Son visage sympathique est trompeur : on sent que l'apocalypse à venir, dont il nous rebat les oreilles depuis la dernière élection présidentielle, l'emplit de joie car elle le place sur le devant de la scène politique et médiatique et offre le grand mérite de nous faire peur. Chez Nicolas Hulot, il y a quelque chose qui relève de l'écologiste fouettard.
D'abord, on le voit trop, on l'entend trop, il occupe trop de place dans les quotidiens et les magazines (Le Monde, Le Figaro Magazine, Le Parisien, Le Nouvel Obs, Le Journal du Dimanche, Metro). La saturation ne me guette pas, je l'éprouve dans son intensité surabondante. Je quitte Paris, Nicolas Hulot ne me quitte pas. Je reviens, j'allume la radio, sa voix sur France Inter m'annonce des catastrophes. Je lui suggère une cure d'effacement et de silence. Il me semble qu'on a compris son message, qu'il fasse trembler ou non.
Surprenant comme dans notre pays on constate, à intervalles réguliers, l'apparition de "Savonarole du pauvre". On a eu Alain Finkielkraut, dans sa période de légitime vitupération sociétale et éducative. Courtisé par les médias, il en profitait pour diffuser avec lucidité une aigreur démocratique. Maintenant, Nicolas Hulot a pris la suite. Il ne se contente pas de l'état intellectuel et moral de la France, il prend en charge la planète et sur un ton chaleureusement comminatoire nous enjoint de respirer avec mauvaise conscience. Il ne supporte plus de nous deviner bêtement heureux, malgré tout. Pour l'homme ordinaire, la félicité se conquiert contre les malheurs du monde. Pour Hulot, ces derniers, qui sont nombreux et bouleversants, doivent entrer dans notre cuisine. Il est hors de question de se mettre à l'abri même de ce sur quoi on n'a nulle prise. Il faut boire l'écologie jusqu'à la lie. L'hallali résonne sans cesse dans nos oreilles. Savonarole au petit pied et au verbe assuré, il délivre des sermons et, à l'écouter religieusement, on s'étonne qu'une part de l'humanité n'ait pas déjà décidé de se supprimer ou choisi de revenir aux temps confortables et écologiquement purs de l'âge de pierre. Ces vocations de prêcheur pourraient être drôles, elles finissent par être lassantes. Le pire adviendra un jour, c'est sûr, mais la décence ne serait-elle pas de nous en épargner à chaque seconde de notre existence le récit fantasmé ? Le clergé laïque ne m'a jamais enthousiasmé.
Sur le fond, qui peut réellement soutenir que derrière la musique crépusculaire il a parfaitement saisi la portée des paroles ? Effet de serre et réchauffement climatique, développement durable, taxe carbone (un président de la République qui le prend au tragique vaut largement une infinité de citoyens qui au bord du gouffre continue à se divertir), désertification, surpopulation, combien de thèmes ressassés aujourd'hui qui au mieux constituent un vague et lancinant accompagnement dans notre quotidien, au pire un insupportable bruit de désastre qui à la longue nous émeut moins qu'il ne nous fait rire, bizarrement ! Le tocsin qui sonne en permanence a en effet comme conséquence perverse de créer, au sein de la société, une indifférence mais nerveuse, agitée, sans qu'on puisse espérer l'ombre d'une véritable prise de conscience. Cette manière qui n'est pas loin d'un processus totalitaire, comme le souligne Daniel Cohn-Bendit dans Marianne, au lieu de nous entraîner doucement vers les pays désirés, nous en écarte. L'injonction, pour être républicaine, n'est tout de même pas le meilleur moyen pour mobiliser. On fuit, alors, plus qu'on n'adhère.
Pas seulement parce qu'à la longue nous serons tous morts, selon la formule célèbre de Keynes.
Aussi, et c'est plus sérieux, en raison du fait qu'à tort ou à raison l'écologie, passion extrême, semble moins prioritaire pour le commun des citoyens que les drames lourds, immédiatement tangibles, destructeurs sur-le-champ, que l'univers secrète pour son plus grand malheur : guerres, famines et indignités politiques. L'obsession environnementale est devenue un culte pour les uns et une formidable opportunité pour les autres, notamment les politiques : elle cumule le mythe de l'avenir radieux parce qu'appauvri avec les méfaits d'une crise qui, elle, ne se laisse pas aisément maîtriser. Elle panse aujourd'hui avec demain, l'ensemble demeurant assez flou pour n'imposer rien de déterminant.
