Dieudonné au Zénith
Le 26 décembre, au Zénith, Dieudonné a fait fort, très fort.
Je n'ai pas voué, depuis quelques années, Dieudonné aux gémonies contrairement à tant d'autres pour qui il était devenu un pestiféré. Je me suis réjoui de ses succès judiciaires et je n'ai jamais tourné en dérision ses combats qui, tous, de l'esclavage, cette grande cause douloureuse, au conflit israélo-palestinien, avaient trait à la défense fanatique de la liberté d'expression. Certains de ses propos sulfureux avaient été poursuivis mais, en les justifiant, il continuait dans la même veine. Derrière le bateleur, il y avait le militant. Rien de ce qu'il accomplissait et proférait ne laissait indifférent.
J'avais été frappé, lors d'une émission de Frédéric Taddéï consacrée aux humoristes, par le fait que les présents - Romain Bouteille, Rolin, Alévêque, Bruno Gaccio, etc -, en face de Dieudonné, ne mégotaient pas son importance et rendaient hommage à sa manière d'assumer les défis sur les thèmes les plus sensibles qui soient. En tout cas, nulle défiance et nul rejet de leur part.
Dieudonné, au Zénith, devant 5000 spectateurs dont Jean-Marie Le Pen et son épouse, des adhérents du Front National, Kémi Séba, Robert Faurisson, ancien maître de conférence à l'Université de Lyon 2, négationniste convaincu et déjà condamné à ce titre et, aussi, Julien Lepers, a donné son spectacle : J'ai fait l' con.
Il a fait ovationner Faurisson, l'a embrassé et c'est l'un de ses techniciens déguisé en déporté juif qui a remis à ce dernier "le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence". Faurisson lui signalant que "ce soir, tu es vraiment en train de faire le con", Dieudonné M'Bala M'Bala répliquait que "votre présence ici et notre poignée de main sont déjà un scandale en soi ", en ajoutant : "Déconnons et désobéissons le plus vite possible".
Les médias - notamment le Parisien et le Journal du Dimanche, les sites du Nouvel Observateur, du Figaro et du Post - ont traité ce "dérapage" sans le minimiser. Le JDD rapportait cette explication de Dieudonné : "Pas d'accord avec toutes les thèses développées par le négationniste mais pour moi c'est la liberté d'expression qui compte".
La ministre de la Culture, Christine Albanel, comme il se doit se déclarait "consternée" et dénonçait une atteinte à la mémoire.
Je voudrais déjà éliminer des éléments qui n'ont rien à voir avec le fond de cette polémique. On a le droit d'aimer les spectacles de Dieudonné. Il est libre de choisir Le Pen comme parrain de sa fille. Il est libre d'avoir Le Pen pour ami. Certains, dont je suis, n'ont pas forcément pour habitude de faire dépendre l'amitié de la qualité morale et idéologique du partenaire. On peut détester les idées ou les absurdités de quelqu'un sans avoir à s'excuser si on le choisit pour ami superficiel ou intime. J'ai toujours trouvé scandaleux le procès fait à François Mitterrand au sujet de Bousquet. Les ressorts du coeur et de l'esprit ne passent pas obligatoirement par l'éthique et une page noire peut ne pas faire oublier les autres.
Pourquoi à la suite de cette représentation éprouve-t-on tout de même un vrai malaise ?
Pour vouloir défendre la liberté d'expression d'un négationniste, que la mauvaise loi Gayssot permet de poursuivre, faut-il entonner un péan en faveur de celui-ci et le placer sur un pavois qui offense sûrement sans mieux préserver le principe ? Doit-on, parce qu'en effet, de nos jours, le négationnisme est "l'opinion la plus infréquentable et la plus insolente", en tout cas la plus monstrueusement stupide, offrir à Faurisson une éclatante lumière dont il semble lui-même avoir été gêné ? Notre ferveur démocratique pour la liberté d'expression doit-elle dépasser ce qu'une sauvegarde, même extrême, de celle-ci appellerait ? A l'évidence, non.
Cette illustration scandaleuse est aggravée par la confrontation entre Faurisson, qui reçoit le prix, et le technicien, faux déporté juif qui le lui remet. Il n'est même plus question, dans cette relation choquante qui pousse jusqu'au délire les élucubrations d'un esprit dissident, du problème de la liberté mais de l'aptitude à la décence. Faurisson ne suffisant pas, on dévaste encore plus la mémoire, on agrandit la plaie avec cette pantalonnade ridiculisant la tragédie en la ravalant au rang d'une Cérémonie des César ! Devant l'incrédule, on présente un homme simulant un déporté. C'est pour rire. Mais, alors, ce n'est plus la censure qui est la cible mais la souffrance et la mort. Et Dieudonné nous devient, soudain, étranger.
