Au nom du citoyen inconnu, parce que ce billet prétend avec une totale immodestie refléter l'humeur de tous. J'aurais pu choisir pour titre "une indignation démocratique", mais quelle outrance polémique, ou "un conseil d'ami", mais quelle familiarité choquante à l'égard du président de la République. Je persiste donc dans ma volonté d'écrire en tentant d'exprimer ce qui me semble être un point de vue général tel que je peux le percevoir ici ou là, dans les cercles officiels (quand ils osent la parole) et/ou dans les réunions privées.
Un président de la République n'est pas digne de cette fonction si, profondément et dans sa pratique quotidienne, même dans ses moments de détente où son image continue d'importer à ses concitoyens, il ne se veut pas président et responsable de tous les Français. Ce ne sont pas évidemment ses choix politiques qui permettront la réalisation de ce consensus, de cette unité qui évite à une société de se déchirer pour l'essentiel comme pour l'accessoire, pour le conjoncturel comme pour le fondamental. Il est naturel, et sain d'une certaine manière, que les orientations et l'action gouvernementales clivent et suscitent opposition et résistance. C'est la manifestation même de l'identité et de la force d'une politique que les contradictions qu'elle appelle et auxquelles elle survit. Ce qui crée un lien légitime, valable pour tous, c'est la morale, c'est la qualité du regard que le président porte sur la fonction présidentielle et donc l'adhésion de la communauté nationale à l'allure de son président dans l'exercice de ses fonctions, dans les coulisses officieuses aussi bien que dans sa large part officielle. L'éthique renvoie à une esthétique du rôle présidentiel si superbement et évidemment assumé qu'il comblerait, sur ce plan, partisans ou adversaires de sa politique. Le président, ainsi, demeure vraiment au-dessus d'une mêlée dans laquelle, se dédoublant, il a aussi un titre éminent à intervenir en qualité de gouvernant suprême le temps d'un quinquennat. La morale n'est pas un luxe, une surabondance inutile, un ornement superfétatoire mais le fond même du tissu d'un pays, d'abord caractérisé par la relation d'estime et de confiance que malgré TOUT les citoyens veulent continuer à cultiver avec LEUR président, même s'ils ont voté hier pour son adversaire.
Sur ce registre, rien n'est jamais vraiment dérisoire et tout compte dans la balance républicaine. C'est aussi parce qu'il s'agit de morale qu'un magistrat a le droit d'écrire sur elle puisque naturellement le respect de l'éthique, le souci de l'élégance dans l'apparence comme pour le profond concernent l'ensemble des citoyens et que ce n'est pas "faire" de la politique que se placer sur ce terrain mais exercer une vigilance et une exigence qu'on devrait souhaiter de la part de tous. Cela ne conduit pas, en effet, à privilégier un camp contre l'autre mais à signifier, toutes tendances confondues, ce qu'on espère en démocratie de son président - pour pouvoir demeurer fier de la fonction qu'il exerce en notre nom. Cet orgueil civique, la gauche comme la droite ont besoin de l'éprouver. S'abandonner exclusivement aux empoignades partisanes me semble un dévoiement par rapport à ce qu'une présidence doit présenter d'universel. Il faut pouvoir respecter qui on a choisi, qui on n'approuve pas. Il y a le flot et l'écume.
Comment échapper à cette réflexion sur la charge présidentielle après les équivoques péripéties mexicaines du récent voyage du président de la République et de son épouse ? Je les prétends, en dépit de leur caractère apparemment futile dans l'immensité des problèmes du monde et de la crise française, préoccupantes et révélatrices d'un comportement qui définitivement semble avoir mis au rancart le souci des apparences : une exigence à inscrire pourtant au fronton de la démocratie au quotidien. L'affaire Pérol ne cesse pas de montrer, et de plus en plus gravement, avec quelle désinvolture un tantinet méprisante l'Etat considère l'Etat de droit comme un empêcheur d'agir selon son bon plaisir (Médiapart). L'épisode mexicain nous conduit à une interrogation sur le rapport que le chef de l'Etat entretient avec le concept de pompe républicaine. Celui-ci signifie que l'onction démocratique et la dignité qui doit nécessairement en découler ne s'effacent pas au prétexte que le président aurait fermé les portes sur son univers personnel. Certes, le président est une personne mais la personne du président, durant tout son mandat, est condamnée à demeurer étrangère à tout ce qui serait de nature à obscurcir la puissance et la légitimité du vote qui un jour l'a porté au pinacle. Il n'y a jamais de repos ni de rémission pour la majesté en mouvement. En pleine lumière ou rideaux tirés. Ou, alors, on ne s'engage pas dans une voie où une forme d'austérité et de rigueur est indissociable du pouvoir qui vous a été dévolu et dont on a évidemment accepté les contraintes consubstantielles à la qualité de son exercice. Bref, cette polémique est tout sauf "imbécile" comme le dit trop rapidement Georges Tron, villepiniste de l'UMP. Ce propos, que je n'ose qualifier, montre à quel point la classe politique, dont Tron est un acteur très présent, ne comprend rien à l'intégrité et à la nouveauté radicale qu'elle représenterait aujourd'hui.
