L'Etat de droit se venge toujours et n'est pas snob. Une loi faite pour et par les artistes - pas tous, heureusement !- l'a laissé froid. Le Conseil constitutionnel a censuré sans frémir "le volet sanction de la loi Création et Internet" (Le Monde).
Je n'aurais pas l'outrecuidance, avec une lucidité rétrospective facile, de soutenir que cette décision était aisée à prévoir. Reste, cependant, qu'un grand nombre d'éminents constitutionnalistes avaient alerté les pouvoirs publics sur le caractère discutable de cette loi au regard des principes fondamentaux du droit et de l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Seule l'autorité judiciaire est habilitée à pouvoir restreindre "l'exercice, par toute personne, de son droit de s'exprimer et de communiquer librement, notamment depuis son domicile", à cause précisément de l'importance de cette prohibition et "quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions". Ces considérations ne révolutionnent pas l'espace intellectuel. Il suffisait d'accepter d'en prendre connaissance, de s'informer objectivement pour éviter un tel fiasco qui, en dépit de la sérénité classiquement affichée par les parlementaires désavoués, a ébranlé certitudes et convictions.
En tout cas je l'espère, car rien ne serait pire que de vouloir à toute force une victoire politique, au demeurant aisée à obtenir, au détriment d'une réflexion approfondie et renouvelée sur ce sujet sensible.
Pourquoi sensible, d'ailleurs ? Cette loi, d'emblée, a été affectée d'un vice grave qui l'a conduite à favoriser le particulier d'une corporation, d'un groupe, aussi respectables qu'ils soient, contre l'universel de principes dont l'application était plus nécessaire à la démocratie que les limitations caporalistes souhaitées.
Le Conseil constitutionnel a - c'est capital - reconnu comme un droit l'accès à Internet parce que "la participation à la vie démocratique et l'expression des idées et des opinions" ont besoin du développement des services de communication au public en ligne. La liberté d'expression, de penser, d'écrire et de parler sans entrave connaît trop de reculs ces dernières années pour ne pas se féliciter de cette avancée considérable qui revêtue de la haute autorité du Conseil marquera, j'en suis persuadé, les esprits.
Deux attitudes contradictoires, l'une et l'autre nuisibles, peuvent être envisagées. Les adversaires d'Hadopi, s'ils sont tentés de compter sur l'impuissance du judiciaire demain pour gripper la machine, auraient tort. Ce serait dévoyer un combat légitime. Les parlementaires, s'ils prétendent regagner le terrain perdu en droit en adaptant seulement les dispositions maintenues à la modification exigée par le Conseil constitutionnel, feront fausse route. Apparemment, le gouvernement en a choisi une troisième : promulguer ce qui est sauf et modifier le reste plus tard (nouvelobs.com). Quel saucissonnage ! Il y aurait une telle urgence !
La décision votée le 12 mai à l'Assemblée nationale, partiellement censurée le 10 juin, aurait mérité un nouveau débat public. Il y a des retraites, des retraits qui ne constituent pas des faiblesses mais une victoire de l'intelligence, une écoute lucide et respectueuse de la société.
Les discussions techniques autour du droit et de l'informatique semblent avoir montré l'inadéquation de Hadopi. Mais il me semble qu'il manque quelque chose (P.S. - je suis un professionnel de l'informatique).
D'un côté, on trouve certains artistes qui veulent, à tout prix, défendre leur pactole. Peut-être que je me trompe dans mon raisonnement, mais je pense qu'une oeuvre artistique appartient plus au patrimoine culturel français qu'aux auteurs eux-mêmes et il serait même un honneur d'avoir l'opportunité de contribuer à ce patrimoine. Néanmoins, il est parfaitement normal qu'ils puissent vivre de leur travail. La démarche de ces artistes qui veulent que leurs oeuvres soient considerées de la même façon que des marchandises que l'on achète au marché et que les pirates soient traités comme des voleurs à l'étalage me fait penser que leurs oeuvres ne méritent d'être intégrées au patrimoine culturel français.
Dans l'autre extrémité, on trouve les pirates qui, habitués à la gratuité de l'information sur internet, estiment, à tort, que "Ca existe, donc j'ai droit !". Peut-être que notre système éducatif est devenu défaillant et n'apprend plus des valeurs fondamentales telles le respect de la propriété des autres.
