J'ai honte d'évoquer cette affaire alors que, par exemple, en Guinée, l'armée a durement réprimé une manifestation. Il y a plus de cent cinquante morts (Le Monde).
Pourtant, ce qui est advenu à Roman Polanski, arrêté en Suisse, emprisonné dans l'attente de son extradition vers les Etats-Unis, n'est pas dérisoire et mérite bien plus, à mon sens, que les commentaires contrastés mais prévisibles des tenants de cette double vision : Roman Polanski est un artiste, on n'a pas le droit d'y "toucher" ; la justice doit s'appliquer à tout le monde, même trente-deux ans après les faits.
La première version est la pire. Elle a été développée notamment par deux ministres Bernard Kouchner et surtout Frédéric Mitterrand. Ce dernier a poussé des hauts cris au nom de la culture et invoqué le génie du cinéaste. Kouchner, à le suivre, estimerait injustifiables des poursuites contre le talent. Derrière ces pétitions vagues et indignées pointe l'idée dangereuse que l'art devrait bénéficier d'un statut particulier. On récuse la justice de classe mais on nous propose une justice de célébrité. Frédéric Mitterrand s'est fait une réputation littéraire en suscitant la pâmoison de la critique pour avoir narré ses rapports tarifés en Asie avec des "garçons" : ce qui émeut le "bas peuple" avec Polanski ne l'a sans doute pas bouleversé.
Au contraire, soutenir sans nuance que la procédure américaine est normale, que les dernières péripéties suisses sont légales et qu'au fond il n'y a pas de quoi s'agiter constitue une perception un peu courte.
Roman Polanski est accusé d'avoir violé (il nie qu'il y ait eu viol) à Los Angeles Samantha Geimer, âgée de treize ans, en lui administrant un puissant sédatif. Les faits ont été commis en 1977. En libération conditionnelle, le cinéaste qui avait environ trente ans de plus que sa victime a pris la fuite et depuis, n'est jamais revenu aux Etats-Unis par précaution. Il s'est rendu en revanche régulièrement en Suisse où il était propriétaire d'un chalet. Il semble qu'en 2005, le processus d'extradition ait été réactivé et paradoxalement, tout récemment, à la suite d'une intervention des avocats américains de Polanski mettant au défi les autorités de leur pays. Ils laissaient entendre que Polanski ne serait jamais interpellé parce que la justice américaine craignait de voir gravement contestées ses méthodes. Cette maladresse a entraîné probablement la suite qu'on connaît.
Le cinéaste, en dépit de la demande de mise en liberté sous caution déposée par ses avocats dont Me Temime et de la plainte dénonçant un processus fautif selon sa défense, risque de demeurer incarcéré durant plusieurs mois en Suisse (Le Monde et Le Parisien).
On peut concevoir que tel ou tel accusateur américain ait désiré profiter de cette douteuse affaire pour sa propre illustration. On peut s'étonner de cette mansuétude suisse longtemps manifestée. On peut constater l'ancienneté des faits et regretter la conception extrême qu'ont les Etats-Unis de la prescription. Mais, face à ces considérations, il y a eu une fuite dont Roman Polanski était à même de prévoir qu'elle aurait un jour une conclusion préjudiciable. Il y a eu un événement grave en 1977, de quelque manière qu'on l'analyse, et ce n'est pas notre modernité qui protège obsessionnellement les enfants qui en démentira la portée.
J'ai fait allusion au double discours facile de l'immunité artistique ou de la répression brute. Il y a eu tout de même ces derniers jours des voix heureusement discordantes. Je songe à la liberté imprévisible d'un Cohn Bendit qui fait son charme. N'a-t-il pas eu raison de conseiller au ministre de la Culture d'examiner les dossiers avant de parler ? Au sein de l'UMP, des interventions ont rassuré qui ont critiqué la bienveillance conformiste des deux ministres. Sur le blog de Jean-Marcel Bouguereau (nouvelobs.com) on trouve une remarquable synthèse des points de vue sur cette affaire et il me semble deviner que son esprit n'est pas loin de pencher vers la sévérité. Il n'est pas neutre non plus de constater que les Américains ne sont pas scandalisés mais, pour ceux dont on a recueilli les réactions, approuvent sans états d'âme le cours de leur justice.
