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Voici les sites qui parlent de Dieudonné au Zénith :

Commentaires

Daniel Ciccia

Solide argumentation de Laurent Dingli.

Nathalie

On ne peut pas publier un commentaire dans votre blog, Laurent Dingli.
Aïssa : Est-ce que l'extermination des arméniens par les turcs, c'est quelque chose qui vous évoque quelque chose dans l'histoire ? Vous qui parlez de négationnisme...

Laurent Dingli

@ Jean-Dominique Reffait,
Vous dites que je n'argumente pas, en réaction à vos propos. Mais que puis-je vous rétorquer lorsque vous expliquez, si j'ai bien compris votre thèse, qu'en réalité ce méchant saltimbanque de Dieudonné met pour ainsi dire le sieur Faurisson sur la sellette ? Ne trouvez-vous pas qu'il existe une continuité et une cohérence dans les actes et les discours de ce bouffon morose ? Pensez-vous que c'est un hasard si Jean-Marie Le Pen est le parrain de sa fille ? Est-ce fortuit de déclarer aux jeunes gens des cités « convertissez-vous comme moi, essayez de vous ressaisir, rejoignez l’axe du bien, l’axe américano-sioniste » ?
Se moquer des juifs extrémistes ou du sionisme ne me choque pas du tout. Pourquoi ne pourrait-on pas le faire ? Mais, instiller la haine sous couvert d'humour n'est plus une question de talent ou de liberté d'expression.
Je rejoins sur certains points l'analyse d'Aïssa Lacheb-Boukachache, notamment sur la paranoïa, mais je crois malheureusement qu'il contribue à l'alimenter lui-même en évoquant ce prétendu lobby juif des médias, qui est, depuis le siècle dernier, l'un des piliers de l'antisémitisme. Je sais qu'Aïssa est tout sauf raciste ou antisémite, mais il tombe dans le panneau qu'il dénonce lui-même quand il dit que Dieudonné fait le jeu de Faurisson et que son public n'a sans doute pas le même sens critique que vous, Jean-Dominique Reffait. Car en martelant qu'il existe un lobby juif des médias, on fait entrer cette ineptie dans la tête de la floppée d'imbéciles incultes qui peuplent internet. Ce prétendu lobby juif des médias a-t-il jamais empêché un libre penseur comme Philippe Bilger de s'exprimer ? Non. Et sans comparer ceux-là avec notre hôte, c'est bien à la télévision française, soi-disant sous la coupe des juifs, qu'on a entendu Jean-Marie Le Pen faire des calembours ignobles. C'est encore sur le petit écran que j'ai vu et entendu Meyssan développer son abjecte théorie du complot américano-sioniste du 11 septembre, délire larement relayé dans presque tout le monde arabe, grâce à l'inénarrable Ardisson. C'est aussi à la télévision que j'ai entendu ce triste sire de Marc-Edouard Nabe développer ses idées fort subtiles. Mais que diable faisait alors ce terrible lobby juif qui selon certains contrôlerait les ondes ? M. Lacheb-Boukachache croit dénoncer la théorie du complot en s'en faisant partiellement et sans doute involontairement l'un de ses médiateurs.
Reste une question de fond. Le rapport que nous entretenons avec la Shoah. Je ne reviens pas sur l'expression détestable employée par l'un des internautes à qui l'on a fait "bouffer tous les jours de la Shoah" dans le cadre de son métier d'enseignant.
Je crois que nous entretenons un rapport très ambigu avec l'extermination des juifs d'Europe, c'est presque une lapalissade de le dire. Mais nous ne voyons sans doute pas à quel point notre culpabilité collective constitue, en grande partie, un contre-investisement de pulsions sadiques ou d'un simple rejet. C'est je crois ce qui explique l'énorme succès, en France, du roman Les Bienveillantes de Benjamin Littell, qui est pour le reste, et notamment sur le plan littéraire, assez médiocre. Mais il a permis, par le biais de la fiction, de contourner l'interdit moral souvent très rigide que la société européenne de l'après-guerre s'est imposée. Et le fait que l'auteur soit juif a bien évidemment facilité les choses. Je crois qu'en l'occurrence, certains ont pu lire avec une certaine complaisance ces interminables récits de massacres.
On dit que l'on parle trop de la Shoah. C'est ce que sous-entendent beaucoup de gens, notamment sur ce blog, et Monsieur Lacheb-Boukachache s'interroge sur le fait que d'autres grands crimes n'aient pas leurs négationnistes. Je crois qu'il connaît mal l'histoire du Japon ou celle de la Turquie, il saurait sinon que le négationnisme y a fleuri et prospère parfois encore chez certains extrémistes. Parle-t-on trop de la Shoah ? Je ne le crois pas. Comment expliquer alors que le grand public ait découvert, avec les Bienveillantes, mais aussi et surtout avec les recherches du Père Patrick Desbois, l'existence de la "Shoah par balles" en Russie, en Pologne et en Ukraine ? C'est-à-dire au début du XXIème siècle, plus de soixante ans après les faits ? Malheureusement, peu de gens ont lu l'excellent livre de Raul Hilberg dont nous parle souvent Véronique Raffeneau.
Vous vouliez des arguments. J'espère vous en avoir donnés.

Véronique Raffeneau

@ Jean-Dominique

"Le spectacle de Dieudonné tacle tout le monde d'une façon terrible, les imams en prennent plein la figure, les africains sont ridiculisés cruellement, mais on ne retient qu'une parcelle de son acidité, celle qui vise les juifs. "

D'une part, Dieudonné n'a eu pour seul objectif que son épilogue Faurisson, soit le "coup" médiatique du moment.

Il ne l'a pensé, construit et millimétré au mot près pour ne créer que du scandale médiatisé. Je pense très honnêtement que Dieudonné se fiche totalement du combat qu'il prétend mener, celui de la liberté d'expression.

