Au vrai, on aurait été
excusable de traiter la nouvelle avec dérision. Comme une sorte de
« poisson d’avril » avant l’heure. Parce que tout de même
l’information est tellement révélatrice d’une absurdité consubstantielle à la modernité que le premier mouvement est
presque de reconnaissance devant une confirmation aussi tristement éclatante de
nos pires pressentiments sur notre destin collectif.
Pour lutter contre l’absentéisme
scolaire, trois lycées professionnels de l’académie de Créteil vont tenter une
expérience qui consistera à rétribuer l’assiduité au point que la
« cagnotte » de fin d’année pourra s’élever à 10 000 euros.
Pour résumer, on va payer
pour obtenir ce qu’on n’est plus capable d’imposer. On va tarifer notre
impuissance et, dans le rapport de force qui oppose la règle à sa transgression
quotidienne, on ose une démarche qui permettra à cette dernière de se
parer de l’aura de la dissidence et du
sceau officiel d’une victoire profitable sur l’institution. Au fond, on s'imagine qu'on pourra faire de la plaie le remède.
Le comble est
qu’aujourd’hui, n’importe quelle élucubration même dévastatrice n’est plus de
nature à bouleverser les responsables de l’enseignement parce qu’ils maîtrisent
la communication et devinent que « plus c’est gros plus ça passe ».
Le recteur de l’académie de Créteil, pour ce qui n’est que du plomb qu’il
souhaite nous voir prendre pour de l’or, emploie le mot
magique : « Responsabiliser les élèves ». Tout serait dit
parce que ceux-ci seraient capables de devenir présents contre de l’argent.
Leur aptitude à la responsabilité serait d’arbitrer entre une absence choquante
et renouvelée qui ne leur bénéficie pas et une assiduité contrainte et
stipendiée. Comme il est probable qu’ils s’orienteront vers le lucre, peut-on
vraiment soutenir qu’il y a là une nouveauté qui va honorer l’institution
scolaire ?
Philippe Meirieu, dont je
ne suis pas un inconditionnel, souligne à juste titre « la pente
dangereuse » sur laquelle cette expérience va conduire l’enseignement en
dénonçant « l’éducation bancaire » . Jean-Paul Brighelli, courageux pourfendeur des aberrations scolaires, est révolté et s'indigne (Le Monde, Le Parisien). François Bayrou n'est pas en reste (Le Journal du Dimanche).
Les partisans et les
adversaires de cette innovation ne se situent pas sur le même registre. Les
premiers ont depuis longtemps fait leur deuil de l’autorité des maîtres, du
respect d’un certain nombre de principes et de la considération à offrir aux
jeunes personnalités en formation, en les estimant capables du meilleur grâce à
des méthodes de compréhension, de fermeté et de dignité. Les seconds continuent
contre vents et marées à refuser que l’argent puisse être un stimulant
honorable pour susciter le désir d’apprendre, la conscience de la règle et la
préoccupation de l’avenir. Je me range de leur côté et m’étonne de cette
désinvolture qui, pour expérimenter et pallier de graves insuffisances qui tiennent
à la fois au milieu familial et à la hiérarchie scolaire, s’engage sur un
chemin qui n’est pas une solution mais une capitulation. Mettre ainsi de
l’argent au cœur de l’activité scolaire, c’est non seulement céder à la face
sombre et matérialiste de notre société mais, plus encore, c’est naturellement
dégrader, détruire la relation gratuite, désintéressée, curieuse et familière
qui doit exister entre celui qui vient pour apprendre et les matières à
connaître, les professeurs à écouter.
Imaginons que l’absentéisme
se réduise grâce à cette méthode de société décadente. Quand on ne peut plus
rien, on corrompt. Je suis persuadé que même avec un tel succès, les
conséquences seraient ravageuses pour l’esprit de l’enseignement et la chose
intellectuelle en elle-même.