Et, au milieu, se trouve l'internaute "normal" qui veut tout simplement accèder à ce qui est disponible sans être surveillé et considéré, a priori, comme un individu prêt à avoir des activités malhonnêtes.
La grande révolution d'internet a été la mise à disposition, gratuitement, d'une quantité impressionante d'informations. Sans cela, l'internet n'a pas de sens. Les scientifiques ont été les pionniers. L'information scientifique (des résultats de recherche, des articles ou des thèses de doctorat) est disponible aussi bien gratuitement que sous forme d'abonnement payant. Autant il est tout à fait possible de faire de la recherche de haut niveau sans faire appel à l'information payante, il n'est pas concevable de faire de la recherche (une thèse de doctorat, par exemple) sans utiliser l'information non payante. Ce n'est pas pour autant que l'information payante n'est pas utile et on ne voit pas non plus des chercheurs demander d'être remunerés lors du téléchargement de leurs articles. On les voit juste en train de demander plus de moyens pour pouvoir produire plus.
L'exemple de l'information scientifique illustre la cohabitation, sur internet, de deux mondes complètement différents. Une loi comme Hadopi ne fait que creuser l'écart entre ces deux mondes. De façon caricaturale, ce serait presque comme si on disait qu'un résultat de la recherche sur la maladie du SIDA vaut moins qu'une chanson de Johnny.
Je ne connais pas la solution pour le problème Hadopi, mais ce n'est pas ni la possibilité de téléchargement gratuit ni une loi répressive.
Aussi, je partage le commentaire d'Aïssa : une loi doit correspondre à un besoin de la société et non pas l'inverse. La société a besoin qu'on réflechisse sur le problème du respect du droit d'auteur mais n'a pas besoin d'une loi Hadopi.
Rédigé par : jose-marcio | 26 juillet 2009 à 15:45
juste cette réflection :
seule certitud , les deux clans qui s'affrontent ne chanteront jamais :
" So Hadopi together ! "
non ?
souvenez-vous :
"Imagine me and you, I do
I think about you day and night
It's only right
To think about the law you love
And hold it tight
So Hadopi together
If I should call it up
Invest a dime
And it say I belong to all
And ease my mind
Imagine how the world could be
So very fine
So Hadopi together
................
( adompté d'une chanson des Turtles : happy together )
Rédigé par : Cactus Turtle | 25 juin 2009 à 18:17
@Marie
"Merci pour ce ravissement des yeux !"
Je ferai savoir à la petite association qui gère les oeuvres de Clément Kieffer qui ne sont pas aux musées de Metz, qu'ils ont eu raison de m'autoriser à photographier.
Ce peintre graveur qui s'est attaché à la restauration du patrimoine muséal de la Ville de Metz au détriment de son oeuvre propre se définissait lui-même davantage comme un ouvrier consciencieux que comme un 'artiste'.
Ce qui explique peut-être que contrairement à certains de ces héritiers qui vendent jusqu'à leur nom à apposer sur des voitures de série, le fils de l'artiste-ouvrier de Varize en Lorraine, a lui largement contribué par des dons à enrichir le patrimoine de l'association au service de l'oeuvre de son père.
Rédigé par : Catherine JACOB@Marie | 20 juin 2009 à 20:21
@Catherine Jacob,
Très belle exposition que vous nous faites découvrir. Magnifiques oeuvres.
Le hasard jouant parfois des tours, le lien que vous communiquez, a priori, n'aboutit à rien. Votre site lui, oui !
Merci pour ce ravissement des yeux !
Rédigé par : Marie @ Catherine Jacob | 18 juin 2009 à 14:44
@'Marie @ Catherine Jacob'
"Il serait dommage, Madame, que vous priviez les lecteurs de ce blog qui apprécient vos diverses observations de leur lecture. Ne vous sentez pas « agressée ». Je ne pense pas que ces difficultés vaillent la peine de vous fâcher. D’autant que monsieur Bilger n’y est pour rien, soyez-en certaine. "
C'est ce qu'il m'a fait savoir en effet en me précisant que si je devais être délibérément censurée il prendrait la peine de m'en informer et me demandant de ne pas 'fantasmer'...!
Je fais faire un essai de copié-collé de l'URL d'un petit diaporama d'une exposition effectivement récemment visitée et qu'il suffira de laisser se dérouler purement et simplement même si toutes les légendes ne se laissent pas déchiffrer du premier coup.
