La lutte contre le sida est devenue la religion du XXI° siècle. Et la télévision le nouveau clergé dont Patrice Duhamel est à l'évidence un membre exemplaire avec son idée lumineuse sur le Sidaction à la messe (site du Nouvel Obs) !
Quelle bourrasque à la suite de la réponse du pape aux journalistes sur la question du sida, dans l'avion qui l'emmenait à Yaoundé le 17 mars ! Un déchaînement qui pourrait faire rire, si le sujet n'était pas tragique, puisqu'il est principalement le fait de ceux qui, en règle générale, se moquent du pape, sont indifférents à ses paroles et ne se privent pas de tourner en dérision les croyances religieuses ! Mais il était naturel qu'on s'attachât au propos de Benoît XVI puisqu'il avait trait au sida et à l'Afrique et qu'il allait permettre à beaucoup de faire preuve d'une immense compassion théorique, d'une intense indignation éthique - on allait "se payer le pape" puisqu'on n'était capable que de cela !
J'aurais pu évoquer le rôle des médias qui, dans cette agitation folle, n'ont cessé à quelques exceptions près de prêcher - c'est le mot - l'outrance, le sarcasme et l'approximation. Il faut reconnaître que la télévision s'est surpassée, notamment dans les émissions dites de divertissement. J'ai été écoeuré, en particulier, par le ton du Grand Journal qui en permanence copie "l'esprit Guignols" sans le talent exaspérant et indéniable de ceux-ci. Que de grossièretés, que de fausses audaces, que de rires bas, que de faciles destructions, que de tristes ironies ! Il paraît que c'est l'émission la plus regardée dans cette tranche horaire. Chacun ses goûts et ses dégoûts. Quand j'entends le commentaire bêtement insultant sur le pape d'un certain Yann Barthès et que je vois tout le monde s'esclaffer à ses côtés, je suis obligé de constater qu'une certaine qualité de civilisation est en train de sombrer, non pas celle qui avait le respect de l'esprit religieux en son centre mais celle fondée sur le respect d'autrui. Je suis effaré que Jean-Michel Aphatie que j'apprécie (même si son billet d'humeur sur l'affaire Dray m'a semblé discutable, mélangeant des considérations techniques faciles à justifier et une réprobation de conscience compréhensible) participe à ce cirque et semble s'en trouver bien ! Mais que dire aussi de Christophe Dechavanne quasiment ordurier, de Laurent Ruquier au pire de ses calembours (le Post) et de Daniel Cohn-Bendit vouant le pape aux gémonies ! Je passe sur la multitude de réactions dont le seul souci était de se caractériser par l'intransigeance ignorante - la pire - car qui avait lu précisément l'ensemble de la réponse du pape sur cette question ? Devant un tel déferlement où, bien au-delà de la personne du Saint-Père, était ciblée une institution qui par faiblesse autorise depuis longtemps un tel jeu de massacre - rien de plus confortable qu'une haine à l'impunité garantie -, on a le droit de saluer les rares personnes qui, avec courage car il en fallait, ont refusé de baisser pavillon devant la masse butée s'auto-proclamant progressiste. Ivan Rioufol, Catherine Nay chez Michel Denisot (une éclaircie), Christine Boutin sans cesse ridiculisée mais qui a du cran (alors que Nadine Morano s'assure du sentiment majoritaire pour provoquer à coup sûr!), d'autres encore sans doute venant rappeler qu'il aurait été paradoxal que le pape formulât autre chose que ce qui lui était reproché. On voulait lui faire dire " préservatif" et il l'a dit ! Ces journées ont été misérables à force d'inepties et de dénonciations proférées par ces bons apôtres de la détestation papale et de la lutte en chambre contre le sida.
Le Monde daté du 21 mars nous a permis de lire la réponse complète du pape dans sa version initiale puis corrigée. Avant même celle-ci, à peine l'émoi venait-il de naître que Maître Eolas sur son remarquable blog publiait le texte de Benoît XVI et en faisait une analyse approfondie, fine et juste, en l'élargissant aux précédentes controverses (Williamson et les excommunications brésiliennes). Lorsque la meute s'est abandonnée au plaisir pervers de démolir et de mordre sans risque, elle avait le moyen de savoir, de connaître et de réfléchir. Lorsque le pape affirme que la seule distribution de préservatifs "risque d'augmenter le problème" et que l'humanisation de la sexualité et la compassion pour les malades représentent un double engagement fondamental, on peut critiquer cette assertion, on peut l'approuver tout en la trouvant inadaptée et décalée, on peut s'en indigner en expliquant sans éructer, on peut respecter tout en combattant, on peut polémiquer sur le fond sans s'en prendre de manière indigne au locuteur - et cette observation vaut pour toutes les religions. Y avait-il vraiment matière à ironie, à dérision, à superficialité désinvolte, à mépris ? L'esprit français dans ce qu'il a de pire, c'est précisément faire de l'esprit sans esprit. La problématique posée par le Saint-Père était-elle si indigne d'une véritable pensée collective, alors que je la trouve parfaitement résumée dans sa contradiction stimulante par deux lecteurs du Figaro. Pour l'un, "il a été courageux de dire haut et fort que ce n'est pas le préservatif qui résoudra le problème" mais le double engagement rappelé plus haut mais, pour l'autre, "le pape, par son autorité morale, se doit de prendre en compte les problèmes de santé publique". Aucune de ces positions n'est aberrante et elles pourraient aisément se concilier. Le navrant, c'est ce à quoi on a assisté qui est "une chasse au pape" et une empoignade à sens unique de piètre niveau. Il n'a pas une tête qui leur revient et ils ne cessent de l'asséner !
