Ce titre, pour être provocateur, ne me semble pas absurde.
Thierry Jonquet, qui vient de mourir récemment, a écrit un dernier roman âpre et lucide sur les infinis dangers et la montée de l'islamisme. Il ne serait pas davantage rassuré, aujourd'hui.
Bernard Debré, Xavier Bertrand et d'autres politiques s'indignent et souhaitent qu'une loi soit votée contre la burqa. André Gérin, communiste infiniment attentif et actif devant les provocations islamistes, a approuvé le maire ayant interdit l'accès à la piscine municipale à une jeune femme portant un burkini, ce maillot de bain surréaliste et ridicule - qualifié d'islamiste - protégeant (mais de quoi ?) de la tête aux pieds. Il a souhaité la création d'une commission parlementaire sur ce problème préoccupant pour la démocratie (Le Parisien, Le Figaro, Le Monde et Le Journal du Dimanche).
Cet unanimisme ne doit pas nous faire perdre de vue que notre Etat républicain ne pourra pas aisément trouver des solutions à cette multiplication de comportements dont je pense qu'ils constituent moins l'expression spontanée de libertés féminines que la mise en oeuvre d'une stratégie calculée pour éprouver notre pays et voir jusqu'où sa tolérance est capable d'aller. Certes, pour le burkini, il a été possible d'invoquer l'hygiène et la santé publiques qui s'opposent à l'usage d'un tel vêtement de bain.
Mais si, demain, quantitativement, pour les burqas et les grillages intégraux du visage humain, le processus s'aggrave, si la France se voit de plus en plus confrontée à des démarches apparemment paisibles, en fait profondément agressives et déstabilisantes, comment va-t-elle réagir ?
Qu'il y ait environ 360 cas recensés n'est pas de nature à rendre absurde une intervention législative. Au contraire même. Le premier mouvement, devant l'inacceptable, peut-il être autre que d'un entier et ferme refus ? Au moins, deux raisons militent en faveur de cette intransigeance. D'une part, l'évidence internationale que l'islam, partout où il est dominant, contraint les étrangers à respecter ses lois et ses préceptes. Ailleurs, on ne nous laisse pas le choix. Il faudrait que nous le laissions ? D'autre part, ce qui importe à notre démocratie au sujet de ces visages honteusement occultés, c'est moins le prétendu libre arbitre de ces femmes s'inscrivant dans une forme d'enfermement, que l'indignité du message transmis aux personnes de leur sexe éprises de véritable autonomie et d'humanité authentique. Ce n'est pas contre celles qui se cachent, contraintes et forcées, que le combat doit être mené mais pour la majorité de celles qui sont dégradées dans leur essence d'êtres humains par la manifestation, à côté d'elles, d'une triste et régressive condition.
Mais la loi comme remède ne va-t-elle pas devenir un piège ? L'islamisme perversement dévastateur ne va-t-il pas nous placer dans un effroyable étau, ne va-t-il pas pousser la France à bout pour la mettre en quelque sorte "à la faute" ?
J'ai parfois l'impression que cette stratégie délibérée fondée sur la haine de nos valeurs et de notre vouloir-vivre en commun n'a pour ambition que de nous obliger à une course en avant éperdue, qui de lois en lois nous permettra certes de faire respecter nos principes mais en épuisant notre énergie républicaine. Nous sentons bien le malaise profond qu'il y aurait pour notre pays à dégainer une interdiction à chaque nouvelle émergence d'une différence islamique au sein de notre communauté nationale. Pourtant, accepter le dos rond et l'esprit collectif assoupi de tels assauts subtils ou ostensibles contre ce qui fonde notre démocratie, d'abord l'égalité absolue des sexes, reviendrait à avaliser la mort lente de notre société civilisée.
Il me semble que le dilemme est là : nous constituer en républicains courageux et intrépides, en faisant de notre pays une cible possible du terrorisme islamique - une épée de Damoclès suspendue sur l'Etat - ou demeurer tranquilles, en baptisant tolérance notre impuissance.