Il y a quelque chose de
scandaleux dans cette dérive. L’institution dont, plus que toute autre, on
devrait attendre un enracinement têtu et convaincu dans la belle réalité de
l’école semble succomber. Elle ne veut plus représenter un barrage contre le
vulgaire du siècle et ses appétits. Elle n’a pas honte de décevoir. De
s’engloutir dans le cours banal des démissions ordinaires. De proche en proche, les forces structurantes de la société s'affaiblissent et participent d'un mouvement qui n'est plus que de complaisance à l'égard d'une évolution prétendue inéluctable. Les institutions ne se battent même plus pour ne pas mourir. Au contraire, elles y mettent du leur avec une sorte d'allégresse suicidaire.
Mais les absents doivent
continuer à avoir tort. Pas d'argent contre l'école.
Une honte : quel bel exemple pour nos jeunes ! Quelle image pensez-vous que cela donne à nos enfants pré adolescents ? Tout s'achète...
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=1033866218 | 11 octobre 2009 à 00:41
@Erig Le Brun,
Nous ne nous comprenons pas, tout d'abord vous m'aurez mal lu si vous pensez que je défends l'expérimentation consistant à rémunérer, sous quelque forme que ce soit, l'assiduité des élèves, relisez mes commentaires je dis précisément le contraire.
Ensuite, je parle d'enseignement public, je sais qu'il y a des maternelles bilingues dans différentes langues, ce n'est pas la règle et elles ne sont pas gratuites.
Enfin, je n'ai encore une fois rien contre les langues régionales, ni contre le breton en particulier.Quoique les écoles diwan, vous le savez, sont très critiquées, y compris par les bretons eux-mêmes. Je connais effectivement mal la question, mais il semble que la forme de breton enseignée y est artificielle (je ne suis pas spécialiste) et on a également évoqué des liens douteux avec la nationalisme breton (mais ne généralisons pas).
Je souhaitais juste dire que le breton ne doit pas être privilégié par rapport aux autres langues et distinguer ce qui relève de l'enseignement public et gratuit et ce qui relève, me semble-t-il, du privé (non pas à la maison, mais dans une école privée) et n'a pas à être gratuit.
Rédigé par : Ludovic | 07 octobre 2009 à 20:01
Erig le Brun de la Bouëxière, ce ne sont pas mes crachats, ce seraient les siens ...
Caccomo, intéressant ... Ainsi même à l'université, ils sèchent grave les études ces boursiers ... Mais comment font-ils à la fin pour obtenir quand même leurs diplômes? Sont-ils évalués?... Hum ... Ces foutus étrangers multilingues, comme dirait le Erig, même les diplômes ils les volent et les trafiquent, ils corrompent jusqu'aux doyens ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 07 octobre 2009 à 18:41
@ Ludovic.
1/ Il existe en France des maternelles bilingues en anglais, allemand, russe, chinois, basque, hébreu, arabe, entre autres. Le bilinguisme précoce, en breton ou dans n'importe quelle autre langue a des vertus sur le développement qui sont célébrées par C.HAGEGE (pas un dangereux fasciste), Henriette WALTER (pas une dangereuse sécessionniste). On voit mal pourquoi ce qui est très encouragé par l'EN pour le bilinguisme en anglais ou en hébreu pose problème en breton.
2/ Les droits linguistiques des minorités sont défendus par un certain nombre de textes internationaux et le droit des enfants d'être enseignés dans la langue choisie par leurs parents, en plus de la langue éventuelle de l'Etat central/fédéral est un droit reconnu par la déclaration de 1948. Les droits de l'homme, dont on nous rebat les oreilles de ce qu'ils seraient l'apanage unique de la France sont en cette matière bafoués continuellement depuis plus d'un siècle.
3/renvoyer les bretons à l'apprentissage "privé" de la langue est amusant, je serais curieux de vous entendre parler une langue qu'on vous aurait enseignée "à la maison", une langue sans école et sans aucun espace d'expression officiel ou public. Peu importe, ce sera sans doute le cas du français dans quelques décennies. Ce jour-là, les enfants qui se seront vus punir à l'école pour avoir parlé breton/arabe/kabyle/créole, ne seront malheureusement plus là pour rire d'un assez juste retour des choses.