Mais deux précautions valant mieux qu'une la voici aussi en clair (pour les gens que ça intéresse bien sûr):
http://cid-ff7f2c5168893642.skydrive.live.com/play.aspx/.Public/Artistes%20mosellans/3-Varize1.bmp?ref=2
Rédigé par : Catherine JACOB | 18 juin 2009 à 12:01
Genève, le 17 Juin 2009
Monsieur l'Avocat Général, Cher Monsieur,
C'est mon premier contact avec vous.
Objet : les sanctions de la contrefaçon et la
lenteur des procédures en France. Hadopi et
Publicité légale des entreprises (3 rubriques)
Je suis avocat et passe mon temps à défendre
les intérêts des titulaires de droits de
Propriété Intellectuelle en France et ailleurs. Les lois sont bien faites, souvent bien appliquées, pas
assez sévères à mon goût (surtout celui des
clients !) Voyez-vous en Allemagne un procès
en contrefaçon de Brevet (par exemple) de
l'introduction de l'instance à la sanction... il se passe rarement plus de six mois. Je suis des procédures en France qui
"traînent" depuis des années et des années.
Et que dire des "lenteurs" des enquêtes...
lorsque l'on sait que plus vite le tricheur
est mis hors d'état de poursuivre sa coupable activité, moins le marché sera perturbé et moins le client perdra d'argent ou risquera de mettre son entreprise en péril.
HADOPI ?
La censure est bien méritée, reste à voir
ce qui va se passer maintenant.
dans la pratique, et compte tenu des lenteurs
dont je parlais plus haut, les juridictions
risquent d'être encore plus encombrées
et ralenties dans leur travail quotidien.
LA PUBLICITE LEGALE des entreprises en France
Voyez-vous quelque chose devrait être modifié car les données confidentielles
concernant nos entreprises sont accessibles
à n'importe qui. Si vous comparez les
dispositions législatives et règlementaires
visant la publicité légale des entreprises
avec ce qui existe dans d'autres pays (USA, Suisse, Allemagne, etc.) le système français "force"
à révéler une foule de données qui ne peuvent que réjouir les concurrents.
Comparé aux données obligatoires disponibles dans les
autres pays, le système français est un
énorme livre ouvert !
La stratégie, les secrets et la compétitivité de nos entreprises peuvent être atteints. Il faudrait drastiquement diminuer
la teneur et l'étendue de la "publicité légale" obligatoire.
Je vous remercie pour votre attention.
Avec mes sentiments respectueusement
dévoués
CRB
Rédigé par : Charles Roland BLAMEUSER | 17 juin 2009 à 19:31
@Catherine JACOB,
« J'aimerais tout de même bien savoir dès lors pourquoi….. devraient être censurés du moins en tant que lien hypertexte. » ???
Peut-être que tout simplement vous ne l’avez entré correctement ?
Vous êtes aussi peut-être victime d'un virus, Madame, d'un logiciel malveillant ? Vous devriez nettoyer votre disque dur ainsi que la mémoire de votre ordinateur.
Sachez que vous n'êtes pas la seule qui a rencontré des désagréments. Monsieur Aïssa en parla, il me semble, il y a quelque temps. Il y eut également un autre commentateur dont j’ai oublié le nom ! J'ai personnellement, tout comme vous, eu aussi des difficultés un temps soit pour joindre et lire le blog de monsieur Bilger, soit pour lui envoyer une réflexion ! J'ai même eu l'audace de lui demander sur sa messagerie s'il filtrait les commentaires ! Monsieur Bilger l'a très bien pris !!! :o)
Il vous suffit, Madame, lorsque vous rencontrez cette difficulté de copier-coller l’adresse internet !
Il serait dommage, Madame, que vous priviez les lecteurs de ce blog qui apprécient vos diverses observations de leur lecture. Ne vous sentez pas « agressée ». Je ne pense pas que ces difficultés vaillent la peine de vous fâcher. D’autant que monsieur Bilger n’y est pour rien, soyez-en certaine.
Voyez le sieur Sbriglia, son ordinateur doit être soumis à un sacré bug ! Dommage pour ceux qui appréciaient ses échanges cursifs mais pointus !
A continuer à vous lire, Madame !
