Que se passe-t-il avec Etienne Mougeotte ? Le Figaro n'était-il pas devenu encore assez un "Journal Officiel" pour qu'un éditorial intitulé "La fin de la récré" ait été nécessaire ?
Le premier sentiment est de tristesse. Quand une personnalité intelligente et délicieuse comme celle d'Etienne Mougeotte, dont le passé et les réussites plaident en sa faveur, quoi qu'on pense de leur substance, se croit obligé d'entonner un péan ridicule à la gloire du Pouvoir, c'est un fragment de démocratie qui s'en va.
Tout quotidien qui, même dans le soutien, abandonne la liberté de jugement pour tomber dans la flagornerie, au demeurant contre-productive, fait honte à ses lecteurs et porte atteinte à ce qu'il y a de plus précieux en République, au coeur des médias : leur imprévisibilité. Une "ligne", c'est une plaie. Ce qui a commencé à "tuer" Libération à une certaine époque, ce qui a empêché de lire L'Huma par exemple, c'est leur fastidieuse prévisibilité. Rien n'aurait pu les détourner de la vision qui les habitait et qu'ils s'imaginaient avoir extraite du réel. Ce qui dégrade les magazines culturels comme Télérama, c'est qu'il est facile d'anticiper leur point de vue et même d'écrire leurs articles. Le Monde est un quotidien parfois contestable mais irremplaçable : pourtant, dans ses pages culturelles un vent de très léger snobisme souffle en permanence en même temps que cette idée fausse domine : pour qu'une oeuvre soit bonne, il convient qu'elle soit difficile. L'ennui distingué n'est pas loin de devenir un critère implicite de l'art magistral.
Etienne, Etienne... Comme il nous a déçus avec ce texte où il ne se contentait pas de complaire - malheureusement c'est une tendance du journalisme français- mais prétendait dicter sa loi à ceux qui, au coeur de l'appareil politique, manifestaient quelque réserve, même la plus modeste réticence. Plus du tout journaliste, bien plus que militant, Etienne Mougeotte a mis son alacrité, sa finesse d'analyse, sa dignité de citoyen au service d'une propagande que le Pouvoir ne lui demandait pas à ce point. Par quel mystère quelqu'un peut-il aussi vite abandonner ce qu'il est véritablement ?
Il a commis une grave erreur. La tristesse, devant le déferlement citoyen qui l'a mis en cause, devant la révolte des lecteurs, s'est transformée en heureuse surprise, en allégresse républicaine (Marianne 2). Qui aurait pu prévoir, devant un éditorial aussi navrant qu'il soit, un tel flot de réactions ? D'abord, celles-ci font justice d'un argument ressassé de la part de ceux qui sont toujours prêts à avaliser la réalité, tout simplement parce qu'elle est. Cela me semble l'attitude la pire. Elle s'accompagne - Etienne Mougeotte nous le démontre - d'une volonté de prétendre distinguer à notre place ce qui serait important de ce qui relèverait de l'accessoire, voire du futile. Cette condescendance m'est toujours apparue comme insupportable qui vise à nous donner mauvaise conscience au prétexte que nous attacherions de l'intérêt à des thèmes aussi insignifiants que la morale publique, la pratique de l'Etat et le sentiment d'équité ! Il est désolant de constater que les intelligences les plus vives continuent à tourner en dérision une hiérarchie des valeurs qui vaut largement la leur. En démocratie, rien n'est indifférent, surtout pas les préoccupations que je viens d'évoquer. On peut, en même temps, louer ou dénigrer le fond d'une politique nationale et internationale et, s'il le faut, s'indigner de dérives de l'esprit républicain. On a raison de refuser le choix que d'aucuns voudraient nous obliiger à effectuer.
Le plus extraordinaire dans ces protestations multiples, c'est qu'elles émanent de lecteurs sarkozystes encore fidèles ou déjà déçus. Elles manifestent que l'adhésion ne constitue jamais un bloc pour le citoyen et c'est heureux. Le fait que, dans un même camp, des personnes soient capables de résistance à propos d'exigences fondamentales, représente le plus beau cadeau fait à la démocratie. Bien plus que l'inconditionnalité qui n'est que le reniement de soi au service d'une machine purement politique. Il y a de l'espoir parce que dans beaucoup de têtes, mêmes convaincues en 2007, il y a de l'inacceptable. L'éditorial d'Etienne Mougeotte me fait indirectement crier victoire.