D'autre part, ce qui me pose souci dans la note de Philippe, ce n'est pas tant l’évocation des marionnettes hideuses du spectacle de Dieudonné, mais plutôt l'idée que Dieudonné a longtemps été dans l’esprit de Philippe le résistant intellectuel de référence pour la liberté d’expression.

Si le propos de Dieudonné est de condamner la loi Gayssot, nombre d'intellectuels et d'historiens de renom ont jugé cette loi désastreuse depuis très longtemps. Donc RIEN dans la position revendiquée de Dieudonné de fulgurant, de novateur et de renversant.

Il ne fait qu’enfoncer une porte ouverte.

Enfin, je persiste à penser que l’antisémitisme agit comme une drogue puissante par laquelle se cristallisent tous nos ressentiments, nos rancoeurs et nos capacités de haine de l’autre.

Les écrits d’un R. Faurisson agissent pour certains à la manière d’une liqueur forte. L'existence des chambres à gaz n’étant pour eux qu’une énième invention, forme et traduction du "complot juif" qui structure, selon eux depuis la nuit des temps, leur propre rapport au monde et aux autres.

Nathalie

Mais, en même temps, faire une loi à chaque fois que quelqu'un dit quelque chose d'immoral... savez-vous où cela conduit, à quel genre d'Etat et de police et de justice aussi ? Non, je crois, à force de lire ce que je lis, dans les journaux, les forums etc... que nous allons, hélas, de plus en plus vers une société moralisatrice au sens le plus péjoratif du mot.
Dieudonné dit des choses immorales, contestables sur le plan éthique, et ce n'est pas par la police et les lois interdictrices et les mauvais procès que nous arriverons à combattre cela, au contraire ce serait un faire un martyre, mais c'est par une argumentation solidement étayée que ce sera possible. Pour relever le niveau.
Je pense que nous serions tous contraints de nous coller du sparadrap sur la bouche à force. Après les condamnations de propos immoraux, ce sera quoi ? Les gros mots ?

Sinnerman

Quand le pseudo historien Pétré-Grenouilleau tente de minimiser le caractère criminel de l'esclavage des noirs en écrivant que "la nature polygame des sociétés africaines a sans doute eu pour effet d’atténuer voire d’annuler en bonne partie cet éventuel déficit des naissances" et parle même de "l'ensemble des phénomènes positifs et négatifs" de la traite, il est abondamment relayé par les médias (Elkabbach, Finkielkraut et toute la clique) en plus d'une consécration par le Sénat.
Par contre Dieudonné, dont on peut aimer ou non l'humour sarcastique, qui invite Faurisson sur scène sans partager les thèses défendues par celui-ci, ça devient une affaire d'Etat.
Encore une fois, la liberté d'expression à géométrie variable !

Blogocrate

Shalom
Vive la pensée unique !
Dieudonné n'a rien fait de grave, à part glisser une "quenelle" à ceux qui n'ont de cesse de nous imposer leur idéologie de mort.
On peut voir les anti-Dieudo' ; pour l'extermination autorisée du pauvre peuple Palestinien, qui l'aurait bien cherché, dit-on. (?)
A quand une loi qui nous interdira de remettre en cause l'existence du Père Noël pour ne pas blesser nos enfants ?
A quand une loi pour interdire de critiquer le miséricordieux état d'Israël ! (David Ben Gourion doit bien se marrer si il nous regarde.)
A quand une loi pour limiter la pensée de l'homme...
Vive l'insoumission et vive la France insoumise ; D
Mazal Tov !

Aïssa Lacheb-Boukachache

Il n'y a que Elie qui peut sauver Dieudonné ... D'ailleurs, dans un entretien télé plutôt récent, il dit l'appeler régulièrement, mais l'autre s'obstine à ne pas répondre. Gageons qu'un jour, il se décidera à décrocher ... Moi, j'aimerais bien qu'ils se rencontrent, l'un grimé en Juif intégriste, papillotes et tralala, l'autre en Noir cannibale, os dans les narines et danse vaudou la marmite ... Ce jour-là, on aurait du bon Elie et Dieudonné et de l'humour pour de l'humour ...

Il y a du vrai dans ce que tu dis, J.D.Reffait. Cependant, là où tu te plantes par omission, c'est que quand bien même il ferait dans le second degré (ce que je n'affirmerai pas), ceux qui l'entendent, eux, l'écoutent au premier degré. Un Juif, jeune ou vieux, religieux ou laïc, n'importe, passant ce soir-là près les portes du Zénith à la sortie du spectacle, rentrant paisiblement chez lui et reconnu par cette foule comme tel, l'aurait mauvaise assurément, à son dam; on ne serait plus très loin du sieur Lynch, de mémoire ... Tout ceci est très délicat, à manier avec des pincettes, surtout en ces temps de merde économique générale et de conflit grandissant au Moyen-Orient. Une foule (un public en l'occurence) n'est pas intelligente; depuis Freud, on le sait. Il (Dieudonné) peut dire dans le même temps que sa bise à Faurisson, et à la cantonnade, qu'il conchie les racistes, antisémites et autres de cette race ("race", c'est pour Zemmour ...), les vrais racistes, antisémites, etc., n'en ont cure; le principal, pour eux, est fait, dit, et la foule stupide l'a entendu et deux fois plutôt qu'une ... Les 5000 du Zénith savent-ils seulement qui est Faurisson, son idéologie? savent-ils seulement la guerre et son cortège de malheur?... Quelques-uns à peine, sinon, le reste, un ramassis d'incultes voire d'analphabêtes peu ou prou bling bling des banlieues pour qui lire un livre est une insulte. Ils viennent là comme on viendrait voir un leader qui saurait des choses qu'ils sont, hélas, bien incapables d'en chercher par eux-mêmes la contradiction ... Ceux qui savent, eux, s'en fichent; ce qui les interesse, c'est la clique, ces troupes, ce troupeau ... Qui les mots pour le dire? Le Pen? Non, c'est un raciste, on le connaît. Faurisson? Qui c'est ce con? Gollnisch? Pareil, c'est du Le Pen ... Dieudonné? Ah oui, lui c'est de l'humour! il peut le dire, c'est rigolo!... Justement, non, c'est là où c'est le plus dangereux, c'est lui qui convainc du pire en croyant démystifier, car son public, ce soir-là, n'est pas 5000 J.D.Reffait capables de faire la part de toute chose, c'est plutôt 4500 paumés; les autres, des sinistres convaincus ... A cela, ajoute la médiatisation massive (y compris ici, en ce blog) et ces 4500 deviennent en un clin d'oeil 4 500 000 voire plus. Qu'un Juif craigne aujourd'hui de porter la kippa dans la rue est la résultante de cette dialectique. Au nom de sa liberté, Dieudonné écrase, intimide et finalement tue celle de l'autre. Il peut avoir les meilleures intentions du monde, le résultat, après le spectacle, est toujours mauvais ... Et c'est de ce résultat que certains se félicitent en secret. Pense, si Dieudonné était blanc ...

