Bernard-Henri Lévy est incorrigible.
Maintenant que le très long procès de Youssouf Fofana et de vingt-six autres accusés est terminé, puis-je me permettre l'expression d'un immense soulagement à la suite de débats et d'un arrêt qui ont manifesté de manière éclatante la réussite d'une justice criminelle souvent mise à mal ces derniers mois. Réussite due pour une très large part à une présidence exceptionnelle de maîtrise, de fermeté et d'urbanité et à un jury digne de la mission grave et difficile que le sort lui avait confiée. Ce blog n'est évidemment pas fait pour expliquer, analyser, légitimer ou répondre aux polémiques que d'aucuns se sont plu à nourrir jour après jour, avant et après le verdict, précisément pour laisser croire à un échec que la réalité judiciaire n'a cessé de démentir. Cette discussion ne peut que relever des médias officiels.
En revanche, une exception m'est permise et elle concerne précisément BHL qui dans son bloc-notes du Point paru le 9 juillet, alors que les jurés étaient en train de délibérer depuis la veille, a lancé de manière étrange une charge à la fois sommaire et vindicative, qu'il a cru sublimer avec ce titre : "Ilan Halimi pour mémoire". D'ailleurs, l'allusion immédiate à Daniel Pearl est éclairante et, à la fois, accablante puisque de son propre aveu il avait mené sur ce dernier une enquête mâtinée de roman. C'est dire la confiance qu'on peut accorder à ses considérations de fraîche date !
A nouveau, en effet, BHL est intervenu sans connaître et a écrit sans savoir. Cela devient chez lui une déplorable habitude en matière judiciaire. Deux fois à Lyon où son crédit a été largement entamé puis, aujourd'hui, à Paris.
Quelle partialité pouvait-elle le pousser à cibler, outre Fofana, quatre accusés en particulier dont les avocats portaient un regard critique sur Me Szpiner et sa stratégie médiatico-judiciaire ? Quelle pulsion l'a poussé à se déchaîner pour tenter de démontrer que l'antisémitisme, retenu comme circonstance aggravante à l'encontre de deux accusés seulement, était partout dans cette tragique affaire et que même le "crapuleux" l'était ? Quelle perversion l'a incité à prétendre "se payer l'avocat général", comme il l'a dit en cercle restreint, sur un mode tel que même ceux qui ne m'apprécient pas en sont restés interdits ? Je ne me réfugierai pas derrière le trop facile "tout ce qui est excessif est insignifiant". Car certains éléments qui me sont venus aux oreilles - des journalistes, complaisants officiellement, ne le sont pas toujours dans la confidence - rendent plus que vraisemblable la "privatisation" de ce bloc-notes au profit d'une vengeance personnelle.
BHL évidemment n'a pas assisté au procès et évoque mon réquisitoire de quatre heures avec d'autant plus d'imprécision et d'outrance qu'il n'en a pas la moindre idée. Les données sur lesquelles il se fonde et qui lui ont été communiquées par une âme judiciaire bien intentionnée sont mal exploitées, médiocrement digérées. Tout cela sent l'improvisation hargneuse pour faire mal. Mais pour faire mal il faut être crédible. A défaut, c'est une aigreur dont la cause est évidemment ailleurs que dans l'indignation apparemment affichée.
Le 30 janvier 2009, j'avais écrit le billet "La Justice a-t-elle vraiment besoin de BHL ?" dans lequel je dénonçais sa double et lamentable incursion judiciaire lyonnaise. Fiasco complet pour lui : d'une part une décision en faveur de Siné et d'autre part un arrêt en cour d'assises ne retenant pas sa thèse contre un coupable qu'il voulait absolument qualifier de criminel raciste. Sa vanité en a été affectée, puisque peu de temps après il s'en prenait déjà à moi dans son bloc-notes, avec une désinvolture qui se voulait méprisante et qui était en fait assez drôle : "un blogueur nommé Bilger..."
L'assassinat d'Ilan Halimi a été un prétexte et c'est pitoyable. Je continue à penser que cette intelligence se dévoie parce qu'elle aborde des domaines où la haute conscience qu'elle a d'elle-même ne suffit pas. Je l'en supplie, qu'il ne mette plus les pieds ni l'esprit dans la Justice. Ni comme grand témoin ni comme essayiste. Elle ne lui réussit pas et il ne lui réussit pas. Il y a tant d'autres causes que son talent, avec la révérence médiatique jamais lassée qui l'accompagne, pourrait s'approprier.
