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Voici les sites qui parlent de Eloge du calme :

Commentaires

Catherine JACOB

"Plus étonnant de sa part, il reprend mot pour mot les propos de Me Szpiner sur "l'appât", mineure lors des faits, qualifiée de "la jeune fille et la mort". Le lien est tout sauf établi mais peu importe."

Je viens de découvrir un site qui donne accès à de libres enregistrements des Lied de Schubert, et d'une très bonne qualité d'écoute.
Il donne également accès aux paroles ainsi qu'aux partitions, ce qui pour ceux qui les lisent peut avoir une utilité.
Celui des Lied intitulé 'Der Tod und das Mädchen" (="La jeune fille et la mort") y est accessible.
Bien évidemment l'atmosphère du Lied n'a rien à voir avec ce que la comparaison souhaite suggérer. Mais pour ceux que ça intéresse, c'est une musique magnifique d'un compositeur magnifique, hélas lui aussi victime, comme d'autres personnages célèbres, de la syphilis qui a eu au moins cette influence dans le domaine culturel que certaines des destinées dont elle fut la tragédie ont atteint, sur la fin, les sommets de l'art !
Je parierais bien que si l'un ou l'autre des accusés l'avait jamais entendue, cela aurait pu lui être d'un grand secours parce que ça c'est effectivement une musique qui parle aux âmes sans autre truchement!

http://www.das-lied.org/index.php?option=com_content&view=article&id=59%3Ader-tod-und-das-maedchen-op-7-no-3-d-531&catid=55%3Alieder&Itemid=89&lang=fr

david

Bonjour
Juste quelques réflexions un peu candides sans doute.
Je ne crois pas que penser que les juifs soient riches relèvent de l'antisémitisme, (sauf à considérer que ce ne serait pas bien d'être riche ?)
Donc, je ne pense pas que la victime ait été tuée par antisémitisme au sens d'une détestation des juifs qui aurait motivé son assassinat.
En revanche, la communauté juive réagit, et elle a bien raison, désolé, parce que le verdict et le réquisitoire négligent peut-être une évidence :
Art 121- 6 du Code pénal : sera puni comme auteur le complice de l'infraction au sens de l'art 121-7.
Art 121-7 du même code : est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui, sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation."
Je ne vois vraiment pas pourquoi aller chercher plus loin ?
Que les jurés décident de peines graduées, certaines plus légères, trop aux yeux des parties civiles, pourquoi pas ?
Mais que vous, avocat général, ne réclamiez pas un max pour toute la bande, c'est là qu'il y a un problème puisque vous représentez la société, et donc les victimes ?
Bonne soirée quand même
David

Laurent Dingli

Qui peut d'ailleurs penser que vous n'aviez pas vous-même flairé un piège aussi grossier, que vous ne l'aviez pas anticipé, probablement dès que le dossier vous a été confié. Je vous connais assez cependant pour savoir que ces considérations n'ont pas influencé votre approche, ou plutôt que vous vous êtes contraint à encore plus d'objectivité que de coutume, si c'est possible.
Rien ne serait plus ignoble que de se servir d'un drame aussi terrible pour régler ses petits compte personnels, c'est pourtant la limite que vient de franchir Me Szpiner.

Laurent Dingli

Mon cher Philippe,
Je viens, moi aussi, de prendre connaissance des propos inqualifiables tenus à votre sujet par Maître Szpiner. Difficile de tremper à ce point sa robe dans l'égout ; difficile de témoigner plus de bassesse dans le règlement de compte et l'invective. J'avais évidemment pensé à cet argument, digne des latrines, mais je n'aurais pas cru qu'un avocat eût osé s'en servir. Me Szpiner a osé et il a souillé sa robe comme vous honorez la vôtre par le sens de la mesure dont vous faites preuve depuis le début de cette tragique affaire.

mike

Maître Szpiner, vous avez dit Maître ?
Maître de quoi ?