Si je n'avais pas longtemps suivi avec sympathie le parcours intellectuel et judiciaire de Dieudonné avec ses pépites, ses courages et ses provocations, je ne serais pas inquiet pour lui comme je le suis aujourd'hui. Il me semble qu'il a franchi une frontière, une ligne jaune, moins celle qui sépare une liberté erratique d'une liberté honorable que celle qui déconnecte totalement un tempérament, une personnalité de la cause estimable qu'il a pu défendre. Dieudonné "fonctionne" en roue libre, poussé par les orages et les paradoxes de son propre être, plus désireux de "déconner", de provoquer que de se battre comme son intelligence, dans tel ou tel débat, savait si bien le faire en argumentant. Dieudonné ne sait plus s'arrêter et il est en train de faire perdre à la cause de la liberté tout le bénéfice qu'à sa manière il lui avait apporté. Il s'amuse, certes, mais c'est une dérive. Il choque mais c'est une faute. Il n'est plus maître d'une mécanique humaine qui a quitté le terrain de la conviction pour celui de la pulsion instinctive, irréfléchie et presque suicidaire de soi. La vie intellectuelle devient une immense plaisanterie. Une esthétique du pied de nez. Il y a du Vergès dans cet homme-là.
Ce qui me navre, c'est que dans un monde aussi étroitement verrouillé par le totalitarisme du Bien, j'aurais pu comprendre à la rigueur les pires débordements protestataires pour casser le savoir-penser et le savoir-dire. Mais, par cette péripétie, Dieudonné s'enferme, ne nous rejoint pas. Cette démarche autarcique est d'autant plus absurde en l'occurrence qu'aucune qualification pénale n'est applicable à cette péripétie, en dépit de l'enquête qu'évidemment, de manière symbolique, le Parquet de Paris a ordonnée - on ne sait jamais et cela fait bien ! - et conformément à l'avis juridique plein de mesure et de bon sens donné par Serge Klarsfeld.
Il n'est plus d'aucune utilité pour la liberté. Il a brûlé toutes ses cartouches. Au zénith, pour le pire.
Monsieur l'Avocat général,
Je ne suis pas l'amant de la loi dite "Gayssot", mais est-il souhaitable que celui qui requiert en son nom la critique ?
Le ministère public n'est-il pas tenu d'une nécessaire neutralité à l'égard des textes dont il réclame l'application ?
La défense dite "de rupture" se conçoit lorsque l'on sert les intérêts d'un client. On peut trouver la mise en cause plus contestable du côté de celui qui requiert.
Cela dit, je tiendrai toute justification fondée sur la liberté d'expression pour fondé, s'il prend place dans vos futurs réquisitoires.
Rédigé par: Jules (de diner's room) | 28 décembre 2008 at 22:40
Dieudonné est un provocateur. C'est un évidence reconnue par tous. Il veut choquer, c'est réussi. L'étonnant est le relais médiatique qu'il obtient. C'est ce qu'il souhaite. Il piège la presse et les commentateurs: en parler, c'est faire son jeu, le transformer en victime du lynchage médiatique qu'il a provoqué; l'ignorer, c'est être accusé de laisser faire, de ne pas s'indigner à ses facéties provocantes et, à bien des égards, ignobles.
Je ne suis pas certaine que relayer, dans les médias, les pitreries de ce personnage soit souhaitable. Cela ne peut que l'inciter à pousser plus loin encore, la fois suivante, la provocation qui sera à nouveau relayée par les médias. Ceux-ci, en l'étrillant dans leurs commentaires, finiront par le rendre sympathique aux yeux d'une partie de l'opinion.
Rédigé par: anne L | 28 décembre 2008 at 22:58
Ha oui, j'en ai entendu parler et sur 20minutes ils montrent la vidéo du spectacle où on voit et on entend les personnages de cette histoire se poser en martyr de la liberté de parole etc... devant une salle qui applaudit beaucoup. Il n'y avait pas que Le Pen qui applaudissait et riait. Mais qui donc s'est déplacé à ce show ? Ses amis, ses partisans ? Il en a donc tant que cela ?
Rédigé par: Nathalie | 29 décembre 2008 at 07:52
Effectivement, je pense qu'il n'est pas utile de relayer ce "scandale" fabriqué de toute pièce par Dieudonné, que j'ai fini de respecter depuis un peu plus longtemps que vous, maître.
Vous dites à juste titre que l'amitié n'est pas indexée sur l'idéologie du partenaire. Certes. Mais l'amitié peut-elle être réelle et nommée de ce nom lorsqu'elle est utilisée ainsi à des visées médiatiques et propagandistes ?
