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Voici les sites qui parlent de Les profs doivent-ils obéir ? :

Commentaires

Marie @ JPLedun

« pourquoi, avant la demande présidentielle, ne parlait-on pas dans toutes les chaumières de cette histoire de France qui nous appartient à tous ? » écrivez-vous monsieur JPLedun.

Sans doute tout bêtement, monsieur Ledun, sous forme d’une lapalissade, parce que les questions n'ont reçu aucune réponse ? Parce que dans les familles françaises on ne « devait » pas en parler ? Ou parce qu’il y avait un manque de curiosité et que les enfants d’anciens lorsqu’ils s’y intéressèrent, si toutefois ce fut le cas, leurs parents étaient partis ? Un manque d’intérêt envers la vie, la jeunesse des parents peut-être tout bonnement ?…. Une autre génération.
Et puis c’était « la drôle de guerre ». Après la guerre certains n’avaient sans doute pas envie d’expliquer : quinze jours de combat : la défaite, la retraite, les prisonniers, l’exode, l’occupation, la collaboration…

Les poilus de 14 ne parlaient pas de leur guerre. Sauf entre eux ! Du moins très peu, en dehors des écrivains…


La lettre de Guy Môquet, thème de ce billet, couvre une des périodes particulièrement tragiques de notre Histoire et qui n’est pas le reflet d’une époque glorieuse pour bien des français. Beaucoup furent prisonniers, puis volontaires ou enrôlés au STO… Certains n’ont pas résisté…
Période où il y eut beaucoup de délations, de dénonciations, de trahisons… de collaboration qui touchèrent toutes les classes sociales. Même celles dites supérieures.
C’était aussi le régime.
Cette période a permis l’assouvissement de vengeances, d’envie, de convoitise, de règlements de compte, de spoliations, d’humiliations…. La jalousie envers un(e) rival(e), un statut, un niveau de vie, un réfractaire au STO, un communiste, un étranger, un « juif camouflé» qui exerçait une activité interdite, un marché noir, un mariage indésirable……
Des parents dénonçaient leurs enfants, les enfants leurs parents !
Période noire !

Au début de la guerre, les allemands réquisitionnèrent les fusils, les voitures… mon grand-père fut dénoncé par ses voisins parce qu’il en possédait un… tout comme fut réquisitionné son logement….

Il est vrai qu’il y aurait eu bien des faits à collecter…
Tous les récits auraient-ils été réels ou avec quelques arrangements ?
Et nous-mêmes qu’aurions-nous fait si nous avions vécu cette période ? Surtout lorsque l’on connaît tout particulièrement l’issue de cette guerre.

A la libération, le nouveau pouvoir obligea les Alsaciens à remplir des formulaires détaillant leurs activités entre 1940 et 1945 que tous les habitants pouvaient consulter et compléter, porte ouverte là encore à la délation et à la dénonciation qui étaient considérés comme un acte citoyen.

Alors la lettre de Guy Môquet demeure l’hommage à « une jeunesse » résistante, d’un parti pas très clair, alors qu’il y en eut tellement d’autres, de tous âges !

Puisque c'est la résistance que l'on veut souligner, je me demande si la « chanson de la résistance » ne seraient pas plus appropriée ?

Complainte du Partisan
http://www.dailymotion.com/video/xn8x7_complainte-des-partisans_creation

Paroles : Emmanuel d’Astier de la Vigerie dit " Bernard ".
musique : Anna Marly.
Ecrit à Londres en 1943.

Les Allemands étaient chez moi
On m’a dit résigne toi
Mais je n’ai pas pu
J’ai repris mon arme.
J’ai changé cent fois de nom
J’ai perdu femme et enfants
Mais j’ai tant d’amis
J’ai la France entière
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
Les Allemands l’ont pris
Il est mort sans surprise.

Personne ne m’a demandé
D’où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage.
Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières.
Le vent souffle sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera
Nous rentrerons dans l’ombre.

Léonard Cohen


(Pour ceux qui écouteront Léonard Cohen les paroles sont placées telles qu'elles sont chantées.)


Maintenant peut-être qu'un historien de ce blog a une version à faire partager ! Plus logique.

jpledun@Marie

"L'Histoire de France appartient à tous et non comme outil de propagande à un parti. “

Je suis bien d'accord avec vous.
Je me pose tout de même la question : pourquoi, avant la demande présidentielle, ne parlait-on pas dans toutes les chaumières de cette histoire de France qui nous appartient à tous ?

