Le président de la République a raison : on a mieux à faire que de passer son temps à disséquer une vidéo pour accuser de racisme le ministre de l'Intérieur, son ami Brice Hortefeux. Il faudrait, c'est vrai aussi, demeurer concentré sur l'essentiel, la France, dont l'état exige la mobilisation de toutes les énergies. Mais, puisque depuis plusieurs jours, on ne parle que de cela, que les versions les plus contradictoires circulent et qu'apologies et lynchages se répondent, il me semble qu'il n'est pas indécent de tenter d'y voir clair. J'ai conscience, modestement, de m'inscrire dans un mouvement erratique qui met au pinacle dans l'esprit public, via Internet, des épisodes dérisoires peut-être parce que le citoyen n'est plus réellement sollicité par l'important et qu'il traduit ainsi sa volonté de personnaliser la politique en s'en prenant sans nuance à ses représentants.
La vidéo incriminée - celle prise par Public Sénat étant identique à celle du monde.fr - ne laisse pas place au doute sur la teneur des propos échangés, notamment par Brice Hortefeux, lors du camp d'été de l'UMP dans les Landes à Seignosse (Mediapart). Mais comment faut-il les qualifier ?
Le ministre de l'Intérieur a affirmé que dans cette ambiance décontractée - le président lui aurait reproché cette "décontraction" mais le chewing-gum, dans le genre, n'est pas mal ! - il avait seulement voulu faire référence d'abord à des "clichés" puis aux Auvergnats (le point.fr, Libération). Pourquoi pas ? Cependant, à l'analyse, il ne semble pas que la phrase reprochée à Brice Hortefeux puisse être interprétée autrement que comme une allusion au nombre d'Arabes. En effet, une voix féminine dit au sujet d'Amin, un jeune militant d'origine arabe : "C'est notre petit Arabe" et le ministre de réagir ainsi : "Bon, tant mieux. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. Allez, bon courage" (Le Monde). Jean-François Copé affirme n'avoir rien entendu (Le Figaro) et Amin, dans une vidéo où il exprime son sentiment mais dans une formulation qui lui semble dictée (Le Post), défend le ministre en l'exonérant de tout soupçon de racisme à son égard.
L'affaire se complique à cause de ce qui était advenu à Paul Girot de Langlade, préfet mis à la retraite par le ministre de l'Intérieur, qui se voyait reprocher, à la suite de la plainte d'une employée à Roissy, un propos raciste qu'il niait avoir tenu puis une violation de l'obligation de réserve en raison de sa dénonciation vive de l'attitude de Brice Hortefeux. Cette similitude apparente des situations a conduit certains, dont Me Collard, avocat du préfet, à réclamer la démission du ministre de l'Intérieur qui devrait s'appliquer les mêmes règles que celles dont Paul Girot de Langlade a pâti (Marianne 2).
J'ai évoqué les similitudes apparentes parce que, dans ses profondeurs, les épisodes ne me semblent pas comparables si l'accusation à l'encontre du préfet est fondée. Il est de bonne et triste guerre que la gauche se soit engouffrée dans la brèche que lui ouvrait cette vidéo parce que rien n'est plus porteur aujourd'hui que de désigner l'adversaire comme raciste. Guère surprenant non plus de voir Guy Bedos et Josiane Balasko signer la pétition de Charlie Hebdo pour exiger le départ d'Hortefeux. Cela vous pose sur le plan éthique et conduit l'autre, toujours, à une défense malaisée car comment mettre au jour la limpidité de son esprit ? Tâche quasiment impossible.
Il n'est pas étonnant non plus que le Premier ministre, quelques ministres et les jeunes de l'UMP aient pris le parti de soutenir Brice Hortefeux et qu'Henri Guaino ait fait de même. Il y a là les clivages traditionnels, qui paraissent moins se soucier du fond des choses que de la volupté de combattre et du confort d'un monde contrasté comme il convient.
Ce qui gêne dans cette controverse, c'est le fait que personne n'ose aborder de face la réalité des propos tenus par Brice Hortefeux. On les veut scandaleux ici et là, on tente de leur donner un autre sens que celui qui vient immédiatement à l'esprit. Dans les deux cas on s'inscrit dans une configuration qui accepte, quelles que soient les circonstances, de juger la réplique du ministre comme raciste. Je regrette que celui-ci, dont pourtant le parler vrai n'est pas la moindre qualité, ait biaisé sur ce plan. On aurait aimé qu'il assume la réalité du propos mais qu'il n'hésite pas à lui donner sa mesure véritable qui est mince.