Je n'ai pas envie d'éluder la responsabilité papale dans les malentendus qui naissent trop souvent, même dans les esprits de bonne foi, à la suite de certaines de ses déclarations. Qu'il le veuille ou non, même chargé de prescrire l'intangible d'une règle au sein d'un monde fluctuant et relatif, il ne peut négliger qu'il est aussi porteur d'une vision politique au sens large. Il n'est pas concevable que lui-même et ses collaborateurs soient apparemment si peu soucieux de leur inévitable et difficile insertion dans le siècle. Aussi quand Benoît XVI répond d'abord que "cela augmente le problème" avant de rectifier, ce n'est pas lui faire injure que de souhaiter que son autorité morale, à l'avenir, se dispense de telles maladresses de langage, qui sont dévastatrices. On entend d'emblée le péremptoire d'une pétition de principe hautement discutable avant que le pape, heureusement, en vienne à plus de modestie intellectuelle. Il est clairement dans le siècle et cette présence impose pour lui-même, dans l'expression de sa foi et de sa vision pour le monde, prudence, conviction et respect. Peut-être que, même pour lui, le doute de l'intelligence serait un heureux adjuvant à la certitude de la croyance. Dans le siècle, je crains que ces polémiques qui auraient pu être évitées par une meilleurs perception du langage et des tragédies entraîne négativement le pape dans une sécularisation de mauvais aloi. Il est frappant de constater comme depuis quelques semaines les antagonismes, les accusations et ses répliques l'ont plus constitué comme un être partisan, un homme politique plongé dans une mêlée indistincte que comme une figure et une personnalité transcendantes. Le siècle doit nourrir sa réflexion mais non servir à le banaliser, lui.
Est-il si étonnant, après ces maladresses de communication, cet incroyable torrent de dénigrement personnel et de pauvreté théorique que les catholiques, si on en croit le Parisien guère amendé par le JDD et le site du Point, "n'aiment plus le pape" et que 57% le "désavoueraient" ? On entend Line Renaud nous faire part de son trouble et Alain Juppé, trop rapidement, sans avoir lu intégralement la réponse du pape, constituer ce dernier comme "un problème". Je ne suis pas persuadé que ce sondage à chaud ait du sens et si la foi des uns et des autres est à la merci de ce type d'évaluation chiffrée, ce serait pour le moins pitoyable.
Je n'ai pas tenté de justifier à tout prix le propos du pape. Je n'ai même pas évoqué l'incroyable accueil africain et la ferveur de ces multitudes même s'ils le recouvrent sans l'effacer. Je me contente de souligner que la réponse de Benoît XVI aurait dû susciter un autre écho, moins de fureur immédiate, et appeler des ripostes plus attentives au fond que frénétiques et blessantes dans la forme. Ce n'est pas parce qu'il s'agit du sida que l'esprit doit s'effacer non pas même au bénéfice du coeur mais en faveur d'une sensibilité trop mécaniquement compassionnelle pour être vraie. On a le droit, devant ce que la modernité offre de pire ou de nouveau, d'avoir du scrupule, de l'hésitation, de l'audace ou de la retenue. On n'est pas obligé de foncer, personnalité baissée, pour suivre à la trace tout ce que notre temps secrète et qui serait indiscutable parce que né le jour même. C'est une position que, par exemple, Caroline Fourest défend sans cesse dans le Monde. Sur l'homosexualité, ses conséquences familiales et sociales, et sur le souci obsessionnel d'une laïcité pure et dure, on a l'impression qu'elle nous enjoint de monter dans le train parce qu'il passe, sans nous interroger sur la destination qui nous agréerait.
La lutte contre le sida impose et justifie une mission que l'humanité se doit d'assumer pour la sauvegarde d'une part d'elle-même. Ce n'est pas une religion. On n'a pas besoin de croisés ni de grands prêtres ni de censeurs médiatiques. On a besoin de compassion et d'action.
Je voudrais terminer sur une note plus gaie qui résumera bien mon propos sur la télévision dans cette affaire papale. Dans Paris Match, Irène Frain fait un portrait de Flavie Flament. Celle-ci déclare que la télévision "grossit tout : les défauts, l'intelligence, la vivacité, la connerie...". Elle n'a pas tort mais sa phrase mériterait d'être partiellement amputée. Devinez de quoi ?
@Alex paulista |
"Puis ça part en vrille.
Je ne comprends pas bien l'opposition que vous créez artificiellement entre des pratiques responsables sur le sang contaminé et sur le port du préservatif. "
Justement, si les pratiques relatives au sang contaminé avaient avant de penser préservatif, pensé contamination non pas par rapport sexuel interposé, mais par distribution de poches de sang aux hémophiles, une bonne partie du problème aurait pu être évitée, du moins chez nous. Ce que je voulais dire c'est que la première des pratiques responsables, c'est celle qui veut :
1- Qu'on ne réduise pas le problème de la contamination (MST dont Sida - hépatites etc..) au rapport sexuel, mais à toutes les autres formes possibles de contamination dont celle qui a engendré le formidable scandale du sang contaminé.
2- Qu'on respecte un certain nombre de procédures existantes de santé publique avant de penser gros sous.
Autrement dit le problème du Sida est un problème qui à mon sens se laisse considérer à la fois comme problème particulier vu l'un des vecteurs de sa propagation qui est le rapport sexuel non protégé, point sur lequel s'est exprimé le Pape en suggérant que le préservatif ne représente pas le seul ou le meilleur moyen de se préserver à cet égard nonobstant le fait que ce moyen pose en lui-même problème à la conscience de ses ouailles et que peut-être, d'un autre point de vue, il serait comme un cataplasme sur une jambe de bois - ceci étant dit sans vilain jeu de mots - et à la fois comme un problème général.
