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Voici les sites qui parlent de Un zeste de Ferrara avec du rap ! :

Commentaires

mike

Au fond, si le jugement rendu me convient, la justice est de qualité ; dans le cas contraire la justice ne vaut rien.
Ce mode de pensée, de plus en plus répandu, nous ramène tout droit à la justice du Far West. Peut-être notre société actuelle, bien malade, souhaite-t-elle ce retour ?

Alex

Mais, lorsqu'un avocat tient de tels propos, où sont les magistrats du ministère public ?
Quand je regarde la télé, je vois un procureur sur les lieux de chaque fait divers, interrogé "à chaud" sur les premières investigations, alors même que l'affaire n'en est qu'à ses débuts.
Mais une fois que la Justice est passée, que la décision est rendue après un procès public, plus rien : les parquetiers désertent les marches du Palais, laissant les avocats refaire le procès sans risque d'être contredits.
Pourquoi les magistrats du parquet acceptent-ils de s'exprimer sur les premiers tâtonnements d'une enquête mais pas sur la vérité judiciaire décidée par un tribunal ou une cour d'assises ?
Il y a là une anomalie qui permet à tous les plaideurs mécontents de salir la Justice à bon compte, et de faire passer leurs clients coupables pour des victimes de l'institution...

Aïssa Lacheb-Boukachache

@Nicolas


Très intéressant. Cependant, Abd Al Malik se la fait un peu facile et on la lui fait un peu facile partout les médias parce qu'il est tout miel, tout sirupeux, tout dans le ton bien pensant ... Le petit Jésus est déjà passé par là, il y a deux mille ans, on connaît ce discours et il était même bien mieux écrit et psalmodié ... La suite, on la connaît: deux mille ans d'iniquités qui continuent plus que jamais ... Comme pour Molière, on met celui-ci en avant pour mieux éclipser voire dénigrer les autres qui ont fait, eux, autant le boulot quand ce ne serait plus et mieux, avant comme après lui. A lire certains, le théâtre commence et s'arrête à Molière; tout le reste, néant ou presque. En musique, pareil Mozart. D'ailleurs, remarquez que ces deux-là plus qu'encensés aujourd'hui furent ceux-là mêmes dont leurs maîtres jetèrent aux ordures la dépouille une fois morts; c'est dire la considération humaine et artistique qu'ils leur portaient ... La vertu -oui VERTU!- du Rap destructeur et précisément d'avoir mis chacun face à ses responsabilités dans une société où c'est toujours la loi du plus fort la règle. Sans ce Rap de la haine d'une société foncièrement pourrie dans ses séculaires fondements inégalitaires, d'une justice pareillement constamment insane et partisane qui se pose par-dessus le marché comme une donneuse de leçon et une autorité quand sa crédibilité auprès du peuple n'est plus qu'en lambeaux depuis déjà de par ses innombrables arrogances, abus de pouvoirs, mépris des gens, toute puissance sans condition, sans ce Rap donc, personne, sinon ceux qui le vivaient -vivent- au quotidien, n'aurait songé à voir et comprendre ce que devenait -devient- la jeunesse de ce pays, cet abandon massif de celle-ci par toutes les institutions, ce laisser-crever politique, personne, et commencer de prendre enfin des décisions globales pour remédier à ce terrible constat social. Le Rap, c'est de l'insurrection légitime, de l'exigence et de la responsabilité politiques, c'est-à-dire une mise en demeure à ceux-là qui sont élus de gouverner pour tous et non pour quelques-uns uniquement; Abd Al Malik c'est de la variété; qu'on ne mélange pas les genres. A partir de là, je n'ai rien contre lui, mais à tout prendre, je préfère encore Grand-corps-malade ...


Transition.


Merci LABOCA et merci J.D.Reffait pour vos interventions pleines de bon sens, autrement argumentées, notamment celle de LABOCA qui se trouvait, lui, sur les lieux de ce procès honteux. J'ai cru être seul face à tant de béni oui oui ...


Aïssa.

un avocat innocent

Pour un avocat un citoyen, même avocat, est TOUJOURS présumé innocent.

Et pour un avocat général ?

cissé

Le mépris pour un pan de la culture en vaut la méconnaissance.

Et puis l'écriture est belle quand elle va avec son temps.

Molière écrivait bien pour son temps.

Certains rappeurs aussi pour le leur, mais les avaient-vous jamais écoutés, avant de juger ?


bruno

Cher monsieur Bilger
Vous invitez des gens à dîner, ils crachent dans la soupe, ils vous quittent en rotant et en piquant l'argenterie, c'est ce que je ressens en lisant certains posts...

nicolas

@Aïssa

Abd Al malik est porteur d'un message constructif, tourné vers l'avenir. Il dit que vivre ensemble est le vrai défi du 21ème siècle. Je trouve que c'est bien mal le connaître que d'affirmer qu'il dit que "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil".