Est-ce "Dieudo" qui utilise ces symboles, ou est-ce le citoyen M'Bala M'Bala ?
Aujourd'hui, l'un comme l'autre ont montré leur vrai visage.
Rédigé par: El Desdichado | 29 décembre 2008 at 07:52
Cher Philippe,
La question que vous posez est très pertinente;il semble que la justice soit plus efficace pour défendre certains genoux,certaines fesses que la mémoire.
Pourquoi la justice n'a pas rendu la tête
du jeune Naouri à la Nouvelle Zélande?
Vous trouvez cela correct par rapport à
ce pays? Moi, non.
françoise et karell semtob
Rédigé par: semtob | 29 décembre 2008 at 07:53
Je trouve au contraire nécessaire de discuter de son attitude, que cela soit dans les médias ou ici.
Le personnage de Dieudonné ne m'inspire aucune sympathie de par l'outrance dans le propos qui me semble plus desservir sa cause que le contraire.
Cependant recourir au lynchage systématique est, me semble t-il, une attitude toute aussi outrancière que celle de monsieur M'Bala M'Bala.
A mon avis, cet homme est pris à son propre jeu et y a perdu son âme.
Blâmer est une chose tirer sur l'ambulance une autre.
Rédigé par: Surcouf | 29 décembre 2008 at 07:53
Je viens de faire un commentaire élogieux de Dieudonné sur votre bloc, la censure n'existe pas encore ici je pense.
Rédigé par: le justicier | 29 décembre 2008 at 07:53
Dieudonné continue tu es trop fort, c'était un moment d'anthologie. Continue comme cela. Ils sont les poils qui sortent ; ils ont voulu museler la vérité mais n'y ont pas pu !!!
Force et Courage à toi
Rédigé par: le justicier | 29 décembre 2008 at 07:54
Lorsque le clown devient sinistre, ou ne fait rire que ceux qui ne sont que le reflet de sa médiocrité —car l'humour est d'abord la mise en scène de soi— il devient urgent pour lui de songer à autre chose. Animateur des meetings d'un parti extrême par exemple, où il serait à sa place, car ce qu'il nous montre là n'est pas autre chose, loin, très loin d'un spectacle comique.
Comme il est loin, en effet, le Dieudonné qui avait de l'humour, parti sans doute dans une espèce de galaxie dont on ne revient pas et où je le laisse volontiers errer sans m'en préoccuper.
Il ne mérite qu'indifférence. Le pourfendre c'est lui permettre de s'auréoler d'une prétendue persécution. Le museler c'est nous marquer du sceau de l'intolérance. Nous en offusquer c'est lui prouver que son but est atteint.
Il ne mérite que dédain, tel un bouffon jeté dans les oubliettes de l'histoire lorsqu'il ne faisait plus rire son roi.
Rédigé par: Patrick PIKE | 29 décembre 2008 at 07:54
Je n'ai jamais voté Le Pen et je ne voterai jamais Le Pen et pourtant j'étais moi au Zénith, vous insinuez ainsi que je suis d'extrême droite ?
Enfin je vous laisse dans vos subordinations.
Cette remise de prix était pour mettre une "quenelle jusque là" aux médias.
Courage Mr M'bala M'bala.
Rédigé par: le justicier | 29 décembre 2008 at 23:13
Vrai que Dieudonné déborde. Je ne comprends cet acharnement qui est le sien à "bouffer du Juif" ... Dans quel dessein encore? Qu'est-ce qu'il y aurait de moins avouable, derrière cet "humour"? Ou n'y a-t-il rien, tout simplement qu'une terrible idée fixe, une obsession. Ce que vous prenez pour de la liberté d'expression, mon cher PB, n'est rien autre qu'un long ressentiment qui ne veut -ou ne peut- s'éteindre. A l'origine, il y avait Elie et Dieudonné, un duo comique assez bon, ma foi ... Puis, subitement, Dieudonné a disparu pendant que dans le même temps Elie occupait seul toute la place, tout l'écran. Pourquoi l'un et pas l'autre? Pourquoi lui et pas moi? c'est ce qu'il s'est dit légitimement, l'autre. Je suis aussi bon que lui sur scène voire meilleur, pourquoi lui et pas moi?
On sait bien combien de nombreux "artistes" profondément médiocres et usurpateurs, tous arts confondus, sont "fabriqués" par les médias. On sait bien combien les foules qui se pressent à les louer sont conditionnées par ces mêmes médias.