Cependant, il ne faut pas se leurrer. Sans tomber dans les thèses du complot, il est évident que le hasard ne préside pas à ces intrusions régulières et décapantes de séquences islamistes posées là, dans notre société, comme des bombes à retardement. On ne fait rien contre elles : la France se perd. On tente de les combattre : la France court un risque.
Terrible défi pour les prochaines années.
Je suis tout à fait d'accord avec votre article. Vous décrivez exactement ce que je crains depuis longtemps. Merci Monsieur Bilger pour tous vos textes qui me permettent de réfléchir en profondeur sur les faits de société.
Rédigé par : Ninon75 | 30 septembre 2009 à 19:29
Bonjour
Ne vous connaissant pas, j'ai tapé votre nom dans "Google", et il m'est apparu ceci : "avocat général près la cour d'appel de Paris". Je ne comprends pas qu'une personne de votre statut puisse prendre position de la sorte sur un blog public ("maillot de bain surréaliste et ridicule"). Un journaliste je veux bien, un romancier pourquoi pas, un politicien passe encore... Mais un représentant de la justice aussi partial, cela me donne des frissons...
Néanmoins, j'aimerais réagir sur ce passage de votre article : "protégeant (mais de quoi ?) de la tête aux pieds". Mais Monsieur l'Avocat Général, pourquoi une femme qui souhaite se baigner en piscine ou en bord de rivière doit-elle obligatoirement soumettre les courbes de son corps aux regards d'individus qui se délectent de sa féminité ? La baignade doit-elle lui être proscrite ? N'existe-t-il plus le mot "pudeur" dans les salles d'audience ? Cela est-il anti-républicain ? Soyons libres de nous montrer poitrine dénudée, mais soyons libres aussi de la cacher. Et si on accepte qu'une femme cache ses seins en maillot deux pièces, pourquoi s'offusquer qu'elle veuille cacher ses jambes ? Et ses cheveux ? Pourquoi le string des adolescentes qui dépasse du pantalon est-il autorisé en public, alors qu'on légifère sur la femme qui veut garder ses atours pour son mari ? Soyons laïques, républicains, et donc à poil. Ma fille de 3 ans sera plus choquée d'un string qui remonte et des seins qui pendent que d'une femme qui se baigne habillée, croyez-le. La France est un pays raciste, où l'égalité et la fraternité se définissent dans un code plutôt que dans le comportement des individus. Et détrompez-vous, Monsieur l'Avocat Général, les français et françaises qui se rendent au Maghreb pour leur vacances sont en mini-jupes et débardeur, pas en djellaba.
Rédigé par : Guillaume | 31 août 2009 à 11:09
Le Burkini faisceau ? idée lumineuse, Monsieur Bilger, aurait dit Cactus !
Sissi !!!
Rédigé par : fait sot hertzien | 26 août 2009 à 19:55
Rédigé par: Laurent Dingli | 21 août 2009 à 09:42
Intéressant exposé, il faut que je complète mes maigres savoirs sur l'Islam oriental et l'histoire de ses conquêtes.
BCordialement
AO
Rédigé par : oursivi | 21 août 2009 à 13:55
Soleil, je ne suis pas habilité à décerner des brevets d'Islam. Je ne puis que noter ce que je vois et analyse, bien au-delà du cadre amusant mais très répandu de ma belle-famille. Pour en rester au billet de Philippe Bilger, vous ne pouvez pas nier l'extraordinaire chape de plomb qui pèse sur chaque musulman en France sur le sujet de sa propre foi. Il se méfie de tout à commencer de lui-même, ment comme un arracheur de dent sur sa pratique religieuse parce qu'une sourde superstition (le mauvais oeil, jnouns) se mêle au soupçon.
Mesurer la pratique religieuse musulmane à la pratique du Ramadan revient à considérer l'hystérie commerciale de Noël comme révélatrice de la foi chrétienne. Le Ramadan est une tradition ethno-culturelle agréable et festive, c'est la raison de son succès. Voir les articles de presse sur le boum commercial du Ramadan dans les grandes surfaces : voilà une pénitence dont tout le monde raffole.