Ludovic

Bonsoir M. Bilger,

Je viens de prendre connaissance des propos diffamatoires de Francis Szpiner à votre endroit.
Les mots me manquent pour qualifier ce personnage indigne de porter la robe d'avocat.
Que cherche-t-il donc si ce n'est à attiser l'antisémitisme ?
J'espère sincèrement qu'il sera sanctionné pour ses propos inqualifiables et monstrueux. J'ose espérer que cet individu sera radié du barreau où il n'a plus rien à faire. Malheureusement, je n'y crois guère.
Soyez assuré de mon soutien, même si je sais que vous n'en doutez pas. On ne peut tout de même pas accepter pareille ignominie.

Marilou

Dès que Maître Szpiner a commencé à se répandre dans les médias lors du procès Fofana j'ai eu l'impression qu'il profitait de l'occasion pour régler ses comptes avec vous. Avant même que tombe le verdict il a été grandiose et j'étais peinée pour la famille d'Ilan Halimi car les outrances de son avocat ne pouvaient qu'attiser sa douleur.
Pendant toute cette période j'étais bluffée de lire vos billets et irritée lorsque certains de vos lecteurs vous en reprochaient parfois la légèreté. Pour ma part il me semblait que cette respiration vous éloignait quelques instants des horreurs que vous entendiez et viviez au tribunal.
Mais à la lecture de l'article du Nouvel Observateur j'ai eu la nausée. Comment un avocat peut-il se servir d'un tel malheur pour faire sa propre publicité sur le dos de la victime (et de sa famille). C'est ignoble. Comme sont ignobles les paroles que ce misérable a proférées à votre sujet. Laisser entendre que les fautes du père sont transmissibles au fils… les généticiens ont dû tomber de leur chaise ! Pauvre Szpiner sa bêtise n'entachera jamais votre probité mon cher PB ! Le procureur général de Paris demande une enquête à son encontre ? C'est le moins !
Nous sommes nombreux ici, au bout du bout de la Bretagne, à vous apporter notre soutien.

Geneviève

J'ai lu, ici, ce que j'avais désir et besoin que soit dit à M. Bilger. Merci donc à beaucoup de mes concitoyens, et d'abord à M. Bilger. Aucun élément pour évaluer le verdict puisque le procès était à huis clos. Mais une profonde indignation contre la pression d'une communauté, la docilité de l'exécutif, l'ingérence - même légale - envers la Justice.
Peut-on espérer un jour, en France, autre chose qu'une politique politicienne ?

Catherine JACOB

@Claude CAMBE
Vous faites allusion, je pense, à cet article de la rubrique 'Opinion', du Monde:

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/18/proces-fofana-les-institutions-juives-se-sont-piegees-elles-memes-par-marc-weitzmann_1220366_3232.html

Point de vue - Procès Fofana : les institutions juives se sont piégées elles-mêmes, par Marc Weitzmann - LE MONDE | 18.07.09 |

"Rappelons l'analyse du terreau mental ayant permis un tel acte, telle que la faisait Jacqueline Costa-Lascoux, sociologue et chercheure associée à Sciences Po, dans les colonnes du Monde du lundi 13 juillet : Côté Fofana, "la brutalité d'un antisémitisme qui est celle que l'on rencontre chez ceux qui se disent rejetés et cherchent à se venger" ; côté complices : "De petites lâchetés en cascades certainement mais aussi une sorte de délire contre tous ceux qui sont dans la norme. Il y a une hargne collective qui se répand contre ceux qui sont supposés être des nantis. Peut-être aussi l'attente d'un gain hypothétique et certainement la peur des représailles si on ne suit pas le chef. Tous les ingrédients du fascisme sont, dès lors, réunis pour créer une déresponsabilisation collective."

"Institutions juives et parties civiles ont estimé que le procureur Philippe Bilger n'avait pas saisi dans toute son ampleur cette dimension des choses.
Ajoutons une question : celle de savoir quand la nécessaire distance d'un magistrat se mue en froideur, voire en incompréhension hostile. On se la pose à lire le blog que le même Bilger a consacré, le 13 juillet, à ce procès. Il y cite la mère d'Ilan, Ruth Halimi, déclarant au journal 20 Minutes que le procès public aurait montré qu'en France, en 2009, la Shoah recommence. Phrase incontestablement dénuée de raison. Mais prononcée par une personne dont on peut concevoir que la douleur, momentanément, l'en prive. Pourquoi, dès lors, ce commentaire sarcastique, "restons calmes", de la part du procureur ? Rien ne l'obligeait à l'écrire.
Mais un tel contexte aurait dû imposer aux institutions juives une hauteur de vue dont, au spectacle qu'elles ont offert, on se prend à douter qu'elle ait jamais existée.
[...]
Dans le procès Fofana, les institutions juives, entièrement soutenues par cette idéologie victimaire qui est l'une des grandes faiblesses de Nicolas Sarkozy, apparaissent hélas aux yeux de l'opinion ou d'une partie d'entre elle, comme suffisamment puissantes pour obtenir de l'échelon politique qu'il revienne sur un verdict qui leur déplaît.
[...]
Le résultat ? Une impression détestable qui semble aller dans le sens de la pire des propagandes - celle, justement, de l'assassin. Dans le piège pervers duquel les associations juives ont sauté comme avec enthousiasme. "

