Il n'est plus question du "rire républicain" défendu par Nicolas Demorand mais de la drôlerie en elle-même. Même si des génies comme Henri Bergson se sont penchés sur le mécanisme du rire, il n'est pas sûr qu'en dépit de la profondeur de son analyse il puisse nous aider à élucider ce que l'on pourrait appeler le "rire médiatique".
Je voudrais également échapper à la tentation, à cause de mes références anciennes, de dénigrer l'esprit d'aujourd'hui parce qu'il ne me transporte pas sauf lorsqu'il s'attaque à qui je n'aime pas. Ma mansuétude parvient à accepter aisément la mise en pièces de certaines personnes. Reste que s'arrêter à une telle attitude condamnerait ce modeste billet à une limitation très subjective.
Ecoutant Stéphane Guillon parce que j'apprécie sur France Inter cette tranche horaire avec Nicolas Demorand, même si je trouve que la ronde des invités n'est guère renouvelée, je suis enclin à considérer que ce n'est plus le regard sur la vie quotidienne qui fait rire et sens. En effet, je n'ai pas l'impression que Stéphane Guillon soit obsédé par les ridicules de la modernité banale. Il n'a pas pour vocation de tirer de la gangue généralement non signifiante des jours une pépite, une étincelle atypiques.
Au contraire - pour certains, c'est sans doute une faiblesse mais pour ceux dont je suis, une chance -, il s'immerge dans l'actualité immédiate et n'hésite pas à prendre comme sujet ce dans quoi précisément il est plongé. On n'est pas loin d'un rire s'adorant lui-même et Stéphane Guillon n'est pas le dernier à s'esclaffer de sa drôlerie même si texte, saillies et gloussements, parfaitement harmonisés, donnent l'impression d'attendre les applaudissements de l'auditeur après ceux de son entourage immédiat.
Stéphane Guillon demeure dans le vif du débat qui est, peu ou prou, de nature politique ou médiatique. Il répartit avec un apparent équilibre ses coups et ses acidités à droite et à gauche mais nul besoin d'être grand clerc pour percevoir où l'entraînent ses sympathies. La dent est plus dure à l'encontre de certains qu'à l'égard d'autres au sujet desquels il manifeste une indulgence amusée, retenue.
Ce qui m'apparaît le noyau central de son intervention est une volonté obstinée mais maîtrisée de provocation. Celle-ci, toutefois, a totalement changé de registre aujourd'hui. Elle a été tellement exploitée, usée jusqu'à la dernière dérision qu'il a fallu lui donner du sang neuf, une vivacité originale. Au regard de mes enthousiasmes passés - je pense à Poiret et Serrault, certains chansonniers, Thierry Le Luron, Coluche -, sans doute faut-il convenir qu'on a quitté le rire qui détruisait les puissants par le ridicule qu'il projetait sur eux, qu'on a abandonné la moquerie purement politique à cause de l'idéologie des humoristes qui, leur faisant choisir leurs cibles, les éloignait par là même de l'universel d'une vision comique susceptible de rassembler des spectateurs au lieu de diviser des citoyens.
La provocation actuelle - et Stéphane Guillon en fournit un exemple achevé - cherche moins l'éclat de rire grâce à la libération d'un corps heureux de se laisser aller que les grincements du coeur et de l'esprit, le malaise oscillant entre ricanement presque drôle et indignation légère. Au fond, osons le terme, la souffrance est devenue le terreau privilégié du "fou du roi" médiatique. Là où Patrick Timsit demeurait encore une exception avec l'épisode comique puis judiciaire des "mongoliens", Stéphane Guillon s'adonne très souvent à cet exercice délicat pour lui, éprouvant pour l'auditeur où les catastrophes, les tragédies, les morts et les faiblesses naturelles - celles sur lesquelles l'être ne peut rien - sont triturées, malaxées, à la fois banalisées et mises en pleine lumière par le sarcasme, une commisération feinte et un vrai dédain des réactions possibles. J'avoue que le double billet de Stéphane Guillon sur le vol Rio-Paris d'Air France m'a laissé admiratif devant le culot énorme et alarmé devant ces brisures nouvelles causées directement ou non à des familles déjà anéanties par un immense malheur collectif - du sel jeté à profusion sur des plaies qui auraient mérité solidarité ou silence.