La suite, on la connaît: Il n'y en a que pour eux ... Eux? Les Juifs, avec leurs réelle puissance médiatique qui vous fait et/ou vous défait ... A partir de ce constat, Dieudonné a compris que le système était verrouillé par ceux-là et que si il voulait, lui aussi, exister artistiquement, il lui fallait l'attaquer de front, les attaquer de front, sans reculer devant rien. Et il n'a reculé devant rien, jusqu'aujourd'hui encore. On peut dire que c'est un succès puisque de l'oubli médiatique où, dès l'origine il fut voué au profit de son compère Elie, il est maintenant plus que jamais au Zénith, ce zénith ... Il a défoncé une porte verrouillée, et maintenant qu'il se trouve à l'intérieur, il continue de piétiner et tout détruire jusqu'au sacré ... L'élan doublé de colère enivre aussi. Que ne s'arrête-t-il maintenant, Dieudonné, de cet antisémitisme du ressentiment? Il a fait beaucoup pour la cause de tous, même celle des Juifs, paradoxalement. On peut lui dire merci. Sans lui, jamais d'Harry Roselmack au journal de 20 heures TF1, point d'Audrey Pulvar elle qui ramait de trouver un simple emploi de pigiste, encore moins d'Abd al Malik tout mielleux, dégoulinant de bons sentiments, quelques exemples parmi tant d'autres ... Dans le fond, c'est le lobby juif des médias français qui porte toute la responsabilité de cela, ce lobby qui ne vit pas, Juifs pareils les autres de France et du monde, avec les mêmes vies, les mêmes soucis, dans les tristes HLM de Sarcelles, qu'on le dise ... L'art, c'est tous qui ont un talent, ce n'est pas chose héréditaire voire consanguine ... La chose publique, autrement dit la République, comme son nom l'indique est chose publique; elle n'est pas chose juive ni chose autre. Et l'art est à sa façon une chose publique. Maintenant, Faurisson ... Oui, Faurisson, le négationisme en fait. Ce qui ne cesse de m'étonner, c'est qu'on ne pose jamais les bonnes questions. Ainsi, où sont les négationnistes de l'esclavage des Noirs? Je n'en vois point. Où sont les négationnistes du génocide amérindien? Les négationnistes des tortures en Algérie et, plus généralement, de tous les massacres de cette période en Algérie? Les négationnistes de la Saint-Barthélémy? Les négationnistes du martyr des premiers Chrétiens? Les négationnistes des génocides des Papes chrétiens? Les négationnistes de Verdun, du Chemin des Dames? Les négationnistes de Nankin, d'Hiroshima, Nagasaki? Etc. Où sont-ils? Comment ont-ils réussi ce tour de force, les intellectuels Juifs et, plus généralement, les Juifs en leurs diverses communautés dans le monde et même Israël, de permettre qu'un tel doute s'installe dans l'esprit des gens? qu'on puisse gloser là-dessus pour le nier? qu'un tel négationnisme d'une chose aussi frappante dans sa médiatisation comme dans son évidence, son horreur et son ampleur, puisse être? Ce constat m'interpelle davantage que tout le reste, qu'il ait lieu en public dans un Zénith ou dans l'esprit détraqué de quelques-uns peu ou prou anonymes ...
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 29 décembre 2008 at 23:16
Reprenez-vous.
Comment peut-on encore jouer avec les mots "suivre avec sympathie le parcours..." Dire tout cela pour aboutir à une conclusion comme "il a brûlé toutes ses cartouches" !
Ne trouvez-vous pas qu'il est discrédité depuis bien longtemps ?
Ne diabolisons pas M.Dieudonné, c'est inutile.
Les faits suffisent : un plateau télé, une scène, des mots, une situation...
Cela ne sert à rien de commenter. Souvenez-vous de ces années 80-90 où l'on a commenté les propos de M. Le Pen...
Agissons. Il me semble qu'il y a des lois.
Si quelqu'un franchit la ligne, une seule réponse : la loi.
Pas de commentaire. C'est trop d'honneur...
Rédigé par: jaunetnoir | 29 décembre 2008 at 23:17
Au nom de la liberté d'expression, on peut rire de n'importe quoi mais pas avec n'importe qui. Ces "n'importe qui", Dieudonné les avait conviés par dilection pour célébrer sa saillie qui n'a rien d'humoristique. Au nom de l'humanisme, qu'il n'en soit un fait publicitaire pour attirer et encore moins une action judiciaire pour repaître les médias. Un triste haussement d'épaules suffit, le mépris !
Rédigé par: francis | 29 décembre 2008 at 23:20
Je suis en tous points d'accord avec votre billet, jusqu'à l'incompréhension finale.