PB est donc directement interpellé à ces deux endroits:
1-"Institutions juives et parties civiles ont estimé que le procureur Philippe Bilger n'avait pas saisi dans toute son ampleur cette dimension des choses."

Autrement dit: Que désormais les avocats généraux ne requièrent plus sans passer au préalable par le bureau de Jacqueline Costa-Lascoux, sociologue et chercheure associée à Sciences Po, spécialisée dans l'analyse du terreau mental des affaires, analyse en vue de laquelle un nouveau poste a d'ailleurs été tout exprès créé à la Chancellerie par lettre de cachet sur le conseil avisé de notre dizième Muse...

2-"Pourquoi, dès lors, ce commentaire sarcastique, "restons calmes", de la part du procureur ? Rien ne l'obligeait à l'écrire."

Or donc, voilà ce qui motivait votre judicieuse remarque. Effectivement, vous avez raison, il s'agit en premier lieu pour PB, il me semble, d'enjoindre le calme à son bouillonnement intérieur dont il faisait par ailleurs état, si ma mémoire est bonne, en disant que dans le temps du huis-clos, Me Szpiner avait tout loisir de s'exprimer dans les médias, tandis qu'il n'était permis à l'avocat général que de ronger son frein.
Personnellement, j'ai également pris cette injonction à soi même comme une invitation au calme pour tout un chacun, mais s'agissant d'en faire un 'commentaire sarcastique' de la douleur des parties civiles, serait-ce donc là la preuve "que le mentir vrai de la fiction reste le plus sûr moyen d'exister après le bruit des médias." pour ceux qui ont la prétention d'écrire au lieu de se contenter de relater, comme la critique en a déjà été adressée à cet écrivain.
Or donc, brodons. L'interprétation est-elle plausible? aucun intérêt, dès lors qu'elle paraît dans la presse à titre d'opinion, elle le devient!

Les associations juives à cet endroit en particulier:

"Dans le piège pervers (de l'assassin) les associations juives ont sauté comme avec enthousiasme", qui "se sont piégées elles-mêmes."
Fofana en Machiavel, hum! En appât lui-même, hum!

Ceci dit, Mme Jacqueline Costa-Lascoux étant investie dans les questions de l'enseignement, en tant que présidente de la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs - FNEPE, et ex. présidente de la Ligue de l'enseignement, nous pouvons, quant à nous, l'interpeller sur la question du combat de l'école pour armer le jeune esprit à la dérive contre toutes les séductions du discours et en particulier celui basic black d'un Fofana. On leur apprend en effet à résister à la tentation de la première cigarette, à être attentif à ne pas laisser traîner leur verre n'importe où dans les rave party, on les convainc de l'utilité du préservatif, mais pour ce qui est de savoir répliquer au discours brut de la violence primaire :"ça ne passera pas par moi", il me semble qu'il "y a comme un défaut".
Pourtant, il y aurait, ce me semble, une solution avec l'introduction de certains arts martiaux dans les options sportives du baccalauréat ce qui aurait l'avantage de permettre de repérer assez tôt les personnalités problématiques, et de les prendre correctement en charge de façon à prévenir le pire.
Par ex. en permettant l'acquisition d'une conscience du NO TREPASSING, et en l'affinant, ce qui s'entend dans les deux sens.

