Le 26 décembre, au Zénith, Dieudonné a fait fort, très fort.
Je n'ai pas voué, depuis quelques années, Dieudonné aux gémonies contrairement à tant d'autres pour qui il était devenu un pestiféré. Je me suis réjoui de ses succès judiciaires et je n'ai jamais tourné en dérision ses combats qui, tous, de l'esclavage, cette grande cause douloureuse, au conflit israélo-palestinien, avaient trait à la défense fanatique de la liberté d'expression. Certains de ses propos sulfureux avaient été poursuivis mais, en les justifiant, il continuait dans la même veine. Derrière le bateleur, il y avait le militant. Rien de ce qu'il accomplissait et proférait ne laissait indifférent.
J'avais été frappé, lors d'une émission de Frédéric Taddéï consacrée aux humoristes, par le fait que les présents - Romain Bouteille, Rolin, Alévêque, Bruno Gaccio, etc -, en face de Dieudonné, ne mégotaient pas son importance et rendaient hommage à sa manière d'assumer les défis sur les thèmes les plus sensibles qui soient. En tout cas, nulle défiance et nul rejet de leur part.
Dieudonné, au Zénith, devant 5000 spectateurs dont Jean-Marie Le Pen et son épouse, des adhérents du Front National, Kémi Séba, Robert Faurisson, ancien maître de conférence à l'Université de Lyon 2, négationniste convaincu et déjà condamné à ce titre et, aussi, Julien Lepers, a donné son spectacle : J'ai fait l' con.
Il a fait ovationner Faurisson, l'a embrassé et c'est l'un de ses techniciens déguisé en déporté juif qui a remis à ce dernier "le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence". Faurisson lui signalant que "ce soir, tu es vraiment en train de faire le con", Dieudonné M'Bala M'Bala répliquait que "votre présence ici et notre poignée de main sont déjà un scandale en soi ", en ajoutant : "Déconnons et désobéissons le plus vite possible".
Les médias - notamment le Parisien et le Journal du Dimanche, les sites du Nouvel Observateur, du Figaro et du Post - ont traité ce "dérapage" sans le minimiser. Le JDD rapportait cette explication de Dieudonné : "Pas d'accord avec toutes les thèses développées par le négationniste mais pour moi c'est la liberté d'expression qui compte".
La ministre de la Culture, Christine Albanel, comme il se doit se déclarait "consternée" et dénonçait une atteinte à la mémoire.
Je voudrais déjà éliminer des éléments qui n'ont rien à voir avec le fond de cette polémique. On a le droit d'aimer les spectacles de Dieudonné. Il est libre de choisir Le Pen comme parrain de sa fille. Il est libre d'avoir Le Pen pour ami. Certains, dont je suis, n'ont pas forcément pour habitude de faire dépendre l'amitié de la qualité morale et idéologique du partenaire. On peut détester les idées ou les absurdités de quelqu'un sans avoir à s'excuser si on le choisit pour ami superficiel ou intime. J'ai toujours trouvé scandaleux le procès fait à François Mitterrand au sujet de Bousquet. Les ressorts du coeur et de l'esprit ne passent pas obligatoirement par l'éthique et une page noire peut ne pas faire oublier les autres.
Pourquoi à la suite de cette représentation éprouve-t-on tout de même un vrai malaise ?
Pour vouloir défendre la liberté d'expression d'un négationniste, que la mauvaise loi Gayssot permet de poursuivre, faut-il entonner un péan en faveur de celui-ci et le placer sur un pavois qui offense sûrement sans mieux préserver le principe ? Doit-on, parce qu'en effet, de nos jours, le négationnisme est "l'opinion la plus infréquentable et la plus insolente", en tout cas la plus monstrueusement stupide, offrir à Faurisson une éclatante lumière dont il semble lui-même avoir été gêné ? Notre ferveur démocratique pour la liberté d'expression doit-elle dépasser ce qu'une sauvegarde, même extrême, de celle-ci appellerait ? A l'évidence, non.
Cette illustration scandaleuse est aggravée par la confrontation entre Faurisson, qui reçoit le prix, et le technicien, faux déporté juif qui le lui remet. Il n'est même plus question, dans cette relation choquante qui pousse jusqu'au délire les élucubrations d'un esprit dissident, du problème de la liberté mais de l'aptitude à la décence. Faurisson ne suffisant pas, on dévaste encore plus la mémoire, on agrandit la plaie avec cette pantalonnade ridiculisant la tragédie en la ravalant au rang d'une Cérémonie des César ! Devant l'incrédule, on présente un homme simulant un déporté. C'est pour rire. Mais, alors, ce n'est plus la censure qui est la cible mais la souffrance et la mort. Et Dieudonné nous devient, soudain, étranger.
Si je n'avais pas longtemps suivi avec sympathie le parcours intellectuel et judiciaire de Dieudonné avec ses pépites, ses courages et ses provocations, je ne serais pas inquiet pour lui comme je le suis aujourd'hui. Il me semble qu'il a franchi une frontière, une ligne jaune, moins celle qui sépare une liberté erratique d'une liberté honorable que celle qui déconnecte totalement un tempérament, une personnalité de la cause estimable qu'il a pu défendre. Dieudonné "fonctionne" en roue libre, poussé par les orages et les paradoxes de son propre être, plus désireux de "déconner", de provoquer que de se battre comme son intelligence, dans tel ou tel débat, savait si bien le faire en argumentant. Dieudonné ne sait plus s'arrêter et il est en train de faire perdre à la cause de la liberté tout le bénéfice qu'à sa manière il lui avait apporté. Il s'amuse, certes, mais c'est une dérive. Il choque mais c'est une faute. Il n'est plus maître d'une mécanique humaine qui a quitté le terrain de la conviction pour celui de la pulsion instinctive, irréfléchie et presque suicidaire de soi. La vie intellectuelle devient une immense plaisanterie. Une esthétique du pied de nez. Il y a du Vergès dans cet homme-là.