Enfin, puis-je, sans légitimité particulière, suggérer à Nicolas Hulot de changer de ton pour nous donner envie d'accomplir de petits pas vers un mode de vie plus sain, plus économe ? Je n'irais jamais faire de mon quotidien une sorte de pensum domestique où le moindre élan devrait être aboli parce qu'à tout instant le poids du destin mondial pèserait sur mes épaules. Mais il y a une marge. Il y a, j'en suis persuadé, une écologie pour honnêtes gens. Pourquoi Hulot n'aurait-il pas l'habileté et la sagesse de ces médecins non spécialisés dans la diététique qui, pourtant, vous convainquent bien mieux de la nécessité d'un régime acceptable que les diététiciens les plus rigides qui vous en dégoûtent ? Il est clair qu'on n'a pas envie d'un avenir encore plus sombre avec le remède qu'avec le mal. Un peu d'humanité ne nuirait pas.
Je déteste ces bonnes idées qui se dégradent en idéologie. Premier conseil : que Nicolas Hulot nous laisse un peu vivre et rabâche moins !
@ Alexandre,
Le problème c'est que les facteurs se conjuguent pour aboutir à une situation alarmante, pour ne pas dire catastrophique.
Dites-moi, cher ami, des "paroles verbales", vous ne trouvez pas le pléonasme un peu osé ?
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 mai 2010 à 19:05
@ Laurent
On ne peut pas savoir. Certaines carpes pullulent dans les ports les plus sales.
Toutes ces batailles d'experts me fatiguent. Tout le monde constate que notre empreinte sur l'environnement atteint des proportions dangereuses, tâchons de la réduire.
Tout le reste est inutile et malfaisant.
Mieux que des paroles verbales, envoyons les sceptiques nettoyer les plages mazoutées.
J'ai vu les eaux libanaises après les attaques israéliennes sur leur centrale thermique n fois détruite et reconstruite. C'était vraiment immonde.
Rédigé par : Alex paulista | 20 mai 2010 à 15:12
@Aïssa,
Les animaux d'aujourd'hui meurent de plus en plus avec des cancers, dus à la nourriture ???
J'ai perdu plusieurs animaux du fait de cette maladie !
L'Homme aime détruire... ce, de tout temps !
voir sur mon prénom le lien qui conduit aux magnifiques peintures d'Alfredo Rodriguez !
et voyez ceux après :
http://terresacree.org/concentr.htm
http://terresacree.org/etaplane.htm
Rédigé par : Marie@Aïssa | 20 mai 2010 à 10:26
Mon cher Aïssa,
Il y a quelque chose que, peut-être, vous ne concevez pas ; c'est qu'il ne s'agit plus de savoir désormais quelle sera l'espérance de vie de l'humanité, mais si l'humanité a encore un avenir. Vous savez certainement que les poissons pourraient disparaître d'ici une quarantaine d'années si une modification de notre système délirant de prédation n'est pas mise en place. Ne vous focalisez donc pas sur l'espérance de vie du troupeau de vieillards bedonnants que nous sommes ; cela ne veut strictement rien dire.
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 mai 2010 à 23:52
Cher Aïssa, le recours à quelques exemples précis n'empêche pas de réfléchir. A moins d'être soi-même un ordinateur ambulant... Je dirais même que, paradoxalement, moins on a la tête encombrée de faits, plus notre esprit se trouve pour ainsi dire à son aise (sourire).
Rédigé par : Laurent Dingli | 14 mai 2010 à 18:10
Cher Alexandre, elle ne tient pas, votre hypothèse pour la raison évidente (je suis très étonné que celle-ci ne vous soit pas venue à l'esprit) que les animaux sont des êtres vivants et qu'en tant que tels ils sont soumis aux mêmes pollutions naturelles que nous... Un exemple: nous les mangeons, oui, mais que mangent-ils, eux ?
Cher Laurent, c'est votre réflexion qui est intéressante... Wikipédia et tous les dictionnaires, on s'en fiche. Cherchez en vous... Enfin, si vous le voulez... (sourire).
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 14 mai 2010 à 15:23
@Laurent Dingli | 14 mai 2010 à 09:48
"Ceci dit, l'impact de l'alimentation sur la santé est depuis longtemps prouvé."
Il a même été récemment prouvé que l'alimentation pouvait être à l'origine de nombre de fausses couches. Or donc, évitons de changer de régime alimentaire sans rime ni raison et surtout au p'tit bonheur la chance dans les premiers mois de la grossesse, ce qui implique je pense d'éviter de voyager, car qui dit voyage, dit forcément autre mode d'alimentation!
Rédigé par : Catherine JACOB@Laurent Dingli | 14 mai 2010 à 12:54
Alex paulista,
L'alimentation est fondamentale, mais elle n'est pas plus importante que la pollution. Vous pouvez mangez tous les fruits et légumes que vous voudrez, si vous manipulez de l'amiante, des pesticides ou respirez à longueur de journée du dioxyde de carbone, vos efforts alimentaires renforceront peut-être vos défenses, mais elles ne vous immuniseront pas pour autant contre de telles agressions.