Quand je pense qu'il faut encore apprendre à certains adultes à ne pas réutiliser le même vieux mouchoir, ou à se laver les mains, ou encore à ne pas éternuer à la face de leur voisin, à ne pas utiliser des équipements mis à disposition du public tout en se curant les dents etc. etc. la question et du sens du rapport sexuel privilégié et de la non réutilisation du même préservatif, ainsi que, pardonnez-moi de ne pas rentrer dans les détails, mais effectivement, un même préservatif peut aider à la contamination de plusieurs tout en en préservant éventuellement un seul pour autant qu'au lieu de le considérer pour ce qu'il est, c'est-à-dire un objet matériel dont il convient d'user en une occasion unique, on lui attribue une valeur de protection assimilable à celle d'une amulette par ex. ce qui demande tout une éducation. Et quitte à penser éducation autant faire passer le message général que peut-être le préservatif ne représente pas par lui-même le must du moindre risque, mais le fait de savoir ce que l'on fait et donc aussi pourquoi, comment, dans quel but en fin de compte, on le fait.
Rédigé par : Catherine JACOB | 01 avril 2009 à 13:13
@ Catherine Jacob
Le début de votre post est intéressant, et je trouve votre comparaison avec les seringues pertinente.
Puis ça part en vrille.
Je ne comprends pas bien l'opposition que vous créez artificiellement entre des pratiques responsables sur le sang contaminé et sur le port du préservatif. En quoi cela s'oppose-t-il ? N'est-ce pas au contraire issu d'une même démarche pragmatique de limitation de la contamination ?
Enfin, votre propos glisse progressivement hors du bon sens: vous ne pouvez réduire tous ceux qui ne pratiquent pas l'abstention totale avant le mariage à ceux qui ne souhaitent que 'tirer un coup' entre deux portes tout en en redoutant les conséquences ?
Vous combattez une caricature de pensée par une autre.
Un peu du style "mouton dans la baignoire", ce propos ne s'adresse pas aux vrais gens concernés. Il vise plutôt à envoyer une pointe de mépris à une population dont vous condamnez les pratiques.
C'est précisément cela le cœur du problème des discussions sur le Sida. Le sujet est moins un problème à résoudre que l'opportunité de mettre en avant des valeurs.
Pour en revenir au dilemme intéressant que vous posez avec les seringues.
Je vous comprends. A ce sujet l'expérience de la Hollande est significative. Permettre cet accès libre a été un net progrès pour les drogués hollandais, et cela n'a pas augmenté leur nombre. Le problème est que cela a attiré les drogués de partout ailleurs, et donc les électeurs n'ont pas été satisfaits des conséquences.
De retour au Pape.
De toute façon sa position sur les préservatifs est difficilement conciliable avec celle qu'il a sur l'avortement, où la préservation de la Vie justifie les pires horreurs.
Comment ne pas appréhender cet ensemble comme de l'obscurantisme, comme un simple refus de l'humanité de contrôler son destin ?
Excommunier un médecin est lourd de signification.
Le peuple réagit au-delà des paroles prononcées car il lit entre les lignes et avec ses tripes. La presse suit le mouvement en essayant de rationaliser.
Rédigé par : Alex paulista | 28 mars 2009 à 21:35
Je n'ai pas été sur le site de Me Eolas, mais j'ai suivi l'émission qui a donné un droit de réponse et d'explication des formules papales à un prêtre d'origine africaine contre Pierre Bergé.
Personnellement, quel que soit le sujet et avant la mise en route de toute forme de réflexion personnelle, je commence toujours par être du côté de qui me paraît a priori de bonne foi et chercher à expliquer davantage qu'à critiquer et stigmatiser. Donc du côté du prêtre contre l'ami de Jean Giono, Jean Cocteau et Yves Saint Laurent, quellesques soient ses bonnes intentions et une certaine justesse de son combat par ailleurs, vu que aucun combat ne sort grandi de la seule caricature mal informée des propos de l'adversaire.
Je n'ai pas trop de temps présentement mais je souhaite souligner que certains évêchés ont commencé à solliciter et recueillir les opinions écrites de leurs ouailles sur le sujet, et je crois que c'est une très bonne idée.
En transposant, je poserais bien la question suivante : Est-ce que distribuer des seringues à emploi unique de façon à éviter au moins la contamination par aiguille interposée est une bonne façon de lutter contre les addictions?
Les rapports protégés avec des partenaires multiples sont-ils une meilleure façon de lutter contre les MST qui ne se résument pas au SIDA, que l'honnêteté qui aurait voulu que l'on ne distribue plus de plaquettes non chauffées aux hémophiles même déjà séropositifs dès le moment où la nature du risque a été connue!
La question ne se résume donc pas à celle de l'usage ou de l'abstention de l'usage d'un préservatif quel que soit son degré de fiabilité, mais engage également le sens de la relation à l'autre qui se donne à penser de l'intérieur des différentes cultures présentement en cause.
Personnellement je pense que nous devons affirmer la nécessité de penser ce sens avant de penser préservatif au sens propre, ou encore enfermement au-delà de la peine qui me paraît être une forme de préservatif social.
Il me paraît nécessaire de ne pas tout mélanger, le pis-aller et la nécessité de faire face aux risques divers au cas par cas, et ce qui serait un idéal gouvernant nos aspirations, point sur lequel il me semble s'expriment les hommes d'église à l'adresse de ceux qui le souhaitent et non pas à l'adresse de ceux qui, s'agissant des MST, ne souhaitent que 'tirer un coup' entre deux portes tout en en redoutant les conséquences dont il convient en effet qu'ils se préservent physiquement.
Par conséquent, j'ai également bien entendu cet autre prêtre qui nous a informé que le coït était la seule richesse du pauvre, mais je crois aussi que dire cela c'est réduire à bien peu de chose la nature humaine qui est susceptible de s'exprimer dans la pauvreté comme dans la richesse.
