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Ségolène Royal pour tous

Demain aura lieu une élection capitale pour le Parti Socialiste.

Parti à vocation gouvernementale, comme l'UMP aujourd'hui, il me semble que sa destinée intéresse bien au-delà des frontières de la gauche qu'il représente. Aussi, en qualité de magistrat qui n'a pas à faire connaître la nature de son choix politique, je voudrais seulement montrer en quoi le vote de demain et peut-être  d'après-demain dépasse de très loin le champ clos des enjeux partisans pour ouvrir des portes sur l'avenir ou, au contraire, emprunter des chemins déjà trop bien connus.

La droite  s'est moquée du congrès socialiste et elle a eu tort. La cacophonie et le désordre apparents n'ont pas dissimulé la richesse d'intelligences contrastées et la diversité de pensées qui, s'entrechoquant, n'ont pas démérité. La dérision est mauvaise conseillère. Il est trop facile d'opposer l'unité de l'UMP - qui certes, avec le président de la République dispose d'un leader incontesté mais souffre, autour, d'un inévitable tarissement - à l'agitation du PS qui, s'il n'a pas aujourd'hui un responsable incontestable, dispose pour le faire vivre de personnalités dont le danger est la surabondance.

Pour un citoyen curieux, ces derniers jours ont été très éclairants. Les manoeuvres n'ont eu pour but que d'exclure Ségolène Royal de la direction socialiste puisqu'elle avait à l'évidence ce grand tort, par rapport à ses rivaux classiques, d'avoir su nouer avec les militants un rapport profond et décisif. Il a été passionnant de constater à quel point la politique, dans sa définition la plus crue, a été utilisée pour chasser cette intruse de la gestion des choses sérieuses, parce qu'elle aurait pu, qui sait ?, y introduire de la liberté et, pire, de l'imprévisibilité.

En réalité, pour ceux qui observent le PS de l'extérieur et qu'aucun catéchisme politique ne séduit ou ne retient, force est de s'attacher à la nature et à la qualité des êtres qui aspirent à être élus comme Premier Secrétaire.

Quels que soient les talents de Martine Aubry, Benoît Hamon, ou  de Bertrand Delanoë avant qu'il se retire et donne un soutien à double détente contradictoire, on ne peut qu'avoir l'impression de fréquenter un paysage connu, d'entendre des discours souvent clamés et de n'avoir pas le droit d'aller regarder au dehors ce qui s'y passe.

La seule qui échappe à son camp, c'est Ségolène Royal, comme elle l'a démontré durant la campagne présidentielle, de la même manière que le seul qui savait échapper à son camp à droite a été élu brillamment président de la République. C'est seulement cette femme qui, du côté de ses idées, qu'on les partage ou non, aura la capacité de surprendre, d'innover et de bouleverser. Elle aurait, j'en suis sûr, le désir de déverrouiller, de réveiller ce bloc idéologique, ce passé au bois dormant, elle aurait l'énergie pour rénover, elle offrirait du côté de la gauche, enfin du doute, de l'incertitude et de l'inédit . On ne pourrait pas écrire son programme et ses projets par coeur. Je ne dis pas qu'elle ferait l'ouverture à droite comme le président l'a faite à gauche mais au moins on aurait le bonheur d'attendre ce qu'elle à à dire avec de la curiosité et de l'espoir. Le tout n'est pas qu'on adhère mais qu'on ait envie de savoir. De connaître la suite. Ce que j'ai aimé chez elle, c'est qu'elle a parfois pensé contre elle et choqué ses affidés. C'est du courage.

Les autres socialistes nous proposeraient un ordre, elle le mouvement. Il n'y a pas que son allure. Les militants devraient songer que Ségolène Royal appartient à tout le monde. Comme le président.

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Voici les sites qui parlent de Ségolène Royal pour tous:

Commentaires

Pour avoir été à de nombreux meeting de Ségolène Royal je dois admettre qu'elle soulève un enthousiasme bouleversant. N'ayant pas ma carte au PS j'ai à l'occasion eu le plaisir de discuter avec des socialistes peu attachés à l'orthodoxie, notamment des chefs d'entreprise. Ce fait m'avait profondément ému car quelque part se dire de gauche c'est pour certains ne pas oublier d'où l'on vient, et penser à l'avenir en constatant que l'homme étant ainsi fait, on ne peut lui ôter sa liberté aussi bien politique qu'économique. Or c'est ce dernier point qui semble freiner le socialisme français, à savoir revenir vers une remise en cause du capitalisme. En pensant à ces chefs d'entreprise votant socialiste je pense à ces travailleurs, ces employés riches d'ambition, d'idées, souhaitant se soustraire à une hiérarchie en créant leur entreprise. En cela Ségolène Royal, en dépassant certaines idées, s'attache à renouer le lien Etat-nation par son idée de démocratie participative. Elle semble flotter au-dessus de l'appareil. Au fond ne serait-elle pas gaulliste voire plus marxiste, par sa méfiance des appareils ? Le socialisme ne devait-il pas conduire à la dissolution de l'Etat ?