Claude CAMBE

Un point de vue de Marc Weitzmann publié dans Le Monde cite Philippe Bilger et suggère injustement que cet article dénote une certaine froideur ("incompréhension hostile" ajoute-t-il) et le trouve même "sarcastique" (vis-à-vis de la mère d'Ilan Halimi, croit-on lire entre les lignes). Il suffit de relire l'article de PB pour écarter cette interprétation. J'ajoute qu'on peut légitimement douter de la sincérité de Marc Weitzmann quand il en vient à transformer le "Restons calme" au singulier dans le texte original (injonction donc que l'auteur s'adresse à lui-même) en un "Restons calmes" au pluriel, qui sous-entend que PB s'adresse à la mère d'Ilan Halimi.

Rémige

Pourquoi condamner quelqu'un à 9 ans comme l'appât quand on sait que de toute façon elle n'en fera pas la moitié ? Elle sera libre quelques mois après sa condamnation grâce aux réductions de peines automatiques, ce qui choque légitimement MAM. Par contre, la garde des Sceaux trouve on ne peut plus normal que Florence Rey soit libérée en cachette des années avant la fin de sa peine suivant ce même système. Après tout les victimes n'étaient que des flics... Pourquoi prononcer des peines virtuelles ?

Un autre exemple : Valérie Subra condamnée à perpétuité pour avoir servi d'appât pour l'assassinat d'un juif à été libérée après 16 ans de prison.

Quand les peines seront réellement exécutées en France les victimes se sentiront enfin considérées et ne crieront plus au scandale (ce qu'on leur reproche).

Je ne vois pas pourquoi les victimes ne pourraient pas avoir le droit de faire appel quand le verdict ne les satisfait pas.

Véronique Raffeneau

@ Robert

Je pense que vous vous trompez lourdement si vous imaginez, par exemple, que le second procès Fofana sera fait pour rejuger les condamnés.

Comme le souligne un avocat de la défense dans le Nouvel Observateur ce procès sera celui d'une cour d'assises spéciale, directement inspirée et contrôlée par l'exécutif pour faire rentrer de force dans les cours d'assises la politique et des intérêts partisans et particuliers.

Il ne s'agira que de la mise en oeuvre et de la mise en scène de tous les marketings politiques confondus avec toutes les surenchères idéologiques qui cassent sans réparer.

Un GDS et le garant suprême de l'édifice judiciaire, le président de la République, laissent sans réagir un avocat général insulté par le responsable du CRIF. Celui-ci ne représente que son association avec ses intérêts et ses militantismes passionnels à elle.

Vous avez déjà là l'idée de l'absence de considération et de respect que nos gouvernants portent aux institutions, et dont ils ont la charge et la responsabilité ?

Comment pouvez-vous imaginer une seconde que de cette façon, nous pourrions compter sur une "justice plus juste et réellement neutre" ?

Puisque l'obligation de protection de la part de nos dirigeants d'un Bien commun, la Justice, explose de toutes parts.


Robert

@ Catherine

Je pense qu'accorder aux parties civiles le droit de faire appel est une simple question d'égalité vis-à-vis de la défense. Je pense qu'on peut clairement établir que ce que demande l'accusé, c'est la peine la plus faible possible, voire l'acquittement, pas une justice objective.

Cela renforcerait le rôle des victimes dans le procès pénal et pourrait sans aucun doute lutter contre le sentiment d'abandon et de favoritisme envers les criminels qui est constaté bien souvent.

Actuellement, dans notre procédure pénale, nous avons le parquet, élément neutre représentant la société et la défense représentant les accusés et qui bien entendu est 100% dédiée à la défense de leur intérêts. Personne ne représente la voix des victimes, contre les accusés.

Ce qui fait que la balance de la justice penche au final du côté des criminels.

Je pense qu'instaurer réellement les victimes comme partie intégrante du procès pourrait rendre la justice plus juste et réellement neutre.

