective?, de circonstances?
Et les caricatures du grand nanard de ceusse qui sont de l'autre côté du lac ?
Si l'envoyé d'un Dieu, Mahomet, est représenté en amateur de chair fraîche et que tout le monde s'accorde à défendre la chose au nom de la sacro sainte liberté d'expression, faut-il encore s'étonner que la poupée vaudou d'un people passe inaperçue auprès des juges ? il y a un président en France ?
Ces mêmes UMP et autres Guaino qui défendent la liberté d'expression crasseuse défendent aujourd'hui l'inverse, ce serait comique si ça ne soulignait le manque de constance de ce gouvernement.
On avait eu la même disproportion avec la venue de Kadhafi, la clique des bling bling ne manquait pas de souligner "l'irresponsabilité" de ceux qui ne faisaient que manier la plume avec beaucoup moins de vulgarité qu'un Bigard contre un dictateur qui couvre des criminels, l'UMP tentait alors de censurer la liberté d'expression en demandant "du respect" envers le dictateur... qui s'est d'ailleurs bien foutu de la g de nos bling bling en donnant quelques cours de "morale" dans la foulée, le Delon lybien en somme.
Il était où Guaino à l'époque ?
Cherchez les discordances...
Rédigé par : Patrick Marguillier | 17 novembre 2008 à 09:06
Question - un peu hors sujet, mais bon - à @ Irfan qui écrit : "- attaquées par Sarkozy, elles mettent en lumière sa conception de la religion, et font comprendre en quoi son christianisme est dangereux, et plus proche de la scientologie que du christianisme laïc."
Est-ce qu'il voudra bien me dire ce qu'il entend par "christianisme laïc" qui ne serait pas dangereux si j'ai bien suivi... peut-être contrairement au christianisme des clercs ?
Et puis mettre tout dans le même sac, christianisme, vaudoo, scientologie... ça me donne un peu le tournis, cet amalgame.
Rédigé par : Nathalie | 09 novembre 2008 à 17:54
"l'avenir dure longtemps" cite Aïssa : amateur d'Althusser ? référence un peu curieuse non ? Lui, qui dans son autobiographie parlait de son désir... fou, qui venait et allait au-delà de lui-même jusqu'au geste fatal qui a scellé son destin puisque ce désir fut enfin satisfait. Quant à ses "lacaniagnia", no comment.
Ce qui m'inquiète dans cette histoire, c'est justement que l'on va demander au juge de produire de la jurisprudence et un peu en quelque sorte, -pardonnez-moi si je m'exprime avec maladresse car je ne suis pas juriste- "légiférer" sur ce qui est de l'humour ou pas. Si ce n'est pas, c'est punissable ou le contraire. Est-ce à un magistrat de dire de quoi on peut rire ou pas ? Et cela me donne l'impression que la décision de justice est beaucoup du ressort de la subjectivité du juge en fin de compte.
Imaginons un juge superstitieux : même si cette poupée n'est pas utilisée dans le cadre des règles des cérémonies vaudoues, il aura quand même la trouille et va fulminer une condamnation. Si c'est un juge à l'humour "gras", il va trouver cela gé-ni-al ! Et l'affaire est dans le sac pour le vendeur.
M'enfin, au fait ? Où est donc passé Martinon, lourdé dans la honte, j'y pense soudainement en lisant cet article.
Ha doit-on repréciser que ce n'est pas le Président de la République qui est visé, donc pas sa fonction, mais sa personne ?
Sa personne que l'intéressé médiatise à outrance lui-même, alors après que veut-il faire ? Verrouiller son image totalement comme les candidats aux élections américaines ? Car c'est bien ce qui s'est passé : demandez aux journalistes français qui ont couvert les événements, voir si les candidats étaient accessibles, si tout n'était pas archi-programmé, cadré, prévu, minuté sans place au hasard ou bien à l'imprévu, fait par des gens habilités et personne d'autre. Peut-être que l'on y arrivera.
On aura donc un Président de Rêve, car entièrement image construite par les soins de ses conseillers en communication.
CHOUETTE !