Cela dit, Soleil, merci de votre éclairage personnel : il y a de bien jolis visages en Islam. L'Islam a toute sa place en Europe, l'Islam de Cordoue, pas celui de Kandahar.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 21 août 2009 à 10:31
Oursivi,
Si l'Inde n'est pas un pays "historiquement aussi conséquent" comme vous dites que l'Espagne médiévale, je ne sais pas ce qu'il vous faut ! N'oubliez pas que nous comparons deux ensembles à un moment donné de l'Histoire. Ceci étant dit, je suis évidemment d'accord avec vous en ce qui concerne l'Europe occidentale.
Deux petites remarques anecdotiques :
J'ai toujours eu une certaine affection pour le grand Moghol Akhbar et sa tentative de syncrétisme religieux.
Intéressant aussi de constater, qu'en Indonésie, se furent parfois les Hollandais eux-mêmes qui forcèrent des princes à se convertir à l'Islam, pour des questions de stratégie commerciale !
Pour revenir à l'humiliation, elle est la conséquence de la confrontation entre les valeurs occidentales et le monde arabo-musulman intervenue après la chute de l'empire ottoman. Quelques traits majeurs, pour faire vite :
1. L'introduction du nationalisme arabe par des minorités chrétiennes de l'empire ottoman dès la fin du XIXème siècle, nationalisme dont l'Angleterre fera l'active promotion en 1945 (création de la Ligue arabe, le machin de l'Orient, comme aurait pu dire de Gaulle).
2. Renouveau de l'Islam fondamentaliste, souvent en réaction au nationalisme arabe, considéré, non sans raison, comme une importation étrangère à l'umma. Se référer à la guerre du Yémen et à la politique du raïs Gamal abdel Nasser.
3. Les conséquences de la Guerre froide qui prirent parfois l'aspect d'un post-colonialisme dans toute la région : voir notamment la manière honteuse dont Mossadegh a été chassé d'Iran par la CIA. Trente ans plus tard, les Américains allaient le payer très cher. Je songe aussi à l'invasion criminelle de l'Afghanistan par l'impérialiste soviétique. Les populations en payent encore aujourd'hui le prix, et il est très lourd.
5. Dernier point, et non le moindre : l'interminable conflit israélo-arabe, c'est-à-dire le double jeu de la France et de l'Angleterre joué à l'époque des accords Sykes-Picot, la promesse conjointe d'établir un grand royaume arabe et a "jewish homeland", puis les effets de l'extermination des juifs d'Europe et le coup de fouet donné à l'immigration des Juifs en Palestine (commencée au siècle précédent), la création de l'Etat d'Israël, l'exode des populations palestiniennes et la déstabilisation des pays riverains (Syrie, Egypte, et surtout, Jordanie et Liban : deux créations franco-anglaises)...
Je crois que, sur bien des points, mon analyse succincte et celle de JDR se rejoignent.
Rédigé par : Laurent Dingli | 21 août 2009 à 09:42
LD, soit, il y eut beaucoup de civilisations musulmanes, mais passé la fin du quinzième siècle, elles n'ont plus dominé quoique ce soit en Europe occidentale et se sont résignées à voir le dernier califat se rabougrir de siècle en siècle jusqu'à son ultime défaite dans les guerres balkaniques puis son mauvais choix de 14 et sa disparition sous les aspirations de Jeunes-Turc enfin la fuite en avant vers l'occidentalisation voulue par Ataturc, enterrant la notion même de califat, d'état religieux.
A l'Est, je connais trop mal la chronologie de ses conquêtes pour m'y hasarder, mais je dirais sommairement qu'en colonisant la partie occidentale de l'Inde et les actuelles Malaisie et Indonésie, elles ne s'attaquaient pas à des pays aussi historiquement conséquents que ceux visés en Europe.
Il y a aussi 80e6 de Chinois musulmans, je crois, ce n'est pas rien, mais les incidents récents montrent que cela ne se passe pas facilement là-bas non plus.
"La fin de l'Histoire" écrivait l'autre, tu parles...
AO
Rédigé par : oursivi | 20 août 2009 à 21:37
Jean-Dominique Reffait,
Tout à fait d'accord sur le point 1, critique sur le 2. Pour l'Islam turc, je connais tout cela, et après ?
Pour mon dernier commentaire, supprimer le "à" de : Entre les royaumes indonésiens qui précédèrent la colonisation hollandaise, à l'empire Moghol...
