J'avais l'intention de traiter du scandale de ces professeurs qui prônant la désobéissance civile décident de ne plus appliquer les lois de la République. Et leur seule sanction est une retenue sur salaire (Le Parisien) ! Ainsi, dans notre société, des maîtres, qui devraient être des modèles de civisme, de rectitude et de neutralité, peuvent se vanter d'une dissidence qui vient, quoi qu'on prétende, altérer le pacte démocratique en laissant croire que la France ne laisse pas d'autre choix à ses fonctionnaires que l'indignité ou la rébellion. C'est lamentable et honteux ! Cela ne risque pas de s'éteindre avec le retrait politique récent !
Si j'ai abandonné cette indignation en route, c'est que j'ai fini de lire le roman qui a obtenu le prix Goncourt cette année et, si j'ose dire, c'est un désastre qui mobilise encore plus dans l'instant. Le livre a pour titre "Syngué sabour" et son auteur se nomme Atiq Rahimi. Pourquoi pas ? Mais pour le reste, qu'il est mauvais !
Comment un choix aussi inepte a-t-il pu germer dans la tête des Académiciens Goncourt ? Pour priver les grands éditeurs du prix et donner l'impression d'une équité artistique, fallait-il vraiment aller distinguer cette succession de pages au style ridicule, médiocre et grotesque dans ses ornements, ses répétitions et ses afféteries ? La pauvreté du langage s'alliant à la préciosité des tournures, la sécheresse décharnée du récit à la puérilité des scènes, l'artificiel au pompeux - tout cela en 154 pages -, on s'interroge. Aucun autre roman n'était-il disponible ? Est-encore un effet du "littérairement correct" qui contraint les esprits les plus fins à plier sous le joug de la bienséance ethnique ? Est-il obligatoire, pour obtenir un triomphe de nos jours, d'être titulaire d'un patronyme qui, fleurant bon l'exotisme, fait croire à ceux qui le privilégient qu'ils luttent d'abord contre le racisme ? Pour la vraie littérature, on verra après !
Qui donc a osé promouvoir ce texte publié pourtant chez P.O.L., un excellent éditeur qui ne méritait pas de perdre son crédit avec une aussi lamentable victoire ? Comment se remettre d'un prix Goncourt pareil ? Atiq Rahimi est sans doute infiniment sympathique mais il a complètement raté ce livre et pourtant il gagne contre les autres romanciers en lice !
Quelques exemples, pour notre déplaisir : "Une. Elle attend. Deux. Elle s'arrête. Le flacon est vide. Elle s'en va.....Tout le monde se terre. Se tait. Et attend.....De nouveau, le silence. De nouveau, l'immobilité. Que des souffles. Longs. Et lents....La femme expire. L'homme inspire...etc ". J'ai beaucoup d'autres "perles" du même genre. Il y aurait de quoi rire tellement c'est caricatural.
Les Académiciens Goncourt ont-ils lu le roman ou l'ont-ils primé seulement en raison du nom de son auteur et à cause de son vide même, persuadés ainsi qu'on ne pourrait pas les taxer d'élitisme ?
Céline n'a pas eu le prix Goncourt. Atiq Rahimi l'a eu. Cherchez l'erreur.
De retour d'une charmante auberge familiale située au pied de la majestueuse Frankenbourg [ http://cid-ff7f2c5168893642.skydrive.live.com/self.aspx/.Public/Frankenburg.JPG ainsi que http://www.alsace-vosges-rando.com/04b_AlbumMain1.htm ] détruit par la foudre au 16ème siècle et qui s'est également signalée par des apparitions de la Vierge, je suis je pense dans les conditions du Jury du Goncourt pour apprécier leur sélection.
Tout en sirotant un thé bien chaud, je digère en effet une nage de langoustines au lait de coco qui fut précédée d'une mousse de betterave et d'une gelée de homard en amuse-bouche puis suivie de noix de Saint Jacques rôties sur une salade de haricots coco, herbes et pousses en vinaigrette acidulée, d'un carré de veau, ragoût de légumes oubliés, gnocchis de pommes de terre, de fromages d'ici et d'ailleurs, d'une gelée de pommes surmontée d'une émulsion de fruits rouges aux épices en prédessert puis d'un crémeux de chocolat fort sur une gelée de café, tuiles aux arachides et sorbet vanille, ainsi que en post dessert quelques mini réductions, et bien sûr café, Graves blanc, Pinot noir et (en apéritif) un verre de crémant d'Alsace au sirop de sureau!
Que vous restituer donc de ma lecture de ce roman qui nous fait attendre la page 86/154 pour évoquer enfin la fameuse Syngué Sabour, cette pierre de patience qui servait de siège à Adam au paradis?
Déjà que cette fameuse pierre magique à propos de laquelle est également évoquée la Ka'aba à La Mecque, l'ange de la mort et l'ange Gabriel qui en détiennent le secret, s'y présente métaphoriquement sous la forme du mari, héros blessé non pas dans un combat honorable mais dans, hélas nous est-il relaté, une simple et minable bagarre déclenchée par cette insulte proférée par un homme du même camp : "Je crache dans la chatte de ta mère!".
Bagarre qui l'a laissé vivant bien que dans le coma, aux seuls bons soins de son épouse, laquelle entre deux lectures du Coran, trois récitations de chapelets entremêlées des citations des quatre vingt dix neuf noms d'Allah dont le quatre vingt dix neuvième est "Al Sabour", "Le Patient", deux coups de balai et l'initation hétérosexuelle du jeune souffre-douleur d'un aîné, combattant sadique et pédéraste pillard, le nourrit d'eau salée-sucrée par perfusion, lui parlant de la première à la dernière page en un long, un interminable monologue à peine interrompu par les tirs de Kalachnikovs, les explosions et ses propres allées-venues entre la chambre du mort-vivant et l'une ou l'autre pièce restée debout ou encore le domicile d'une tante exclue du cercle familial désormais cependant brisé, et qui lui garde ses deux filles.
Le blessé dans le coma ne se signale que par sa respiration régulière tout au long des révélations "des secrets de leurs corps, de leurs blessures, de leurs plaisirs" etc..., jusqu'au moment de la révélation de trop qui le tire de son coma, le conduit à tordre le cou de l'épouse qui, pour sa part en état de légitime défense, le poignarde avec un 'kandjar':
"La femme expire.