Ceci dit, l'impact de l'alimentation sur la santé est depuis longtemps prouvé.
PS : Je crois que le calcium a plus de conséquences sur la taille que la consommation de viande. Je ne suis pas biologiste, mais pour le monde vivant en général, l'adaptation au milieu n'est-il pas le critère principal de la croissance ? Il me semble que les plus grands animaux terrestres de la préhistoire étaient végétariens. Allez, cher viandard, arrêtez de défendre votre amour du beefsteack par des moyens détournés (je plaisante !)
Rédigé par : Laurent Dingli | 14 mai 2010 à 10:14
Aïssa, on peut mesurer l'évolution d'une maladie sur une période beaucoup plus courte, ce qui est assez éloquent. Il en va de même pour l'apparition de pathologies nouvelles qui ne sont pas forcément liées au vieillissement de la population dans les pays riches.
Pour l'Alzheimer, il faut en effet rester prudent puisque je lis, entre autres, dans Wiki (eh oui ! chère Preud'homme !) :
"Alors que l'hygiène de vie joue un rôle avéré dans le risque d'apparition et de progression de la maladie, diverses études épidémiologiques et toxicologiques ont aussi mis en exergue des facteurs de risques environnementaux tels que la présence de métaux comme l'aluminium dans l'environnement, tout particulièrement sous forme hydrique (Henri Pézerat, André Picot et l'étude Paquid menée par l'Inserm dans 75 communes françaises[3]). Évoquant le doute, les autorités sanitaires et politiques (conférence de presse du ministère de la Santé, 14 octobre 1998) n'ont pas encore décidé de réduire les normes applicables aux taux d'aluminium dans l'eau de consommation. De même, ont été soulevés le problème de l'exposition à des solvants ou aux champs électromagnétiques ou encore le contact avec les métaux lourds (notamment le mercure des amalgames dentaires). Mais, à l'heure actuelle, la communauté médico-scientifique ne s'accorde pas sur l'interprétation des résultats de recherche".
Pour le reste, Jean-Marie Pelt précisait dans une communication en 2007 :
"Si la charge chimique de l'environnement n'est probablement pas la cause unique des pathologies aujourd'hui en pleine expansion, telles que la bronchiolite, l'asthme, les allergies, la stérilité masculine, les malformations néonatales chez les garçons et naturellement les cancers, il n'en reste pas moins que la rapide montée en puissance de ces pathologies doit être évaluée en songeant qu'entre 1930 et 2004, la production mondiale de substance chimiques, la plupart non testées avant leur mise sur le marché, est passée d'un million de tonnes à 400 millions de tonnes. Parmi ces nouvelles pathologies, le cas du cancer mérite réflexion. Passant de 125 000 à 150 000 décès entre 1980 et 2000, le nombre de cancers nouveaux décelés passait de son côté, durant le même laps de temps, de 170 000 à 278 000, une progression massive et rapide d'autant plus inquiétante que les progrès de la médecine permettent désormais de guérir près d'un cancer sur deux (...)
"Parmi ces molécules, les pesticides font déjà l'objet d'une expertise scientifique approfondie avant leur utilisation. Pourtant on sait aujourd'hui que les effets nuisibles consécutifs à leur usage se multiplient. La plupart d'entre eux sont des perturbateurs endocriniens mimant les effets des hormones femelles, les œstrogènes. La lente imprégnation de tous les milieux, l'eau, les sols, se poursuit depuis plus d'un demi-siècle et contamine les organismes animaux entraînant leur féminisation. Celle-ci a été observée chez de très nombreuses espèces animales, notamment aux Etats-Unis (...).
"http://www.asmp.fr/travaux/communications/2007/pelt.htm
Rédigé par : Laurent Dingli | 14 mai 2010 à 09:48
Cher Aïssa
Si vous avez des animaux vous savez que le premier des médicaments est l'alimentation. Je crois que plus on avance plus on est confronté à des gens qui ont été bien alimentés une grande partie de leur vie.
En comparaison, la pollution a un effet secondaire.
J'ai appris en visitant des châteaux que la moyenne de taille des nobles au Moyen Age était comparable à celle de nos contemporains et bien supérieure à celle des simples soldats (1m55) à cause de leur régime riche en viandes.
Ce qui participait à leur prestige de demi-dieux au combat, surtout qu'ils montaient des chevaux de grande taille également.
Je crois que l'on sait cela par la taille des armures retrouvées...
En excès, ce régime carné pouvait aussi provoquer la goutte ou l'obésité, comme pour Louis XVI le Roi Fauteuil.
Mais c'était toujours mieux que de manger seulement du pain.
