J'avais l'intention de traiter du scandale de ces professeurs qui prônant la désobéissance civile décident de ne plus appliquer les lois de la République. Et leur seule sanction est une retenue sur salaire (Le Parisien) ! Ainsi, dans notre société, des maîtres, qui devraient être des modèles de civisme, de rectitude et de neutralité, peuvent se vanter d'une dissidence qui vient, quoi qu'on prétende, altérer le pacte démocratique en laissant croire que la France ne laisse pas d'autre choix à ses fonctionnaires que l'indignité ou la rébellion. C'est lamentable et honteux ! Cela ne risque pas de s'éteindre avec le retrait politique récent !
Si j'ai abandonné cette indignation en route, c'est que j'ai fini de lire le roman qui a obtenu le prix Goncourt cette année et, si j'ose dire, c'est un désastre qui mobilise encore plus dans l'instant. Le livre a pour titre "Syngué sabour" et son auteur se nomme Atiq Rahimi. Pourquoi pas ? Mais pour le reste, qu'il est mauvais !
Comment un choix aussi inepte a-t-il pu germer dans la tête des Académiciens Goncourt ? Pour priver les grands éditeurs du prix et donner l'impression d'une équité artistique, fallait-il vraiment aller distinguer cette succession de pages au style ridicule, médiocre et grotesque dans ses ornements, ses répétitions et ses afféteries ? La pauvreté du langage s'alliant à la préciosité des tournures, la sécheresse décharnée du récit à la puérilité des scènes, l'artificiel au pompeux - tout cela en 154 pages -, on s'interroge. Aucun autre roman n'était-il disponible ? Est-encore un effet du "littérairement correct" qui contraint les esprits les plus fins à plier sous le joug de la bienséance ethnique ? Est-il obligatoire, pour obtenir un triomphe de nos jours, d'être titulaire d'un patronyme qui, fleurant bon l'exotisme, fait croire à ceux qui le privilégient qu'ils luttent d'abord contre le racisme ? Pour la vraie littérature, on verra après !
Qui donc a osé promouvoir ce texte publié pourtant chez P.O.L., un excellent éditeur qui ne méritait pas de perdre son crédit avec une aussi lamentable victoire ? Comment se remettre d'un prix Goncourt pareil ? Atiq Rahimi est sans doute infiniment sympathique mais il a complètement raté ce livre et pourtant il gagne contre les autres romanciers en lice !
Quelques exemples, pour notre déplaisir : "Une. Elle attend. Deux. Elle s'arrête. Le flacon est vide. Elle s'en va.....Tout le monde se terre. Se tait. Et attend.....De nouveau, le silence. De nouveau, l'immobilité. Que des souffles. Longs. Et lents....La femme expire. L'homme inspire...etc ". J'ai beaucoup d'autres "perles" du même genre. Il y aurait de quoi rire tellement c'est caricatural.
Les Académiciens Goncourt ont-ils lu le roman ou l'ont-ils primé seulement en raison du nom de son auteur et à cause de son vide même, persuadés ainsi qu'on ne pourrait pas les taxer d'élitisme ?
Céline n'a pas eu le prix Goncourt. Atiq Rahimi l'a eu. Cherchez l'erreur.
Je ne crois pas que l'exotisme ait été une prime à ce prix Goncourt mais bien plutôt sa filiation directe au désastre littéraire qu'a constitué le Nouveau Roman. J'ai pensé, en le lisant, à un pastiche de Duras, et justement, il paraît que l'auteur est un admirateur de Duras. C'est aussi ennuyeux que Moderato Cantabile, dont j'avais adapté il y a vingt ans le texte pour le théâtre en luttant moi-même contre le sommeil en poussant les pages !
Il y a de grands écrivains francophones, meilleurs à mes yeux que les écrivains français contaminés par le Nouveau Roman, des Heidi Kaddour, par exemple et son universel Waltenberg, que j'ai découvert récemment, ou encore le controversé mais brillant Littell.
Et puis il y a des Weyergans, indigent et Goncourt aussi.
Fort heureusement, ces très mauvais livres sont courts, comme si l'auteur lui-même s'était endormi sur ses propres phrases inachevées, pas un long sommeil, non, juste une sieste.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 18 décembre 2008 à 10:51
Mais mon cher Philippe, si l'on établissait la liste de ceux qui n'ont pas mérité le prix Goncourt et de ceux qui, à l'inverse, auraient du être primés, votre blog n'y suffirait pas.