L'homme inspire.
La femme ferme les yeux.
L'homme demeure les yeux égarés.
Quelqu'un frappe à la porte.
L'homme, le kandjar fiché dans le coeur, va s'allonger sur son matelas au pied du mur, face à sa photo.
La femme est écarlate. Ecarlate de son propre sang.
Quelqu'un entre dans la maison.
La femme rouvre doucement les yeux.
Le vent se lève et fait voler les oiseaux migrateurs au-dessus de son corps." Point final (de la page 155).
Je suppose qu'il s'agit là d'une survivance des croyances des égytiens du temps de pharaons tout autant que d'un analepse (flash back) en direction du paragraphe inaugural où les oiseaux migrateurs sont simplement figés dans leur élan.
Bref, comme je manque d'éléments de comparaison je ne saurais dire si les Goncourt sont devenus fous, mais sans doute ont-ils eu la digestion très lourde!
Conseillons leur donc un bon météoxane avant de voter la prochaine fois.
Malgré tout, je pense que ce roman peut représenter un intéressant témoignage quant à des réalités culturelles qui ne sont pas sans interpeller vivement quelque part, et je pense aussi que la scène d'un théâtre serait plus appropriée à ce huis clos proche du one (wo)man show et dont des "rideaux aux motifs d'oiseaux migrateurs figés dans leur élan sur un ciel jaune et bleu" que le vent fera voler au-dessus du cadavre de l'épouse assassinée constituent le décor immuable.
Rédigé par : Catherine JACOB | 28 décembre 2008 à 22:35
"Le livre a pour titre "Syngué sabour" et son auteur se nomme Atiq Rahimi. Pourquoi pas ? Mais pour le reste, qu'il est mauvais !"
"fallait-il vraiment aller distinguer cette succession de pages au style ridicule, médiocre et grotesque dans ses ornements, ses répétitions et ses afféteries ? La pauvreté du langage s'alliant à la préciosité des tournures, la sécheresse décharnée du récit à la puérilité des scènes, l'artificiel au pompeux - tout cela en 154 pages -, on s'interroge."
Je sais que j'ai dit que "pour ma part je ne lis jamais les Goncourt".
Un membre de ma famille venant de me mettre le dernier Goncourt sous le nez, je n'ai toutefois pas pu faire autrement que de, par politesse, lire la quatrième de couverture.
Je retranscris :
"syngué sabour [ dont transcription phonétique] n.f (du perse 'syngue' "pierre" et 'sabour' "patiente"). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce qu'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tout les secrets jusqu'à ce qu'un jour elle éclate... et ce jour là on est délivré."
Une pierre qui écoute... ça m'intéresse! D'autre part, à la réflexion je pense que je peux avoir une lecture différente de la vôtre ne serait-ce que du point de vue des langues dont la formation du pluriel par exemple, consiste à répéter purement et simplement etc...
Cette pierre qui écoute et qui m'évoque une histoire zen, je pense que je vais l'écouter à mon tour et donc faire comme s'il ne s'agissait pas d'un Goncourt le temps des 154 pages qui devraient se lire assez vite, puis je reviendrai confirmer ou infirmer de mon modeste point de vue votre appréciation.
Après tout peut-être que, de plus, la pierre de patience pourrait trouver une utilité dans vos prisons!
Rédigé par : Catherine JACOB | 24 décembre 2008 à 18:54
Soyez rassasiée, Catherine de toutes les nourritures.
@Aïssa,
Je doute que comparer le niveau d'alphabétisation entre le France d'aujourd'hui et celle de Pagnol soit la méthode plus pertinente et indiscutable pour démontrer la performances de notre système éducatif.
Par contre, l'OCDE publie un comparatif entre les divers pays européen qui n'est pas des plus flatteur. Je crois que c'est la Finlande qui décroche la palme.
D'autres institutions, focalisées sur les grandes écoles, ont mis en évidence ce qu'il est convenu d'appeler le décrochage de la France dans ce domaine.
Mais il y a un progrès dans l'argumentation des syndicats. Désormais, une partie d'entre eux admettent la nécessité des réformes, mais jamais celle-là. C'est hors de question.
Je ne sais pas ce que fabrique l'Education Nationale. Jean-Paul Brighelli dit qu'elle fabrique des crétins.
Si c'est le cas c'est dommage. On peut même dire que c'est une trahison de la mission qui est confiée à cette institution.
Une chose est cependant sûre. Il y a un domaine où elle excelle: celui de dresser des générations successives à la protection de l'institution, de ses prébendes, au point qu'un ministre de la République (ou deux, avec Valérie Pécresse) se hasardant à faire leur « métier » sont considérés comme des intrus.
Cherchez l'erreur, Aïssa.
Lentement, nous nous discréditons et nous créons du désespoir qui colle aux semelles de petits bambins. Je veux que leur soit enseignés les fondamentaux et d'abord l'appétit de penser par eux-mêmes, sans être polarisés dès le collège comme ils le sont aujourd'hui.
Pourquoi l'école privé remporte-t-elle le succès qu'elle remporte auprès de parents qui ne sont pas toujours des foyers aisés. Je connais des foyers modestes qui préfèrent confier leur enfant à des écoles privées....
Vous êtes heureux d'avoir constaté hier que les jeunes anarchistes grecs ont marqué leur sympathie pour leurs homologues français. Pour le signifier, ils ont cassé la représentation culturelle française à Athènes...
Ce sont là les seuls signes de sympathie universitaire que nous inspirons.... Les bacheliers – était-ce au Sénégal ou en Côte-d'Ivoire? - dans Envoyé Spécial montraient fièrement les conditions de leur scolarité et les obstacles à surmonter pour obtenir leur diplôme...
L'avancée la plus républicaine, et dont il y avait à craindre dans l'excès de "positivisme", est celle annoncée par Nicolas Sarkozy dans son discours sur la diversité et surtout en faveur de la promotion de l'ascenseur scolaire.
On a besoin qu'il fonctionne avec de bonnes courroies, vers les sciences, les mathématiques, où nos filières s'appauvrissent.
Cette ambition est purement, typiquement, républicaine. En plus, elle ne passe pas par la dévaluation des goncourts, pardon des concourts, et la mise en place de quotas discriminants.