Rédigé par : Nathalie | 09 novembre 2008 à 17:33
@ Pierre-Antoine
Si justement c'est rempli de moralisme que d'affirmer que les puissants devant la vie écrasent les autres etc.
Parmi ces puissants, il y a ceux en qui l'on croit et les autres. Mais ceci est valable pour tous : notre voisin, notre plombier ou notre juge...
Les uns et les autres tentant simplement de faire leur métier du mieux possible.
Toute cette haine déversée contre le notable me dérange. Ca sent "la théorie du complot" des riches contre les autres. Mais en France, c'est tellement courant...
Rédigé par : Guile | 07 novembre 2008 à 14:35
A titre personnel, j'estime qu'Henri Guaino a exercé sa liberté d'expression au même titre que le créateur de la poupée vaudoue, auquel un jugement ne confère pas davantage de droits.
En revanche, celui-ci tourne en dérision des croyances qui, même si on peut les considérer comme primitives, ont droit au respect, au même titre que celles qui se rapportent à Mahomet et pour lesquelles on n'oserait sans doute pas se permettre une telle liberté.
Rédigé par : Alain Debayle | 07 novembre 2008 à 12:49
"Je passe sur la familiarité un tantinet méprisante du "...qu'on puisse trouver un juge...". "
La tournure correcte est en effet la formulation impersonnelle "qu'il puisse se trouver - un juge ou quelque autre personnage etc... quelqu'un pour etc..." Du moins il me semble.
Mais notre conseiller spécial ne venait-il pas de préciser qu'il s'exprimait "à titre personnel"?
Nouvelle occasion donc de déplorer que l'ignorance du sens ou de la nuance ou de la précision apportée par l'emploi de telle ou telle tournure soit trop souvent source de malentendu, ou encore, comme c'est le cas, fasse l'éclatante démonstration d'un excès de narcissisme dans le propos.
"Qu'on puisse trouver un juge..." !
Mais où donc grands dieux en dehors des tribunaux!
A titre personnel j'ai jeté pour le cas où un œil à droite et à gauche en allant au pain, mais je n'ai pu trouver que quelques nains de jardin blanchis par les oiseaux...
Rédigé par : Catherine JACOB | 06 novembre 2008 à 13:34
@guile
"Personne n'est puissant, soyez-en sûr."
devant la mort certes, mais pas devant la vie...
parce que dans la vie il y en a qui le sont moins que d'autres, surtout quand ils n'ont que leur humble condition comme armure.
Cordialement et sans moralisme.
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 06 novembre 2008 à 11:24
Et on continue, la haine du notable, celui qui profite, celui qui méprise, etc etc...
Vous n'en avez pas marre de votre numéro du pauvre miséreux qui souffre des décisions des "puissants" ?
Personne n'est puissant, soyez-en sûr.
Rédigé par : Guile | 06 novembre 2008 à 09:25
"Le paradoxe est que les journalistes perçoivent comme un dysfonctionnement et une offense politique ce qui relève d'une administration judiciaire normale."
Le mot camouflet dans l'article du NO indique pour moi que le débat médiatique au sujet des questions de justice ne se définit que par et dans cette "guerre" Sarkozy/magistrats.
Une première réponse judiciaire a été apportée à la demande de NS.
J'ignore si cette réponse est pertinente. Au fond, c'est bien parce que je suis incapable de savoir si, en droit, la poupée est une atteinte à l'image de NS, que j'ai besoin de faire confiance à l'analyse des magistrats. Et au final, la décision judiciaire ultime aura été analysée et passée en seconde analyse par le tamis du recours et de l'appel.
De la part du Nouvel Observateur, laisser entendre que cette première décision n'est d'entrée signifiante que par le souci de gagner une bataille contre NS, c'est apporter une pierre supplémentaire dans le discrédit du travail judiciaire.
Quand M. Guaino parle dans un média, il ne peut pas invoquer le "à titre personnel" pour faire semblant de distancier son propos.
Sa fonction - on ne peut plus près et liée au Président de la République - qu'il le veuille ou non, se confond avec son nom. Quand HG s'exprime publiquement, c'est en toute connaissance et conscience de cela.