Nicolas Sarkozy et son épouse ont passé les nuits du 6 et 7 mars dans un superbe complexe hôtelier : El Tamarindo beach and Golf Resort. Celui-ci est géré par le beau-fils d'un milliardaire mexicain à la réputation que d'aucuns qualifient de sulfureuse, Roberto Hernandez Ramirez, ami du président Felipe Calderon. Il semblerait que les frais de ce séjour se soient élevés, sécurité comprise, à la somme non négligeable de 50 000 euros. Le dimanche 8 mars, le couple présidentiel a retrouvé le président Felipe Calderon. Le lendemain, un dîner officiel a été offert par ce dernier et Roberto Hernandez Ramirez y assistait (Le Parisien, Marianne 2, le site du Nouvel Obs, Le Monde).
Qui a payé les frais du séjour privé ? Au fil des informations contradictoires, sous la pression notamment d'un opposant socialiste mexicain qui a exigé des informations des services de la Présidence, on peut tenir pour acquis aujourd'hui que le chef de l'Etat mexicain n'a rien déboursé mais que des "entrepreneurs" ont réglé les dépenses personnelles de "notre" couple présidentiel. En l'occurrence, ces entrepreneurs paraissent se réduire à un seul : Roberto Hernandez Ramirez.
Qui peut dénier à Nicolas Sarkozy le droit de prendre deux jours de repos, même dans un cadre somptueux et somptuaire ? Certes, on peut préférer le goût du confort, qui est bien élevé, à l'obsession du luxe, qui est vulgaire. Mais au prétexte que la crise existe et qu'elle mord la plupart des situations familiales et professionnelles, ce serait vraiment trop exiger du chef de l'Etat qu'un ascétisme à la hauteur de ce que beaucoup de citoyens ont à affronter dans leur vie. L'essentiel, c'est de dénoncer le pire et de le combattre, non de feindre d'en être victime.
Ce qui me frappe et sur quoi, à mon sens, on n'a pas assez insisté, ce sont moins les modalités du paiement par un autre des frais d'un séjour purement privé - modalités au demeurant guère reluisantes - que le fait incontestable que le couple présidentiel n'a pas jugé bon de régler lui-même les dépenses afférentes à son escapade intime de deux jours. C'est cette abstention qui ne laisse pas de m'étonner, pour ne pas dire plus. Comment se fait-il que le couple, avec un partage aussi clairement établi entre le privé et le public, n'ait pas choisi l'attitude qui allait de soi, prendre en charge lui-même ce qui relevait de la phase festive ? Le président de la République, pour des raisons légitimes, a fait fortement revaloriser le salaire de l'occupant de l'Elysée et son épouse, c'est de notoriété publique, jouit de revenus considérables. Rien n'empêchait que Nicolas Sarkozy, dans un pays étranger où son comportement personnel aussi bien qu'officiel importait à la France, assumât ce qui lui incombait de fait.