Si cette lettre n'avait servi qu'à nous réveiller, ce serait déjà beaucoup.

J.A

@ Marie
Très intéressant votre commentaire écrit avec passion : à méditer !

Marie

Avertissement, mon commentaire est fort long, désolée pour les lecteurs pressés, pardon par avance, mieux vaut pour eux passer !

La lettre de Guy Môquet.
A mon humble avis, cet écrit doit rester dans le libre choix de l’enseignant.

Le candidat NS : « Ceux qui ont osé dire que je n’avais pas le droit de citer Guy Môquet parce que je n’étais pas de gauche, je veux dire que je demeure stupéfait de tant de sectarisme. Guy Môquet appartient à l’histoire de France et l’histoire de France appartient à tous les Français. » (Discours du 18 mars 2007)

En 2008, le ministère EN évoquait la liberté pédagogique des enseignants pour marquer cette journée.

Il y a utilisation de l’Histoire comme une propagande à l’usage de l’Etat.

Tout d’abord, à l’occasion de la lecture de la lettre de Guy Môquet est-il prévu de rappeler l’attitude du Parti communiste de l’époque, sa collaboration, son antisémitisme, à savoir :
Le PCF fut antisémite, traître à la Patrie, valet du totalitarisme soviétique, et, en 1940, de l’occupant nazi.

« Des négociations furent engagées par le Parti communiste français, dès le 18 juin 1940, avec les autorités allemandes d’occupation le lieutenant Weber de la Kommandantur par Denise Ginollin, militante, (puis député communiste), arrêtée deux jours plus tard par la police française en même temps que Maurice Tréand.
Sur celle-ci fut trouvé un carnet de notes dans lequel figurait l’argumentaire pour la négociation entre Maurice Tréand, responsable PCF, et Otto Abetz, représentant de Von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères allemand, visant la reparution de l’Humanité et la légalisation du PCF.
Quelques citations :
« Vous avez laissé paraître journaux communistes dans d’autres pays : Danemark, Norvège, Belgique. Sommes venus normalement demander autorisation…
Sommes communistes, avons appliqué ligne PC. Sous Daladier, Reynaud, juif Mandel. Juif Mandel nous a emprisonnés et [a] fusillé des ouvriers qui sabotaient Défense Nationale…
Pas cédé face dictature juif Mandel et du défenseur des intérêts capitalistes anglais Reynaud… Notre défense du pacte (germano-soviétique) vous a avantagé. Pour l’URSS nous avons bien travaillé, par conséquent par ricochet pour vous. »

Ce texte antisémite (archivé) avoue que le PCF sabota les usines d’armement, en 1939-1940. Cette démarche auprès des Allemands était souhaitée par Jacques Duclos, chef du parti en France, et Maurice Thorez, réfugié à Moscou, qui envoya à Duclos ce télégramme, daté du 22 juin 1940, cosigné par Georgi Dimitrov, secrétaire général de l’ITC (Internationale des travailleurs communistes) : « Utilisez moindre possibilité favorable pour faire sortir journaux syndicaux locaux, éventuellement l’Humanité […] ».

Juin 1940 la négociation secrète
Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier

S’il s’agit uniquement d’évoquer les valeurs d’une jeunesse énergiquement tournée vers le sacrifice patriotique. La guerre de 1914 a révélé des foultitudes d’exemples de valeureux patriotes qui ont eux aussi sacrifié leur vie pour la France.
Nous aurions alors pu lire pour exemple un extrait du livre de Blaise Cendrars : « J’ai tué »

« Mille millions d'individus m'ont consacré toute leur activité d'un jour, leur force, leur talent, leur science, leur intelligence, leurs habitudes, leurs sentiments, leur cœur. Et voilà qu'aujourd'hui j'ai le couteau à la main. L'eustache de Bonnot. "Vive l'humanité!" Je palpe une froide vérité sommée d'une lame tranchante. J'ai raison. Mon jeune passé sportif saura suffire. Me voici les nerfs tendus, les muscles bandés, prêt à bondir dans la réalité. J'ai bravé la torpille, le canon, les mines, le feu, les gaz, les mitrailleuses, toute la machinerie anonyme, démoniaque, systématique, aveugle. Je vais braver l'homme. Mon semblable. Un singe. Œil pour œil, dent pour dent. À nous deux maintenant. À coups de poing, à coups de couteau. Sans merci, je saute sur mon antagoniste. Je lui porte un coup terrible. La tête est presque décollée. J'ai tué le Boche. J'étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J'ai frappé le premier. J'ai le sens de la réalité, moi, poète. J'ai agi. J'ai tué. Comme celui qui veut vivre. »

Pas assez pathos…. Trop violent, peut-être !
Et...... il n'est pas mort à la guerre !