Quelqu'un, ici, a écrit "bouffer de la Shoah tous les jours ...". Il a raison. A trop parler d'une chose, on finit par la rendre suspecte. Personne ne remettrait en cause les boucheries hallucinantes de Verdun, du Chemin des Dames, de la Somme. Pourtant, aucune image filmée de celles-ci ne nous est parvenue et ô combien n'a-t-on pas tu ce conflit jusqu'à récemment encore ... Tout est dit en cette comparaison des devenirs historiques et dans la mémoire collective des peuples, de ces deux drames humains si proches l'un et l'autre. Récemment, à la télé, pour fêter le 90ème anniversaire de l'armistice 14-18, il y eut une soirée consacrée à ce conflit, avec quelques vagues images d'archives de celui-ci, reconstituées. Plus de dix millions de téléspectateurs. Il en est souvent de même lorsqu'il s'agit d'émissions consacrées à la guerre d'Algérie ... Quant à la Shoah, tout le monde ou presque zappe à présent. Désintéressé, fatigué ... Car de la sorte, le trop tuant toujours l'utile, arrive forcément un moment où ce n'est plus de l'Histoire qu'on regarde voire étudie, mais comme un sentiment désagréable qu'on nous oblige à lire notre acte d'accusation. J'ai 45 ans et je ne me sens pas plus coupable de Verdun que je ne me sens ni ne me sentirai jamais coupable d'Auschwitz; et ce n'est pas en me collant sans cesse sous les yeux les images des camps d'extermination nazis qu'on me convaincra du contraire. Combien se disent cela, qu'ils aillent ou non aux spectacles de Dieudonné? Voilà où on en est ...


Aïssa.

Augustin

Il faut vraiment que nous en soyons à un terrible degré d'ignorance et d'inculture pour voir en Dieudonné un résistant intellectuel. Ou alors les gens souffrent-ils à ce point de la situation actuelle, économique, politique, sociale, pour se raccrocher aux pitoyables et répugnantes provocations de cet (ancien) humoriste ? Il est vrai que le désespoir engendre souvent la haine, et qu'à cette haine, il faut un sujet. Dieudonné désigne un ennemi traditionnel et invite les désespérés à focaliser leur haine sur lui, le juif, le bouc émissaire millénaire. Dieudonné fait parler de lui, et pendant ce temps, le désespoir grandit.

Véronique Raffeneau

@ Lateralus

"Evidemment, avec 15 ans d’Education nationale derrière moi, après avoir « bouffé » de la Shoah à tous les repas, après avoir été appelé à cracher sur M. Faurisson, sans même comprendre quels en étaient les enjeux, je ne pouvais que m’indigner." écrivez-vous.

"Dans un entretien au Choc du mois de septembre 1990, il (R. Faurisson) déclarait, notamment, que « le mythe des chambres à gaz est une gredinerie « et qu'il a « d'excellentes raisons de ne pas croire à cette politique d'extermination des Juifs, ou à la magique chambre à gaz, et on ne me promènera pas en camion à gaz." (source wikipédia)

Mais il suffisait juste qu’à ce moment-là les tenants de l’Education Nationale qui crachaient sur R. Faurisson lisent "La Destruction des juifs d’Europe" de Raul Hilberg publié en France en 1988. Ils auraient alors su opposer aux croyances de R. Faurisson un travail d’inventaire méticuleux du processus d’extermination mis en place à l’échelle européenne par les nazis.

Cracher sur R. Faurisson par opportunisme et confort idéologiques est inutile et sans intérêt.

Savoir traverser un travail gigantesque comme celui de R. Hilberg et savoir l'opposer aux croyances et aux opinions d'un R. Faurisson, c’est dépasser l’indignation qui n’est qu’éthiquement correcte. C’est savoir faire face à, et avec, la vérité froide des faits.

Jean-Dominique Reffait

@Laurent Dingli
C'est bizarre ce besoin d'être inévitablement désagréable avec les autres sans prendre la peine de réagir à une argumentation - fut-elle comique - par une autre argumentation. Ca doit venir des glandes, je suppose.

@ Véronique
Je crois intimement que Dieudonné n'est pas ce que vous en laisse voir les dépêches de presse. Le spectacle de Dieudonné tacle tout le monde d'une façon terrible, les imams en prennent plein la figure, les africains sont ridiculisés cruellement, mais on ne retient qu'une parcelle de son acidité, celle qui vise les juifs.
Lorsque le spectacle commence, Dieudonné cartonne sur Le Pen en racontant comment il a eu l'idée du parrainage - visiblement bidon - de sa fille. Il appelle Le Pen :
"Je ne vous dérange pas ?
- Non, j'étais avec des copains. On était dans le jardin en train de torturer un chat."
Et franchement, c'est très très drôle et je ne m'étonne pas qu'Elie Seimoun soit encore, malgré le ressentiment qu'il peut éprouver, fasciné par ce talent considérable.