Rédigé par : Laurent Dingli | 18 décembre 2008 à 10:50
"Le livre a pour titre : Syngué sabour et son auteur se nomme Atiq Rahimi. Pourquoi pas ? Mais pour le reste, qu'il est mauvais !
Comment un choix aussi inepte a-t-il pu germer dans la tête des Académiciens Goncourt ? "
J'ose espérer que ce n'est pas pour la même raison que celle qui a fait qu'une forte mobilisation dans une région donnée a permis à une miss dotée d'une véritable carrure de cheval de trait et qui a faussement prétendu parler le chinois pour faire la différence, est passée devant l'étudiante en physique qui ne prétendait qu'à la préparation au CAPES, car au lieu de dire "Bonsoir" à la demande de l'animateur autrement dit : 晚安, la première qui a également dissimulé sa double nationalité franco-américaine au soit-disant motif de ne pas bénéficier d'une extension du phénomène Obama au détriment des autres candidates, a néanmoins dit "Bonjour", autrement dit : 你好 ; C'est pâas bien (这不是好!) Il est vrai qu'elle a rectifié ensuite chez Ruquier "Je parle chinois" en "J'apprends le chinois" sans toutefois préciser depuis combien de temps !
Cette raison, je l'entends comme "Tout le monde ne fait pas des photos de nu, privées ou publiques"!
Donc la prochaine fois, il faudrait aussi s'arranger pour faire faire entendre: "Tout le monde ne se fait pas passer pour ce qu'il n'est pas pour emporter le morceau!:" et élire aussi par voie de conséquence pour représenter la France, les miss simplement gracieuses et modestes à la physionomie intelligente, même si elles ne font partie que d'une pseudo majorité et non d'une minorité ayant droit à discrimination positive au sein de la diversité à la mode, vu que pas plus que les tricheuses, les menteuses ne sauraient représenter utilement notre pays !
Rédigé par : Catherine JACOB | 18 décembre 2008 à 10:49
"Est-il obligatoire, pour obtenir un triomphe de nos jours, d'être titulaire d'un patronyme qui, fleurant bon l'exotisme, fait croire à ceux qui le privilégient qu'ils luttent d'abord contre le racisme ? Pour la vraie littérature, on verra après !"
C'est très juste car cela porte tort ensuite à de vrais auteurs francophones comme par exemple Léopold Sédar Senghor élu à l'Académie française sur la base de son seul talent poétique, ce qui pour un agrégé non de lettres mais de grammaire signifie qu'il a vraiment fait fort, et non sur celle de sa qualité d'homme politique !
Rédigé par : Catherine JACOB | 18 décembre 2008 à 10:48
"Les Académiciens Goncourt ont-ils lu le roman ou l'ont-ils primé seulement en raison du nom de son auteur et à cause de son vide même, persuadés ainsi qu'on ne pourrait pas les taxer d'élitisme ?"
Peut-être que ces académiciens dont le recrutement se fait par cooptation, ont pensé que son patronyme ferait bien au dos de leur prochain nouveau jeu de couverts !
Voir : http://www.academie-goncourt.fr/fo_couverts.htm
Rédigé par : Catherine JACOB | 18 décembre 2008 à 10:45
Mon cher Francis,
Lorsque tu m'as sollicité pour te faire pardonner auprès de PB ton intempestive saillie "post judicium", je t'ai suggéré de compléter par une oeuvre de ton choix la bibliothèque déjà largement fournie de ton censeur...
Il semblerait qu'en alliant la facilité à l'économie tu te sois une fois de plus... embourbé.
Déjà, à la conférence, je t'avais suggéré de ne pas perpétuer l'envoi de tablettes de chocolat "Cémoi" à tes petites amoureuses mais de faire l'effort de franchir la porte de la Maison du Chocolat...
En l'espèce, si je m'étais permis de te déconseiller Battisti ou Vargas dans le texte, tu aurais pu néanmoins faire l'effort de ne pas t'arrêter au premier présentoir de ta maison de la presse habituelle...
Pour une fois prochaine abstiens-toi sur les caricatures de Daumier en soldes chez Hachette... Il y a un excellent livre d'entretien avec Al Pacino, bien illustré par ailleurs, un peu plus cher mais quand on aime on ne compte pas !
Bon Noël à toi mon cher Francis !
Rédigé par : sbriglia | 18 décembre 2008 à 10:43