Henri Guaino est de retour dans les médias. On lui a redonné le droit de s'exprimer. Le résultat n'a pas tardé.
Il est conseiller spécial du président de la République. Vraiment spécial.
Ne vient-il pas de déclarer au Grand Rendez-Vous/Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, à propos du jugement ayant débouté le Président et autorisé la poursuite de la commercialisation de la poupée vaudoue, "qu'à titre personnel, je pense qu'il est parfaitement incongru, scandaleux, moralement inacceptable qu'on puisse trouver un juge pour dire que ça n'atteint pas la dignité de la personne".
Je passe sur la familiarité un tantinet méprisante du "...qu'on puisse trouver un juge...". J'en arrive à l'essentiel.
Le 29 octobre, une décision a été rendue qui n'a pas retenu la thèse du président de la République et l'analyse juridique de son avocat Me Thierry Herzog qui avait assigné en référé sur le fondement de la violation du droit à l'image. Nicolas Sarkozy a interjeté appel du jugement et, sans m'avancer, il me semble évident qu'un débat approfondi aura lieu sur la pertinence du droit à l'humour appliqué au droit à l'image et sur la distinction à opérer entre la validité juridique et la perception politique.
Dans l'attente de l'appel, le président de la République, qui a décidé d'exercer cette voie de recours comme peut le faire tout demandeur débouté, a respecté une discrétion absolue et s'en est tenu à ce que son rôle de garant judiciaire lui impose. De son côté, Me Herzog, qui est très sollicité depuis que sa qualité de conseil du Président est connue, a formulé des observations modérées et respectueuses de la juridiction concernée, même s'il faisait déjà valoir l'axe de sa future argumentation. Tout cela relevait d'une belle et bonne démocratie. Cette démarche du Président et de son avocat était d'autant plus remarquable que des médias - notamment le site du Nouvel Obs, auquel on doit tout de même - le seul ! - d'avoir attiré l'attention sur ces propos - absurdement qualifiaient de "camouflet" la décision rendue, en présumant une dépendance de la justice au moment même où il convenait de se féliciter de son indépendance. Le paradoxe est que les journalistes perçoivent comme un dysfonctionnement et une offense politique ce qui relève d'une administration judiciaire normale.
Mais c'était oublier Henri Guaino dont on a sollicité avec imprudence l'avis sur cette question. Des adjectifs pour le moins surprenants, à l'égard d'une décision de justice, dans la bouche d'un conseiller spécial de président de la République : "incongru, scandaleux, inacceptable..." ! Ainsi, alors que la magistrature a été et s'est mise à feu et à sang et que le président, en recevant son syndicat majoritaire, lui a donné de la considération et offert de l'écoute, que peut-être même il a apaisé des tensions et que la garde des Sceaux elle-même semble atteinte d'une grâce nouvelle, était-il vraiment nécessaire de lancer ce brûlot verbal qui en d'autres temps aurait entraîné sans retard le désaveu ou la mise à l'écart du personnage l'ayant proféré ? La réponse est contenue dans l'interrogation. L'Etat de droit, ce devrait être aussi le silence d'Henri Guaino.
Un ministre, René Tomasini, il y a longtemps, avait traité de "lâches" les magistrats et la réprobation politique et sociale avait été immense. Henri Guaino, justicier impénitent, s'autorise une inadmissible liberté de ton et sanctionne d'un "moralement inacceptable" une argumentation juridique qui ne lui plaît pas. Si personne ne s'émeut, si aucun désaveu n'est formulé, aucun départ programmé, on sera plus d'un à se demander dans quel monde on vit, et sous quelle étrange mansuétude.
Ce que je préfère, c'est le prudent "à titre personnel" qu'Henri Guaino estime sans doute décisif. Encore heureux que cela soit "à titre personnel" et qu'une telle déclaration ne puisse être imputée à plusieurs ou au président lui-même ! Qu'Henri Guaino s'exprime en son nom ou au nom de, force est d'admettre que la pertinence et la mesure, chez lui, demeurent parcimonieuses !
J'ai une illumination "à titre personnel". Pour régler le problème, le président de la République devrait en permanence flanquer Henri Guaino d'un conseiller spécial.
Note reprise par Marianne 2.fr
Hé les incultes du monde judiciaire !! Vous faites quoi de l'autorité de la chose jugée ?