Oui je suis gêné par cette péripétie Faurisson, non pas dans la forme - qui permet éventuellement de faire passer le négationniste dans le camp des pitres - mais sur le fond, qui n'est pas explicite. Faire rire du négationnisme en l'honorant - avec l'aide de sa propre vanité - d'une pantalonnade n'est pas moins efficace que de lui opposer un long cortège de jérémiades et de protestations des vertus indignées. On confond tarte à la crème et rosette de la Légion d'honneur.

Le problème est que, dans une société manichéenne, la pitrerie doit verser d'un côté, celui du bien, ou de l'autre, celui du mal. Dieudonné essaie de forcer un passage, mais, comme Philippe, je crains qu'il n'y parvienne pas et qu'il se perde dans son propre labyrinthe.

Daniel Ciccia

Je ne tiens pas Dieudonné, dont j'appréciais le numéro qu'il formait avec Elie, pour un défenseur de la liberté d'expression, même si c'est elle qu'il invoque.
Il a le droit de proférer ce qu'il veut et, sans la loi Gayssot qui offre une possibilité de transgression avec laquelle il joue, nous avons le droit de considérer la valeur de ses initiatives pour ce qu'elles sont.

Il a choisi de chevaucher un cheval de bataille qui lui assure un statut de victime du système, du lobby, et de prospérer sur une sorte de compétition mémoriale indécente comme elle l'avait été à Durban.
C'est cet esprit "discordant" qui distingue Dieudonné.

Il cristallise une improbable liaison entre la tribu Ka (dissoute), le Hamas et le FN.
Mais c'est parfait dans un monde médiatique que chacun dispose de l'amuseur à son diapason.
Excellent propos de Catherine Jacob.

Lateralus

Soutenant M. M’Bala M’Bala depuis seulement peu de temps, après l’avoir considéré comme beaucoup, et à tort, de « premier enculé de France », ce nouveau « dérapage » (comme aiment à dire les médias) me laisse bien plus sceptique que les autres.
Evidemment, avec 15 ans d’Education nationale derrière moi, après avoir « bouffé » de la Shoah à tous les repas, après avoir été appelé à cracher sur M. Faurisson, sans même comprendre quels en étaient les enjeux, je ne pouvais que m’indigner.
Trop c’est trop ? Pour le coup, certainement. Dieudonné avait tant d’autres moyens de choquer. Pour le coup aussi, l’humoriste aurait dû changer de cible. Les juifs sont devenus sa proie facile. Pourquoi ? Parce que plus chatouilleux que les autres « communautés ». Se moquer de tous ? Oui. Mais « ne touche pas à mon pote juif ». Dieudo se moque des noirs, des arabes, des chinois, mais principalement des racistes en tous genres, et bien entendu des communautaristes, racistes impunis.
En définitive, « l’humour goy » de M. Bla bla, acharnement antisémite, ou seul credo possible pour créer le scandale ? Ni l’un ni l’autre.
Qu’est-ce qui fait le plus mal à la Mémoire française ? De quoi souffrons-nous depuis plus de soixante ans ? L’Holocauste. Et l’humoriste aime frapper là où ça fait très, voire trop, mal. Toujours est-il que l’on n’est pas sûr de sa chute.
M. Faurisson au Zénith, ça paraît inexcusable. Et ça le deviendrait si Dieudo ne rectifiait pas le tir. Pas besoin de pleurniche ou d’excuses, mais d’une rectification humoristique, car le talent de créer le rire, il l’a toujours eu, et ceux qui ne le trouvent pas drôle ne l’ont jamais regardé sur scène. Donc de mon côté, même encore sous le choc de l’info, je préconise le « wait & see ». Voyons comment les choses évoluent avant de tirer à boulet rouge, ce qui ne me semble pas un comportement démocratique et pragmatique.
Enfin, je me suis permis d’interpréter ce « sketch ». En France, la discussion démocratique n’existe plus et a été remplacée par les lynchages en tout genre. Je déteste fondamentalement tout préjugé, mais je pense qu’au lieu de simplement sonner l’alarme lorsqu’un individu en émet, il faudrait aussi réfléchir à ce qui l’y a poussé. La systématisation de la sanction, d’accord, mais au moins, mettons en place un débat utile, car on sait tous très bien que la simple pénalisation ne remédie à rien. Qu’est-ce qui a amené Faurisson à défendre des thèses pseudo-scientifico-historiques complètement crétines ? « Réfléchissons-y ». C’est, je pense, le message de Dieudonné.

lafcadio wluiki

Il y a quelque chose de terriblement ironique à remettre un prix à un négationniste par un déporté. J'avais trouvé écœurant le film "La vie est belle" qui n'a pourtant pas choqué grand-monde. Je trouve formidables les créations de Dieudonné parce qu'elles nous obligent à nous interroger sur nous-même, nos communautarismes, nos préjugés et nos mensonges. Les médias sont justement le lieu de cette parole falsifiée où au nom du bien commun, on nie jusqu'à la réalité. Dieudonné appuie là où ça fait mal, y compris par des actes qui me gênent parce qu'ils masquent le comique de génie, l'homme de conscience, l'un des derniers hommes publics à se battre contre le racisme, l'intolérance et pour la laïcité.