Plus bas, lire "chiisme", et non "chisme".
PS : ne vous fatiguez pas à corriger, publiez directement mon message, je ne veux pas vous faire perdre un temps précieux.
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 août 2009 à 21:35
Cher Jean-Dominique Reffait, vous ne pouvez pas vous faire une opinion sur la pratique religieuse des musulmans de France en vous fondant sur votre belle-famille ou vos fréquentations. Par ailleurs, le sondage dont j’ai donné le lien étant anonyme, je ne vois pas pourquoi les sondés auraient ressenti le besoin de mentir. On ne peut pas non plus mesurer la pratique religieuse en se fondant uniquement sur la fréquentation des mosquées. Les femmes ne vont pas à la mosquée et par ailleurs se rendre à la mosquée ne fait pas partie des 5 piliers. Un musulman n’a pas besoin de mosquée pour faire sa prière, il peut la faire partout. Même dans la rue.
Je suis musulmane et je puis vous assurer que tous les musulmans que je connais font le ramadan. Ceux qui ne le font pas (même pas une ou deux semaines) ne se disent pas musulmans. Généralement, ils sont soit athées, soit déistes (s’ils sont croyants). Mais un musulman croyant et qui veut pratiquer un minimum sa religion fait le ramadan. Pour finir, le mois du ramadan, c’est aussi un moment festif pour les musulmans. Donc oui, on mange bien (la coutume veut que la table soit riche). Mais on en fait profiter les amis.
Bien cordialement,
PS : Je connais des musulmans pratiquants (prières quotidiennes etc…) qui consomment régulièrement de l’alcool. Consommer de l’alcool est péché mais commettre un péché ne signifie pas qu’on est un mauvais musulman.
Rédigé par : soleil | 20 août 2009 à 19:23
Soleil, un sondage sur les pratiques religieuses des musulmans avec des réponses sincères ?!! Et puisque vous citez ce sondage, n'oubliez pas les 15% favorables à la polygamie et les 12% favorables à la lapidation des femmes.
Les vrais chiffres de la pratique religieuse musulmane sont difficiles à connaître dans la mesure où les musulmans n'avouent pas, même à eux-mêmes, qu'ils ne sont pas des musulmans dans la plénitude du terme. Pour certains, dire "Inch'Allah" ou "Bismillah" revient à invoquer et prier Dieu.
Les chiffres du ministère de l'Intérieur se fondent sur la fréquentation des mosquées (nombre/places/fréquence) et tombent à 8% de pratiquants, chiffre qui correspond à la fréquentation des églises par les chrétiens.
Ma belle-famille : aucun ne boit d'alcool officiellement. Pas une larme de cidre devant les autres, rien. Avec moi, chacun boit son verre de vin, de bière, de whisky, ayant obtenu de moi la promesse que je n'en dirai rien aux autres ... Mon frigo est plein d'alcool, officiellement c'est moi qui boit tout, en réalité je ne bois plus d'alcool !
Ma femme ne croit pas en dieu : jamais elle ne l'avouera en public, elle fait le Ramadan et proteste de sa foi à qui veut l'entendre.
Le Ramadan. Vu non loin de chez moi, une affiche publicitaire qui en dit long : Boucherie Hallal, Promotion Spécial Ramadan. Je suis écroulé de rire. Le mois de pénitence et de jeûne est devenu le mois de la fête familiale et de ripailles, où les femmes rivalisent dans la gastronomie. Moi, je ne suis pas capable de suivre le rythme, ma femme doit faire un régime après le Ramadan. Oui le Ramadan est très suivi, y compris par des non musulmans comme moi : je préfère ne pas manger la journée pour me réserver le soir chez ma belle-soeur où je croule sous les pastillas magnifiques, les gigots fondants ! Ca n'est pas étonnant qu'une majorité, comme je l'ai évoqué, accepte de s'infliger une telle pénitence !
Les musulmans craignent profondément le jugement des autres, ce qui les conduit à un hypocrisie religieuse record.