Je perçois quoiqu'il en soit le fond de votre position : il y a d'une part des jeunes gens qu'il faut payer pour qu'ils aillent dans des lycées techniques (non pas pour qu'ils y travaillent, mais pour qu'ils y soient!) et d'autre part des petits enfants que cela coute trop cher de scolariser à moins de 50 par classe (le coût d'un enseignant bilingue étant strictement le même que celui d'un enseignant monolingue). Pris par un bout, où par l'autre, la démonstration est la même, les bretons on peut (on doit?) les scolariser à 50 par classes.
@M.Lacheb-Boukachache
Ah, belle argumentation, bravo. Encore un effort, et on atteindra bientôt des sommets d'élégance.
J'apprécie cependant votre belle déclaration à ma patrie bretonne. S'il sommeille en vous un amoureux du Kig ha Farz et de la Krampouezh Krasenn, rien n'est peut-être perdu...
Je ne sais pas ce que penserait de moi Chateaubriand, à vrai dire je m'en moque un peu, car je suis attristé par les mensonges que profère l'immortel auteur du Génie Du Christianisme, sur notamment, ses voyages en Amérique, largement apocryphes, on le sait désormais. Je serais plus chagriné d'encourir le mépris de M. de Tocqueville dont, bien qu'il ne soit pas breton, j'admire bien plus l'oeuvre et la pensée.
Quant à vos crachats? Je m'en pignole.
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=1203356382 | 07 octobre 2009 à 18:16
Le coût des élèves est déjà pris en charge par la collectivité. On ne devrait donc pas payer les lycéens pour faire une chose obligatoire : ils ont des devoirs à rendre envers la collectivité qui finance leurs études. Donc on devrait sanctionner l'absentéisme, plutôt que de récompenser la présence en cours, notamment en demandant aux parents de rembourser le coûts de l'école.
J'observe la même chose à l'université, notamment un absentéisme plus marqué chez les étudiants boursiers ! Mais les syndicats étudiants en sont à évoquer l'idée d'un "salaire étudiant"...
Rédigé par : caccomo | 07 octobre 2009 à 17:46
Quand je songe que j'ai une admiration sans borne pour Chateaubriand... Mais vieil erzatz d'aristocrate plein de bile que vous êtes, s'il ressuscitait le grand homme de Combourg et Saint-Malo, il vous cracherait à la gueule assurément ! Heureusement qu'elle n'est pas à votre image, la Bretagne, c'est une terre autrement saine et belle, pas cette lie puante que vous renvoyez...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 07 octobre 2009 à 12:41
@Erig Le Brun de la Bouëxière,
Merci pour le lien en effet éclairant. Pour que l'on comprenne bien de quoi il s'agit, ces 49 élèves sont des gamins de maternelle. Je suis favorable à l'apprentissage des langues régionales, mais je ne vois vraiment pas pourquoi il faudrait offrir aux petits bretons des cours bilingues dès la maternelle, ce n'est le cas pour aucune autre langue.
Ce que vous revendiquez pour le breton va bien au-delà de ce que l'Education Nationale offre aux autres enfants (l'apprentissage de l'anglais ou de l'allemand ne débute qu'en cours moyen). Votre inspecteur d'Académie a bien raison de ne pas dilapider les moyens de l'Etat pour ce qui ne devrait relever que de l'éducation privée.
Mais vous avez raison, tout fout le camp, l'aristocratie française perd bien sa noblesse et sa bonne éducation.
Kenavo !
Rédigé par : Ludovic | 07 octobre 2009 à 08:47
@ M Lacheb-Boukachache
C'est bien à moi que s'adresse votre commentaire ? Ah la belle démonstration ! Après la "réduction ad hitlerum", la "réductio ad le layum"... Ou comment priver toute une population de ses droits fondamentaux (les droits linguistiques sont reconnus par l'ONU) simplement parce qu'un de ses ressortissants n'a pas l'heur de vous plaire...