Aussi, changer le nom "partie civile" me paraît également essentiel. Car réduire les victimes à une partie civile dont la compétence se limiterait à des dommages et intérêts, c'est à mon avis faire preuve de bien peu de respect envers elles.

liberté-égalité-fraternité

"Procès Fofana : «Lavocat général Bilger minimise l'antisémitisme», selon le Crif

MEDIAPART.FR- Une semaine après lénoncé du jugement dans laffaire du "gang des barbares", la polémique ne faiblit pas. Dans un entretien à Mediapart, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, affirme au sujet de lavocat général Philippe Bilger, qui a représenté laccusation pendant le procès, qu«il est très dommage d'avoir choisi cet avocat général pour un procès comme celui-là, où il y a de l'antisémistisme. Vous savez, l'antisémitisme, peut-être que certains en voient partout, mais d'autres comme Philippe Bilger le minimisent. Voilà, peut-être que sa façon de voir les choses, c'est de minorer l'antisémitisme. Il y a donc une suspicion, un malaise concernant M.Bilger, oui.» M. Prasquier confie également avoir « fait remonter lémotion de la communauté juive » jusquà lElysée et avoir écrit à la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, «avant même le verdict pour (s)étonner des réquisitions de lavocat général », qualifiées d «indulgentes» par le Crif. "

Martin Lothar

Entre politique, juridique, philosophique, médiatique et communautés à tout crin (et pas assez craintes — pour ne pas dire lobbies ou maffias) on voit par là que nous ne somme ni près, ni prêts, d'entrer dans ce vingt-et-unième siècle qu'on nous a tant promis et que tous nos ancêtres de la plus haute Antiquité et de tout poil espéraient tant...
Cela étant, effectivement, seul le calme et la réflexion ne pourront que nous aider et nous y guider. C'est évident et trop humain en fait. Et c'est si simple en plus !
Mes respects du soir, Monsieur Bilger.

catherine A à Robert

@Robert
Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que les parties civiles puissent faire appel. Une victime demande souvent vengeance - ce que je peux comprendre - et la vengeance n'a pas grand-chose à voir avec la justice.
Que les victimes ne soient pas toujours traitées aussi correctement qu'elles devraient l'être c'est hélas une autre histoire et là encore je ne pense pas que la vengeance puisse pallier le sentiment de solitude, d'abandon, de désintérêt voire de mépris qu'elles peuvent ressentir. A tort ou à raison.

panoptique

Bonjour monsieur,

J'étais heureux de vous voir défendre publiquement votre réquisitoire. L'ennui avec le huis clos est qu'il permet à tous les mécontents de dire n'importe quoi, en se cachant derrière ce secret qu'entraîne forcément ce huis clos. D'où pour moi l'importance de la communication de celui qui parle au nom de tous. A fortiori si celui-ci n'est pas un adepte du lynchage, dont l'affaire présente est le terreau parfait.
Je suis heureux de vous avoir entendu communiquer, disais-je, et je suis admiratif de votre respect du devoir de réserve attaché à votre statut ; car celui-ci ne vous a pas cantonné dans un silence qui aurait été néfaste à la justice, un silence qui aurait cautionné la réprobation "générale" (?) de la mesure que le verdict a incarnée. S'il y a bien une voix qu'il fallait entendre, c'était la vôtre ; pour expliquer, pour rappeler que l'institution judiciaire se doit d'etre indépendante et mesurée.

Ce qui est très gênant, c'est que votre position ait besoin d'explication, alors que ce verdict devrait faire notre "honneur", dans un contexte d'après Seconde guerre mondiale. En effet, la haine du juif a été punie, mais pas par la haine anti-raciste.

zonek

Je trouve la peine requise contre Yalda absolument insoutenable de légèreté. Oui lé-gè-re-té.
On m'objectera bien sûr que je ne connais pas le dossier, que je n'ai pas toutes les informations, argument-massue pour faire taire toute critique.
J'en ai pourtant suffisamment pour m'étonner de la disproportion des peines dans la hiérarchie établie, entre JC Soumbou et Yalda.
20 années de réclusion ont été demandées pour JC Soumbou pour sa participation dans cette affaire. Il a des antécédents judiciaires, il est impliqué dans d'autres affaires d'enlèvement dont certains se sont achevées avec une brutalité extrême, il refuse de livrer ses deux complices (!!), soit, 20 ans.
Yalda commet la pire des trahisons qu'un être humain puisse faire à un autre être humain, elle feint d'être amoureuse pour mieux amener sa proie vers l'enfer.
Elle savait pertinemment que Y. Fofana cherchait des Juifs, et il lui avait exposé clairement ses raisons de leur en vouloir. Il lui avait fait part de ses préjugés antisémites, tout cela a été consigné dans son procès-verbal d'audition.
Dès lors, et quoi qu'ait affirmé Fofana ensuite, elle ne pouvait ignorer que sa proie n'étant pas choisie au hasard, son sort était pour le moins incertain entre ses mains.

