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Une minute, monsieur le bourreau

Quelle étrange, surprenante, choquante minute de silence  à la mémoire de Jean-Marie Demange, député UMP de Moselle, sous une présidence socialiste, à l'Assemblée nationale !

Ce parlementaire s'est suicidé à Thionville, le lundi 17 novembre, après avoir assassiné sa compagne qui voulait le quitter, Karine Albert, une restauratrice mère de deux enfants de 13 et 15 ans. Avec un pistolet automatique, il a tiré une première balle dans son flanc puis une seconde dans sa tempe gauche.  Selon certains témoins, il  l'aurait battue avant de la tuer mais on n'a relevé sur le corps de la victime aucun signe manifeste de violences ( Paris Match, le site du Nouvel Observateur).

A supposer que l'inexplicable d'un suicide  puisse être élucidé par  les vivants, Jean-Marie Demange aurait été très affecté par la perte de la mairie de Thionville au mois de mars 2008 (Le Monde) et par la séparation qu'avait décidée Karine Albert.

Mais pourquoi cette minute de silence, de recueillement qui, de quelque manière qu'on l'envisage, représente une démarche d'empathie, un mouvement de solidarité avec un homme, un collègue qui certes a mis fin à ses jours mais après avoir commis le pire et dévasté deux jeunes enfants ? Je me demande si les parlementaires ont perçu comme il convenait le caractère en l'occurrence presque provocateur d'une telle initiative. Comme si le corporatisme allait jusqu'à faire perdre le sens de la dignité et le souci de la décence. Cette mémoire devant laquelle ils s'inclinaient, c'était tout de même celle d'un bourreau de quelques secondes qui ne pouvait pas leur faire oublier, par la mort qu'il s'était infligé, la mort odieuse qu'il avait causée.

S'ils l'ont appris, je n'ose penser à la réaction des deux enfants et de leur père devant ce silence, même si court. Il y avait là une double tragédie certes mais qui aurait du, le suicide suivant le crime, susciter chez chacun une compassion intime, une tristesse ou une incompréhension muettes, un chagrin discret, une appréhension délicate et générale de ces épouvantables moments mais surtout pas cette apparence de dissociation où le criminel puis victime de soi semblait mis en pleine lumière quand la victime du criminel était oubliée.

Il y a des minutes de silence inopportunes. Je ne peux pas m'empêcher d'entendre Karine Albert crier, quand la certitude de sa mort est venue avec effroi la frapper en plein coeur : "une minute, monsieur le bourreau".

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Voici les sites qui parlent de Une minute, monsieur le bourreau:

Commentaires

C'est effectivement une initiative tellement déplacée et indécente à l'égard de la victime et de la famille qu'on peut se demander par quel mystère elle a pu être proposée (par qui? dans quelles conditions?) et adoptée.

Personnellement, compte tenu du retentissement que prend cette affaire, le président de l'Assemblée nationale devrait s'exprimer pour - au moins - tenter de replacer cette minute de silence dans son contexte - car il s'est agi tout de même pour la représentation nationale d'honorer formellement l'auteur d'un crime, le fait qu'il soit passionnel n'enlevant rien à sa nature - ou s'excuser auprès de la famille et de la population de Thionville.

A-t-on vraiment le droit de juger quelqu'un dont on ne connaît pas les tenants et aboutissants de la nature d'une pulsion sans doute incompressible et, certes, aux conséquences aussi dramatiques ?

Un état de folie a pu en effet l'amener là et s'il avait survécu, un rapport psychiatrique aurait peut-être pu conclure à une totale irresponsabilité.
Rien en l’état ne permet de le dire dans un sens ou dans l’autre.

L’hommage qui lui a été rendu ne concerne que l’homme public et qui apparemment n’avait rien suscité de critiquable.

De plus, pour quelqu'un jugé comme responsable de ses actes, je rappelle qu'en matière de crime de sang, la gravité de la sentence est toujours tributaire d’éventuelles circonstances atténuantes, de l’absence de préméditation, de pulsions passionnelles ...

Ne réagissons donc pas au premier degré !