Rédigé par : Catherine JACOB | 28 mars 2009 à 17:53
Le sexe du pape ; pourquoi ce fait de société sanitaire et tragique intéresse-t-il tant la religion ?
Valeurs morales et schizophrénie :
Document source : La schizophrénie, la comprendre pour mieux la vivre.
«La désorganisation que cause la maladie s’accompagne d’interrogations incessantes sur sa propre identité, sur les valeurs morales (le Bien, le Mal, Dieu et le Diable), sur la sexualité etc...
Perdus sans repères, les schizophrènes peuvent être attirés par l’ésotérisme, la magie, voire les sectes à la recherche d’un absolu en fait inaccessible.»
Etre en schizophrénie, c’est vivre en totale irréalité.
Les considérations sur les faits de société -les plus tragiques soient-ils- sont exclues du champ de compréhension du monde schizophrène.
Schizo/croyance/religion, même combat de santé publique.
Et qui peut répondre à cette question :
Quelles différences faites-vous entre les relations dites «mystiques» venant de l’au-delà : contacts prophétiques, apparitions, voix intérieures d’avec les manifestations hallucinatoires psychotiques, qu'elles soient visuelles, auditives, de sensations intérieures... ?
L’omerta sur la schizophrénie : en Europe cette maladie psychique fait plus de dégâts que le sida.
N’attendez pas le désastre, il est déjà là...
Malades schizophrènes et parents assujettis : nous ne sommes plus les dégâts collatéraux des croyances et religions, ni ses béquilles.
Que chacun en prenne conscience.
La schizophrénie : http://champion20.monsite.orange.fr
Rédigé par : Maurice Champion | 27 mars 2009 à 21:00
Je regarde votre blog par hasard, ou presque.
Vous voyez juste lorsque vous soulignez que les médias et les bien-pensants d'aujourd'hui ont d'abord voulu se payer le Pape. Ils ne ratent jamais une occasion de saisir le moindre prétexte pour clouer au pilori une Eglise qui, pourtant ne dit pas grand-chose. C'est si facile ! On marque à coup sûr ! L'occasion était trop belle.
Benoît XVI ne plaît pas aux esprits forts qui hantent les plateaux de radio et de télévision. Il n'a jamais plu. Il ne fait pas bon défendre des principes dans un monde qui ne sait même plus à quoi ça ressemble.
Le déchaînement médiatique que Benoît XVI provoque me rappelle le sort réservé au Général de Gaulle. Mêmes sarcasmes, mêmes injures, mêmes bassesses !
Cela dit, le sexe n'est pas un terrain sur lequel il est facile de faire comprendre les positions d'une l'Eglise toujours ferme sur les principes, mais très accommodante dans la réalité.
Rédigé par : Yves Rousseau | 26 mars 2009 à 19:49
J'ai reçu ça par mail ce matin :
"Nouveau scandale suite à un propos du Pape !
A son retour à Rome, par une belle après-midi ensoleillée, le Pape aurait confié à une journaliste : "Il fait beau aujourd'hui !"
Ces propos ont aussitôt soulevé dans le monde entier une immense émotion et alimentent une polémique qui ne cesse de grandir.
Quelques réactions :
Le maire de Bordeaux : "Alors même que le pape prononçait ces paroles, il pleuvait à verse sur Bordeaux ! Cette contre-vérité, proche du négationnisme, montre que le pape vit dans un état d'autisme total. Cela ruine définitivement, s'il en était encore besoin, le dogme de l¹infaillibilité pontificale !"
Le Grand Rabbin de France : "Comment peut-on encore prétendre qu'il fait beau après la Shoah ?"
Le titulaire de la chaire d'astronomie au Collège de France : "En affirmant sans nuances et sans preuves objectives indiscutables qu'il fait beau aujourd'hui", le pape témoigne du mépris bien connu de l'Église pour la Science qui combat ses dogmes depuis toujours. Quoi de plus subjectif et de plus relatif que cette notion de "beau" ? Sur quelles expérimentations indiscutables s'appuie-t-elle ? Les météorologues et les spécialistes de la question n'ont pas réussi à se mettre d'accord à ce sujet lors du dernier Colloque International de Caracas. Et Benoît XVI, ex cathedra, voudrait trancher, avec quelle arrogance ! Verra-t-on bientôt s'allumer des bûchers pour tous ceux qui n¹admettent pas sans réserve ce nouveau décret ?"
L'Association des Victimes du Réchauffement Planétaire : "Comment ne pas voir dans cette déclaration provocatrice une insulte pour toutes les victimes passées, présentes et à venir, des caprices du climat, inondations, tsunamis, sécheresse ? Cet acquiescement au "temps qu¹il fait" montre clairement la complicité de l'Église avec ces phénomènes destructeurs de l'humanité, il ne peut qu'encourager ceux qui participent au réchauffement de la planète, puisqu'ils pourront désormais se prévaloir de la caution du Vatican."
Le Conseil Représentatif des Associations Noires : "Le pape semble oublier que pendant qu'il fait soleil à Rome, toute une partie de la planète est plongée dans l'obscurité. C'est là un signe intolérable de mépris pour la moitié noire de l'humanité!"
L¹Association féministe Les Louves : "Pourquoi "il" fait beau et pas "elle" ? Le pape, une fois de plus s'en prend à la légitime cause des femmes et montre son attachement aux principes les plus rétrogrades. En 2009, il en est encore là, c'est affligeant !"