Qu'encore une fois il me soit permis de rappeler l'honnêteté proverbiale du général de Gaulle qui, à l'Elysée, prenait à sa charge les goûters de ses petits-enfants et séparait soigneusement ce qui se rapportait à sa consommation personnelle et ce qui concernait les frais liés à la gestion de l'Etat. Cet exemple me paraît d'autant plus éclairant qu'il est révélateur de la nécessité de la morale comme facteur d'unité d'un pays et pour favoriser une admiration collective. Il l'est d'autant plus qu'on ne cesse pas, sur un plan politique, de faire référence au gaullisme, pour s'en inspirer ou s'en détacher. La récente décision présidentielle sur notre retour dans le commandement militaire intégré de l'OTAN en constitue une parfaite illustration. Pourquoi le gaullisme n'est-il invoqué que sur le plan international et pratiquement jamais pour la pratique de l'Etat et les comportements personnels ? Pourquoi le statufier comme visionnaire et oublier l'homme respectueux de la morale au quotidien, en France ou ailleurs ? Imagine-t-on le Général, s'il avait eu l'idée si peu accordée à son tempérament d'un séjour privé au Mexique quand il y a été accueilli triomphalement, se "faire inviter" par je ne sais quel entrepreneur ? Pourtant, l'absolue modernité de de Gaulle réside moins dans ses leçons politiques, puisque la principale était précisément de s'adapter à la force des choses et au fil du temps, que dans sa volonté d'incarner de manière exemplaire la France où qu'il se trouve et quelque position qu'il ait. Il manifestait une intuition, une conscience infiniment sensibles à l'image qu'il donnait, à l'allure qu'il avait et ce, moins pour lui que pour inspirer un superbe orgueil à ses compatriotes. Comme j'aurais aimé que Nicolas Sarkozy ne soit pas aussi étranger qu'il l'est, dans beaucoup des séquences dont il est le protagoniste, au net, au limpide, au transparent, à l'irréfutable ! Pourquoi, pour des moments aussi faciles à gérer que ce séjour intime au Mexique, tant de trouble et de controverses ? Pourquoi toujours rendre douteux ce qui aurait mérité d'être vécu comme une parenthèse insoupçonnable ?
J'en reviens à ce culte des apparences trop dédaigné par le président. Celui-ci ne pressent-il pas que mon "citoyen inconnu" peut se sentir humilié parce que "son" président se laisse ainsi "traiter" au Mexique ? La France est-elle à ce point misérable et chiche que son président, pourvu d'une belle aisance, et son épouse privilégiée soient obligés de se laisser convier à l'étranger par des tiers qui certes doivent en être flattés... Mais nous, les Français ? Le président, qu'il le regrette ou non, nous emporte à la semelle de ses souliers et tout ce qui est de nature à affecter sa dignité nous affecte. Certes, ce n'est pas, comme on dit, l'affaire du siècle mais cela va bien au-delà de la querelle et de l'identité du généreux mécène. Il est question de la démocratie dans cette histoire, de notre fierté, de notre confiance, de NOTRE président. Il y va de nous et de lui, de lui pour nous, de nous en face de lui.
Contrairement à ce que ce temps laisse trop souvent entendre, la clé du succès réside dans un retour à une morale pointilliste et globale. Dans les petites choses comme dans les grands moments. Dans la vie la plus simple comme dans l'appareil de l'Etat. Contre le délitement, l'éthique comme colonne vertébrale. La morale comme coeur d'un monde qui semble l'avoir oubliée.
Le président sait pourtant qu'avec lui, la France est partout, et nous avec elle. Même au Mexique.
Il devient de moins en moins crédible not'président quand il nous parle de morale et d'honnêteté, lui qui n'a pas eu l'élémentaire bon sens, l'indispensable rectitude de se payer ses vacances où qu'elles se passent... après le Fouquet's, Malte, les Etats-Unis, etc. Ce sans-gêne, ce "foutage de gueule" compulsif sont d'une idiotie crasse. Et s'il est incapable de prendre la mesure d'une telle maladresse, n'y a-t-il personne dans son entourage d'innombrables conseillers pour le briefer ?
Rédigé par : jane | 25 mars 2009 à 09:21
@ Aïssa & Laurent Dingli,
Ce n'est pas grave, je vous ai peut-être de mon côté heurté dans mon propos, j'accepte très volontiers vos hommages à tous les deux.
C'est déjà oublié !
A vous lire.
A chès fètes !
Rédigé par : Marie @ Aïssa & Laurent Dingli | 20 mars 2009 à 20:31
Mea Culpa Marie,
Je me suis laissé emporté et je n'aurais pas dû.
Mes hommages aussi.