D'où êtes-vous originaire, Monsieur, que je trouve celui qui me servira à vous faire fermer votre grande gueule à chaque fois que vous direz quelque chose qui ne me plaît pas... Algérien ? Bouteflika devrait bien faire l'affaire... Tunisien ? Ben Ali, pas mal non plus hein ?
Voilà... Dites-moi donc votre origine exacte et je trouverai votre Le Lay à vous (vous me l'aviez déjà servi ici même il y a quelques mois) auquel je pourrai assimiler toute la population de votre pays d'origine, la renvoyant ainsi à son néant.
Quand on se limite à des démonstrations aussi pitoyables, on devrait se demander si toutes les (très) longues et pénibles interventions qu'on laisse sont toujours intelligentes, ou si on n'est pas plutôt le beauf moyen, mâtiné de raciste ordinaire...
Une dernière chose : les jeunes bretons (dont j'ignore le temps qu'ils passent devant la télé) sont toujours en tête quant au nombre de lauréats au concours général. Et je crois savoir qu'ils brûlent relativement moins de lycées et de bibliothèques que leurs collègues de Créteil.
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=1203356382 | 07 octobre 2009 à 07:52
J'ajoute que c'est un pur Breton tel vous, se revendiquant Breton et invoquant et la culture et la langue et tout ce qui est breton, Patrick le Lay, qui a créé ce monstre de télévision, TF1, dans le seul but de s'enrichir ainsi que ses propriétaires en abrutissant massivement le peuple, enfants compris et enfants bretons compris ... Je doute que, contraires aux autres et plus vertueux, les enfants de Bretagne passent plus de temps à l'école et l'étude saines que face cet écran singulier. Alors on se calme et on discute posément de ces choses si l'envie.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 06 octobre 2009 à 22:05
Je ne vois rien de scandaleux dans cette mesure. On me paye pour travailler, or je ne pense pas être le seul à ne pas faire grand-chose au travail.
Rédigé par : El Re | 06 octobre 2009 à 20:08
Ah Pitié Ludovic !
Eh gnia gnia, et y a un CAPES de ceci, et de cela... merde ! Qui êtes-vous ? Vous habitez où ? Que savez-vous du calvaire des gens qui essaient de faire scolariser leurs enfants en classe bilingue ? Vous avez entendu parler de l'école de Bruz (35) ? C'est là qu'un crétin d'inspecteur d'académie trouve légitime d'entasser quarante-neuf (49) enfants dans la même classe parce qu'il refuse la création d'une nouvelle classe bilingue. Motif, le département de l'Ille et Vilaine ne serait pas "brittophone". Tiens allez donc lire ça : http://contreculture.org/ au lieu de la ramener sur un sujet que, pour être breton, bilingue et père d'enfants scolarisés au prix de sacrifices, d'efforts et de vexations que vous n'imaginez sans doute pas, je crois connaître mieux que vous.
Pour ce qui est des élèves de l'académie de Créteil, peut-être ne sont-ce pas tous des fripouilles, mais je serais curieux de savoir si vous iriez vers 23h00 vous promener vers les lycées concernés par l'expérimentation...
Hein ?
Pour en terminer sur l'égalité, je redis qu'elle sera complète quand on cessera d'ouvrir des classes d'arabe dans le 93 à un rythme six fois supérieur aux classes de breton dans les cinq départements celtiques. Ou alors qu'on paye AUSSI nos enfants pour aller en classe.
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=1203356382 | 06 octobre 2009 à 20:05
Sorin est un bon ... Dommage qu'il n'édite plus ... J'avais posté deux ou trois délires sur son blog à une époque sous pseudo puis sous mon nom mais c'était s'éparpiller vainement: autant ouvrir mon blog dans ce cas mais il me prendrait trop de temps et d'énergie, j'y répondrais à tous, il y aurait de la baston sévère là-dedans ...