Il se trouve dans le campus d'été de l'UMP. Il discute notamment avec le jeune Amin et plaisante avec lui et d'autres sur les Auvergnats puis sur le "petit Arabe", enfin déclare ce que j'ai rapporté. A prendre son intervention même au plus extrême de la gravité qu'on veut lui apposer, à moins de s'indigner par volonté, peut-on soutenir qu'il y a là, dans ce cadre, de quoi alléguer que la morale et l'humanisme sont blessés à mort ? L'outrance éthique s'échauffant sur presque rien va conduire à relativiser les luttes nécessaires contre le racisme. L'excitation artificielle sur le détail va tuer la dénonciation légitime pour le gros.
Le racisme, c'est bien autre chose que la nudité d'une phrase. Il dépend du ton, de l'interlocuteur, de la familiarité ou non du moment, de la blessure qu'on provoque ou non. Qui peut prétendre, même ceux qui s'en prennent à Brice Hortefeux en étant persuadés de jouer sur du velours éthique, n'avoir jamais dans sa quotidienneté, bien assuré de n'offenser personne grâce à l'impossibilité de tout malentendu, proféré ou écouté des phrases de ce type sur quelque communauté que ce soit ? On perçoit alors les différences sensibles avec l'énervement insultant (s'il est établi) du préfet, non seulement à cause de la plainte mais en raison du ton, du lieu et des circonstances. Ici à l'aéroport, là dans les Landes, ici dans la presse d'une activité sérieuse, là dans le léger d'échanges faussement sérieux, sans l'ombre d'une vexation pour Amine mêlé au jeu. A mon sens, au pire, de la part de Brice Hortefeux, une plaisanterie un tantinet vulgaire, au mieux une plaisanterie qu'il savait anodine en ce temps et en ce lieu. Rien en tout cas qui autorise les donneurs de leçons à condamner par le verbe un ministre qui n'a pas commis un crime avec ses mots !
On peut opposer que Brice Hortefeux ayant une propension au racisme, selon certains dont Rachida Dati, il serait forcément, dans n'importe quelle séquence de sa vie publique ou personnelle (si elle est révélée), coupable de cette déviation. C'est absurde et relève du partisan le plus sommaire. Serait-il plus fondé de soutenir que pour un ministre, il n'existe plus de moments publics ou privés mais que l'exigence de responsabilité, le souci de prévenir toute équivoque doivent peser en permanence sur lui ? Je crains que notre démocratie en arrive là, non pas avec l'intrusion inévitable d'Internet - elle représente qu'on le veuille ou non un progrès - mais avec les interprétations délirantes que médias et politiques se plaisent à donner de propos dont la nocivité est fantasmée. Parce que Brice Hortefeux a parlé, quoi de plus commode pour l'atteindre ? Demain, quel serait ce monde qui contraindrait au silence, à une surveillance constante, à une langue nulle ? Un enfer. Internet montre et transmet. Le mal ne naît pas de lui mais de ceux qui glosent à partir de lui. Et qui s'égarent. J'ai beaucoup apprécié l'humour involontaire du journal de France 2 faisant venir Jacques Séguéla qualifié d'expert en communication. Il a suggéré que les politiques ne s'expriment plus en off alors que lui, oralement (sans oublier l'anecdote de la rencontre présidentielle par écrit !) a démontré que le on et le off ne lui interdisaient rien ! Pour demeurer plausible, c'est la démocratie qui doit cesser de mettre nos représentants, nos ministres dans un étau où l'alternative serait le silence ou l'insipide.
Le feu nourri contre Brice Hortefeux est à la fois ridicule et injuste. Il n'empêche que j'y vois, sans doute par humeur, un singulier retour des choses. C'est aussi à cause de la complaisance manifestée à l'égard de l'anti-racisme institutionnalisé, en faveur de toutes les demandes poussant à une surenchère, que, dans la quotidienneté d'un campus d'été de jeunes UMP, un ministre est absurdement épinglé. Le Pouvoir récolte aigrement ce qu'il n'a cessé de semer en ne mettant pas freins et limites aux communautarismes impérieux.