Seul à gauche à considérer cela comme un moment déterminant du quinquennat, Malek Boutih. Les autres préfèrent soutenir les enseignants et le mouvement des collégiens et des lycéens porteur, c'est incontestable, de tant de promesses démocratiques.
Y a quelqu'un qui avait parlé de chienlit, un jour.
Un vieux c.., sans doute, mais je ne me souviens plus qui?
Pardon, mais ça me fiche en pétard.
Rédigé par : Daniel Ciccia | 20 décembre 2008 à 23:25
Sur la réforme de l’Education Nationale et la grogne des enseignants, je n’ai pas suivi ce dossier de réforme… Toutefois ce qu’il me semble des plus nécessaire est la restauration de l’autorité de l’enseignant, de son respect, du retour à la discipline… et bien évidemment des conditions de travail appropriées. Il est évident qu’avoir des classes surchargées ne facilite pas leur tâche.
Cela me rappelle un collège qui, une année, avait « bourré » dans une classe de 4ème tous les plus mauvais éléments allant du chahuteur au faible… Le résultat fut pas mal pour les enseignants de cette classe ! Et catastrophique pour les élèves…
Dernièrement j’ai entendu qu’une professeur des collèges, après s’être adressée à un de ses élèves, aurait reçu comme réponse : « dégage pétasse, fous le camp.. » ou quelque chose dans ce style. L’élève aurait été exclu simplement deux heures des cours !!!
Si cette dérive n’est pas stoppée, autant inclure dans la formation des maîtres et professeurs, le parcours du combattant, que l’on transformera pour la forme en « parcours de santé » tout en les lâchant dans la nature durant X jours, (trois pour les militaires), pour les confronter aux rudesses de la vie d’enseignant… en y intégrant, pourquoi pas, quelques séances de klaus combat… !
Le sieur sbriglia dirait, mettons-les entre les mains de Catherine Jacob. Avant d’ajouter telle Chimène à celui qu’elle aime : « Va, je ne te hais point ! »
Heureusement, pour CJ, elle a de la répartie !
Alors faisons peut-être comme Antoine de Saint-Exupéry qui ne cessa toute sa vie de se poser cette question : « Que faut-il dire aux hommes ? », tout en notant la réflexion suivante :
« On ne peut plus vivre sans poésie, couleur, amour. Rien qu’à entendre un chant villageois du XVè siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot et de la propagande. »
Madame Jacqueline de Romilly s’exprima ainsi de son côté :
« Savoir réfléchir par soi-même et s’exprimer exactement, savoir éviter les duperies de la propagande et les malentendus avec autrui, savoir raisonner et prévoir, n’est-ce-pas la suprême liberté ? Et la liberté des individus ne garantit-elle pas mieux toutes les libertés de l’Etat ? »
« L’enseignement est sans doute ce qui compte le plus pour l’avenir d’un pays, c’est sans doute également ce qui, aujourd’hui, va le plus mal en France. La crise que nous avions, naguère, été un certain nombre à dénoncer, n’a fait dans les institutions que s’aggraver, comme si toutes les mesures tentées, fût-ce avec la meilleure bonne foi du monde, se trouvaient au passage happées et détournées de leur sens. »
… tout se perd. On le voit avec les avocats !
Rédigé par : Marie | 20 décembre 2008 à 17:17
@Marie
"Ou du Renard et la cigogne !"
Vous avez raison, le Héron est le seul héros de sa fable et je pensais effectivement à celle du Renard et de la Cigogne. La fable du Héron c'est celle de celui qui attend toujours de trouver mieux et qui, au bout du compte, doit se compter de ce qui reste.
"Il risque, en effet, de se retrouver entartré s'il se trouve au milieu du combat et des trajectoires !!"
PB compère d'entartrage de BHL! Et on dit que la police n'a pas d'humour!!
"A moins que madame Bilger, pour Noël, lui offre une armure... !"
Un loup devrait faire l'affaire... qui surviendrait à jeun au pousse café de sbriglia.
@Olivier
"M. Darcos a voulu fixer des règles de jeu étranges, un peu comme s'il exigeait dans une partie de ping-pong que son adversaire eût les mains liées dans le dos. "
Mains liées, mais bouche ouverte donc, j'imagine... à moins que vous n'ayez une autre idée?
@Daniel Ciccia
"Paul Veyne fait de son « héros » le successeur de Nietzsche, un démystificateur qui n'a jamais cru aux idoles créées par sa propre époque, « la démocratie et les droits de l'homme, sans oublier l'égalité des sexes ». "
Je ne pense pas que dans la mythique du retour, il y puisse y avoir de successeur.
Zarathoustra aperçoit ses animaux/acolytes pour la première fois à midi et qui lui disent : "« — "O Zarathoustra, pour ceux qui pensent comme nous, ce sont les choses elles-mêmes qui dansent : tout vient et se tend la main, et rit, et s'enfuit — et revient. Tout va, tout revient, la roue de l'existence tourne éternellement. Tout meurt, tout refleurit, le cycle de l'existence se poursuit éternellement.
Tout se brise, tout s'assemble à nouveau ; éternellement se bâtit la même maison de l'être. Tout se sépare, tout se salue de nouveau ; l'anneau de l'existence se reste éternellement fidèle à lui-même. »" - Ainsi parlait Z. 3ème partie
Tant qu'on y est :
"« De la cire dans les oreilles », c’était là, jadis, presque la condition préalable au fait de philosopher : un authentique philosophe n’avait plus d’oreille pour la vie, pour autant que la vie est musique, il niait la musique de la vie, – et c’est une très vieille superstition de philosophe que de tenir toute musique pour musique de sirènes. » (Le Gai Savoir, § 372, trad. P. Klossowski) "
Je pense pour ma part qu'il convient de lire certaines pages de Nietzsche comme on écouterait le tambour qui appelle les esprits, à cette différence près que ce qu'appelle la rythmique de son texte c'est juste un tout petit peu d'esprit dans ce monde affamé de tout sauf de sagesse et qui de ce point de vue n'a guère changé depuis que le Lion est venu qui lui fit dire "Voici mon aube matinale, ma journée commence, lève-toi donc, lève-toi, ô grand midi !" — »
En fait de grand midi, pour moi, il est bientôt quatorze heures et je n'ai pas encore déjeuné. Quittons donc les rivages de l'esprit pour ceux plus prosaïques du fourneau!