Cet usage de la souffrance d'autrui - comme moteur de l'inspiration - se traduit aussi paradoxalement par une méchanceté à l'égard des vaincus et des défaits quand les puissants et les forts, en tout cas au meilleur de leur forme, demeurent à l'abri. Dominique Strauss-Kahn n'aurait pas dû se plaindre, certes, de l'offense infligée par Guillon mais celle-ci ne se rapporte pas au personnage officiel qui, aimé ou non, ne prête ni à sourire ni à pitié mais met l'accent sur une faiblesse et un discrédit déjà largement payés par la polémique et la procédure qui les ont suivis. Comme on ne brave plus la mort, à la Brassens, pour dissiper la peur qu'elle inspire mais qu'on fait fond sur le pire pour espérer faire rire "jaune" ceux qui sont encore épargnés, on n'est plus vraiment entêté à égratigner, à mordre par l'esprit les titulaires de pouvoir, quelle que soit la nature de celui-ci. On préfère ajouter à la tristesse du monde par l'ironie et la boutade que favoriser, un trait de temps infime, le bonheur grâce à un regard bienveillant quoique caustique sur autrui et les choses de la vie.
Stéphane Guillon est-il drôle ?
Pas vraiment, à mon sens, mais pour des raisons qui tiennent à l'air du temps, au goût de l'époque et qui ne sont pas toutes médiocres. Je ne profite pas de son départ en vacances pour émettre cet avis. Notre démocratie, si elle est intelligente, le laissera toujours parler librement, comme il l'entend et comme on l'entend, ainsi que tous ses collègues en rire républicain, médiatique ou autre.
Le hasard fait bien les choses puisque Le Monde publie, par Raphaëlle Bacqué, un portrait de Philippe Val qui va diriger France Inter. Le titre choisi, pour cet hémiplégique de la liberté d'expression, est : Fini de rire.
D'une certaine manière, on pourrait soutenir qu'avec Stéphane Guillon, le rire est fini.
Je révise mon jugement:
Guillon est EXCELLENT dans ce dernier sketch sur les mariages gris de Besson:
http://www.dailymotion.com/video/xb9m6q_le-mariage-gris-deric-besson_fun
En plus tout ce qu'il dit est vrai. Pour mon couple ils ont posé des questions à mon épouse sur notre différence d'âge de... 2 ans !!!
Rédigé par : Alex paulista | 29 novembre 2009 à 16:11
@Alex Paulista
Je crois que le comique doit appuyer là où ça fait mal et qu'il doit moquer les travers de nos dirigeants, d'une société qui perd un peu la tête. Son rire doit être un contre-pouvoir or le citoyen lambda n'a pas et n'est pas un pouvoir. C'est pour ça que Carlier m'insupportait (je mets le passé car je l'ai zappé), qui passait son temps à se moquer des candidats qui participaient aux émissions de téléréalité ou à des jeux dont j'apprenais au passage l'existence, par ses papiers, plutôt que des puissants qu'il ménageait, ménageant peut-être ainsi avant tout sa carrière...
Si le commentaire de Patrick Pike m'a agacée c'est que ce dernier n'est pas, que je sache, un comique ; ou alors il cache bien son jeu.
Quant à votre remarque au sujet de la justice qui doit protéger les plus faibles, sans aller jusqu'à la revendication des juges "rouges" de faire pencher, délibérément et systématiquement, le fléau de la balance du côté de ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre (on voit ce que ça a donné dans l'affaire de Bruay-en-Artois) je crois qu'elle est là en effet pour rétablir un équilibre rompu souvent au détriment du plus faible.