Jean-Dominique Reffait

Servez chaud ! Il y a des mots qui fâchent : avocat, Szpiner, rap, ça c'est pas bon au petit-déjeuner de Philippe. Envie d'en découdre, mais ne peut pas, saleté d'hermine qui serre la gorge ! En forme de prière : voyez comme je suis réservé, tellement je suis réservé, tellement je suis magistrat, tellement je me contrôle, alors libérez-moi, haro mes commentateurs, taïaut, taïaut, on a lâché un Szpiner dans le bois rien que pour vous, faites-lui un sort !

L'ami Francis sait être outrancier, son propos est outrancier mais il est aussi stratégique dans une logique d'appel : l'outrance n'est pas la chasse gardée des avocats, la justice se radicalise, s'affirme de plus en plus violente, les magistrats ne sont pas en reste et l'outrance est bien partagée. Comment dit le procureur de Montgolfier, une fois assis sur le banc des prévenus ? Ah oui : « Une justice impressionniste ». Lui il découvre tandis que nombre de justiciables savent depuis longtemps.

L'ami Francis se retrouvait face à une présidente qu'il avait découvert en 2000, Janine Drai, à qui il a collé une fracassante cassation assortie d'une pétition de magistrats contre elle. Une manipulatrice de haute volée, bien jolie certes, mais d'une malhonnêteté intellectuelle difficilement égalée. Un compte à régler avec cette caricature de magistrat, mais Szpiner savait très bien, dès le départ du procès, que c'était cuit pour son client, parce qu'avec Janine Drai, c'est toujours cuit, elle contrôle intégralement son jury et organise le bazar à l'audience pour mieux déterminer l'intelligible de l'inintelligible dans l'esprit de jurés bouleversés.

Déclasser Molière au profit du rap ! Cette écriture lourdingue bourrée d'adverbes dont les effets pèsent des tonnes, comparée à ce grand maladroit qui fit un jour Alceste ! Je serais le premier à louer toutes les bonnes intentions des rappeurs si seulement leur texte sentaient moins la besogne, mais ça transpire la rime mirlitonnée, la poésie adolescente et boutonneuse, le pastiche baudelairien que sert un oncle prétentieux à la fin d’un banquet de mariage. Le verdict est en délibéré pour dans trois siècles, nous avons le temps et d’entendre encore longtemps des bêtises et de constater l’effondrement des fausses audaces de notre temps.

sbriglia

Il se demandait avec mélancolie pourquoi un tel homme conservait des cicatrices aussi disproportionnées au regard des blessures qui les avaient causées... Qu'il soit affligé par les commentaires indécents d'un avocat, de grand talent au demeurant, lequel usait de son droit à maudire ses juges et humilié qu'il soit par ailleurs que la plaidoirie à l'éloquence flamboyante dont il avait usé se dégonfle comme une outre remplie de vent, que celui-là s'émeuve ainsi d'une saillie de comptoir et en vienne à commettre un billet aussi vengeur ne pouvait qu'interpeller...

Que, bien plus, les pages insignifiantes d'un journal - d'évidence assez racoleur pour que lui aussi succombe à sa lecture - se fasse l'écho des sornettes de tel ou tel inconnu en verve de publicité, et qu'il en éprouvât aussitôt l'envie de sortir l'épée de son fourreau, ne laissait pas, chez ses habitués, de susciter une commune et attristée perplexité...

A tout le moins les masques tombaient : tel, qui se vantait il y a peu d'avoir Zweig en chevet, était surpris à conchier Molière et révélait ainsi sa nature profonde, tel autre, si prévisible dans son aigreur confite, se caricaturait une fois encore...

La fraîcheur venait de la jeunesse, de cette petite voix nouvelle, revêtue des charmes de l'humilité, cette antichambre de toutes les perfections... Natoussia, cette Antigone qui disait son fait à Créon...

Noël n'était pas la période idéale pour écrire, tout juste pour recevoir des prix...


Grain de poivre

J'aime bien quand vous êtes remonté comme une pendule ! A propos du rap qui est mieux que Molière, ça me fait penser à des déclarations dont on nous a gratifiés dans les années 80 : les auteurs de chanson (j'adore la chanson française) étaient tous promus poètes et les artisans artistes, par exemple un menuisier devenait sculpteur sur bois. Plus personne n'y pense et c'est passé de mode.