D'où la poule au pot comme outil de santé publique.
D'avance pardon aux historiens de mélanger autant les époques, mais pour faire court je crois que l'alimentation et les conditions de vie (chauffage) jouent plus que les soins ou la pollution.
Rédigé par : Alex paulista | 14 mai 2010 à 04:41
Quant à l'augmentation (contemporaine) des cas de maladie d'Alzheimer, Parkinson et autres démences neurodégénératives que vous évoquez, Laurent, elle entre directement en contradiction avec que vous avez plus globalement soulevé quelques lignes plus haut … En effet, Aloïs Alzheimer, James Parkinson, Jean-Martin Charcot, etc., étaient, comme vous l'avez souligné en vous référant aux progrès de la médecine durant le XIXème siècle, des personnages de ce siècle. Qu'ils aient découvert et décrit ces maladies ne signifient naturellement pas qu'elles n'existaient pas avant eux, vous serez d'accord avec moi … De fait, on ne pourra conclure d'aucune comparaison de ces prévalences entre notre époque (aujourd'hui) et les époques antérieures à l'existence de ces savants puisque précisément, n'ayant alors aucune idée de ce que sont ces maladies, ces périodes antérieures ne sauraient fournir quelconque matière à comparaison. On peut raisonnablement penser qu'antérieurement au début du XIXème siècle, toutes ces maladies spécifiques ainsi que nombreuses autres étaient sommairement rassemblées médicalement sous les vocables vagues «fou» ou «débile» ou autres de la sorte … De même par exemple une maladie autre que mentale et/ou neurologique: l'Hépatite C. On a découvert ce virus fin des années 1980, début 1990. Auparavant il n'était pas censé exister puisqu'on l'ignorait absolument. Cela n'induit pas que ces 600 000 cas officiellement diagnostiqués aujourd'hui en France seraient supérieurs à un quelconque nombre antérieur à la découverte de cette pathologie et même iraient augmentant en rapport à celui-ci … Il y a peut-être (fort probablement même) toujours eu des Hépatite C en nombre égal à 600 000; il y en a eu peut-être toujours plus et la tendance irait naturellement déclinante; on ne sait … Ce n'est pas simple, en vérité. Ma question originelle pourrait se formuler autrement. Ainsi généralisant, écartant de notre questionnement tous les Fontenelle d'hier et les nourrissons mourant de mort subite aujourd'hui encore ainsi qu'écartant également la donnée «environnement social» (à ce sujet d'ailleurs, hier n'était pas meilleur qu'aujourd'hui): Entre un individu du XVIIIème ou XVIIème voire XVème siècle et un individu du XXIème siècle, tous deux ne tombant durant leur vie aucunement malade, ne voyant aucun médecin jamais, ne tâtant d'aucune médecine, il est incontestable que notre contemporain vit en meilleure forme et plus longtemps que les précédents. Il y a bel et bien une mutation physiologique dont la conséquence est un allongement de la vie (la vie en bonne santé ou relativement en bonne santé). Pourtant, l'environnement naturel est X fois plus pollué et pourri que celui d'hier … Elle est ici cette contradiction qui semble pour le moment insoluble.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 13 mai 2010 à 20:37
Mon cher Aïssa, ce sont des questions bien passionnantes que vous posez là. Je n’ai pas la prétention de pouvoir y répondre, mais seulement de vous soumettre quelques pistes de réflexion. Tout d’abord, vous savez que la démographie des sociétés anciennes (ou sous-développées aujourd’hui), est caractérisée par l’importance de la mortalité infantile, catastrophique jusqu’à un an voire deux ans. Si l’enfant franchissait ce cap fatidique, alors il avait une chance sérieuse de connaître une longévité relative. Relative car les progrès immenses enregistrés par la médecine au XIXème et au XXème siècle, avec une extraordinaire accélération depuis une soixantaine d’années, ont considérablement modifié la situation. Si l’on était en effet bien plus rapidement « usé » au XVIIème et XVIIIème siècle à la quarantaine qu’on ne l’est aujourd’hui à la soixantaine, il n’était pas si rare cependant d’observer quelques vénérables (comme le centenaire Fontenelle ou ce bon croqueur d’Huguenots de Louis Dieudonné). Il faut donc toujours conserver à l’esprit cet impact de la mortalité infantile. J’en viens donc au fond de votre question. Pourquoi la pollution et les multiples atteintes à l’environnement n’ont-elles pas plus de conséquences (du moins visibles) sur notre santé et surtout sur notre espérance de vie. Premier point, les progrès immenses de la médecine que j’évoquais compensent en grande partie les atteintes « environnementales » dont vous parlez. Mais, il faut pourtant considérer deux points : d’une part la profonde inégalité qui existe entre les êtres humains suivant qu'ils sont riches ou pauvres, que leur métier les expose ou non à certaines pollutions (l’agriculteur avec les pesticides, l’ouvrier et l’amiante) ou géographique (les habitants du sous-continents indien qui désossent nos poubelles flottantes, les Africains, les Asiatiques qui recyclent nos produits dangereux, les Nigérians qui subissent les conséquences mortelles de la récolte d’uranium pour notre consommation nationale etc, etc). D’une manière générale, un habitant d’une mégapole surpeuplée comme Mexico, Le Caire ou Mumbaï, souffrira évidemment davantage de la pollution atmosphérique et sera plus facilement touché par certains cancers qu’un habitant des campagnes ou même d‘une grande ville française, allemande, italienne ou anglaise.