Ce qui me navre, c'est que dans un monde aussi étroitement verrouillé par le totalitarisme du Bien, j'aurais pu comprendre à la rigueur les pires débordements protestataires pour casser le savoir-penser et le savoir-dire. Mais, par cette péripétie, Dieudonné s'enferme, ne nous rejoint pas. Cette démarche autarcique est d'autant plus absurde en l'occurrence qu'aucune qualification pénale n'est applicable à cette péripétie, en dépit de l'enquête qu'évidemment, de manière symbolique, le Parquet de Paris a ordonnée - on ne sait jamais et cela fait bien ! - et conformément à l'avis juridique plein de mesure et de bon sens donné par Serge Klarsfeld.
Il n'est plus d'aucune utilité pour la liberté. Il a brûlé toutes ses cartouches. Au zénith, pour le pire.
Est-il aujourd'hui permis de s'exprimer à un niveau national sur des sujets aussi douteux que tabous, tel les 11 septembre ou les excès du sionisme ? Non, et l'information nationale nous le prouve tous les jours. Dernièrement, Bigard, alors comique couronné de France, se brûla les ailes en doutant publiquement de la version officielle des événements de 2001.
Vous reprochez à Dieudonné de ne pas chercher le débat mais la querelle. Mais n'est-ce pas la seule manière aujourd'hui de réveiller les consciences ? Comment toucher des millions de citoyens endormis par des médias peu démocratiques sinon en jouant leur propre jeu, celui de la provocation et de la peur ?
Dieudonné aurait pu participer à des débats radiophoniques sur de petites chaînes et seule une minorité auraient eu connaissance de ses idées. Par l'outrance, aujourd'hui peu de Français ignorent ses combats. Il est le cœur, l'huile de coude, le grain de sable perturbateur, aux Français de réfléchir si ses idées valent tout ce remue-ménage. Personnellement, je le crois.
Ses idées doivent survivre à notre capacité d'oubli, aujourd'hui très courte. Donc Dieudonné doit continuer à choquer.
Rédigé par : Moristovari | 17 juin 2009 à 13:16
Le vrai problème avec Dieudonné ...
Tout le monde parle à sa place et lui fait dire tout et son contraire, le mieux serait qu'il soit invité a la télé pour dialoguer avec ses détracteurs !
un copain a reçu Dieudonné à Vannes dans son bar-resto, suite à l'interdiction de son spectacle par le maire de Vannes. Dans son spectacle il dénonce l'esclavage mais aussi le pillage méthodique de l'Afrique par l'Europe, les USA et les... Chinois.
Je pense surtout que Dieudo dérange beaucoup de monde il est donc très important de le faire taire ! Quand à la venue de Faurisson et à la présence de Jean-Marie Le Pen, Dieudonné a dit "il fallait que je trouve plus infréquentable que Le Pen, Faurisson nie même la traite negrière on ne peut pas discuter avec un mec comme ça" et quand Dieudonné a reçu au théâtre de La main d'or des rabbins anti-sionistes du fait de leur interdiction dans toute les salles cela n'a pas (curieusement) été médiatisé !
Rédigé par : G.Paotr | 30 avril 2009 à 11:57
Fan fa, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier, Dieudonné ne demande pas de débat sur la véracité ou non des faits historiques, il n'a jamais été d'accord avec les théories révisionnistes ou négationnistes.
Svp, arrêtez de lui mettre des étiquettes dessus parce qu'un jour les médias ont décidé qu'il était soi-disant antisémite (alors qu'il est loin de l'être) - et qu'en mettant de l'huile sur le feu tu viens de l'accuser de faire partie de ce clan d'abrutis que sont les gens comme Faurisson.
J'ai l'impression que définitivement Dieudonné restera un incompris... en même temps vu qu'il ne peut plus lâcher un pet sans qu'on l'accuse de quelque chose contre les juifs... sa stratégie a été courageuse et dangereuse... mais il a gardé sa carrière en faisant parler de lui.
Puisqu'on le traitait d'antisémite, il s'est trouvé alors les cartes les plus scandaleuses de l'antisémitisme, avec Le Pen et Faurisson. Mais là où l'un n'était qu'un jouet médiatique (parrainage de sa fille par Le Pen), il a quand même réussi à humilier Faurisson devant 5000 personnes au Zénith... et, catastrophe ultime pour un comique, encore une fois les journalistes lui cassent du bois sur le dos parce qu'ils n'ont pas compris la blague. Ou alors n'ont tout simplement pas cherché à comprendre et ont surfé sur la vague du "Dieudonné antisémite", pour éviter de faire du zèle.
Peut-être suis-je le seul à l'avoir compris comme ça, mais inviter un type qui dit que les camps n'ont pas existé, et lui faire recevoir le prix du connard de l'année remis par les mains d'un juif déporté (ceux même dont Faurisson nie l'existence), est la pire des hontes qu'il aurait pu faire subir à Faurisson... devant 5'000 personnes qui ont applaudi. Mais attention, ce n'est pas Faurisson que le public applaudissait, mais Dieudonné. C'est son spectacle, il ne faut pas l'oublier.
Et pour moi cette prise de position contre le négationnisme était peut-être une façon d'équilibrer la balance, après son maladroit "Heil Israël".