Rédigé par : Catherine JACOB | 20 décembre 2008 à 14:05
Merci pour vos vœux Enseigneur Cactus, qui se voit réduit à l’état de fakir !
C’est trop d’honneur que vous me faites. Si j’étais une « sainte », soyez-en certain, j’aurais tenté de vous soulager de vos maux, à défaut de mots que je ne peux qu’utiliser devant tant de maux, étant trop impuissante, hélas !
Avez-vous vu que le C-Cactus nouvelle version fut présentée au salon 2008 de Paris ! Il y a de l’espoir.
http://passioncitroen.unblog.fr/2008/10/16/la-citroen-c-cactus/
Espoir de Noël peut-être ?
Joyeux Noël à vous, Enseigneur Cactus ainsi qu'à madame.
Rédigé par : Marie | 20 décembre 2008 à 14:04
« Singer, ça bourre », nous dites-vous, alors, rassurez-vous monsieur Bilger, nous nous en abstiendrons, donc !
Rédigé par : Marie | 20 décembre 2008 à 14:03
Dac avec vous !
Puisque Les Goncourt sont devenus fous, je souhaite à toutes (spécialement à madame Bilger qui sait nous supporter) et tous, un Oyeux Oël, pour changer un peu et puisque notre monde est devenu fou !
sinon :
"Céline n'a pas eu le prix Goncourt. Atiq Rahimi l'a eu. Cherchez l'erreur." dites-vous !
Oui mais Céline est allé en bateau avec Julie grâce à Rivette alors juste une annexe doc' anecdote, non ?
Risquè-je une fatwawa (à Hendrix là) si je dis "cherchez l'horreur" ???????????
Sissi !
(sinon vous me manquâtes toutes et tous ces derniers mauvais taons, mon corps surpiqué de partout ; mais j'ai toujours gardé l'immoral ! à notre hôte donc, à Dame Véronique, à Marie - notre Sainte que je salue - à notre sissi grande Catherine, à Sir sbriglia, un modèle pour moi, ceci dit plus qu'humblement et à toutes et tous que je ne puis nommer sinon "puits du fou après le fou" dira justement Madame Bilger !
Sissi !
Rédigé par : cactus oyeux | 19 décembre 2008 à 20:34
Daniel Ciccia, vous me flattez par une si longue et intelligente réponse. Même si le ton que j'y entends me semble désabusé. Cependant, moi je vous dis que vous faites erreur sur ce point de l'Education. Et je vous le démontre simplement.
Quel taux d'alphabétisation en 1900 (nous ne remonterons pas au-delà)?
Quel taux d'alphabétisation en 1950?
Quel taux aujourd'hui?
On le voit, la flèche ne cesse d'être ascendante. Et tant en quantité qu'en qualité: un élève de terminale, aujourd'hui, est mieux pourvu tant en savoirs généraux qu'en façons de raisonnement, qu'il y a un demi siècle seulement. Une preuve -qu'on voudrait nous faire passer pour la conséquence d'une manipulation de ceux-là qui seraient "naïfs" voire bêtes par d'autres quelconques plus vicieux, informés et mal intentionnés- est qu'on ne voyait pas en ce temps des lycéens prendre ainsi en main la défense de leurs intérêts et, par extension naturelle, évidente, simple à comprendre et admettre, ceux du plus grand nombre, ainsi au fait de tant de choses politiques et sociales, ainsi formés à la chose publique, de la participation politique et syndicale ...
Contrairement à ce qui se dit partout les médias et surtout les politiques, l'Education nationale n'est pas un échec, loin de là. Les jeunes sont formés -et bien formés-, qui selon sa discipline choisie et ses capacités. Cependant, combien d'ingénieurs, de chercheurs, de tout ce que le système forme chaque année, sur le carreau professionnel? Le problème est tout entier là: une saturation des places doublée parfois -souvent- d'une non volonté politique d'obliger par la loi; je pense ici particulièrement à ces "déserts" médicaux ruraux ou le nord par rapport au sud du pays, pour ce qui concerne la santé publique. L'Education nationale fait son job et, dans l'ensemble, le fait bien. Et si chaque année elle (je n'aime pas cette expression mais tant pis) "met sur le marché" des centaines de milliers d'hommes et femmes formés en tous domaines et prêts à travailler, ce n'est plus de son fait ni sa responsabilité si ce "marché" ne peut les absorber, leur proposer ce pour quoi ils ont choisi d'apprendre, on ne saurait la tenir pour responsable non seulement d'un quelconque échec mais en sus de celui-ci, de cela. Ce que d'aucuns appellent "le syndrome Besancenot" et que moi je nomme "le symptôme Besancenot", c'est également et précisément cela: à savoir, posséder une licence d'Histoire pour distribuer le courrier, en somme pour être facteur ... Ce symptôme, je l'ai vu naître et évoluer en prison: quand j'y suis entré en 1988, ils n'étaient que quelques-uns ceux de l'Administration pénitentiaire à posséder un diplôme de l'enseignement supérieur, et encore occupaient-ils les quelques postes à responsabilité. A ma libération, en 1998, ils étaient légion les matons de base, ceux qu'on dit simples "porte-clefs", à détenir eux aussi les mêmes diplômes de l'enseignement supérieur. Je me souviens d'un en particulier, jeune de 23-25 ans peut-être, qui se trouvait être ingénieur de l'aéronautique et qui, ne trouvant à occuper un poste dans sa branche, a finalement -dissimulant ses diplômes pour cela- intégré la Pénitentiaire à fin de pouvoir subvenir à ses besoins et fonder une famille ... C'est triste mais c'est ainsi. Cet homme, était-il un échec de l'Education nationale? Besancenot est-il un échec de l'Education nationale? Combien d'historiens sur le carreau? de sociologues? de psychologues? et j'en passe ... A contrario, il y a une explosion du bénévolat caritatif. C'est significatif.