Si un juge pourtant si rationnel se laisse emporter par un symbole de la société du spectacle, alors la chose politique est une vaste rigolade qui place au centre Ségolène Royal et son populisme de supermarché, et Nicolas Sarkozy qui a fait de l'UMP son tremplin présidentiel sans concurrent, avec son fils en formation à Neuilly pour plus tard entretenir le népotisme à la française que les Etats africains copient.

Ah, cher PB, c'est le républicain sort politique roturier fait aux femmes, vous le savez bien, royales ou pas. Voyez Toinette, la malheureuse, et Lamballe, oh cette petite!... Si vous les aviez vus, ici à Reims, ce congrès ... une honte! Oh ces mots qu'ils et elles lui ont jetés à la figure et qui ne sont pas passés à la télé ni la radio!... Je les transcrirais bien ici, tels que je les ai ouï de mon unique oreille intègre, à fin que tous lisent et sachent, mais j'y renonce, j'y renonce, je ne suis pas un cochon, moi! A propos, ne trouvez-vous pas étranges ces députés qui toujours votent force lois réprimant toute violence faite aux femmes, qui fustigent et vouent à qui mieux mieux aux gémonies ceux qui s'en rendent coupables, et qui hier se sont levés synchrones à l'Assemblée pour un hommage d'une minute de silence à celui-là des leurs, parlementaire, qui, il y a trois jours, à Thionville (bonjour Cathy Jacob, vous êtes tout près, je crois), tua son amie et mère de deux jeunes enfants d'une balle dans la tête, froidement, puis, certes, qui s'infligea la même chose immédiatement? Hum ... Peut-être Finkielkraut nous en dira-t-il quelque chose de consistant, comme, par exemple, que le législateur démocratiquement élu, patati patata ...
Votre inquiétude en ce billet -car il y en a une, je ne m'y trompe pas, magic Aïssa!- est que vous constatez amèrement -et avec une certaine crainte républicaine que je ne puis que partager- qu'il n'y a pas -plus- d'Opposition. Un vri mirdié, comme dirait mon pote Momo qu'est fenwick en CDI dans les caves de Gallimard et qui me raconte tout ce qui s'y passe (et c'est pas beau). Et plus d'Opposition, qu'est-ce à dire? Par exemple, des magistrats -et du Parquet même, du Par-quet!- qui pétitionnent contre la ministre, le gouvernement, l'Etat, la souveraineté populaire, hors tout champ syndical, une émeute, rebellion spontanée, désemparée, folle à lier ... Et je ne cite que ça; je ne voudrais pas que nous digressions hors judiciaire ... Toutes ces colères populaires et des corporations, et personne pour porter ça pacifiquement, démocratiquement, jusqu'au Parlement ... Mais nous sommes à la veille d'émeutes graves dans la rue, monsieur, une révolution; en tout cas, tous les ingrédients y sont. Il n'y a qu'un homme très raisonnable de Droite et respectueux des droits de tous, tel que vous, pour regretter qu'en face il n'y ait absolument rien ou à peine qui soit stable un tant soit peu et politiquement cohérent ... Je n'ai pas entendu "La Marseillaise" sifflée tout à l'heure, France-Uruguay ... Est-ce mon oreille valide qui m'a joué un tour ou avaient-ils mis la sono à fond pour couvrir les nuées de huées?


Aïssa.


Je ne veux plus entendre le trio du congrès anti-Ségolène Royal, soit SR est un danger pour le PS, alors on fait un front anti-SR fort et cohérent, soit on lui donne une chance, on discute autour de sa motion et on verra ce qu'elle apportera comme changement. Et Martine Aubry m'a fait rire hier... elle propose de tendre la main à Ségolène Royal après le vote des militants, cela aurait été plus constructif de le faire dimanche... Et Martine Aubry tendra la main à Delanoë, à Fabius, à Hollande, à Jospin, à DSK, à Jospin et à plusieurs jeunes pour la photo.
A souligner, ceux qui ont hué SR croyant qu'elle se prenait pour Soeur Emmanuelle ont hué une phrase de Jaurès...