Rédigé par : Marie @ Catherine Jacob | 17 juin 2009 à 08:37
"En marge du commentaire :
Je croyais d'abord que c'était le contenu de mes petites histoires en images qui étaient censuré (même quand elles se présentaient en forme de clin d'oeil au texte, donc pas du tout hors sujet en vérité) mais je viens de réaliser que plus personne n'a droit à mettre d'URL, donc je ne suis plus vexée." 12 juin 2009 at 11:51
Ah mais je constate cette fois-ci que je me suis trompée puisque
Daniel Ciccia http://www.ivigi.fr/
jpledun http://clownjean.tripod.com/
et grain de poivre http://heme.typepad.fr/
restent cliquables et absolument sans aucun rapport avec leurs contributions.
J'aimerais tout de même bien savoir dès lors pourquoi la recette du thé aux orties, l'existence de la confiture de pissenlit, tout végétaux doués de vertus pour la santé et sans aucun danger d'emploi d'aucune sorte vu que les alsaciens se font même une spécialité de la salade de pissenlits aux lardons, les orties ayant des vertus antiseptiques, végétaux montrés utilisés à l'état sauvage en prenant garde d'éviter les pollutions involontaires (gaz d'échappement notamment)
ou encore les électeurs grappilleurs de cerises qui illustraient "le beurre et l'argent du beurre" et enfin les ravageurs des jardins pouvant être non seulement écologiquement traités mais aussi surtout avec humour, devraient être censurés du moins en tant que lien hypertexte ???
Donc un prochain commentaire de l'un des billets suivants devrait être assorti d'un lien vers quelques oeuvres d'une exposition d'artistes mosellans du 19ème récemment visitée et j'avoue que s'il devait être lui aussi supprimé des coordonnées du contributeur que je suis, je risquerais de le prendre assez mal et de m'absenter pour un moment mais peut-être que cela en réjouira quelques-uns après tout qui depuis un bon moment s'abstiennent de piques à mon égard mais n'en pensent peut-être pas moins.
Rédigé par : Catherine JACOB | 16 juin 2009 à 20:45
@Véronique Raffeneau
Pas de problème avec cela. Que l'autorité judiciaire travaille.
Peut-être que l'autorité parentale d'abord, c'est pas mal non plus.
Rédigé par : jpledun | 15 juin 2009 à 18:35
@jpledun
Ce qui est dit dans le billet de PB, ce n'est pas la nécessité ou pas d'une loi visant à réglementer le téléchargement, c'est le fait que la loi votée a fait l'objet d'une censure partielle par le Conseil constitutionnel.
Et qu'il semblerait que des juristes constitutionnalistes ne seraient pas de trop quand il s'agit pour le gouvernement de travailler à un projet de loi.
"Voici maintenant la haute magistrature de mon pays civilisé et le Conseil des Sages qui se prononcent pour le vol et l'escroquerie (j'exagère, mais à peine)." écrit Laura.
En gros - je ne suis pas juriste - le CC a estimé que le droit à la liberté d'accès à l'information et à la liberté d'expression primaient sur le droit à la propriété. Et que seule une autorité judiciaire peut prononcer une sanction.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 15 juin 2009 à 16:34
@LAURA CONTI
Dans votre coup de colère, je vous soutiens.
J'essaye de faire passer votre point de vue ici, mais mes détracteurs n'ont qu'une seule réponse á offrir :
Loi de Sarko = Loi d'idiot
Ceci, ainsi que le recul de nos chères libertés individuelles. Voilà leurs litanies.
Allons donc tous nous promener du côté de Téhéran... avec J.D.R.et PB comme guide.
Rédigé par : jpledun | 15 juin 2009 à 15:53
... J'aurai décidément tout lu et tout entendu en ce début de siècle qui sent déjà la fin... Voici maintenant la haute magistrature de mon pays civilisé et le Conseil des Sages qui se prononcent pour le vol et l'escroquerie (j'exagère, mais à peine). Télécharger une chanson, ne pas en régler les droits afférents, est dans notre pays, une violation DU DROIT MORAL constitutif du droit d'auteur. Je dois rappeler que la reconnaissance de ce droit par téléchargement légal coûte 0, 99 centimes d'euro. Que dirait-on si le même téléchargeur fou entrait dans une boutique pour voler la chanson ? Qui ne s'acquitte pas du règlement du droit d'auteur est un voleur, il n'y a pas d'exception. Sauf une : sur son site, Jean-Jacques Goldman offre certaines de ses chansons en téléchargement gratuit. S'il est l'auteur, le compositeur et l'éditeur de la chanson, c'est son DROIT ! C'est l'auteur et le compositeur propriétaire du droit moral ainsi que l'éditeur auquel ils ont cédé le droit d'exploiter leur chanson, qui seuls peuvent décider d'offrir ou non leurs droits sur la chanson. Lorsque Madame Aubry dit aux créateurs, allez, je vous donne deux chamelles et trois sacs de riz contre la gratuité du droit sur une chanson, elle viole le droit moral du créateur, elle aliène un bien culturel dont on dit qu'il est "inaliénable" et indivisible !