Ce que vous, ainsi que d'autres, stigmatisez chez cette Education nationale comme étant, par ses actions actuelles, de la "désobéissance civile" à un Pouvoir politique démocratique, donc légitime, n'est rien d'autre que le mise en demeure, de par cette même Education nationale, à chacun de prendre ses responsabilités et ce de façon responsable. Elle, prend ses responsabilité, elle les a toujours prises et avec succès: les résultats sont là: la jeunesse est formée et bien formée. La suite n'est plus de son ressort, de sa mission. Et c'est de cette "suite" précisément dont il s'agit, cette "suite" défaillante que les gouvernements voudraient tenir responsable et même coupable l'Education nationale, jusqu'à la honnir en public, la dénigrer auprès du peuple. A partir de là, vous comprendrez qu'elle se révolte, soutenue en cela par ceux-là mêmes dont on dit d'elle qu'elle les fourvoie et les méforme au lieu de les bien former. Les gens ne s'y trompent guère qui soutiennent souvent, quand ce n'est pas toujours, les manifestations de celle-ci. Qui n'a pas aujourd'hui chez lui un -ou plusieurs- de ses enfants, bien scolarisé, bien formé voire spécialisé mais qui peine tant à trouver à s'employer en ce pour quoi il a choisi d'être formé, qu'il en demeure encore longtemps chez ses parents?... L'Education nationale ne ferait pas pareillement son travail d'intégration quant aux populations immigrées? La belle affaire! la sordide accusation!... Combien de ceux-là diplômés de l'enseignement supérieur chaque année issus de cette même Education nationale?!... La propagande gouvernementale et médiatique nous les montre toujours à Clichy/Bois, encapuchonnés, incendiaires, mauvais rappeurs, violeurs, tueurs, que sais-je ... Un arbre en lieu de la forêt. Mais cette forêt, hélas, ne trouve pas à s'employer car elle aussi, comme les autres, subit de plein fouet cette défaillance économique et politique a postériori à l'oeuvre et l'accomplissement de l'Education nationale. On arrête un "voyou"; il a Bac + 5! En 1912, Jules Bonnot avait, lui, Bac moins 20! On a quand même fait du progrès depuis, enfin, l'Education nationale ...
Il faudrait des pages et des pages pour que je développe cela et démontre -déconstruise pièce à pièce- cette mauvaise dialectique, la perverse rhétorique de nos gouvernants qui, à défaut de se parer d'aucune vertu politique -je veux dire en cela l'impuissance (ce pour des raisons que l'on connaît, qu'ils ne sont plus le pouvoir réel, que celui-ci est ailleurs, Finances et autres ...) à vouloir et décider des politiques-, voudraient alors qu'il en soit de même de toutes les autres institutions de la République, à commencer par la plus noble et celle qui est le fondement même de la République: l'Education nationale.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 décembre 2008 à 20:34
Aïssa,
"Me font rire surtout ceux qui s'empressent de vous trouver soudain joli quand vous donnez à croire que vous m'attaquez ainsi... Hé hé !"
Arrêtez de croire que vous êtes le centre du monde.
"J'ai signé la pétition du CollectifPsychiatrie pour la raison principale que je suis et reste soignant et non garde-chiourme comme on veut que je devienne pour le confort de quelques-uns. Quiconque a une once d'humanité et encore une petite lueur de révolte et de liberté en lui ou elle ne peut que souscrire à cette réaction".
Cette pétition contre "la nuit sécuritaire" est du dernier ridicule.
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 décembre 2008 à 19:26
C'est une blague ce billet ? N'est-ce pas ?
Un grand chef-d'œuvre d'auto-dérision.
Rédigé par : osman | 19 décembre 2008 à 17:49
sbriglia, je serais le dernier, LE DERNIER!, à vous sous-estimer voire même mésestimer, et, allez, va, moi non plus je ne te hais point, au contraire, loin de là, si loin de là... Me font rire surtout ceux qui s'empressent de vous trouver soudain joli quand vous donnez à croire que vous m'attaquez ainsi... Hé hé !
Sans transition
J'ai signé la pétition du CollectifPsychiatrie pour la raison principale que je suis et reste soignant et non garde-chiourme comme on veut que je devienne pour le confort de quelques-uns. Quiconque a une once d'humanité et encore une petite lueur de révolte et de liberté en lui ou elle ne peut que souscrire à cette réaction.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 décembre 2008 à 16:44
@Aïssa
J'observe que vous partagez une référence avec le rappeur - trop mièvre à votre goût - Abd-el Malik ( dont j'apprécie certains textes tel celui sur le 11 Septembre) en la personne de Jacques Derrida.
Vous le qualifiez de grand philosophe et invitez jovialement à déconstruire et construire, comme si le fait de théoriser une approche intellectuelle consistant à découdre des relations sociales permettait de résoudre le mystère de l'humanité et de la réduire à une mécano, avec ses causalités, ses atavismes sociaux, etc.
C'est une attitude visant à démystifier le monde, son ordre. Je vous le dis comme je le pense: cela m'ennuie. Je la trouve un peu présomptueuse et, d'une certaine manière, intéressée idéologiquement.
Il y a une intention flagrante de la pensée, de prendre en défaut le monde. La même que pour Sartre, me semble-t-il ou Genêt.
Et je tiens l'humilité pour être la première qualité de l'humain. Elle n'empêche pas les voleurs de feu. Au contraire.
Bourdieu-Derrida, il y a un axe dans la modélisation de la pensée politique... Il faut y ajouter Michel Foucault sans doute mais lui me semble moins dupe des apparences.
Vous savez, Aïssa (n'est-ce pas de l'anti-phrase?) ce n'est pas aujourd'hui que se jugera l'importance des philosophes, penseurs, politiques, mais à l'aune d'un temps plus vaste.
Après avoir essayé de lire « Surveiller et punir » et y avoir renoncé au bout de quelques pages, manque de discipline, je sais, j'ai lu, dans le Figaro (nobody's perfect), une critique d'un essai publié par un de ses condisciples, Paul Veyne.
« (Je l') entends encore me parler avec plaisir, sympathie et estime admirative de saint Augustin et de son perpétuel jaillissement d'idées » écrit-il prêtant à MF ces propos « La vie a abouti avec l'homme à un vivant qui ne se trouve jamais tout à fait à sa place, qui est voué à errer et à se tromper. ».