Deuxième point, si l’augmentation de l’espérance de vie est un fait acquis grâce aux progrès de la médecine moderne, il n’en va pas toujours de même de la « qualité » de la vie. Sans pouvoir être catégorique, on soupçonne que l’augmentation des cas d’Alzheimer par exemple, maladie qui fait des ravages dans nos sociétés développées, soit liée à des facteurs environnementaux (omniprésence des produits chimiques de synthèse). Si encore, dans les pays riches, nous ne souffrons plus ou exceptionnellement de la tuberculose ou du choléra, d’autres maladies, comme certains cancers, paraissent en nette progression.
Il ne faut surtout pas oublier que la révolution chimique de l’après-guerre est encore trop récente (soixante ans) pour que nous puissions en mesurer pleinement tous les effets sur la santé humaine (nos parents et grands-parents nés avant 1950 ne sont pas concernés) bien qu’il y ait déjà une multitude d’études (notamment sur la baisse de fertilité masculine, les modifications hormonales liées à la composition de certains plastiques, la présence de métaux lourds dans les organismes vivants), etc. Vous avez d’autant plus raison, mon cher Aïssa, de soulever cette question cruciale, qu’elle sert d’éternel argument aux écolo-sceptiques pour nier quasiment tous les problèmes environnementaux. "Ben, on n’a jamais vécu aussi vieux, alors toutes ces histoires d’écolo sont des fadaises ! répètent-ils en substance, sans considérer, entre autres, non seulement les facteurs que je viens d’énumérer, mais aussi le fait majeur que l’homme est dépendant de la biodiversité qui lui permet de se soigner et de se nourrir.
(Ps : je n'ai pas besoin de préciser que ce ne sont là que les hypothèses et les réflexions d'un non spécialiste)
Rédigé par : Laurent Dingli @ Aïssa | 10 mai 2010 à 10:52
Le Grenelle de l'environnement ne comprend pas que la taxe carbone. M. Hulot fait la chochotte, un caprice d'enfant gâté, voilà la démonstration qu'au moindre obstacle, il est un velléitaire en qui on ne peut avoir confiance. Lui qui pollue sans compter, je ne l'ai pas entendu défendre la taxe carbone. En résumé lui et ses collègues écologistes ne sont que de sales types qui ont décidé de détruire notre société. Ce sont les nouveaux communistes sectaires de l'anti France.
Rédigé par : baillon | 30 mars 2010 à 12:50
Merci, mon cher Ludovic, pour votre attention qui me va sincèrement droit au coeur.
Rédigé par : Laurent Dingli | 27 mars 2010 à 20:02
Cher Laurent,
Je sais bien que vous avez raison, permettez-moi de vous offrir cette magnifique chanson en forme de mise en garde de l'Humanité (pas le journal) :
"On portera nos regrets
Si nous survivons peut-être
Le souvenir dévasté
De notre ancienne planète
On emportera nos remords
De ce temps où l'on savait
Si honteux d'avoir eu tort
D'oublier que l'on pouvait
J'ai rêvé la douceur de certains soirs
J'ai rêvé surtout qu'il n'était pas trop tard
Espéré que l'on pouvait changer
J'ai rêvé d'être encore avant Le jour d'après
Devant notre indifférence
A l'essence de la terre
Quand la nature se venge
Il n'est plus temps des prières
On peut détourner nos têtes
S'enfermer dans nos armures
Se noyer de vin de fête
Et puis foncer dans le mur
J'ai rêvé la douceur de certains soirs
J'ai rêvé surtout qu'il n'était pas trop tard
Espéré encore de pouvoir tout changer
J'ai rêvé d'être encore avant Le jour d'après
Il est temps
Nous sommes encore hier
Juste l'instant d'avant
On peut encore tout faire
Désormais cet absurde ballet
Et que ne vienne jamais
Jamais Le jour d'après."
Bien à vous.