Pour moi, Dieudonné reste le plus talentueux, et de très loin, de sa génération, celui qui manipule la causticité la plus inquiétante, et je ne parviens donc pas à le désaimer. Je ne comprends plus, tout en m'efforçant de comprendre, il y a sans doute une intention cachée, mais je ne la saisis pas. Faire remettre un prix par l'image d'un déporté à celui qui nie l'horreur de l'extermination va au-delà de la provocation : qui est ignoble dans cette mise en scène ? Certainement pas l'image du déporté, donc, par voie de conséquence, c'est Faurisson qui nous est présenté par Dieudonné comme l'ignoble, l'infréquentable et qu'il décide donc de fréquenter en raison même de son ignominie. Il y a là un début de leçon, mais qui n'est pas terminée : voyez ce Faurisson, il accepte un prix des mains du fantôme dont il nie l'existence, n'est-il pas abject ? Et tout abject qu'il soit, je l'étreins !
A quelques mois de distance, Dieudonné étreint sur scène Elie Seimoun et Faurisson, le bonhomme est bien plus complexe que les raccourcis de ses sinistres farces le laissent imaginer.
Parce que je persiste à apprécier Dieudonné, j'aimerais mieux cerner ses intentions et, comme vous, je suis inquiet pour lui.
@Le justicier
Nulle vérité chez Faurisson, imposteur qui s'est institué historien sans en avoir les titres et la méthode. Depuis plus de 20 ans, époque où Faurisson a publié ses prétendus travaux, des milliers de nouvelles preuves, issues de l'ex-URSS et de ses anciens satellites, ont démontré l'étendue de la solution finale.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 29 décembre 2008 at 23:21
"Certains, dont je suis, n'ont pas forcément pour habitude de faire dépendre l'amitié de la qualité morale et idéologique du partenaire. On peut détester les idées ou les absurdités de quelqu'un sans avoir à s'excuser si on le choisit pour ami superficiel ou intime. J'ai toujours trouvé scandaleux le procès fait à François Mitterrand au sujet de Bousquet. Les ressorts du coeur et de l'esprit ne passent pas obligatoirement par l'éthique et une page noire peut ne pas faire oublier les autres."
S'agissant de Mitterand et de Bousquet, il me paraît difficile de prétendre qu'il a pu s'agir d'une amitié dénuée de tout ressort de parenté spirituelle. Si cela avait été le cas l'un n'aurait pas financé la campagne électorale de l'autre et ce n'est pas parce que Georges Dayan a dû au second d'être sauvé d'agressions antisémites, que celui qui fut "le plus jeune ministre de France avec le portefeuille des Anciens Combattants" a pu ignorer ou méconnaître le détail des activités du Secrétaire général de la police de Vichy pour ne retenir que "le titulaire de la médaille des belles actions et le héros national qui a sauvé personnellement de la noyade plusieurs dizaines de personnes à l'occasion de terribles inondations ayant ravagé le Sud-Ouest", ceci dit pour revenir aussi sur la problématique de l'héroïsme telle qu'elle définit d'autres normes pour le héros que celles qui s'appliquent au citoyen lambda et préciser qu'il y a sans doute aussi des règles différentes pour les hommes publics quand ils affichent leurs amitiés et y asservent la puissance publique que celles qui s'appliquent à l'homme de la rue, mais c'est pour dire qu'elles se doivent d'être plus contraignantes à proportion et non pas plus laxistes comme c'est hélas le cas de figure le plus répandu.
S'agissant d'avocat général qui serait le grand ami d'un avocat que sa déontologie contraint de défendre aussi bien le coupable que l'innocent, la victime que l'agresseur, c'est une autre paire de manches dans la mesure où une telle situation n'est pas susceptible d'exercer une influence dans un sens ou dans l'autre si d'aventure ils devaient se trouver professionnellement opposés et dans la nécessité de défendre des intérêts contradictoires à l'occasion d'une même affaire.
Maintenant la question de savoir pourquoi nous sommes souvent portés vers la compagnie d'êtres qui nous sont nocifs, c'est une question aussi vaste que celle de l'amour et qui ne souffre pas davantage l'intrusion d'un oeil inquisiteur...!
Rédigé par: Catherine JACOB | 29 décembre 2008 at 23:24
J'ai bien peur, Philippe, que la sympathie que vous inspiraient le parcours et les épisodes judiciaires de Dieudonné que vous perceviez comme autant de combats gagnés pour le camp de la liberté d'expression, ne vous ait aveuglé.
Tant la transgression du "totalitarisme du Bien", pour reprendre votre expression, trouve de toute façon faveur à vos yeux.
Pardon de le dire brutalement.
Je résumerais ainsi la fascination que vous inspirait un Dieudonné : qu'importe les mots ou les images, Dieudonné transgressait. C'est ce qui compte !
Dieudonné est un camé à l'antisémitisme comme d'autres le sont à l'alcool ou à l'héroïne. Pour se tenir debout ils ont besoin de leur poison. De plus en plus puissamment. Impérieusement, obsessionnellement.