Elle a une soeur handicapée. Doit-on instrumentaliser tous les handicapés pour atténuer les peines de leurs proches ?
Elle était mineure, 17 ans, (pas 14... 17), et vous dites vous-même qu'elle était donc en âge de savoir ce qu'elle faisait (en substance). Vous dites que l'excuse de minorité ne doit pas jouer - dont acte.
Elle a été victime d'un viol, et cela n'a pas été reconnu par sa mère, ce qui l'a traumatisée. Sans nul doute. Est-ce que ces éléments justifient de quelque façon que ce soit, de sa trahison, de son immoralité, de sa participation déterminante à cette séquestration ?
Les tentatives de suicide en prison ? Elle est fragile, il faut que le juge des libertés en tienne compte pour que sa détention se passe au mieux.
Mais de là à diviser la peine maximale de 20 ans (pour séquestration seulement) par deux, il y a un monde !
Je ne comprends pas la disproportion dans vos réquisitions, entre ces deux exemples.

Que les jurés ainsi fourvoyés aient cru bon d'alléger encore cette peine, c'est un comportement qu'on retrouve dans d'autres jugements, particulièrement lorsque le travail de la défense a été efficace (merci la soeur handicapée, merci les avocats qui font leur travail aussi et cela honore notre droit).
Pour autant, au nom du peuple, la justice a bien mal été rendue : cette clémence ne passe pas. Que le pouvoir exécutif utilise un recours pour corriger ces erreurs est l'ultime chance de rétablir un semblant de justice.
L'exécutif est aussi un pouvoir qui indirectement, représente le peuple. Et ses représentants ne sont pas tirés au sort !

Leo

Bonjour Monsieur,

Je pense que ce procès aura généré pas mal de discussion et d'interrogations - ce qui n'est pas mauvais, loin s'en faut.

Il aura aussi permis de mesurer l'ignorance d'une grande partie de la population - dont je fais malheureusement partie - en matière de droit et de lois. Mais il faut dire que je n'ai reçu mon premier cours de droit qu'à l'âge de... 23 ans, soit 5 ans après ma majorité. Beaucoup de mes concitoyens n'auront même pas eu cette chance.

J'avais trois questions à vous poser - (elles viennent toujours par trois!). Je ne prétends pas que ces questions sont anodines; néanmoins elles sont on ne peut plus factuelles. Les voici.

1) Ceux des accusés qui ont été condamnés avec sursis ont néanmoins été condamnés. Est-il possible de savoir pour quel crime, et de quoi la justice les a reconnus coupables?

2) A quoi reconnaît-on qu'un accusé a commis un crime "antisémite"? Est-ce sur la base des faits et du déroulement du crime, ou bien n'est-ce que si l'un des accusés se permet une réflexion antisémite au cours du procès - comme il semble que cela ait été le cas, mais je peux me tromper - que la circonstance d'antisémitisme est retenue contre lui?

3) Existe-t-il ou non des zones d'ombre résiduelles dans l'affaire, en particulier des noms de certains complices encore inconnus de la justice.

Merci.

nicocerise

A lire certains commentaires, il faut une femme pour expliquer le comportement d'un homme. Depuis Adam et Eve, notre esprit fantasme la femme manipulée qui devient manipulatrice.

Robert

Pour éviter une telle polémique, il existe une solution très simple.

Permettre, comme les associations de victimes le réclament depuis longtemps, aux parties civiles de faire appel dans un procès d'assises.

Il n'y a aucune raison que la défense soit bichonnée, tandis que les parties civiles sont ignorées.

De plus, la justice donne l'impression d'être très clémente envers les coupables et de maltraiter les victimes ou de les ignorer.

Ici le témoignage d'une victime sur le fonctionnement de la justice:

"Puis il y a eu l’incompréhension et la révolte, quand j’ai appris que deux de mes violeurs étaient des récidivistes, qui avaient été remis en liberté par la Justice peu de temps auparavant.