Elle dispose d'un droit qui ne lui appartient pas.
Beaumarchais a inventé le droit d'auteur. Comment ? Alors qu'il ripaillait dans une taverne avec ses amis peintres, il vit ceux-ci donner des toiles en échange du repas. Il demanda alors de chanter Figaro-ci, Figaro-là pour régler son addition. Le droit d'auteur est une exception culturelle française que tous les professionnels de la création internationaux nous envient.
Quant à l'escroquerie, elle consiste à télécharger gratuitement des oeuvres par dizaines de milliers pour les copier et les revendre à son seul profit.
Le fait est que le passage obligé par le juge quant au téléchargement pirate à des fins d'utilisation personnelle et non commerciale est une dépense supplémentaire pour la justice qui se plaint d'être misérable du point de vue de son budget. Mais surtout, les magistrats vont devoir absolument se familiariser avec la législation de la propriété intellectuelle et du droit d'auteur, car pour l'instant et la plupart du temps, cela leur reste un domaine inconnu, j'en fais l'expérience quotidiennement.
LAURA CONTI
laura.conti1@mac.com
Rédigé par : Laura Conti | 15 juin 2009 à 10:11
@ Laurent Dingli
Je crois que Véronique Raffeneau signale moins un problème d'incompétence qu'une absence de souci de simplification.
Toute personne qui a rempli une déclaration d'impôts avec son formulaire supplémentaire pour le foncier comprendra ce que je veux dire.
Entre le Besson, le Borloo ancien, le Borloo nouveau, le Périssol, le Robien...
Il est louable de ne pas faire des lois rétroactives, mais les politiques gagneraient à ne pas vouloir chacun laisser leur trace - et leur nom - au prétexte de changer un iota pour un nouveau dispositif sans que le précédent n'ait eu le temps de porter ses fruits ni d'être évalué.
Rédigé par : Alex paulista | 15 juin 2009 à 02:13
Et puis mince.
Il faut bien entendu lire Manuel Valls et bien sûr MV à la place de EV.
En fait dans un coin de ma tête trotte le nom d'EMMANUEL Carrère.
Rien à voir avec Manuel Valls évidemment.
Et pour tout dire Emmanuel Carrère a publié au printemps un superbe livre :
"D'autres vies que la mienne".
C'est le genre de livre qui s'accroche et qui reste longtemps présent à l'esprit.
Où il est question de collègues de Philippe, à Vienne, dans l'Isère.
Le ++++++++++++++++++++++++ en qualité d'émotion et d'intelligence offerte par un livre.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 14 juin 2009 à 21:57
@ Laurent
Ce que j'ai simplement voulu dire en citant en exemple le paragraphe de la tribune de Manuel Valls, c'est mon interrogation et ma perplexité dues au fait que MV ne développe pas dans son paragraphe l'EVALUATION que
"depuis près de dix ans, le contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) d'Évry-Courcouronnes (qui) regroupe tous les acteurs dont les fonctions peuvent contribuer, directement ou indirectement, à la lutte contre la délinquance."
devrait avoir normalement permis d'établir.
Voilà tout.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 14 juin 2009 à 20:55
Véronique Raffeneau,
Je ne suis absolument pas d'accord avec cette vision d'une "machinerie politique" qui avancerait à l'aveugle, superposant les textes, etc., ni de la part de la droite, ni de celle de la gauche. Je crois au contraire que, dans l'actuelle majorité, comme dans l'opposition, nous avons un personnel de qualité, maîtrisant bien les dossiers. Il suffit de suivre les travaux de l'Assemblée nationale, celui de certaines collectivités locales, ou même, ne vous en déplaise, des ministères, pour s'en convaincre. C'est un travail colossal qui chaque année est accompli, souvent loin des médias et du sensationnel dont ils sont friands, un travail réalisé en amont par des conseillers de l'ombre (comme JDR), des techniciens, des chefs de cabinets, des attachés parlementaires, des chargés de missions, etc. Il me semble que vous avez une vue très déformée de la chose politique.