En réalité, à travers la lettre de GM, il a détournement de personne historique, instauration d’une mémoire officielle qui opère par amalgame en gommant tout effet de contexte ou de divergences politiques avec en partie une visée électoraliste.

Dans la France de la fin du XIXème siècle, l’école fut investie comme l’un des lieux stratégiques d’intégration nationale. L’histoire scolaire s’est posée comme un outil de fabrication et de légitimation de ce sentiment national. Nicolas Sarkozy ne cache pas aujourd’hui son admiration pour l’école de Jules Ferry : « Nous ne referons pas l’école de la IIIème République à l’heure d’internet, de la télévision ou du portable. Mais nous pouvons, nous devons en retrouver l’esprit. » (Discours du 23 février 2007 à Perpignan).


L’« affaire » de la lettre de Guy Môquet prend tout son sens.
La lecture d’une même lettre de résistant témoigne d’une forme de parrainage du récit historique scolaire dont il ne faut pas sous-estimer la portée idéologique. Lue hors programme, et quel que soit le niveau de classe, cette lettre est déconnectée de son contexte et servira de véhicule à des valeurs données comme universelles, mais totalitaristes. Elle ne devient qu’un contenu au service de la transmission d’une idéologie d’État : le message adressé aux adolescents pourrait se réduire à des qualités morales : « Qu’il étudie bien [Guy Môquet parle de son petit frère] pour être un homme » ; « Petit papa, j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée » ; « Ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose (…) Vive la France »…
Le travail, la famille, la patrie… triste rappel….

Activer le pathos est un procédé démagogique (pédagogique) efficace, la lettre de Guy Môquet permet à Nicolas Sarkozy de policer la jeunesse lycéenne et la mobiliser autour de la vision sacrificielle de la nation et de l’identité nationale qui chosifie l’usage de l’Histoire.

Des enseignants préfèrent de loin utiliser la lettre de Manoukian. Louis Aragon, poète engagé, écrit en 1955 : « Strophes pour se souvenir », poème extrait du Roman Inachevé, en mémoire du groupe Manouchian, résistants étrangers fusillés par la Gestapo en 1944. L'annonce de leur condamnation avait été faite par le biais d'une affiche reproduisant leurs photographies, et qui est restée sous le nom de l'Affiche rouge. Mais ce sont des étrangers ! La mort a-t-elle des frontières ?


Strophes pour se souvenir


Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

Louis Aragon, Le Roman Inachevé
Chanté par Jean Ferrat et Léo Ferré.


L'Histoire de France appartient à tous et non comme outil de propagande à un parti !

Marie

« Nous ne sommes à l'abri de rien. Des fonctionnaires tristement passifs, un Etat omniprésent et impérieux, demain, pour de mauvaises causes : le totalitarisme serait à craindre. »

Il y a plusieurs décennies un ministre du nom de Haby avait réformé la méthode de lecture d’alors par celle de « Paul et Valérie » qui s’est avérée catastrophique pour certains enfants du primaire qui la subirent. Résultat une incapacité à lire correctement et une orthographe désastreuse, puis des parents qui se tournèrent toujours et encore vers la traditionnelle méthode « Boscher » !

Le totalitarisme !

Les journalistes critiquent la politique, les polémiques du moment et hop, il est question de créer un « Ordre des Journalistes » afin de mieux museler et diriger l’information ! Cette hypothèse me ramène aux livres de Karl Kraus : « Derniers Jours de l’humanité » et « Troisième nuit de Walpurgis », deux ouvrages majeurs publiés récemment.