Super votre article !
Avec la polémique Botul, son masque est officiellement tombé, on voit le vrai visage de cet incompétent, il parait même qu'il arrêterait la philosophie pour faire du naturisme, BHL nu avec Christine Angot, hahaha, regardez la photo :
http://www.urbains.net/ce-qui-buzz/bhl-pose-nu-avec-christine-angot-10022010
Marrant la bête
Rédigé par: Claire | 10 février 2010 à 20:21
"BHL récidive. Bernard-Henri Lévy est incorrigible.
Peu de temps après il s'en prenait déjà à moi dans son bloc-notes, avec une désinvolture qui se voulait méprisante et qui était en fait assez drôle: "un blogueur nommé Bilger..."
"Et Re et Re, petit patapon." me suis-je surprise à fredonner tantôt, en l'entend vanter la mobilisation Obamaniaque des militants par internet de Ségolène -qu'il soutient-, par ces mots: "Elle a vraiment inventé quelque chose. Il ne s'agit pas du tout de faire comme sur 'le blog de Tel et Tel'"!
Etait-ce dire là "Oh Gaston y a l' 3605 qui son, The 3 first minutes are free-son, mais y a jamais person qui connection!" me suis-je demandé.
Rédigé par: Catherine JACOB | 11 octobre 2009 à 20:16
@Robert Marchenoir
J'ajoute encore que la notion de "Français de souche" n'a historiquement aucun fondement. Prétendriez-vous descendre en ligne directe des Gaulois ?
Excusez-moi mais ce serait risible si ce n'était avant tout sinistre.
Rédigé par: Ludovic | 30 juillet 2009 à 01:05
@Robert Marchenoir,
Je n'ai pas retrouvé le billet que j'avais commenté et auquel vous m'avez répondu, mais je crains que vous ne m'ayez mal interprété.
Je ne suis ni raciste, ni antisémite, ces deux concepts me font horreur, et au risque de vous surprendre, mon compagnon est maghrébin et musulman.
Si j'ai pu approuver dans ses grandes lignes votre commentaire, je voulais vous mettre en garde contre une dérive pour le moins raciste, que votre litanie d'exemples sous-tend.
Je ne crois nullement en cette forme de justice que vous cherchez à légitimer et qui serait d'ordre ethnique.
Il est des gens merveilleux quelle que soit leur origine et de fieffés salauds parmi tous.
Aucun principe général ne peut être tiré de l'évocation d'une affaire particulière.
Je ne cherche pas à vous incriminer mais à vous ramener à une juste mesure.
Rédigé par: Ludovic | 30 juillet 2009 à 00:57
J'aurais aimé une prise de position de Robert,
fut-elle légère,
de badin ton,
de badin bis,
de badin ter.
AO
Rédigé par: oursivi | 29 juillet 2009 à 22:04
Pour une fois, je vais me faire le défenseur de BHL :
Que dire ? Ah si, il a écrit "Les derniers jours de Charles Baudelaire", et c'est tout...
Rédigé par: Marcheg Arvor | 29 juillet 2009 à 16:24
Est-ce proférer une transgression que de dire que Fofana méritait la mort ?
Commettre un acte aussi atroce et le revendiquer maintenant encore des années après, comme il le revendiquera alors intimement et sous cape pour s'offrir une sortie possible dans une vingtaine d'années, peuvent-ils aider à conclure autrement la sentence que beaucoup lui auraient aimé voir subir. Mais, dans le cadre de la loi actuelle - PB ne fait pas les lois, il les fait appliquer - notre hôte a agi avec discernement que de graduer les peines, en particulier, l'appât mineur n'avait probablement pas été informé ou n'avait réalisé ce à quoi tendait le cervelet du gang, il parait rationnel d'imaginer que sa jeunesse et sa bêtise lui ont largement occulté la terrible vérité programmée, aussi sa peine me paraît-elle équitable, pour les autres je n'en sais pas assez de leur participation et conscience aux tortures et aux intentions ultimes pour
juger leurs juges, mais je me rendrais probablement à l'avis rendu.