Sans doute Ségolène Royal est-elle la seule à pouvoir rajeunir le PS et à y apporter un nouvel élan. Cependant, je crois que peu de gens ont prise sur elle. J'ai couvert le premier "meeting-débat" de la campagne présidentielle à Illkirch-Graffenstaden. En fait de débat, il n'y en avait pas. C'était artificiel. Les questions étaient préparées et portées par des militants. A côté de moi,il y avait une femme qui essayait désespérément d'intervenir. Elle ne devait pas être au courant du système. Elle a fini par abandonner.
Quant à l'hommage rendu à J-M Demange, il est regrettable d'avoir oublié la jeune femme qu'il a abattue, après l'avoir terrassée à coups de poing. Karine Albert l'avait quitté il y a un mois. Elle était harcelée jour et nuit, et menacée. Selon sa famille, elle avait renoncé à porter plainte pour ne pas nuire à sa carrière politique. De toute façon, pensait-elle, la plainte serait classée sans suite, étant donné la personnalité visée. Jean-Marie Demange, submergé aussi par d'autres problèmes personnels, sans oublier son désarroi après son échec aux municipales, est arrivé chez son ancienne compagne avec un 7,65 !

Je ne m'offusque pas des modes de communication de Ségolène Royal, j'ai une prévention de départ : la fumisterie. C'est sans doute la tare que je redoute le plus chez mes contemporains et que je renifle vite : en 2007 il m'est apparu très clairement que nous avions le choix entre deux fumistes. J'ai donc voté pour la fumiste de gauche, laissant à d'autres le triste soin de voter pour le fumiste de droite en les plaignant tout comme je me plaignais moi-même.

Les médias ont renforcé la place des tribuns de la plèbe dans notre appareil politique : Nouvelles rostres de l'expression publique, les médias favorisent naturellement celui ou celle qui développe une alternative formelle. Je n'ignore pas que Sarkozy comme Royal sont entourés de gens très capables et, pour en connaître quelques-uns chez Royal, d'une très grande qualité. Mais le leader est tellement creux par lui-même...

Je sais que les autres candidats sont moins sexy, mais il s'agit de diriger un parti qui n'est pas, comme l'UMP, un parti godillot et Ségolène Royal s'y rompra les os. Je ne voterais pas pour elle aujourd'hui. Ses deux challengers ne sont pas présidentiables (dans l'état actuel des probabilités) et si Ségolène appartient à tout le monde, après avoir éliminé Delanoë de la course au parti, qu'elle se concentre alors sur 2012.

Ne donnez pas de conseils à Mme Royal, elle serait bien capable de les suivre et de mettre vos préconisations en application avec bonheur, tout comme elle applique le modèle Diana. Or, cela ne suffirait toutefois pas pour gouverner... ne serait-ce que le parti socialiste, ce qui ne m'apparaît pas moins compliqué que de gouverner la France gauloise elle-même. Or, je ne sache pas qu'elle ait l'intention de tendre la main à Mme Aubry et de se rallier les légions romaines et l'efficacité de leur formation en tortue!

Le problème avec les deux toutefois, c'est leur ego transcendantal ainsi qu'une mauvaise foi à damner le pion à Machiavel lui-même. Or, ce dernier n'est pas... le Prince, mais seulement son mentor!