Il aurait fallu au moins mesurer la complexité du problème avant de s'enflammer et montrer un peu de respect pour la légalité, pour avoir le droit ensuite d'en discuter l'esprit. Il me semble qu'en effet - je l'écris sans être péremptoire - le légal n'est pas forcément légitime en toutes circonstances et que l'Etat de droit, à se vouloir détaché du contexte et de la vie, gagne en dureté certes mais perd en validité. Je suis persuadé qu'en l'occurrence le sens de l'opportunité n'aurait pas été l'adversaire de l'Etat de droit mais son intelligence. Il y a des téléscopages parfois nécessaires entre la pureté de la légalité et la finesse de l'équité. Il y a des applications de la loi qui créent plus de trouble à l'égard d'une situation particulière et pour la société que l'abstention réfléchie. L'ancienneté des faits, la volonté de la victime, rapportée dans un document de 2008, de retirer sa plainte - elle a d'ailleurs exprimé publiquement son pardon - (Le Canard enchaîné), le long délai procédural, le hiatus entre ce qu'était Polanski et ce qu'il est devenu constituent autant d'éléments qui, malgré sa fuite qui a pu valablement irriter, mériteraient d'être invoqués pour solliciter de la justice américaine non pas la bienveillance mais la pertinence. Il y a à l'évidence, si la raison l'emportait, matière à un accord avec un cinéaste qui a autant intérêt que ses adversaires américains à la mesure et à la conciliation.
Faut-il plaindre Roman Polanski ? Peut-être. Pas parce qu'il est artiste. Parce que la justice, c'est aussi de savoir sagement s'arrêter à temps.
Que viennent faire les Suisses en France ? Je peux vous dire qu'ils font pire au bois de Boulogne avec les travestis, et autour du circulaire à Paris avec les filles de l'est... Pensez-vous qu'ils leur demandent un papier d'identité à Zurich ? LAISSEZ M.POLANSKI SORTIR DE VOTRE PAYS D'HYPOCRITES. MOI JE SUIS AUTRICHIEN ET LES SUISSES JE CONNAIS LEURS MOEURS.
Rédigé par : FUNKE TOBBY | 27 novembre 2009 à 12:41
La maladie "médiatique" oblige à être le premier à réagir...
Voilà un sujet de réflexion pour une nouvelle loi puisque nous semblons en manquer, "deux jours de silence imposé avant de répondre aux questions sur un sujet nouvellement étalé en place publique".
Peut-être pas génial, mais tellement reposant pour nos oreilles !
Rédigé par : JL Ginoux | 07 octobre 2009 à 23:36
"Tout l’univers obéit à l’Amour ; Aimez, aimez, tout le reste n’est rien"
Jean de la Fontaine
Poète français né à Château-Thierry le 8 septembre 1621, décédé le 13 avril 1695
Le secret du Bonheur ? Soyez Heureux ! Souriez à la Vie, la vie vous sourira, ce n’est pas du Blablabla
Paul Gordeaux
Homme de Lettres français
Académicien de l’humour
né le 4 avril 1891, décédé le 4 mars 1974
paulgordeaux.fr
Commentaire par Amable Aimée — lundi 5 octobre 2009 @ 20:47
Polanski ? Possible sa vie n'a pas été un long fleuve tranquille ! Pardonner l'impardonnable ? La victime a pardonné en échange de 500 000$ !
Si les juges accordaient le $ symbolique aux victimes de stars il y aurait moins de parents indignes ! Que la profession fasse corps avec Polanski est honorable, ils connaissent le cinéma et de quoi sont capables les prétendants à la réussite ! Après 32 ans on aurait pu éviter de rallumer un feu qui masque sûrement quelque chose ! En tout cas même les vieux soixante-huitard pédophiles, eux le diable rouge ne peut s’empêcher une pub gratuite ! Il me rappelle le mot de Pierre Lazareff : il vaut mieux que l’on dise de vous sur 5 colonnes ce monsieur est un salaud qu’à la page des petites annonces il est très bien ce garçon, il cherche du travail ! Le Pen le savait bien quand il lançait ses mots immondes repris dans la presse mondiale ! A qui profite le crime ? Il devrait y avoir des tribunaux spéciaux pour les affaires de cinéma à huis clos pour éviter de violer plusieurs fois la victime innocente ou pas !