Une question me taraude cependant, qu'en pense R Badinter et s'est-il exprimé sur cette affaire, déjà quant à ce qu'il a épargné à Fofana, une justice dans la lignée de ce qui se pratiquait avant sa réforme eut laissé Fofana en deux morceaux, réalisant le rêve de vengeance (légitime) de la famille. Et Robert Badinter a-t-il ouï les termes employés par Me Szpiner, "traitre génétique" "connards d'avocats bobos de gauche" et pourquoi n'y a-t-il pas réagi ?
AO
Rédigé par: oursivi | 28 juillet 2009 à 03:19
@René
Vous avez eu une réponse à votre post que PB n'a pas du tout supprimé. Changez de connexion de rafraîchissez les paramètres de votre navigateur.
Rédigé par: Catherine JACOB@rené | 17 juillet 2009 à 12:05
C'est marrant : j'avais posté un message signalant que BHL voulait qualifier l'accusé d'un précédent procès de "raciste" et non pas d'"antisémite" comme vous l'aviez écrit.
J'avais déploré votre manque de rigueur et m'étais interrogé sur le sens à donner à ce lapsus.
Rien de plus : pas une insulte, pas une invective.
Je constate que vous avez corrigé votre erreur mais que mon post a été supprimé.
En gros, pour vous, c'est la liberté d'expression pour tous (y compris pour les délires d'un Siné qui font votre régal) sauf pour ceux qui ont l'audace de vous critiquer.
Bravo.
Rédigé par: rené | 17 juillet 2009 à 09:59
J'ai une certitude, c'est que BHL peut classer des groupes tensioactifs* et prédire leurs propriétés émulsionnantes **. Chaque chimiste vous confirmera hélas que c'est un indice (la Balance Hydrophile - Lipophile) long et difficile à mesurer et qu'il doit recourir à des formules... il est incorrigible ! ;-)
* Un tensioactif ou agent de surface est un composé qui modifie la tension superficielle entre deux surfaces.
** De soluble à insoluble
Rédigé par: Nikulas | 16 juillet 2009 à 20:16
@rené
"BHL dénonçait un crime raciste puisque la victime était arabe.
Mais votre lapsus est révélateur : pour vous, évidemment, un juif ne peut s'intéresser qu'à un crime antisémite."
Connaissez-vous le sens du mot 'sémite' ?
Déf: "De Sem, fils de Noé. Qui appartient à un ensemble de peuples du Proche-Orient parlant, ou ayant parlé dans l'antiquité des langues sémitiques (Akkadiens [Assyro-babyloniens], Amorrites, Araméens, Phéniciens (de qui nous tenons l'alphabet), Arabes, Hébreux, Ethiopiens).
ça en fait du monde n'est-ce pas, auquel on ne pense pas spontanément quand on utilise ce qualificatif et son espèce d'antonyme.
Les Amorrites :
"peuple sémite apparu au Proche-Orient vers le milieu du IIIe millénaire av. J.-C. Ils apparaissent dans les textes sumériens sous la dénomination de mar.tu. La langue amorrite est mal connue, car aucun texte écrit en amorrite n'a été retrouvé, l'écriture se faisant alors exclusivement en akkadien. L'amorrite est seulement connu par l'onomastique." Mais l'onomastique est une science absolument passionnante!
Les Akkadiens:
"L'empire d'Akkad (ou empire akkadien) est un grand État fondé par Sargon d'Akkad (2334–2279 av. J.-C.) qui domina la Mésopotamie de la fin du XXIVe au début du XXIIe siècle avant J.-C. Il est généralement considéré comme le premier empire du monde. "
Les Araméens:
"L'araméen est aujourd'hui un groupe de langues et dialectes sémitiques, de la famille des langues afro-asiatiques qui paraît avoir servi de 'lingua franca' dans le bassin de la méditérannée. Les pays qui le parlent sont: "Arménie, Azerbaïdjan, Iran, Irak, Israël, Géorgie, Liban, Russie, Syrie, Turquie et Brésil."
Texte écrit en araméen:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Stele_Salm_Louvre_AO5009.jpg
On y découvre de très intéressants homographes de pictogrammes très anciens.
Les araméens représentent un ensemble de populations sémitiques nomades disparues avec la conquête arabe.
Les Phéniciens:
"Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie, d'Israël et de la Palestine.
Les Phéniciens étaient un peuple antique d'habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités-États en Phénicie, ils fondèrent dès - 3000 de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage (en - 814). Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée au IIe millénaire av. J.-C., ils furent d'après les Anciens, les meilleurs navigateurs de l'Antiquité."