Il n'est pas supportable que le conseiller spécial du Président se vautre dans le discrédit d'une décision judiciaire.
Car dans mon esprit - je sais, c'est d'un total ridicule - une décision de justice, quelle qu'elle soit et quel que soit le justiciable auquel elle s'adresse, reste une affaire sérieuse, importante et grave.
Elle constitue un repère, une balise que précisément j'espère purgée des airs, des aléas et des innombrables variables déformantes des actualités immédiates.
Pour moi, juger en droit et en toute indépendance, c'est d'abord pouvoir compter sur cette garantie-là.
Et sans cette confiance de base dans l'acte de juger et dans ceux qui jugent, l'idée même de juger n'a plus de sens.
M. Guaino semble avoir totalement oublié que la dimension d'une décision de justice dépasse en hauteur, et très largement, sa seule appréciation. Le Nouvel Observateur, également.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 06 novembre 2008 à 08:08
@chevalier "Tout à fait d'accord pour le respect dû au Président, dans la mesure où il respecte lui-même les citoyens et les Magistrats."
Il suffit de remplacer "président" par "magistrat", "enseignant", "curé", "notable" "policier" et on se rejoint...
Cordialement et sans malice
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 novembre 2008 à 23:13
@chevalier
"Les hommes politiques, les magistrats, les enseignants, les prêtres, étaient pour moi des citoyens pour lesquels on devait avoir du respect."
Moi aussi j'ai un certain nombre d'années au compteur, moi aussi j'ai été élevé avec le respect et la crainte des "notables", mais force est de constater que le respect ça se mérite.
Ce n'est pas une généralité, mais hélas ça devient de plus en plus courant que ceux qui ont des charges honorables, perdent l'honneur de leur fonction au profit d'un corporatisme et d'un fonctionnariat. Quand ils ne perdent leur honneur tout court...
Cordialement et avec respect pour les cheveux blancs
Pierre-Antoine.
Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 novembre 2008 à 23:09
@ Pierre-Antoine
Je ne suis ni magistrat, ni juriste... Simplement un citoyen assez âgé, qui constate avec effroi que les grands principes qu'on lui a inculqués dans sa jeunesse sont en train de s'écrouler.
Les hommes politiques, les magistrats, les enseignants, les prêtres, étaient pour moi des citoyens pour lesquels on devait avoir du respect.
Quand les hommes politiques s'en prennent aux magistrats, que les enseignants sont bafoués, les prêtres raillés, le citoyen est déboussolé et perd cette notion de respect.
On cite souvent cette réplique de de Gaulle. A un énergumène dans la foule qui lui avait lancé "mort aux cons", il avait répondu "vaste programme !"
Ca avait une autre classe que le "casse-toi, pauv' con" de Sarkozy, reprise sur "sa poupée", dont il souhaite interdire la vente...
Tout à fait d'accord pour le respect dû au Président, dans la mesure où il respecte lui-même les citoyens et les Magistrats.
Rédigé par : chevalier | 05 novembre 2008 à 19:22
@PB
"Permettre une remise en cause aussi choquante d'un jugement, c'est porter atteinte à l'indépendance des juges, demain, et à la démocratie, toujours."
Si le jugement heurte ceux ont qui donné aux juges le droit de juger en leur nom, il doit y avoir remise en cause. Et je ne vois pas de remise en cause... surtout que leur fonction inamovible ne peut être remise en cause démocratiquement. Le peuple n'a plus rien à dire... est-ce ça la démocratie ?
En ce qui me concerne, sans être ni sarkophobe ni sarkophile, encore moins sarkophage, je trouve choquant qu'on caricature ainsi le "premier magistrat" de France. et ce qui me choque le plus c'est qu'on caricature un être humain, qu'il soit homme ou femme, grand ou misérable.
Ne pas avoir le droit de critiquer un jugement est un parachute, que dis-je, un bouclier hermétique, une forteresse inattaquable, que se sont donnés ceux qui ont écrit le CP français dans son article Article 434-25
*****
"Il y a une sorte de tolérance molle, de mélange du dérisoire avec l'important et de désinvolture civique qui me semble nuisible. Derrière tout cela il y a la facilité du populisme anti-juges et anti-droit. On met quoi à la place ?"