Etienne, Etienne... Je suis sûr qu'Etienne Mougeotte va se ressaisir, et Le Figaro, emblématique quotidien avec lui. On n'a jamais intérêt à s'abriter sous l'aile du Pouvoir : il étouffe plus qu'il ne stimule la créativité des médias.
Je vais oser un paralèlle qu'Etienne Mougeotte va trouver choquant. Pourtant son éditorial et les syndicats de magistrats, dénonçant l'attitude du parquet de Poitiers après les très graves incidents de la semaine dernière sont faits de la même eau trouble, quoique aux antipodes apparemment (nouvelobs.com). C'est l'idéologie qui a pris le pas sur le réel et une forme de fanatisme sur la liberté de l'esprit. Le parquet de Poitiers ne s'est pas laissé "instrumentaliser" : il a accompli sa mission comme il convenait et il n'avait pas besoin des encouragements de Brice Hortefeux pour veiller au grain judiciaire. Rien de pire, pour Etienne Mougeotte, que son envie d'en faire "trop", pour les syndicats, que leur obsession de dénoncer l'irrécusable. L'un et les autres avaient trop bien appris leur leçon.
Etienne, Etienne...Il y a de la nostalgie dans cette invocation.
Rappelons que l'origine du titre était la phrase que Beaumarchais a placée dans la bouche de Figaro :
"Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur".
Mais cette phrase qui a longtemps figuré sur la manchette du journal en a disparu depuis des lustres.
Rédigé par: Tendance | 17 octobre 2009 à 11:13
Étienne, Étienne
Oh ! tiens-le bien
Affolé affolant
Il glisse comme un gant
Pas de limite au goût de l'after beat
Reste allongé je vais te rallumer
Aïe
Étienne... ( Guesh Patti )
Rédigé par: SR | 18 octobre 2009 à 00:13
Pauvre Nicolas.
En ce moment, ses amis lui font bien plus de mal que ses ennemis...
Rédigé par: Alex paulista | 18 octobre 2009 à 01:18
A Philippe, Philippe,
Je ne vous comprends pas. La grande majorité de la presse française se défoule et dit SA vérité (bonjour le contrôle de la presse, fait pas bien son travail le Sarko...) et vous souffrez qu'un journal (1 journal) fasse entendre un autre son de cloche ?
A Philippe, Philippe,
Je ne sais pas comment vous faites pour savoir comment, sur les 89 réactions de blogueurs, (á ce jour et sur l'édito)
il s'agit des lecteurs du Figaro.
Moi j'en ai trouvé Un (Chamberlain) qui se réclame de ce journal. La rumeur ? Encore ?
A Philippe, Philippe,
Quand la majorité ne dit mot, elle est godillot, quand elle donne un autre avis que le gouvernement, cela se traduit par des : "même au sein de la majorité la mesure provoque des remous..." Et l'on nous sort á tous les coups les frustrés villepinistes (Goulard, Tron et compagnie)
A Philippe, Philippe (j’aime bien écrire ce prénom car mon fils aîné a le même)
Sur ce billet-là, vous me faites penser á un député villepiniste, la frustration en moins, la mauvaise foi en plus.
Vous vous faites plaisir et vous avez bien raison. Nous en profitons tous.
Rédigé par: jpledun@PB | 18 octobre 2009 à 02:18
"..Etienne, Etienne... Comme il nous a déçus avec ce texte."
NOUS ? vous parlez au nom de qui si je puis me permettre ?
Juste pour savoir.
Rédigé par: jpledun@PB | 18 octobre 2009 à 02:21
Ah, Philippe, Philippe (J'adore)
"Sarko siffle la fin de la récré"
89 réactions.
Aubry : «Le président nous mène dans le mur»
222 réactions
Allez les lire, vous verrez comment la droite est á genoux, n'a plus confiance en soi et patati et patata...)
Sur le Figaro bien sûr.
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/16/01002-20091016ARTFIG00274-un-president-a-mille-lieues-de-ce-qui-vit-notre-peuple-.php?mode=commentaires
Rédigé par: jpledun@PB | 18 octobre 2009 à 02:36
@ Mike
"...la morale publique, la pratique de l'Etat et le sentiment d'équité..."