Marcel Patoulatchi

« [FF]
Dédicacé a ceux qui rappaient sur Beat-Box.
C'est pour Le 1.3
[Pit Baccardi]
Le 20-1, et tu le sais.
[G-Kill]
Pour le 7.7.
[Expression Direkt]
1 pour le nessbi, 2 pour le 7.8.
[Diam's]
91, Laisse-moi kiffer la vibe
[Booba]
C'est pour mes kho.
[Ali]
du 92.
[Lino]
Fais péter les watts pour le 95.
[Jacky]
Ouais calmement.
[Joey Starr]
9.3 connection bébé.


[Rohff]
Housni bien bonhomme est l'attitude
Du M.I.C. je tire dessus, ton corps titube
Catastrohff, j'suis v'nu chanter mon p'tit tube
J'lâche un missile SCUD en direct de la banlieue sud


Si t'as la plaque 9.4
T'arrives à Bastille, aux Champs-Elysées
Rafales verbalisées
Baisse les vitres fais-les baliser
Le Val de Marne mon deuxième pays
J'ai escaladé Mont Mesly
Atteint le sommet l'Abbaye
94 Mousqueton
Accueilli avec des pochetons de ske-kun
Des combats de pits qui aiguisent leur chicos sur le béton
Sortit du dépôt j'remets les lacets au palais
Y'a pas plus cheum que vos balcons
J'm'arrache a la ville du joint
Joinville Le Pont
Dédicasse aux Sablières malgré un manque de respect en boîte
J'reçois un verre dans la bouche et j'te couche avec une droite
Donc on est quitte
C'est pour mon équipe des Bordilières
Belax, Bibax, La Section, des Crapulax en p'tite excursion
À 300km dans les raves en forêt
À fourguer du tcherno
Des tripes en carton à la mettre à ces enfoirés de pecno
Fuck la Techno
C'est d'la musique de drogué
Par les lassos contre un portable mon album s'fait troquer
En calèche, les graines du bitume ont fleuri
évasion à la Kalash à Fresnes
C'est pour le D1 à Fleury
C'est pas la Floride
Ca frôle la folie
Cagoule, brolik
Derrière les thunes, comme un chien derrière les frolics
Foulek mais toujours poli
Solide à bord d'un bolide
Coup de frein à main avec une hanzet un peu jolie
Ca tourne pas pour viol ou des trucs péraves
Que des trucs Braves
Tah la Montreuil, c'est la tchourave avant la bicrave.


Refrain :
Pour les gros et les petits torses, 94
Cagoulés à la FLN Corse, 94
S'tapent même avec une entorse, 94
Tu sais que l'union fait la force, 94
Sanctions et rapports de force, 94
Armes blanches, monnaie fausse, 94
La charge d'un rhinocéros, 94
Roue arrière en CBR, beau gosse, 94


Cacahuète, balayette, pirouette
Besoin de renforts aux Alouettes
Tire derrière les volets de ta fenêtre
C'est pas net aux planètes, Maison Alfort-Ville
et les banlieues limitrophes
Mes rimes défilent c'est pas du morse
Morfle c'est Catastrohff qui t'offre un tour dans l'coffre
Coffre mon CD en retour de perm en semi liberté
La vraie richesse est dans le Dä¬n
Corrige ton orgueil
Pense plus à la mort
A l'accueil dans l'cercueil un clin d'oeil
Au Braquage de la Brink's à Arcueil
Tah la Heat c'est le mythe
Pshatou ceux qui ont désarmé
menotté les schmits
Selmik
Essaye de franchir notre seuil par Bicêtre
Avec un peu de chance les Martinets feront preuve d'hospitalité
Sinon pas loin y'a les urgences pour t'faire hospitaliser
électrochoc, scalpel, aussi vont t'brutaliser
Te scolariser
A l'école, la ruée vers l'or, une vie de juif
S'alcooliser, fumer en avoir un grain finir à Villejuif
Devenir la risée des sales gamins
Détruits par la tôle, la fiole, faire des sacs à mains
A la trentaine
S'mettre en cavale tout seul, shrab Ben Laden
Sur une 103 avec un douze, un pack de 12 d'Heineken
Yeah
Qui tape un poste, tape une Poste
Fait mal au crâne au chef de poste
Y'a pas de bavures, nous ça riposte
Yeah
Ils nous arriveront jamais à la cheville t'as vu
J'connais je vis la rue
Des Nosets à Lamartine jusqu'à Chevilly Larue
Sur la N7 accélération
Pour la 9.4 Célébration
Compteur bloqué en agglomération
Même les motards freinent, pas d'amélioration
Malgré Sarkoz, de vice on l'arrose
C'est pour les cités de Fresnes et L'Hay les Roses
Le 9.4 défouraille dans le champs
Pris en chasse de Cachan
A Thiais, les Grand Champs
Sous le capot c'est l'hippodrome de Longchamp
4 Sorties de pot, des étalons avec des longues jambes