Quant à l'égalité, si les hommes naissent égaux en droits, en réalité certains sont plus égaux que d'autres........
Rédigé par : catherine A à Alex Paulista | 23 juin 2009 à 09:52
Chère Catherine A, je n'écoute plus en effet Stéphane Guillon.
Quant à la vulgarité, ce n'est une question ni de moyens ni de culture, c'est un état d'esprit.
Rédigé par : Patrick Pike | 23 juin 2009 à 09:24
@ Catherine A
Je remarque dans votre commentaire une phrase qui revient régulièrement sur ce blog, comme quoi il revient de s'attaquer "à ceux qui ont du pouvoir".
Je la relève car elle fait pour moi écho à une interview de M. Perben qui disait le plus naturellement du monde que "le rôle premier de la Justice était de protéger les plus faibles". Ce concept poussé comme une évidence me gêne. Car pour moi la Justice doit faire appliquer la Loi dans son esprit, la protection de tout le monde étant la conséquence bien sûr.
De même l'humour peut (et doit ?) s'attaquer à la bêtise en général, sans épargner celle qui inonde les "flots bleus".
Paradoxalement, votre refus de vous moquer peut être pris pour de la condescendance.
J'ai sûrement sur-réagi à ces quelques mots, mais cette histoire des "plus faibles" comme une antienne dans ce blog juridique ne colle pas trop avec le concept d'égalité à la base de notre république.
Mais sur Guillon, riez de bon cœur autant que possible, c'est toujours ça de pris.
Moi j'ai la même difficulté à rire que devant un passant qui risque de s'être cassé la cheville en chutant dans un trou de la chaussée. Je ne sais pas pourquoi, quelque chose me retient.
Rédigé par : Alex paulista | 22 juin 2009 à 16:19
@Patrick Pike
Mais laissez donc les esprits vulgaires, dont je suis, rire à l'humour de Guillon ! Personne ne vous oblige à l'écouter, il y a sur un poste de radio des boutons qui permettent de zapper.
Cela dit, votre saillie sur le camping des flots bleus et les Marcel en bob devant leur Ricard est d'un mépris souverain que ne se permet pas Guillon ; lui s'attaque à ceux qui ont du pouvoir et ne se moque pas du "français moyen" qui part en vacances selon ses moyens et sa culture. Eh oui tout le monde ne va pas à Avignon ou à Bayreuth.
Rédigé par : catherine A à Patrick Pike | 22 juin 2009 à 10:11
Stéphane Guillon est-il drôle ? Bien sûr, comme les quelques comiques qui pavoisent au comptoir du café du coin, avec encore moins d'intelligence. Pour vous en convaincre, allez prendre un café le samedi matin à l'heure du PMU, les saillies que vous entendrez vous feront autant sourire, voire plus, que ses diatribes ; avec parfois bien plus de bon sens.
Il est parti en vacances ? Sans doute au camping "des flots bleus" où devant un verre de Pastis et coiffé d'une casquette Ricard il va se ressourcer. Je lui souhaite une étude studieuse pour y puiser ne serait-ce qu'un fragment de subtilité.
Il devrait se cantonner à ses sketches, mieux travaillés, ses chroniques n'étant que l'expression de la vulgarité ambiante.
Et j'en parle d'autant plus à mon aise que ceux qu'il tente de pourfendre n'ont pas tous l'heur de me plaire.
Rédigé par : Patrick Pike | 21 juin 2009 à 12:40
Comme je ne suis pas client, je suis allé sur le site de France Inter, pour écouter (et voir, Cher Drôle, puisqu'il y a aussi la vidéo) (Cher Drôle: J’adore) le Sieur Guillon.
Oui, il est drôle.
Très déplaisant, très antipathique, mais on ne peut pas le lui reprocher, c'est quand même, pour lui, le but du jeu.
Maintenant le rire qu'il provoque ne sera jamais le rire salvateur et bienfaisant que Bergson a, en effet, essayé de décrire.