Si j'exclus du billet de Philippe son paragraphe sur Poitiers, à mon sens on ne peut plus poussif, vous avez dans ces trois mots pourquoi je pense que l'éditorial d'Etienne Mougeotte est un fleuron de bêtise et d'insignifiances.
Le spectacle de ces responsables UMP avec un éditorialiste à l'identité totalement dissoute s'obstinant à justifier l'indéfendable dit tout de cette Présidence à la dérive.
Je ne suis pas une malade des diplômes ou des titres. Cela, jamais, ne suffit. Mais je suis irréductiblement attachée aux notions d'équité et d'expérience.
Ces cynismes à répétition de la part de ces politiques inexistants sont en train de gâcher ce que je pensais être l'opportunité - l'élection présidentielle de 2007 - pour notre pays à regarder en face ce qui nous plombe depuis si longtemps.
Je pense que la très grande majorité de notre pays était prête et suffisamment mûre, consciente, éclairée, adulte pour enfin se choisir des gouvernants qu'elle souhaitait avant tout fiables et crédibles.
Nous avons raillé les désinvoltures de S. Royal. Ma crainte est que nous ayons élu un même écran de fumée.
Rédigé par: Véronique Raffeneau | 18 octobre 2009 à 08:19
Je suis étonné... que vous soyez étonné...
Voilà bien longtemps que l'indépendance d'esprit d'un certain Etienne Mougeotte a disparu. N'auriez-vous pas suivi son évolution depuis le temps bien lointain où il travaillait à la TV publique ?
Rédigé par: papet croûton | 18 octobre 2009 à 08:57
@ Mike
Et aussi.
Je pense qu'on n'évalue jamais aussi bien un patron qu'à l'aune des pratiques et des comportements de ses subordonnés.
Là, je dois dire que concernant les ministres, les élus ayant à voir avec l'EPAD, les éditorialistes façon Pravda, les porte-parole UMP et élyséens, etc., ça craint terriblement pour ce qu'ils nous apprennent de leur Patron.
Rédigé par: Véronique Raffeneau | 18 octobre 2009 à 09:03
"Qui ose encore parler franchement à Nicolas Sarkozy ?" C'est par cette question, intéressante au demeurant, que commence l'article d'Arnaud Leparmentier, dans "le Monde.fr" du 17 octobre. Alain Juppé, obligé de s'excuser publiquement après son coup de gueule sur la fiscalité locale, puis Rama Yade, contrainte à une attaque en règle de l'AFP après ses propos sur la "coupure" entre les élites et les petits, ont été les victimes les plus récentes de la "réticence active" que semble éprouver notre souverain à l'épreuve des critiques. Etienne Mougeotte, plus soucieux de sa proximité avec Nicolas Sarkozy que de la crédibilité de son journal, a cru devoir aller au devant de ses attentes. Ce qui surprend dans votre billet, cher Philippe Bilger, c'est votre surprise.
Rédigé par: Christian C | 18 octobre 2009 à 09:08
Est-ce réellement une surprise ou une nouveauté que de savoir un quotidien encarté dans tel ou tel parti politique? Pour ma part, non!
Je vais même plus loin, dans la mesure où, sachant tel quotidien à telle tendance, je n'irai pas l'acheter s'il est contraire à mes idées. Non par manque d'esprit d'ouverture, mais tout simplement parce que, avant même d'acheter ce quotidien, je vais savoir ce qu'il y a à l'interieur.
Pour ce qui est de votre critique du journal "Le Monde", qui est encore le moins "apparenté", là encore, vous avez raison; plus c'est compliqué, et mieux c'est. Une devise comme une autre.
La presse n'est de toute façon plus ce qu'elle était.
A quand un journal sans ligne éditorialiste, un journal sans idées préconçues, un journal ni de droite, ni de gauche, qui peut être lu par tous sans avoir besoin d'une boîte d'aspirine après le dernier feuillet qui a été lu avec trois jours de retard, tellement il paraît parfois soporifique !
Rédigé par: christophe | 18 octobre 2009 à 09:38
"Ennui distingué" de l'art magistral. Faut-il y voir une référence implicite aux films de Manuel de Oliveira ?