Laurent Dingli,
1. Ce qu'on appelle l'âge d'or de la civilisation arabe n'est pas ethniquement arabe et nous pourrions en discuter à l'infini. Les grands esprits de ces époques sont iraniens, kurdes, égyptiens, indiens. Peu de turcs, peu d'arabes de souche. Au Maghreb et en Andalousie, ce sont des berbères convertis ou juifs. Je ne puis ici développer longuement. Il suffit de savoir que la nostalgie de cet âge d'or est très présente chez les musulmans de toute origine et, principalement en France, chez les musulmans d'origine maghrébine.
2. C'est fou comme vous me lisez mal ou à moitié. Sur des billets voisins de Philippe, il y a peu, j'ai dit tout le mal que je pensais de la pensée de gauche sur le droit à la différence. Je suis allergique à toute entorse à la laïcité, d'où qu'elle vienne. Je n'ignore pas que le chantier du CFCM a été lancé par Chevènement et conclu par Sarkozy. J'insiste sur l'effet pervers de cette communautarisation religieuse, qui ignore les musulmans non pratiquants et qui donne une prime aux fondamentalistes (UOIF par exemple, désormais majoritaire au CFCM).
L'Islam turc est particulier pour des milliers de raisons historiques : conversion tactique d'envahisseurs, empire multi-confessionnel, imprégnation gnostique (soufisme). C'est en réaction à cet Islam très dénaturé que sont nés, au XIXème, les mouvements salafistes (Salaf = retour aux ancêtres), dans les pays sous domination turque.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 20 août 2009 à 17:05
@ Oursivi
Alors il faudrait dire les civilisations musulmanes, encore que cette appellation ne veuille pas dire grand-chose. Entre les royaumes indonésiens qui précédèrent la colonisation hollandaise, à l'empire Moghol en passant par le royaume d'El Andalous sans oublier la Sublime Porte, quelle diversité dans l'espace et dans le temps ! Où et quand commencent l'humiliation et le déclin ?
JDR évoque ces Asiatiques qui vivraient libres (lesquels ? les Birmans, les Coréens du Nord, tous bouddhistes ?)
On nage en pleine confusion.
Quel est le critère de l'humiliation ? La colonisation ? Quasiment tous les pays du monde, à part le Japon, ont été colonisés. L'Islam ? Mais nous avons vu que les Turcs n'étaient pas un peuple d'humiliés congénitaux. Le fait d'être arabe ? (sans parler des arabes chrétiens), mais les Marocains, par exemple, ne cultivent pas, il me semble, une culture de l'humiliation, que l'on retrouve peut-être davantage dans le chisme persan... A eux seuls, l'Indonésie et le Pakistan comptent un demi-milliard de musulmans (et pas un arabe !)
Quant à la piscine de Lille exclusivement réservée aux femmes par sainte Martine, je crois que vous pouvez poser votre candidature comme maître-nageur ; de mémoire, il me semble qu'après avoir accepté la folle exigence de la communauté musulmane suivant laquelle le maître-nageur ne pouvait être un homme, les braves socialistes de Lille se sont dits qu'ils allaient tout de même un peu loin. Jamais trop tard pour bien faire...
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 août 2009 à 16:17
@soleil
"A chaque fois qu'il s'agit d'Islam, les Français oublient leurs propres valeurs. Ca se vérifie pratiquement toujours."
Tu as raison soleil, mais pose-toi la question du pourquoi la France est-elle en train de tourner islamophobe... Rien ne fait plus de mal a l'Islam que les islamistes...
Rédigé par : Laurent | 20 août 2009 à 14:48
"Je ne vois pas très bien en quoi un turc, un indonésien ou un iranien est humilié à cause de l'enlisement de la brillante civilisation arabe puisque cet enlisement est intervenu à la fin du Moyen-Age et que ces populations ne sont pas arabes... La décadence de l'empire ottoman peut-être ? "
LD
Il voulait sûrement dire musulmane pour la "brillante civilisation", mais on fait assez naturellement l'amalgame car cette conquête vint bien sûr d'Arabie, même si Arabes et Perses n'ont jamais vraiment sympathisé et les variantes chiites perses sont probablement la résistance de principe des Perses à l'imposition d'une religion par leur envahisseurs, intégrant un peu de leur zoroastrisme à cette religion dictée. Quant à l"enlisement est intervenu à la fin du Moyen-Age", il est toujours d'actualité il me semble, la modernité qui prévaut dans tous les pays asiatiques et occidentaux laisse les musulmans dans une schizophrénie douloureuse, ne pas la suivre est se faire distancer, la suivre, se renier beaucoup. Pas facile.