Rédigé par : Ludovic@Laurent Dingli | 27 mars 2010 à 17:11
De rien, Valérie. J'ai appris l'autre jour que la chaîne Casino avait décidé de bannir l'huile de palme de ses étalages : il y a aussi parfois de très bonnes nouvelles. Et cela prouve que l'information, même diffusée par des casse-pieds comme moi, peut parfois porter ses fruits. Si Casino a pris cette décision importante, c'est qu'il sent une demande plus respectueuse de l'environnement (et de la santé) de la part de ses clients, et c'est parce que ces derniers ont été sensibilisés (bassinés ?) par des écolos militants comme Yann Arthus-Bertrand, et d'autres gens que certains passent leur temps à dénigrer.
Rédigé par : Laurent Dingli | 27 mars 2010 à 10:46
Rédigé par Monsieur Laurent Dingli le 26 mars 2010 à 19:48
Merci de votre reponse.
A vous lire sur un autre sujet.
Rédigé par : Valerie | 27 mars 2010 à 09:55
N’ayant pas eu le temps d’achever ma réponse tout à l’heure, j’ajoute ceci :
1. Se préoccuper de la dernière extinction massive des espèces - celle que nous vivons actuellement - n’est pas le fruit de la sensiblerie ou d’une idéalisation de la nature, de même que le fait de s’en désintéresser n’est pas forcément le fruit de la bêtise (mais tout est discutable).
2. Il ne s’agit pas d’interdire la charcuterie pour reprendre votre énième ironie, mais d’arrêter le système délirant dans lequel nous sommes engagés. Je crois que vous vivez dans un pays qui s’est tristement illustré en matière de farines animales et d’encéphalopathie spongiforme bovine. Je ne vous ferai donc pas un dessin. Il ne s’agit pas non plus de tuer un cochon dans sa chaumière, une fois l’an, comme dans le bon vieux temps, mais de stopper l’industrialisation et la réification sans limite du vivant. Je vous signale qu’en Bretagne seulement, il y a aujourd’hui plus de porcs que d’habitants et que l‘on parle encore d‘augmenter la « productivité ». Si vous ne faites pas la différence entre un animal vivant en liberté dans une ferme ou dans les champs et des millions d’animaux entassés dans des cages exiguës, nous ne parlons pas en effet la même langue.
3. Et non, ni mes ancêtres, ni sans doute les vôtres ne respectaient particulièrement la nature. Les aborigènes d’Australie ont ravagé leur milieu naturel, bien avant l’arrivée des Anglais qui, il est vrai, ont largement accéléré le processus ; les Indiens de Palenque ont détruit leur environnement jusqu’au point de ruiner leur civilisation, tous les Européens ont fait de même. C’est vous qui idéalisez ce que vous ne connaissez pas.
4. Merci de m’apprendre que l’être humain souffre. Quel scoop ! Je vais vite noter ça dans mes tablettes.
5. Merci aussi d’avoir eu la charité de daigner répondre à mon commentaire, qui, sans cela, n’aurait attiré l’attention de personne, comme vous l’avez rappelé avec modestie !!!! Sans vous offenser, je vous assure que je n’ai pas besoin de votre aide (ni de vos sarcasmes) pour débattre de ce sujet, et tant pis si l’on n’y réagit pas. Sous couvert d’humour, vous vous prenez un peu trop au sérieux, ma chère.
6. Vous dites avoir « grandement conscience qu’il faut respecter la Nature », mais avouez en même temps n’être pas passionnée par l’environnement. Si vous étiez si « grandement » consciente, vous comprendriez alors que l’élevage intensif est la première cause de pollution au monde. Réveillez-vous donc, il ne s’agit plus d’écorcher un lapin ou de plumer une oie comme dans votre ferme natale. Bienvenue au XXIème siècle, Valérie…
Rédigé par : Laurent Dingli | 26 mars 2010 à 19:48
@ Savonarole,
Je ne suis pas fâché. Merci aussi d'avoir lu mon article sur les chiens du Caire. Je suis d'accord avec vous sur la relativité du regard que l'on peut porter. Mais vous avez noté justement que j'évoque cette question, celle de la misère. Certaines études montrent qu'il y a souvent un lien entre la violence exercée contre les animaux et celle dont l'être humain est victime. Je crois sincèrement à cette unité dans le respect. Pour répondre à Valérie dans la foulée, je sais bien que le monde naturel ignore la pitié, je l'ai écrit après tant d'autres, notamment Théodore Monod, qui citait lui-même son père... Vous voyez une vieille histoire. Et cela n'a pas empêché le biologiste d'être un défenseur de la cause animale. Elle était une part intégrante de son humanisme. Et lui aussi, comme tous les gens que j'aime, les Gary, les Schweitzer, ces hommes qui avaient connu la guerre et la souffrance, éprouvaient pourtant des émotions de midinette pour Dame nature, comme vous dites si brillamment.