Rédigé par : paul lis | 18 janvier 2009 à 18:48
Si je ne m'abuse, en reprenant l'histoire du christianisme, c'est vers 70 que les judéo-chrétiens ont été expulsés des synagogues, notamment, pas du tout parce qu'ils accusaient les autres juifs de déicide, mais parce qu'ils étaient entre autres prosélytes, fréquentaient et accueillaient les non juifs, mangeaient avec eux, ce qui était strictement interdit par la Loi, refusaient la circoncision etc...Tout cela principalement à l'initiative de St Paul Apôtre. D'ailleurs, à partir de quelle année parle-t-on de "christianisme" ?
Rédigé par : Nathalie | 08 janvier 2009 à 20:09
J'ai été d'accord avec vous, mais mes lecteurs m'ont fait changer d'avis. Et vous, sauront-ils vous convaincre ?
Rédigé par : ceriselibertaire | 08 janvier 2009 à 20:07
Quelques précisions données par Dieudonné lors d'une représentation de son spectacle après le coup Faurisson :
1. Le parrainage Le Pen est bidon.
2. Le personnage du déporté juif est présent depuis 8 mois dans le spectacle et fait référence à la volonté sarkozienne de faire adopter un enfant déporté par les élèves du primaire. Il n'a pas été créé pour le coup Faurisson. A noter qu'Elie Semoun a rejoint un jour Dieudonné sur scène, alors que le personnage de déporté juif était bien présent dans le spectacle.
3. Dieudonné dit bien qu'il trouve Faurisson choquant et c'est la position de Faurisson sur la traite négrière, que Faurisson nie également, sujet sur lequel Dieudonné est particulièrement sensible que celui-ci s'est dit : "Toi mon salaud, t'es un bon, je te prends".
4. Le prix consistait en un bâton sur lequel étaient plantées 3 pommes, rien d'un trophée mémorable et encore moins conservable.
Donc, prudence dans les jugements à l'emporte-pièce.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 05 janvier 2009 à 12:47
Dans les premiers siècles du christianisme les juifs eurent à subir une accusation grave, celle d’être collectivement et éternellement responsables de la crucifixion du Christ, d’être le peuple « déicide ».
Des croyances populaires funestes mais tenaces comme : les juifs empoisonnent les puits pour propager la peste ; qu’ils ont pour habitude de profaner l’Hostie consacrée ; qu’à Pâques, ils enlèvent des enfants chrétiens et qu’ils pétrissent le pain azyme avec leur sang… D’où la légende de Simon de Trente… !
Ces croyances ont servi de prétexte à de nombreux massacres sanglants, et entre autres à l’expulsion massive des juifs, d’abord de France et d’Angleterre au XVè siècle, d’Espagne et du Portugal…
Le XIXè est marqué par la reconnaissance des droits des minorités : à l’exception de la Russie tsariste. Cette minorité avait l’obligation de résider dans des ghettos ou dans des emplacements particuliers, l’obligation de porter une marque distinctive sur ses vêtements, l’interdiction d’accéder à certains métiers ou professions (sauf l’usure) l’interdiction de contracter des mariages mixtes….
Je ne voudrais pas réveiller un sentiment d’antisémitisme ou de négationnisme, ici sur ce blog. Toutefois, dans Books, il est fait mention du livre d’Ariel Toaff qui fit couler beaucoup d’encre à sa sortie en 2007, Umberto Eco y propose son analyse.
En se penchant sur la légende du meurtre de Simon de Trente, l’Israélien Ariel Toaff (fils de l'ancien grand Rabin de Rome) en souligne la vraisemblance. C’est un tollé ! (Books)
En 2007, l’historien Ariel Toaff publie « Pasque di sangue » et pose cette question : les juifs ont-ils commis des meurtres rituels d’enfants chrétiens entre le XIIè et le XVIè siècle ? Possible, répond-il, provoquant une telle polémique parmi les historiens et les spécialistes des religions, en Italie et au-delà, qu’il décide de retirer son livre de la vente quelques mois après sa sortie. Critiqué par ses pairs pour son utilisation délibérément peu critique et scrupuleuse des sources, il le republie en 2008 dans une version augmentée d’une introduction qui modère son propos.
Traduction par IE : Débat sur le livre d'Ariel Toaff
http://www.osservatorioantisemitismo.it/sub_
tipologie.asp?idtipo=60&idmacro=1&idfiglio=204
&n_macro=2&pagina=Dibattito%20sul%20libro%20di%20Ariel%20Toaff
(Osservatorio sul Pregiudizio Antiebraico Contemporaneo - Contenuti)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ariel_Toaff
http://www.alterinfo.net/Et-si-ce-n-est-pas-bon-pour-les-Juifs-Ariel-Toaff-retire-son-livre-du-commerce_a6965.html
http://www.israelshamir.net/French/Fr21.htm
A propos de Saint Simon de Trente.
Rédigé par : Marie | 05 janvier 2009 à 12:45
@Aïssa,
Merci pour vos voeux, sieur Aïssa, recevez en retour les miens. Que 2009, entre autres souhaits, vous garde dans cette même forme littéraire, ainsi et parfois, ce blog devient, un blog sportif... !!! D'où la course : "Paris-Hilton sydney" !
A suivre...
@Salut man Aïssa,
C'est moi, Félix, rwouaaaaaou !!!
Bonne année à toi, man !
Félix !
Le chat heureux !
Rédigé par : Marie | 05 janvier 2009 à 09:50
Ces propos m'interpellent car c'est moi qui les ai rédigés. Soyons clairs: les races, c'est Zemmour et les autres comme lui -pas moi-, qu'ils soient "historiquement" d'ascendance juive ou non, pratiquants ou non. Cependant, quand il (Zemmour, ce que je ne lui souhaite pas) aura, peut-être, besoin d'un foie ou d'un coeur pour continuer de vivre, alors il s'apercevra que l'Arabe, le Noir ou l'Asiatique ou un autre, religieux ou non, brutalement décédé et qui sera son donneur ce jour-là, était de la même race que lui ... On ne lui aura pas greffé l'organe d'un quelconque animal.