Refrain


On t'l'enfonce comme un Zamel
Défonce comme le Zamal
T'arrives de porte de Choisy avec un Nounchakou artisanal
Y'a que les montagnes qui se rencontrent pas
A la pompe à essence d'Ivry
Conduite en état d'ivresse sur le son, Mafia K'1 Fry
9.4 ton pire ennemi
Depuis Jacques Mesrine ça part en vrille
A la cité auch les Pyramides
Barbusse d'Ivry ou de Vitry
Villes de communistes


Même avec Tati la vie est triste
Toute la jeunesse au Hrebs
Rien que des récidivistes
Un nid de braqueurs, dragueurs
Même les ripoux et les femmes flics
Préfèrent bosser dans le secteur
Que s'faire ken par leur époux
Criminel pour Choisy Gabriel
Jacques Cartier Yeah
Lä où ça saute du 4ème étage quand la BAC attaque au bélier
J'prends en otage le rap Français
J'le mets paro comme au Saules, la Sablière, Alfred de Musset
Passe le Salam aux cités de Villeneuve Le Roi, St Georges ou Bonneuil
Joue pas l'américain les mecs verront toujours d'un bon oeil
Enferme les chbebs, les poucaves faut les humilier
Si ils me disent Rohff aide-nous
Tiens un coup de genou pour Villiers les Hautes Noues
Si y'a embrouille entre cités
Faites la paix, le commissariat craint l'émeute au Bois l'Abbé
V'la les bananes qu'on te met
Ca baise tout même Geneviève de Fontenay
Pour Sucy, Boissy, Neuilly et le Val de Fontenay
J'étais au zoo de Vincennes pour un parloir sauvage
Si tu fais les fils surveille pour Charenton et Limeil
Stoppez les teintures et la laque
Ca fait faux rebeus, faux blacks
Cramé que t'as poussé chez oit pour t'mettre torse nu au lac
Joues pas le fou mec, Hala Belek
Quand tu me vois marcher seul à Créteil-Soleil ou Bel'ep


Refrain


Gentilly, Barbusse Choisy, Champigny les Boullereaux, La Varenne , St Maur, Chennevière, Ormesson, Plessis Trévise, Valenton, Nogent, Vitry Sur Seine ! ! ! ! ! ! ! !


[Snoop Dogg]
D.P.G.C, You can't stop my nigger Rohff ! »


Assurément, Rohff ne joue pas dans la même catégorie que Molière.

christianL

@Réflexive
Bonjour. Je connais le 353 CPP. Votre réponse ne fait cependant que confirmer mon raisonnement. L'intime conviction, certes prend son fondement sur des éléments de preuve plus ou moins consistants, mais dans notre système pénal, la décision de juger donne au(x) juge(s)la pleine liberté d'apprécier la culpabilité sur le fond - en jargon juridique. Ce qui n'exclut pas, quoiqu'on en dise, d'expédier parfois au trou un innocent. Au nom de la "conscience, des impressions et de la raison (?)" d'un juge. Et n'oubliez pas que la loi autorise aujourd'hui - Dieu merci - le principe de double juridiction c'est-à-dire de faire appel. Sinon...