Et je rappelle qu'il y a critique et critique : critiquer la décision sur le sens qu'elle donne relève de l'infraction. Critiquer sur le droit et son interprétation, c'est ouvert à tous ceux qui se sentent de le faire. Même aux incompétents...
Rédigé par : Guile | 04 novembre 2008 à 16:50
@ heulot
"Par exemple, je vous invite à la lecture des décisions de justice administrative de 1940 à 1944 ; vous y trouverez des décisions que tout un chacun, de son bon droit, peut dénoncer sans peur de faire montre de "lèse-majesté"."
Bravo, vous avez gagné 1 point Godwin.
Vous pouvez aller le découper au burin sur votre écran...
Rédigé par : chevalier | 04 novembre 2008 à 16:27
J'avoue ne pas bien comprendre ce billet. Mais c'est tous les jours que des décisions de justice sont critiquées, et heureusement ; cf par exemple celle qui avait autorisé récemment l'annulation d'un mariage car l'épouse n'était pas vierge. Tous les jours aussi qu'en appel, dans une même affaire et avec le même dossier, des magistrats viennent dire exactement le contraire de ce que d'autres avaient dit avant eux. Laissant souvent perplexe le citoyen lambda.
Le problème de Guaino, dont dit-on le chef de l'Etat apprécie le côté un peu "fou", c'est qu'il fait rarement dans la dentelle. Un brûlot, sa remarque ? A peine la nième saillie d'un "fou du roi"...
@"on a toujours besoin d'un plus petit que soi "... et aussi d'un décodeur.
Rédigé par : catherine A. | 04 novembre 2008 à 16:09
@ chevalier
"@ C. Jacob et P. Pike
Si "l'incitation à la haine" avait pu être envisagée une seconde, soyez certains que Me T. Herzog se serait emparé de cet argument... Vous le sous-estimez."
C'est beaucoup plus subtil que de la simple et grossière incitation à la haine dont je me passerai cependant prudemment de donner des exemples.
Mais je pense néanmoins que les compétences strictement juridiques et la connaissance de la pluralité des cultures qui s'entrecroisent de nos jours dans la mosaïque française sont deux choses très différentes.
Ceci étant je fais absolument confiance à nos propres services experts en poudre aux yeux et autres fabricants d'illusions divers pour trouver la réponse adéquate.
Itou dans leur domaine de compétences propres pour nos grands plaideurs.
Je rappellerai juste aux uns et aux autres et pour le cas où, que le domaine d'exercice privilégié de leurs compétences respectives ne saurait être la vie personnelle, familiale et privée du citoyen lambda qui la ramène dans le cadre de sa liberté d'expression et sur fond de ses modestes compétences personnelles au lieu de se contenter de béer d'admiration.
Rédigé par : On a toujours besoin d'un plus petit que soi | 04 novembre 2008 à 13:44
Le Président a fait appel, les propos de son conseiller laissent donc comprendre au prochain juge ce qui est acceptable ou non. Et c'est un cadeau empoisonné à faire à celui qui prendra l'affaire. S'il va dans le sens du plaignant, on dira qu'il se couche devant le pouvoir, dans le cas contraire Guaino va repasser son disque !
Rédigé par : Bulle | 04 novembre 2008 à 13:20
J'ai du mal à comprendre en quoi une décision judiciaire ne peut être critiquée, et ce y compris au nom de la morale ou d'une certaine éthique.
Cela laisse à dire que la parole des juges revêt un caractère quasi sacralisé, faisant par la même fi de la subjectivité humaine voire du droit à l'erreur.
Car qu'est-ce que le concept de jurisprudence sinon une interprétation du droit que les cénacles de juristes ne se privent d'ailleurs pas de commenter ou de critiquer. Cette critique serait donc l'apanage de certains ?
D'autre part, sans vouloir me hasarder à des comparaisons oiseuses, je ferai remarquer que je suis heureux qu'il se soit trouvé des personnes pour critiquer des décisions de justice manifestement contraires à des principes supérieurs, à savoir les droits de l'homme. Par exemple, je vous invite à la lecture des décisions de justice administrative de 1940 à 1944 ; vous y trouverez des décisions que tout un chacun, de son bon droit, peut dénoncer sans peur de faire montre de "lèse-majesté".
Rédigé par : heulot | 04 novembre 2008 à 12:14
Merci M.Bilger pour cet article si j'ose dire, magistral...!!!
Je me suis rarement amusée à lire de tels articles et je découvre une face cachée de votre personne, l'humour, et autant le dire, ça décape !