Etre Juif n'est pas une race, mais un peuple historique: le peuple Hébreu. Le judaïsme comme religion et/ou philosophie, est venu après. La dissémination ensuite de celui-ci de par le monde est d'une émigration générale, peu ou prou forcée par les événements de ces époques multi millénaires. Cependant, de tous temps, jusqu'à Hertzel encore, il était resté des Juifs (ou Hébreux, comme on voudra) en ces terre de Palestine et, plus globalement, du Moyen-Orient. Il n'y a pas eu d'invasion ni d'occupation de quelque terre que ce soit de la part de ces gens; il n'y a eu qu'un retour après deux mille ans de départ. Ce retour, on le sait, a été "favorisé" par les innombrables pogroms et autres humiliations subis de par les siècles, en Europe surtout, et cette tentative d'extermination totale de par les nazis. Sur place, les autres autochtones qui, eux, n'ont pour la plupart jamais quitté ces lieux, ont réagi ainsi (je simplifie): "Dis donc, cousin, tu disparais pendant deux mille ans, plus de nouvelle, et là, subitement tu réapparais, tu ne m'expliques rien, tu ne me demandes rien, tu m'expulses, tu me cognes, tu t'installes, et tu dis que c'est chez toi ...". On peut comprendre à partir de là l'origine du ressentiment de ces populations qui, si elles sont musulmanes pour la plupart, avec toutes les variantes inhérentes à cette religion comme à d'autres, ne sont pas toutes arabes, loin s'en faut. Un Palestinien n'est pas un Arabe, c'est un Palestinien, un descendant des Phillistins; tout comme un Egyptien est un Egyptien, un Lybien un Lybien -ou Nubien-, un Syrien, un Syrien -ou Assyrien-, un Iranien un Perse ... L'arabisation qui est allée de pair avec l'islamisation de cette période arabe conquérante, a échoué, et ce siècle qui s'annonce nous le démontrera de façon éclatante. Plus que jamais, nombre de ces peuples, depuis le Maroc jusque l'Irak, commencent de prendre conscience de ce fait et commencent de même de revendiquer et affirmer leurs origines historiques et culturelles, face à celle-ci.
Les lobbys. On -et moi-même, j'en ai conscience- s'exprime mal à ce sujet. Qu'est un lobby? Un groupe organisé de pression politique, économique ou les deux. Il n'y a rien de péjoratif en cela, sauf que ce sont toujours les principes républicains qui trinquent face aux lobbys, quels que soient ces derniers, c'est dommage. Y a-t-il un lobby juif, tel que décrit ci-dessus, en France? Je n'en sais rien. Certains le désignent et l'ont désigné (et non des moindres, tel feu Raymond Barre); d'autres le nient. Moi, personnellement, je n'en sais rien. Cependant, ce que je sais et que personne ne pourra contredire, que tous savent même s'ils n'osent hypocritement le dire, c'est -en France, en tout cas- qu'il y a bel et bien dans les médias, tous les médias, une appropriation de ceux-ci par ceux-là et une sur-représentation de ces Français d'origine ou d'ascendance peu ou prou lointaine juive -ou hébreux, comme on voudra. J'écrirais la même chose si cette sur-représentation-appropriation était le fait de Français d'origine arabe, comme moi par exemple, ou de n'importe quelle origine populaire (au sens de peuple historique ou ethnie, comme on voudra). Là où la polémique naît, c'est qu'on ne se comprend pas quant aux termes usités. Il ne s'agit pas là d'un lobby, comme on pourrait dire d'un lobby des vins de Champagne ou des médecins (oui, le lobby des médecins existent, agit et n'agit pas toujours selon les intérêts de tous). Il s'agit plutôt d'une familiarité, voila le mot, une coterie ... On se coopte, on se favorise, on se promeut mutuellement, on se fait toute la place ou presque, toute la publicité et plus que cela, davantage par le nom et les origines similaires que par le talent réel ou un quelconque mérite. Ce qui étouffe le reste qui est alors rejeté ou presque ... Et comme c'est médiatique (forcément, les médias c'est médiatique), cela est visible, trop même, et cela donne à penser et croire en une quelconque machination d'un quelconque lobby organisé, quand il ne s'agit que de favoritisme "historiquement religieux et/ou culturel" -appelons cela comme ça-, d'"amitiés" fondés sur le clan, voilà. La publicité, l'édition, la presse, la télé, la production, j'en passe, saturées, verrouillées, réservées. Et qui veut y faire sa place, il peut se lever de bonne heure ... Bien sûr, certains, tel Ardisson, la font leur place; il faut bien "lâcher un peu de mou", comme on dit, faire croire que ... On donne même du "mou" à Le Pen, par exemple, histoire de donner le change; ça serait par trop flagrant -et dangereux- si le représentant officiel de cinq millions de Français votants pour lui était totalement absent de ces médias ... Puis ce Ardisson qui ne le cache pas en privé, en public aussi quelquefois -il faut bien écouter-, d'ailleurs, que, sans les "Juifs", il n'existerait pas, médiatiquement s'entend ... A la longue, les haines et ressentiments s'installent et l'on commence de parler de conspiration (juive, forcément), de lobby, de complot ... Combien de fois n'ai-je pas entendu, en privé, dans ce milieu foireux du show-bizness, le monde littéraire surtout, écrivains, éditeurs, même des éditeurs communistes ou se disant tels, discourir de ce "lobby juif qui tiendrait tout le système", et en des termes réellement haineux, antisémites, mais qui, en public, jurent, la main sur le coeur qu'ils haïssent les racistes et, pire, les antisémites, qu'ils sont les meilleurs amis des Juifs et de tout le monde aussi ... Cela me fait bien sourire et j'ai envie de leur cracher à la gueule à ce moment, mais je me contiens, je me civilise ...