Cher Laurent
Je n'aime pas non plus le côté procès d'intention de cette affaire de sale blague. Je l'ai dit.
Mais faut-il défendre au nom du droit un BH qui, lui, foule au pied le droit et les principes ?
Il n'a pas été mandaté pour cela, et toute racoleuse qu'a été la campagne Sarkozy, nul ministre ne peut aller au-delà du droit.
Sa bataille contre l'immigration légale à coups de circulaires et de délais organisés est, par définition, illégale.
Ce n'est donc pas un procès politique que je lui fais, mais un procès tout court.
Sur le "même si", pardon de m'être mal exprimé: je ne sais pas si vous vous sentez proche ou non de ces associations. Je voulais dire que même les gens qui sont gênés par l'orientation politique de certaines associations et leur soutien aux étrangers illégaux, même ces gens doivent comprendre que BH s'attaque surtout aux étrangers légaux et donc, encore une fois, que le combat contre lui est a-politique.
Même quelqu'un d'extrême droite peut vouloir conserver le droit de se marier avec un étranger et pouvoir vivre normalement en France, grâce à un titre de résident utilisable.
C'est suffisant pour haïr Brice Hortefeux.
Rédigé par : Alex paulista | 08 juin 2010 à 15:48
Cher Alexandre, je n'aime pas trop votre idée de procès politiques, elle fait songer à des systèmes très peu démocratiques...
Vous écrivez par ailleurs :
"Même si pour des raisons politiques vous n'êtes pas proche des associations qui aident les étrangers en détresse..."
Qu'en savez-vous ? Attention à ce genre de déterminisme un peu manichéen.
J'approuve assez la dernière mise au point de Mary Preud'homme.
Rédigé par : Laurent Dingli | 08 juin 2010 à 09:04
@ Boddisatva
Vous faites des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être. Dans l’affaire Girot de Langlade les plaignants étaient trois employés d’aéroport qui s’estimaient victimes de propos et comportements racistes - en public - de la part de ce préfet et qui ont obtenu gain de cause. Ce préfet n’en était d’ailleurs pas à sa première casserole.
Alors que dans la présente affaire, c’est le MRAP qui s’est substitué à Amine Benalia-Brouch, contre le gré de ce dernier, au mépris de sa version des faits, en instrumentalisant une conversation - privée - pour piéger Hortefeux.
Ce qui est choquant dans cette histoire, beaucoup plus que la réflexion de BH, c’est la condescendance méprisante voire raciste du Mrap à l’égard d’Amine, dont on se passe de l'avis pour agir à sa place comme s'il était incapable de discernement.
Par ailleurs, si vous aviez bien examiné la video vous constateriez que les seules propos que l’on peut qualifier d’ouvertement racistes émanent de l’entourage de Brice et qu’il ne fait que réagir par un commentaire con-venu que l’on ne peut juger raciste d’emblée dès lors qu’il semble y avoir connivence et échange de sourire complice entre lui et sa "prétendue victime".
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Par ailleurs, savez vous ce qu’il est advenu d’Amine depuis sa mise au point par video sur Internet ? Il a été dès le lendemain victime d’une campagne de dénigrement sans précédent, assortie de menaces et de pressions de toutes sortes, si bien qu’il a dû porter plainte pour injures à connotations raciales, incitation à la haine raciale et même menaces de mort...
Le Mrap peut être fier du résultat !
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Vous ne voyez toujours pas de différences entre les deux affaires ?
Rédigé par : Mary Preud'homme | 07 juin 2010 à 20:07
Cher Laurent
Comment Julien Dray et notre hôte peuvent-ils prétendre que "Brice Hortefeux n'est pas raciste" ?
Le principal intéressé ne doit pas le savoir lui-même...
Et puis on s'en moque, on ne condamne pas encore les gens sur leurs intentions ou ce qu'ils ressentent, mais sur ce qu'ils font et ce qu'ils disent.
Brice Hortefeux signe une politique xénophobe.
Mon opinion est qu'il ne devrait pas être condamné pour ses blagues racistes, mais pour toutes les violations des droits des étrangers (même conjoints de français) qu'il a organisées et contresignées en notre nom à tous.