Rien de remarquable, ni de respectable dans tout cela. Le combat pour la liberté d'expression n'est pas un concours de provocations destinées à passer et à repasser en boucle dans les medias. Ce chemin de vérité intellectuelle entre soi et soi est plus âpre, plus ingrat et plus obscur.
Ce spectacle de Dieudonné n'est même plus affligeant. C'est devenu le spectacle du désastre d'un homme qui est dominé, rongé et miné par son état de manque permanent de sa dope de l'ignominieux.
Sans cette béquille, il n'est simplement plus rien.
Et si vous saviez combien on s'en tape que Dieudonné soit ami avec Jean-Marie Le Pen. Ou avec qui que ce soit, du reste.
Rédigé par: Véronique Raffeneau | 29 décembre 2008 at 23:26
Journalistes, "têtes pensantes" expliquent jour après jour, dans tous les médias, que la TRANSGRESSION de tous les tabous est la plus noble des activités de l'esprit humain. Dès lors comment s'étonner que des esprits faibles les prennent au mot, dans les salles de spectacle ou les cimetières... et les cris d'orfraie des bien-pensants prouvent qu'ils ont visé juste ! Qui sème le vent finit un jour par récolter la tempête...
Rédigé par: guzet | 29 décembre 2008 at 23:27
"Il (=Dieudonné) a fait ovationner Faurisson, l'a embrassé et c'est l'un de ses techniciens déguisé en déporté juif qui a remis à ce dernier "le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence". Faurisson lui signalant que "ce soir, tu es vraiment en train de faire le con", Dieudonné M'Bala M'Bala répliquait que "votre présence ici et notre poignée de main sont déjà un scandale en soi ", en ajoutant : "Déconnons et désobéissons le plus vite possible"."
Commme vous le rappelez également, "Il (=Dieudonné) précise néanmoins que cela ne constitue pas une adhésion aux thèses de l'auteur, mais au contraire un rappel du principe voltairien que toute opinion, aussi sulfureuse soit-elle, doit pouvoir s'exprimer. "(Cf. Wikip.) : [« “Je (=Dieudonné) ne suis pas d’accord avec toutes ses thèses. Il nie par exemple la traite des esclaves organisée depuis l'île de Gorée, au large de Dakar. Mais pour moi, c’est la liberté d’expression qui compte », Journal du Dimanche du 28 décembre (rappel : Le Monde daté du 28 est imprimé le 27) ]
Le problème apparaît donc en effet être celui-ci : "Pour vouloir défendre la liberté d'expression" jusque dans les cas où une loi "permet de poursuivre, faut-il "aller jusqu'à "entonner un péan en faveur "d'un négationniste "et le placer sur un pavois qui offense sûrement sans mieux préserver le principe ? Doit-on, parce qu'en effet, de nos jours, le négationnisme est "l'opinion la plus infréquentable et la plus insolente", en tout cas la plus monstrueusement stupide, offrir à Faurisson une éclatante lumière dont il semble lui-même avoir été gêné ? Notre ferveur démocratique pour la liberté d'expression doit-elle dépasser ce qu'une sauvegarde, même extrême, de celle-ci appellerait ?"
Vous développez là une problèmatique qui pose accessoirement la question de l'absolu, de l'incontrôlable, de ce "qui existe indépendamment de toute condition ou de tout rapport avec autre chose"(déf. du p. Robert), ainsi que celle de la provocation. Les libertés publiques demandent-elles pour être utilement défendues, de l'être sans limites ni bornes aucunes, autrement dit jusque dans la provocation telle que celle-ci ne saurait qu'ajouter aux blessures d'autrui?
Vous répondez : "A l'évidence, non." tout en subordonnant néanmoins la blessure infligée à l'un par l'exercice de sa liberté par l'autre à la limite tracée par une loi même mauvaise, mais on n'en attendrait pas moins de vous qui par ailleurs vous placez également sous l'égide de cette fausse citation : «I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it» attribuée à Voltaire par un auteur anglais femme.
Vous vous situez donc au coeur de ce noeud qui trouve peut-être une explication dans cette citation mise par Goethe dans la bouche de Méphistophélès et sans préjuger ni du premier ni du second: "Le premier acte est libre en nous; nous sommes esclaves du second." (Editions Garnier Flammarion - traduction de Gérard de Nerval) - Qui sait?
Méphistophélès ou l'incarnation faustienne du diable c'est cependant cet "esprit qui toujours nie, et"...qui insiste, disant que "c'est avec justice: car tout ce qui existe est digne d'être détruit;"concluant "il serait donc mieux que rien n'existât."