Au point où on en est...
Où les financiers reçoivent des aides de l'Etat, et l'Etat c'est nous, les citoyens qui sortons de nos poches l'argent que les politiques utilisent pour le bien commun.
Alors que des politiques se recueillent quand un des leurs se donne la mort... Où est le problème ?
Où des politiques d'un même parti n'arrivent pas à s'entendre pour construire un projet politique cohérent ?
Peut-être ont-ils fait une référence inconsciente à d'autres politiques qui l'ont précédé pour échapper aux chiens...
Il est normal que certains politiques se sentent concernés par une mort reliée à une perte d'élection, synonyme de retour dans le quotidien d'un citoyen ordinaire.

Cordialement et avec condoléances

Pierre-Antoine

Oui bon ! On est rapide là même si a posteriori c’est choquant en effet.

Pour autant, avant de porter un jugement définitif sur la présidente de séance, il conviendrait de connaître les circonstances.

On est devant un événement difficilement imaginable, unique même.

La présidente a peut-être appris le décès en pleine séance sans les détails, on ne pense pas naturellement à un tel imbroglio.

Si les services l'ont simplement informée du décès, voire même du suicide, pouvait-elle avoir une autre réaction en pleine séance ??

On peut là aussi (sauf si quelqu’un a des informations plus précises sur l’information à l’instant de la décision de la présidente et même de la presse) accorder « une minute à monsieur le bourreau » et regarder cette chronologie avec un peu de perspective avant de hurler avec les loups.

En tous cas j’accorde pour le moment le bénéfice du doute.

Ah mon cher PB, ça fait plaisir de vous lire comme ça, dans le Figaro (sur le web le Figaro/ page gratos), puis comme ça ici votre dernier billet ! La jacquerie des magistrats pétitionnant contre Rachida Dati, je vous avais préparé un long billet à la dynamite contre ces mécréants judiciaires qui s'élèvent contre la souveraineté populaire, mais je ne l'ai pas envoyé, penchant que vous l'auriez désapprouvé... Je me suis trompé. N'importe...
Quant à la minute parlementaire de silence, je ne puis comprendre -ni admettre- que les députés n'aient pas saisi cette occasion (triste occasion) pour, dans le même élan le dire et le faire, associer, que dis-je associer, mettre en avant de son meurtrier et honorer par cette minute de silence cette femme, et rappeler ainsi solennellement tout ce qu'il y a d'odieux à faire subir cela à elles. Possible qu'ils l'aient fait mais alors trop en silence, dommage... J'ai du mal à croire qu'ils n'aient pensé à ce moment qu'à leur collègue. Le silence, oui, mais les mots pour le dire et l'expliciter, celui-ci, c'est important. Sans eux, on peut le prendre, ce recueillement qui se tait, pour une clameur qui fait honte à ceux-là qui fustigeraient presque celle qui fut assassinée...

Mais aujourd'hui, c'est autre chose qui m'interpelle gravement : cet adolescent en Floride qui vient de se suicider en quasi direct via internet, une vidéo postée...


Aïssa.

@Baudouin Labrique et Philippe Bilger

1000 fois d'accord avec Philippe Bilger... et pas du tout d'accord mais alors pas du tout avec Baudouin Labrique.

Quelles que soient les raisons qui ont poussé ce député à commettre un crime, il a tué une personne mère de deux enfants.

Cette minute de silence ne s'imposait absolument pas ... même si ce Monsieur s'est donné la mort.

Pompidou avait dit, je crois, après le suicide de Gabrielle Russier qui elle n'était pas une criminelle : "Laissons les morts enterrer les morts".

Ce carnage est navrant, dramatique pour une famille et cette minute de silence est inconvenante.

Monsieur Bilger,

En filigrane, c'est toujours le corporatisme qui est dénoncé, quoi que l'on dise ou que l'on fasse. Ce drame est, tout compte fait issu d'une frustration qui n'a probablement qu'un lointain rapport avec les fonctions électives de l'intéressé. Peut-être la rupture familiale n'a-t-elle été que la goutte d'eau mais issue de la déchéance même de l'élu ? Comment savoir ?

Le corporatisme est toujours présent dans les hommages, il est comme une catin toujours payé et toujours payant. Et pourtant son genre est masculin. C'est un moyen de récupération et, comme vous le dites de provocation. Le drame, dans tout cela compte pour peu.