"une piscine exclusivement destinée aux femmes." LD
Mhhmmm, ils (elles) cherchent un maître nageur ?...
Si JDR obtient le gig, il va imposer le port de stringkinis tel que la presse du monde entier en fera bientôt l'assaut, du grand bain. D'aucuns en avaleront leur sifflet à roulette.
AO
Rédigé par : oursivi | 20 août 2009 à 12:27
"En passant, changez de lunette, j'ai parlé du musulman moyen, sans pratique religieuse, ce qui est la réalité, et non d'un musulman modéré pratiquant qui, bien que fort respectable, représente un minorité."
Le musulman français moyen est un musulman modéré. Regardez ce sondage http://www.csa-fr.com/dataset/data2006/opi20060823b.htm
88 % des musulmans de France font le ramadan, 48 % les prières quotidiennes, 76 % rêvent de faire le pélerinage à la Mecque, 20 % lisent le Coran une fois par semaine etc...
Rédigé par : soleil | 20 août 2009 à 11:28
Je voulais ajouter que si les "musulmans modérés" (pratiquants mais respectueux des lois de la république) ne soutiennent généralement pas les discours tels que celui de Monsieur Bilger (même s'ils s'opposent vigoureusement au port de la burqa ou du burkini), c'est parce qu'ils sentent bien que derrière ce discours alarmiste, c'est la présence même de l'Islam et de ses signes extérieurs (foulard islamique, mosquée etc...) qui dérange.
Tant que les musulmans modérés (modéré ne signifiant pas athée ou non pratiquant ne seront pas pleinement acceptés, il y a peu de chances qu'ils soutiennent publiquement ceux qui condamnent les pratiques extrémistes (burqa et cie).
Rédigé par : soleil | 20 août 2009 à 10:48
Vous posez bien les données du problème et la difficulté que nous aurons à le résoudre. Les réactions de certains commentateurs soulignent par ailleurs la crainte d'une stigmatisation frappant une communauté particulière, alors qu'il ne me semble pas impossible d'éviter cet écueil. Une législation me paraît pour l'instant prématurée, bien qu'il faille se pencher sur la question comme vous le suggérez.
Je souligne au passage les contresens de Jean-Dominique Reffait. Je le rejoins sur ce sentiment d'humiliation qui prévaut dans certains pays musulmans, mais je me garderai bien de faire les mêmes généralités abusives. La Turquie est un grand pays laïc, mais où les musulmans sont majoritaires : ce n'est pas un pays d'humiliés.
JDR écrit ainsi :
Humilié par l'histoire, parce que la brillante civilisation arabe s'est enlisée dans l'obscurantisme et l'arriération tandis que la civilisation occidentale explosait.".
Je ne vois pas très bien en quoi un turc, un indonésien ou un iranien est humilié à cause de l'enlisement de la brillante civilisation arabe puisque cet enlisement est intervenu à la fin du Moyen-Age et que ces populations ne sont pas arabes... La décadence de l'empire ottoman peut-être ?
Bref, l'humiliation est une piste, que j'ai d'ailleurs moi-même souvent explorée, mais qu'il ne faut pas servir en guise d'explication unique et caricaturale.
Enfin, JDR, au lieu de vouloir interdire les prénoms ou la langue arabe à l'école, plutôt aussi que de diriger uniquement vos foudres contre la tentative de Nicolas Sarkozy visant à donner une représentation transparente au culte musulman, parlez-nous plutôt des entorses si graves faites au principe de laïcité par Martine Aubry à Lille, vous nous paraîtriez certainement plus objectif et plus crédible. Je rappelle que l'actuelle patronne du PS avait établi, sous la pression de la communauté musulmane, une piscine exclusivement destinée aux femmes. Avant de légiférer, commençons donc déjà par ne pas renier nous-mêmes nos principes.