Le moustique Pacifique
Rédigé par : le moustique | 06 octobre 2009 à 23:07
Tout ça pour dire que la justice nous fait beaucoup plus froid dans le dos que tous ces monstres qu'elle relâche ; il y a un gros problème chez vous mais je ne suis pas docteur...
Rédigé par : SYLVAIN | 05 octobre 2009 à 15:29
@Dr NS. Excellent commentaire.
Rédigé par : Martine M. | 05 octobre 2009 à 15:27
J'ai bondi au plafond quand un intervenant a dit : c'est pas parce que Battisti... etc.
looooooooooooooooool
Je rajoute si vous le voulez bien : c'est pas parce que la justice accuse Fofana d'avoir tué Halimi qu'il est coupable, Halimi a pu lui-même s'infliger les tortures, brûlures et autres joyeusetés pour "charger" ses ravisseurs qui voulaient juste l'inviter à une soirée "spéciale" qui a "mal tourné" et qui s'est "prolongée" un mois à l'insu de son plein gré, si on schématise maintenant, où va-t-on ?
Rédigé par : SYLVAIN | 05 octobre 2009 à 15:27
Il est vrai qu'on peut donner des leçons de justice aux Américains et même aux Chinois quand on voit ce qu'a encore fait la justice chez nous avec le crime de la jeune joggueuse par le monstre libéré par un autre monstre... A Pékin ou à Los Angeles, cette jeune femme serait encore en vie ; malheureusement, en France, sévit l'idéologie criminelle de l'ère soixante-huitarde badintérisée de l'excuse aux bourreaux. Tout le monde le pense mais il faut pas le dire ; ben tant pis je le dis et le dirai même au bout d'une corde...
Rédigé par : SYLVAIN | 05 octobre 2009 à 15:21
lol
On se demande comment ce monsieur a pu violer une gamine avec son popaul en ski ???? s'il le faut il sait même pas faire de ski... c'est du roman tout ça.
Rédigé par : SYLVAIN | 05 octobre 2009 à 15:15
@Patrick Handicap expatrié
Excusez-moi mais je peine à comprendre, je ne vois toujours pas ce que Philippe Bilger a à voir dans votre histoire.
Toujours est-il que ce n'est pas à moi de régler votre "consignation de la plainte avec constitution de partie civile (frais d'avocat compris)" et que je ne vous autorise nullement à joindre ma "réponse" à votre prétendu "dossier constitué. Un de plus...".
Rédigé par : Ludovic | 04 octobre 2009 à 21:40
@Valerie | "The Sunday Times October 4, 2009" :
Merci Valérie d'avoir porté à notre attention cet article, dont pour ma part je retiens en particulier les passages suivants :
"Polanski decided in 1977 to plead guilty to one crime in order to avoid facing many more and worse charges; it is hard to know, in such cases, what a man really is, or considers himself, guilty of since he is more concerned with a deal than with the truth — and so is the court.
Charged at first with rape by use of drugs, perversion, sodomy and a lewd and lascivious act (oral sex) upon a child under 14, and giving illegal drugs to a minor, he then, under the plea bargain, admitted to unlawful sexual intercourse with a girl under 14, but fled the United States before he was sentenced."
Or, "fuir, n'est-ce pas toujours emporter avec soi ses problèmes non résolus. ..."
"So why the cries of outraged support from bohemia? There is a horrible irony in the way Polanski’s defenders talk of his family’s horrible suffering under the Nazis, as if his victimhood somehow excused his victimising someone else. And would those supporters argue that Nazi war criminals should also be allowed to put their crimes behind them, now so much time has passed, and live free from fear of prosecution and retributive justice, particularly if they are rather talented and charming? Of course not. "
A ce dernier propos on rappellera tout de même que, par ex. "235 juifs s'échappent du ghetto de Horochov (district de Luzk, Pologne) pour rejoindre dans les bois les partisans qui luttent contre les Allemands;" ou encore la vie exemplaire de Marek Edelman tout récemment décédé à 87ans, chef du soulèvement du ghetto de Varsovie "créé en 1940 et où jusqu'à un demi-million de personnes ont dû y vivre simultanément. [...] Après l'échec de l'insurrection dans le ghetto de Varsovie, Edelman avait combattu lors du soulèvement de la capitale polonaise en 1944. Il fut ensuite un membre du syndicat Solidarité, qui a contribué en 1989 à la chute du communisme." © Thomson Reuters 2009.