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 mars 2009 à 17:32
Marie, n'entrez pas là-dedans, vous n'en sortirez pas avec l'individu ... Je vous l'explique en quelques mots: Laurent Dingli ou l'art de dire je n'ai pas dit ce que j'ai dit et j'ai dit le contraire de ce que je n'ai pas dit ... Vous vous y noierez ...
Mes hommages, madame.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 20 mars 2009 à 13:01
Non, Marie, ce n'étaient pas des insultes à l'égard du Généraaaaaaal, mais des critiques, auxquelles, je le répète, vous n'avez pas répondu. On peut reconnaître ce qu'il a fait pour la France, comme je l'ai fait d'ailleurs, et ne pas sombrer pour autant dans l'idolâtrie.
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 mars 2009 à 10:12
@Laurent Dingli,
Vous n'aimez pas que l'on vous contredise, monsieur ! Votre seul argumentation alors est l'attaque. Je ne vois pas ce que viennent faire bondieuseries et jardin d'enfant alors que je vous fais aimablement remarquer que vos propos à l'égard du Général sont insultants tant pour sa mémoire que pour le chef d'Etat qu'il fut.
Rédigé par : Marie@Laurent Dingli | 20 mars 2009 à 08:36
Marie,
Vous dites : "Je ne reprendrai pas chacun de vos propos car ce serait trop long".
C'est surtout que vous n'avez pas d'arguments à y opposer. On n'a pourtant pas le sentiment que vous manquez de temps lorsqu'on survole vos assommantes bondieuseries ou vos niaiseries de Félix le chat. Mais peut-être est-ce le temps de la récréation ou du jardin d'enfants qui ne vous fait pas défaut...
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 mars 2009 à 11:34
@ Marie,
Wouahh !
A la prochaine élection, je vote pour le Général de Gaulle !
Rédigé par : Ledun JP | 19 mars 2009 à 01:15
@Marie
C'est intéressant ce que vous écrivez. Mais je ne crois pas qu'il faille juger d'un homme d'Etat de cette façon. Etre "privé" au sens discret du terme n'est pas un gage de moralité, cela se saurait ... Mais soit! considérons néanmoins cela à son actif. Quant à son bilan politique, il est nettement mitigé ... de Gaulle n'a pas sauvé la France, comme vous laissez à le croire; il a fait ce qu'un autre aurait pu faire qui n'est pas tout propre et moral en tout; ce serait pitié de croire qu'à ce moment la France ne comptait qu'un seul pour la relever autant qu'il se pouvait ... Voyez l'Allemagne détruite, vaincue, divisée, avec en sus cette lourde mémoire criminelle à exorciser ... Point de de Gaulle "héroïque" chez eux, point d'homme, moral ou immoral n'importe, providentiel ... C'est tout un Peuple qui se redressa à la face de tous, reconnaissant ses crimes et demandant pardon au monde et s'impliquant plus que la France dans le destin de celui-ci. Que n'est-elle à la hauteur voire plus indépendante que ne l'est notre pays aujourd'hui ... Voyez le Japon ... Votre argumentation ne tient pas, j'en suis désolé pour vous car, je le vois, vous y mettez du coeur et de la sincérité. Mais la réalité Historique ne saurait faire ce genre d'arrangement avec des sentiments personnels des uns et des autres ... Voyez les choses comme elles sont, comme elles furent exactement ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 mars 2009 à 00:53
@Laurent Dingli,
Votre façon de parler du Général de Gaulle, monsieur, est insultante et indigne.
Vous oubliez de qui vous parlez.
Je ne reprendrai pas chacun de vos propos car ce serait trop long.
Si vous aviez connu la période à laquelle vous faites référence, vous sauriez que le Général de Gaulle gênait tant les Anglais que les Américains du fait de sa volonté (et de ne pas en démordre) de vouloir installer un gouvernement civil et non militaire tel que eux l’auraient souhaité. Aussi, ses bons détracteurs, dont vous citez les propos, avaient également envisagé de rattacher la France à l’Angleterre, car ils considéraient qu’elle avait perdu la guerre. De Gaulle étant pour eux une lourde entrave, il avait été tout naturellement envisagé de le supprimer ! Les Américains avaient même été jusqu'à demander aux Anglais de lui couper les vivres… !
Je suppose que dans votre ironie, vous pensez aussi à la monnaie américaine qui se trouvait déjà imprimée et qui devait remplacer la monnaie française de l’époque… !