Même si on peut avoir le sentiment que c'est le désordre qui a régné à Reims, le week-end dernier, lors du congrès du PS, on ne peut pas ne pas se féliciter de ce que le PS soit un parti de mouvements.
Je trouve plaisant que le PS soit un parti au sein duquel s'expriment des courants divers et différents, indépendamment du fait qu'on peut regretter que le positionnement politique des principaux leaders de ce parti ne brille pas toujours par la constance.
Sincèrement, en tant qu'observateur de la vie politique, je préfère regarder du côté du PS, plutôt que du côté de l'UMP, lequel est un parti, non seulement cadenassé, dominé et au service d'un seul, mais aussi fermé aux femmes.
Le PS est un parti où s'exprime beaucoup la pensée, alors que l'UMP, exception faite des tentatives ouvertes par Alain Juppé, ne semble pas privilégier la réflexion.
Le PS valorise les femmes : pour ne parler que d'elles, Elisabeth Guigou, Martine Aubry et Ségolène Royal, femmes d'importance et leaders d'opinion, n'ont pas d'équivalent à l'UMP, où MAM, en dépit de son intelligence et de son courage politique, est marginalisée et où Valérie Pécresse et Christine Lagarde, malgré leurs immenses qualités techniques respectives, ne sont pas mises en valeur.
Le PS respecte la femme. A l'UMP, Nadine Morano est utilisée avant tout pour faire la propagande de la politique de Nicolas Sarkozy.
L'infériorité du statut de la femme au sein de l'UMP est aussi attestée par le traitement que certains membres de ce parti inflige à Rachida Dati et à Fadela Amara. J'ajoute que Rama Yade, femme à l'évidence très dense, semble simplement chargée de promouvoir ce que Nicolas Sarkozy lui demande de mettre en oeuvre comme politique.
Bien que je ne vote jamais pour le PS, je reconnais que c'est un parti plus vivant et plus valorisant pour la femme que l'UMP.
Le PS est un parti collectif, alors que l'UMP est un parti appartenant à un seul.
S'agissant de la vie interne du PS lors et depuis le congrès de Reims, comme beaucoup, je déplore qu'une ligue ait été constituée par les "éléphants" et leurs colistiers contre Ségolène Royal. Le PS recule ainsi de niveau, alors qu'on attend de lui qu'il lance des débats sur l'avenir de la France, l'UMP étant, lui, avant tout un parti de conquête de pouvoir.
Ségolène Royal a sans doute, par son arrogance et son entêtement à toujours braver la direction du PS, contribué elle-même à la formation d'une opposition contre sa personne. Mais je ne pense pas que les autres membres du PS étaient tenus de réagir de la façon dont ils ont procédé à Reims et ultérieurement au congrès.
A mon avis, pour retrouver sa spécificité au sein du paysage politique français, le PS aurait dû faire le choix de Benoît Hamon dont le discours de gauche paraît plus ferme et plus sincère; un tel choix aurait aussi marqué la volonté du PS de se renouveler au niveau de ses élites.
Le PS ne pouvait choisir Martine Aubry dont la candidature était souillée en raison du ralliement à sa cause de gens dont le point commun est de détester Ségolène Royal. Pourtant, je trouve Martine Aubry plus sérieuse politiquement et plus dense intellectuellement que Ségolène Royal.
Le PS, pour être cohérent avec lui-même, ne pouvait plébisciter Ségolène Royal à qui il a toujours reproché de fonctionner en solo.
Je pense que Ségolène Royal remportera l'élection d'aujourd'hui ou demain. Mais sa victoire signifiera une droitisation du PS ou, à tout le moins, le triomphe du relativisme idéologique.
L'inconvénient d'un succès de Ségolène Royal serait aussi le risque de la fin des débats au sein du PS, car celle-ci, en dépit de l'intérêt sans cesse croissant qu'elle porte aux études sociologiques, ne se singularise pas par une originalité de pensée. Certes on trouve à ses côtés Vincent Peillon, véritable boîte à idées - quoiqu'à un niveau inférieur à celui de François Hollande, de Pierre Moscovici ou de Dominique Strauss-Khan, s'agissant de l'analyse socio-économique. Mais Peillon ne semble pas assez ferme pour se risquer souvent à s'imposer idéologiquement à Ségolène Royal.
A mon avis, c'est Ségolène Royal qui remportera la consultation actuellement organisée parmi les adhérents du PS. Un tel résultat, souhaité par la majorité des sympathisants du PS, assurerait certainement une continuité par rapport à la dernière élection présidentielle. Mais il recèlerait un danger fort : l'avenir du PS en tant que parti spécifique.

On a bien compris qu’entre deux maux il fallait choisir le moindre.
S’il est vrai que Ségolène saurait nous surprendre positivement par le fait qu’elle prend des libertés avec l’orthodoxie socialiste, elle incarne toutefois un « Mollettisme » pragmatique ancré à gauche, mais sans vision .
Alors que Martine et Benoît concourent à l’interprétation la plus savante de la vulgate socialiste, le message de Ségolène est court parce qu’il n’est pas nourri par une pensée .
Elle excelle dans la dénonciation et l’incantation, et n’est pas capable de constater qu’il faudra « du sang et des larmes… qui doivent nous conduire à la victoire » :
Compte tenu de la faible marge de manœuvre dont disposait jusqu’à présent un gouvernement dans l’espace économique et social, elle aurait été à même de tenir le rôle de gestionnaire avisé des intérêts du pays, Mais la crise financière est passée par là.
Tant pour la droite suffisante que pour la gauche ragaillardie par cet « échec du Libéralisme » s’impose un impérieux devoir d’autocritique et de remise en cause de ses certitudes afin de nous nous livrer les réponses adéquates à la conduite des affaires de l’après-crise.