Extrait d’un article de Alain Accardo
Le Monde diplomatique, août 2005


« Ces ouvrages, élaborés quasiment à chaud, dans un esprit militant, l’un dans le contexte de la Première Guerre mondiale, pour stigmatiser la guerre et le bellicisme, l’autre dans le contexte de la montée du nazisme en Allemagne et en Autriche, pour en dénoncer la folie criminelle, conservent néanmoins une réelle actualité et ont encore quelque chose d’important à dire aux Français, et plus largement aux Européens, de ce début de XXIe siècle célébré à l’envi comme une ère de paix, de prospérité et de liberté pour tous.
Justement, une démarche dont on pourrait dire qu’elle est d’inspiration krausienne consisterait à dénoncer le règne du faux-semblant généralisé dans lequel la France et les autres puissances occidentales, sont installées. Contrairement aux apparences, ce monde « développé » moderne, ne connaît ni la paix, ni la prospérité, ni la liberté pour tous, sinon en trompe-l’œil comme privilèges de minorités dominantes, masquant une réalité fondamentalement faite de violence, d’inégalité et d’oppression. La barbarie moderne n’a pas diminué, mais elle a appris à se farder davantage.
On fera remarquer que cette dénonciation est déjà, de façon de plus en plus explicite, à la base du refus que beaucoup de gens opposent au système établi. Il n’est pas douteux, en effet, que des personnalités, voire des petits groupes militants, font preuve d’une lucidité, d’une rigueur de pensée et d’un courage intellectuel et moral qui pourraient être qualifiés de krausiens, même si ces qualités ne s’accompagnent pas nécessairement d’un égal talent de satiriste. Mais l’existence d’un courant de critique radicale ne saurait faire oublier la persistance massive de ce qui constituait la cible centrale de Kraus et qu’il désignait globalement du terme de « bêtise ». Pratiquement tous les ingrédients de l’effarante stupidité qu’il stigmatisait sans relâche dans sa revue Die Fackel et dans ses livres, sont toujours agissants dans le monde actuel, et souvent même se sont renforcés.

Kraus ne s’attaque pas à une idée métaphysique de la bêtise, mais à ses manifestations et incarnations concrètes dans la société de son temps. En démontant ses multiples formes environnantes, il en dégage des aspects essentiels, parfaitement reconnaissables à notre époque encore, dont le trait commun est l’incapacité d’analyser rationnellement la réalité et d’en tirer les conséquences. L’hitlérisme par exemple est pour Kraus un fatras d’insanités idéologiques et de mensonges éhontés qui ne saurait résister à un examen de la saine raison. Mais ce qui rend ce délire irrésistible, dans l’Allemagne des années 1930, c’est que les nazis sont passés maîtres dans l’art de soumettre l’intellect aux affects, de rationaliser des émotions viscérales, de « faire passer la bêtise, qui a remplacé la raison, pour de la raison, de transformer l’impair en effet, bref dans ce que l’on appelait autrefois : abrutir ». Comme le commente de son côté Bouveresse, (dans sa préface) cette entreprise de « crétinisation caractérisée » a pour résultat de faire « perdre tout sens de la réalité, aussi bien naturelle que morale » aux individus soumis en permanence au pilonnage de la propagande.
C’est très exactement l’état dans lequel la propagande d’aujourd’hui, développée, systématisée et euphémisée (dixit dans le texte) sous les espèces de la « communication » et de l’« information », tend à mettre les populations, au bénéfice des grands exacteurs de l’ordre établi. L’honnêteté oblige à dire qu’aujourd’hui comme hier, et peut-être plus encore, le processus d’abrutissement par l’évacuation de la réflexion critique, par le martèlement des slogans exaltant le vécu immédiat, le pulsionnel et le fusionnel, par la réduction du langage au boniment publicitaire et par l’appauvrissement intellectuel qui l’accompagne, a pénétré profondément l’ensemble de la culture et de la vie sociale et provoqué de terribles dégâts. Lorsque le discours public ne sert plus qu’à masquer le vide de la pensée, à proférer avec aplomb des arguments spécieux ou controuvés, à habiller d’une apparence de bon sens le déni de toute logique rationnelle, à rendre admirables et honorables des actes ou des idées ignobles et méprisables, lorsque parler et écrire ne sont plus, pour beaucoup, que des moyens, non pas de chercher vérité et justice, mais de séduire et de mentir aux autres comme à soi-même, bref quand le langage n’est plus que le véhicule d’une manipulation démagogique et un instrument de domination parmi d’autres, mis au service des puissants par des doxosophes de tout acabit, alors c’est une tâche primordiale, pour ceux qui savent encore ce que parler veut dire et refusent de s’en laisser conter, de mettre méthodiquement en lumière, comme faisait Kraus, le fonctionnement de la machine à abêtir.