Ce qui est tout de même autre chose que de droguer les petites filles pour en abuser plus facilement !
"In response to his arrest last weekend in Switzerland, celebrities such as Woody Allen, Martin Scorsese, Salman Rushdie, Milan Kundera, Pedro Almodovar, David Lynch, Harvey Weinstein and Robert Harris called indignantly for him to be freed at once. So did Radek Sikorski, the foreign minister of Poland, and two French ministers. " + rappelons également le célèbre Jack Lang!
Personnellement, je pense au final que comme d'habitude ces gens n'ont pas sérieusement consulté le dossier avant d'énoncer des paroles plus ou moins convenues selon le contexte. Ainsi, on a entendu Papy d'Ormesson, contre toute censure ainsi qu'il l'a lui-même rappelé, dire vendredi dernier sur le plateau de 'Vous aurez le dernier mot" (F.-O. G.), qu'il n'était pas opposé à ce qu'on 'brise les codes sexuels' (quelle formule !), mais qu'il était en revanche, bien entendu, contre le viol ! C'est tout de même une chose que de 'briser des codes' cinématographiques, littéraires, musicaux (Gainsbourg et Lemon Incest) et abuser du plus faible, ce qu'est nécessairement dans le monde réel, une mineure de 15 ans qui s'en plaint, comme l'a heureusement souligné une journaliste invitée qui avec la présidente de 'Ni pute, ni soumise' également présente et applaudie, était la seule à s'être au préalable un peu sérieusement plongée dans ses dossiers !
Mais bon, on a également entendu sur ce plateau :
- 1) Elsa Zylberstein laisser entendre qu'elle avait beaucoup lu Hannah Arendt (=/= autour de cet auteur) pour travailler le rôle (laissez-moi rire doucement !),
- 2) le présentateur faire un sort à Martin Heidegger dont il n'a manifestement jamais lu une seule ligne sur la seule base de l'adhésion du philosophe au NSDAP en 1933 alors qu'il était recteur de l'Université de Friburg sans corriger cette mention en précisant que MH s'était retiré de toute action politique au bout de quelques mois, ni l'inscrire dans la préoccupation qui s'était fait jour jusqu'à ce qu'il perçoive le danger de le penser dans l'immédiateté de la circonstance historique de l'accession au pouvoir de cette forme de gouvernement qu'était le nazisme, "de saisir la dimension politique qui construit l'homme, son appartenance à un peuple qui est son trait distinctif, et l'importance de la nationalité (Volkstum).", ni dire qu'il faudrait consacrer pour le moins une émission entière
- à cet auteur en convoquant des gens qui l'ont effectivement lu et seraient en mesure de s'expliquer sur la polémique qui depuis 1946 le concerne toujours, et
- à ce philosophe manifestement évoqué pour dédouaner Polanski en l'élevant ainsi à la dimension du monument de la philosophie, d'avoir abusé d'une enfant de 13 ans après l'avoir droguée, du seul fait de ses relations amoureuses, mais néanmoins pour sa part platoniques, avec sa jolie étudiante Hannah Arendt, laquelle n'était cependant pas mineure à l'époque, et qui plus est fermement invitée à penser, et qui donc est resté dans son rôle. Ou encore rappeler que les critiques lui font précisément grief de sa neutralité ultérieure, pointant l'absence de pensée politique, en expliquant en quoi, ce peut être, en effet, une critique.