Rédigé par : Laurent Dingli | 14 juin 2009 à 19:17
@ Laurent
"Cette loi, d'emblée, a été affectée d'un vice grave qui l'a conduite à favoriser le particulier d'une corporation, d'un groupe, aussi respectables qu'ils soient, contre l'universel de principes dont l'application était plus nécessaire à la démocratie que les limitations caporalistes souhaitées." (billet PB)
Si nous considérons le fiasco d'Hadopi, il y a quand même là de quoi singulièrement refroidir un enthousiasme politique.
Je suis totalement d'accord avec vous sur le fait que notre pays avait besoin d'une transformation assez radicale dans la façon d'être dirigé.
Mais bon, pas n'importe comment et pas au moyen du n'importe quoi.
Ce qui me choque dans Hadopi c'est la désinvolture, à ce niveau-là, avec laquelle on s'assoit sur ce qui fonde l'identité politique et culturelle profonde de notre pays.
Certes, il faut des audacieux, il faut des responsables politiques qui osent faire bouger des lignes, sans quoi les choses se dégradent - se sont dégradées - irrémédiablement sous le poids écrasant des intérêts des intérêts catégoriels, des clientélismes et des immobilismes.
Mais je pense que la vraie audace en politique aujourd'hui, plutôt que de fabriquer des textes façon au petit bonheur la chance, est de contrôler l'application en réel des textes existants et/ou d'évaluer sérieusement les mesures mises en place.
Par exemple, il y a peu, Philippe évoquait une tribune du Figaro écrite par Manuel Valls :
"Élu d'une circonscription où les violences sont une réalité quotidienne, je suis tenu de tout mettre en œuvre pour garantir aux habitants leur droit minimal à la sécurité. Depuis près de dix ans, le contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) d'Évry-Courcouronnes regroupe tous les acteurs dont les fonctions peuvent contribuer, directement ou indirectement, à la lutte contre la délinquance. Par-delà nos différences politiques, les élus de ces deux communes veillent ainsi à la synergie des moyens en concertation avec les représentants de l'État. Des expériences originales y sont menées - comme en matière de vidéoprotection - et chaque jour les polices municipales unissent leurs efforts à ceux de la police nationale pour améliorer leur réactivité.
Nous nous sommes également engagés sur les terrains du combat contre l'absentéisme scolaire et de l'autorité parentale, par la mise en place d'un conseil des droits et devoirs des familles, ou encore, avec les acteurs de la communauté éducative, contre la violence au sein et autour des établissements scolaires. Puisse ce travail partenarial mené au niveau local servir de laboratoire au plan national !" (extrait de la tribune d'EV)
Vous observerez que pas un mot n'est dit au sujet d'un éventuel bilan relatif à la pertinence et à l'efficacité de ces mesures engagées dans la circonscription d'EV.
Chez EV ou ailleurs, partout ailleurs, nous avons le sentiment que la machinerie politique,que ce soit dans le domaine du local ou dans celui du national, n'a pas d'autre finalité que de s'alimenter elle-même en créant des réseaux et des structures qui se juxtaposent et superposent les uns aux autres, dont la seule existence et dont la seule évocation, par exemple "communauté éducative", semblent suffire pour espérer en démontrer et en éprouver l'utilité.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 14 juin 2009 à 15:52
Cher Aïssa Lacheb-Boukachache,
Vous confondez la haine et l'agacement : pas de grands mots, je vous prie. Quand je réponds à JDR qu'il m'a désarmé avec son humour, il y a, me semble-t-il, plus haineux comme réaction, ne trouvez-vous pas ? Nous avons des échanges fermes, parfois rudes, tout en restant courtois, comme avec vous, cher confrère. Encore une fois, je suis désolé mais je n'ai jamais aperçu la moindre nuance dans son discours politique (à part que la candidature de Ségolène Royal l'avait indisposé, la belle affaire !)