LABOCA

Je ne comprends pas très bien les façons de faire de Monsieur l'Avocat général Bilger dont la volonté de se montrer systématiquement partial commence à inquiéter. Mais je ne m'étonne pas de sa position relativement au verdict dans l'affaire Ferrara. Son esprit partisan est tout entier dans la défense illimitée de la corporation à laquelle il appartient. Monsieur l'Avocat général Bilger ne pourra pas prétendre que je manque d'objectivité à son égard puisque, librement, il écrit ceci : "Il faut se retenir, garder son calme de magistrat et de blogueur devant certains propos d'avocats".
Par là, il montre que son statut de magistrat l'emportera toujours sur sa qualité "ontologique" d'être humain, donc de personne dotée de liberté.
Comment un homme mandé pour appliquer la loi des hommes après avoir prêté serment, peut-il violer sciemment et publiquement celle-ci en reprochant à un avocat d'avoir tout mis en oeuvre pour obtenir l'acquittement d'un client jugé par une cour d'assises? La constitution française, le code civil, le code pénal, la déclaration universelle des droits de l'homme et la convention européenne des droits, pour ne citer que ces instruments juridiques, consacrent le droit de chaque être humain de se défendre, soit par lui-même, soit par un avocat. Je crois savoir que tous ces textes s'imposent aux magistrats, en dépit de leur pouvoir d'envoyer en prison les gens qu'ils veulent bien y voir croupir.
Je ne suis pas un ami de Maître Szpiner : Monsieur l'Avocat général Bilger ne pourra prétendre que j'ai été missionnée pour critiquer son partial billet.
Je veux seulement être assuré par Monsieur l'Avocat général Bilger qu'il n'est pas favorable à la suppression des avocats.
En effet, même si les avocats sont utiles, je pense aussi que le génie humain est capable d'inventer un système dans lequel la défense des droits humains pourrait parfaitement être assurée sans recours à nos avocats actuels. J'aimerais que Monsieur l'Avocat général Bilger, dont l'expérience du monde de la justice des hommes est indéniable, me dise s'il adhère audit système. En cas de réponse affirmative de sa part, il faudrait alors supposer qu'il est habité par la conviction que seuls les magistrats seraient capables de protéger les droits humains.
J'ai assisté à un certain nombre d'audiences dans le procès Ferrara.
C'est un procès à oublier, c'est un véritable gâchis : je comprends que Monsieur l'Avocat général se soit abstenu d'en dire un mot, se contentant d'attaquer sans raison Maître Szpiner qui, comme les autres avocats - dont Maître Ripert -, aura essayé d'obliger la Cour à respecter la loi qu'elle prétend servir. Ce procès a aussi été l'occasion pour les avocats de critiquer l'inhumanité des geôles installées au TGI de Paris. Sauf erreur de ma part, je n'ai pas trouvé un billet de Monsieur l'Avocat général Bilger relayant ces critiques dont la puissance et le bien-fondé ont contraint la Cour à aller constater elle-même cette inhumanité.
N'étant pas avocat, je m'interdirai d'entrer dans une explication technique des éléments du procès. Mais je préviens les uns et les autres que mes responsabilités m'ont amené à m'intéresser un peu au droit, y compris le droit pénal. Je suis donc capable, bien que ne possédant pas une maîtrise en droit - condition de diplôme requise pour être créé magistrat ou avocat -, de comprendre très bien un procès.
Aucun accusé, aucun témoin n'a dit à la Cour que Maître Karim Achoui avait de près ou de loin concouru à l'évasion de Ferrara. Je dis bien : aucun!
Même l'ex-épouse de Maître Achoui, fille d'un haut fonctionnaire de police, n'a pas osé affirmer le contraire, même si le procès a montré qu'elle détestait son argenté ex-mari. Maître Stéphane Sébag, appelé lui aussi à témoigner, a dit clairement à la cour que Maître Achoui ne l'avait pas envoyé auprès de Ferrara pour lui dire que le plan de son évasion serait bientôt exécuté.
Incapable de rattacher la responsabilité de Maître Achoui aux considérations tirées du mot "baveux", la Cour n'avait pour semblant d'élément de preuve que le témoignage d'un autre accusé. Le travail de Maître Szpiner - l'un des trois avocats de Maître Achoui - a donc consisté à montrer à la cour que ce témoignage contre son client n'était pas, pour différentes raisons, sérieux.
Un intervenant sur ce blog a semblé dire que Maître Achoui a été condamné parce qu'il est arabe. Je suis incapable de dire s'il a raison ou tort.
La seule chose dont je suis sûr - je précise que j'ai suivi le procès, moment considéré dans nos sociétés occidentales comme d'établissement de la vérité -, c'est que la cour n'a pas été en mesure de prouver l'implication de Maître Achoui.
Voici ma pensée.
Maître Karim Achoui a dû déranger le monde des magistrats par son travail de défense acharnée de ses clients. C'est un avocat qui, si on en juge par son style vestimentaire et son train de vie, a gagné beaucoup d'argent. Forcément il a été jalousé aussi bien par des fonctionnaires que par des salariés incapables de se hisser financièrement à son niveau. Ces fonctionnaires et ces salariés ont-ils cherché à prendre leur revanche?
La question peut être sérieusement posée, surtout si on songe que Maître Achoui a aussi la particularité d'être un arabe, c'est-à-dire d'appartenir à une catégorie raciale ou ethnique dont j'espère que Monsieur l'Avocat général Bilger m'accordera qu'elle est généralement détestée en France aussi bien par les élites que par le peuple.
Même si je ne suis pas un proche de Maître Achoui, même si je n'ai jamais reçu le moindre euro de la part de celui-ci, je ne peux pas ne pas me sentir touché par ce qui lui arrive. Je suis vraiment blessé qu'un jeune arabe ayant entrepris de gagner honnêtement sa vie en France voie sa vie anéantie du fait d'une décision prononcée sans fondement par une institution qui a la prétention de représenter la justice des hommes. Cette décision fait manifestement désordre, au moment où les jeunes français issus de l'immigration africaine et maghrébine s'emploient, en manière de riposte aux propos irresponsables de Finkielkraut, de Zemmour et autres faux penseurs de la crise française, à gagner leur vie par le travail et la mise en oeuvre de l'intelligence.
J'ai évoqué plus haut le nom de Maître Ripert, pénaliste grenoblois. Il a été récemment poursuivi par un magistrat de province qui lui reprochait le délit d'outrage à magistrat. Maître Ripert a contesté ce reproche, tout en faisant valoir que les propos tenus par l'avocat dans le cadre du procès étaient couverts par l'immunité. L'avocat grenoblois a surpris les procureurs et autres juges en s'étonnant que si un avocat plaidant courait toujours le risque d'être poursuivi par un magistrat, l'inverse ne se rencontrait pas : dans l'affaire, le magistrat, adversaire de Maître Ripert, avait traité celui-ci d'"avocat indigne".