Pas à 2750 euros d'amende, mais à un procès public où il répondrait personnellement par exemple aux femmes persécutées par ses services qui ont perdu le petit français qu'elles avaient dans le ventre.
Et à leurs maris, qui vont porter le deuil de l'enfant et avoir honte de leur pays à vie.
Rencontrez ces gens et vous aurez comme moi envie d'analyser ce que Brice Hortefeux a dans le crâne "à la moyennageuse", pour reprendre une expression de Pulp Fiction.
Cet énergumène a réussi à faire que des Français depuis toujours ne puissent pas renouveler leur passeport sous prétexte qu'ils étaient nés à l'étranger il y a 40 ans. Même si pour des raisons politiques vous n'êtes pas proche des associations qui aident les étrangers en détresse, ce qu'un tel inconséquent ose faire à des Français vous laisse imaginer la politique qu'il est capable de commander devant des étrangers, même en règle, même mariés à des Français, même avec des enfants nés sur notre sol.
Le droit, l'humanité et le bon sens, il s'en balance ! S'il faisait tout et n'importe quoi pour que les étrangers soient expulsés avant de rencontrer un juge, ce n'est pas parce que ces derniers sont tous d'extrême gauche... Ses services ont même voulu expulser des Français vers l'Afrique, en prétendant que leurs papiers étaient des faux, que la photo était d'un autre et jouait sur la légendaire ressemblance des noirs entre eux...
Pour des quotas !
Je m'arrête, je crois que je deviens anti-Auvergnat (sans s).
Rédigé par : Alex paulista | 07 juin 2010 à 15:05
Selon Julien Dray, Brice Hortefeux n'est pas raciste (Le Point, 20 mn.fr) ; le député socialiste qualifie bien d'inacceptables les propos tenus par le ministre, mais ne réclame pas sa démission.
Je trouve cette position assez juste.
Rédigé par : Laurent Dingli | 07 juin 2010 à 09:09
Je ne comprends pas la différence de traitement entre le préfet Girod et le ministre Hortefeux. Un préfet devrait toujours être irréprochable et pas un ministre ?
Rédigé par : Boddisatva | 07 juin 2010 à 08:38
Franchement, je crois que c'est très bien que Brice Hortefeux ait été condamné.
C'est tellement ENAURME que cela ne peut que fédérer une majorité de gens qui pensent que trop, c'est trop.
Comment peut-on juger que dire "un ça va, c'est quand il y en a trop que ça pose des problèmes", est raciste. C'est juste la vérité. Du reste, en terre d'islam, il ne disent rien. quand les Chrétiens sont trop nombreux à leur sens, ils ne disent rien, ils ne sont pas condamnés, ils TUENT. C'est bien mieux.
Les prochaines élections, pour moi, c'est tout vu. La gauche est éliminée au premier tour, duel Sarkozy, fille Le Pen au deuxième tour.
Tu parles d'un choix !
Rédigé par : Florence | 05 juin 2010 à 23:57
Je crois que nous resterons en désaccord sur le sujet, un ministre représente la République 24h sur 24 et 7 jours sur 7.
Aucun contexte ne saurait l'exonérer de ses responsabilités et sa parole engage l'Etat.
Que l'on vire un préfet, que l'on sanctionne pénalement et disciplinairement un enseignant ayant qualifié un élève noir, très indiscipliné au demeurant, de "bamboula" ne dérange personne. L'élève en question a même eu droit à une réception à l'Elysée et aux excuses de la République.
Je ne vois pas au nom de quoi Hortefeux devrait être traité avec indulgence.
Les propos qu'il a tenus, même si l'intéressé, militant UMP par ailleurs, ne s'en est pas offusqué, sont indignes d'un représentant de l'Etat. Je persiste et signe, Hortefeux, s'il avait une once d'honneur, aurait dû démissionner.
Rédigé par : Ludovic@Mary Preud'homme | 05 juin 2010 à 23:07
"J. P. Ledun, vous avez vraiment la classe, vous."
"Il vous en faut peu pour vous faire Bondir !"
Mon dieu que vous avez l'esprit mal tourné...