Paul Veyne fait de son « héros » le successeur de Nietzsche, un démystificateur qui n'a jamais cru aux idoles créées par sa propre époque, « la démocratie et les droits de l'homme, sans oublier l'égalité des sexes ». « Il ne croyait ni à Marx, ni à Freud, ni à la Révolution, ni à Mao, il ricanait en privé des bons sentiments progressistes », raconte cet homme à propos de celui qui a incarné une figure
Notre époque est celle des dupes, et c'est ce qui la rend si perméable aux idéologies. N'ont-elles pas fait suffisamment de mal au cours du XXe siècle pour se garder de succomber aux formes nouvelles par lesquelles elle reviennent toujours. Car le décor change, la culture évolue, les océans continuent de danser, de se réchauffer ou de se refroidir, la constante, c'est l'humanité, c'est l'homme. Un vide s'emplissant du passage du temps, de la vie... dont Lao-Tseu disait qu'elle passait comme le saut d'un poulain blanc au-dessus d'un ruisseau. Juste ce laps de temps.
Je vous ennuie comme un professeur laborieux, mais c'est laborieux de s'obstiner à arracher, par soi, quelques éléments de vérité, à une mesure plus grande que soi. On n'a pas toujours le talent de ce que l'on sent vivre en soi, et on n'a pas toujours le coeur à l'abandonner au profit d'un dialectique commune.
Le dilemme humain, c'est peut-être d'avoir à choisir l'ineffable auquel il se coltine.
Pour faire grand seigneur vous me prêtez une antipathie chronique que j'aurais à votre endroit. Je vois légèrement la posture... Mais vous vous trompez car je vous aime bien, (en outre, vous savez bien que les êtres insupportables sont ceux auxquels on pardonne le plus) mais cela ne me condamne pas à être d'accord avec vous et à reprendre des incantations contre la société, l'ordre établi (que c'est suranné comme concept, n'est-ce-pas?)...
S'agissant de la reproduction sociale, quelle découverte. Platon en avait dessiné des contours me semble-t-il. Merci, Bourdieu... Mais quoi! Que voulez-vous dire? Qu'il y a une injustice à constater qu'un enfant de médecin a plus de chance – parce que sensibilisé, par ce qu'il entendra chez lui, encouragé aussi - que celui d'un ouvrier d'accéder à la faculté.
C'est une réalité. Elle n'est pas satisfaisante en République.
Mais au fur et à mesure qu'on a théorisé la reproduction sociale idéologiquement, dans des classes et dans les fac, le paradoxe, c'est qu'on la combat moins bien et que de jeunes gens sont embrigadés dans la lutte et la revanche sociale, obnubilés par l'esprit de résistance et de dénonciation, et ceci est un piège pour la plupart d'entre eux, qui ne sortiront pas de leur condition avec cette clé protestataire, à l'exception de ceux, bien entendu, qui trouveront un avenir politique passant par la mairie de Paris.
L'Education nationale, à ce sujet, a une responsabilité qui ne peut pas être éludée par les questions de moyens. Il y a une école publique de l'abêtissement, avec ses azimuts de désobéissance civile et son militantisme en faveur d'une éducation sans frontière et des citoyennetés étranges, ce n'est pas celle qui permettra aux élèves issus des milieux les plus défavorisés de disposer des atouts qui leur manquent.
Allez bonne nuit, monsieur Lacheb-Boukachache
Rédigé par : Daniel Ciccia | 19 décembre 2008 à 16:43
Pas lu le Goncourt et ne le lirai pas (encore trop jeune pour avoir épuisé tout ce que le patrimoine littéraire compte d'oeuvres à la valeur sanctionnée par la postérité). Et pourtant je suis ouvert au genre mineur, voire au mauvais genre: les 3 grands polars de Dashiell Hammett racontent des choses sur notre monde à leurs façons - L'épouvantable banalité du mal et le pouvoir corrupteur de l'avidité. Ces bouquins de gare, imprimés sur du papier dernier prix étaient destinés à se perdre irrévocablement dans l'oubli. Ils sont encore lus. Les Goncourt avaient cependant réalisé une bonne pioche avec Littell, malgré la controverse nécessaire que doit susciter un livre qui propose une authenticité factice de la psyché nazi. Ce pavé de 900 pages se lit en plus avec aisance. Comme quoi les formes traditionnelles de narration n'ont pas épuisé leurs vertus.
Juste une (modeste) réaction sur la question de la désobéissance civile:
Les causes mineures se parent souvent des notions de désobéissance ou de rébellion pour se grandir. Et une certaine forme de narcissisme motive toujours, suivant une proportion variable, le militantisme de la base citoyenne, même s'il faut reconnaître la sincérité réelle qui anime les manifestants d'un jour. Des foules se constituent derrière des étendards et des slogans parfois réducteurs et simplistes, et qui signifient des ambitions démesurées ou des intentions à la générosité tellement commune qu'elles en deviennent dérisoires ("non au chômage" "oui à la solidarité"...). L'ensemble de ces ambiguïtés a toujours accompagné l'expression publique telle qu'elle est portée par la foule dans la rue .
Dans le même temps, le gouvernement actuel a succombé à une ivresse du pouvoir, à l'orgueil de la puissance et balaie dans le même temps toute parole de doutes, de questionnements ou de contestations, fût-elle timide et argumentée. Nos ministres peuvent légitimement considérer être mandatés pour appliquer une politique validée par le suffrage universel. Mais ils ne s'en tiennent pas à ça, et, à la suite de leur chef, ils proclament détenir la vérité idéologique et avoir reçu le sacrement de l'intérêt supérieur de la collectivité. En s'arrogeant le monopole de l'agir au nom de tous, le gouvernement organise la dépossession de la part de citoyenneté à laquelle chacun peut prétendre. Et pourtant, dans le même moment, chaque jour révèle que la présidence actuelle est au service de ses mandants et des intérêts de sa classe plus qu'elle n'est attentive au bien de ses administrés.
En ce qui concerne l'Education nationale, M. Darcos a voulu faire gonfler les voiles de l'injonction au changement. L'enflure des propos devenait risible ("le monde avance plus vite que les cortères") et les jeux de mots vaseux ("je ne suis pas ministre de l'hésitation nationale"). On peut bien penser que Les syndicats, qui s'estiment plus représentatifs qu'ils ne le sont de fait, restent jusqu'à présent empêtrés dans des attitudes et des postures figées, des réitérations permanentes de discours trop ramassés et convenus. Cela ne justifie cependant pas que tout le corps enseignant devienne la cible de railleries brutales et fasse l'objet d'une mise en accusation visant à attiser la vindicte populaire.