Si Kraus pourfendait impitoyablement la bêtise sous toutes ses formes, ce n’était pas tant la bêtise puérile et honnête, si l’on peut dire, celle des esprits simplets, que celle des intelligents, la bêtise chic et distinguée, instruite et éloquente, spécialement chez ceux des intellectuels qui utilisent la culture et le raisonnement à rendre acceptable, par eux-mêmes et par les autres, la démission intéressée de l’entendement en face de certaines situations réelles. Ainsi, pour n’en donner qu’un exemple particulièrement significatif, Kraus fustigeait-il « ces hommes de main qui font dans la transcendance et proposent dans les universités et les revues de faire de la philosophie allemande une école préparatoire aux idées de Hitler ». Parmi eux, il s’en prenait particulièrement à Heidegger, dont les nazis avaient fait un recteur de l’université et qui « alignait ses fumeuses idées bleues sur les brunes » en appelant ses étudiants au culte du Führer et au « service militaire de l’esprit ». Sans aucun égard pour la réputation de philosophe éminent que s’était acquise Heidegger, Kraus décoche ce trait, qui n’est pas chez lui simple banderille : « J’ai toujours su qu’un savetier de Bohême est plus proche du sens de la vie qu’un penseur néo-allemand. »
Plus généralement Kraus excelle à mettre le nez dans leur incohérence à tous les faiseurs de démonstrations qui s’ingénient à bricoler des prémisses rationnellement acceptables pour justifier des conclusions dictées d’avance par des croyances affectives et des intérêts partisans, tels que les préjugés racistes ou nationalistes, ou, davantage encore, à tourner en dérision ceux qui, abdiquant toute exigence intellectuelle, se félicitent de faire partie des gens qui, comme l’écrivait un éditorialiste, « ont appris, comme nous, à renoncer à tout degré dans l’ordre de l’intellect pour non seulement vénérer un tel Führer mais l’aimer tout simplement ».

Alain Accardo
Le Monde diplomatique, août 2005


Quant à la lettre de GM, demain peut-être.
Je m'arrête là pour ce soir.

Bonne nuit à tous.

jpledun@ Ludovic ?

La vie est très belle M. Ludovic (?)

Je rentre d'une très belle soirée. Le cirque de mes débuts est dans la ville. La direction a eu la gentillesse de m'inviter. Ce soir c'était la première. Chapiteau bondé, bonne ambiance, des rires et de l'étonnement toutes les deux minutes. Standing ovation.

Alors oui, nos petites polémiques virtuelles me semblent bien dérisoires comparées á la réalité de ces 1.800 personnes mélangées, contentes d'être là, curieuses et étonnées.

Vraiment la vie ici sur ce blog et la vie dans la vie, cela n'a rien á voir.
Devinez ce que je préfère des deux ?

"All you need is laugh"

C'est le titre du spectacle...

jpledun@ C.

J'ajoute, M. C., que je ne suis pas ici pour dispenser mes leçons en politique mais simplement vous soumettre MON opinion.
Vous m'avez posé une question j'y réponds. Si vous ne supportez pas la réponse, ne me posez pas de question svp.

Puisque vous ignorez la moitié de mon post, je vous le soumets une seconde fois.

BUZZ :

200 journalistes accrédités pour "faire une image" sur l'élection du président de l'Epad. Combien d'entre eux nous ont tenu informés sur l'Epad ? Combien d'entre eux ont développé ? Combien d'entre eux ont investigué ?
Buzz : mort de rire sur France 2 ce midi, où la journaliste russe nous avoue être venue pour rien, que son reportage ne servira á rien, puisque le dauphin qui craint les requins, a, la veille, brillamment expliqué aux Français pourquoi il se retirait...

C'est ce que j'appelle être mal informé.
Alors qui croire ?

jpledun@ C.

Laissez le soin á PB de décider de publier ou non un post hors sujet.

Décidément vous vous comportez comme un vrai petit "dictateur" en herbe.
"Faites ceci, faites cela, expliquez-NOUS, JPL au poteau" (Totalitaire, quoi)

Dernier essai :

Ce n'est pas le canular qui est important Monsieur C., ce qui compte, c'est nous. Nous tous capable de croire á celui-ci.
Sur cette base, moi je prétends que nous sommes, en général, très mal informés.

Que vous trouviez cela suffisant de ma part, je n'en ai rien á cirer. Ce n'est d'ailleurs pas le but du jeu.
Si je devais dénigrer comme vous le faites, en plus dans l'anonymat total, chaque commentateur qui ne me plaît pas, je passerais mes nuits à taper sur mon clavier...

"All you need is laugh“

(Cherchez pas á comprendre)

Duval Uzan

Rebonjour,

Cette coïncidence de l'affaire Jean Sarkozy et Guy Môquet, hasard ou nécessité ?
En tout cas le Président n'est pas superstitieux.