catherine A.

Le choc des mots. Est-ce un effet du grand froid, ça chauffe dans ces colonnes ! La phrase reprise du rappeur, et si c'était un clin d'oeil, une façon très efficace de dire sans avoir l'air d'y toucher que ce rappeur a forci du tour de tête ? Elle vaut en tout cas tous les commentaires ironiques ou désobligeants qu'aurait pu faire le journaliste.
Quant à la phrase de Szpiner, je m'étonne qu'elle vous étonne. D'abord c'est du Szpiner tout craché, voix de basse savamment travaillée et grande gueule, qui joue plutôt bien son rôle dans des procès de plus en plus théâtralisés. Cela n'exclut pas pour autant que Maître Achoui paye une réussite forcément perçue comme douteuse et arrogante. Car cette "intime conviction" qui tricote les peines, une fréquentation un peu assidue des Assises permet de constater quelle catastrophe elle peut être, quelle perversion de la démocratie (je sens que je vais entonner un de mes couplets favoris donc je me calme). C'est sur la tête du "client" qu'elle repose le plus souvent et il y a des bonnes et des sales têtes, c'est comme ça. Lequel d'entre nous n'a pas des "têtes qui ne lui reviennent pas" ? Pas moi en tout cas. Je n'en suis pas fière mais dire le contraire serait mensonge. Que certains aient envie de se faire un avocat je n'en doute pas, ce doit être assez jouissif ; comme de se faire un magistrat ou un journaliste. Certains ici ne loupent d'ailleurs jamais une occasion. Ne dédaignant pas, comme vous je crois, la provocation M.Bilger, je leur en offre une autre sur un plateau. Mon petit cadeau de Noël à la veille des vacances...

Leo...

Merci Laurent Dingli,
vous m'avez retiré de la plume les mots que je n'aurais pas su si bien écrire.
Monsieur Bilger, je vous suis sur les propos inadmissibles tenus par Maître Szpiner, mais m'éloigne quand vous comparez le corporatisme des avocats avec celui des magistrats. Trop d'exemples prouvent votre erreur.
De grâce, ne nous donnez pas cette image du ministère public.

Humaniste

"l'avocat est TOUJOURS présumé innocent"

Je dirai même mieux : le prévenu est toujours présumé innocent.
C'est un fondement du droit non ?

Quant à Maître Achoui, force est de reconnaître qu'on l'a condamné sans preuve et on se demande alors pourquoi on l'a condamné.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Une chose médiatique, de presse précisément, grave, n'est pas les propos de ce rappeur Rohff au Parisien qui font bondir ceux (pardon, cher PB) qui pointent en l'occurrence la futilité en lieu de l'essentiel qui s'avère, lui, souvent -ici c'est le cas- autrement odieux et redoutable. Voici, que l'on lise plutôt, je transcris exactement, mot à mot, guillemet à guillemet:

"Figure de la communauté juive new-yorkaise, le "génial" financier était très présent dans ses activités caritatives, académiques et culturelles, ainsi que dans l'organisation du soutien financier à Israël. Parmi les nombreux "amis" qui lui avaient confié la gestion de leur portefeuille, on trouve certains des plus riches juifs américains, de vieilles familles de Long Island et de Floride.". BERNARD MADOFF, L'HOMME AUX INVESTISSEMENTS DE "HAUTES ETHIQUES"./ Le Monde.fr/ mis en ligne le 15-12-2008 à 14h59.