Rédigé par : jpledun@M.Dingli | 05 juin 2010 à 22:43
Ce n'est pas très réjouissant de voir quelqu'un condamné pour avoir fait une blague raciste, mais d'un autre côté comme on ne peut pas condamner Hortefeux pour avoir fait guetter les sans-papiers à l'entrée des soupes populaires et des écoles maternelles, le tout en notre nom et avec notre argent, on peut quand même se réjouir.
Et tout ce qu'il a fait subir à tous les étrangers AVEC papiers était totalement illégal, les délais abusifs, etc. Mais bon, on ne va pas se plaindre à la police... quand on attend justement qu'elle émette les papiers.
Au risque de se retrouver en bas de la pile. C'est qu'avec des papiers (des vrais, pas des récépissés en chaîne), un étranger ça travaille quand un Français trouve souvent le poste trop dévalorisant ou pas assez payé pour lui.
Je souhaite donc une bonne condamnation à M. Hortefeux. Qu'il ne s'inquiète pas trop, son ex-ministère ne rechigne pas à promouvoir des repris de justice comme Stefanini :
http://www.mediapart.fr/journal/france/150109/patrick-stefanini-le-ministre-de-l-immigration-de-l-ombre
Rédigé par : Alex paulista | 05 juin 2010 à 18:31
Pas d'accord du tout avec Ludovic.
Ce verdict sectaire est d'une insoutenable sottise.
D'autant que la présumée victime, Amine, a été désavoué par le Mrap, ce qui est très humiliant pour lui dont ces autoproclamés archanges de l'antiracisme ont choisi d'ignorer l'avis (contraire) avec dédain, pour porter plainte, à quel titre, comme s'il était un attardé mental, incapable de discernement.
Dans l'histoire, lequel à votre avis a montré le plus de condescendance et de morgue raciste, sinon le MRAP ? Ce que tout le monde peut comprendre, sauf bien sûr des politiciens gauchistes bornés ou des magistrats partiaux ou aux ordres qui projettent leurs propres travers sur des justiciables qu'ils s'avèrent bien incapables de juger autrement que sur des apparences ou des présomptions.
Triste !
Rédigé par : Mary Preud'homme | 05 juin 2010 à 16:37
Non cher Laurent, la sanction n'est pas exagérée, le tribunal n'a d'ailleurs pas retenu le délit puisqu'il a admis qu'il ne s'agissait pas de propos destinés à être rendus publics. La cour a prononcé une amende correspondant à une contravention de 4ème catégorie, il n'y a donc pas eu de sévérité particulière à mon sens.
Il n'en reste pas moins que même si Brice Hortefeux n'est pas raciste en soi, les propos qu'il a tenus ont été reconnus comme relevant de l'injure raciale, ce qui est difficilement acceptable de la part d'un ministre de la République.
Souvenez-vous que le même Brice Hortefeux a sanctionné d'une mise à la retraite d'office le préfet Paul Girod de Langlade pour des propos de même nature.
Le moindre fonctionnaire condamné pour des faits similaires écoperait de sanctions disciplinaires, alors pourquoi faudrait-il faire preuve d'indulgence pour un ministre ?
Rédigé par : Ludovic@Laurent Dingli | 05 juin 2010 à 15:13
Mac Mahon condamné pour diffamation !
Passant en revue un régiment, il s'est arrêté devant un soldat méritant et lui a dit :
"Ah, c'est vous le nègre, c'est très bien, continuez !"
Rédigé par : Savonarole | 05 juin 2010 à 13:12
Quant à moi, mon cher Ludovic, je ne me réjouis pas de cette condamnation que je trouve exagérée, étant donné que la plaisanterie a été débitée "en privé" et ne nous permet en rien de conclure au "racisme" du ministre. De même que la tronche "pas très catholique", expression lâchée par le gouailleur Frêche ne m'avait pas choqué (mais les "sous-hommes", en revanche, oui).
Et puis, à quand des micros dans les chambres à coucher pour débusquer les blagues et injures "racistes" prononcées pour se défouler dans l'intimité ? (Qui n'en a jamais dites ? comme l'a souligné PB). Amusant aussi de constater que vous, qui dénoncez les prétendus "ayatollahs" de l'écologie (sic), ceux-là même qui prétendent s'immiscer jusque dans la cuisine de Philippe Bilger (ah ! les bougres !), vous vous transformiez en sourcilleux censeur lorsqu'il s'agit de la moindre parole prononcée par un ministre de droite. Et, alors que vous trouvez avec raison déplacé de reprocher la conduite passée de Frédéric Mitterrand, vous avez moins d'indulgence pour Philippe de Villiers lequel - Patrick Pike nous l'a rappelé - n'est d'ailleurs pas directement responsable des actes (présumés) de son fils.