Rédigé par : Laurent Dingli | 26 mars 2010 à 18:42
Rédigé par Monsieur Laurent Dingli @ Valérie le 26 mars 2010 à 09:58
“On peut rire de tout, Valérie, même d’un désastre, même de la souffrance, mais certains ont tendance à ne faire que cela. Pour le reste, si vous ne comprenez pas que faire des jeux de mots sur un nom de famille, comme à l’école maternelle, n’est pas très courtois pour la personne visée, je ne saurais vous l’expliquer autrement. Mais si cela vous détend, c’est l’essentiel...”
Je ne me reconnais guere dans le debut de ce tableau que vous brossez de moi mais, reconnaissez que s’il faut faire les choses serieusement, il ne faut pas etre trop serieux...la vie passera et nous avec... quoique l’on fasse !
Alors, je prends du recul et comme je suis devenue trop “self-conscious” ; je me visualise malheureusement dans trop de situations et meme si elles ne me sont pas trop favorables, j’ai pris le parti d’en rire.
Je trouve que vous faites bien "un pataques" de cette plaisanterie enfantine sur votre nom ; avez-vous fait l’armee ? Il s’agit, pour ce que j’en comprends, d’une blague virile qui permet d’etablir un contact...rien de plus a mon avis.
Connaissez vous les Dinky Toys, il s’agissait de petites voitures en metal vraisemblablement onereuses et donc reserves aux petit garcons gates. Ce sont des jouets de collection et c’est plutot flatteur d’etre compare a eux, leur cote aujourd’hui est devenue astronomique.
“...Je suis heureux pour vous que vous ayez la faculté de vous amuser, notamment du fait qu’un animal passe sa vie dans une cage étroite avant de finir électrocuté, gazé ou assommé pour sa fourrure...”
C’est une etonnante image de moi que vous voulez donner aux autres lecteurs/lectrices !
J’ai assiste a l’abattage d’un cochon en 1973 ou 1974 et c’est vrai qu’il hurlait et sentait sa fin arriver mais que suggerez-vous donc ? La fin de la charcuterie ?
J’ai vu tuer des lapins et ensuite leur depecage, j’ai plume des poulets...en deux mots, j’ai vecu a la campagne tout simplement et c’est la vie...belle ou moche...rien de plus, rien de moins. C’est une vie qui ne m’interesse pas c’est tout !
Je n’avais aucune intention de continuer ce debat sur l’ecologie ; un sujet qui ne me passionne pas personnellement. A toutes fins utiles, je vous rappelle que Dame Nature qui vous emeut comme le serait une midinette, est d’une infinite cruaute ; pour ne prendre qu’un exemple, quoi de plus naturel que la maladie ou la fin de vie lorsque l’on est arrive a son terme...et pourtant quelle douleur infinie cela engendre pour l’etre humain.
Aussi, je vous precise dans le meme temps que seul(e) l’homme (la femme, l’enfant) peut se projeter dans son avenir et ressasser son passé. Il me semble aussi que la seule chose qui ne vieillisse pas chez lui ou elle soit son psychisme (je demande confirmation aux lecteurs(lectrices) specialistes du sujet) et ainsi son chagrin est sans limites.
Oui, je l'affirme haut et clair, pour moi, l'etre humain est au-dessus de tout meme si ce n'est pas facile tous les jours.
Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ; a savoir que j’ai grandement conscience qu’il faut respecter la Nature mais je vous signale que nos ancetres en avaient pris conscience bien avant nous qui savaient vivre en harmonie avec elle mais sans la sanctifier outre mesure.
“...J’aurais pu aussi m’amuser et faire de la « provoc » sur les enfants nés sous x...”
Pourquoi le feriez-vous si c’est un sujet qui ne vous concerne pas ?
A moins que...cherchez bien au sein de votre famille ; les cas sont beaucoup plus repandus qu’il n’y paraissent et extremement verrouilles en France.
“...quand vous avez expose votre détresse à ce sujet (enfin, il me semble, vous me corrigerez si ce ne fut pas le cas)...”
Non, ce n’est pas mon cas, je fus reconnue et ensuite abandonnee sous “le secret le plus absolu” ; cela afin de ne pas amputer mes chances d’etre adoptee. Je ferai mon "coming-out" en temps utile lorsqu'il y aura prescription...
Pour vous convaincre du prix a payer d’une telle opportunite de vie, merci de vous referer au cas de Pascale Odievre aupres de la Cour Europeenne... et surtout une pensee pour elle que je ne connais pas mais dont j’admire le courage et la tenacite.
“...Mais je crois que cela aurait manqué un peu de panache, ne trouvez-vous pas ?...”