Le Monde.fr. Ainsi, ce journal sérieux a trouvé nécessaire de préciser que ce Bernard Madoff est Juif et qu'il a beaucoup d'amis juifs, d'Israël même ... Est-ce une information, ça, dans ce pur contexte de délit voire crime de droit commun? Que signifie-t-elle réellement? En quoi cela change-t-il la nature de la révélation et l'information de ce énième scandale financier? Est-ce plus grave? moins grave? parce qu'il est Juif. Que cèle pour le Monde cette révélation de la judéité de cet homme auteur de cette fraude financière, qu'il a pensé impérieux d'informer le lecteur de celle-ci, sa judéité, couplée, dans l'article, à sa fraude?

Il ne s'agit plus des pages peoples du Parisien, dans ce cas, mais des pages économiques du Monde, c'est autrement rigoureux. Alors, pourquoi cette "information" non informative absolument ou, à tout le moins, singulièrement informative? Si le Parisien, via Rohff, dénigre Molière, est-ce que nous n'assistons pas, là, de par le Monde cette fois, au dénigrement général des Juifs via Bernard Madoff?

Il serait intéressant de lire à ce sujet les explications voire justifications et arguments des rédacteurs de cet article du Monde. Car enfin, on sait bien que la pourriture se dissimule souvent sous des apparences anodines, mettons, cette fois, d'information libre et documentée. Sommes-nous ici en présence de cette pourriture? ("Léon dit que les chiens enragés sont beaux. Je le crois"/René Char/ Feuillets d'Hypnos/1940-1945). A vous le Monde, si vous daignez, naturellement, expliquer à vos nombreux lecteurs pourquoi il était nécessaire pour vous de préciser en longueur que cet escroc financier est Juif ...


Aïssa.

Laurent Dingli

Aïssa Lacheb-Boukachache,
Que vous pensiez que Molière ne soit pas un génie ni même le meilleur des auteurs dramatiques français est votre droit le plus strict, et personne d’ailleurs ne vous le conteste. Mais limiter cet auteur à un courtisan servile de Louis XIV témoigne de votre méconnaissance de cette période et, pour tout dire, de votre manque total de subtilité. Le jour où, dans un pays absolutiste comme l'était la France catholique du XVIIème siècle, vous serez capable d'écrire l'équivalent d'un Tartuffe, nous en reparlerons ; le jour aussi où votre "servilité" vous conduira de manière paradoxale à être finalement censuré temporairement par le pouvoir, dont vous seriez soi-disant, l'hagiographe, votre position paraîtra nettement plus crédible. Mais, en attendant je crains qu'elle ne passe, encore une fois, comme un aboiement de plus et une stérile rodomontade.
Vous nous infligez une sorte de vaste fatras indigeste où s'opposent les mères infanticides du monde rural et un Molière burlesque transformé en cireur de chaussures. C'est, au mieux, du mauvais Pif gadget.
Vous affichez en outre votre mépris pour le chanteur Abdel-Malik, trop consensuel à votre goût. Curieux, là encore, que vous ne lui accordiez pas l’indulgence que vous ne cessez de réclamer pour vous-même. Qu’un chanteur de rap n’appelle pas constamment à la haine, mais à la réconciliation des différentes composantes de la communauté nationale, me paraît, quant à moi, un message bien plus intéressant et constructif que le vôtre. Vous avez votre opinion sur Molière ou Abdel-Malik, j’ai la mienne.

Réflexive

@ ChristianL
L'intime conviction ce n'est pas l'arbitraire ou le gros bon sens ; comme le dit la loi : art.353 du Code de Procédure pénale : "la loi leur prescrit de s'interroger eux-mêmes, dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : avez vous une intime conviction ?"
L'intime conviction se fonde donc sur des preuves ou des arguments, et non sur une simple opinion dénuée de fondements.

Laurent Dingli

Comme j'abonde dans votre sens, cher Philippe ! Je me souviendrai toujours d'un minable petit roquet, le chanteur Fersen, déclarer très sérieusement qu'on avait beaucoup exagéré le talent de Mozart et que tout cela était, somme toute, assez médiocre et très surfait. Vraiment, les imbéciles ne doutent de rien, et c'est l'une de leurs caractéristiques, depuis Marat traitant Newton d'imposteur jusqu'aux cas que vous citez aujourd'hui et qu'illustrent encore piteusement certains de vos commentateurs. Mais le pire, comme vous le soulignez à juste titre, c'est que notre société leur offre le podium sur lequel ils continuent de débiter leurs âneries.
Cela me fait songer à cette amusante réflexion de Cocteau que je cite de mémoire : c'est la faute des Encyclopédistes, ils ont dit à tout le monde de penser, il en résulte aujourd'hui que même la bêtise pense, ce qui ne s'était jamais vu...