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 août 2009 à 09:20
@Clafoutis
"Certains utilisent la torture, ou la légalisent, ou la "sous-traitent". Succomber nous-mêmes à la tentation de procéder de la même manière - au prétexte que vous invoquez - lorsque nous luttons contre ceux-la, serait renier ce qui motive et justifie notre lutte.
"T'es un salaud, donc j'ai le droit - le devoir - d'être salaud avec toi" me transforme simplement en salaud. Est-ce le but ?"
Cette remarque me paraît avoir une portée tout à fait générale et ressort de ce qu'on pourrait appeler une sorte de "complexe du justicier" dont on se trouve d'autant plus facilement affecté que, tout à l'enthousiasme d'un combat anti-salauds qui ouvre souvent les vannes aux comportements les plus sordides en paraissant pouvoir les justifier, on ne prend guère la peine, la plupart du temps, de vérifier ce qu'il en est vraiment et on s'en donne à coeur joie, ce qui fait que dans le cas où la victime n'est pas un salaud (ou une salope), mais même tout le contraire et en vérité dix fois plus honorable que nous-mêmes, elle est dès lors pure et simple victime de violences gratuites de la part de purs et simples salopards!
Rédigé par : Catherine JACOB | 20 août 2009 à 07:12
Soleil, vous illustrez à merveille mon propos de la solidarité de l'impossible.
En passant, changez de lunette, j'ai parlé du musulman moyen, sans pratique religieuse, ce qui est la réalité, et non d'un musulman modéré pratiquant qui, bien que fort respectable, représente un minorité.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 20 août 2009 à 00:32
Ce qu'il y a de dangereux, cher PB, c'est la panique populaire, l'effroi individuel et massif d'une menace réelle ou d'une menace induite et suggérée, inventée ... Vous le savez pourtant. On chercherait à provoquer la guerre civile ou à tout le moins des lynchages, des ratonnades, des pogroms embrasant tout le pays qu'on ne s'y prendrait pas autrement ... Il a bon dos ce burkini, parfait pour détourner l'attention de la populace (dixit Imbert) ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 août 2009 à 22:42
...."Qu'est-ce qu'un musulman moyen en France ? C'est quelqu'un qui ne va pas à la mosquée, qui ne fait pas ses prières, qui fait un peu de Ramadan par tradition culturelle..."
Et si le musulman en question va à la mosquée, fait ses prières quotidiennes et jeûne pendant le mois du ramadan par tradition culturelle mais aussi par conviction religieuse, ne sera-t-il plus considéré comme "musulman modéré" ?
En vérité, même la pratique modérée, c'est-à-dire l'accomplissement des 5 piliers de l'Islam (ce qui est un minimum) fait peur aux Français.
Pour beaucoup de gens en France, un bon musulman est un musulman non pratiquant, un individu sans conviction religieuse. Bref, quelqu'un qui n'est pas vraiment musulman.
Rédigé par : soleil | 19 août 2009 à 21:45
Nous croyons trop souvent que tolérance, respect, ou encore patience sont des effets de notre impuissance.
Elles sont plutôt une posture en face de ce qui nous bouscule et nous embarrasse. Mais précisément, il nous faut apprendre à ne pas se débarrasser trop vite de l'embarras. C'est un concept fécond qui n'est pas un signe de faiblesse mais d'acceptation de notre for intérieur que nous ne sommes pas tout-puissants et que nous n'avons pas de solutions clé en mains pour tout. Les interdictions, les sanctions, les brimades et humiliations, les formes multiples de fermeté qui frisent parfois l'intolérance ne traversent pas l'Histoire. Et quant au parallélisme des intransigeances, nous n'avons rien à gagner en honneur et en dignité à vouloir nous aligner sur celles des intégrismes.
Patience et longueur de temps avons-nous appris de Jean de La Fontaine à l'école de la République !
Ceci dit le burkini est une ineptie et une provocation, un piège, un test etc... vide de sens. Et il convient de l'interdire fermement bien évidemment dans les piscines !
Rédigé par : mariechristinehiebel@gmail.com | 19 août 2009 à 20:19
Je ne sais si PB a repris le collier et s'il rebosse comme un fou ou s'il passe son temps entre la baignade et les châteaux de sable, mais c'est pas le flux tendu par ici.