Rédigé par: bob | 18 octobre 2009 à 10:03
J'ai lu l'article et l'interview de référence :
A propos de
1- «Ce n'est pas mon fils qui est visé, c'est moi».
C'est évident, vu que le jeune ne peut pas encore se nommer lui-même. Ceci étant, parfois, l'intelligence politique d'une famille voudrait que certains de ses membres la mettent en veilleuse et évitent de tenter le diable; ça n'a jamais été une bonne idée de promener en quelque sorte ses fourrures par moins 20 sous le nez de pauvres hères diplômés, même si on ne les a pas volées.
2- "et notre candidat David Douillet a fait 45 % au premier tour dimanche dernier."
David Douillet c'est une telle pointure qu'il aurait même fait gagner cette chère Arlette, les gens votent pour lui à mon avis, avant de voter pour un candidat UMP. Si les partis en lice avaient plus de David Douillet dans leur manche, ils s'en sortiraient mieux où qu'ils se présentent. D'autre part son élection a été bien préparée par ses apparitions populaires chez Patrick Sébastien etc. etc. ses bouquins (Notre grande famille : Histoire d'une tribu recomposée / 110 % : 18 clés pour devenir un champion de la vie etc. etc.) lui les éphèbes, il en fait des conquérants et non des objets sexuels!!
". J'ai en outre demandé à Brice Hortefeux de relancer avec beaucoup d'énergie la lutte contre la délinquance routière. Les assassins de la route seront réprimés avec une grande sévérité. "
La semaine dernière une jeune fille remontait en vélo après l'heure des livraisons une rue piétonne interdite aux vélos, motos et tout type de véhicule, en sens interdit par rapport au sens autorisé jusqu'à 10h du matin pour les livraisons, bouscule au passage une poussette et la maman qui la poussait, gratifie d'un doigt d'honneur mon expression ahurie; à l'entrée de la rue, un fonctionnaire de police en uniforme papotait du haut de sa mobylette avec ce qui semblait un particulier. Lui ayant demandé si sa conversation privée était plus importante que la sécurité des poussettes, il me répond : "Que voulez-vous, c'est comme ça, on n'y peut rien."
Il y a deux jours, j'attends tranquillement à un feu tricolore qu'il devienne vert, quand je vois passer en sens interdit un véhicule qui venait de remonter la rue, s'aperçoit en se trouvant nez à nez avec un véhicule roulant en sens inverse mais qu'un autre feu venait fort heureusement de stopper, qu'il ne roulait pas dans le sens autorisé, s'affole et tente de monter sur le trottoir à l'endroit du passage pour piétons, s'encastre malheureusement pour lui mais fort heureusement pour les piétons dans des plots bien placés, se dégage rageusement, opère un demi-tour sur les chapeaux de roue et s'engage sous le frémissement des tuyas du parc de la résidence du gouverneur militaire, dans une voie conduisant aussi à l'entrée de la A31. Je songe tout à coup que la police contrôle en règle générale les véhicules sous le pont sur lequel le malheureux venait de passer et non pas à l'entrée de la fourche conduisant à gauche vers la sortie de l'autoroute et à droite, vers son entrée. Une suggestion: dans cette idée que mieux vaut prévenir que sanctionner les 'assassins de la route' et pleurer leurs victimes, je pense que la police devrait changer ses habitudes et reculer son poste de contrôle jusqu'à la fourche, quitte à se faire installer une petite cabane en hauteur de façon à éviter de se faire faucher elle-même au passage par les hésitants qui ne savent pas s'ils veulent aller à gauche ou à droite et changent d'avis au dernier moment, et aussi augmenter la taille des panneaux!!