La Ligue des Droits de '¹Homme : "Ce type de déclaration ne peut que blesser profondément toutes les personnes qui portent sur la réalité un regard différent de celui du pape. Nous pensons en particulier aux personnes hospitalisées, emprisonnées, dont l'horizon se limite à quatre murs ; et aussi à toutes les victimes de maladies rares qui ne peuvent percevoir par leurs sens l'état de la situation atmosphérique. Il y a là, sans conteste, une volonté de discrimination entre le "beau", tel qu'il devrait être perçu par tous, et ceux qui ressentent les choses autrement. Nous allons sans plus tarder attaquer le pape en justice."
A Rome, certains membres de la Curie ont bien tenté d'atténuer les propos du pape, prétextant son grand âge et le fait qu'il ait pu être mal compris, mais sans succès jusqu'à présent."
Marrant non?
Rédigé par : Erig Le Brun de La Bouëxière | 26 mars 2009 à 18:04
Pour information le texte intégral de l'intervention controversée de Benoit XVI, qui en dit long sur la manipulation médiatique de l'information:
"Nous donnons à présent à nouveau la parole à une voix française : c'est notre collègue Philippe Visseyrias de France Q - Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du SIDA. La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?
R - Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte conte le SIDA est précisément l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant'Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lute contre le SIDA, aux camilliens, à toutes les sœurs qui sont à la disposition des malades... Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du SIDA uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait l'Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font."
Rédigé par : guzet | 26 mars 2009 à 07:57
Très amusant de lire des catholiques qui prétendent qu'Act up est "violent". Mais c'est vrai que s'allonger par terre en étant insultés, en recevant des coups de pieds, c'est très violent...
Peut-être que les militants du lobby catholique vont me donner le nombre de morts tués par Act Up.
Pour ce qui est de la religion catholique, il suffit d'additionner les morts des croisades, des guerres de religion, de l'inquisition... mais sûrement que pour le Vatican, ce n'est qu'un détail de l'histoire.
Le pire c'est quand des catholiques reprochent à des homos de jouer les victimes alors que la victimisation à outrance, c'est le fond de commerce de l'Eglise. Il suffit de voir les statues des saints martyrisés devant lesquelles les fidèles doivent pleurnicher plusieurs siècles après leur mort.
Rédigé par : Têtuniçois | 25 mars 2009 à 22:35
@ Catherine A
Le problème, Catherine, c'est qu'en tant que lecteur, auditeur ou téléspectateur je ne vous demande pas - à la journaliste - d'exposer en long et en large votre position sur l'utilisation du préservatif en Afrique, ni d'en faire la promotion.
Je vous demande juste de m'informer le moins mal possible, de tel ou tel événement, de tel ou tel fait avec le maximum d'éléments fiables et vérifiés.
Votre croisade est la vôtre.
Je n'ai pas besoin que les espaces médiatiques et politiques se contorsionnent dans tous les sens pour me dire ce qu'il convient de (très mal) penser de telle ou telle phrase du Pape.
Si quelque chose me gêne, me surprend ou me choque violemment dans ce qu'il exprime, je suis assez grande et suffisamment autonome intellectuellement pour que les journalistes, les chroniqueurs, les journalistes, les Nadine Morano se dispensent de me faire la leçon sur dix colonnes à la une.
Je ne leur demande pas.
Quant à être en désaccord avec Philippe.
Figurez-vous que je suis en désaccord avec le paragraphe de son billet où il appelle le Pape à une plus grand maîtrise de sa communication.
Il est heureux et indispensable que dans cette vaste foire médiatique qu'est devenue l'information, il y ait encore des espaces où des hommes et des femmes qui représentent quelque chose ne soient pas que contraints, dans l’obligation et dans la tyrannie d’ajuster leur discours au plus près, qu'en fonction de la demande et du rendu médiatico-politique bas de gamme du moment et de l‘air du temps.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 25 mars 2009 à 20:21
@catherine A
Madame, il s'agit d'un trait d'humour...
Rédigé par : JPLedun | 25 mars 2009 à 18:18
Jean-Dominique, j'ai pris mon seau, ma pelle et, effectivement, je t'y ai trouvé, dans le bac à sable ... Mais pas envie de jouer avec toi même si tu fais du pied, du coude ... En attendant, L.Dingli, ce rusé, me coupe l'herbe sous la godasse: Tu approuves Valls qui ne ferait pas de l'anti-sarkozysme primaire, rédiges-tu posément, sans rire ... Mais il n'est que de te relire précédemment sans même remonter aux origines ... tu es un paquet, que dis-je un paquet, une montagne de contradiction à toi tout seul, les Alpes, l'Everest ... Quelle rigolade à te lire des fois!... Mais ce n'est pas bien méchant, je te rassure ...
Florence, mon amie, j'ai un client sérieux ci-dessus pour le rouleau à pâtisserie, qui glose dans un sens et dit tout son contraire la prochaine fois et donne ça pour de l'intelligence pertinence ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 25 mars 2009 à 17:41
@Catherine A
Vous ne me connaissez absolument pas et je récuse complètement le terme d'intégriste. Si vous arrêtiez de me donner des leçons, ce serait une bonne idée.
Si ma fille de neuf ans ainsi que sa soeur handicapée était violée depuis 3 ans par mon mari et que je ne m'en sois pas aperçue, je vous dis juste que j'aurais HONTE de moi. De plus, vous parlez de "cadeau du ciel" ? Vous êtes en plein délire !! Vous en voyez où un "cadeau du ciel" pour cette gamine ?
Vous m'imaginez bonne bourgeoise de Versailles allant à l'église le dimanche et tout le toutim. Vous êtes complètement à côté de la vérité. Je n'ai pas envie de vous raconter ma vie dont tout le monde se fiche ici. Mais sachez déjà que je suis née dans une cité et qu'en tant que femme j'ai du me battre dix fois plus qu'un homme pour m'en sortir. Ne venez donc pas me donner des leçons de féminisme, SVP. De quel droit ? Qui êtes-vous donc Catherine A pour me donner des leçons ?