Aïssa Lacheb-Boukachache

"... et une page noire peut ne pas faire oublier les autres". Entre deux individus, oui; entre un individu et un peuple, c'est autre chose qui mérite davantage de jugement, mon cher PB. François Mitterrand pouvait à sa guise petit-déjeuner autant qu'il voulait avec Bousquet, c'était son choix et nul n'aurait à y redire tant il est vrai qu'on est libre d'aimer même les pires crapules. Mais le faire, de fait, au nom de la République dont il était à ce moment l'élu suprême, et aux frais de celle-ci, cela appelle à davantage d'explication. Ce n'est pas aussi simple que cela, et je ne comprends pas votre indulgence à cet égard. Si Mitterrand assumait réellement ses amitiés, que ne les a-t-il de toujours dévoilées ou, à tout le moins, pas célées avec tant de ruse et perversité? On voit là l'homme fourbe au peuple; ce ne serait pas la première fois dans l'Histoire. Cette "page noire" personnelle finit, de son fait ordurier dès lors qu'il devient présidentiel et incarnant la République, de noircir et salir encore plus les pages de l'Histoire de France. Mais l'Histoire est ainsi faite qu'on n'en finirait plus de vomir ceux qui firent pareil voire davantage ... D'où la nécessité, tant que c'est possible, d'une médiatisation en temps réel de ces faits, qu'on informe un peu les gens de qui les gouverne et comment et avec qui ils le font, qu'ils ne crèvent pas plus cons ces pauvres gens ... A cet endroit, on est forcé de reconnaître que les journalistes ont ça de bon.

L'Histoire, une grosse bête pataude. On est toujours frappé de ces façons singulières qu'elle a de vouloir se reproduire. Toutes choses étant ce qu'elles sont, on ne peut s'empêcher de rapprocher ce ressentiment de Dieudonné tel qu'il est réellement à l'origine -que l'on me croie; il n'a pas d'autre raison initiale- et que je l'ai expliqué ci-dessus, et celui de Hitler, jeune artiste peintre affamé à Vienne, incapable de placer ses toiles chez les riches galeristes juifs de la ville qui lui privilégiaient d'autres artistes ... Juifs de préférence. A partir de ces ressentiments personnels, on finit d'échafauder toute une théorie complexe et cohérente du complot; cohérente au sens de la cohérence pathologique des délires d'un schizophrène, par exemple, un psychotique, plus exactement un paranoïaque tel que définit par le DSM-IV, la bible médicale des diagnostics. Le paranoïaque, à partir d'une réelle expérience personnelle frustrante, va bâtir tout une théorie "cohérente" où il se verra comme la victime de tel ou tel personne ou groupes de personnes bien définis, circonscrits, nommables, et agira en conséquence, soit en fuyant et se cachant, soit en agressant. A la différence du paranoïde qui, lui, pour les mêmes raisons bâtira un discours tout aussi "cohérent" mais sans "ennemi(s)" définis, circonscrits, nommables. Mais de même, il fuira ou attaquera. En psychiatrie sérieuse et rigoureuse, on vous dira toujours que face à un paranoïaque ou un paranoïde délirant, c'est-à-dire ayant construit et assimilé un discours qui lui est sien, et qui se trouverait avec vous dans une pièce, l'attitude la plus adaptée est de s'écarter doucement pour le laisser passer, surtout ne pas lui bloquer la porte par votre présence, il vous sauterait dessus ou chercherait une autre issue pour fuir, la fenêtre derrière lui, par exemple, ou alors il mourrait peut-être en s'y précipitant ... Le suicide ne lui fait pas peur, au contraire, c'est une fuite quand il ne pourrait vous affronter et vous détruire, enfin détruire ce qu'il perçoit de vous, dans son délire, comme celui ou un de ceux qui lui nuisent ... S'écarter, le laisser passer, calmement, mais ne pas le perdre de vue, que son délire n'aille pas grandissant jusqu'à inclure en lui -de manière toujours "cohérente"- tous et toutes dans ses ennemis, car alors, dans la rue, il se ruerait sur le premier ou la première rencontré et, ne pouvant l'éviter, il étranglerait ou poignarderait ... C'est pourquoi, plus l'on s'approche du paranoïaque -ou du paranoïde- délirant, plus on lui accorde d'attention, même dans les meilleures intentions, plus il devient redoutable et agressif voire suicidaire. Il faut le surveiller d'un peu loin, qu'il ne soit dangereux ni pour lui-même ni pour les autres, et attendre que le délire retombe car il n'est jamais aussi virulent, prégnant, permanent. Il s'apaise, comme on sourdine, avant de resurgir, soit de la même thématique, soit une autre ... A ce moment de répit, on peut, oui on peut, une prise en charge thérapeutique, il y a d'excellents neuroleptiques-retards qui, tout en lui permettant de mener une vie normale ou peu s'en faut, le délivreront de ces voix "qui parlent dans la tête", comme ils disent, de ses délires souvent monstrueux et tellement convaincants pour qui les écoute et ne sait qu'il a face à lui un grand malade mental ... D'une frustration légitime, un sentiment d'injustice bien réel à l'origine, une extension de celui-ci en délire paranoïaque ou paranoïde ... C'est redoutable. Est-ce que Dieudonné est en train de sombrer dans cette maladie? Je ne sais ... Mais, comme Hitler, il entraîne des gens dans son délire ... C'est peut-être une manière de protection que de mettre ces gens (le public) entre "eux" (les Juifs, ses ennemis dans son délire) et lui ... En d'autres temps proches, les mêmes mécanismes ou peu s'en faut dans l'esprit d'un homme ont abouti à plusieurs génocides en plus d'une guerre mondiale. Si Dieudonné n'est pas devenu malade, alors on peut dire que Hitler ne l'était pas non plus ... Il ne faut pas sous-estimer la portée nuisible de ces spectacles, de ces propos a priori anodins ou, c'est selon, provocateurs sans conséquences, qui seraient légitimés par une quelconque et irresponsable liberté d'expression. Il est de nombreux êtres prêts à tout croire et agir, pourvu qu'on leur désigne un responsable à leur misère. Il y a une différence entre confondre, dénoncer et vilipender à raison un lobby juif médiatique et l'ensemble de cette communauté laïque et/ou religieuse de France. Surtout en ces temps de difficultés économiques pour le plus grand nombre à l'intérieur de notre pays, et, à l'extérieur, ces interminables et cruels conflits entre Israël (improprement qualifiés tous Juifs) et certains Palestiniens irréductibles qui semblent oublier un peu facilement que celui qui les a sortis de l'oubli séculaire où ils étaient tombés et où ils étaient voués à rester voire à disparaître en tant que peuple reconnu par toutes les Instances internationales, celui-là, le premier d'entre eux, celui qui a depuis le début incarné toute la légitimité et le juste combat du peuple palestinien, le plus redoutable adversaire d'Israël, Yasser Arafat, a serré la main d'Itzak Rabbin, de Shimon Pérès, et tous ont dit ce jour-là qu'il est temps de faire la paix, de se connaître, de se comprendre ...