Enfin, hier, une personne munie d'une poussette tricycle en forme d'énorme portion de camembert l'avance dans les jambes des clients d'une grande surface qui faisaient la queue à une caisse, sa roue avant munie d'un pneu digne d'un VTT heurte l'intérieur de ma cheville gauche, j'opère un mouvement de twist qui m'amène à tomber sur ma cheville droite, ma hanche droite ainsi mon coude dont le chute est heureusement amortie car il s'enfonce heureusement dans la viande hachée de mon panier grâce à un monsieur qui a l'intelligence opportune d'accompagner le mouvement et de faire en sorte que ma tête ne heurte pas une gondole. Comme déjà dit, grâce à la petite bouteille de lait distribuée le matin à 10h par une mairie communiste dans l'école de mon enfance, j'ai les os solides et j'en suis quitte pour une cheville foulée et cette remarque sublime de la part de la pousseuse de poussette venue se procurer juste deux produits à l'heure de la plus grande affluence :"C'était à vous à faire attention en reculant." Comme elle ne prend même pas la peine de s'excuser, j'ai pris moi, celle d'alerter la sécurité du magasin sur ses obligations, par ex. Celle d'attirer l'attention des clients entrants et qui sont munis soit de grosses poussettes de forme singulière telle qu'on ne peut s'apercevoir qu'à distance de ce à quoi elles ressemblent et non quand on en a la roue avant entre les jambes, ou encore les petites voitures électriques, de ne pas circuler à toute vitesse entre les gondoles pour éviter de faucher les autres clients et/ou leurs caddies au passage et au détour d'une allée, ils me répondent: "On ne fait que ça, mais les gens s'en foutent!" Si la victime avait été ma mère qui a subi une opération de la hanche, on aurait été assez mal, mais bon, ce n'était fort que moi qui, grâce toutefois à la présence d'esprit d'un autre client; m'en suis tirée avec une cheville foulée soignée avec un peu de niflugel, quelques bleus, un hachis tranformé en pâtée.
D'où je pense que la sécurité, c'est d'abord une affaire d'éducation, de prévention et de responsabilisation des gens, avant d'être une affaire de sévérité!
Rédigé par: Catherine JACOB | 18 octobre 2009 à 10:34
Je viens de lire l'éditorial ; c'est en effet un chef-d'oeuvre de complaisance. Le porte-parole de l'Elysée lui-même n'en aurait sans doute pas eue autant. Et pourtant, si Etienne Mougeotte trahit l'esprit du journalisme et se mue en porte-parole de l'Elysée, il a toutefois un fond de vérité dans ses propos. Je vous l'ai écrit dans "Le président travaille, nous aussi...". Je ne vais donc pas me répéter et encore moins me renier. Car la vérité se situe peut-être entre deux positions extrêmes : celle, d'une part, qui consiste à vouloir faire taire les critiques au prétexte que le président de la République accomplit des choses importantes au plan international ; et, d'autre part, celle qui se limite à la polémique et à des querelles souvent superficielles ; les tenants de cette dernière catégorie brandissent constamment la morale et la vertu républicaine dont ils se croient les seuls détenteurs. Je suis sans doute tombé dans le premier travers, lorsque j'ai réagi à votre article cité plus haut avec un enthousiasme à l'expression naïve en ce qui concernait l'action internationale de Nicolas Sarkozy (je continue toutefois de la croire déterminante et très méritante) ; mais vous êtes tombé dans l'excès inverse, avec beaucoup d'autres, en ne relevant que certains détails qui vous semblaient, parfois à juste titre, ternir la lettre de nos institutions et la sacralité de la fonction présidentielle, tout en ne disant rien des efforts accomplis ou les minimisant systématiquement (excepté dans le domaine de la Justice). Vous ne reconnaissez rien en effet, ou presque, de ce qu'est l'action de Nicolas Sarkozy, ni celle menée lors de la présidence européenne, que ses "adversaires" eux-mêmes ont pourtant reconnue (tels Jean-Claude Junkers), ni ce qui a été accompli en matière d'environnement avec le Grenelle, qui ne suscite de votre part qu'ironie et sarcasmes. Certes, vous n'êtes pas journaliste et ne prétendez pas l'être, mais votre vision est-elle plus objective que celle d'Etienne Mougeotte ? Je n'en suis pas persuadé.
Le syndrome du sauveur ne guette pas seulement Nicolas Hulot et n'a pas seulement trait à l'environnement ; il peut s'appliquer aussi à une multitudes de citoyens, connus ou anonymes, qui au nom d'une vision subjective croient pouvoir indiquer le chemin de la morale et de la vertu républicaines.
Rédigé par: Laurent Dingli | 18 octobre 2009 à 11:07
Bonjour M. Bilger,
Je ne suis guère étonné par l'édito d'Etienne Mougeotte, sa servitude à l'égard du président est encore plus grande que celle des élus UMP.