Cela faisait longtemps que je n'y étais retourné et c'est avec plaisir que j'y vois que certaines connaissances y sont toujours. Magguy, je ne la connais pas et la découvre grâce à vous ... Je pense que celui ou celle qui a fait cette remarque plutôt étrange a voulu dire que telle vous, c'est une érudite qu'il(elle) prend plaisir à lire mais qu'il(elle) doute qu'elle soit davantage lu même par Sorin car ce serait par trop lourd ... Mais ce n'est qu'une supposition; je n'ai pas d'avis tranché sur tout, chère Catherine et si je vous sais érudite, nous sommes nombreux je n'en doute à ne pas vous penser pesante ... Une chose est sûre, cette personne est présente ici aussi ... Interpellons-la en ces termes: Hanse, montre-toi et explique-toi!
PS/ Mes points de suspension sont un hommage à l'intelligence de qui me lit. Puisqu'il sera capable de compléter la phrase et de comprendre ma pensée, il ne sera pas besoin de tout lui étaler ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 06 octobre 2009 à 19:39
@Erig Le Brun de la Bouëxière,
Vous êtes un peu excessif ne trouvez-vous pas? Il n'y a pas que "des fripouilles" à Créteil.
Petit détail "On refuse aux petits bretons d'apprendre leur langue au nom de cette sacro sainte égalité", c'est tout simplement faux. Les langues et cultures régionales sont enseignées dans les régions concernées, évidemment pas dans chaque établissement, il existe ainsi des CAPES de breton, de corse, d'occitan, de catalan, de tahitien, de créole, on enseigne aussi l'alsacien et le platt (pardon Catherine Jacob, je devrais dire langue régionale des pays mosellans). Il y a même un inspecteur général chargé du suivi et de la promotion des langues et cultures régionales, il s'agit de Jean Salles-Loustau. Et puis les écoles diwan, vous connaissez je suppose ?
Rédigé par : Ludovic | 06 octobre 2009 à 19:25
@Aïssa:
"Catherine Jacob à qui je profite pour lui signaler que j'ai répondu à sa suite et son commentaire … Mère grand ... ptitzoreilles …)."
Aïssa Lacheb-Boukachache | 03 octobre 2009 à 18:31 = LU
"je sais bien qu'aux temps préhistoriques «grand'mère» se prononçait Argragrrrroufrrrèrrrgreegre et s'écrivait je ne sais, etc..."
Ce n'est pas moi la spécialiste du tiret, mais plutôt des trois petits points...!
Ceci dit, aux temps préhistoriques, je ne saurais dire, mais le nom de la rivière qui a donné son nom au département n°57 dont le chef-lieu est Metz, ainsi qu'à un AOVDQS (vin classé), connue des Romains sous l'appellation 'Flumen Musalla', vient est probablement du celtique 'Moder' (François-Yves Le Moigne (dir), Histoire de Metz, 1986), ce qui signifie la mère, la rivière matricielle, également à l'origine du nom du peuple celte des Médiomatriques appelés aussi "Médiomatrices".
Plus grand que la Moder (Moder, Mother.. Mère), est le Rhin!
"Catherine Jacob ici présente qui en connaît plus qu'un rayon, je n'en doute pas mais les deux roues entières … "
J'ai cru, hélas, un long moment à cette vaste blague qui s'appelle autonomie des universités, mais je n'en connais plus rien à vrai dire que la trace sur le sable des chemins de halage...!
Mais vous qui avez un avis tranché sur tout, que dites-vous de ceci que je viens de découvrir par hasard : "Magguy Piveteau est au blog de Sorin ce que Catherine Jacob est au blog de P. Bilger. ..." c'est sur : http://lettres.blogs.liberation.fr/sorin/2008/02/je-me-souviens.html
Rédigé par : Catherine JACOB@Aïssa | 06 octobre 2009 à 18:12
Dans une interview à latribune.fr, Daniel Cohen citait un exemple tiré du livre de Maya Beauvallet ("Les stratégies absurdes : comment faire pire en croyant faire mieux" Le Seuil, Paris) dans lequel elle raconte que dans une école où on voulait que les enfants arrivent à l'heure, on avait mis une amende de 20 euros en cas de retard.
Conséquence : plus de retardataires ! Ils avaient les moyens de payer.