- 3) Enfin, Raphaël Enthoven, l'agrégé de philo de service enseignant à l' école Polytechnique et à Sciences Po, destiné par son duo, baptisé 'entretien', avec la comédienne qui joue le rôle de la philosophe HA, à figurer un autre duo célèbre, présent de ce fait bien qu'absent, donner quitus de ces procédés retors, et en rajouter une petite couche en précisant, tout en restant suffisamment ambigu pour autoriser tous les contre sens, que MH voyait au départ dans le national socialisme une incarnation de 'l'Authenticité' sans donner autrement de sens à cette assertion, puis paraître l'excuser tout en n'expliquant pas en quoi et de quoi il pouvait être effectivement coupable, et enfin certifier à l'adresse de l'animateur qu'il s'agissait bien en effet d'un 'immense philosophe', avant de parler de son dernier bouquin à lui, "L'Endroit du décor, Paris, Gallimard cependant, 2009", ou " Combien il est banal -mais grisant- de se méfier des apparences, que l'essentiel est invisible aux yeux pour avoir, comme tout le monde, le sentiment d'être seul contre tous" (cf. : http://bibliobs.nouvelobs.com/20090525/12702/lendroit-du-decor )
Rédigé par : Catherine JACOB | 04 octobre 2009 à 10:50
The Sunday Times October 4, 2009
Glitterati throw their ugly halos around Polanski
Minette Marrin
http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/minette_marrin/article6860199.ece
Rédigé par : Valerie | 04 octobre 2009 à 00:05
@Ludovic
Monsieur Bilger a fait preuve de son "indépendance" et ma triste aventure est connue des deux précédents et de l'actuel ministre de l'Intérieur ainsi que de l'IGPS et de la Présidence de la République qui m'a promis une réponse à chacun des trois rappels téléphoniques aux multiples messages écrits adressés. Tant mieux pour Monsieur Bilger, qu'il s'expose ainsi au travers de son blog, malgré sa fonction et donc, tant mieux pour ma famille.
Toutes ces personnes, doubles des e-mails et enregistrements des appels téléphoniques, dont mes échanges avec Monsieur Bilger, qui m'a également répondu personnellement, seront bien cités à comparaître par le Conseil de ma famille s'il m'arrive la même mésaventure qu'en juin dernier en France, avec des circonstances funestes loin d'être exclues compte tenu de mon état de santé.
Je ne me fous pas de mourir mais souhaite que les conséquences financières en soient bien assumées tant par les auteurs que par tous ceux qui ont eu connaissance d'une situation pouvant conduire à un crime et qui n'auraient pas agi pour l'éviter.
Cette incrimination existe tant dans le droit du pays qui m'accueille que dans le code pénal français. La différence étant que c'est appliqué sans distinctions et sans aucun coût financier dans le pays qui m'accueille et, pour le moment, en tout cas pas pour tout le monde en France.
Merci, cher Ludovic, de me payer le prix de la consignation de la plainte avec constitution de partie civile (frais d'avocat compris), j'ai déjà donné 4500 euros de frais d'avocat et un infarctus dans une précédente aventure pour laquelle mon bon droit a été reconnu. Ma pension d'invalidité de 1250 euros nets (vu que je ne paie plus la csg et la crds) me permet difficilement de faire face et par ailleurs les démarches sont au-dessus de mes forces, vous l'aurez aisément compris.
Merci d'avance et en attendant je joins votre réponse au dossier constitué. Un de plus...
Rédigé par : Patrick Handicap expatrié | 03 octobre 2009 à 19:38
@Patrick Handicap expatrié,
"Monsieur Bilger ne "dénonce" pas les crimes et les délits, il s'en repaît !"
Ne seriez-vous pas un tantinet injuste?
Si tous les magistrats partageaient le même humanisme que notre hôte, il y aurait sans doute moins d'erreurs judiciaires.
J'ai lu votre témoignage lors d'un précédent billet, et je ne vous accable pas. Mais il fallait porter plainte contre la police, si vous ne l'avez déjà fait, vous pouvez vous adresser directement au parquet ou au doyen des juges d'instruction (avant leur disparition programmée) avec constitution de partie civile. Mais Philippe Bilger n'est pour rien dans votre histoire, alors pourquoi vous en prenez-vous à lui ?
Rédigé par : Ludovic | 03 octobre 2009 à 15:06
Exista bien entendu aussi le cas de Louis halte tu sers*, qui fut soustrait à la justice par ses influents confrères et élèves de l'ENS, hors tout cadre juridique raisonnable.
D'aucuns eurent même le toupet de le faire réagir à la pourtant pertinente petite phrase de Claude Sarraute quant à l'affront à eux fait d'oser évoquer la victime...
De la folie, ils tètent sur la marche.
AO
* quelque conséquent philosophe qu'il fut, en effet.
Rédigé par : oursivi | 03 octobre 2009 à 13:51
Monsieur Bilger ne "dénonce" pas les crimes et les délits, il s'en repaît !