Aïssa.

Marie

Peut-on rire de tout avez-vous écrit un jour ????


« Cela m’est un bonheur de penser que si je suis prise, Andrée aura gardé ces pages, quelque chose de moi, ce qui m’est le plus précieux, car maintenant je ne tiens plus à rien d’autre qui soit matériel ; ce qu’il faut sauvegarder, c’est son âme et sa mémoire. »

Hélène Berr,
Journal, 27 octobre 1943


Extrait :

« Mercredi 24 juin 1942
… L’inspecteur a affirmé que Papa aurait été relâché si son étoile avait été bien cousue, car l’interrogatoire avenue Foch s’était bien passé. J’ai protesté. Maman aussi ; elle a expliqué qu’elle l’avait installée à l’aide d’agrafes et de pressions pour pouvoir la mettre sur tous les costumes. L’autre a continué d’affirmer que c’était cela qui avait causé l’internement : « Au camp de Drancy, elles sont cousues. » Alors, cela nous a rappelé qu’il allait à Drancy.


Samedi 18 juillet 1942
8 heures du soir

Nouvelle ordonnance, la neuvième : interdiction d'entrer dans les magasins, sauf entre trois et quatre heures (heure à laquelle toutes les boutiques sont fermées).

Maman vient de téléphoner à Mme Katz. Il y a un départ en masse de Drancy demain matin ; pour nous rassurer : aucun ancien combattant français*, seulement des étrangers (combattant inclus), et des femmes. On leur envoie des malheureux enfants de partout, de Belfort, de Montceau-les-Mines…

* Le gouvernement de Vichy s'oppose en principe à la déportation des anciens combattants français, comme à celle des femmes de prisonniers de guerre.


Dimanche soir, 19 juillet

Autres détails.
Une femme devenue folle a jeté ses quatre enfants par la fenêtre. Les agents opéraient six par six, avec des torches électriques.
M. Boucher a donné des nouvelles du Vél d'Hiv. Douze mille personnes y sont enfermées, c'est l'enfer. Beaucoup de décès déjà, les installations sanitaires bouchées, etc.
Nouvelles de Papa hier soir.
Depuis deux jours enfermés dans leur 1,50 m². Vu des scènes atroces. Eugène B. couché misérablement avec rhumatisme général...

***
Je suis rentrée ici à midi et demi. Maman et Denise avaient les yeux rouges. Je n'ai pas demandé de quoi il s'agissait, j'attendais que cela vienne.... Mais la cause indirecte a été la nouvelle qu'il faudrait vraiment que nous nous en allions. Maman est allé voir René Duchemin ce matin ; il a toujours été archi-calme et optimiste ; seulement, aujourd'hui, il a dit qu'il faudrait songer à partir.
Voilà à peu près ce qui s'est passé jeudi :
Les ouvriers français refusant de partir pour l'Allemagne, Laval a alors vendu les juifs polonais et russes, pensant que personne ne protesterait. Les ouvriers, révoltés, veulent encore moins partir. Il y a encore un troisième contingent de juifs (Turcs, Grecs, Américains), et après, ce seront les Françaises.


Mardi soir, 21 juillet

Autres détails obtenus d'Isabelle : quinze mille hommes, femmes et enfants au Vél d'Hiv, accroupis tellement ils sont serrés, on marche dessus. Pas une goutte d'eau, les Allemands ont coupé l'eau et le gaz. On marche dans une mare visqueuse et gluante. Il y a là des malades arrachés à l'hôpital, des tuberculeux avec la pancarte "contagieux" autour du cou. Les femmes accouchent là. Aucun soin. Pas un médicament, pas un pansement. On n'y pénètre qu'au prix de mille démarches. D'ailleurs, les secours cessent demain. On va probablement tous les déporter…

***

Lundi matin 11 octobre 1943

« … J’ai été frappée, en lisant l’Evangile, par le mot « convertir ». Nous lui avons donné un sens précis qu’il n’avait pas. Dans l’Evangile, on dit : « Le méchant s’est converti », c’est-à-dire s’est changé, est devenu bon en écoutant la parole du Christ. Pour nous, maintenant, se convertir, c’est aller à un autre culte, à une autre église. Y avait-il des cultes différents au temps du Christ ? Y avait-il autre chose que le culte de Dieu ?
Comme les hommes sont devenus mesquins en croyant devenir intelligents !


Mardi 9 novembre

Ce matin, j’ai emmené aux Enfants-Malades une petite de 2 ans et demi, elle a l’air d’une petite Arabe. Elle pleurait tout le temps à l’hôpital en appelant « Maman » instinctivement, automatiquement. Maman, le cri qui vient aux lèvres spontanément, lorsqu’on souffre ou qu’on a du chagrin. Lorsque j’ai distingué ces deux syllabes au fond de ses sanglots, j’ai tressailli.
Sa mère et son père sont déportés, elle était en nourrice, on est venu l’arrêter ! Elle a passé un mois au camp de Poitiers.
Les gendarmes qui ont obéi à des ordres leur enjoignant d’aller arrêter un bébé de 2 ans, en nourrice, pour l’interner. Mais c’est la preuve la plus navrante de l’état d’abrutissement, de la perte totale de conscience morale où nous sommes tombés. C’est cela qui est désespérant.