Peut-être avez-vous lu, cher Philippe, le commentaire que j'ai consacré le 18 novembre à ce sujet dans ma revue de presse. J'y rejoins en partie vos conclusions tout en insistant pour ma part sur la nécessité d'une coupure franche avec l'extrême gauche, comme je l'avais suggéré au printemps 2005. Ce qui complique la tâche du PS, c'est qu'il manque autant d'un leader que d'une redéfinition idéologique. Personnellement, je ne pense pas que Madame Royal soit capable d'autre chose que d'accompagner une transition vers une réelle mutation. C'est déjà beaucoup et, en même temps, il faut bien le dire, il s'agit d'un pis-aller. Personne, en effet, dans le camp démocrate (à gauche comme à droite) n'a intérêt à voir l'actuelle opposition dans un tel état de déliquescence et le fait que le NPA d'Olivier Besancenot apparaisse aujourd'hui pour beaucoup comme la seule alternative en dit long sur le désarroi de la gauche française.
Ce qui me rend pessimiste sur l'avenir immédiat de ce parti, moi qui ne suis pas socialiste, c'est qu'au cours de ces dernières heures, les trois candidats, quelles que soient leur sensibilité, se sont contentés pour l'essentiel d'une charge anti-sarkozy. Ce n'est pas un programme de gouvernement. Que le NPA de Monsieur Besancenot se positionne de manière purement négative jusqu'à l'intitulé de son parti n'est pas étonnant, mais nous pourrions attendre autre chose de la gauche démocratique. En outre, la crise actuelle, dont les conséquences économiques sont fort graves contribue à retarder cette mue identitaire, dans la mesure où elle confirme en apparence le vieux fond idéologique du socialisme. Enfin, le pragmatisme et l'absence de sectarisme de Nicolas Sarkozy achèvent de désarçonner une gauche dont l'autocritique, me semble-t-il, n'est pas la première vertu.

Je ne résiste pas à recopier et vous poster ceci :
"Les animaux, au décès d'un lion,
En son vivant prince de la contrée,
Pour faire un roi s'assemblèrent, dit-on.
De son étui la couronne est tirée :
Dans une chartre(1) un dragon la gardait.
Il se trouva que, sur tous essayée,
A pas un d'eux elle ne convenait :
Plusieurs avaient la tête trop menue,
Aucuns trop grosse, aucuns même cornue.
Le singe aussi fit l'épreuve en riant;
Et par plaisir la tiare essayant,
Il fit autour force grimaceries,
Tours de souplesse, et mille singeries,
Passa dedans ainsi qu'en un cerceau.
Aux animaux cela sembla si beau,
Qu'il fut élu : chacun lui fit hommage.
Le renard seul regretta (2)son suffrage,
Sans toutefois montrer son sentiment.
Quand il eut fait son petit compliment,
Il dit au roi : «Je sais, Sire, une cache,
Et ne crois pas qu'autre que moi la sache.
Or tout trésor, par droit de royauté,
Appartient, Sire, à Votre Majesté.»
Le nouveau roi bâille(3) après la finance;
Lui-même y court pour n'être pas trompé.
C'était un piège : il y fut attrapé.
Le renard dit, au nom de l'assistance :
«Prétendrais-tu nous gouverner encor,
Ne sachant pas te conduire toi-même?»
Il fut démis; et l'on tomba d'accord
Qu'à peu de gens convient le diadème. "

(1)Chartre :
ce mot désignait autrefois une prison ; il faut le comprendre ici comme étant un lieu clos, bien gardé.
(2)donna à regret
(3)aspire avidement à ...(l'argent)

Cher PB, je ris de vous voir défenseur de l'art Royal, cela ne vous ressemble pas. La France va mal... finir.

Et je suis d'accord avec Philippe sur le fait que l'UMP a bien tort de moquer les débats parfois houleux du PS. Qu'on se rappelle les primaires à la présidentielle : c'est à ce moment là que S. Royal est montée en puissance dans les sondages.