Qu'il n'oublie pas qu'il sera appelé à comparaître pour non dénonciation auprès de son collègue Marin d'une situation pouvant entraîner un crime dont preuve est qu'il en a eu connaissance, le jour où la police française me tuera lors d'un contrôle d'alcoolémie comme cela a failli se passer en juin 2009 alors que, trachéotomisé, je ne peux souffler par le trou à la base du cou qui me sert à respirer dans le dispositif de contrôle...
Rédigé par : Patrick Handicap expatrié | 03 octobre 2009 à 12:32
Bonsoir M. Bilger,
A mon sens, la question de plaindre ou pas M. Polanski ne se pose pas encore. Elle se posera à l'issue de son jugement, à supposer que celui-ci ait lieu.
Aujourd'hui, M. Polanski est poursuivi, mais il n'est pour autant pas condamné.
Vous dites : "le légal n'est pas forcément légitime en toutes circonstances et que l'Etat de droit, à se vouloir détaché du contexte et de la vie, gagne en dureté certes mais perd en validité".
Ne peut-on pas considérer qu'il appartient à la Justice - en l'occurrence américaine - de tenir compte de tous les éléments que vous citez, y compris le pardon de la victime ou l'ancienneté des faits ? Le contexte et la vie que vous évoquez sont à intégrer par les humains qui composent le tribunal, à commencer par les jurés, mais sans s'y limiter.
Sans naïveté - j'imagine à quel point ces moments peuvent être pénibles pour M. Polanski comme pour tout justiciable qui serait à sa place - ne peut-on pas supposer que cette issue, fuie depuis trente ans, est l'occasion pour lui comme pour la société américaine d'en finir une fois pour toute avec cette histoire ?
Tel que je conçois le système judiciaire, en tant que citoyen, donc sans en faire partie, la solution n'est pas dans la fuite, ni dans l'abandon du légal au vu de sa légitimité morale. Le légal est toujours légitime et c'est vouloir lui retirer cette légitimité au vu de la particularité d'un cas qui peut laisser planer le doute quant à la valeur de la Justice.
En tant qu'avocat général vous avez largement montré que le ministère public est capable d'intégrer la dimension humaine dans ses réquisitions - et pourtant au grand bénéfice de la société. Pourquoi ne pas laisser cette chance à vos confrères américains ? Si cette chance est saisie - ce qui ne signifie pas nécessairement faire preuve d'une clémence particulière, mais seulement de la juste intégration des valeurs humaines que vous évoquez - la victoire est totale, au bénéfice du justiciable comme de la société.
Evidemment, cette réflexion est emprunte d'un certain idéalisme. Mais je le crois nécessaire pour que la confiance en la justice puisse être maintenue : personne ne se serait posé toute ces questions si M. Polanski n'était pas un célèbre cinéaste (que j'aime beaucoup au demeurant, mais là n'est pas la question).
Rédigé par : Sofienne | 02 octobre 2009 à 22:40
Il est sain de nettoyer ce sujet des strates d’émotion qui le submergent pour en revenir un peu aux fondamentaux.
A quoi sert de mettre les gens en prison ?
1 - A favoriser le travail de deuil et de guérison de la victime en la reconnaissant comme telle et en châtiant le coupable.
Ici, la victime a clairement indiqué que rouvrir l’affaire aurait un effet inverse.
2 - A empêcher le coupable de récidiver en le privant de contact avec la société.
On peut douter de la dangerosité extrême pour la gent féminine d’une personne de 76 ans.
3 – A dissuader le coupable de récidiver.
Les 30 années écoulées montrent qu’il n’est pas besoin de dissuader Roman Polanski.
4 – A dissuader les autres délinquants potentiels de passer à l’acte.
Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête, car son analyse est plus délicate. Rappelons que l’enjeu est bien de protéger la société, y compris le cas échéant contre l’avis de la victime. Dans le contexte de la politique pénale américaine, qui utilise très peu la détention provisoire, on peut comprendre qu’une attention particulière soit mise à poursuivre longtemps des criminels en fuite (en France, où la justice est très généreuse en matière d’accueil en maison d’arrêt des prévenus, le risque d’évaporation est bien sûr moindre).