Natoussia

Cher Philippe, je ne donnerai mon avis que sur Rohff (en tant que "jeune" et non juriste, je me sens plus qualifiée que pour commenter les propos de l'avocat).

Oui, ces propos sont marqués de vanité, certes, de bêtise aussi, nous sommes d'accord. Mais que diable, vous ne pouvez pas non plus ignorer la part de provocation gratuite dans cette réplique, justement pour titiller les "conservateurs" dont vous assumez faire partie. Et vous, cher Philippe, vous ne marchez pas, vous courez, vous sautez allègrement les deux pieds dans le plat à pieds joints ! Vous avez même, selon vos propres dires, "bondi"!

A mon avis, en disant cela, il souhaite simplement que les textes des rappeurs soient considérés autrement que des bafouilles de "racailles" psalmodiées dans des caves, dont l'unique but serait d'inciter ses auditeurs à avoir des rapports sexuels violents avec les représentants des forces de l'ordre, et voudrait faire reconnaître une certaine qualité d'écriture aux rappeurs, d'un autre genre que celle de Molière, mais valable.

Bref, je connais mal le bonhomme mais le soupçonne de simplement avoir utilisé un stratagème, faible, éculé, exagéré certes, pour briser les idées reçues sur le rap et en améliorer l'image. Ce qui, dans votre cas, ne fonctionne visiblement pas... Je ne pense pas, en tout cas, qu'il en ait contre Molière !

Tout ça pour dire que cette boutade ne valait même pas la dépense de temps et d'énergie que vous avez utilisés pour écrire ce bout de billet scandalisé !

Erig Le Brun de La Bouëxière

Trop d'avocats et de rappeurs ici, "ça m'saoule" comme disent les étalons de la nouvelle culture, qui valent mieux que Molière... J'me casse.

SR

Un rappeur peut débiter un tas d'âneries dans le Parisien (un pléonasme ?) on s'en fout complètement. Mais les âneries sorties de la bouche du Président et de sa cour sont plus inquiétantes car elles ont des répercutions sur la vie des citoyens.

Et s'agissant du verdict de Maître Achoui, on peut se demander s'il n'a pas eu une peine lourde pour son antipathie. Il paye son arrogance. Pour avoir été juré d'Assises et avoir assisté aux discussions, des frissons me parcourent encore tout le corps.

Maître Spizner n'a fait qu'exprimer ce que j'avais ressenti durant ces journées aux Assises: les juré(e)s sélectionné(e)s étaient dans l'intime conviction de la culpabilité du prévenu car ce dernier avait la tête de l'emploi*.

* Tête de l'emploi = gueule d'Arabe.

Criticus

@ Aïssa

Si le « sinistre boulet » qu'est pour vous Zemmour était d'aussi mauvaise foi que Me Szpiner, il vous traiterait d'antisémite.

christianL

Oh que si ! Ce procès est intéressant et instructif ! Prenez Achoui, cet "avocat marron" pour reprendre une expression lue plus avant. Condamné sur des preuves ? Quelles preuves ? Pas besoin ! Mais condamné quand même, par application du principe d'"intime conviction" qui permet d'expédier un individu, un jour -vous, moi - en enfer juste parce qu'un juge possède cette conviction (et, aux assises, la fait partager aux jurés, par son influence...). C'est pratique. Il n'y aura de Justice réelle dans notre beau pays que le jour où ce principe sera banni du Droit Pénal. Ce principe qui voudrait nous faire croire que les Juges reçoivent la Vérité du Ciel, tel Saint Louis sous son arbre.Cette réminiscence du passé dépasse l'entendement. C'est ainsi qu'un homme peut se retrouver derrière les barreaux ou être relaxé, c'est selon l'humeur. Selon l'humeur d'un juge, d'une cour, de l'opinion publique, aussi. J'aimerais que M.Bilger nous explique en quoi ce système n'est pas le pire qui soit. Et puis, "se faire" un Avocat,quelle douceur sucrée pour la magistrature et, surtout, rien que d'imaginer les bouteilles de champagne sauter dans les poulaillers, c'est à vous donner l'envie de fuir, loin... C'est Coluche qui disait que l'insécurité était là où paraissait la Police. Depuis Outreau et la récente affaire de Filipis,(quoique Bruay-en-Artois n'était pas mal non plus), on sait aussi que l'insécurité, c'est aussi les Juges.

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