Ha ! Le Destin !
Ali soutek ali soutek bel rena...
Moi je dis à Jean :
Laisse tomber ces tours et va faire du vélo au bois de Boulogne.
Il ne faut pas toujours penser à son papa chéri.
Je n'aime pas cette lettre.
Si j'étais enseignante je me serais laissée virer plutôt que de la lire.
Elle a un parfum de kamikaze.
Je préfère : "Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie...
Jean Jean vis !

Alex paulista

Pour répondre à la question titre de Philippe Bilger : mieux, il pourraient montrer comment la liberté peut aussi naître de la contrainte...
La désobéissance pure, les élèves l'ont déjà assimilée.

oursivi

Cruel rime avec Axel, cher Ludo. D'ailleurs, j'ose ici la question, va-t-il enfin s'inscrire en seconde année de droit ?

Pas notre ex détenu en Sarkozy (quoique le soyons un peu tous, mais soyons honnête, si c'est un pays médiocre, ce n'est en rien le bagne, PB a glissé sur sa métaphore totally out of mind), notre privé de magistrature, l'O2, non non, pas lui, je veux parler du brillant filleul de la toujours délicieuse Mme Balkany.

Quant aux gardiens de prison, vu le boulot qu'ils se coltinent, si sont bien des gens à épargner, ils en sont... c'est pas du côté des conseils d'administration pénitentiaires qu'on fait ses choux gras. Tous ces types auxquels ils n'ont pas trop intérêt à tourner le dos, brrr... qu'il y fait froid.

AO

Christian C

jpledun, vous me voyez ravi de vous amuser. Ayant renoncé à trouver une définition de ce que pourraient être des propos "totalitaristes", je vous dispense néanmoins de chercher à m'éclairer.Je crains le pire.
Je ne vous demandais pas, par ailleurs,une définition du buzz, mais de nous expliquer vos propos obscurs relatifs à la "presse MONDIALE", je vous cite :
« Vu l'état de la presse MONDIALE avec leurs buzz, bugs, fausses infos et coups publicitaires á répétition, cela fait vraiment trembler. »
Vos allusions à un canular publicitaire américain ont peu à voir avec le sujet du billet de Philippe Bilger.
Vos leçons politiques dispensées hors de propos sont bien à l’image de votre idole : suffisantes, mais pas nécessaires.

Ludovic

@J.P. Ledun,

C'est de bonne guerre, je vous ai attaqué le premier, mais vous êtes un peu rancunier.
Rassurez-vous pour vos enfants, mon établissement n'est pas en Autriche.
"Va, je ne te hais point" Corneille, Le Cid.

mike

@ Catherine Jacob
Parquet ou moquette ?
La classe s'amuse !

Ludovic

@Oursivi,

"Je sais de quoi je parle puisque j'ai donné ma démission en 1989 au Ministère de la Justice pour aller dans le privé."

Rédigé par: fanfan O2 | 23 octobre 2009 à 11:47

Qu'y étiez-vous ? Détenu ? Ce ne sont plus des moulins ce sont des courants d'air"

Vous êtes cruel cher Axel, moi je penchais pour gardien de prison, vu le niveau des arguments de l'impétrant ce n'était pas magistrat en tout cas. Sans mépris de ma part pour les gardiens de prison dont le métier n'est certainement pas une sinécure.

Bernard-27400

L’Humanité du 13 juillet 1940 :

"Les conversations amicales se multiplient entre travailleurs parisiens et soldats allemands : nous en sommes heureux. Apprenons à nous connaître, et quand on dit aux soldats allemands que les députés communistes ont été jetés en prison et qu'en 1923, les communistes se dressèrent contre l'occupation de la Ruhr, on travaille pour la fraternité franco-allemande"

Ce texte a été soutenu par la famille Môquet puisque le père de Guy était député et presque toute sa famille au parti communiste.
Quant à Guy Môquet lui même, a-t-il été fusillé comme otage résistant ou comme communiste ? Nous sommes le 22 octobre 1941 et l'Allemagne et l'URSS sont en guerre depuis le 22 juin 1941. Il y a comme une antinomie entre l'Humanité du 13 juin 1940 et la lecture de la lettre de Guy Môquet. Si le Président tenait à la lecture d'une lettre écrite par un adolescent avant son exécution, et hélas Guy Môquet ne fut pas le seul, il aurait été préférable que cette lettre soit sur le fond plus neutre politiquement.