Rédigé par : ZOULIKHA SADOUDI | 04 novembre 2008 à 10:32
@bruno
On peut critiquer une décision judiciaire mais on doit le faire avec mesure et courtoisie, ce qui n'est pas le cas d'Henri Guaino, dont il faudrait que Nicolas Sarkozy se sépare au plus vite car il lui nuit de plus en plus.
Rédigé par : Marie-Christine BLIN | 04 novembre 2008 à 02:25
@ Bruno
"Et pourquoi la loi ne permet-elle pas la critique d'une décision judiciaire ?"
Parce qu'elle est rendue "au nom du Peuple Français".
Rédigé par : chevalier | 04 novembre 2008 à 01:08
@ C. Jacob et P. Pike
Si "l'incitation à la haine" avait pu être envisagée une seconde, soyez certains que Me T. Herzog se serait emparé de cet argument... Vous le sous-estimez.
Rédigé par : chevalier | 04 novembre 2008 à 01:01
"si la caricature va au-delà du raisonnable, ce sont aux tribunaux d'en juger et non pas les autorités religieuses ou gouvernementales"...
Dixit Nicolas Sarkozy à propos des caricatures de Mahomet !
La déclaration d'Henri Guaino n'est pas fidèle à la voix de son maître, à moins que ce dernier n'ait changé d'avis, s'agissant de sa propre personne ?
Rédigé par : chevalier | 04 novembre 2008 à 00:56
@ Pierre-Antoine
"PS : et si c'était à votre effigie cher PB ?"
Votre commentaire est pitoyable...
Ce sont des gens comme vous qui essaient, à l'instar du Pouvoir, de discréditer les Magistrats.
Au moins, nous serons épargnés d'une poupée à votre effigie... Personne ne vous connaît, heureusement.
Rédigé par : chevalier | 04 novembre 2008 à 00:40
Ce qui est parfaitement incongru, scandaleux et moralement inacceptable, c'est qu'on puisse trouver un conseiller, même spécial, pour s'immiscer ainsi dans une décision de justice qui ne le concerne en rien.
Libre à lui, en revanche, de trouver incongru, scandaleux et moralement inacceptable la représentation d'un individu, quel qu'il soit, sous la forme d'une poupée vaudoue dont je ne rappellerai pas la signification parfaitement explicitée par C.Jacob. Mais je doute fort que cette préoccupation lui soit autant présente à l'esprit que l'est sa perception de l'indépendance de la magistrature.
Cela étant je trouve totalement stupide qu'on puisse trouver des esprits mercantiles pour confectionner de pareilles inepties qui, sous le fallacieux prétexte de faire rire, livre aux instincts les plus vils une poupée sur laquelle on déversera son trop-plein de haine. Car en réalité c'est bien de cela dont il s'agit, et non une atteinte à la dignité de la personne.
Mais c'est peut-être l'humour de ce temps. Il ne fait rire que ceux qui sont dépourvus d'esprit et de finesse.
Rédigé par : Patrick PIKE | 03 novembre 2008 à 23:39
Et que l'on cesse avec cet article 434-25 du Code, stupide et vicieux article qui ne sert qu'à dissimuler et éviter et ne jamais assumer lâchement leur responsabilité personnelle sous le tapis poussiéreux et puant de leurs insuffisance, suffisance et prétentions sous des dehors d'austérité, de rigueur, d'honnêteté intellectuelle et d'honorabilité quelconque ... La France entière est sous le coup de cet article et sera condamnée blablabla blablabla, qui à chaque seconde de chaque jour honnit ces juges qui n'assument jamais leurs travers et les conséquences nombreuses dramatiques et honteuses qui en découlent pour d'innombrables ...
Mon cher PB, vous devriez être plus prudent; le Guaino, il a du répondant et plus d'intelligence et de pouvoir que vous l'imaginez; gare qu'il ne vous traite d'un méprisant et distrait "petit con" comme il le fit pour BHL et d'autres qui s'y sont essayés ... Ne l'attaquez pas par le mépris comme en votre dernière phrase, vous êtes déjà perdant.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 03 novembre 2008 à 23:29
L'étonnant, c'est l'absence de réaction des médias qui considèrent comme normal cette critique en règle d'une décision de justice. Que M.Guaino fasse des annonces tonitruantes sur des choix politiques qui devraient relever des ministres est déjà curieux ; qu'il commette une infraction en discréditant une décision de justice mériterait davantage qu'un rappel à l'ordre, une réelle sanction et, pourquoi pas, s'il avait le sens de l'honneur, une démission. Mais la justice n'est plus qu'une administration comme une autre. Elle a la mauvaise idée, parfois, de ne pas plaire. Grave erreur...