Cela justifie-t-il pour autant que les crimes soient imprescriptibles et les fuyards poursuivis à vie ? De mon point de vue, non. Il est fort douteux qu’un criminel sur le point de passer à l’acte se demande s’il va se faire coincer à un festival de cinéma en Suisse à 76 ans, et qu’il renonce pour cette raison.
On peut discuter du délai de prescription pour les crimes les plus graves, comme les crimes contre l’humanité ou les assassinats en série, mais cela n’a rien à voir avec une agression sexuelle, voire un viol, même sur une mineure.
Continuons donc à dire haut et fort que la prescription et, plus généralement, le droit à l’oubli sont des facteurs d’apaisement et que la poursuite éternelle des délinquants est une idée, certes américaine, mais pas forcément humaniste ni efficiente.
Rédigé par : Augustissime | 02 octobre 2009 à 22:31
@Erig Le Brun,
Je veux bien avoir été un peu vif avec vous, mais je trouve que la "confession" de Frédéric Mitterrand dans "La mauvaise vie" relève d'un courage certain et qu'il est un peu mesquin de le lui reprocher.
De ce livre de 351 pages, on ne retient qu'un chapitre que j'ai relu et sans y avoir trouvé le terme de "gosse" que vous employez. Il faut être prudent car ce n'est pas tout à fait la même chose.
Je ne partage pas l'idée que Frédéric Mitterrand ait fait ce livre par pure opération marketing. Que vous ne l'aimiez pas est votre droit le plus strict. Ceci dit, la prostitution existe en France, et on ne fait pas tant de cas de ceux qui y ont recours. Je ne suis nullement un adepte de la prostitution, ni du tourisme sexuel, je vous rassure, mais je trouve qu'il y a beaucoup d'hypocrisie de part et d'autre sur le sujet.
@Bruno,
Je ne vous ai pas attendu pour faire mon coming out, et en terme de critique à deux balles, vous n'êtes pas le mieux placé.
Rédigé par : Ludovic | 02 octobre 2009 à 21:57
Le Realisateur pourrait "faire tourner" le Gouverneur de Californie dans son prochain film ! ?
Rédigé par : Valerie | 02 octobre 2009 à 17:29
Cette tragique histoire de 'joggueuse' est un sale revers aux déjà sept années d'exercice du pouvoir par la droite ! Sept ans et demi que Nicolas gesticule à des postes pourtant conséquents quant à ces problématiques, et toujours les mêmes bêtises, les mêmes errements, les mêmes victimes...
AO
Rédigé par : oursivi | 02 octobre 2009 à 14:38
Rédigé par: Alex paulista | 02 octobre 2009 à 08:43
Excellent post, mais les noms des intervenants finaux m'échappent, j'en aurais aimé le détail.
AO
Rédigé par : oursivi | 02 octobre 2009 à 14:16
Depuis que Ludovic a fait son coming out, on ne peut dire un mot sur les homos sans qu'il nous sorte des leçons de morale à deux balles !!!!
Rédigé par : bruno | 02 octobre 2009 à 13:16
"Il n'y a rien à y comprendre et c'est parce qu'il n'y a rien à y comprendre qu'il faut que nous soyons, nous européens, fermes, logiques et compréhensibles."
Aïssa,
Tout y est au contraire on ne peut plus compréhensible. Les Américains ont - suffisamment y ont laissé la peau pour que, paradoxale popularité de Lindbergh comprise, on en soit assuré - eu un comportement d'une clarté quasi cristalline quant au nazisme.
Il y a certes bien à redire quant au racisme latent des états du Sud, mais dans la guerre confédérale, c'est le Nord qui a gagné et a imposé sa vision universaliste - et impérialiste - à l'ensemble ; cet ensemble sécrète-t-il même des Timothy McVeigh, il est quand même un Etat plus vivable que 90% du reste de la planète (la Chine et son extrême violence d'Etat, l'Inde et ses castes qui foule au pied tout universalisme, ne parlons pas de l'Afrique, noire et du nord qui font pouffer toute personne normalement cérébrée, quant à la la Russie et ses ex satellites , ahahaha...).
Alors comprendre les accueils temporellement proches de Von Braun d'Einstein et de millions de simples migrants, rien de bien abscons là-dessous.