Maintenant l'exacerbation antisémite, due à ces scandales financiers internationaux actuels. C'était prévisible, l'exacerbation, non les scandales. Lehman-Brother, Goldmann-Sachs, Morgan-Stanley, Madoff, toutes ces banques immenses et ces personnages impliqués ... Sont-ils Juifs ou non? Ils sont Juifs américains comme Dominique Strauss-Kahn, par exemple, l'est français. DSK, tiens, le FMI, la Finance, tiens tiens, encore un qui se remplit le ventre aux frais du monde, quand dans le même temps on oublie que le précédent président de cet organisme était Péruvien, je crois, et que l'antépénultième, Africain noir ... Voila ce qui se dit et sur lequel on surenchérit d'une façon ou d'une autre, jusqu'à crier haro dans la rue sur le Juif en kippa, petit commerçant ou ouvrier de Sarcelles ou du IXème ... Paranoïa, mais aux effets délétères, comme toutes les psychoses. Là-dessus, que l'on imagine une communauté juive religieuse ou simplement culturelle, dans son ensemble, qui -à tort, c'est mon avis- se replie sur elle, se cache en lieu de faire face, répond à la provocation-accusation et se justifie peu ou prou maladroitement, et la psychose monte d'un cran, le délire se construit et prend forme, et, comme tout délire paranoïaque, il devient "cohérent" pour celui qui le construit et le vit, et, dans une large mesure, puisqu'il est "crédible en son discours", pour ceux qui l'entendent et l'écoutent. Et je ferai grâce d'ajouter à cela la bande de Gaza aujourd'hui qui va amplifiant le délire, la boucle étant bouclée: ils ont pillé les Finances du monde pour tuer les Palestiniens puis les autres, jusqu'au monde ....
On pourrait dire ceci: Juifs, à part faire du fric, vous savez faire quoi? Et de répondre: On sait faire Marx, on sait faire Einstein, on sait faire Kafka, on sait faire Spinoza, on sait faire Maïmonide, on sait faire Moïse, Jésus, on sait faire Freud, on sait faire Anne Frank, on sait faire Schwarzenberg, on sait faire plein plein de chose, il n'y a qu'à ouvrir le dictionnaire ...
Et l'on pourra interroger de même de la sorte chaque peuple, chacun répondra ainsi et des siens citera les meilleurs qui ont contribué et/ou contribuent encore à l'avènement de sociétés et d'un monde qui ne soit pas un vrai merdier d'injustice et d'iniquité.
Aïssa.
Meilleurs voeux, Marie.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 04 janvier 2009 à 22:52
Pour rester dans le sujet, Dieudonné qui tient un commerce odieux (on n'est pas plus responsable de son prénom que de sa religion transmise, serait-elle juive), Surcouf m'a interpellé, en bien. "Si on est juif, on est forcément croyant, donc religieux". Je ne le crois pas. D'ailleurs, plus loin "Pratiquant ou non mais dans tous les cas, croyant". Oui, mais croyant en quoi ? La Torah, rédigée depuis le 5° siècle av J.C., est de rédaction humaine, sur 2 à 3 siècles. Bien sûr, elle enseigne le monothéisme mais surtout une éthique. Les Juifs pratiquants révèrent la croyance en un dieu unique, les juifs agnostiques, laïques donc, sont adeptes de cette éthique, de cette morale et surtout de cette culture. En Israël, les habitants juifs sont en majorité, nationalistes et sionistes plus que religieux. Le judaïsme n'est pas une race ; par son prosélytisme, les petits milliers de Cananéens d'origine avaient converti 10% de la population du monde romain, 10 millions d'individus acquis à ce rationalisme plus évident que le paganisme. Partant, cette religion n'était pas une race pure répartie autour du bassin méditerranéen. C'est l'antijudaïsme chrétien à partir de St Jean Chrysostome qui en a fait la race des déicides. Puis les antisémites après Marh, en 1879, en ont fait une doctrine raciale à des fins politiques. A leur appui, l'endogamie de la population juive de Litvaquie ou d'Afrique du Nord par son isolement obligé amena un phénotype, ce qui n'est pas un génotype ; d'où le triste succès de l'antisémitisme et du génocide européen. Les Tsars avaient montré l'exemple à des fins politiques. Dieudonné tient une boutique d'ignominie, il n'existe pas de religion liée au gène. Mais son talent de bonimenteur s'avère dangereux par sa résonance. Qu'on se le dise et qu'on le fasse fuir comme à Montpellier !
Rédigé par : francis | 04 janvier 2009 à 18:11
Réactions :
Un théâtre de Montpellier vient d'annuler un spectacle de Dieudonné !
Y aura t-il d'autres décisions solidaires ??
Rédigé par : Marie | 03 janvier 2009 à 21:00
Je rêve du jour où l'on considèrera les hommes pour ce qu'ils sont, des êtres humains, et non pour la religion qu'ils ont adoptée ou non.
Mais d'après ce que je viens de lire ce n'est pas gagné.
J'ai beaucoup de tristesse en lisant les propos de certains ici et par les amalgames que j'y ressens.
"Un juif jeune ou vieux, religieux ou laïc", propos relevés ici, me semble quelque chose de bizarre à lire.