Rédigé par : anne l | 03 novembre 2008 à 22:23
Serait-il passible de l'article 434-25 de notre code pénal ?
Rédigé par : Simon | 03 novembre 2008 à 21:13
Comme à chaque mandature présidentielle il faut chercher les conseillers et je pense que de ce côté-là le bât blesse chez notre président.
Il est des Mazarin au 55 de la rue du faubourg Saint-Honoré qui n'ont rien à y faire, qu'au final, nuire à Sarkozy et par là même à la France.
Rédigé par : Surcouf | 03 novembre 2008 à 18:28
Bonjour,
Et pourquoi la loi ne permet-elle pas la critique d'une décision judiciaire ? Car, en plus d'être irresponsable, le juge est-il infaillible ?
Rédigé par : bruno | 03 novembre 2008 à 18:18
A titre personnel, je trouve ordurier, insultant vis-à-vis le peuple, d'une pourriture sans nom, méprisable, antidémocratique, antirépublicain, fondé sur aucun principe de Droit sinon celui de la petite théorie autocratique judiciaire qui se rêve grande, incongru, scandaleux et moralement inacceptable, bien entendu, dangereux, vilain et sale aussi, qu'il puisse se trouver encore et toujours en exercice dans les tribunaux et cours français et rendant la justice au nom du Peuple, toute la clique judiciaire d'alors Outreau et Nord-Pas-de-Calais, Siège et Parquet ensemble comme un sordide ramassis de potentats qui fait carrière outrageusement impunément. Je pense que, dans le même élan, de nombreux magistrats, procureurs en avant, devraient joindre leur indignation à la mienne et l'exprimer aussi clairement et, naturellement, "à titre personnel".
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 03 novembre 2008 à 18:09
"Note reprise par Marianne 2.fr"
Et lue 3413 fois au moment de ma propre connexion !
@Irfan:
"Par contre, si vous trouvez "violent" de mettre une aiguille de type courant, pas très grande, dans une poupée moche, vous avez une sensibilité exacerbée"
"Ces poupées, c'est un objet qui se veut inoffensif, bouffon, et auquel certains tristes sires donnent plus de sérieux qu'il ne faudrait"
Contrairement à la caricature qui s'adresse à l'esprit, la poupée s'adresse d'abord à l'inconscient.
Je pense par conséquent que ce n'est pas le droit à l'image qui est concerné, mais plutôt une forme d'incitation à la violence puisque les acheteurs potentiels de ces poupées mises sur le marché par des lampistes alléchés par le bénéfice matériel escompté mais probablement inspirées par des personnages recherchant un autre type de gain - par ex. un gain politique à l'égard de l'argumentaire en rapport avec la notion de laïcité positive destinée à mettre le président en contradiction avec lui-même sur un terrain éminemment marécageux...-, sont, si l'on en croit Me Herzog qui laisse entendre qu'il est bien possible qu'en la circonstance il assiste gracieusement son client en tant qu'ex confrère, invités à manifester leur mécontentement vis-à-vis du sarkozisme en criblant son effigie de coups d'épingle ici ou là, tous endroits désignés par une citation présidentielle ou une autre.
On a qualifié cette poupée de 'poupée vaudoue' parce que ce culte originaire d'Afrique est le seul qui est grosso modo connu du grand public en rapport avec ce type de magie noire.
Si l'on en croit Wikipédia, le vaudou désigne bien un culte puisqu'il désigne en effet "l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci.[...]Le vaudou est un culte à l'esprit du monde de l'invisible. À chaque ouverture, le prêtre vodoun demande l'aide de l'esprit de 'Papa Legba' pour ouvrir les portes entre les mondes."
La poupée constitue dans ce cadre ce que les japonais appellent pour leur part un Katashiro ou encore un Hitokata, une forme en papier ou d'autres matières, captatrice en quelque sorte du spirit et tenant lieu de ce à quoi elle aura a été, au travers de certaines pratiques rituelles, liée par certains liens, lesquels sont inexistants au regard d'un esprit positif ainsi que laïque, mais considérés comme d'une nature particulière et efficiente au regard d'autres types de, mettons, 'vues de l'esprit'...