Il n'y a pas un populisme anti-juge, anti-droit, il y a juste un peuple qui ne comprend pas, qui ne comprend plus comment fonctionne sa Justice. Il suffirait d'introduire de l'humain dans les décisions de justice lorsqu'elles sont injustes aux yeux du peuple, ça éviterait ce côté "injuste qui révolte".
ça s'appelle devoir de pédagogie.
Et ça, c'est aux magistrats qui détiennent le "magistère" de le faire.
Et si je lis l'article 434-25 du Code pénal
"Le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou images de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l'autorité de la justice ou à son indépendance."
Je ne vois pas en quoi HG a porté atteinte à l'autorité de la justice ou à son indépendance, si je lis bien il a fait part de l'émotion qu'il a ressentie en apprenant cette décision.
Et si on ne peut plus faire part de ses sentiments... où va-t-on ?
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 novembre 2008 à 10:13
@chevalier
Demander à quelqu'un s'il aimerait voir son effigie transformée en statuette vaudoue est pour vous un discrédit contre les magistrats ?
Je pense que les magistrats se discréditent bien assez eux-même pour que j'en rajoute une louche...
Quand leurs décisions ou leurs "attendus" sont illogiques et suscitent un sentiment de révolte, ils devraient réfléchir. Mais la réflexion est-elle prévue dans le CPP ?
Pour réagir de manière aussi épidermique vous devez être un magistrat. Peut-être pour ça que vous n'avez pas apprécié qu'un inconnu "épingle" un de vos collègues.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 novembre 2008 à 09:51
@Philippe Bilger
"de tels propos sont directement punissables par un article du code pénal qui aurait mérité application. "
Observation très pertinente et qui permet de voir où s'arrêtent désormais les compétences des parquets: au pont-levis des nouvelles baronnies!
"Va, passe ton chemin en paix procureur et nul ne te poursuivra!"
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 novembre 2008 à 09:44
@ Florence
"Ce qui est chouette c'est que maintenant, ce sont les juges qui nous disent quand il faut avoir le sens de l'humour ou quand il ne faut pas... Parce que, franchement, le juge et les poupées de Sarko , cela le fait rigoler et il le crie haut et fort mais bon, on n'est pas tous obligés de se plier de rire ? "
Le Juge est saisi par le Président, qui lui demande de préserver son "droit à l'image".
Le Juge estime, sur des critères juridiques, qu'il n'y a pas d'atteinte au droit à l'image du Président. Ca ne le fait pas rire et il ne le crie pas haut et fort.
Vous confondez avec le "Conseiller spécial" qui, non seulement n'a pas d'humour, mais se permet de critiquer le Juge.
Rédigé par : chevalier | 05 novembre 2008 à 01:31
Cher Philippe Bilger,
Vos voeux sont exaucés. Christophe Regnard, Président de l'USM, vient d'écrire à Rachida Dati pour lui demander d’envisager que des poursuites pénales soient engagées sur le fondement de l’article 434-25 du Code pénal, à l'encontre d'Henri Guaino :
http://maitre-eolas.fr/2008/10/31/1195-mis-en-detention-par-un-correcteur-d-orthographe#c74959
Beaucoup parlent de cette "poupée vaudoue" sans avoir eu l'objet en main.
Je viens de me fendre de 12€30 à Carrefour, où une montagne de cette boîte bleue s'offrait aux chalands.
Il s'agit avant tout d'un petit livret de 56 pages, retraçant la biographie de Nicolas Sarkozy, sur un ton plutôt posé et qui semble refléter la réalité... Pas de quoi fouetter un chat.
Les mots et expressions qui figurent sur la poupée sont ceux qui évoquent le "best-of" du Président... Il ne peut que les assumer, ce sont les siens.
Aucune atteinte à l'image, encore moins la moindre insulte. Le Président est une personne publique, qui a complaisamment contribué à cette image. Qu'il n'aime plus s'y contempler relève d'une discussion entre lui et lui.