Je ne suis pas "féministe" à votre manière et je vais vous dire pourquoi : je suis une femme et je me sens pleinement l'égale de l'homme. Ni supérieure, ni inférieure. Je n'ai pas besoin de rabaisser les hommes car je n'ai pas besoin de me rehausser. Je suis leur égale. Je n'ai pas besoin de rabaisser les autres femmes car je sais qu'elles font ce qu'elles peuvent. Cette attitude est du reste bien plus efficace que vos pleurnicheries de bonne femme. Les féministes qui viennent m'engueuler parce que je ne serais pas une "femme" comme elles le voudraient, je leur dit m......
A votre avis, pourquoi les féministes comme vous n'ont-elles pas plus de succès ? Parce qu'elles ne défendent pas les femmes, elles les attaquent.
Aïssa, je crois que finalement je vais m'acheter un rouleau à pâtisserie mais ce ne sera pas pour Laurent Dingli :-))
Rédigé par : Florence | 25 mars 2009 à 14:44
@Veronique, Florence et quelques autres
Je suis allée récemment au Swaliland, pays du monde qui connaît le plus fort taux d'infection au VIH du monde, où peut-être 3 femmes sur 4 sont malades dans l'indifférence à peu près générale, où toute une génération meurt, laissant des petits orphelins malades à la charge de grands-parents dans les plus terribles dénuement et désarroi, où l'espérance de vie est inférieure à 40 ans, où comme dans d'autres pays les hommes, polygames pour la plupart, cherchent le salut et la guérison dans des relations avec des vierges. Eh bien oui au risque de vous choquer je pense que les déclarations du Pape sont irresponsables et criminelles. Et dire que les petits blancs que nous sommes n'ont pas le droit d'imposer leur conception à d'autres peuples, que ce n'est qu'un reste de colonialisme, est d'une bien-pensance qui m'afflige. Et d'une hypocrisie consternante. Demandez-vous honnêtement Florence, si vous souhaiteriez que votre fille de 9 ans, enceinte de jumeaux après un viol, aille au bout de sa grossesse ; au péril ou non de sa vie, cet aspect me paraissant quasiment secondaire. Remercieriez-vous le Ciel de ce cadeau ?? Peut-être allez-vous répondre "oui " et le pire est que je ne serais pas loin de vous croire tant vos commentaires sur ce blog, que vous squattez comme un coucou, relèvent de ce que je considère comme une croisade intégriste. Sans doute parce que je ne suis qu'une journaliste "calibrée, d'une ignorance crasse, vide, pauvre d'esprit, sotte" et j'en passe bien sûr. Ah oui il faudrait ajouter "féministe convaincue" ça je le revendique... Mais par contre, désolée de vous décevoir M.Ledun, je ne fume pas, je ne bois pas (si mais de l'eau) et pis, je ne me suis jamais droguée et n'ai pas l'intention de commencer... Il y a des clichés qu'il faut de temps en temps retoucher.
ps : Véronique j'attends avec gourmandise un commentaire critique à l'égard de notre hôte...
Rédigé par : catherine A | 25 mars 2009 à 10:56
Bonjour,
Quelques chiffres :
Les livres religieux représentent 2,5% des ventes de livres en France contre 30% pour les documents et essais, 15% pour les livres pratiques, 18% pour les livres jeunesse, 17,5% pour les livres scolaires et 1,9% pour les livres d'Art. Sachant que tous les religieux achètent obligatoirement des livres religieux, (ce qui n'est pas le cas des amateurs d'art qui n'achètent pas tous des livres d'arts), il y a vraiment très peu de religieux en France. Le "vide" des églises l'illustre et le tirage des magazines "religieux" en donne aussi une juste appréciation !
Seules les minorités fanatiques ont la parole dans notre pays : elles sont pourtant contraires à l'intérêt, à la connaissance, à l'évolution et à la volonté générale : c'est anormal, amoral et anti démocratique.
Seuls les magistrats sont garants de la démocratie et du respect de la démocratie.
Etude du ministère du travail espagnol en 2004 (peuple beaucoup plus attaché aux religions que le peuple français) : 52,7% des jeunes espagnols se déclarent athées, les 25% suivants "agnostiques" donc doutant et ne pratiquant aucune religion et les 23% suivants "croyant en Dieu" mais pas forcément pratiquants d'une religion .
Quand la science et la connaissance progressent, le "croyances" chutent, ce qui est logique.
Un tel battage médiatique autour des inepties du Pape est abusif. Ses propos démontrent que les religieux sont dangereux pour la santé humaine et l'humanité : il dicte des comportements humainement destructeurs pour les "pauvres" et "ignorants " qui le croient.
Einstein disait : "Dites moi qui est Dieu et je vous dirai si j'y crois ! "
Le nivèlement par le bas, l'ignorance et la bêtise sont toujours rois : battage médiatique des inepties destructrices au lieu de faire un battage médiatique de ce que disent les gens les plus intelligents, les plus cultivés et les plus constructeurs pour l'humanité.
Personnellement, je préfère lire et propager ce que disent Cyrulnik, Charpack, Stiglitz, Maurice Allais ou les Pontes de médecine que de lire et propager les inepties du Pape.
Rédigé par : muriel | 24 mars 2009 à 21:34
@ ce niçois qui confond entêtement et bêtise : c'est la calligraphie, qui est la science des ânes, et pas l'orthographe. Et ce sont les jésuites qui le disent, pour se moquer des ordres contemplatifs qui passent une bonne partie de leur temps à la copie.
Monsieur Jourdain ignorait qu'il faisait de la prose, et vous, vous citez (mal) les jésuites et sans le savoir... Un comble d'imbécillité quand on vous lit, non ?