Nous rions de l'auguste quand sa guitare explose, nous ne rions pas de la guitare (ce n’est qu’un exemple).
Guillon nous fait rire sur le malheur, les tracas ou plus simplement sur les défauts des autres. Il ne nous fait pas rire de lui. Jamais.
C'est pour cela que je ne suis pas client.
Il est très facile de rire ou de faire rire sur le dos des autres. C'est le plus facile et plus porteur de succès.
Faire rire de soi, c'est une autre paire de manches.
Finalement Guillon comique pas comique ?
Tout est question de goût.
Rédigé par : jpledun | 20 juin 2009 à 18:35
Prochainement : décompte du temps de vanne des humoristes par le CSA, pour vérifier qu'ils tapent autant de fois sur la gauche que sur la droite. Même si on a 7 interventions de membres du gouvernement à la télé par semaine contre pas grand-chose en face.
Rédigé par : sefesf | 20 juin 2009 à 16:17
Très intéressante analyse, cher Aïssa Lacheb-Boukachache. Je n'ai pas oublié non plus, dans un tout autre registre il est vrai, le récit très fort du lynchage auquel vous aviez assisté dans la cour de la prison. J'ai bien ri avec la supposition d'un Guillon violé par une marâtre, etc.
@ Ludovic,
Merci, cher confrère.
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 juin 2009 à 10:02
@ Ludovic et Laurent Dingli
Je ne sais pas ce qu'est un bon verdict en la matière. On peut constater que la justice française est plus compréhensive avec elle qu'avec Ferrara, fidèle à ses amis et ne s'en prenant qu'à l'argent des fourgons blindés en épargnant les convoyeurs.
Question de valeurs.
Comme Philippe Bilger n'aime pas les digressions, je vous indique juste une chanson de Chico Buarque sur le sujet:
Pedaço de Mim (Morceau de Moi-même)
http://www.youtube.com/watch?v=-ElevYsUDO4
Je crois que c'est la chanson la plus triste que je connaisse.
Peut-être un humoriste s'emparera du sujet ?
Rédigé par : Alex paulista | 20 juin 2009 à 03:05
@Laurent Dingli,
Bien vu cher confrère, je pense également que le verdict des assises prononcé à l'encontre de Véronique Courjault est un bon verdict.
Les jurés et les magistrats ont su restituer la dignité humaine d'une femme que la presse s'est échinée à faire passer pour un monstre.
Bien à vous.
Rédigé par : Ludovic | 19 juin 2009 à 22:27
Ce que vous dites quant à Véronique Courjaut, Laurent Dingli, est intéressant … La populace (dixit Imbert, à raison cette fois) a toujours eu de ces velléités «justiciaires». Ainsi jusque dans les prisons où l'on voit encore ces «pointeurs» (violeurs de femmes; étrangement jamais les violeurs d'homme, j'y reviendrai …) se faire honnir quand ce n'est pas massacrer par les autres détenus qui seraient, eux, les «bons détenus». Combien de fois ai-je vu ces scènes où ces meutes se jettent sur un pour faire «justice» au nom d'une «morale» … C'est que même dans l'indignité et la misère, l'individu ne peut supporter qu'il n'y ait pas plus misérable et indigne que lui, il lui faut trouver «plus bas» sur qui jeter sa vindicte, son crachat, ainsi il se persuade qu'il demeure, lui, encore dans la communauté humaine … Ces attitudes sont telles qu'il n'est nul besoin à ceux-ci d'une quelconque certitude de culpabilité de ces violeurs pour les traiter comme de ces façons; la simple connaissance du motif de l'incarcération de ces derniers suffit amplement à la curée … S'il s'avère par la suite que leur victime était réellement innocente du crime dont on l'accusait, ils se disent simplement: Merde, c'était con, il avait rien fait … Et ces choses sont telles que j'ai maintes fois vu certains s'en rajouter des mois et des années de prison, parfois à quelques semaines de leur libération, pour ne pas avoir voulu renoncer à désigner «plus infâme» que soi … Pourquoi les violeurs d'homme sont-ils épargnés, disais-je … C'est parce qu'ils n'en sont pas, pensent-ils, ils ne peuvent pas en être. En d'autres termes, ils ne violeront jamais un homme, eux, car un homme ne les intéresse pas. Mais une femme … D'où leur haine contre ceux qui l'ont fait car ils auraient pu le faire, eux, ils n'ont jamais osé le faire, ils auraient aimé sans doute le faire … Ce qu'il y a de plus ignoble que moi, c'est moi et moi c'est lui, là, qui l'a fait et pas moi, voilà ce qui se passe dans ces têtes étroites à ce moment. Ce qu'il y a d'intéressant et aussi de comique, c'est quand on (ceux-là) s'aperçoit que le violeur pèse 120 kilos, mesure deux mètres et est champion de karaté ou de boxe. Là les lâches -et je l'ai vu également- se font tout petits et disparaissent; c'est à celui qui se fera le plus copain avec ce «monstre» dont on oublie singulièrement qu'il a violé une femme ou même plusieurs … Il faut dire également que ces facilités d'hallali leur furent longtemps «permises» par une certaine administration pénitentiaire qui raisonnait selon ce même schéma et qui d'une pierre faisait deux coups en se servant souvent de ce violeur comme d'un factotum espion et dénonciateur en échange de sa protection. J'use de l'imparfait car je veux croire que depuis ces viles manières ont disparu et que l'administration pénitentiaire protège à égalité tous ceux et celles dont elle a la responsabilité sans longtemps en avoir assumé les conséquences, bref en toute impunité, surtout quand ceux-ci sont jeunes car on sait bien que plus ils sont jeunes plus ils sont énervés d'une part et vulnérables de l'autre …
Cet état a aussi existé longtemps dans les prisons de femmes. Non contre les femmes violeuses d'homme (je n'en ai jamais vues ni connues) mais contre les mères infanticides … Mais, si elle le veut, laissons la plume à notre chère Catherine Jacob, femme s'il en est érudite en bien des choses, qui nous en dira un peu plus de ces mécanismes psychologiques du cerveau féminin que j'appréhende certainement moins savamment que les choses vraies relatées ci-dessus ... Pour ne point trop digresser, imaginons Guillon violé par une marâtre la nuit à la sortie de France-Inter alors qu'il venait de dîner avec Jean-Luc Hees et renouveler son contrat en signant avec Philippe Val …
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 juin 2009 à 22:05
Cher Philippe,
Le rire est une manifestation corporelle dans la relation qui témoigne d'un surplus d'excitations.
Il révèle une tentative d'élaboration mentale au travers d'une manifestation vago sympathique.
Lorsque le Moi d'un individu est construit ou est fort, et qu'il est capable de supporter ses propres affects, il diminue ses projections agressives ce qui le rend individu social.
Pour la majorité des personnes, le Moi peut être effrayé par son agressivité propre, et sélectionne les parties bonnes du Moi de celles considérées comme mauvaises ou perverses.
L'origine de la cruauté infantile pourrait être liée à une pulsion d'emprise qui n'aurait pas originellement pour but la souffrance d'autrui.
Ceci permet d'établir un lien avec la pulsion d'emprise.
Je sais bien que d'ouvrir d'autres pistes de compréhension du magma aperceptif de l'agressivité apparaît dépourvu d'intérêt.
Cependant dans tout passage à l'acte, dans toute agression, dans tout acte violent, c'est à ce niveau de perception ou d'aperception que cela se met à l'oeuvre.
françoise et karell Semtob
Rédigé par : semtob | 19 juin 2009 à 21:57
A propos de Semtob, lisez MAMAN de Michel Schneider, Ludovic et fiat vous luxera : ce PROUST là est le meilleur, du moins ce livre sur PROUST ! (et un peu d'humilité, un peu d'humilité)
Sissi !