J'ai en revanche, comme vous, trouvé salutaire la réaction des lecteurs du Figaro, qui se sont indignés sur le site de ce journal.
Non ce n'est pas la fin de la récré, c'est le début d'un sursaut républicain.
Rédigé par: Ludovic | 18 octobre 2009 à 11:50
Chez Taddéï il y a quelques jours, Patrick le Lay …Il commençait d'étaler de nobles considérations sur la culture ... Régis Debray l'interpelle: Mais pourquoi quand vous étiez patron de TF1, tout ça vous l'ignoriez, tout ce que vous nous dites là vous ne le faisiez pas?
-Mais parce que … parce que ... et tutti quanti, le Lay répondait tout le contraire de ce qu'il venait d'affirmer avec un air grave et convaincant une minute auparavant, il arguait des obligations, sic, budgétaires, des conditions commerciales de rentabilité, les actionnaires, sa mission à lui donnée par eux de faire du chiffre, etc. Bref on comprenait clairement que c'est lorsque l'on n'a plus le pouvoir de faire ce que l'on croit et aime au plus secret de soi, quand on avait pourtant ce pouvoir et les moyens de le faire, que l'on peut s'en targuer et en gloser librement, regrettant même et se scandalisant qu'il ne fut pas … Singulier le Lay! jusqu'au bout il aura eu le mot pour rire et prendre tout le monde pour un parfait ramassis d'imbéciles … Debray n'insista pas; il n'y avait pas lieu, tout était dit. Il ne faut pas lui en vouloir au grand monsieur du «temps de cerveau libre», il est pris à sa propre dialectique, sa logique mentale terriblement mortifère; d'avoir toujours baigné dedans, il en est imprégné jusque la moelle et aujourd'hui il peut très bien et ce le plus sincèrement qui soit réussir cet exploit public de dire dans la même phrase une chose et son contraire sans que personne à part le médiologue Debray ne le remarque qui se tait cependant par pitié pour ce que cet homme puissant est devenu, pour ce qu'il a fait de son intelligence … En regardant et écoutant le Lay ce soir-là, c'était la première fois que m'était présenté un milliardaire infiniment minable et désolé, désolant … On aurait dit un clochard les poches pleines qui pleure et regrette les temps heureux de sa bohème ... Je me demandais comment on pouvait vivre comme ça sans avoir envie à chaque instant de se coller une balle dans la tronche pour une somme aussi longue et considérable de reniement de soi … Mougeotte son ex complice ne diffère pas de cet état. Je n'ai pas lu son papier du Figaro; il faut vraiment avoir du temps à perdre et s'ennuyer à mourir pour s'y intéresser … Cependant il y aura encore et toujours plusieurs milliers moins pour le lire (après tout, on lit ce qu'on peut, si le Figaro traîne là et qu'on l'ouvre distraitement à cette page …) que pour s'en laisser convaincre. C'est ainsi que TF1 a prospéré et prospère … C'est ainsi que Mougeotte fait du fric et de l'Opinion sous le bon mot de Beaumarchais; que le Lay a fait du fric et s'étale désormais sur la grande culture, la peinture, la musique, la littérature, la Renaissance même, Léonard de Vinci et tout ce qu'il regrette qu'on ne diffuse pas assez, plus du tout, à la télé ni partout, qui existe encore mais à la marge relégué, en souterrain, clandestin … Que voulez-vous: Mougeotte travaille encore, il n'est pas à la retraite! Quand il cessera d'être utile à ses maîtres, il sautera au cou de ceux qu'il croit sermonner et ridiculiser et les embrassera en leur criant et pleurant de joie: Merci, merci!... C'est ce qu'a failli faire le Lay face à Debray; encore un effort et il s'effondrait… C'est tout le paradoxe qu'en nos démocraties occidentales, il y a de moins en moins d'hommes libres au moment où c'est de leur liberté que celles-ci ont le plus besoin pour se maintenir et progresser intègres et entières! A force d'absence et de renoncement, elles fatiguent, se dénaturent et sombrent en tristes et répugnants avatars parés des apparences d'un mieux quelconque … C'est ce que j'appelle: L'esprit gras.
Aïssa.