Comme Einstein, WVB était un génie précieux avec des décennies d'avance sur ses confrères, et comme Einstein, même si ce dernier n'a directement travaillé sur des armes, ce qui fait un distinguo notable, je vous l'accorde, il était un savant que l'accouchement de ses idées transcendantes seul obsédait, de ceux, génériques, en négligent les conséquences.
Je rappelle aussi que même s'il ne participa pas au programme Manhattan, Albert (j'aime beaucoup, c'est mon second prénom), écrivit la lettre que l'on sait à Roosevelt... Accueillir ces deux génies relevait du même intérêt bien compris, avec un arrière-fond d'heureux humanisme dans celui d'AE et d'anti communisme commun pour WVB. Les dégâts concrets que les oeuvres de WVB avaient occasionnés n'ont jamais été cachés ou dénaturés, aucun révisionnisme là-dessous, juste une peur du bolchévisme qui créait des priorités.
Quant à votre comparaison Obama-Sarkozy, elle prête à sourire. BO est avant tout un Américain - nous prouvant que les US réussissent parfois leur pari d'unité par delà toute considération raciale - et pas le noir qu'aimeriez qu'il soit.
Pas si sûr que Sarkozy soit plus à droite - dans l'acception naïve du terme qui doit vous réjouir - que lui.
AO
Rédigé par : oursivi | 02 octobre 2009 à 12:33
La récidive a encore tué.
Cette situation intolérable nous renvoie évidement au rôle des magistrats. Le ressenti de la population est en train d'atteindre son paroxysme, aucun progrès, pour la récidive, pour les conditions pénitentiaires, pour la détention préventive, désolé mais trop c'est trop, il est grand temps de "mettre la crosse en l'air". Sans la révolte de la magistrature, les politiques ne bougeront jamais. Le moment est venu, choisir d'être des citoyens au service de la nation, ou continuer à être des féaux soumis et de là, se retrouver complices de toutes les abominations commises au non du droit au détriment de la société.
Rédigé par : yves | 02 octobre 2009 à 11:26
@Alex paulista
"le passé sentimental 'show-biz' "
C'est également là où le bât blesse considérablement à mon sens. Ce milieu paraît en effet fonctionner de telle façon qu'on se voit désormais contraint de le préciser, lorsqu'on ne doit une brillante carrière, ou de nos jours tout simplement un travail, qu'à son seul talent. Par ex. : 'J'ai (il ou elle a) réussi sans 'coucher' - ou sans compromission de quelque ordre que ce soit -' Et a contrario, apparaît naïf qui lève timidement le doigt pour poser la question du harcèlement sexuel au travail qui peut aussi se présenter sous les espèces du simple harcèlement moral. Pourquoi? Mais tout simplement vous dira-t-on, parce que "c'est comme cela que ça marche". Le milieu artistique où, pour ce qui se passe hors concours, les engagements se font au simple feeling relativement à cela qui 'plaît sans concept' via une traduction du jugement de goût kantien qui le pense 'sans justification quelconque', a en effet la réputation d'accréditer spontanément le droit de cuissage du seul fait de 'la nature de la sensibilité artistique si fragile' et qui ressent les choses de façon nécessairement disproportionnée - ex. le caprice de star qui, tant chez les hommes que chez le femmes, fonctionne sur le modèle du caprice de la femme enceinte, sans, en revanche, se limiter à quelques mois vu que l'accouchement de l'oeuvre se doit d'être permanent-.
Vous connaissez beaucoup de milieux où l'on s'appelle spontanément 'chéri(e)' et où la façon de dire 'bonjour' passe obligatoirement par une embrassade vu que la simulation d'une bonne ambiance est de règle pour le bon fonctionnement de la troupe, en même temps qu'un bon exercice? Exit le 'complexe du bureau'. Vous êtes encore petit(e) et voulez obtenir quoique ce soit, un travail, un rôle, qu'on nuise à quelqu'un à votre bénéfice, une seule voie: la voie royale et express du canapé. Attention, trop moches s'abstenir. Quoique..., si l'on en croit l'un des protagonistes de l''Empire des sens' précédemment évoqué, toutes les expériences ont manifestement leur intérêt!
Et du show-biz au show politique, il n'y a souvent qu'un Ce_gay_là...!
Rédigé par : Catherine JACOB | 02 octobre 2009 à 11:04