Ce faisant, il nous évoque quelque part cet enfant qui ne sait exprimer autrement sa souffrance que dans l'implicite, niant la valeur de l'existence et disant à sa mère : "Pourquoi m'as-tu mis(e) au monde? Tu as eu tort."
"Pourquoi donc souffrons-nous sous un maître (= Dieu) équitable? Voilà le noeud fatal qu'il fallait délier."!
Attitude à laquelle répondent notamment le christianisme comme le bouddhisme en donnant du sens au méphitique et des voies pour le dépasser...
Par ex. en opposant la vérité comme Néant à l'Illusion du monde, ou encore dans l'Amour. Nous trouvons en effet également ceci chez le même auteur : "Qu'est-ce le monde pour notre coeur sans l'amour ?" Sinon "ce qu'une lanterne magique est sans la lumière."
Mais revenons à Voltaire dont la défense de la liberté d'expression est par ailleurs souvent assez élastique, mais qui nous rend également attentif à cette vérité psychologique qui me paraît s'appliquer à beaucoup de cas: << C’est le propre des censures violentes [donc elles aussi prises au piège de 'l'absolu'] d’accréditer les opinions qu’elles attaquent.[...]La censure élève des fantômes pour les combattre, et les lecteurs indignés [= par ex. Dieudonné etc.] embrassent ces fantômes. >> - Extrait du 'Poème sur le désastre de Lisbonne' (= tremblement de terre) qui expose en particulier que "ce n'est pas pour être instruits sur la métaphysique, mais pour s'assurer le libre exercice de leurs droits, que les hommes se sont réunis en société ; et le droit de penser ce qu’on veut, et de faire tout ce qui n’est pas contraire au droit d’autrui", texte où nous trouvons encore :
"L'homme, étranger à soi, de l'homme est ignoré.
Que suis-je, où suis-je, où vais-je, et d'où suis-je tiré?
Atomes tourmentés sur cet amas de boue
Que la mort engloutit et dont le sort se joue,
Mais atomes pensants, atomes dont les yeux,
Guidés par la pensée, ont mesuré les cieux;
Au sein de l'infini nous élançons notre être,
Sans pouvoir un moment nous voir et nous connaître.
Ce monde, ce théâtre et d'orgueil et d'erreur,
Est plein d'infortunés qui parlent de bonheur."-
Autrement dit, << Le premier des devoirs, sans doute, est d’être juste ; Et le premier des biens est la paix de nos cœurs. [Que donc ne semblent pas connaître les négationnistes de tout poil etc., ce qui les conduit à emmerder le monde!]>> - Extrait du 'Poème sur la loi naturelle' dont l'objet est d’établir l'existence d'une morale indépendante de toute opinion spéculative et donc laïque -.
Sans doute ais-je tort, mais je ne vois pas quelle urgence inquiétante il y a à prêter tant d'attention à quelques illuminés isolés, que ce soit pour les clouer au pilori ou les 'exposer sur le pavois' au lieu de s'en détourner purement et simplement, vu qu'il me semble que le véritable danger ce ne sont pas les émanations méphitiques de leurs tempêtes intérieures, mais celles qui viendraient d'un Pouvoir en exercice qui les reprendraient à son compte!!
La solution de la liberté d'expression serait-elle dans le Dictionnaire philosophique avec ceci que nous pouvons souhaiter pouvoir répliquer aux uns et aux autres : "<< La discorde est le grand mal du genre humain, et la tolérance en est le seul remède. >> Vu que guette toujours quelque part inexorablement, attendant son heure, le risque exprimé par Beaumarchais dans ce passage du Mariage de Figaro : << Pourvu que je ne parle ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose [catégorie qui nous occupe en ce moment sous la forme de la vérité historique et de son contraire], je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs. >>!
Rédigé par: Catherine JACOB | 29 décembre 2008 at 23:29
Tous d'abords j'aimerais revenir sur cette polémique lorsque Dieudonné à jouer ce fameux sketch qui lui à valu les foudres des médias et du gouvernement français.
Nous somme en France et de ce faite nous vivons dans un état libre ou tous individu est libre de s'exprimer.
Comment peut on expliquer le lynchage qui la subit à la suite de son sketch on lui à couper "les vivres" on lui à interdit de s'exprimer alors qu’il ne faisait que son métier.
Pourquoi?
Il n'adhère pas à la pensée commune ? Peut être ?
Ce qui est positive dans le discours de Dieudonné c'est qu'il prend des risques dans ses propos contrairement à la majorité des artistes d'aujourd'hui qui ne prenne aucun risque leurs discours sont communs, vulgaire et qui plairas au plus grands nombres.
Dieudonné lui dit ce qu’il pense il ne se cache pas il est honnête avec lui et honnête avec son public, il n’est ni antisémite ni partisans du FN, il est pour la LIBERTE D EXPRESSION.