Rédigé par: Aïssa Lacheb-Boukachache | 18 octobre 2009 à 13:04
"...Mougeotte, dont le passé et les réussites plaident en sa faveur, quoi qu'on pense de leur substance,"
PB
Elle est raide, celle-là !
Même avec ce "quoique", seul non couac de l'article...
PB, vous avez pris quelque chose ou quoi ?
Avez voulu tester des produits, de ceux que dealent de "vos clients" ?
Vous faites un portrait à décharge, presque d'affection déçue, de ce type qui fut un des plus sinistres des plus cyniques des plus brutaux manipulateurs médiatiques, un de ceux qui auront fomenté, forgé mois après mois, cette entreprise de débilitation généralisée qu'a toujours été TF1. Défendant ce type, vous m'évoquez ce qu'ai entendu ce midi, où des avocats se lamentaient des souffrances subies par Treiber du fait de sa mauvaise image médiatique (?!).
On croit rêver !...
Lisant votre papier du jour, j'ai cette même impression de voir un estimable lâcher la proie pour l'ombre, la réalité pour le spectacle.
On se doute bien que M. Mougeotte ne doit être sous cérébré pour savoir manipulé si bien tant de gens, être monté si haut, sur toutes ces têtes. Il ne devait pas regarder sa chaîne autrement que pour en vérifier l'exactitude de la bassesse.
Son exactitude, son efficience.
Et vous en faites ce portrait...
Consternant.
AO
Rédigé par: oursivi | 18 octobre 2009 à 13:20
Merci aux bloggeurs, et à vous, de nous donner une autre "ligne" de commentateurs de notre actualité. Je me reconnais tout à fait dans les enfants présumés dont il faudrait soi-disant sonner la fin de la récré. Cela révèle bien, à mon avis, et malheureusement, l'image que les gens "importants" ont du peuple français... mais aussi ce qu'il n'est pas. Internet me rassure beaucoup quant à mon pays, car je finissais par croire que tous les Français était comme les médias les montrent, à grands renforts de clichés et de sondages ; et je constate que c'est loin d'être le cas, que les Français sont encore capables de réagir, vigoureusement parfois, de discuter, de s'écouter et de s'entendre, de se modérer les uns les autres, de choisir massivement ce qui est le plus juste, et qu'ils sont attachés à la justice et au bien commun.
Rédigé par: do | 18 octobre 2009 à 13:36
Monsieur Bilger a trouvé un miroir !
Diantre il est déformant, le pauvre Monsieur Bilger ne se reconnaît plus ?
Le parquet s'est emballé ! Il a obtenu la condamnation d'innocents ?
Rien de nouveau Monsieur Bilger !
Rendormez-vous Monsieur Bilger....
Il n'y a qu'à l'étranger qu'on vous condamne, vous et vos élites de pacotille Monsieur Bilger...
Rédigé par: Patrick Handicap expatrié | 18 octobre 2009 à 13:49
Sans compter les dizaines de commentaires (dont le mien, c'est la raison pour laquelle je le sais) qui ont été modérés a posteriori parce qu'ils mettaient en doute le dogme Mougeotien : notre président est beau fort et génial.
Je ne sais s'il est une "personnalité intelligente et délicieuse" en privé, je vous crois sur parole, mais bon :
Patron de Télé7jours
Avoir proposé les programmes de TF1 pendant vingt piges
Servir la soupe au pouvoir
rend peut-être délicieux mais n'est pas forcément signe d'intelligence
M'enfin, comme d'habitude, billet frappé de votre bon sens légendaire
Bon dimanche
Rédigé par: Jean Meyran | 18 octobre 2009 à 14:01
Tel le balai magique, le tapis volant ou encore les bottes de sept lieues qui transportent au sommet du Mt Le Pad HADDOCK où se trouve la selle magique qui permet de monter Pégase pour aller combattre la Chimère, la chèvre à la crinière d'un lion et à la queue d'un dragon, le Schmilblick est un objet imaginaire, autrement dit qui "ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout car il est rigoureusement intégral."
D'où l'intérêt de bien le tenir, en effet, vu que mot inventé sans doute, mais à consonnances néanmoins familières comme 'Blick' (coup d'oeil; lueur, éclair) et 'schmiere' (graisse, cambouis; pot-de-vin ; argot: 'Schmiere stehen' : 'faire le guet à l'occasion d'un mauvais coup).