Si on est juif on est forcément croyant donc religieux.
On peut être pratiquant ou non mais dans tous les cas croyant.
La laïcité est un état de respect par rapport aux autres formes de pensée.
Là c'est parler d'un juif comme on parle d'un asiatique ou d'un amérindien, un type ethnique en quelque sorte, lâchons le mot horrible, une race.
je crois bien que nombre de problèmes viennent de cet amalgame.
Je ne suis pas anthropologue mais, si les juifs originels furent de type sémite, me semble-t-il, il en est de tout type actuellement comme peut l'être un croyant des autres religions.
Ce n'est pas parce que son ou ses parents pratiquent une religion que forcément on a la même si tant est qu'on en pratique une.
Je sais que la transmission de la croyance par le sang en quelque sorte fait plaisir aux tenants des religions actuelles mais c'est un fait avéré que ce n'est pas le cas.
Par exemple, j'ai été baptisé comme de nombreux enfants français et ceci par pure tradition.
Ne faisant aucune superstition mienne je ne suis donc pas chrétien. La valeur du "sacrement" par moi reçu dans ma prime jeunesse n'ayant à mes yeux aucune signification je ne peux me sentir attaché par une doctrine qui y serait rattachée.
Pour en revenir au propos mis en exergue précédemment cela ferait-il de moi un chrétien laïque ?
Rédigé par : Surcouf | 03 janvier 2009 à 20:38
Merci, Catherine Jacob. Je sais bien que Jacques Vergès n'est pas d'origine musulmane, si c'est cela que vous vouliez dire. Mais il y a des convertis.
Rédigé par : Robert Marchenoir | 03 janvier 2009 à 09:51
"Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".
Rédigé par : pierre | 02 janvier 2009 à 23:10
J'étais réservé quant aux déclarations de Dieudonné, et je le reste encore. En fait, j'ai du mal à comprendre sa démarche et à déterminer quel est son objectif.
Rédigé par : Anne aux Nîmes | 02 janvier 2009 à 23:10
Pardon de m'introduire sans ménagement dans cette assemblée, mais le ton qui y est employé m'a séduit, cherchant désespérément la mesure où je n'entends souvent que fracas des erreurs violentées par les a priori.
Je crois savoir que les cercles privés de la société juive s'inquiètent et déplorent l'absolutisme du Bien, qui les fait considérer par "un certain nombre" comme les fauteurs de l'état de notre société. Ceci est apparu de façon plus complète lors de l'épisode Madoff et a même transparu dans la presse internationale.
Dans ces conditions, Dieudonné devient suspect. La Loi Gayssot permet-elle ou non sa poursuite ? M. l'avocat général, aux termes de votre propos, je ne sais pas si j'ai raison de dire qu'elle permet de poursuivre un négationniste, ça c'est sûr, mais pas l'acte commis par Dieudonné ; c'est bien ce que vous avez dit, n'est-ce pas ?
Dès lors, la loi montre toute l'étendue de sa mauvaise finalité ; atteindre l'opinion et non l'inspiration. Il est vrai que celui qui a donné son nom à la loi, détestable manie française, est un être complexe, dont les errements à propos de G.Frêche laissent un sentiment diffus d'opportunisme. A-t-il été dépassé par son texte ?
On lui doit, c'est certain, ces attitudes de provocation que la loi ne peut pas aborder et où la Justice rouspète en pantalonnant un peu.
Le danger était-il si grand ? Les populations si haineuses ? On n'en a pas l'impression.
Finalement, M. Faurisson est un histrion aussi, mais je me souviens, étant jeune, avoir été puni par un professeur arrogant pour avoir soutenu que Katyn était le fait des Russes.
Rédigé par : Jean Marie | 02 janvier 2009 à 21:48
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache
Un commentaire truffé d'inexactitudes... au moins.
Son antisémitisme qui vous étonne tant remonte à 2003... cherchez pourquoi.
Et puisque la mémoire vous manque, réécoutez le désopilant sketch "Elie et Bokassa".
Rédigé par : saipo | 02 janvier 2009 à 09:55
Vous souhaitez un commentaire, monsieur Bilger !
Dieudonné serait un comique ? se veut « humoriste », peut-être, sans doute... Toutefois, peut-on se moquer ainsi d’une façon aussi insolente, avec autant d’inconvenance des déportés, donc de la « déportation » ? Et de ce que cela représente !
Pourquoi pas diront certains, on se moque bien de la religion ! Religions qui, par ailleurs, furent la cause, à travers les siècles, et encore de nos jours, de nombreuses exécutions, tortures….
Il est évident qu’il y a là une volonté de heurter, de choquer….
C'est lui faire trop d'honneur que de le relever !
Sans vouloir analyser quoi que ce soit, je me suis quand même demandée s’il n’était pas un peu maso ? Ce potache au mauvais goût dans ce désir de scandale… Risquant une mise à l’écart d’autant plus accrue, voire plus, que les gens le jugeraient décidément infréquentable… !
Est-il négationniste ? Je l’ignore ? Je ne connais pas ses textes...
Saul Friedländer, à travers son second livre : « Les années d’extermination. L’Allemagne nazie et les juifs 1939-1945 » a publié une histoire complète des persécutions commises par les nazis contre les juifs. Son 1er volume était consacré aux « années de persécution » (1933-1939)
Pourquoi Faurisson ?
A la demande de Robert Faurisson, Jean-Claude Pressac s’est rendu à Auschwitz pour tenter de démontrer l’inexistence des chambres à gaz ! Il se trouvait alors envahi par le doute…
Il fit des recherches, plusieurs voyages à Auschwitz, consulta de nombreux documents. Il ne s’intéressa qu’à la « technique » d’extermination. Il s’attacha à prouver les conditions dans lesquelles plus d’un million de déportés, juifs pour la plupart, furent gazés puis brûlés…
Il en revint convaincu du contraire.