Rédigé par : Cactus transparent (?) à Ludovic | 19 juin 2009 à 18:44
@GL : pensez-vous vraiment qu'un imbécile soit capable d'autodérision comme celle du Groland ?!
Rédigé par : Kim | 19 juin 2009 à 18:04
"En France vous vous riez de tout ! Vous allez mourir de rire !".
Denise Bombardier.
Voilà un sujet de bac philo pour 2010.
Rédigé par : bernard | 19 juin 2009 à 17:26
Ce n'est pas la transgression de l'interdit moral qui me gêne en l'occurrence chez certains, mais la confusion entre le rôle de comique et celui de (mauvais) journaliste d'investigation et surtout cette tendance narcissique, voire mégalomaniaque, à se considérer comme la "voix des sans voix".
Et pourtant, je préfère de loin la transgression humoristique aux bêlements convenus du troupeau humain.
Exemple : les blagues de Nicolas Canteloup sur les bébés congelés de Véronique Courjault ne me choquent pas. Après avoir poussé un "oh !" d'indignation un peu hypocrite, je ris de bon coeur ; ce qui me choque, en revanche, c'est la réalité, c'est le public vengeur du tribunal que la possibilité d'une clémence relative pour cette femme atteinte de troubles, indigne au plus haut point, c'est l'aveuglement de tous ces petits justiciers anonymes qui ne peuvent pas concevoir la complexité de l'instinct maternel... ou son absence. Et voici donc qu'ils s'enragent lorsqu'un fait divers leur ramène à la conscience ce qu'ils essaient désespérément de refouler : l'ambivalence de l'image maternelle.
Toutes les mères sont des saintes femmes ?
Non, décidément les propos de Canteloup sur les "surgelés" de Courjault me conviennent très bien, c'est la bêtise des petits Torquemada qui m'est insupportable. Heureusement que les jurés ne les ont pas suivis.
Pour en revenir au sieur Guillon, ce n'est donc pas sa fonction qui me hérisse, mais sa prétention d'être "la voix des sans voix" (ben voyons mon gars ! tu vas devenir aussi prétentieux que ce vieux blobloteur narcissique de Bedos, ton père spirituel), et puis, les rares coups de gueule que j'ai entendus me laissent de marbre. Amusant aussi comme le prétendu comique devient irascible quand on le critique ; n'aime pas ça l'arroseur arrosé...
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 juin 2009 à 14:39
Guillon est un des derniers humoristes à s'attaquer ouvertement aux gens. Aujourd'hui il est plutôt de bon ton de faire dans le consensuel, surtout en matière d'humour.
Puis les invités le savent, en venant, ils vont se faire "flinguer"...
L'avantage qu'il a sur les Zemmour et Nauleau, est qu'il est (presque) toujours drôle. Ce qui, peut-être à tort, le rend attendrissant.
Eux sont méchants, et quand ce n'est pas justifié, on ne veut pas leur pardonner...
Guillon, ne change rien !
Rédigé par : Guile | 19 juin 2009 à 14:36
@Semtob,
Je n'entends décidément rien à vos propos. Pourquoi diable les psychanalystes se croient-ils obligés de s'exprimer dans un jargon aussi inintelligible qu'abscons ?
Je vous laisse à vos théories fumeuses.
Au fait, quel rapport avec le billet de notre hôte ? Au cas où vous daigneriez me répondre, évitez votre sabir habituel.
Rédigé par : Ludovic | 19 juin 2009 à 14:05
Guillon est parfois drôle mais son humour manque de tendresse...
Il en faudrait pour faire passer le reste.
Je l'apprécie peu !
Rédigé par : francis | 19 juin 2009 à 12:08
J'avoue que Guillon me fait rire et que la moindre des choses pour un humoriste est qu'il mette le doigt là où ça fait mal. Il n'est de bon humour que noir.