Alors, cet oeil magique et "rond, qui contient du jaune, tient dans la main, qu'on peut le faire cuire de différentes façons et qu'un navigateur le faisait tenir debout", que nous fait-il apercevoir, hum? et entendre bien sûr !!
"Bonjour M. Lusxque! C'est papi Mougeot de Carjac.
- Guy Lux. Monsieur?
- Oui, Guy Lusque. Alors... est-ce que le Schmilidibili...
- Non, écoutez Monsieur, il y a d'autres candidats, alors Simone, s'il vous plaît.
- Oui, Guy. Candidat suivant, c'est Monsieur?"
- Bonjour! Guittou Jean-François, coiffeur à Paris en vacances à Cajarc, au camping. Alors est-ce qu'un coiffeur peut se tirlipoter le Schmilblick tout seul dans sa tente, pfff.
- Non! A quoi pensez-vous?
-A [...] "la nostalgie qui n'est plus ce qu'elle était..."
- Allez-y, posez votre question, Monsieur!
- Est-ce qu'on peut pousser le Schmilblick?
- Oui, pourquoi?
- Pour le faire avancer, eh banane!
- Bonjour, Monsieur, posez votre question.
- Bon. Alors voilà, je voudrais dire à Zézette qu'elle aille directement chez René parce que comme j'ai paumé les clés du camion, on va être emmerdés pour lui livrer l'armoire.
- On lui dira, on lui dira, Monsieur!
- Enfin, je paye à la télé. J'ai le droit!
- Candidat suivant, c'est Monsieur...
- C'est Papi Mougeot, euh... Bonjour, Guy Lux!
- C'est une catastrophe...
- Ah oui alors voilà... Est-ce que le Schmimimibilimimi... Non. Ah! ça y est M'sieur Guy Lux, alors le Similiguiliguiliguili...
-Je rappelle que le Schmilblick est un jeu, Je rappelle que le Schmilblick est un œuf et un œuf ne fait pas de politique, allons voyons!
- Hein???
-Alors Simone, s'il vous plaît, candidat suivant!
- Candidat suivant, c'est Monsieur?
- Bonjour, Guy Lux! Monsieur Van De Plot de passage à Cajarc. Est-ce qu'on peut mettre le Schmilblick une fois dans le biberon des enfants ???
- A quoi pensez-vous?
- A des frites.
- Euh... Candidat suivant.
- Alors! Me revoilà! ça y est! Est-ce qu'on peut tenir le Schmiilll, le schimil le shcmilblick dans la main ???
- C'est Papi Mougeotte!
- Euh... Ben admettons. A quoi pensez-vous, Monsieur?
- A rien, c'était pour faire avancer le Scmiill, le shemyil, le Schimilimi, le libimliibili, le ..." qu'on le tient bien. (D'après Coluche)
Rédigé par: Catherine JACOB | 18 octobre 2009 à 14:07
Très bon contre-éditorial monsieur Bilger ; moins soumis et plus courageux que notre hôte du Figaro ! Les lecteurs ne sont pas tous des gogos ! Mais à courir après sa jeunesse : la retraite s'impose ! Et je dirais avec élégance qu'il était d'antan un excellent journaliste.
Rédigé par: J.A | 18 octobre 2009 à 15:16
C'est que bon nombre de personnes ayant pignon sur rue ont bien décidé de ne plus s'adresser à l'intelligence, mais davantage de produire du discours en vue d'obtenir du comportement.
Ces techniques s'appellent publicité ou bien propagande, selon que le marchand vend du matériel ou bien de l'immatériel.
Pour commenter votre analyse
"Le plus extraordinaire dans ces protestations multiples, c'est qu'elles émanent de lecteurs sarkozystes encore fidèles ou déjà déçus" : je me pose la question, souvent, de savoir si les commentateurs des articles de presse ne biaisent pas un peu quant à leurs supposées convictions et ce pour asseoir leur argumentaire ...
Rédigé par: Madame de F. | 18 octobre 2009 à 15:51
Faux, elle est toujours sur la manchette...
Rédigé par: HA | 18 octobre 2009 à 15:57
Sans la liberté de flatter, il n'est pas de lots et de brames.
Rédigé par: sbriglia | 18 octobre 2009 à 19:32