Mais j’ai connu le désespoir quand le procès s’est ouvert. Le choc a été presque aussi dévastateur que celui de l’agression.

Les rôles étaient inversés. Tout se passait comme si j’étais moi-même une criminelle : n’était-ce pas moi qui avais séduit mes agresseurs ? N’avais-je pas, par hasard, ressenti un plaisir secret à être violée ?

Pire encore, n’étais-je pas une « privilégiée », alors que mes violeurs venaient d’une cité défavorisée ?

Mon avocat m’a donné un seul conseil : « restez calme »… mais j’ai souvent eu l’impression que la justice en France avait moins d'estime pour les victimes que pour les bourreaux.



On m’a imposé des expertises psychiatriques, des examens psychologiques comme si c’était moi l’accusée. Les moindres détails de ma vie privée et de mon passé ont été disséqués, exposés publiquement, puis repris par la presse.



Au contraire, les « experts » ont reconnu toutes sortes d’excuses à mes violeurs : selon eux, ils avaient fait preuve d’une certaine « intelligence », ils étaient en « déficit affectif », c’étaient des « individus perturbés », ils « manquaient d’assurance ». ..

La question principale pour les magistrats semblait être de trouver un moyen de les « réinsérer » au plus vite, bien qu’ils n’aient manifesté aucun repentir, ni présenté la moindre excuse sincère.

Mais le pire, c’est que, bien que les jurés d’assises les aient tous condamnés à des peines de 10 ans de prison ou plus...

… la Justice a relâché le premier après deux ans seulement, en 2002 !!!"

C'est un témoignage très profond et qui me touche au coeur.

Il faut bien comprendre que tant que la justice fonctionnera ainsi, les victimes ne pourront jamais être satisfaites et la justice ne sera jamais équilibrée.

Véronique Raffeneau

@ Catherine J

Je ne suis pas remontée contre MAM. Je suis consternée par sa gestion non professionnelle et très précipitée de ce dossier.

Je pense que ce qui vient de se passer d'un point de vue institutionnel n'est pas rien.

C'est tout ce que cela nous apprend encore d'un fonctionnement des politiques qui pour moi tient depuis des années du plus médiocre.

Aujourd'hui, une sorte de point d'orgue en la matière.

Nous avons eu, lundi, en l'espace de quelques heures la caricature d'une façon de gérer les tensions de l'espace public, de mon point de vue, d'une façon incohérente, précaire, pauvre et dangereuse.

C'est très difficile pour moi d'admettre cela de la part de ceux qui sont chargés de responsabilités gouvernementales.

C'est quelque chose qui me fait peur.

"Je me demande si vos craintes eu égard à une Loi Szpiner ne sont pas un peu exagérées vu que des propositions législatives lui permettant d'obtenir une publicité, même restreinte, du procès préexistent. "

Non, Catherine.

La future loi que vous nommez Szpiner trouve son départ dans la contestation de Me Szpiner au sujet du huis-clos de ce procès.

Je ne pense pas qu'il soit exagéré de penser que tout sera exigé au GDS par Me Szpiner pour qu'une loi nouvelle soit précipitamment votée avant le procès en appel, pour ce procès en appel.

Extrait Site du Nouvel Observateur du 20.05.2009:

"Le député UMP de l'Aube François Baroin a déclaré mercredi qu'il allait déposer avec son collègue socialiste Jack Lang une proposition de loi pour réformer la règle du huis clos pour les cours d'assises des mineurs, en référence au procès Halimi."

Voilà, c'est ce que je vous disais dans mon précédent post.

1 procès = 1 loi


catherine A à Catherine Jacob : lortograf !

"Ménopausée", Mme Jacob. L'orthographe était douteuse... l'humour aussi.
Pour une fois un copié-collé vous eût sauvée.

olivier

N'est-il pas également nécessaire de procéder à une évaluation en demi-teinte de la réforme de la procédure pénale de 2001, amenant la possibilité de faire appel d'un verdict d'assises (avec la précision cruciale et bien entendue, que dans le cas d'espèce, les parties civiles ne sont pas fondées à interjeter appel, même par le truchement du garde des Sceaux). Une étrange multiplication de procès pour rien semble apparaître depuis quelques temps (comme le procès Colonna, avec deux sessions successives sans aucune valeur ajoutée pour la vérité des faits). Comme l'indique avec pertinence un représentant de l'USM dans une interview très récente, les mêmes personnalités, le même dossier d'instruction, les mêmes questions, certainement les mêmes réponses seront examinés au cours de la seconde audience. Un certain sens commun invite à pressentir que les peines ne seront guère amendées, au prix d'un désarroi probable des parties civiles.