Déconstruire, diviser, opposer ne constituent pas une bonne méthode. Et lorsque le ressort premier et néanmoins occulte de la réforme des lycées apparaît si manifeste - il ne s'agit ni plus ni moins que d'organiser la décrue budgétaire du système éducatif - le ronflement des fanfares et le roulement des tambours n'impressionnent plus. Par l'intimidation et la dérision des formes habituelles de contestation syndicale, les tentatives de les contourner par des dispositifs visiblement inapplicables (accueil des élèves en mairie), M. Darcos a voulu fixer des règles de jeu étranges, un peu comme s'il exigeait dans une partie de ping-pong que son adversaire eût les mains liées dans le dos.
En confondant volontarisme et autoritarisme, il a créé lui-même la possibilité d'un renouveau de l'opposition à sa politique. Les cortèges avec pancartes peuvent sembler "rétro" "has been" "outdated", on investira alors l'internet, on organisera des soirées de discussion avec les parents d'élèves, aux dépens de son temps de loisir, et enfin, on refusera d'être l'acteur contraint d'une chose à laquelle on n'adhère pas. Cette "désobéissance" décriée dans le billet ci-dessus n'atteste pas l'amenuisement de l'esprit civique, elle est bien au contraire et plus essentiellement la conséquence du dévoiement de l'autorité de l'Etat, organisé par ceux-là même qui en sont aujourd'hui les dépositaires.
PS à l'attention de M. Ciccia: quant à l'argument sur l'impérieuse nécessité de contrôle des finances publiques - pourquoi pas! (je reprends l'expression consacrée ici). J'y adhère également et l'ensemble de l'Education nationale doit également s'y conformer - un devoir de respecter les générations futures et de ne pas vivre à leurs dépens. J'ose rappeler cependant que M. de Villepin a laissé un déficit de 36 milliards après un effort de désendettement avéré et étalé tout au long de son mandat (cf ses déclarations récentes sur France Inter). Où en sommes-nous aujourd'hui? 80 milliards d'après l'ex Premier (difficile de valider ce chiffre, les déterminants de notre comptabilité publique deviennent de plus en plus obscurs).
Rédigé par : olivier | 19 décembre 2008 à 16:38
@ Catherine Jacob,
"Vous avez gagné à la loterie pour lancer ainsi des invitations à dîner à tout va depuis quelque temps ? A tout hasard, je rappelle à vos invités la fable du Héron et du Renard."
Ou du Renard et la cigogne !
Monsieur Sbriglia vient d'informer qu'il commence par le dessert ; étant donné le nombre de personnes qui ont pu avoir accès à son invitation, à travers ce blog, il peut passer directement au café... ! A charge d'amener son briquet !!
Mais, si le concours de tartes à la crème volantes continue ce soir là, aucun souci pour ses invités. Il n'y a, toutefois, que monsieur Bilger qui peut se faire quelques cheveux. Il risque, en effet, de se retrouver entarté s'il se trouve au milieu du combat et des trajectoires !!
A moins que madame Bilger, pour Noël, lui offre une armure... !
Rédigé par : Marie | 19 décembre 2008 à 16:29
Merci pour votre humour rafraîchissant, cher sbriglia.
Par ailleurs, l'extrait du Monde que vous citez laisse sans voix.
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 décembre 2008 à 13:52
Les Goncourt qui ont été les plus enthousiastes pour ce livre sont Tahar Ben Jelloun, Françoise Chandernagor, Bernard Pivot...
Voir l'article d'Assouline :
http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/11/10/le-goncourt-2008-a-tout-pour-lui/
Pour ma part, je ne l'ai pas lu et n'ai donc rien à en dire.
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 décembre 2008 à 13:52
Voilà certains psychiatres qui rejoignent certains professeurs et prônent la désobéissance civique. Que voulez-vous ? Quand les lois sont à ce point déconnectées des réalités... Quand le cul de basse-fosse devient la seule réponse aux questions posées par la société, certaines personnes réagissent.
Rédigé par : durcet | 19 décembre 2008 à 13:51
@ Catherine
Pour les surnoms du procès Ferrara et pour celui de mamie nova en particulier :
extraits du blog "Les coulisses du procès Ferrara : choses vues au procès de l'évasion du "roi de la belle"" - Olivier Toscer nouvelobs.com :
18.11.2008
Procès Ferrara-32ème jour
""Monte-charge"
Dans la salle, le public rompu aux habitudes du Milieu où chacun doit avoir un surnom, a enfin trouvé celui de la présidente : le monte-charge, pour son habileté à plomber les accusés.
Sur le banc des prévenus, Me Karim Achoui, mâchoires serrées, n’a pas perdu une minute de ce qui a ressemblé à une mise à mort d'un maton dans l’arène. "Le baveux" sait que son tour de subir les assauts du « monte-charge » est prévu pour jeudi et vendredi prochain."
19.11.2008
Procès Ferrara-33ème jour
" La conversation des oiseaux
Le box, lui fait, parfois dans la poésie surréaliste, comme en témoigne ce dialogue tout en faux semblants et en sous-entendus.
- La Présidente Drai : que signifie « les oiseaux » dans cette écoute téléphonique codée ?
- Moussa Traoré dit « Mouss » : J’me rappelle pas
- Hamed Illouli dit « Mimi » ou « le bâtonnier » : Peut-être ça veut dire : drôles d’oiseaux ?
- Karim Bouabbas dit « Le gros »: ben, des oiseaux, des vrais.
- Hocine Kroziz, le maton : des volatiles, quoi !
- Malek Bouabbas dit « Billy boy »: des oiseaux normaux peut-être ?
Ca ressemble furieusement à du André Breton, non ?"
02.12.2008
Procès Ferrara-42ème jour
"« Vincent Mac Doom »
Dans le Milieu, on aime s'affubler de surnoms, de blazes d’emprunt. D’abord pour déjouer les éventuelles écoutes téléphoniques. Mais également par jeu.
Parmi les accusés, il y a ainsi « la pioche », « le gros », « Mimi », « Ral », « MacFaz », « Teddy boy », etc.
Je viens d’être affranchi que les détenus du box, me voyant depuis plus de deux mois, pratiquement tous les jours, noircir mes carnets de notes, m’avaient également affublé d’un surnom choisi, rien que pour moi. Charmante attention...