Guzet

Dans un éditorial du journal gratuit Directsoir, Michèle Cotta reprend à son compte, sans la moindre nuance ni la moindre réserve, l'imposture de Guy Môquet héros de la Résistance. Pourtant, Michèle Cotta n'est pas n'importe qui, elle a la culture historique d'une autre époque, que n'ont plus les contemporains du Président de la République, elle a été aussi l'auteur d'un travail universitaire sur la période de l'Occupation... et pourtant, elle participe à l'imposture et contribue à la diffuser dans un média populaire ! Pourquoi ?

oursivi

Concernant les conseils d'admin, si y sont parfois des gens intelligents (pas de la seule intelligence d'avoir su arriver là), ceux-là sont aussi le cadre d'extravagants cadeaux (je sais ne rien vous apprendre sauf à notre glorieux libéralo-avancé JPL), telle cette histoire narrée par une amie polyglotte y ayant accompagné un de ces "fils à" et paradoxalement ami (...?) et même l'y aida lors d'un conseil où le vieux et inabouti vieux jeune homme n'avait pied*, la réunion se tenant dans la langue de Shakespeare là où il ne maîtrisait que celle de Guy Lux. On ne rit pas, c'est aussi là que nos destins se font, que les grands groupes et la société qu'ils entendent modeler à leur avantage, se "modernisent".

AO

* malgré ses 6-8, je ne sais plus, mille euros de jetons de présence

Alex paulista

Cher fanfan O2

Vous écrivez
"Les profs et tous les autres fonctionnaires ont signé un contrat avec leur employeur qui est en l'occurrence l'Etat et s'ils ne sont pas d'accord ils démissionnent (ce serait comme ça dans le privé n'est-ce-pas !)."

Non, ce n'est pas comme ça dans le privé. Un exemple typique : si vous êtes responsable local d'une multinationale française à fort savoir-faire, vous aurez de grosses pressions de la holding pour exporter le profit vers des pays moins taxés (de plus en France les syndicats ne la ramènent que lorsque la boîte fait du bénéfice). Ou pour exporter le savoir-faire en formant des collègues des unités étrangères.
Cela est en toute rigueur illégal (c'est piller le capital social), mais improuvable car il faut être expert pour évaluer le juste prix de transfert entre deux unités d'un produit non fini.
Eh bien, dans ce cas, dans le privé aussi, les patrons qui ont un peu de c...ourage refusent les ordres et disent à ces grands gestionnaires : ok, si vous voulez faire ça il faudra me virer.
Comme les patrons au niveau de la holding ont trop peur d'assumer de détruire l'organisation d'une boîte qui marche, en général ils font marche arrière.
Les syndicats n'y comprennent rien et attaquent de plus belle le patron qui les protège en gardant le bénéfice au niveau local.

Voilà, c'était juste un exemple. Le privé et le public ont besoin, de manière identique, de personnel avec un peu de courage et de principes.

oursivi

"Frédéric Mitterrand trouvera certainement quelqu'un pour réaliser une sculpture du jeune communiste éphèbe héroïque"
Rédigé par: david | 22 octobre 2009 à 19:56

Et 'Fred' nous fera même l'économie de son entretien, il viendra la polir lui-même.
Le premier qui dit que celle-là sera traitée
"aux petits oignons" gagne une tournée de plumes goudronnées.

Cela dit ce même neveu est à mes yeux tout à fait compétent pour le job confié, il a la culture le bagage le parcours qui va, quelques écarts aux "bonnes moeurs" (tant qu'ils sont dans les limites précisées par mes précédents envois) qu'il ait faits. Il n'a rien d'un parachuté, lui. Il a lui oeuvré avant de pouvoir parler des oeuvres des autres.
Les propos de beaucoup incluant la fille de Jacques Delors les enfants Giscard ou Mitterrand, propos ouïs même chez l'intéressant Zemmour, sont d'une rare impertinence - pas au bon sens de railleur de notabilité - mentionnant des gens qui ont tous fait leurs preuves théoriques avant qu'on ne leur confie du pratique, tous complétant des parcours d'études complets, confiant leur écrits bientôt jugés à des copies au nom masqué d'un pli, comme vous et moi.
Même les enfants Dassault (X) ou Largardère (DEA Dauphine) ont appris à se mesurer à des manants de condisciples et cette règle est en général vérifiée avec peu de contre exemples (Bouygues a étrangement confié son groupe au plus cancre de ses fils).