Il ne sait pas tout mais contrairement à certains (qui le condamne) il est ouvert au dialogue.
Il ne partage pas les idées de Le Pen mais il à le droit de marcher avec lui, il ne partage pas les thèses de Faurisson mais il à le droit de l’invité.
Nous sommes en France et chacun est libre de s’exprimer et de côtoyer qui il veut.
Lors de son sketch sur France Télévisons le public comme les protagonistes du plateau été en plein fou rire lors de son spectacle au zénith le public été en plein fou rire.
Dieudonné plait au public c’est indéniable il à un talent fou il fait rire en réveillant les consciences sur le monde qui nous entoure.
On à besoin des gens comme lui qui nage à contre courant pour certains ou au contraire dans la même direction pour d’autre.
Rédigé par: Ouziz | 29 décembre 2008 at 23:30
En effet, la liberté d'expression, c'est aussi des messages tels que celui du « justicier », reposant sur une délirante idée de complot (c'est qui le « ils » ? un groupe homogène ? ou un groupe hétérogène, mondial, et pourtant convaincu d'aller dans le même sens), dans la droite ligne des théories de Robert Faurisson et cie, théories qui n'ont aucun fond de cohérence si dépourvues du postulat d'un complot juif mondial contrôlant les médias.
Rédigé par: Marcel Patoulatchi | 29 décembre 2008 at 23:31
J'ai toujours du mal à comprendre les appels à ne pas relayer une information, à ne pas lui donner la place qu'elle mérite. Indifférence ? Silence ? Sûrement pas !
Mais comme le dit Nathalie dans son commentaire, de tout ceci, le plus inquiétant n'est pas le "coup" de Dieudonné, c'est de voir que 5000 personnes applaudissent Faurisson dans un Zenith. Il faut quand même si pincer pour le croire. Pourtant c'est bien réel.
A moins qu'une partie de l'assistance ne sache même pas qui est Faurisson ? Je ne l'exclus pas d'ailleurs.
Rédigé par: Eric Nicolier | 29 décembre 2008 at 23:35
Je pense que le style humoristique de Dieudonné est rattaché à la provoc et à la dénonciation de la marginalisation sous toutes ses formes.
De ce fait, quand on va voir Dieudo, on sait ce qui nous attend, le public est averti avant d'y aller. S'en plaindre reviendrait à porter plainte contre les stations de skis parce qu'on a attrapé froid.
Je ne comprends pas pourquoi tout le monde s'en prend à Dieudonné, le tabac tue des millions de personnes et pourtant on n'interdit pas à Gad Elmaleh de faire un sketch sur la cigarette.
Quand Dieudonné a fait un sketch sur les baleines en detresse, Greenpeace ne l'a pas attaqué en justice.
Qui décide pour moi de ce qui doit être important ou choquant à mes yeux ?
Je crois que Dieudo est un comique et pas un criminel, et tout les personnages publics ne peuvent malheureusement pas en dire autant.
Rédigé par: gregA | 29 décembre 2008 at 23:37
Comme quoi, toute liberté trouve ses limites !
Mais chacun met la barre à son niveau.
Rédigé par: Polochon | 29 décembre 2008 at 23:37
Dieu a aussi donné Primo Levi...
Rédigé par: sbriglia | 29 décembre 2008 at 23:37
dieudo, dénonce par le rire l'abject, c'est une résistance intelectuelle contre ces gents qui se sont incrustés dans ce systéme et ces médiats, qui nous disent comment pensé, jusque dans les écoles primére et dans le cérveaux de nos enfants, tout nous est dictées et particuiliérement l'histoir qui bizarement n'est pas la méme dans tous les pays quand ils s'agit d'une méme histoir, avoir le droit de remétre en quéstion ceux qui nous dictent le bien et le mal fait partie de la vie, et nous avons renoncé a cette vie qui avais le pouvoir de nous amélioré, car ceux qui nous enpéche de pensé sont les vrais énemis de peur que l'on trouve de nous méme une veritée car nous somment doués de pensé et de résonnement et ils le savent. n'oublions pas qu'ont est dans un monde sans débats, avec une restriction de la pensée, la verité c'est que ces penseur officiel on peur d'un débat d'égal a égal avec les dieudo, les forissons, les marc édoir nab, etc... car ils savent qu'ils n'on pas de bagage, leurs seul répons c'est tait-toi et pose pas de quéstions ou alors t'est un entisémito-révisioniste alors nous n'avons plus qu'a nous taire, et au jour de notre mort, ont auras compris que l'ont a fais parti de ces gents qui n'ont jamais eu de courage ne serai-ce de pensée .
Rédigé par: Fan fan l'ortille | 29 décembre 2008 at 23:38