On n'ose plus prononcer le mot qu'il faut pour désigner un acte: un meurtre. Il y a quinze jours, un verdict à la cour d'assises de Pontoise a été rendu: quatre ans avec sursis pour avoir jeté son bébé par la fenêtre après l'avoir mis au monde dans les toilettes de l'appartement familial. Une femme de vingt ans au moment des faits est sortie libre du tribunal, car tout concourait à rendre ce verdict clément: d'origine maghrébine, parents sévères, musulmans, frères autoritaires. Alors, évidemment, il y a deux justices, celle de la fille musulmane nécessairement victime de sa famille accrochée à ses traditions, et puis une autre justice qui aurait accordé un supplément de vie au bébé si seulement ce dernier était né dans une famille catholique. Car ce verdict renvoie à l'idée communément admise que dans les familles arabo-musulmanes toutes les filles souffrent et sont des victimes qu'il faut protéger de la barbarie des hommes. L'enfant né d'une relation sexuelle consentie peut bien être jeté par la fenêtre, il y aura toujours un juge pour avoir pitié de la femme qui a pris du plaisir avec un homme, mais qui rejette son inconscience par la fenêtre.

La représentation nationale ?
De l'eau au Moulin.

Bravo Monsieur Bilger.
Je lis votre papier du jour sur votre blog ainsi que celui publié dans le Figaro.
Dans les deux cas, vous vous attaquez au corporatisme ou plus exactement aux excès de corporatisme. Il vous faut bien du courage et sachez accepter mon modeste soutien. Je me suis toujours opposée à l'esprit de chapelle mais j'ai toujours perdu... Par manque de courage, de talent, de chance, de prudence , etc.
J'admire ceux qui continue la lutte.

Cependant, je suis comme Aïssa et JL, j'ose timidement espérer que nos députés ne connaissaient pas les faits exacts ou bien qu'ils ont dédié une partie de leur minute de silence à cette femme morte comme tant d'autres de la violence de leurs époux ou amants.

En effet, je viens de lire votre analyse sur la situation de Mme la garde des Sceaux. Sans doute une des meilleurs, avec des coups de scalpel précis pour mettre en évidence la psychologie de la curée collective qui a été mise en oeuvre.
C'est de surcroît très très bien écrit.

Bonjour,
Il y a un très bon billet à ce sujet de Maître Eolas sur son blog. J'ajoute que la veille ou l'avant-veille on a vu le film "La femme d'à côté" à la télévision. Ils ont oublié de mettre "risque de choquer"... qui ??? Une minute de silence pour Fanny Ardant ?? ou pour Depardieu ?? Il ne faut plus parler d'attentats suicides, par respect pour tous les suicidés qui n'entraînent pas d'autres avec eux et qui n'attendent aucune récompense à leur acte. 
Duval Uzan

Cher Philippe,
La lecture de votre billet me laisse silencieuse.
Comment aborder un deuil public, privé.
Un deuil est un deuil. L'ignorer? Le commenter? Le silence peut être la sidération, l'incompréhension, le recueillement...
La famille politique est une famille
abandonnante.
D'autres silences sont plus graves.
Est-il exact que les gardiens des prisons
ne disposent pas des clés la nuit et ne peuvent apporter ni soins ni assistance
aux détenus.
Aux U.S.A de nombreux détenus sont décédés
lors d'une inondation pour les mêmes raisons. Certains sont restés sans électricité, sans eau potable, sans aliments,
parmi d'autres détenus décédés avant que les secours n'arrivent.
Est-il difficile de remédier à cette situation inadmissible? françoise et karell semtob

Bon, marre d'entendre ici, monsieur Bilger, monsieur Bilger, monsieur... comme c'est très très très bien écrit, comme c'est beau, comme vous... Il va plus se sentir les chevilles, le proc'... Le meilleur écrivain ici, c'est moi, sans contredit. Alors un compliment de temps en temps, ça ne vous écorchera pas le museau et moi ça me mettra de bonne humeur le matin. A bon entendeur...


Plus sérieusement...