Là, avec JS partout, nous avons une belle illustration de ce milieu où il ne s'agit pas de savoir maîtriser - encore moins élargir-approfondir - un contenu
transcendant (c'est-à-dire existant en dehors de la comédie humaine), mais où seul diriger ceux qui ont eu l'humilité d'apprendre comme tous les autres hommes estimables, compte. Savoir s'exprimer, au sens de contrôler la bonne inflexion sociale et hiérarchique qu'auront ses mots, l'avantage managerial immédiat qu'il permettront, savoir faire oublier ses lacunes sous des tonnes d'autorité inventée, sous un sérieux inentamable, tel est le fonctionnement de tels hommes.

Me revient la scène où en chasse aux votants dans les rues de Neuilly, il les hypnotisait d'un simple, "NOUS avons rendez-vous dimanche" avec le regard atroce de circonstance, avec ce côté "en l'instant il n'y a que vous et moi" que n'osent même plus les marchands d'aspirateur, ensemble de techniques qui ferait presque passer un fantoche comme Séguéla pour un penseur.

Nous en sommes là.

AO

jpledun@Christian C.

@Monsieur Christian C.(?)

Vos propos totalitaristes m’amusent.

"Je tenais surtout à vous rassurer, jpledun. Même si vous le demandiez, nous resterions, je crois, assez nombreux à ne pas partager votre opinion. Et puis quoi encore ? "

Puisque je vous demande de tout mon être de ne pas partager mon opinion ! Et puis, dans l’anonymat, contentez-vous de parler pour vous.

Qu’est-ce qu’un buzz ?

International : je ne reviens pas sur cette histoire de ballon dirigeable avec soi-disant un enfant á son bord, qui a fini par être un coup publicitaire organisé par le papa (ha, ha). Et tout le monde d’être pendu au poste pour voir ça. Et tout le monde d’y croire. Information reprise en boucle par tous (BMF TV comprise)

National :

200 journalistes accrédités pour "faire une image" sur l'élection du président de l'Epad. Combien d'entre eux nous ont tenu informés sur l'Epad ? Combien d'entre eux ont développé ? Combien d'entre eux ont investigué ?
Buzz : mort de rire sur France 2 ce midi, où la journaliste russe nous avoue être venue pour rien, que son reportage ne servira á rien, puisque le dauphin qui craint les requins a, la veille, brillamment expliqué aux Français pourquoi il se retirait...

Finalement nous avons quand même vu 6 personnes joliment habillées en costume d'époque. Les journalistes ne sont pas venus pour rien...
Ils en ont des ronds les journaux pour payer des frais de déplacement á leurs journalistes.

Allez, bon courage.

Ludovic

@fanfan O2

Les gouvernements passent, les fonctionnaires restent. Sauf les préfets, les D.D.S.P et certains procureurs généraux que l'on limoge pour un oui ou pour un non.

FRUGIER Jean Pierre

Cher ami,

Vous posez en réalité au moins trois problèmes dans l'approche de ce dossier :
- premièrement : cette lettre, et à travers elle son auteur, est-elle un choix judicieux pour montrer ce que fut cette période ô combien difficile de notre histoire ?
- deuxièmement : l'Etat peut-il imposer à ses professeurs une lecture comme celle-ci ?
- troisièmement : l'indépendance des professeurs face au pouvoir politique ?

J'aurai pu ajouter le rôle et la légitimité des conseillers de la présidence et des cabinets ministériels... bref le débat est large et probablement très polémique. Chacun y répond selon sa sensibilité, sa nature et son état....

Je laisse à chacun le soin d'apporter sa réponse. Pour ce qui me concerne je pense qu'il eut été sans doute préférable que le président et ou ses conseillers se fussent abstenus sur ce sujet : dans la situation actuelle imposer quoi que ce soit relève aussi de la maladresse politique voire d'une maladresse de gouvernance.
En effet dès lors qu'on s'aventure sur le terrain de l'éducation, tous les clignotants se mettent à clignoter, à bon ou à mauvais droit d'ailleurs.

Bien cordialement à vous

Jean Pierre FRUGIER

oursivi

"Je sais de quoi je parle puisque j'ai donné ma démission en 1989 au Ministère de la Justice pour aller dans le privé."

Rédigé par: fanfan O2 | 23 octobre 2009 à 11:47

Qu'y étiez-vous ? Détenu ? Ce ne sont plus des moulins ce sont des courants d'air.

AO

Bernard-27400

@fanfan02

L'enseignement a déjà démissionné depuis longtemps.

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