Projet, absolument pas nouveau, puisque déjà en 1909, je crois, il était question de rattacher la partie Nord de la France à l’Angleterre, la capitale aurait été « Calais » et la partie Sud à l’Italie. Projet Allemand !
Alors, monsieur, heureusement que le Général était homme d’honneur, aristocrate de devoir, portant l’intérêt de la France au plus haut ! Car, qui, autre que lui, aurait tenu tête tant aux alliés qu’à l’envahisseur ? Il n’y avait pas foule, il me semble !
Vos critiques ne sont pas adaptées aux époques.
La « chienlit », comme vous dites, s’appliquait au désordre qui régnait alors en France. Car, si vous aviez vécu les événements, vous sauriez alors qu’ils ne se sont pas concentrés uniquement à la jeunesse, qui n’est pas le centre du monde, ni de la France, mais également aux grèves et aux dégâts, les casses qui s'ensuivirent… La situation économique était alors critique du fait des restrictions….
Le Général n’est jamais parti bouder en mai 68 ! Il s’est assuré du soutien de l’Armée.
De retour de Baden-Baden, il s’exprima et dit à peu près ceci : « dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple. Je le remplirai ».
Il annonça la dissolution de l'Assemblée Nationale et la tenue de nouvelles élections législatives. Ce discours entraîna spontanément plus d'un million de gaullistes qui lui manifestèrent leur soutien sur les Champs-Elysées le 30 mai 68, puis un raz-de-marée gaulliste un mois plus tard lors des élections législatives du 30 juin (358 députés sur 485 !).
Quant au référendum de 1969, il savait par avance le résultat et il avait annoncé qu’il se retirerait. Ce qu’il fit. Il avait d’ailleurs toujours dit qu’il comptait prendre sa retraite à 80 ans. C’est ce qui se produisit, puisqu’il s’est éteint à 80 ans !
Par ailleurs, le Général de Gaulle n’a aucun égal, dans la Vème République, aucune critique à recevoir quant à sa droiture, son honneur, sa morale, le respect qu’il portait à la France, sa rigueur, son honnêteté…
JDR rappelait l’indélicatesse de NS qui a arrondi son salaire présidentiel.
Sachez, monsieur Dingli, que JAMAIS le Général de Gaulle ne reçut le moindre salaire de Président de la République. Il les refusa, considérant que sa retraite de Général lui était suffisante.
En effet, il payait toutes les dépenses de sa famille. Comme il réglait rubis sur l’ongle les robes de couturiers de son épouse. Ce qui n’était pas toujours le cas de certains députés. Certains d’entre eux virent leurs chèques en bois accrochés dans le bureau de l’un de ces couturiers… !
QUI DIT MIEUX !
PS : Aucun président, autre que le Général de Gaulle, ne fut autant pleuré ! A son départ et à sa mort. Cela dépassa même des frontières.. !
Rédigé par : Marie @ Laurent Dingli | 18 mars 2009 à 18:31
Nous ne connaissons pas toutes les ficelles de l’histoire. Cela me gêne un peu de juger. J’aurais aimé appeler à témoigner le réceptionniste de l’hôtel. Peut-être nous aurait-il dit que le couple, s’avançant pour payer, a été arrêté par le patron, ce Roberto Hernandez Ramirez qui a alors insisté pour les inviter. Je suis sûrement naïve de penser qu’il n’y à rien de plus derrière. A mon humble niveau social, pour un petit dîner par exemple, cela se fait. La différence est que ce couple n’est justement pas à mon niveau social modeste. « Ils auraient dû refuser » ont dit certains. Peut-être.
Une question me vient alors à l’esprit : où apprend-on à être Président ?
M. Bilger prend comme exemple le Général de Gaulle. Je suis, comme lui, une admiratrice du personnage et de ses actions. Je crois cependant qu’il est temps d’arrêter les comparaisons. Autres temps autres mœurs.
NS n’est pas un aristocrate. C’est un self-made man. Il a réussi grâce à son travail acharné et sa grande intelligence. On peut critiquer son éducation, son manque de dignité, son langage… mais on ne peut qu’admirer son énergie et sa volonté, même si elles sont parfois mal dirigées.