Par ailleurs, je ne défends par Nicolas Sarkozy envers et contre tous, comme vous dites ; il n'a pas besoin de moi, du reste, comme avocat. Depuis deux ans, j'ai exprimé à diverses reprises, ici ou ailleurs, mon désaccord avec certains axes de sa politique. Je cite au hasard quelques points : le tout nucléaire et la volonté d'exportation de cette technologie aux pays du Maghreb comme au reste du monde (je ne dis pas que nous devons arrêter le nucléaire, mais diversifier les sources d'énergie et surtout ne pas vendre des centrales à des pays qui manquent d'eau et bénéficient d'une grande exposition solaire) ; la politique des quotas rigides fixés pour l'immigration ; le prétendu Grenelle des animaux qui s'est révélé une vaste farce ; l'absence de tous les députés UMP (et des communistes) lors de la remise du titre de citoyen d'honneur de la ville de Paris au Dalaï-Lama (titre par ailleurs ridicule et galvaudé puisqu'il avait été accordé précédemment à Battisti sous la pression des Verts et des Communistes (j'en reparlerai) ; déplacement de Jean-Marie Bockel pour avoir simplement dit des vérités fort peu diplomatiques ; nomination de certains "copains", tels le frère de Julien Clerc, à la tête d'une radio célèbre (dans la grande tradition mitterrandienne), interventions intempestives de Rachida Dati, etc.
Mais, pour le reste, c'est vrai, je soutiens l'action du président de la République ; je suis fier du RSA, de l'ouverture politique et ethnique (dont j'attends la mise en application à travers le rapport Sabeg), de la réforme des retraites, du chantier du Grenelle (même si Grenelle 1 tarde à être validé par les Chambres), de la gestion novatrice de l'Europe, du paquet Climat-Energie, en un mot de la volonté d'aérer cette vieille bicoque qu'était devenue la France sous Jacques Chirac. Cela, je crois, ne fait pas de moi un simple thuriféraire. Heureusement que nous avons encore la capacité de nous enthousiasmer pour l'action politique.
Rédigé par : Laurent Dingli | 14 juin 2009 à 11:07
Un collègue russe, vedette dans sa catégorie, aisé, fumeur de cigare, me disait il y a peu, en réponse á ma demande, comment se dénomme un "Software" et oú dans la ville je peux me le procurer :
"Moi, jamais acheté. Toi fou. The Pirat Bay, bonne adresse !" (á lire avec l'accent russe svp)
Même les riches volent á l'étalage.
Il faut une loi, un système, une prise de conscience.
Rédigé par : jpledun | 14 juin 2009 à 08:04
@ Daniel Ciccia
Votre commentaire est très juste. La licence globale n'est pas plus satisfaisante qu'Hadopi.
Mais sur la négation de l'artiste, il y a quand même cette réalité que le téléchargement a tendance à valoriser plus la performance que l'enregistrement. En ce sens, la révolution technique en elle-même n'est pas une négation de l'artiste.
Je ne comprends pas bien pourquoi on ne trouve pas un juste milieu en mettant des amendes, de l'ordre de 50 euros, pour punir gentiment ceux qui se font prendre à abuser.
Cela serait un début.
Rédigé par : Alex paulista | 14 juin 2009 à 02:12
Enfin, ce n’est quand même pas moi, misérable Grain de poivre, qui vais vous apprendre qu’on ne peut pas confondre pillage et liberté d’expression et de communication. Par exemple, cher Philippe, que diriez-vous si on photocopiait vos œuvres pour ne pas acheter les bouquins ? Et qu’on vous oppose le droit d’information ? La loi Hadopi est peut-être mal fichue mais il est normal de sanctionner les voleurs de films et de chansons. Que les auteurs des ces productions soient bons ou mauvais est un autre débat.