Ensuite, les tristes vicissitudes de ce dossier dévoilent peut-être l'aporie de la croyance en la vertu consolatrice du procès d'assises. Rue89.com rappelle opportunément des propos de cette mère courage, échangés avec M.O. Fogiel la veille du procès. Cette femme portait alors des attentes irréalistes, et attendait que la procédure judiciaire véhiculât une mission pédagogique, par la convocation des affres et des malheurs subis par les juifs, et qui se poursuivent actuellement avec la répétition de violences et la permanence de stéréotypes, à l'intensité largement amoindrie en regard du passé mais néanmoins toujours actuelle. Dans ces circonstances, le huis clos, une application pourtant automatique de dispositions législatives, a dû apparaître comme une première spoliation du droit à la parole des victimes. D'ailleurs les avocats des parties civiles ont dû être de mauvais conseil en évitant de préparer leur cliente à cette éventualité (cela aurait été largement plus responsable de leur part que de tenter d'activer leurs réseaux pour préparer une loi précipitée et purement circonstancielle en vue de la publicité des prochains débats).

Il est malheureux que les parties civiles entretiennent cette fiction de la mission cathartique et thaumaturgique du débat judiciaire, même si elles ne font que s'approprier un discours assez commun parmi les politiques (et d'une certaine façon, assez irresponsable). Le prétoire était-il le lieu idoine pour la construction d'un débat pertinent sur des réalités complexes, où s'enchevêtrent la misère intellectuelle des banlieues, la brutalité primitive de certains de leurs jeunes, des représentations erronées sur la géopolitique du Moyen-Orient, et enfin la bêtise antisémite la plus crasse ?

Le fait le plus navrant dans cette histoire, est qu'aujourd'hui le si mal nommé "cerveau" doit s'en payer une bonne tranche dans sa cellule, et se marrer comme une baleine de la cascade de polémiques qu'il a suscitées. Tentons de le priver de ce plaisir odieux, si possible.

Quant à la question des groupes de pression, sans doute faut-il s'arracher de l'esprit certaines inductions précipitées (c'est très difficile dans le cas présent), car après tout, lorsque des paysans saccagent des préfectures, leurs mandataires et leurs fondés de pouvoir corporatistes sont reçus dans l'heure qui suit au plus haut sommet de l'Etat. La généralité de la loi et de la politique constitue une entreprise difficile, quoique indispensable

Catherine JACOB

@Véronique
Je vous remercie pour votre réponse, mais je vous sens vraiment très très remontée contre MAM qui n'a sans doute fait que parer au plus pressé dans le but d'obtenir un rapide retour au calme, que ce soit de sa propre initiative ou que les instructions viennent de plus haut comme certains l'ont suggéré. Comme dit Thierry S ce peut être l'occasion d'engager une réflexion sur les composantes de notre société contemporaine. J'ajouterai via un nombre suffisants de débats réunissant avant le tirage au sort des jurés et la nomination d'un nouvel avocat général, un panel suffisamment diversifié de personnalités disposées à débattre jusqu'à plus soif.

Je me demande si vos craintes eu égard à une Loi Szpiner ne sont pas un peu exagérées vu que des propositions législatives lui permettant d'obtenir une publicité, même restreinte, du procès préexistent. En revanche, je crois que vous avez raison lorsque vous dites que notre "MAM n'a pas encore intégré qu'un parquet général n'est pas une préfecture."
Je suis assez sidérée du nombre de commentaires de ce très court billet appelant au calme, c'est très intéressant en tout cas.
@Jean-Marie
"Le comportement de MAM m'étonne, elle n'est plus elle-même, elle se met à ressembler à Dati."
Peu de chances, elle doit être ménauposée. Et depuis assez de temps pour que, mais soit dit respectueusement, au moins les hormones n'interfèrent plus.

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