Je suis de l’avis du citoyen inconnu, le titre de Président de la République mérite un certain standing, une image, car il représente la France. Oui je suis d’accord avec toutes ces idées. Oui, mais notre Président est NS, il faut s’y résigner. Il a basé sa campagne sur son refus de se plier aux convenances. Il tient ses promesses, pour le meilleur ou pour le pire.
Rédigé par : Mathilde | 17 mars 2009 à 17:38
"Certes, le président est une personne mais la personne du président, durant tout son mandat, est condamnée à demeurer étrangère à tout ce qui serait de nature à obscurcir la puissance et la légitimité du vote qui un jour l'a porté au pinacle. Il n'y a jamais de repos ni de rémission pour la majesté en mouvement. En pleine lumière ou rideaux tirés. Ou alors, on ne s'engage pas dans une voie où une forme d'austérité et de rigueur est indissociable du pouvoir qui vous a été dévolu et dont on a évidemment accepté les contraintes consubstantielles à la qualité de son exercice."
Il faut croire que monsieur Sarkozy s'est engagé dans cette fonction sans avoir pleine conscience du statut emblématique qu'incarne encore le Président de la République pour la majorité des Français.
Son invraisemblable conduite privée a tant fait pour émousser sa popularité qu'un enfant de quatre ans mal doué aurait mis un frein à, en étant indulgent, ce qu'on peut qualifier de fautes de goût.
Il a essayé, mais preuve est faite une fois de plus qu'il ne peut s'en empêcher. On a beau galoper, la vulgarité naturelle ne se chasse pas aisément.
C'est triste mais aussi risible et, comme disait Chateaubriant, soyons économe de notre mépris, tant il y a de nécessiteux.
FMD
Rédigé par : FMD | 17 mars 2009 à 13:58
Peut-être que l'Ambassade de France à Mexico a été fermée sans qu'on le sache, privant ainsi "Bling-bling" de l'usage de sa résidence "obligée" payée avec nos impôts !
lol
Rédigé par : L'ignoble Infreequentable | 17 mars 2009 à 10:02
@Véronique Raffeneau
J’entends bien.
Je relisais les différents commentaires et y trouvais des résonances avec ce que je m’apprêtais à écrire.
De guzet :
L’idée que notre société met en avant comme une vertu la capacité à aller par delà Bien et Mal. C’est bien vrai, et je suis le premier à inciter à le faire : je préfère responsabiliser les employés pour qu’ils évaluent à chaque fois le rapport coût/bénéfice pour l’entreprise. Avec des pointilleux qui payent leur bière de leur poche mais ne regardent même pas le prix du billet classe affaires qu’ils prennent au dernier moment, on met la clef sous la porte. Avec cela vient la relativisation du principe de probité, dans certaines limites. On peut le regretter ou penser que c’était de la bêtise, que les gens doivent penser en patron et non en employé.
D’une commentatrice dont je n’ai pas retrouvé le post :
Elle disait que cette attitude est similaire à l’affirmation « La loi c’est moi » d’un maire.
Elle a touché dans le mille : que ce soit négligeable ou pas, pour certains c'est un symbole, une manière de montrer qu'il existe des règles qu’il ne refait pas à sa guise, même si elles sont stupides. Surtout si elles sont stupides.
De Hérisson93
Il pense que Barak Obama sera pointilleux là-dessus. Je ne suis pas exactement d’accord, même si Obama semble de nature plus discrète. Je crois qu’il sera plus dans une démarche d’économie sur les frais globaux. Car dans la culture américaine l’entreprise prend en charge tous les frais lors des déplacements, donc cela choquerait beaucoup moins je crois. Et Google est le chancre du win-win perso-boulot, de l’open-bar après les heures sup dans l’open-space. Les scandinaves, en revanche, sont intransigeants là-dessus.
Mais ils n'ont pas le culte des 70h par semaine comme preuve d'efficacité. Pas le modèle de société de notre président.
Rédigé par : Alexandre | 17 mars 2009 à 05:39
Sarkozy est à la République ce que sont les financiers à l'industrie réelle.
Sa force est son cynisme car il a compris que le monde va très vite, que les citoyens zappent et oublient, que la société vit plus avec ses tripes qu'avec son cerveau.