Il publia les conclusions de ses expertises dans son livre « Auschwitz. Technique and operation of the gas chambers» en 1989. Pressac réfuta non seulement les thèses négationnistes mais fournit au-delà également de précieux renseignements sur les techniques et l'organisation du génocide par les nazis. Son livre « Les Crématoires d’Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse », paru en 1993, expliquait au public le fonctionnement des crématoires d'Auschwitz et démontra l'implication de certaines entreprises allemandes dans la solution finale orchestrée par les nazis….
Alors, pourquoi Faurisson ??
Il me plaît à penser, qu'après les recherches de Pressac entre 1980 et 1993, qui l'amenèrent à rejeter le négationnisme, puis récemment l'immense travail d'investigation de Saul Friedländer, son second volume est paru en février 2008, sur les années d'extermination, que cette mascarade de fort mauvais goût, ne fut en réalité qu’un « foutage de gueule », qu'un bras d'honneur à tous ces négationnistes et qu’en définitive, Dieudonné s’est, publiquement, "payé la tête" de Faurission, tel l’entarteur si ce soir là, il s'était trouvé au zénith.…
On peut bien rêver à l'aulne de cette Nouvelle Année, que je souhaite heureuse et fort douce à toutes celles et à tous ceux qui viennent se "rafraîchir" les neurones dans les eaux parfois "geyserisées", tumultueuses de la source Bilger... !
Bonne Année à vous !
Rédigé par : Marie | 02 janvier 2009 à 09:54
@Laurent Dingli : lorsque l'on souhaite publier le commentaire, je tombe sur une page de "hiéroglyphes". Peut-être que ce bug est terminé aujourd'hui ?
Rédigé par : Nathalie | 01 janvier 2009 à 22:34
@Véronique
"@ Aïssa
Je vous souhaite à mon tour une très belle année ainsi qu'à tous ceux et à toutes celles qui viennent ici lire Philippe."
PB et... vous-même aussi peut-être? Non?
Personnellement je souhaite une assez (soyons modestes) bonne année à tout le monde, ce qui vaut mieux qu'une mauvaise à défaut d'une très bonne, vu que ce matin nous avons déjà appris un décès, une hospitalisation en soins palliatifs et une grossesse extra utérine à propos de laquelle le service d'urgence contacté a lancé à tue-tête à son confrère : "C'est encore un connard qui appelle parce que sa femme a fait un oeuf blanc !" Précisons que le service s'est malgré tout déplacé pour... 'voir si c'était vrai'! et que la 'femme du connard' a dû subir le soir même une ablation de sa dernière trompe valide !
Rédigé par : Catherine JACOB | 01 janvier 2009 à 16:09
@ Aïssa
Je vous souhaite à mon tour une très belle année ainsi qu'à tous ceux et à toutes celles qui viennent ici lire Philippe.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 01 janvier 2009 à 10:15
@Robert Marchenoir
"Au fait, j'ai lu sur un blog américain, habituellement bien informé, que Vergès était musulman (ce qui expliquerait bien des choses). Quelqu'un saurait-il si c'est exact?"
"Jacques Vergès est un avocat français né d'un père réunionnais et d'une mère vietnamienne le 5 mars 1925 à Ubon Ratchatani au Siam (actuelle Thaïlande).[...]Fils de Pham Thi Khang, institutrice vietnamienne (annamite), et du docteur Raymond Vergès, consul de France dans sa ville natale, il est le frère de l'homme politique Paul Vergès.[...]Communément nommé Raymond Vergès, Marie Adolphe Raymond Vergès était un ingénieur, médecin et homme politique de l'île de La Réunion. Né le 15 août 1882 à Saint-Denis et mort le 2 juillet 1957 dans la même commune"
dixit Wikipédia à cette adresse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Verg%C3%A8s
Rédigé par : Catherine JACOB | 01 janvier 2009 à 01:33
"Il y a du Vergès dans cet homme-là."
Bien vu.
Au fait, j'ai lu sur un blog américain, habituellement bien informé, que Vergès était musulman (ce qui expliquerait bien des choses). Quelqu'un saurait-il si c'est exact?
Rédigé par : Robert Marchenoir | 31 décembre 2008 à 19:56
@ Daniel Ciccia
Merci, je vous renvoie le compliment pour vos derniers commentaires toujours aussi construits et argumentés.
@ Nathalie,
Quel est le problème que vous avez rencontré avec les commentaires de mon blog ?
@ Aïssa Lacheb-Boukachache,
Vous me connaissez mal si vous pensez que j'ai un instant le moindre désir de vous fusiller sur-le-champ (au sens figuré cela s'entend). Il faut se méfier des apparences et de ceux qui sont trop rapidement avec vous à tu et à toi. Nous avons peut-être, sur certains points, plus de similitudes que vous ne le pensez. Et j'ai par ailleurs souvent beaucoup de plaisir à vous lire.
@ Cher Philippe, vous écrivez notamment
« J'ai toujours trouvé scandaleux le procès fait à François Mitterrand au sujet de Bousquet. Les ressorts du coeur et de l'esprit ne passent pas obligatoirement par l'éthique et une page noire peut ne pas faire oublier les autres ».