Cela dit, vous voyez dites-vous vers où penche son coeur ou sa raison. N'est-il pas normal d'être plus impitoyable avec ceux qui sont au pouvoir qu'avec les autres ? D'autant qu'ils donnent plus d'occasions que d'autres, eux qui font souvent aujourd'hui le contraire de ce qu'ils avaient affirmé hier.
Il faudrait me semble-t-il des pages et des pages pour analyser le rire à travers les pays et les époques, le rire subversif que détestent les religions, les pouvoirs. Le rire dont finalement nous nous méfions tous : ne pensons-nous pas, si quelqu'un rit près de nous, qu'il se moque peut-être de nous ? au mieux ne nous sentons-nous pas agacés d'être exclus ?
Nous avons tellement appris à nous policer, qu'aujourd'hui un peu partout en France se sont créés des cours de rire... un comble ! Oui certains paient pour retrouver cette fonction vitale. Moi je préfère écouter Guillon, j'adore et en plus c'est gratuit.
Rédigé par : catherine A | 19 juin 2009 à 08:56
"Stéphane Guillon est-il drôle ?"
En tout cas, il a un public qui le paye depuis des décennies pour ce faire.
Comme "Le Petit Rapporteur", "Charlie-Hebdo" (version originelle) ou "Hara-Kiri", bien plus fortement critiqués en leurs temps et passés depuis à une postérité bien meilleure.
Aujourd'hui, nous avons aussi "Groland" et depuis des années. Cette émission a son public. Probablement tous des imbéciles.
Rédigé par : GL | 19 juin 2009 à 07:38
Son parrain et maître à penser s'appelle Guy Bedos. Il vieillira donc très mal et prendra du plaisir en 2017 à raconter chez Michel Drucker ses visites hebdomadaires à l'Elysée pour faire rire le Président Xavier Bertrand, partisan du retour d'une IIIème République.
Rédigé par : SR | 19 juin 2009 à 05:53
Cher Philippe,
Est-ce que le rire noir est une expression du sadisme ?
N'ayant pas la réponse,je m'en pose d'autres...
Pourquoi l'enfant ne rit pas avant le troisième ou le quatrième mois alors que son sourire apparaît vers le deuxième mois ? Je sais bien, cher Philippe, que votre attention est déjà ailleurs et que cette question seconde vous intéresse beaucoup moins que la première qui vous intéresse elle-même beaucoup moins que la votre...
Discuter du sadisme reste délicat.
En effet, sadisme et masochisme sont les deux versants d'une même perversion chez un individu.
Le masochisme est un sadisme renvoyé vers l'individu lui-même.
Le sadisme est antérieur au masochisme.
Alors là, vous repensez à l'histoire du bébé...
Et vous vous acharnez à remettre de l'ordre.
Le paradoxe est-il lié à une erreur de la théorie de la maturation, une clé d'entrée dans les stades archaïques, un pont jeté sur les pulsions d'emprise ?
Y a quoi derrière un mécanisme de défense
tel que le rire ?
Si le sadisme est une agression contre autrui dans laquelle la souffrance d'autrui n'est pas prise en considération dans l'agression, on ne se retrouve pas devant une forme délibérée ou déniée, et forcément devant une forme antérieure. Mais ce n'est pas sûr, on peut tout aussi bien être sous la force d'une pulsion d'emprise c'est-à-dire à la frontière d'une régression au stade sadique anal ou bien dans une levée d'inhibition
d'un moi masochique en conflit avec un sur
moi sadique ou d'un surmoi non constitué.
En clair, et là il faut rire, quand un surmoi
domine un moi, la morale est sauve. Quand il s'agit d'un métier, il s'agit d'une prise de risque qui en fait n'en est pas une à long terme.
C'est faire un buzz !!
françoise et karell Semtob
Rédigé par : semtob | 18 juin 2009 à 23:51
"Et tant pis pour les "pisse-froid".
Rédigé par: Ludovic | 18 juin 2009 at 21:43
surtout quand ils font leur show ????
Rédigé par : Cactus à Ludovic | 18 juin 2009 à 23:48