… C’est toujours la même histoire de l’inspecteur de police qui a répondu à Mme Cohen, lorsque, dans la nuit du 10 février, il est venu arrêter treize enfants à l’orphelinat, dont l’aîné avait 13 ans et la plus jeune 5 (des enfants dont les parents étaient déportés ou disparus, mais il « en » fallait pour compléter le convoi de mille du lendemain) : « Que voulez-vous, madame, je fais mon devoir ! »
Qu’on soit arrivé à concevoir le devoir comme une chose indépendante de la conscience, indépendante de la justice, de la bonté, de la charité, c’est là la preuve de l’inanité de notre prétendue civilisation.
Les Allemands, eux, c’est depuis une génération qu’on travaille à les ré-abrutir (c’est un retour périodique). Toute intelligence est morte en eux. Mais on pouvait espérer que chez nous, ce serait différent.


Mardi 15 février 1944

Je viens de recevoir la visite d’un ancien prisonnier du camp du petit Paul, qui m’avait écrit…

Il avait les yeux creusés et la maigreur des prisonniers libérés. Sa visite m’a fait plaisir, car c’est un homme qui a souffert, qui a vu et qui comprend. Il ne savait pas que les Allemands s’attaquaient aux femmes et aux enfants. Mais il n’y a pas eu de résistance pour lui faire accepter le fait.
Il m’a raconté que près de Hambourg, dans une ferme, il avait vu arriver une vingtaine de femmes juives déportées de Vienne, de tous les milieux, certaines très bien. Je lui ai demandé comment elles étaient traitées. « Avec une brutalité inouïe. Réveillées à coups de cravache à cinq heures, envoyées aux champs toute la journée, ne rentrant que le soir, couchant dans deux chambres minuscules, sur des lits de planches superposées. Le fermier les brutalisait, la femme avait un peu pitié, et les nourrissait à peu près. »
Qui avait donné le droit à ce fermier de traiter comme des bêtes des êtres humains qui lui étaient sûrement supérieurs dans leur valeur spirituelle ?
Il m’a dit aussi, à propos des fosses de Katyn, qu’il avait assisté à des scènes exactement semblables. En 41, il est arrivé à son Stalag des milliers de prisonniers russes dans un dénuement effroyable, mourant de faim. Le typhus s’est établi là-dedans ; des centaines mouraient chaque jour. Chaque matin, les Allemands allaient achever à coup de revolver ceux qui ne pouvaient plus se lever. Alors, les malades, pour ne pas subir ce sort, se faisaient soutenir sous les bras par leurs camarades valides pour être dans les rangs. Les Allemandes donnaient des coups de crosse sur les mains de ceux qui les soutenaient. Les malades tombaient, ils les entassaient sur des charrettes, en les dépouillant de leurs bottes et de leurs vêtements, les menaient jusqu’à une fosse où ils les déchargeaient sur des fourches à fumier, et les jetaient dans la fosse pêle-mêle avec les cadavres, un peu de chaux vive là-dessus. Et c’était fini.
A peu près le récit du garçon de salle des Enfants-Malades.
Horror ! Horror ! Horror !


« La seule expérience de l’immortalité de l’âme que nous puissions avoir avec sûreté, c’est cette immortalité qui consiste en la persistance du souvenir des morts parmi les vivants. »

Journal, 30 novembre 1943


Hélène Berr
Journal 1942-1944


« Par délicatesse
j’ai perdu ma vie. »

Rimbaud

Véronique Raffeneau

"Dieudonné ne sait plus s'arrêter et il est en train de faire perdre à la cause de la liberté tout le bénéfice qu'à sa manière il lui avait apporté."

Je suis étonnée par le fait qu'il vous ait fallu cette terriblement triste farce pour que vous acceptiez de voir enfin que Dieudonné ne sache plus s'arrêter.

La fascination pour l'expression d'une opinion dissidente peut se transformer en ue sorte de vertige. Le sulfureux ou l'éthiquement incorrect alimentent aussi des systèmes d'appréhension de la réalité, au sens clos et obsessionnel du terme.

Récompenser un R. Faurisson pour sa dissidence - le négationnisme - en distinguant celle-ci comme "l'opinion la plus infréquentable et la plus insolente" revient à dire que la solution finale n'est qu'une construction intellectuelle qui ne relève du domaine de l'opinion, du sentiment et de la conviction.

Il a fallu pas moins à Raul Hilberg de 1099 pages d'écriture serrée et imprimées en petits caractères pour que nous puissions commencer à comprendre les abîmes de l'horreur nazie.

L'extermination ce sont d'abord des tueries à l'arme classique. Les camions à gaz transformés en chambres en gaz ont été construits pour éviter que les soldats ne vomissent de trop, et ainsi les "préserver" du spectacle des sauvageries qu'ils accomplissaient.

Que peut valoir une "opinion" en forme de croyance, séduisante pour certains que parce qu'elle est dissidente, au regard du travail d'inventaire considérable que réalisait au même moment un Raul Hilberg ?

Quelle peut être la valeur d'une liberté d'expression quand celle-ci se plaît à contourner et à ne pas regarder en face un tel monument des faits de l'horreur et du crime ?

Laurent Dingli

Je rejoins en tous points le commentaire de Véronique Raffeneau. Sans même parler de cette dernière pitrerie abominable, je ne crois pas que ce Monsieur Dieudonné ait jamais apporté une quelconque contribution à la liberté d'expression, comme vous dites. Et, depuis quelques décennies, celle-ci devient trop souvent le paravent de la bêtise.
Je passe sur la psychologie de drugstore de Jean-Dominique Reffait, qui m'a offert la minute comique de la matinée. Ah ! on n'avait pas compris que Dieudonné voulait mettre en réalité Faurisson à l'index... Diable ! Qu'est-ce qu'on est bête tout de même. Il est vraiment très fort ce Jean-Dominique Reffait, Freud et Lacan doivent pâlir d'humiliation dans leur tombe en découvrant d'aussi subtiles réflexions.
Passons aussi sur le lobby juif des médias dont nous rebat les oreilles M. Lacheb-Boukachache, lobby juif qui empêcherait les grands talents (comme lui) d'obtenir le succès qu'ils mériteraient (Mais il s'agit sans doute de sa liberté d'expression).
Passons enfin sur les fans de Dieudonné, comme ce "Fan Fan l'ortille" ou ce "justicier" qui devrait essayer de rendre justice à la langue française plutôt que de débiter autant de pauvretés.
Allez, c'est décidé, j'arrête les blogs !