Cette pratique s'apparente en réalité à quelque chose d'extrêmement ancien que notre monde antique notamment connaissait sous le nom de "tablettes de défixion (defixio en Latin)" et figurines en rapport, et dont "plus de 1 500 exemples sont recensés à l’heure actuelle, s’étalant du VIe siècle av. J.-C. pour le document le plus ancien au VIe siècle, et cela dans l’ensemble du monde gréco-romain. Attestée dans la littérature, la pratique consiste littéralement à « clouer », « lier », une personne ou parfois un animal. Comme le précise F. Graf : « L’objectif habituel de la défixion est donc de soumettre un autre être humain à sa volonté, de le rendre incapable d’agir selon son propre gré. », pratique appelée aujourd'hui envoûtement." - Plus d'infos sur Wiki http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9fixion
Donc, que la pensée rationnelle s'en amuse ou non en tant que croyance, ou plus respectueusement à l'égard des populations encore concernées par ces croyances, y porte encore un intérêt scientifique sur le plan des sciences humaines, tant la poupée vaudoue que le 'Hito-kata' japonais ou encore le 'defixio' latin, autrement dit toutes ces pratiques qui s'adressent à l'inconscient collectif du sujet, quand bien même ils ne sont pas exclusivement destinés à nuire, manifestent en tout état de cause une extraordinaire violence morale dès lors qu'ils se dévoilent comme tels (= intention de nuire) sur la place publique.
Il ne s'agit donc pas d'expression d'une opinion quant à la personne représentée ou évoquée, et qui forcerait le trait de façon caricaturale sous forme de texte, de scénette ou d'objet ou de théâtre de guignol organisé autour du tout, donc de simple droit à l'image tel celui visé par la décision de 1ère instance qui statue dans le cadre d'une liberté d'expression qui n'aurait pas outrepassé ses limites et tenté d'atteindre la personne dans sa dignité en la présentant notamment sous des dehors grossiers et vulgaires, par ex. tel Louis XIV sur sa chaise percée made in Bercy, mais d'une sorte de manipulation nuisible d'une opinion publique qui n'est pas nécessairement dans son ensemble dotée de l'esprit rationnel du président et de son entourage, mais qui pourrait tout à fait être exorcisée par une contre poupée à l'effigie du concepteur de la première et censée opérer un retour aux envoyeurs, témoignant ainsi d'une magie présidentielle supérieure...!
Pour finir, PB a en effet tout à fait raison de préconiser un conseiller spécial pour le conseiller spécial du président et je le verrais très bien pour ma part, spécialisé en 'defixio' et autres sombres machinations à la Cosimo Ruggieri, sachant que le sorcier qui rate son coup, nous apprend la magie scandinave, se met lui-même en grave danger !
Rédigé par : Catherine JACOB | 03 novembre 2008 à 18:01
Le sieur Guaino, recalé trois fois à l'ENA ce qui manifeste une persévérance et exclut le hasard, a qualifié publiquement M.BHL de "petit con" alors que ce dernier, contestable et contesté, joue dans une catégorie intellectuelle inaccessible au sieur Guaino.
Il est triste qu'il se trouve des journalistes pour tendre un micro à ce personnage.
Rédigé par : ancien | 03 novembre 2008 à 16:38
M’enfin !
Les poupées vaudoues à l’effigie de Sarkozy ou de Royal ne sont pas des monuments d’humour portant à l’hilarité, mais on peut se douter que cela fera marrer celles et ceux qui détestent cordialement l’un ou l’autre (ou les deux) et qui pourront ainsi se défouler en piquant leurs corps de chiffon de petites aiguilles en psalmodiant des noms d’oiseaux en rafale. Guaino ou d’autres « choqués » ? Qu’en a-t-on à faire ? On a les indignations que l’on peut. Si l’image d’un Président de la République tient à ce genre de couillonnade, c’est grave !
Plus lourd déjà le caractère « business » des poupées : et une poupée, et un jeu d’aiguilles, et un emballage, le tout pour x euros. Les créateurs sont de géniaux marqueteurs : l’affront a déchaîné une tempête médiatique qui vaut les plans média les plus onéreux de la terre quand on lance un nouveau produit. Pas un kopeck en frais de promotion, et probablement de belles statistiques de vente. De quoi créer la rareté, la pénurie. Encore un petit effort sur le sujet, et les poupées vont devenir « collector » et s’arracher à l’encan.