Les Ethiopiens:
"L'origine du nom « Éthiopie » n'est pas connue avec certitude. Son usage attesté le plus ancien remonte à L'Iliade où le nom apparaît deux fois et trois fois dans L'Odyssée d'Homère. Son utilisation pour désigner spécifiquement le royaume d'Axoum apparaît pour la première fois au IVe siècle sur l'inscription d'Ezana qui traduit Habachat par Aithiops (Αἰθίοψ) en grec ancien, signifiant « au visage brûlé».Selon La Chronique des Rois d'Axoum, un manuscrit guèze du XVIIe siècle, le nom Éthiopie est dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Pline l'Ancien affirme de la même façon que le nom du pays est dérivé d'un dénommé Aethiops fils de Vulcain." Dès lors on comprend bien pourquoi ils auraient eu le visage dit brûlé, vu que Vulcain est le dieu des volcans!
Les Arabes:
"Les Arabes sont un groupe ethnique d'individus anthropologiquement différents les uns des autres, qui s’identifient par des liens entre autres linguistiques ou culturels, répartis sur une vaste zone qui s’étend d’Oman à la Mauritanie."
Les Hébreux:
"Les Hébreux (du latin Hebraei, du grec ancien Ἑϐραῖοι / Hebraioi, lui-même issu de l'hébreu עברי (Ivri)) sont un ancien peuple sémitique du Proche-Orient dont les descendants sont aujourd'hui appelés Juifs. Selon la Bible et les traditions hébraïques, les Hébreux sont originaires de la Mésopotamie, d'Ur en Chaldée, c'étaient des nomades, vivant dans des tentes, élevant des troupeaux de chèvres et de moutons, utilisant des ânes, des mulets et des chameaux comme porteurs.La tradition biblique présente les Hébreux de l'époque patriarcale comme des « étrangers » (gérim) par rapport à la population locale, des pasteurs semi-nomades en voie de sédentarisation, à la recherche de pâturages. Ils s'installent près des villes et entretiennent généralement de bons rapports avec la population locale. Ils vivent en autarcie et refusent de se marier « avec les filles des Cananéens ». Ils sont groupés en familles élargies (bêyt'âb) ou en clan (mishpâhâh), qui gardent leur identité et leurs traditions propres (culte du dieu de leurs pères)."
Bref. Les citations entre guillemets, autrement dit les définitions, sont en majorité issues des articles de Wikipédia et pour le surplus du dictionnaire Larousse qui 'Sem' à tout vent...!!
Rédigé par: Catherine JACOB | 16 juillet 2009 à 17:29
@ René
Les arabes sont des sémites.
@ R. Marchenoir
Les arabes sont classifiés parmi les "blancs". Avec des poils sur toutes les phalanges... :o)
Rédigé par: Alex paulista | 16 juillet 2009 à 15:34
Monsieur Bilger,
De tout ce qui fut dit, la question qui se pose est très simple : si le huis-clos apparaît comme la solution pour une justice "plus sereine" auprès des professionnels, elle m’apparaît comme la première source des incompréhensions du jugement : nous ne savons rien de ce que les jurés savent. L’excuse de minorité invoquée pour le huis clos me semble également un argument de facilité. Y avait-il un seul mineur (en termes de maturité) dans cette bande ?
Finalement le huis clos me fait trop penser à ces justices qui n’en sont pas dans des pays lointains ou à des époques éloignées. Je ne retiens qu’une seule chose : tous les procès doivent être publics, même s’ils impliquent des mineurs.
Le problème de « justice sereine » a été déplacé : la presse, les organisations pro et anti peuvent dire tout et son contraire et les cris que l’on voulait éviter par le huis clos se font entendre malgré tout !
Il nous est impossible de nous déterminer intelligemment par rapport à ce procès et son verdict, ce qui est grave !! On ne peut accepter un jugement d’assises comme un dogme.
Rédigé par: Claude Jonniaux | 16 juillet 2009 à 11:56
Bonjour Monsieur Bilger,
Pensez-vous qu'il y a matière à poursuivre M.Bernard-Henri Lévy pour son Bloc-notes du Point consacré à l'affaire Halimi ?
Il me semble qu'il met en cause de manière injustifiée et globalisante tout un quartier où s'est déroulé ce crime.
Peut-on parler de diffamation ?