Rédigé par : Erig Le Brun de La Bouëxière | 24 mars 2009 à 21:20
Véronique, je ne vous dirai pas qui est déjà présidente de mon fan-club, mais vous serez en bonne compagnie. Bises.
Allez Aïssa, tu prends ton seau, ta pelle et tu vas voir dans le bac à sable si j'y suis !
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 24 mars 2009 à 15:42
@Bernard,
"Préservatif : ce que le pape a vraiment dit, nous dit Libération aujourd'hui.
Eh ben, il est grand temps." écrivez-vous.
Malheureusement, ce n'est même pas exact !
Si vous allez sur le site, ci-dessous référencé, vous trouverez la vidéo et le discours italien traduit du Pape. Propos qui ne ressemblent nullement à ce qu'écrit le journal Libération !!!
www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/dossiers/voyage-de-benoit-xvi-en-afrique/leglise-et-le-sida.html
Rédigé par : Marie @ Bernard | 24 mars 2009 à 14:38
Merci pour ce commentaire libre et éclairé, qui fait du bien face au torrent de bêtise crasse qui déferle sur nos écrans depuis quelques jours.
Le préservatif n'est apparemment pas la solution miracle au SIDA en Afrique+, les chercheurs en sont aujourd'hui conscients (v. déclarations du Dr Green chef du programme sur la prévention du SIDA à Harvard) et les chiffres le montrent (l'Ouganda qui a misé sur un changement des comportements a vu son taux d'infection passer de 25% à 6%, là où l'Afrique du Sud et le Botswana qui ont misé sur le préservatif ont vu leur taux stagner ou augmenter). Pourquoi est-ce tabou de le dire ? Mystère.
Mais surtout, ce qui choque, c'est la violence sans frein des attaques faites contre celui qui a le malheur de ne pas penser comme tout le monde ; c'est le diktat des médias qui ne se font l'écho (lourdement) que d'une opinion, fut-elle erronée, sans laisser s'exprimer d'opinions contraires.
Des médias aussi partisans et manipulateurs sont une atteinte à la démocratie et à la liberté d'opinion, tout comme la violence des attaques personnelles qu'ils diffusent à souhait. Même si on n'a pas encore atteint de telles extrémités, c'est un peu un syndrome "Radio mille collines" auquel on assiste.
Merci de ce billet.
Cordialement.
Rédigé par : Patricio | 24 mars 2009 à 14:04
J’ai essayé de lancer le débat en vain sur le sujet du Pape, mais apparemment la messe est dite. Même pas une remarque pour la possibilité de mettre des liens dans le texte plutôt que publier les adresses affreuses, en utilisant une balise anchor.
De retour à nos petits ego alors.
@ Laurent Dingli
Eh oui vous m’avez donné un rude travail. C’est que vous avez un ratio faute/ligne ultra passionnante au-dessous de la moyenne… Notez que j’ai craqué à la seconde erreur, alors que j’en avais en mémoire quelques autres. Je me suis même satisfait d’un tiret manquant !
Ne m’imaginez pas trop vindicatif, c’était parce qu’au fond j’aime bien montrer les fautes des autres. Un petit plaisir coupable en somme.
En plus ça m’a permis de relire quelques règles de grammaire, comme celle de l’accord quand le participe est situé après le pronom « en », comme dans des fleurs, j’en ai cueilli. Un double merci donc.
Vous m’avez démasqué, j’ai un peu de sympathie pour les précieux ridicules, alors que l’humilité trop affichée sonne parfois moins comme une vertu que comme une précaution contre les âneries qu’on ne manquera pas de dire. Quand je vous dis que je vous aime bien.
Affrontons notre médiocrité sans filet.
Mais sur le Pape et les évêques, je maintiens que maintenir en chaire ces Pharisiens dont un négationniste, c’est un crime grave contre la foi. Son passage dans les jeunesses hitlériennes devrait rendre le Pape intransigeant là-dessus, s’il ne veut pas qu’on l’appelle Benito.
Rédigé par : Alexandre | 24 mars 2009 à 13:35
@ Aïssa
Je maintiens mon idée selon laquelle les bourrasques médiatiques comme celle qui a suivi la phrase du Pape trouvent dans l'inculture et l'insignifiance crasses des médiatiques un terrain plus que très favorable d'excitation. Une voie royale.
"J'aurais pu évoquer le rôle des médias qui, dans cette agitation folle, n'ont cessé à quelques exceptions près de prêcher - c'est le mot - l'outrance, le sarcasme et l'approximation. Il faut reconnaître que la télévision s'est surpassée, notamment dans les émissions dites de divertissement..."
J'approuve totalement Philippe sur ce point.
Dans un autre billet, quand Philippe relève l'expression "rire républicain" de Nicolas Demorand, il s'agit pour moi de ce même abandon à des journalistes, d'animateurs et de chroniqueurs à qui il manque un socle, une sorte d'armature culturelle fiable.
A les entendre il nous faudrait admettre qu'avant eux c'était le déluge ou le chaos.
Leur vision du monde et des choses ne s'étire que dans les seules limites de leurs expériences et du temps présent qui court.
Alors oui, les billets d'Eolas, ceux de Philippe et d'autres sont une respiration dans ces torrents de banalités et d'ignorances cumulées et affichées.
Enfin, pour ce qui est de mon top, mon must est JDR. Parfaitement.
J'espère toujours ses commentaires à la suite des billets de Philippe.
J'aime ses mots, j'aime le mec, j'aime le ton, j'aime ses contradictions, j'aime le genre et le style de la conversation qu'il entretient ici avec Philippe.
Voilà, j'avais juste envie d'exprimer mon élan pour les commentaires de JDR.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 24 mars 2009 à 13:31
Moi aussi je vous aime bien A. Lacheb-Boukachache... Un jour peut-être...