Cette association "poupée vaudoue vs. sort maléfique" ne réside que dans l'imaginaire collectif, entretenu par un certain journalisme.
Je suis stupéfait que des Français, et pas des moindres, puissent croire à de telles pratiques rituelles...
L'éditeur n'avait sûrement pas espéré, même en rêve, obtenir une telle publicité gratuite pour le lancement de cette biographie de notre Président bien-aimé !
Rédigé par : chevalier | 05 novembre 2008 à 01:19
Manifestement, certains commentateurs n'ont pas compris ce qu'il y avait de véritablement scandaleux dans les propos d'HG.
D'abord parce qu'ils émanent de lui et qu'un haut Conseiller se doit de donner, plus qu'un autre, l'exemple du civisme et de la retenue. Ce qui signifie : rester dans sa sphère de compétence.
Ensuite, on ne peut pas mettre sur le même pied les mille critiques usuelles des décisions de justice avec cette charge brutale et vulgaire : "incongruité, scandale, immoralité"...
Enfin, de tels propos sont directement punissables par un article du code pénal qui aurait mérité application. Permettre une remise en cause aussi choquante d'un jugement, c'est porter atteinte à l'indépendance des juges, demain, et à la démocratie, toujours.
Il y a une sorte de tolérance molle, de mélange du dérisoire avec l'important et de désinvolture civique qui me semble nuisible. Derrière tout cela il y a la facilité du populisme anti-juges et anti-droit. On met quoi à la place ?
Rédigé par : Philippe Bilger | 04 novembre 2008 à 22:44
Que l'on puisse acheter une poupée vaudoue à l'effigie de je ne sais qui, que l'on donne des coups d'aiguille à cette poupée jusqu'à "ce que mort s'en suive?", cela me laisse coite ! complètement coite. Tant de connerie et tant de haine associée me laissent coite. Je suis heureuse d'être anonyme et je souhaite le rester. Rien que l'idée d'être connue et d'avoir une poupée vaudoue sur laquelle tous les sales cons de la Terre pourraient piquer des aiguilles etc.
C'est bien simple, j'aurais envie de porter plainte, et pour tout dire, la connerie associée à la méchanceté, cela ne me fait pas rire du tout, mais alors pas du tout du tout. Mais je dois manquer d'humour !
Ce qui est chouette c'est que maintenant, ce sont les juges qui nous disent quand il faut avoir le sens de l'humour ou quand il ne faut pas.
Ce qui me pose question, c'est quand les juges réclament leur indépendance ! Soit !
Et nous, c'est quand qu'on réclame notre indépendance face aux juges ?
Parce que, franchement, le juge et les poupées de Sarko , cela le fait rigoler et il le crie haut et fort mais bon, on n'est pas tous obligés de se plier de rire ?
Si ? On est vraiment obligé ? OK, Monsieur le Juge, on rigole puisqu'on est obligé ! On se marre ! Piquer une poupée vaudoue, c'est très drôle !
MORT de RIRE
Rédigé par : Florence | 04 novembre 2008 à 22:39
Tout s'améliore cependant à vue d'oeil en matière de justice : après la forfaiture concernant l'erreur matérielle qui n'en était pas une, voici que l'excellent Lesigne, le Houdini de l'erreur judiciaire, ressort triomphalement de la bouse d'Outreau pour illuminer le parquet de la cour d'appel de Caen. Une promotion, le bougre ! Braves normands réjouissez-vous : cet homme a un record à battre, celui du plus gros ratage de l'histoire moderne de la justice et, enfin, ses talents vont s'exercer sur un territoire à la mesure de son ambition ! Ca va saigner au pays d'Auge !
Pendant ce temps, l'ineffable Janine Drai, qui cumule les titres de fille-à-papa-grand-magistrat-estimé et de plus calamiteuse des présidents de cour d'assises de France, est encore parvenue à mettre le bazar dans une audience. Bagarre générale au procès Ferrara. C'est son truc à elle, le bazar, se faire casser des procès bordéliques, une vocation. Douée comme elle est, il y a un poste libre à Douai pour elle : Outreau 3, le retour.