Qu'on se rappelle aussi les primaires américaines : John Mc Cain a été désigné très vite et n'a pas bénéficié de l'agitation médiatique qui a couvert la primaire démocrate. Résultat on ne parlait plus de lui tandis qu'Obama prenait quotidiennement de l'ampleur auprès de l'opinion. La primaire démocrate a été sanglante, bien plus que ne le sont les débats internes au PS, et cela n'a pas empêché les démocrates de tout remporter.

Ce débat interne est la seule façon de faire émerger des nouvelles têtes : qui connaissait il y a quelques semaines Benoît Hamon ? Loin d'être ringard, sur ce point le PS est bien en avance sur la pratique politique courante française.

Votre naïveté sur SR et votre inconscience sur les conséquences sociales et politiques de son éventuelle élection à la présidence me font mal au coeur. Vraiment je suis déçu et même très surpris qu'un être brillant et rationnel comme vous puisse passer à côté du
danger qu'elle représente. Je vais m'abstenir de recenser ici tous les points qui me semblent contraire à tout principe démocratique et républicain. Dire tout et n'importe quoi sans souci de vérité ou d'efficacité n'est pas la preuve de son esprit d'innovation, juste de son effroyable bêtise. J'arrête là, je sens que je vais m'énerver.
Plus d'éléments sur Royal sur mon blog ici : http://billy-tallec.typepad.fr/leblogpolitiquedebilly/politique_franaise/

et comme je n'ai pas le goût de me "fâcher" avec vous je termine sur un lien où l'on doit être assez d'accord:
http://billy-tallec.typepad.fr/leblogpolitiquedebilly/2008/06/parmi-les-dizai.html

AFP 201108/612542 //Selon le Canard enchaîné, l'Elysée, via la Chancellerie, aurait sollicité un magistrat réputé à droite pour écrire un billet élogieux sur Ségolène Royal, escomptant ainsi une victoire de celle-ci aux suffrages des militants, propre à "ouvrir un boulevard" (sic) en 2012 à Nicolas Sarkozy.
L'Elysée dément.
Le magistrat, interrogé, se réfugie derrière le devoir de réserve.

On connaissait le fait du Prince, certains comme Philippe Bilger découvrent ébahis et subjugués le fait de la Princesse où une manipulatrice multi reliftée impose sa vie personnelle dans Closer (de femme trompée se ressourçant en bikini en Corse et depuis remise dans les bras d'un créateur de guignol, Bruno Gaccio).

Et c'est avec un ravissement très artificiel que la présidente de Poitou Charentes parade depuis quelques jours sur les plateaux télés flanquée de "jeunes" comme Vincent Peillon (47 ans !!!), serviles et dociles comme Rama Yade à l'UMP. Tout cela est pathétique et augure d'un avenir noir pour le PS, car nul projet en vu, seule l'exhibition de "jeunes" à la parole muselée pour tout programme et faire oublier au peuple de gauche que depuis trente ans Ségolène Royal arpente les couloirs de Solférino et les allées des congrès.

Mais les journalistes et les commentateurs de la vie politique ne s'en souviennent pas : elle est méconnaissable et si changeante que chaque jour il s'agit d'une autre. Mais sa c... reste authentique.

Nicolas Sarkozy a-t-il proposé la Place Vendôme en interim à Philippe Bilger pendant le congé maternité de Rachida Dati en contrepartie de la ponte de tels articles élogieux à l'endroit d'une concurrente fabriquée pour 2012 ?

Le PS, l'UMP, le PC et autres partis ne m'intéressent pas. On y trouve des gens très intelligents et aussi bien des idiots.
Très rares sont ceux qui s'intéressent à la France avant leur carrière. Pour réussir leur carrière c'est-à-dire être réélus ils sont prêts à toutes les manipulations, les mensonges et les promesses irréalisables.
Ce qui m'importe c'est que leurs résultats, mesurés à l'aune de l'intérêt de la France et des Français soient patents.
Comme ministre, Madame Aubry a fait quelques bonnes choses; elle a aussi mis le désordre avec les 35 heures.
Madame Royal nous a amusés puis fatigués pendant la campagne présidentielle; elle a depuis fait de grands progrès dans son expression; de plus le boycott évident dont elle est l'objet de la part de ses petits camarades nous la rend sympathique. Les Français aiment voler au secours de ceux qu'ils estiment victimes de l'injustice quitte à leur donner le coup de pied de l'âne un peu plus tard.
C'est peut-être finalement Benoît Hamon qui est le plus authentique candidat, jeune, indiscutablement socialiste, malheureusement entouré de quelques apparatchiks.
L'élu devra réunir les socialistes, mener une opposition intelligente tenant compte du monde dans lequel nous vivons, bâtir des projets de gouvernement réalistes et assurant le progrès du pays, faire désigner un candidat crédible pour la prochaine présidentielle faute de quoi l'histoire se répétera.
Nous verrons bien demain soir si le bon chemin sera pris.