Il conclut son exemple en disant que le problème vient du fait qu'on a "monétisé" quelque chose qui relève des valeurs.
Aller à l'école, respecter les enseignants et les autres en général, ce sont des valeurs, des principes qui ne sauraient à ce titre se négocier.
Rédigé par : Blaise MANE | 06 octobre 2009 à 18:00
Récompenser l'assiduité ? La présence aux cours est la seule récompense qui soit. Le savoir est un trésor non ?
Quel message envoyons-nous à ceux qui rêvent d'aller à l'école et qui ne PEUVENT y aller ? Nous allons payer de molles gouapes stupides et incultes pour qu'elles nous fassent la grâce de bien vouloir se cultiver... Et la belle égalité des citoyens ? Où est-elle ? On refuse aux petits bretons d'apprendre leur langue au nom de cette sacro sainte égalité, et on va payer des fripouilles pour qu'elles aillent - éventuellement dormir - en cours ?
Qu'on me rembourse, moi qui n'ai jamais raté l'école. Qu'on me paye avec intérêts mon assiduité ! Qu'on me rembourse au passage les mensonges qu'on m'a fait avaler, puisque mes enfants valent moins, en fait que ceux de Créteil, qu'on va payer bientôt pour qu'ils n'égorgent pas leurs enseignants et s'abstiennent d'incendier l'établissement.
Quelle pitié en outre, de voir J.D Reffait avaler cette couleuvre. Quelle tristesse de le voir ignorer que mettre un chèque dans la balance c'est mépriser les élèves, et les traiter comme des putains. Etes-vous incapables de traiter le savoir à sa juste valeur ? D'apprécier le privilège qui vous est fait de vous instruire (aux frais de la communauté bienveillante) ? Qu'à cela ne tienne, nous vous ferons marcher avec la seule monnaie d'échange que vous connaissiez, celle avec laquelle de toutes façons nous achetons la paix sociale depuis des années, des décennies.
Nous inondons vos banlieues de millions, reconstruisons patiemment chaque bibliothèque brûlée, ce n'est pas encore assez. L'argent devra tomber dans vos poches.
C'est la fin des fins. Il faut dire à nos enfants de fuir ce pays, il n'y a plus rien à en sauver.
Rédigé par : Erig Le Brun de la Bouëxière | 06 octobre 2009 à 15:03
Cher Philippe,
C'est un excellent moyen de fidéliser et de motiver...
Luc Chatel devrait demander à une équipe très prestigieuse de course automobile de donner des cours de conduite à tous ces petits en réparation d'un montage absurde lors de compétition. Chaque société devrait proposer ses idées pour faire baisser l'absentéisme dans les lycées.
Les retombées seraient bénéfiques pour tous.
françoise et karell Semtob
Rédigé par : semtob | 06 octobre 2009 à 14:17
Vous l'avez dit, Jean-Dominique : le dialogue frontal. Il n'y a aucune visée personnelle de ma part ; que la raison, le respect et la dignité m'en gardent... Il y a ici le procureur et il y a l'homme ; vous semblez confondre les deux, vous auriez tort... Mais je conçois que pour des lecteurs non avisés - et vous êtes avisé -, cela puisse prêter à confusion.
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 06 octobre 2009 à 12:09
Aïssa, je suis d'accord avec vous sur le fond et si vous voulez vous farcir le parquet, je vous accompagne. C'est la mise en cause personnelle qui me dérange. Vous avez, j'ai moi-même, en tête un petit paquet de procureurs et autres ludions de la magistrature que nous aimerions bien aligner dans un bowling. Mais Philippe est le seul qui ose le dialogue frontalement, c'est pas très sportif de faire un strike sur sa seule bobine !
Revenons à nos moutonssss.
L'expérimentation scolaire en débat concerne des lycées professionnels. Sachons de quoi il s'agit. Ce ne sont pas de tendres adolescents qui échangent des images de Pokemon dans la cour. Il s'agit de jeunes adultes, casés là car on ne saurait déjà pas quoi en faire dans l'enseignement général. Ils sont majeurs, largement. Ils n'ont pas choisi d'être là. Ils sont en situation d'échec scolaire. Notre société, très justement, tente de leur apprendre au moins un bout de métier. Au forceps, il faut bien le dire. A ne pas confondre avec Janson de Sailly.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 06 octobre 2009 à 10:29
@J.D. Reffait,
Je persiste à considérer que cette expérimentation est une erreur grave.