Sachez qu’un certain humoriste dont j’ai oublie le nom ne s’en est pas prive... j’ai bien ri lorsqu’il a mentionne que les tueurs en serie ont souvent pour nom de famille un second prenom qui signe souvent un abandon sous X...meme ancien et toujours marquant pour la descendance...
Oui en France, le debat est tellement musele sur ce sujet que la Presse ne relate pas l’origine non certifiee de certains criminels (ce type dans l’Est de la France, ne sous X et qui a ecrase volontairement une jeune fille, cette autre jeune fille a Rouen, il me semble, qui a tue de je-ne-sais-combien de coups de couteau sa meilleure amie) ...pourquoi donc ce silence ? Faisons face a la realite meme si elle est desobligeante et cela sans proces a la clef.
Sur ce, je vais lire ce qui peut encore se dire sur ce qu’ “un charmant petit lemurien” a declenche sous la ferule d’un cadichon de misere...
Un excellent week-end a tous/toutes.
Rédigé par : Valerie | 26 mars 2010 à 16:51
@Laurent Dingli
Allons Laurent, ne vous fâchez pas, je plaisantais.
Je vous connais mieux aujourd'hui, car j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article sur l'extermination des chiens errants au Caire.
J'ai vécu trois ans dans cette ville, entre 1969 et 72, et déjà à l'époque ces méthodes barbares existaient.
Mais à l'époque je les approuvais car les hôpitaux étaient remplis de gamins et vieillards (proies faciles) mordus et infectés par ces chiens.
Ce qui tend à prouver que le degré d'indignation varie en fonction du côté de la barrière ou l'on se trouve...
Rédigé par : Savonarole | 26 mars 2010 à 14:29
On peut rire de tout, Valérie, même d’un désastre, même de la souffrance, mais certains ont tendance à ne faire que cela. Pour le reste, si vous ne comprenez pas que faire des jeux de mots sur un nom de famille, comme à l’école maternelle, n’est pas très courtois pour la personne visée, je ne saurais vous l’expliquer autrement. Mais si cela vous détend, c’est l’essentiel.
Au fond, vous avez raison, le gâchis épouvantable auquel j’assiste, notamment la disparition des espèces végétales et animales, ne me fait pas rire ; il me rend très triste et me met en colère. Je suis heureux pour vous que vous ayez la faculté de vous amuser, notamment du fait qu’un animal passe sa vie dans une cage étroite avant de finir électrocuté, gazé ou assommé pour sa fourrure. En ce qui me concerne, c’est au-delà de mes forces. Je ne me sens pas pour autant ni meilleur ni pire que vous. J’aurais pu aussi m’amuser et faire de la « provoc » sur les enfants nés sous x, quand vous avez exposé votre détresse à ce sujet (enfin, il me semble, vous me corrigerez si ce ne fut pas le cas). Mais je crois que cela aurait manqué un peu de panache, ne trouvez-vous pas ? Heureux les rieurs et les détendus car le monde d’ici bas leur appartient…
Rédigé par : Laurent Dingli @ Valérie | 26 mars 2010 à 09:58
Rédigé par Monsieur Laurent Dingli le 23 mars 2010 à 17:50
Bon, vous mordez vite a l'hamecon aussi !
Alors, la tentation pour moi a ete trop forte et je n'ai pu m'empecher de jouer la provocation pour susciter une reaction previsible.
Dans le meme temps et volontairement aussi, j'ai quand meme permis de faire remonter votre commentaire auquel personne ne semblait reagir. Ainsi, peut-etre, "le schmilblick" qui vous tient tant a coeur avancera.
L'ironie que j'ai apportee ne me semble pas deplacee puisque c est un sujet sur lequel on peut encore rire (pour combien de temps encore ?) et l'atmosphere n'en devient que plus respirable !
"La pitrerie" de Monsieur Savonarole n'a, selon moi, rien de choquant a votre egard et me fait rire.
Detendez-vous afin de ne pas faire fuir les lecteurs (les lectrices) qui ne sont pas necessairement commentateurs (commentatrices) sur cet espace.
Quant a moi, etant donne que le sujet sur ce "Monsieur Menate" ne me passionne guere... je serai une fois de plus ce soir fidele a France 2 et regarderai "Contes et nouvelles du XIXe siècle".
Rédigé par : Valerie | 24 mars 2010 à 15:59
Savonarole,
Vous êtes un petit mal élevé anonyme qui, faute d'arguments, donne de surcroît dans la pitrerie.
Rédigé par : Laurent Dingli | 24 mars 2010 à 09:40
@ Dingli Toys
Il y a "Alice au Pays des Merveilles" qui vient de sortir.
Tim Burton, voilà le penseur qu'il vous faut.
Rédigé par : Savonarole | 24 mars 2010 à 06:35