M. l'Avocat Général, il est vrai que nous finissons par être habitués aux leçons que vous vous autorisez à donner sur tous les sujets, même ceux dont le rapport avec la justice est infime. De grâce, laissez vos commentaires politiques à ceux qui en font la profession. Même sans dévoiler vos opinions personnelles - il ne manquerait plus que ça -, vous faites totalement fi de la dignité dont un magistrat ne peut pas se dépareiller. Un magistrat n'a pas à se mêler de ces questions sur un plan éthique.
Et c'est vous donner beaucoup d'importance que de croire que votre avis sur la situation du PS intéresse d'autres gens que votre épouse ou vos amis.

...content de vous accueillir, Raoulo... dites-moi, seriez-vous parent avec les Volfoni, par hasard ?...

Comme j'eusse préféré lire aujourd'hui, dans un billet d'actualités hors justice, au lieu du panégyrique de S.Royal qui me semble une personnalité vide, creuse, narcissique et manipulatrice, un de ces billets dont vous avez le secret, sur Madame Simone Veil qui vient d'être élue à l'Académie française ce jour, ""immortelle" après une vie de combat" http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20081120.FAP9034/simone_veil_immortelle_apres_une_vie_de_combat.html

Tant qu'il y aura des Maître Folace pour brocarder avec esprit des fâcheux comme Raoulo (Volfoni), tout n'est pas perdu.
Ce qui m'amuse toujours avec les socialistes, comme J-D. Reffait, c'est que, même lorsqu'ils sont au fond du gouffre, ils trouvent encore le moyen de se congratuler. Ils s'entredéchirent, offrent à leurs concitoyens le spectacle le plus consternant qui soit, mais ils se félicitent ! Ils sont contents ! Leurs disputes interminables ? Une leçon de démocratie, répondent-ils sans rire ! L'unité de leur adversaire qui a su, lui, gagner les élections ? Une vulgaire cohorte de godillots qui défilent le doigt sur la couture du pantalon. Impayables ces socialistes !

Après l'éloge de Christian Vanneste (qu'il n'était nullement nécessaire de faire pour approuver, en droit, la décision de la Cour de cassation), le panégyrique de Ségolène Royal…?? Je suis, comme d'autres, un peu abasourdie par ces prises de position de la part d'un homme qui nous avait habitués à tant de finesse, de distance et d'esprit.

Un démagogue rétrograde et homophobe, et une passionaria de Prisunic qui joue sur l'émotion pure, adepte de ce storytelling à l'américaine qui fait de la politique un show permanent d'où la rationalité et la réflexion sont absents, vraiment, Monsieur Bilger… Que vous arrive-t-il ?

M.Bilger
A vous lire dans votre blog, je sais que vous aimez le spectacle. Je sais aussi pour l'avoir fréquentée que la politique confine au spectacle. S.R, je vous l'accorde, excelle dans ce genre, sûre d'elle-même et de son talent pour la gagne éventuelle. Je ne suis ni de son clan ni de son bord. Nous avons siégé il y a 20 ans de part et d'autre de la table du conseil du Parc Régional poitevin. Cette jolie femme était suffisante et odieuse. A ce point que ses collègues socialistes la détestaient, tant elle se montrait égocentrique, éloignée de l'intérêt public. Ses collègues de droite ne méritaient que son souverain mépris. Un fait exact, en ces années elle ne fut pas réélue à son siège de conseillère générale des Deux-Sèvres, ni élue à la mairie de Niort.

Une bien belle et intéressante analyse que je partage de A à Z...

@ Aude
@ gabbriele


Que de fiel inutile.. Quelle munificence que la solidarité féminine..

@ Raoulo

Des critiques parfaitement inutiles, l'avis de Monsieur Bilger est plus intéressant que votre incontinence verbale en tout cas...

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