J. P. Ledun, vous avez vraiment la classe, vous.
Rédigé par : Laurent Dingli | 05 juin 2010 à 12:50
Il vous en faut peu pour vous faire b...!
Rédigé par : jpledun@ludovic | 05 juin 2010 à 03:01
Finalement, le tribunal correctionnel de Paris, qui vient de condamner Brice Hortefeux à 750 € d'amende et 2000 € de dommages et intérêts pour injure raciale, aura eu une toute autre appréciation de l'affaire.
Evidemment, le ministre fera appel, mais en attendant, il est permis de le qualifier de raciste ce qui est gênant pour un ministre de la République.
Il est sans doute illusoire d'espérer sa démission mais cette nouvelle est bien réjouissante.
Rédigé par : Ludovic | 04 juin 2010 à 15:15
Si quand on est artiste on peut avoir de relations sexuelles avec des fillettes de 13 ans, où va le monde ? Et notre ministre de la culture, est-ce que toutes ses proies et autres amours tarifés avaient l’âge légal ?
Cela dit, j’ai écouté la défense du prévenu, innocent jusqu’à preuve contraire, et je pense qu’il ne risque pas grand-chose dans le système judiciaire américain où les déséquilibres psychologiques ont une grande importance comme circonstance atténuante voire excusante. Et ainsi qu’il a été mentionné plus haut, il avait un certain nombre de raisons valables d’être psychologiquement déséquilibré au moment des faits. La suite au procès, si procès il y a.
Rédigé par : cow boy | 23 avril 2010 à 09:10
http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article6883665.ece
Suite... mais pas fin de l'Affaire.
Rédigé par : Valerie | 21 octobre 2009 à 15:51
http://www.lepost.fr/article/2009/09/29/1718407_brice-hortefeux-va-devoir-s-expliquer-devant-la-justice.html
Rédigé par : Valerie | 29 septembre 2009 à 20:31
Le fait que B. Hortefeux soit raciste ou non n'est pas la question, des arabes sont en Arabie d'une part et non au Maghreb, je pense à l'amalgame fait entre arabe et musulman mais bon on a l'habitude maintenant... et s'ils savaient !!! Ils sont encore bien plus nombreux chez eux et tiennent probablement le même discours envers le franchouillard de base ! On est tous le singe de l'autre et cela me rappelle Joséphine Baker qui avait bien visé en s'exhibant ceinturée d'une enfilade de banane :-)
Mais c'est le discours débilitant de fond qui pose la question de savoir s'il n'aurait pas à y mettre un terme, on peut aussi s'interroger sur le sourire de Copé par exemple, et en homme politique digne de ce nom ça fait tout drôle en effet !
Rédigé par : Mila | 21 septembre 2009 à 11:36
Alex paulista,
Vous aviez commencé par écrire que les communistes n'ont jamais attenté aux libertés publiques dans notre pays, avant de nuancer cette bourde monumentale, une fois que j'ai attiré votre attention. N'essayez donc pas de m'entraîner dans une comparaison opportuniste avec l'extrême droite. Assumez plutôt la sottise que vous avez écrite.
Pour le fond, j'ai dit que je n'alimenterais pas la digression, consultez donc le post de Philippe Bilger, intitulé "Hitler = Staline ?" où vous pourrez lire nos diverses contributions sur la question. http://www.philippebilger.com/blog/2008/08/hitler-staline.html
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 septembre 2009 à 09:52
Cher Laurent
Pouvez vous m'écrire en toutes lettres:
"Moi, Laurent Dingli, historien de mon état, certifie que globalement au 20ème siècle, en France, les idéologies d'extrême gauche ont plus porté atteinte aux libertés que celles d'extrême droite" ?
Parce que, naïvement, j'ai l'impression de paraître un imbécile à penser le contraire, et mériter de susciter votre mépris.
Mépris qui vous vient si facilement à la bouche, c'en est répétitif.