A peine a t-il quitté le Mexique, qu'il nous parle de l'OTAN et demain fera un peu de provoc vis-à-vis d'Obama pour démontrer qu'il est un allié indépendant des USA, tout en saluant la vision de l'Amérique de ce Président du nouveau siècle, etc...
Si vous connaissez la fameuse danse du ventilateur, Sarkozy nous l'offre tous les jours. Il n'est pas comme le Sage qui nous montre la lune.
Rédigé par : Blanc Cassis | 17 mars 2009 à 03:24
@Laurent Dingli
"...tapotent anonymement leur clavier en se prenant pour de grands héros, et hurlent à qui veut bien les entendre au naufrage des libertés publiques."
Quel juste propos !
@PB
Les Français qui représentent la tendance dominante veulent absolument que la France change de fond en comble. Ca oui je le crois.
Sur l'aspect de la représentation, il ne s’agit jamais de rien d'autre que de la représentation. Pour moi cet aspect est accessoire. En effet, je vous l’accorde.
Sarko est nul quand même de se mettre sans arrêt dans des pétrins pas possible.
Je vous le concède.
Il serait heureux qu'il regarde aussi dans son proche entourage, qui a fait montre de tant d'imprudence sur l'intendance de ce voyage au Mexique.
Maintenant je vous pose une question parce que la réponse m'échappe vraiment.
Quel intérêt, quel bénéfice y a-t-il pour lui à se faire "entretenir" par un narcotrafiquant ?
Pour l'instant je n'y vois que des désavantages.
"Il prépare son avenir" me disait hier une visite de France, lui-même fumeur de chanvre...
Sarko chasseur impardonnable des petits dealers de France se prépare une retraite dorée avec l'argent de la drogue ?
Je crois que je divague. La qualité de mon dernier « joint » laisse de plus en plus á désirer.
Tout fout le camp.
JPLEDUN
Rédigé par : Ledun JP | 16 mars 2009 à 23:08
@ Alexandre
Personne ne conteste les dépenses engagées pour assurer la sécurité du couple présidentiel.
Le coeur de ce dont il est question dans le billet de PB, c'est cela :
"Comment se fait-il que le couple, avec un partage aussi clairement établi entre le privé et le public, n'ait pas choisi l'attitude qui allait de soi, prendre en charge lui-même ce qui relevait de la phase festive ? Le président de la République, pour des raisons légitimes, a fait fortement revaloriser le salaire de l'occupant de l'Elysée et son épouse, c'est de notoriété publique, jouit de revenus considérables. Rien n'empêchait que Nicolas Sarkozy, dans un pays étranger où son comportement personnel aussi bien qu'officiel importait à la France, assumât ce qui lui incombait de fait. "
Dans un voyage privé du président de la République, il y a une ligne de partage nécessaire à observer entre ce qui relève des frais évidents et nécessaires en lien avec sa fonction, que personne ne lui contestera, et ce qu'il lui incombe d'assumer à titre personnel.
Philippe regrette que Nicolas Sarkozy n'ait pas eu la délicatesse et la sensibilité politiques d'envisager cette retenue et cette ligne de partage comme une part essentielle de la représentation de la fonction de chef d'Etat.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 16 mars 2009 à 20:06
Je ne comprends pas bien.
En somme, vous voudriez que quand Sarkozy va en week-end de détente en Grèce il paye le jet privé et les notes d'hôtel de l'équipe de sécurité ?
50000 euros c'est le prix de 5 vols transcontinentaux en classe affaire sur Air France.
On peut lui reprocher de ne pas avoir réglé au plus quelques milliers d'euros des 50000, soit ce qui correspond à sa chambre, ses repas. Encore pourrait-il arguer qu'il n'a pas le choix de l'hôtel pour raisons professionnelles .
Je suis favorable à ce que l'Élysée paye tout (à côté du jet les 50000 c'est peanuts) et que le Président soit encouragé à se déplacer pour aider les compatriotes.
S'il se fait plaisir en plus je suis content pour lui.
Même si je comprends que les gens qui se battent avec un RMI et ne partent pas en vacances soient dégoûtés.
Rédigé par : Alexandre | 16 mars 2009 à 18:59
Merci.
Merci, M. Bilger d'avoir su donner corps, avec tant de justesse, aux sentiments que m'inspire l'actualité récente relative à notre président.