@semtob

La nuit, les matons n'ont pas les clefs des cellules, aucune clef. Seul le brigadier (supérieur direct du maton) les a. Dans les grandes prisons, ils sont plusieurs brigadiers la nuit, ce qui facilite les choses. Dans d'autres plus petites, seul un brigadier est présent et c'est donc lui qui possède les clefs de toute la boutique. En cas de pépin, les matons sont obligés d'aller le chercher... Il y a une raison essentielle -et implicite- à cet état, c'est que la nuit, des matons mal intentionnés pour x ou y raison pourraient s'en prendre au détenu dans sa cellule, s'ils avaient les clefs. Ainsi, en rendant directement leur supérieur hiérarchique direct détenteur et responsable des clefs la nuit, on limite ces risques. La nuit, une cellule n'est jamais ouverte par un maton seul ou même plusieurs; il y a toujours le brigadier présent et c'est lui qui ouvre... Cela a ses avantage et ses inconvénients. Les inconvénients ? Bien, des fois on le cherche et on le trouve pas le bricard, il s'est planqué quelque part pour dormir pendant qu'il y a le feu ou qu'on égorge quelqu'un dans une cellule de plusieurs ou qu'un fait dans une cellule, seul, des moulinets autour d'une corde...

Allez, bonne nuit.


Aïssa


"Ne réagissons donc pas au premier degré", "il conviendrait de connaître les circonstances". Certains commentaires, ici comme ailleurs, me désespèrent de la nature humaine.

Comme si les circonstances n'étaient pas parfaitement établies ! Le président UMP de l'Assemblée nationale, M. Bernard Accoyer, n'a-t-il pas osé exprimer (et pas à chaud, non, bien posément, dans un communiqué) "une pensée particulière pour l'autre victime de cet acte tragique".

Oui, vous avez bien lu : "l'autre victime". Excusez-moi, dans ma myopie, moi je n'en voyais qu'une ! Mon sens moral dénaturé ne pouvait percevoir qu'un meurtrier, lorsqu'il est député, accède évidemment à la dignité de victime.

Et ce sont les mêmes qui veulent juger les déments. Dites-moi où je dois aller vomir !

Sur la motion des magistrats dénonçant l'agressivité du ministre de la Justice, il est assez curieux d'offrir à l'opinion publique la modestie d'une femme nue sans bijoux ni tralala, alors que la critique pourrait être muselée d'un coup de photoshop en Une du Figaro ou de Paris Match. Encore un peu d'effort pour revenir au temps de la Stasi et de ses découpages de cerveaux. On peut s'attendre aussi à une retouche des photos du bébé de Rachida Dati si d'aventure l'enfant avait la figure de l'opposition ou l'ingratitude qui effraie chaque mère au moment de pousser les cris de l'accouchement.

J'aurais été d'accord si cette minute de silence avait été "exceptionnelle". Mais c'est la tradition constante de l'Assemblée de respecter une minute de silence quand elle apprend le décès d'un des ses membres. Dès lors, ne pas la respecter aurait été passer un jugement sur ce qui pouvait aussi apparaître comme un coup de folie. Un fou reste un homme, respecter cette minute de silence ne préjugeait pas de la qualification précise de l'acte commis.

Donc pas si évident que cela.

VOUS AVEZ PARFAITEMENT RAISON !

@semtob
"Comment aborder un deuil public, privé."

Je n'ai pas eu l'impression que Monsieur l'avocat général Bilger abordait véritablement la question du deuil en elle-même, mais plutôt la question de l'hommage rendu par ses pairs à celui qui entre le moment où il a donné la mort et celui où il s'est donné la mort relevait d'une juridiction telle la sienne et que cet hommage lui paraissait faire injure à la famille de sa victime, ce en quoi il me semble qu'il n'a pas tort. Si la compagne du député mosellan eût été elle-même député, sans doute la question de l'hommage publiquement rendue se serait-elle différemment posée, quoique..., Vu que le drame n'a pas de rapport direct avec la qualité de député. Ce n'est pas comme si, par ex. un député eût été victime d'un militant du parti opposé ou d'un simple opposant à son action en tant que député.

"Est-il exact que les gardiens des prisons
ne disposent pas des clés la nuit et ne peuvent apporter ni soins ni assistance
aux détenus."