Comme disait Taddéï, vivement la rentrée.
AO qui est en manque de plage, lui.
Rédigé par : oursivi | 19 août 2009 à 19:22
http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7867229.stm
Burka, niqqab, jilbab, voile intégral
le critère universalisant de choix
est bien celui de la sécurité, en
Europe même, ce vêtement a déjà été
utilisé pour des actes délictueux.
Par suite la dignité des personnes
et le respect de l'égalité appuient
cette exigence. (Ce cas n'est pas
unique).
Rédigé par : Alpin | 19 août 2009 à 16:59
Et quant à ceux qui diraient la soi-disant incompatibilité entre affirmation de laïcité et affirmation du caractère judéo-chrétien, je leur rappelle préventivement que c'est un concept inventé en cet Occident, certes mal dans ses baskets des complexités nées de ses propres libertés auto accordées et de leurs contradictions apparentes, et que chez les Musulmans, le concept de tolérance de la présence d'autres communautés religieuses, celui de Dhimmi, est une protection accordée aux autres croyants à condition que ceux-là n'exercent pas de prosélytisme - et impliquait aussi un impôt à ce que je sache, quoique l'Occident traita les juifs avec les atroces manquements que l'on sait et ce depuis le 10ème siècle, au bas mot (Will Durant, "Histoire de la civilisation", l'âge de la foi, livre troisième). Mais les valeurs "laïcs judéo-chrétiennes" sont ici nos lois, et considérant les sociétés engendrées récemment par l'Islam, nous n'avons aucune envie d'en changer. La laïcité autorise la pratique de toute religion, l'Islam comme les autres, et c'est bien, mais tant que ces pratiques ne contreviennent pas aux lois laïcs (par définition areligieuses, même si inspirées de celles-là et plus de certaines que d'autres) qui sont la synthèse ou base commune de nos sensibilités diverses, et se promener masquée, ce rapport on ne peut plus asymétrique, ne doit pas faire partie de ce qui est partageable*.
AO
* comme de rouler dans les autos aux vitres opaques d'ailleurs, autorisant une déresponsabilisation d'agissants dans l'espace public, les routes, les villes.
Non, non, ce n'est pas moi qui conduisais, quelqu'un m'a vu ? Voilà aussi un aspect sur lequel le législateur a du retard.
Rédigé par : oursivi | 19 août 2009 à 14:55
Rotterdam s'est débarrassé de Ramadan, faut jamais désespérer des bath Bataves !
Beaucoup de sophismes lus ici pour la défense du droit à la différence.
On ne peut pas laisser ces droits à des gens qui rêvent de vous l'ôter dès qu'ils pèseront autant que ceux qui auront eu la légèreté de le leur accorder.
Donc, vive les lois laïcs sévères, mais "bien" (?) expliquées, et l'affirmation tranquille du caractère judéo-chrétien de l'occident, face à des impétrants qui affirment chez eux la prédominance de l'Islam sans complexe - ce qui est leur droit le plus strict, comme est le nôtre de rappeler ce que sommes, qui est justement la raison de la réussite (toute relative, certes) de l'Occident et des désirs de tant de l'Orient de venir vivre ici.
Pourquoi devoir répéter tant d'évidences ?
Un copain algérien me disait récemment, vous vous êtes installés chez nous 100 ans, à notre tour. Chiche, prenons le même argument avec les Espagnols les Portugais tous ceux envahis par les conquêtes musulmanes, armées grossies des ralliements berbères eux-mêmes colonisés par les Arabes (680-1492, pour la péninsule ibérique, non ?), et qui traversant à Gibraltar et bifurquant un peu vers l'Est, viendraient leur dire, bon maintenant qu'avez la manne pétrolière, on s'installe chez vous ; vous, riches du fric venu du monde entier ?
Quelle tête feraient - à juste titre - les Algériens ?
On n'est pas responsable de ce qu'ont fait nos Père Grand Père et aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarrièreGP, et eux non plus, bien sûr.
AO
Rédigé par : oursivi | 19 août 2009 à 13:58