A première vue, et d’une manière générale, on ne peut qu’être d’accord avec vous. Chacun en effet est libre de choisir ses affections comme il l’entend et sans que l‘ami corresponde aux références éthiques du moment. Je me souviens à ce propos de la déclaration d’un homme pour qui vous n’avez pas, je crois, une admiration sans bornes : Alain Delon. Il y a un certain temps déjà, il disait être l’ami de Jean-Marie Le Pen dont il ne partageait pas cependant les idées (il appelait alors à voter pour Raymond Barre). On pourrait encore évoquer Me Jacques Vergès et ses amis khmers rouges… Ce sont là en effet des questions privées qui ne regardent personne. Dieudonné a choisi Le Pen comme parrain de sa fille ? La belle affaire. Il aurait pu tout aussi bien adopter le perroquet de Goebbels ou le caniche de Staline, on s’en moque.
Mais il en va tout autrement lorsqu’il s’agit d’un président de la République française et que l’ami en question a été l’acteur de l’un des plus grands crimes de l’Histoire humaine. Je ne discute pas les affections particulières de feu Mitterrand - s’il avait plaisir à fréquenter l’homme qui a organisé la rafle du Vel’d’Hiv’ et contribué activement à la « solution finale de la question juive», c’était en partie son problème ; mais comme le même Mitterrand, de par sa fonction, était censé incarner la République française et que, par ailleurs, lui et sa majorité se posaient constamment en référence morale, claironnant avec leurs séides de Touche pas à mon Pote et autres croisés de SOS Racisme, leur sainte indignation contre la bête immonde, l’opinion publique, dis-je, était tout à fait en droit de s’interroger sur la piteuse contradiction qui existait entre les discours et les actes. On sait que Machiavel-Mitterrand avait poussé le cynisme jusqu’à inviter le docile Attali à la même table que Bousquet. Très drôle en effet… (Il me semble de mémoire que le beau-frère Roger Hanin, alias Navarro, a eu plus de mal à avaler la plaisanterie). On dirait presque du Dechavanne invitant des nazillons et des activistes juifs pour s’étriper sur un plateau de télévision afin de faire monter l’audimat. Certes, les motivations du ci-devant « Dieu » n’étaient pas bassement mercantiles et ce grand esprit, qu‘entourait un cohorte d‘affairistes, de médiocres littérateurs et de vils courtisans, peuplait souvent de très hautes sphères. Encore que, de l’aveu même de Mitterrand, le grand humaniste Bousquet avait contribué à financer une partie de la gauche française : Le choc fut rude pour quelques idéalistes sincères qui durent dégringoler du septième ciel mitterrandien, tel votre humble serviteur. Pour prendre une autre référence triviale qui m’amuse assez, Mitterrand drapé dans sa robe blanche de vierge me fait penser au Galabru de la Cage aux Folles, défenseur de l’Ordre Moral, qu’on retrouve maquillé dans les bras d’un travesti. Vous vous souvenez que nos compères socialistes affichaient à l’époque une moue dégoûtée, non pas seulement lorsqu’ils parlaient de l’extrême droite, mais même de la droite républicaine. Mais le pire c’est que les mêmes disaient, comme l’on rend une ordonnance, qui avait été collaborateur et qui ne l’avait pas été. Vous voyez de qui je veux parler. Il y a tout de même des limites à l’hypocrisie et à l’imposture. Ou, non, plutôt, il n’y en a pas.
Rédigé par : Laurent Dingli | 31 décembre 2008 à 19:56
Il y a des mois, lorsque écoutant sur Inter tôt le matin notre cher PB, je l'entendis prononcer ce mot "frères en humanité" puis répondre en touillant à une question de Nicolas Demorand quant à Claire Chazal qu'il éreinterait sur son blog, je me suis dit, tiens tiens, intéressant, allons-y voir ce blog... Depuis, j'y suis resté car je l'ai trouvé des blogs un de ceux les plus intéressants, tant par la qualité des billets initiaux de notre hôte que par celle non moins pertinente de beaucoup de commentateurs habitués ou occasionnels. J'ai conscience d'avoir énormément écrit ici et je ne le regrette pas. Je suis surtout heureux d'avoir pu lire Cathy... euh Catherine Jacob, J.D.Reffait, sbriglia, Daniel Ciccia, Véronique, ce sacré Erig, Duval Uzan, même L.Dingli qui me fusillerait sur le champ, puis d'autres un peu moins constants, certes, mais souvent intéressants... Je fais comme un petit bilan de ma modeste contribution à cet espace de liberté et d'intelligence, et, dans l'ensemble, je pense ne pas avoir été trop mauvais. J'ai aussi appris, grâce à ce blog, à me contenir dans la forme sans me renier sur le fond. Ce fut difficile, mon tempérament... Aussi à comprendre les uns et les autres et ce qui peut les motiver à défendre tel ou tel point de vue. Il n'y a pas d'écrivain qui ne soit avant un grand lecteur. Ici, ce furent pour moi de grands moments de lecture et j'en remercie les auteurs. PB est un homme heureux. C'est pourquoi je lui dis ceci: Il n'y a point d'homme heureux qui ne soit généreux. Comme en retour il n'y a point de malheureux qui ne soit ténébreux. De ce constat, on peut juger des choses différemment. C'est ainsi que j'imagine le monde et, pour moi, l'imagination est plus importante que le savoir. A toutes et tous, je souhaite mes voeux les meilleurs et si pour l'an qui vient nous ne sommes pas plus nombreux, qu'au moins la vie fasse que nous ne soyons pas moins...
Aïssa
Et moi ossi je vous souhaite une bone année. Ma copine ma plaqué mais j'm'en fous j'en ai une autre. Et des fois jreviendré pour surveilé si vous dite des chose sur nous les prison et tou j'ai lu je surveile, je sui pa bète.
Antoine 12 ans
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 31 décembre 2008 à 17:21