Fan fan l'ortille

dieudo, dénonce par le rire l'abject, c'est une résistance intelectuelle contre ces gents qui se sont incrustés dans ce systéme et ces médiats, qui nous disent comment pensé, jusque dans les écoles primére et dans le cérveaux de nos enfants, tout nous est dictées et particuiliérement l'histoir qui bizarement n'est pas la méme dans tous les pays quand ils s'agit d'une méme histoir, avoir le droit de remétre en quéstion ceux qui nous dictent le bien et le mal fait partie de la vie, et nous avons renoncé a cette vie qui avais le pouvoir de nous amélioré, car ceux qui nous enpéche de pensé sont les vrais énemis de peur que l'on trouve de nous méme une veritée car nous somment doués de pensé et de résonnement et ils le savent. n'oublions pas qu'ont est dans un monde sans débats, avec une restriction de la pensée, la verité c'est que ces penseur officiel on peur d'un débat d'égal a égal avec les dieudo, les forissons, les marc édoir nab, etc... car ils savent qu'ils n'on pas de bagage, leurs seul répons c'est tait-toi et pose pas de quéstions ou alors t'est un entisémito-révisioniste alors nous n'avons plus qu'a nous taire, et au jour de notre mort, ont auras compris que l'ont a fais parti de ces gents qui n'ont jamais eu de courage ne serai-ce de pensée .

sbriglia

Dieu a aussi donné Primo Levi...


Polochon

Comme quoi, toute liberté trouve ses limites !
Mais chacun met la barre à son niveau.

gregA

Je pense que le style humoristique de Dieudonné est rattaché à la provoc et à la dénonciation de la marginalisation sous toutes ses formes.
De ce fait, quand on va voir Dieudo, on sait ce qui nous attend, le public est averti avant d'y aller. S'en plaindre reviendrait à porter plainte contre les stations de skis parce qu'on a attrapé froid.
Je ne comprends pas pourquoi tout le monde s'en prend à Dieudonné, le tabac tue des millions de personnes et pourtant on n'interdit pas à Gad Elmaleh de faire un sketch sur la cigarette.
Quand Dieudonné a fait un sketch sur les baleines en detresse, Greenpeace ne l'a pas attaqué en justice.

Qui décide pour moi de ce qui doit être important ou choquant à mes yeux ?

Je crois que Dieudo est un comique et pas un criminel, et tout les personnages publics ne peuvent malheureusement pas en dire autant.

Eric Nicolier

J'ai toujours du mal à comprendre les appels à ne pas relayer une information, à ne pas lui donner la place qu'elle mérite. Indifférence ? Silence ? Sûrement pas !

Mais comme le dit Nathalie dans son commentaire, de tout ceci, le plus inquiétant n'est pas le "coup" de Dieudonné, c'est de voir que 5000 personnes applaudissent Faurisson dans un Zenith. Il faut quand même si pincer pour le croire. Pourtant c'est bien réel.

A moins qu'une partie de l'assistance ne sache même pas qui est Faurisson ? Je ne l'exclus pas d'ailleurs.

Marcel Patoulatchi

En effet, la liberté d'expression, c'est aussi des messages tels que celui du « justicier », reposant sur une délirante idée de complot (c'est qui le « ils » ? un groupe homogène ? ou un groupe hétérogène, mondial, et pourtant convaincu d'aller dans le même sens), dans la droite ligne des théories de Robert Faurisson et cie, théories qui n'ont aucun fond de cohérence si dépourvues du postulat d'un complot juif mondial contrôlant les médias.

Ouziz

Tous d'abords j'aimerais revenir sur cette polémique lorsque Dieudonné à jouer ce fameux sketch qui lui à valu les foudres des médias et du gouvernement français.
Nous somme en France et de ce faite nous vivons dans un état libre ou tous individu est libre de s'exprimer.
Comment peut on expliquer le lynchage qui la subit à la suite de son sketch on lui à couper "les vivres" on lui à interdit de s'exprimer alors qu’il ne faisait que son métier.
Pourquoi?
Il n'adhère pas à la pensée commune ? Peut être ?
Ce qui est positive dans le discours de Dieudonné c'est qu'il prend des risques dans ses propos contrairement à la majorité des artistes d'aujourd'hui qui ne prenne aucun risque leurs discours sont communs, vulgaire et qui plairas au plus grands nombres.
Dieudonné lui dit ce qu’il pense il ne se cache pas il est honnête avec lui et honnête avec son public, il n’est ni antisémite ni partisans du FN, il est pour la LIBERTE D EXPRESSION.
Il ne sait pas tout mais contrairement à certains (qui le condamne) il est ouvert au dialogue.
Il ne partage pas les idées de Le Pen mais il à le droit de marcher avec lui, il ne partage pas les thèses de Faurisson mais il à le droit de l’invité.
Nous sommes en France et chacun est libre de s’exprimer et de côtoyer qui il veut.
Lors de son sketch sur France Télévisons le public comme les protagonistes du plateau été en plein fou rire lors de son spectacle au zénith le public été en plein fou rire.
Dieudonné plait au public c’est indéniable il à un talent fou il fait rire en réveillant les consciences sur le monde qui nous entoure.
On à besoin des gens comme lui qui nage à contre courant pour certains ou au contraire dans la même direction pour d’autre.

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