Quant à Guaino, disons que notre pays a toujours eu comme ça des types qui se prennent pour des gens vachement importants, dont l’avis officiel compte autant que l’avis personnel. Le nègre de Sarkozy, dont il se sait qu’il n’a pas toujours la plume heureuse, n’échappe pas à ce travers consistant à penser que son silence serait un drame pour la nation, et que les citoyens attendent impatiemment chacun de ses nouveaux avis et commentaires. Pour l’avoir aperçu sur deux ou trois plateaux télé, voilà bien l’archétype de la personne, toute gonflée d’orgueil et de prétention, qui se pense sûrement en parangon d’une pensée iconoclaste. Le mieux avec Guaino, comme avec les poupées, serait de ne jamais en parler. Maintenant je ne suis pas contre une poupée à l’effigie de Guaino, je m’en irai la percer à la sardine de camping.
Rédigé par : matéo | 03 novembre 2008 à 16:36
Bien d'accord, Pierre-Antoine !
Tant que ça ne touche que Sarkozy, ça ricane et ça jouit, façon bien-pensance.
Quand ça va toucher tout aussi "salement" les saintes idoles politiques et sociales du camp du Bien, ça rigolera moins. Il suffit d'attendre.
On est loin de la caricature avec ces poupées.
Le commerce ne va pas en rester au vaudou. Suivez mon regard vers d'autres horizons tout aussi "sexys" !
C'est une poupée hé hé.
qui dit.........
PS :
Le Nobs a dit "camouflet donné à Sarkozy".
Et si le Nobs disait vrai, Monsieur Bilger ?
Le Nobs pourrait mentir ?
Voyons !
Rédigé par : bernard | 03 novembre 2008 à 16:32
L'article 434-25 du code pénal dispose: "Le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou images de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l'autorité de la justice ou à son indépendance est puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende. Les dispositions de l'alinéa précédent ne s'appliquent pas aux commentaires techniques ni aux actes, paroles, écrits ou images de toute nature tendant à la réformation, la cassation ou la révision d'une décision. Lorsque l'infraction est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables. L'action publique se prescrit par trois mois révolus, à compter du jour où l'infraction définie au présent article a été commise, si dans cet intervalle il n'a été fait aucun acte d'instruction ou de poursuite."
Il ne reste donc plus qu'au Ministère public d'accomplir sa fonction publique et faire citer l'intéressé devant le Tribunal correctionnel.
"Tolérance zéro" est bien le mot d'ordre officiel ?
Ou "Que vous soyez puissant ou misérable..."
Rédigé par : GL | 03 novembre 2008 à 15:57
@Duval Uzan
"@SR - Les diamants aux paupières c'est autre chose. On n'y associe pas des aiguilles pour les crever, ce qui constitue une violence extrême."
C'est tout à fait exact et je parle d'expérience. Il y a quelques années en effet, j'ai donné des cours de japonais extra scolaires dans les locaux de la MJC Lillebonne à Nancy, une association subventionnée et logée par la ville de Nancy.
L'affiche de présentation de l'activité cours de japonais incluait une photo de l'animatrice, moi-même, et on pouvait donc voir que l'enseignante n'était pas japonaise.
A l'époque où une association culturelle franco-chinoise a commencé à fonctionner dans les mêmes locaux, avec des enseignants chinois (étudiants) allez savoir pourquoi, les yeux non bridés de l'animatrice du cours de japonais ont commencé par être redessinés et bridés à coups d'épingle puis par la suite, les coups d'épingle ont réduit les yeux de la photo à de purs et simples trous noir.
Le pire c'est que c'est moi qui m'en suis plainte qu'on a accusée de manquer d'humour, ne pas être de bonne composition et se monter inamicale.
De nos jours, après une certaine vacance des cours de japonais extra scolaires dans cet établissement, c'est un étudiant japonais membre de l'association franco-japonaise de Nancy-Lorraine qu'on y a mis pour y reprendre les cours.
Ce qui pour moi a ravivé quelque part l'extra ordinaire violence des yeux crevés à coups d'épingle de l'enseignante lorraine qui avait le culot monstrueux de donner en extra scolaire dans la ville où elle était née, des cours performants dans une autre langue que sa langue maternelle, autrement dit, une non native speaker que donc il était tout à fait admis de (s)peaker!
Rédigé par : Catherine JACOB | 03 novembre 2008 à 15:20