Non, tout va bien, une tisane, Philippe ?
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 04 novembre 2008 à 22:01
@ Aissa : j'avoue attendre ce moment depuis longtemps !! Régler mes comptes avec vous est un plaisir qui me stimule depuis quelque temps.
En effet, vous témoignez, depuis déjà quelques mois, un certain mépris de tout ce qui est dit sur ce blog, de tout ce qui est juridique en général.
Personnellement, je trouve cela affligeant de voir qu'une personne aussi cultivée soit aussi populiste et ringarde lorsqu'elle s'exprime sur un sujet aussi important que la Justice.
Ne vous en déplaise, je ne suis pas ce petit prétentieux sans cervelle qui juge et qui tacle gratuitement pour le plaisir. Cela c'est votre fonction, apparemment du moins.
C'est vous qui, du haut de votre orgueil, méprisez les gens de justice, juste parce qu'ils auraient un pouvoir illégitime à votre goût, qu'ils exerceraient leur fonction avec incompétence et irresponsabilité.
Vous êtes cette forme de sclérose du pays, à l'ego surdimensionné et aux belles phrases kafkaïennes.
Au plus profond de moi, je suis en désaccord profond avec vos conceptions de la justice. Je ne désespère pas, pourtant, vous voir un peu voir le bon dans ce monde judiciaire que vous décriez tant.
Prouvez-moi que j'ai raison de croire en vous...
Rédigé par : Guile | 04 novembre 2008 à 21:59
Comme un réactionnaire est un moderne en liberté (ça c'est pour notre cher PB), Henri Guaino est une plume pensée en liberté. Que ne l'a-t-on traité de tous les noms! Son discours présidentiel de Dakar fut pourtant d'un grand courage lucide, d'une réelle vision politique au sens noble, et aux conséquences générales dont on ne mesure pas encore l'importance présente et à venir; malgré les incompréhensions et/ou les hypocrisies de certains pas si nombreux, là-bas comme ici, qu'on a voulu le faire croire finalement. Mais la France peine encore à se vouloir universelle dans son unicité. On verra peut-être tout à l'heure un président américain Noir ... Quel renversement des "valeurs"! quel retournement heureux des choses! ... Et à quelle vitesse! Verra-t-on cela un jour chez nous: un président dont les origines sont d'Afrique noire ou du Maghreb? Je reste sceptique, pour l'instant, dubitatif, mais "l'avenir dure longtemps", je le sais. Nous sommes trop lents de nos esprits, pour faire encore comme les Américains. Français, des obèses de la tête. Pourtant, Verdun, le silence des morts qui se ferait -se fait- vivant ... Pourtant, deux siècles ensemble ... Pourtant... Robert Badinter a eu cette phrase: "Je ne pourrais jamais être président de la République, pour trois raisons: 1) je suis un intellectuel; 2) je suis parisien; 3) je suis Juif". Peux-t-on dire que l'Histoire lui a donné tort ? Nicolas Sarkozy a des origines juives, il est un intellectuel et il est parisien. Puis il y eut Blum, puis il y eut Mendès-France ... Mais ce n'était que la présidence du Conseil, ce n'était pas encore ça ... Mais un Noir, un "Arabe", un de l'autre rive de la Méditerrannée, cette soeur si proche et connue et plus lointaine et étrangère dans les coeurs et les esprits que cette autre soeur l'Amérique...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 04 novembre 2008 à 21:07
Votre compétence me laisse coi, Guile. Vous eûtes du être, narquois qui va de soi, notre professeur, auguste docteur. Fites-vous longtemps du Droit ? Vous lûtes bien des volumes gras... Oh la la ! Quelle tête pleine voilà !... L'autorité de la chose jugée... Poum poum tra la la... Dans le cul l'inculte et dans le baba qui crie la tique ! Oh les rosses que voilà !... Un con pétant vous sentant le faire, qui vous flaire un long pet dans (pédant) comme art comme gu d'où guile comme ment heure ou aire. Comment ? De l'air !
Bon soir.
Aïssa
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 04 novembre 2008 à 18:25