(BHL, à présent habitué des prétoires pourra occuper la place de l'accusé, sachant qu'il rêve de celle de l'accusation)
Merci de votre réponse à titre personnel
Rédigé par: Oscar | 16 juillet 2009 à 11:18
"un arrêt en cour d'assises ne retenant pas sa thèse contre un coupable qu'il voulait absolument qualifier de criminel antisémite."
Quand on donne des leçons de rigueur, il faut être soi-même rigoureux.
BHL dénonçait un crime raciste puisque la victime était arabe.
Mais votre lapsus est révélateur : pour vous, évidemment, un juif ne peut s'intéresser qu'à un crime antisémite.
Rédigé par: rené | 16 juillet 2009 à 09:50
BHL n'est qu'un des nouveaux représentants du Shoah Business. Il n'a que ce filon, ne pense que par cela. Où est l'universalisme de pensée d'un Spinoza, pourtant de même origine que BHL. N'y a-t-il pas depuis une décennie, par la volonté d'un lobby puissant, une hypermnésie des crimes nazis, et une amnésie complète des crimes alliés et de ceux plus récents (Gaza entre autres).
Merci, M. Bilger, d'exister.
Rédigé par: Thierry Nadal | 14 juillet 2009 à 19:24
Je ne comprends pas que quelqu'un comme vous s'abaisse à répondre aux attaques du pitoyable BHL qui réalise l'exploit depuis de trop longues années de rendre insupportables les causes, justes, qu'il défend.
Rédigé par: L.B. | 14 juillet 2009 à 15:15
BHL en s'éreintant à vouloir créer des lois d'exception pour les juifs est déjà en train de préparer de sinistres charrettes. Et c'est dramatique pour ces derniers. Lui, on s'en fiche, c'est un personnage de télé réalité comme Sarkozy ou Steevy. Il y a longtemps qu'il reçoit les tartes à la crème que mérite un gandin.
Les réquisitions semblent justes au regard de ce qui est appliqué dans ce genre d'affaire.
Ayant une nature à persifler, je pense que j'aurais eu le droit à un procès face à mon agresseur si j'étais déjà devenu juif. Hélas, je crains qu'il y ait du vrai là-dedans.
Plus rien ne pourra mettre fin à ces communautarismes qui pourrissent la société française. Officiellement, la République ne reconnaît ni sexe, ni religion, ni race, mais des citoyens, mais l'officieux a pris tellement le pas sur le texte que la République est morte. Regardez bien !
Nous en arrivons à souhaiter une guerre civile pour mettre fin à ces tensions, ces magouilles judiciaires, cette corruption d'Etat et dans l'Etat, ce couple présidentiel qui nous fait honte à l'international, à l'islamisation de notre pays chrétien de culture gréco-latine.
Je ne veux pas de ce monde de télé, de cercles parisiens. Eux me veulent tant si vous saviez... plutôt rester un crève-la-faim toute ma vie et écrire pour trois amis.
La France est morte, vive la France.
Rédigé par: Ludovic Lefebvre | 14 juillet 2009 à 02:06
Ce qui me choque dans cette affaire ce sont les peines avec sursis. Si le jury estimait que certains étaient innocents il est normal qu'ils les aient acquittés.
Mais tous ceux qui étaient complices, ne fût-ce que par lâcheté, de ce crime horrible méritaient de la prison effective.
Sachons comment cet arrêt sera interprété en banlieue : quand vous suspectez qu'un crime se commet à côté de chez vous ne vous en mêlez pas et surtout n'appelez pas la police. Vous n'aurez pas de problèmes avec les criminels et dans le pire des cas on vous condamnera avec sursis.
Quand vous roulez trop vite, même pour la première fois, on ne vous donnera pas de sursis. Mais quand vous êtes complice d'un acte barbare, ne fût-ce que par lâcheté, vous écoperez d'une peine avec sursis.
Il ne faut pas être membre de la communauté juive pour ne pas comprendre notre système juridique français.
Rédigé par: jack | 13 juillet 2009 à 20:48
Un non juriste peut parler d'un procès avec talent.
Prenez les Mémoires de Beaumarchais écrits dans l'affaire Goezmann. C'est sans doute la plus belle oeuvre de ce grand auteur.
Cela nous donne la mesure de l'abîme qui sépare votre contradicteur de l'auteur de Figaro.
Merci beaucoup de cette réponse brillante et mesurée, qui fait plaisir à lire.
Rédigé par: furgole | 13 juillet 2009 à 18:53
Lire un des précédents commentaires est pénible. Apparemment la désinformation prospère jusqu'en ce lieu.