Pour eux, je suis donc devenu « Vincent Mac Doom ». Mignon, non ?
Certes, cela manque un peu de virilité. Mais cela me change agréablement du sempiternel «Obama » dont m’affublait mes amis depuis un mois !"
04.12.2008
Procès Ferrara-44ème jour
"La journée des réquisitions avait évidemment mal commencé pour les accusés. Et pour notamment pour le premier d'entre eux.
Première à soutenir l'accusation, Anne Vosgien baptisée dans le box "Mamie Nova" (à chacun ses surnoms donc !) […]
La recette
"Mamie Nova" n'est onctueuse qu'en apparence...
Elle poursuit sa démonstration. Qui se révèle implacable. […]
Mais l'avocate générale Vosgien ne veut pas non plus être considérée comme un monstre sans coeur. Et d'annoncer qu'elle ne demandera ni perpétuité, ni peine de sûreté.
Cela s'appelle souffler le chaud et le froid.
Est-ce comme cela que l'on confectionne les meilleurs yaourts pénitentiaires ? On verra au verdict..."
Un petit bijou de chronique judiciaire !
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 19 décembre 2008 à 13:51
Je faisais référence pardon, à la pétition que je reçois ce matin qui évoque la désobéissance civile
http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=1
Rédigé par : durcet | 19 décembre 2008 à 13:48
Sans doute parce qu'on a peur que des jeunes, ceux qu'on appelle "jeunes des banlieues", s'invitent dans les manifestations des lycéens et nous soufflent un vent d'hiver grec, le Président de la République s'est mis à s'agiter pour des constats sur l'inégalité qui ne changent guère. Avec des effets d'annonce... Comme ce pourcentage de 30% de boursiers dans les prépas en 2010 dont il s'attribue déjà la gloire... Mais c'est une mesure prise en 2006, donc pas par notre magicien, et, depuis, chaque année le nombre des boursiers dans les prépas augmente et on en serait à 23 % en 2008... En continuant chaque année à augmenter aussi régulièrement que depuis 2006 (on en était, je crois, à 18%), on arrivera tranquillement à presque 30% en 2010...
Il est vrai qu'il doit en rajouter pour faire oublier ses choix trop visibles pour une "diversité", il les désavoue lui-même (Dati) aidé par Kouchner (Yade). Par ailleurs, en évoquant les boursiers des prépas dans ses propositions pour jouer l'effet Obama, il ne dit pas que de nombreux boursiers ne sont pas issus de "l'immigration" (euphémisme pour dire ceux qu'ils ne sont pas blancs) mais des français pauvres ou modestes, ni noirs, ni musulmans ni de banlieue.
Rédigé par : Bulle | 19 décembre 2008 à 10:25
sbriglia, quelle belle idée, le point d'ironie me fait rêver.
Rédigé par : Bulle | 19 décembre 2008 à 10:23
Cher Philippe,
Une relaxe a été requise pour Monsieur de Montgolfier après une longue procédure, faute de preuves dit la presse.
Une relaxe aurait dû être requise pour Monsieur Achoui, faute de preuves aussi.
Quant il y a doute et qu'il n'y a peut-être qu'une construction fantasmatique, que doit faire la justice ?? Pardonnez mes questions obsessionnelles mais cela me semble incompréhensible et particulièrement grave.
Que ces juristes puissent travailler avec le respect qu'ils méritent.
françoise et karell semtob
Rédigé par : semtob | 19 décembre 2008 à 10:23
@daniel ciccia
Puisque Bourdieu ne vous sied point, alors essayons Derrida, Jacques. Vous dites "déconstruction". Excellent! Comme nous l'a enseigné ce grand philosophe, déconstruisons, déconstruisons à tout va les ressorts visibles et moins visibles de nos sociétés, à fin de mieux les comprendre et ainsi mieux les reconstruire. C'est mieux ainsi? Non?
Quant au reste, ou plutôt ce qui précède de votre prose, vaut-il la peine que j'y réponde? Parce que vous m'êtes sympathique, malgré vos antipathies chroniques à mon égard, je le fais. Je n'ai point stigmatisé Janine Drai fille à son père ni elle personnellement ni elle en tant que fille de lui, cher monsieur, vous ne savez pas lire, c'est patent, ou alors vous le faites exprès; j'ai stigmatisé la "reproduction" sociale ou professionnelle ou sociale et professionnelle à la fois, selon votre goût, j'ai stigmatisé un état de fait discutable et général qui pose souvent question ... Est-ce plus clair de cette façon? Vous donnez sans cesse, monsieur Ciccia, le langage et l'impression d'un mauvais professeur doublé d'un laborieux -et fatigant- dispensateur de morale, c'est un peu triste, je trouve, ça vous rend sinistre ... Je suis sûr que vous valez mieux que ça. Tournez la tête, tournez-la encore, remettez-la droite, à l'endroit, voilà ... On distingue mieux en regardant devant soi, n'est-ce pas?...
Allez, bonne nuit.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 décembre 2008 à 10:21
@ Aïssa
Ce n'est pas bientôt fini de toujours, tout le temps, vouloir donner des leçons tant judiciaires que littéraires à PB !
Oui, assurément, vous avez une écriture. Mais de grâce ne la gaspillez pas ! A la longue, à vous lire, le lecteur finit par soupçonner un talent de faiseur.
Quant au post de sbriglia, j'ai trouvé plutôt très rigolo la référence à son ami Francis en quête d'un pardon de PB, et hantant les Maisons de la Presse.
"Aïssa essaye d'écrire comme Céline. Pourquoi pas ?"
Aïssa, c'est quand vous écrivez comme Aïssa que vous êtes au mieux de votre écriture. Un univers, un ton, de la méchanceté, de la souffrance, de l'humanité.
Mais s'il vous plaît, cessez de vouloir tout le temps provoquer et de vous mesurer à Philippe.
Celui-ci semble ne lire que les actualités "littéraires" jamais lues par les jurés Goncourt et par les attachées de presse que sont devenus les chroniqueurs des pages lecture des radios et des télés.
Bah, au moins, Philippe, lui, les a lues. Et nous savons, nous, à lire les billets littéraires de PB pourquoi nous ne les lirons pas.
Philippe fait pour nous le ménage.
C'est sa liberté.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 19 décembre 2008 à 10:20