Florence, je comprends, mais je ne veux pas pour l'instant aborder le fond de la question. La moindre des choses serait d'y consacrer plusieurs heures, car c'est un débat de société essentiel et passionnant.
Rédigé par : Laurent Dingli | 24 mars 2009 à 12:52
Jean-Dominique, soyez prudent en vos assertions ... Vous seriez bien le seul ainsi qu'une de mes éditrices a oser que je serais un gribouilleur ... D'ailleurs, c'est étrange que seules les femmes me publient ... Il n'y aurait donc qu'elles qui m'aiment ... J'aimerais un éditeur, une fois, voir comment c'est fait visu ... Mais pas demain la veille avec ce ramassis de faux-jetons, veules, mous, débiles et inconsistants ... Ce Saint-Germain des Prés des chiffons du courage ... Ces "hommes", ces "vrais", sic. Reste bien Richard Millet chez Gallimard mais il est fou ... Pour ça qu'il est un de nos plus grands écrivains.
Maupassant! un génie! un de mes préférés ... Ceci m'amène à rappeler que ce soir, sur la 2, soirée "Maupassant". Il y a quinze jours, je crois, lors de la dernière soirée idem, environ 4 millions téléspectateurs (seulement) ... Je ne comprends pas les Français; on a un patrimoine culturel formidable et ils s'en détournent sans cesse pour des futilités d'ici ou d'outre Atlantique ... Comment espérer que ce pays se redresse si il tourne le dos à Maupassant?...
En vérité, je tristouille (néologisme, priorité! je ne permettrai qu'à Anna Gavalda et Muriel Barbery de l'usiter, il irait à merveille dans leurs belles oeuvres ....), je tristouille donc cause Jody cette jeune femme britannique qui vient de mourir et auparavant a médiatisé et vendu sa maladie et son agonie aux médias pour (comment ne pas la croire, cette fois?) laisser de quoi vivre à ses enfants, les élever, les éduquer, en son absence ... On en est arrivé là de nos sordides sociétés "libérales": Prostituer même la maladie, la mort! Pendant ce temps, les porcs à face humaine qui ne subissent aucun cancer et glosent et se gaussent d'illégitimes et longs "parachutes dorés" ... Je digresse, je le sais, c'est mon droit ... Mais pas tant que ça, tiens: une excommunication papale de ces cochons "catholiques", ces "chrétiens", qui se disent ainsi, le disent, qui font "Avé Marie" le dimanche en messe et se gavent la semaine des millions du digne travail voire l'esclavage infame des autres, à l'indigestion ...
Laurent Dingli, malgré vos bosses dues à la Florence que vous avez énervée, je vous aime bien (Florence aussi) ... J'aimerais vous rencontrer ... Un jour, peut-être ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 24 mars 2009 à 12:27
Laurent Dingli,
c'est dans mon caractère de rire dans les situations tragiques. Je l'ai toujours fait dans ma vie personnelle qui a eu, comme tout le monde, son lot de coups très durs et je pense que c'est assez courant. C'est une manière comme une autre de supporter l'insupportable.
Charlie Chaplin, avec infiniment plus de talent, l'a fait avec "le Dictateur" en pleine guerre mondiale ainsi que Lubitsch avec "To be or not to be".
Vous pourrez en penser ce que vous voudrez, mais je trouve qu'il y a quelque chose de totalement surréaliste dans la réponse médiatique au drame du Sida. Si tout ce qu'on fait face à ce fléau du Sida, c'est agiter un bout de latex et nous affirmant que la vie se trouve là, excusez-moi de trouver cela à la fois tragique, absurde et grotesque.
Vous pensez vraiment que l'on peut se contenter d'un bout de latex devant le drame planétaire du sida ?
Cela fait 25 ans qu'on entend ça, ne pensez-vous pas qu'on peut s'attendre à mieux, qu'on ne peut pas être enfin plus exigeant ?
Rédigé par : Florence | 24 mars 2009 à 12:15
Ce n'est pas gentil ça, A. Lacheb-Boukachache, de vouloir que Florence me mette des coups de rouleau à pâtisserie. Est-ce-ce que je demande moi, à Marie, à Catherine ou à Aude, de vous asséner des coups de poêle à frire ? Vous vous étiez même imaginé un jour que je voulais vous faire fusiller (quelle projection !). Non, cher Mégalo, je n’ai pas cette violence-là à votre égard.
@ Alexandre, un dernier mot, vous m’avez bien fait rire avec votre dernier commentaire. Je vous imagine au Brésil relisant attentivement mes dernières interventions pour en débusquer les coquilles. Je vois que l’expression de « naïves gasconnades » que j‘avais utilisée pour qualifier votre très pontifiante prose, vous est restée en travers dans la gorge. Je comprends.
Rédigé par : Laurent Dingli | 24 mars 2009 à 11:34
Aïssa, me voilà fat et vain, allons bon, pour m'être amusé de ce "voire" qui suggère l'éventualité non indispensable d'admettre la qualité d'autres commentaires que les vôtres. Je m'amusais, sans plus, amicalement de surcroît. Si vous saviez à quel point je me tamponne de tout classement comparatif me concernant ou pas. C'était juste pour vanner, car en fin de débat, comme c'est le cas, quand les choses intéressantes ont été dites, on s'étire sur sa chaise, on trinque et on s'amuse. Je suis rarement sérieux Aïssa, et même quand j'ai l'air de l'être, il y a toujours en face de moi un petit démon qui se moque de moi quand j'essaie de faire pipi plus loin que les copains.
Je lis actuellement "Pierre et Jean", de Maupassant : ça calme nos petites vanités de griffonneurs !
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 24 mars 2009 à 11:13