Faut-il rappeler que le "fou dangereux " (sic) a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Ce n'est pas assez ? La peine de 22 ans est seulement le minimum.
Parce que son crime est horrible, il faudrait interdire au condamné de changer et de revenir vers l'humain ? Le condamné n'aurait pas le droit, au bout de 22 ans, au pardon s'il devient autre et se rachète ?
Je tremble en lisant des commentaires comme celui de Mike, parce qu'ils participent d'une culture de la haine et de l'exclusion définitive.
Un homme est déclaré mauvais en soi, pour les siècles des siècles. C'est ignoble. Bien entendu les purs qui jugent ainsi, ces pharisiens ordinaires, se connaissent, eux, jusque dans leur plus petit coin d'ombre. C'est leur éclatante blancheur, sans doute, qui leur donne le droit de jeter un homme à la géhenne pour l'éternité.
Rédigé par: Némésis | 13 juillet 2009 à 18:36
M. Bilger, vos réquisitions n'étaient pas à la hauteur de l'enjeu.
La famille voulait des condamnations exemplaires, parce que leur fils a subi le crime le plus monstrueux qui puisse être.
Vous, les magistrats, avez une fâcheuse tendance à être laxiste, si je puis me le permettre, à vouloir excuser le plus possible la responsabilité de chacun des accusés. Pour pouvoir généralement se préoccuper de son bien-être et de sa réinsertion.
Mais en faisant cela, vous faites pencher la balance de la justice de leur côté, et la famille de la victime ne peut pas l'accepter.
Donc maintenant, ce procès que vous jugiez exemplaire va être considéré comme lamentable, vu que le parquet sous pression de la ministre et de la famille va faire appel. Son résultat sera jeté aux oubliettes.
Il serait temps que les avocats généraux et autres magistrats pensent un peu plus aux victimes qu'aux criminels. La justice n'en sera que plus équilibrée à mon sens.
Rédigé par: Phoenix | 13 juillet 2009 à 16:16
La justice est un spectacle, la première fut jugée de qualité mais un poil confidentielle.
Il y aura prolongation.
Rédigé par: Alex paulista | 13 juillet 2009 à 14:54
Bonjour M. Bilger,
Je suis un citoyen français, un lecteur, un spectateur intéressé par les événements qui se passent dans la société française, retranscrits au travers du regard des médias actuels.
Et je ne peux m'empêcher de demeurer perplexe devant les polémiques qui naissent en ce moment sur la décision que vous avez initiée dans le procès du "gang des barbares".
J'ai l'impression d'assister à une volonté de lynchage aussi bien moral que médiatique d'un groupe de jeunes désoeuvrés qui ont besoin d'être accompagnés et libérés de cette détresse qui est la leur. Les actes que ces jeunes désoeuvrés ont fait ne s'excusent pas, et ont été sanctionnés avec tout le recul et l'appréciation de la gravité de la situation qui s'imposaient. Mais au vu de tout ce tapage médiatique, que modestement, je ne comprends pas, peut-on parler d'indépendance entre la justice et le politique ? Notre justice, dont nous sommes tellement fiers, sera-t-elle sujette, si vous cédez, à l'influence de lobbys de tous horizons?
Cet aveuglement porté par la douleur, je peux le comprendre, mais justice a été rendue, avec une peine maximale pour le cerveau de ces faits ignobles, laissons, par pitié, place au discernement et au recul permettant un équilibre juste de vos décisions, au respect de votre expertise.
Ce lynchage souhaité par la famille Halimi porté sur la scène publique de ces jeunes, à mon sens, brisera définitivement leurs vies, ne leur laissant plus aucune chance, chose qu'un citoyen espérant leur prise de conscience prochaine et donc libératoire ne peut accepter.
Je ne peux m'empêcher de lier ce triste événement à de nombreux autres qui ont lieu sur notre sol tous les jours, et qui n'ont pas eu ce retentissement polémique, médiatique.
M. Bilger, avec toute ma modestie, je vous soutiens dans votre démarche.
Rédigé par: liberté-égalité-fraternité | 13 juillet 2009 à 14:42
En demandant au procureur général d'interjeter appel des peines inférieures aux réquisitions de l'avocat général, le garde des Sceaux ne désavoue pas l'accusation. Au contraire, dans ce climat propice aux surenchères, elle rend hommage à l'accusation qui a donné - ce qui n'était peut-être pas ce qui était attendu d'elle - la mesure du discernement.