Votre érudition d'historien au service d'une vision aussi partiale, même mes profs d'histoire les plus communistes n'ont jamais osé (ni l'unique prof frontiste que j'aie eu à connaître, d'ailleurs).
Ça peut paraître hors sujet, mais à l'époque des tests ADN il est bon de se remémorer certains "détails" qui expliquent le dégoût que suscitent Brice Hortefeux et ses partisans (cf lien).
Votre évocation des excès de l'Épuration me rappelle le poème de Paul Éluard (un tantinet à gauche, pourtant...).
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Sur le côté alambiqué, c'est bien cela: j'ai beau connaître en détail les moteurs de bateaux, si vous me dites "Globalement, plus un bateau va vite, plus il consomme" et que je réponds avec un mépris affiché que vous êtes un ignare, vous pourrez vous attendre à ce que je cite des cas tordus de cavitation, régime moteur inadapté ou de fort courant favorable. Ou bien que je vous embrouille en arguant que la consommation est en tonnes/heure, du coup comme on met moins d'heures...
Je serais dans ce cas bien "alambiqué", mettant ma connaissance au service de la mauvaise foi. Ce n'est pas être un ingénieur honnête, voilà pourquoi je ne vous écrirai jamais "Plus un bateau va vite, moins il consomme".
Même si je suis très pressé de rentrer au port par opinion politique personnelle...
Rédigé par : Alex paulista | 20 septembre 2009 à 08:21
GL
Vous en avez eu pour votre argent ?
Rédigé par : jpledun@GL | 20 septembre 2009 à 00:21
«Tout personnage qui doit vivre ne va pas aux générations futures tel qu'il était en réalité; à quelque distance de lui son épopée commence: on idéalise ce personnage; on le transfigure; on lui attribue une puissance, des vices et des vertus qu'il n'eut jamais; on arrange les hasards de sa vie, on les violente, on les coordonne à un système. Les biographes répètent ces mensonges; les peintres fixent sur la toile ces inventions, et la postérité adopte le fantôme. Bien fou qui croit à l'Histoire! L'Histoire est une pure tromperie; elle demeure telle qu'un grand écrivain la farde et la façonne. Quand on trouverait des mémoires qui démontreraient jusqu'à l'évidence que Tacite a débité des impostures, Agricola et Tibère resteraient ce que Tacite les a fait.»
C'est valable pour un personnage comme pour une institution ...
Vie de Rancé/ Oeuvres/ F. de Chateaubriand.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 septembre 2009 à 23:59
"Pourriez-vous nous donner des illustrations concrètes relatives à des atteintes aux libertés commises en France par les communistes ?" (GL)
Eh bien, par exemple, le fait, pour un syndicat communiste, la CGT, de voler plusieurs milliers de fusils à la Manufacture d'armes et cycles de Saint-Etienne, à l'occasion de sa faillite ; de les stocker en prévision d'une révolution communiste dans une cache d'armes située dans les locaux mêmes des Nouvelles messageries de la presse parisienne, organisation bénéficiant du monopole de distribution de la presse quotidienne en France à l'époque, et où le syndicat en question possède le monopole de l'embauche ; de procéder à une censure de fait du contenu des journaux appuyée par des actions extrêmement violentes et organisées ; de voler des bobines de papier entières pour les envoyer par bateau à Cuba, pour alimenter les journaux de propagande communiste ; de détourner, pendant un demi-siècle, les profits de la presse quotidienne au bénéfice d'une poignée de ses membres surpayés, bloquant la parution des journaux à la moindre contrariété, assurant ainsi la ruine à long terme du journalisme en France, au profit de la propagande communiste via l'école et les fonctionnaires ; de bénéficier d'une telle impunité que ces forfaits (je parle des fusils et du papier) n'ont été découverts que de longues années plus tard ; d'exercer un tel chantage sur l'Etat de droit que, une fois cet arsenal découvert, non seulement rien n'a filtré dans la presse, mais le ministère de la Justice, dûment prévenu par la direction des NMPP, a décidé... de ne rien faire.
Le tout n'ayant été finalement porté à la connaissance du public, au moyen d'un livre, que plusieurs dizaines d'années après les faits.
Entre autres choses. Au hasard. Parmi des milliers de forfaits divers et variés.
Rédigé par : Robert Marchenoir | 19 septembre 2009 à 21:03