Rédigé par : Un citoyen inconnu | 16 mars 2009 à 16:16
Merci pour votre billet Monsieur Bilger, qui me conforte dans l'opinion que je me suis faite de ce président "profiteur" qui manie en expert le mélange des genres en se faisant inviter par un hôte pas très limpide au cours d'un déplacement officiel. Et ce n'est pas la première fois ! L'image qu'il donne en qualité de premier magistrat de France est désastreuse. Je comprends votre trouble et moi-même comme très modeste conseiller prud'homme, je n'arrive pas à admettre ce comportement. Et lorsque je lis certains commentaires sur votre blog qui estiment qu'il n'y a rien de choquant, j'ai de plus en plus d'inquiétudes sur les valeurs de notre démocratie !
Manque de lucidité ? provocation ? mépris ? cynisme ? Tout ce dans quoi G. Bush excellait et qui reste le modèle de notre président. Puisse-t-il s'inspirer des nouvelles vertus en place aux Etats Unis depuis l'élection de B. Obama...
Je suis dans une grande perplexité et très triste que notre pays soit devenu la risée du monde et se "berlusconise" de la sorte...
Rédigé par : herisson83 | 16 mars 2009 à 15:33
Le citoyen inconnu que je suis, vous remercie Philippe Bilger : non, Sarkozy n’est pas de Gaulle, oui, les Députés, comme Georges Tron (UMP, NC, etc.), sont « complices » !
Article citoyen, c’est sur A.D.A, c’est là :
http://rpubliquejetaime.typepad.fr/
Rédigé par : Citoyen | 16 mars 2009 à 14:50
Merci.
Rédigé par : ni_coco | 16 mars 2009 à 14:08
Bonjour
Même si souvent vous m'irritez je vous lis et parfois je me sens en accord avec vos indignations.
J'aurais une question : que pensez-vous de l'affaire Colonna, non de sa possible ou non culpabilité, mais de la façon dont le procès se déroule ?
Merci, bonne continuation.
Rédigé par : Charles | 16 mars 2009 à 10:58
Merci Philippe Bilger,
L'exercice du pouvoir est aussi bien une affaire de morale. La fonction présidentielle accordée par le suffrage universel impose à celle ou celui qui en hérite une attitude digne pendant toute la durée de son mandat, à tous les instants.
Opportunisme, orgueil, avidité... sont incompatibles avec la charge présidentielle quelle que soit la période et encore moins quand les temps sont difficiles pour la plupart d'entre nous.
L'illusion diffusée par les médias - pendant la dernière campagne électorale et le début de mandat présidentiel - sur un déterminisme affiché, sur une volonté de modernisation, sur une culture du résultat... s'évanouit au fil des semaines, au fil des derniers mois... et pas par le seul fait de la conjoncture économique et sociale mais aussi par un manque de grandeur morale du président de notre république.
Les efforts de communication des ministres et autres conseillers présidentiels, de sa famille politique, de certains journalistes et autres commentateurs autorisés... ne peuvent masquer la réalité de l'exercice actuel du pouvoir. Qui peut encore être dupe ?
Devant tant d'hypocrisie, d'indifférence... c'est la colère qui monte et c'est bien une vraie crise sociale qui s'annonce et qui viendra s'ajouter à une crise financière et économique planétaire.
Au moment où il faut lucidité, déterminisme, imagination, humilité... de la part des grands décideurs. Pour la France c'est raté...
Rédigé par : Philippe Huguet | 16 mars 2009 à 10:19
J'ajoute que je vous ai très bien compris, Philippe. Il ne s'agit pas de comparer les deux hommes quant à leur action politique respective (ce qui serait d'ailleurs difficile, étant donné que le second ne gouverne que depuis deux ans et n'a pas été confronté à une guerre mondiale), mais de juger leur capacité à incarner la nation. Or je le répète, de Gaulle doit l'incarner dans tous les aspects de son attitude privée ou publique, et non pas seulement dans les aspects positifs, même si ces derniers furent nombreux. Pour le reste c'est une question d'interprétation personnelle et, encore une fois, qu'un président de la République soit invité deux jours dans un hôtel ne me choque pas. Je ne me reconnais pas dans les "citoyens anonymes" que vous évoquez.
Rédigé par : Laurent Dingli | 16 mars 2009 à 10:18