Je pense, de loin, que c'est cette dimension qui a surpris la partie civile. Au fond, que l'avocat général participe à l'intelligence que l'on attend du procès, en évitant d'incarner le couperet qui tombe de haut, prend à contre-pied la défense qui voit son travail simplifié et la partie civile qui attend nécessairement que les réquisitions coïncident avec sa vision et son intérêt.
Ce qui, dans un procès "ordinaire" constitue déjà un atypisme, l'est encore plus dans une affaire où le caractère antisémite constitue un moteur, un accélérateur de bêtise pour beaucoup trop de jeunes gens, et de barbarie pour Youssouf Fofana, dont l'antisémitisme me semble être surtout opportuniste et manipulateur, pour accentuer son leadership.
Il ne faudrait pas minimiser la dimension de récupération d'un "mobile": la haine du juif, qui procure à M. Fofana une importance qu'il n'a pas puisqu'il n'est qu'une crapule. Quand il croit faire un clin d'oeil à Al Qaida, il fait surtout un clin d'oeil à ceux qui le pensent antisémite, l'ennemi des Juifs, et qui veulent voir sur son visage le masque hideux de la bête immonde.
Accepter une telle représentation mise en scène par l'accusé principal: c'est le reproche que l'on peut faire à BHL comme à Me Szpiner.
Ce n'est pas un reproche personnel, mais une facilité qui consiste à faire de cette affaire, de toute affaire où surgit l'antisémitisme, un bout du procès intemporel contre l'Holocauste.
Comme si, encore et toujours, à travers le voisin qui n'a pas voulu voir et a laissé faire, à travers la jeune fille qui a joué le rôle d'appât, il fallait faire et refaire le procès des anonymes qui ont d'abord permis les pogroms et rendu possible l'Holocauste.
Là, du point de vue de la genèse historique, toutes les responsabilités se valent presque, l'objectif des doctrinaires du génocide n'ayant pu être atteint que grâce aux collaborations de fonctionnaires, de sombres exécutants et de témoins passifs.
Ce schéma de la "responsabilité collective" correspond à l'attente des organisations juives qui sont montées au créneau. Il devrait, selon elle, prévaloir dans cette affaire : pour faire que notre justice décerne des peines exemplaires, ceci dans une sorte de huis-clos, qui n'est pas celui de la cour d'assises, mais celui des banlieues traversées, on le sait, par des convulsions où se mélangent délinquance, désoeuvrement, frustration, et qui se trouvent pour coagulant l'antisémitisme.
Une justice digne de ce nom, à laquelle il incombe à l'avocat général d'être finalement le plus attentif puisqu'il représente la société et requiert en son nom, ne prononce pas, sur injonction communautaire, de peines exemplaires pour l'être elle-même. C'est ici peut-être que la partie civile, le CRIF, se sent le plus trahi.
Cette polémique est sans doute utile. Et ce n'est probablement pas BHL qui permettra de nourrir cette réflexion sur soi.
Il n'est pas sûr, compte tenu de l'ampleur de la polémique, que Mme Alliot-Marie avait un autre choix que celui de répondre à l'appel de la partie civile, mais elle l'a fait en fixant très intelligemment la limite.
Désormais, dans le second procès qui s'annonce, un débat intéressant, y compris sur le plan judiciaire, peut être engagé et il n'est pas sûr qu'il puisse être défavorable aux accusés concernés.
Les jurés auront une tâche de discernement bien difficile, mais ils disposeront d'une souveraineté, celle que leurs prédécesseurs ont justement exercé il y a quelques jours.
Les avocats des accusés qui seront rejugés disposent - il me semble - d'une possibilité de développer une défense intelligente car Me Szpiner, comme BHL, a initié un procès du procès dès les réquisitions et procèdent comme si, dans la banlieue, l'antisémitisme n'était pas simplement une circonstance aggravante, mais un scénario, voire une obsession historique.
L'obsession autorise rarement le discernement. Cette tentation, nul n'est tenu d'y succomber. Pas l'avocat général, et si lui devait y succomber, les jurés, qui peuvent être des gardiens de l'édifice judiciaire lorsqu'ils sont instruits par les différentes parties au procès, ont le dernier mot.
Rédigé par: Daniel Ciccia | 13 juillet 2009 à 14:27