J'ai entendu moi aussi cette justification du fait que les secours ont été tardivement mis en œuvre et effectivement, ce n'est pas un justification, vu qu'une véritable conscience morale alertée eût par ex. pu prendre contact avec le responsable d'une cellule politique afin que ce dernier ramène le directeur par la peau du cou si nécessaire, sur les lieux, dans la minute même et dans la foulée du personnel médical compétent.
Ceci étant, on a annoncé un nouveau suicide de jeune détenu, condamné à six mois et en fin de peine.
Je souhaite par conséquent poser pour ma part (= en tant que citoyenne lambda) la question de la création d'un service spécialisé en matière de sévices en milieu carcéral, ainsi que celle de la torture psychologique et morale pratiquée par certains agents de l'Etat dans le cadre de dérapages inadmissibles, question qui me paraît infiniment plus importante que de savoir laquelle des deux ménades qui viennent de nous gratifier d'un spectacle navrant pour tout démocrate convaincu, finira par pousser l'autre hors du nid de la candidature aux prochaines élections à la présidence de la République!


@ Catherine Jacob
Créer un service spécialisé en matière de sévices en milieu carcéral ?
Mais vous rêvez ma chère...
Où trouverez-vous les personnes qualifiées et authentiquement intègres pour le composer ?
Déjà que le personnel de surveillance (formé, qualifié et payé pour ça) n'a pas la confiance de la hiérarchie au point qu'on lui enlève les clefs la nuit de peur qu'il ne se livre à quelques manifestations caractérielles et obscures... alors imaginez un citoyen lambda pénétrant pour contrôler de nuit la condition carcérale d'un serial violeur pédophile...
Où trouverez-vous un citoyen assez solide pour résister à la pulsion vengeresse, alors qu'un surveillant (formé, qualifié et payé) lui n'y résiste pas...

Le trouverez-vos parmi le personnel de Justice, celui qui n'entend pas le bruit des chaînes dans un prétoire ou qui se singularise par sa manifeste incompétence ou tout simplement surchargé de dossier ?
A moins que ce ne soit parmi les financiers ? les politiques ? les journalistes ? les intellectuels ?
Peut-être que dans le 93... qui sait... à moins que ce soit parmi ceux qui ont déjà goûté au milieu carcéral. C'est une idée à creuser...

Cordialement sans utopie

Pierre-Antoine

La banalisation de ce type de manifestation est à mes yeux du même ordre que les bises sur la joue de parfaits inconnus et le tutoiement à tout va. Quand les signes de la hiérarchie des sentiments, des honneurs, du respect sont laminés, il n’est pas étonnant qu’on en arrive à honorer un meurtrier.

"Il y a des minutes de silence inopportunes."

Naturellement oui. Et la minute de silence que vous évoquez était on ne peut plus inopportune.

Mais il y aussi des mots inopportuns.

L'emploi du mot "bourreau" dans votre titre et dans votre billet est à mon avis de trop, et inopportun.

Au moins M.Demange a-t-il accompagné sa victime dans la mort. Combien d'assassins ne survivent-ils pas à de prétendus suicides collectifs ?
César Campinchi disait à Pauline Dubuisson (qui avait tenté un suicide dans la prison où elle était incarcérée avant de comparaître aux Assises pour le meurtre de son amant).
« Somme toute, madame, vous ne réussissez que vos assassinats. »

LACROIX J.-P., Le Palais Indiscret, p.62

@ Aristote : votre rhétorique est vaine. Les faits sont exactement contraires à ce que vous soutenez. Le pré-jugement a bien été passé, mais dans l'autre sens. Le Président de l'Assemblée Nationale a déclaré, ès qualités, que M. Demange n'est pas le meurtrier, mais la victime. Achetez des lunettes.

@Pierre-Antoine

Où le trouver?
Certainement pas parmi les citoyens lambdas...!
Mais parmi les officiers des "forces spéciales" peut-être, sous forme permanences alternées. Pourquoi pas.
[Voir http://www.armees.com/Le-1er-RPIMa.html ainsi que http://le.cos.free.fr/ ]

Avec ce genre de personnel, ça ne rigole pas, ça obéit, c'est motivé par un code de l'honneur, ça sait se défendre sans armes et surtout ça ne craque pas si facilement! Qui plus est ça peut présenter ultérieurement un intérêt pour eux!!

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