Rédigé par : Grain de poivre | 13 juin 2009 à 22:52
Cher Laurent Dingli, pourquoi tant de haine marquée d'impitoyable ironie?... Ce cher Jean-Dominique n'invente rien … Il dit penser «fumistes», autant quant à Ségolène Royal qu'à Nicolas Sarkozy … Moi-même je ne suis pas en reste parfois, vous le constatez ... Et je subodore fort que vous-même, en secret, songiez pareillement certains et certaines de ceux-là en fumistes complets, je songe à l'idole en grande asperge qui engendra d'une manière celui que vous louez aujourd'hui et défendez envers et contre tout et tous … Il me semble que lors qu'on est femme ou homme politique, on est toujours le fumiste de quelqu'un et d'autant plus fumiste que le pouvoir et la place qu'on occupe au sein des Institutions sont grands. C'est ainsi, c'est le lot de qui se hisse quelle que soit la manière, en ces choses ils ne sont ni à plaindre ni autre chose … Prenez les six Présidents de la Cinquième, de qui n'étaient-ils pas chacun le fumiste? Je pense que parce qu'il n'est pas stupide, loin s'en faut, il a voté, aux dernières européennes, pour «son fumiste préféré» Nicolas ou plutôt son Parti, sa liste «fumiste» … Me trompè-je, Jean-Dominique? Si oui, autant pour moi mais cela vous aurait été et rehaussé positivement à merveille. Voter contre soi n'est pas toujours un reniement, vous le savez … Il paraît que c'est parce que l'on aime trop que l'on châtie bien … En ces choses de la politique ainsi qu'envers les siens. Mais vous, sachez-le, n'en doutez jamais, moi, ce cher PB ainsi que d'aucuns, même en nos existences discrètes, nous sommes le fumiste de quelqu'un ... Ainsi parlait Zarathous... euh non … Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 13 juin 2009 à 21:12
Je parlais de vos interventions sur près de deux ans, et non pas sur ce seul billet, comme vous l'aurez bien compris.
Quant à la détestation assez large que produit selon vous N. Sarkozy, je vous fais remarquer qu'il s'agit sans doute plus de vos désirs que de la réalité, car les derniers sondages le mettaient encore en tête de ses anciens concurrents à la présidentielle. Il ne vous aura pas échappé non plus que sa majorité a remporté les dernières élections (Mais je suis d'accord avec J. P. Ledun sur la nécessité d'éviter tout triomphalisme, lequel serait très déplacé, dans un contexte de forte abstention et de crise).
Pour en revenir au sujet de ce billet, j'ai salué l'approche nuancée de Philippe Bilger. Je crois, moi aussi, que l'idée de bloquer les lignes internet des fraudeurs était une étrange ineptie.
Rédigé par : Laurent Dingli | 13 juin 2009 à 20:11
Laurent Dingli, bon sang, passez donc commande à Philippe d'un billet concernant le scrutin européen et je vous promets d'y réagir. Philippe adore qu'on lui dise ce qu'il convient ou non d'écrire...
Je suis les fils de l'auteur de ce blog, je ne squatte pas. Hadopi c'est Sarkozy, je n'y suis pour rien, c'est un tissu d'âneries, je n'y suis re-pour rien ! Le sujet, c'est Hadopi, ce n'est pas mon choix et je serais un fameux rhétoricien si je parvenais à gloser sur la défaite des socialistes dans le contexte d'Hadopi sans être hors sujet !
Avant l'élection de N. Sarkozy, un mien ami, élu seine-et-marnais, UMP et sarkozyste de la première heure (voyez que mes relations sont moins manichéennes que mes idées) à qui je présentais le catalogue des tares de son champion me proposa de le rencontrer pour me faire une autre idée du personnage. Je déclinais l'invitation (j'étais alors dans l'équipe de pré-campagne de DSK, je me voyais mal pris la main dans le sac du voisin) et répondis que le citoyen que j'étais se moque éperdument de ce que N. Sarkozy soit charmant en privé, disserte librement sur la dialectique hégélienne en cachette de tous : je devais me contenter en tant que citoyen de l'image produite en public puisque la réalité, aussi enchanteresse qu'elle puisse être, n'est pas accessible au citoyen ordinaire. N.Sarkozy produit de la détestation d'une manière assez large, je ne suis pas le seul à être atteint...
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait@Laurent Dingli | 13 juin 2009 à 19:34
@Denis Monod-Broca
Mouuaaais...
Nous pouvons toujours tout extrapoler.
Il n'y a que vous pour parler de "Triomphe" de l'UMP.
J'ai observé, avec grand plaisir, la réserve des dirigeants UMP sur les plateaux de TV. Le lendemain, c'était encore mieux.
Je ne suis pas sûr que les tireurs d'élite du PS (Post Scriptum) auraient observé la même réserve en cas de résultats inverses.
(Vous voyez, j'extrapole, c'est très facile)
Attendons d'entendre ce que va nous dire le père Sarko.
Rédigé par : jpledun | 13 juin 2009 à 18:22