Je tenais par ailleurs à vous rappeler que pour les élèves boursiers, donc socialement défavorisés, il existe des bourses au mérite versées sur critères sociaux en fonction des résultats scolaires. Tout élève boursier, admis au brevet des collèges avec mention bien ou très bien, bénéficie d'une bourse au mérite dès l'entrée au lycée, c'est une bonne chose.
Ceci dit l'argent ne doit pas servir de carotte ni dans la lutte contre l'absentéisme, ni dans la perspective de l'amélioration des résultats.
L'école n'a pas à offrir des billets pour assister à des matchs de foot, ni une quelconque cagnotte.
Alors que faire pour lutter contre l'absentéisme?
Pourquoi pas l'inverse, suspendre ou supprimer le versement des allocations familiales, des bourses, exiger le remboursement de l'allocation de rentrée pour les familles des absentéistes.
Mais on préfère la démagogie.
Rédigé par : Ludovic | 06 octobre 2009 à 08:48
Cher francky
"Libéralisme, terme "transparti", ne monnaye jamais sa réussite, il se l'approprie et demande à l'Autre de payer via la taxe libératrice..."
Je ne comprends pas votre phrase. Cette prime à l'assiduité est plutôt inspirée par de la redistribution étatique à l'opposé des principes du libéralisme. Comme toute taxation excessive, d'ailleurs.
Si le mot "libéralisme" est devenu "transparti" comme vous dites, c'est peut-être qu'on l'a vidé de son contenu, à s'en réclamer ou à le diaboliser abusivement...
Le libéralisme, c'est avant tout l'idée que le système, grâce à la concurrence des acteurs et le poids négligeable de chacun, arrivera par son autorégulation à des équilibres plus optimaux que ce que peuvent la planification, l'incitation étatiques.
Cela peut être contesté par la théorie des jeux, le fait que nous impliquons les générations futures, la finitude de nos ressources et l'irréversibilité de l'évolution...
Mais pas par cette question sur l'école...
Rédigé par : Alex paulista | 05 octobre 2009 à 22:37
@ Aïssa
Avec plaisir, mais mon pseudo est "Alex paulista", pas "Alex carioca", soit une légère différence de 500km. Quant aux deux couettes, vous devez être TRÈS frileux voire suicidaire...
Lula est excellent à représenter le peuple brésilien. À ce jeu, il n'a pas d'égal.
Pourtant, il n'a pas été très assidu à l'école.
De quoi relativiser cette polémique...
Rédigé par : Alex paulista | 05 octobre 2009 à 22:01
@ Aïssa
Par mon interpellation je pensais surtout au lycée autogéré de Saint-Nazaire dont le proviseur ou responsable, je ne sais quel vocable employer était le frère de Daniel Cohn-Bendit... En évoquant les universités je me suis égaré.
Mais je pense qu'il y a des leurres qui sont parfois lancés afin de tester a minima ce qui pourrait être développé demain. Leurres qui sont développés ensuite par modélisation.
J'ai toujours pensé à tort où à raison que l'enseignement tel que nous le connaissons aujourd'hui finirait par disparaître au profit d'un outil comme Internet. Quand il y a eu des contestations sociales aux Antilles, certains cours furent mis sur Internet, j'ai de suite pensé que ces événements permettaient de tester sous couvert de venir en aide aux élèves (Le leurre), ce qui pourrait être l'école de demain.
Pour en revenir au sujet de Monsieur Bilger, voilà maintenant que Marseille offre des places de football aux élèves assidus aux cours. Nous risquons d'assister à des surenchères entre lycées, villes, régions ; et bien sûr qui dit surenchères dit contestations.
Rédigé par : Bernard-27400 | 05 octobre 2009 à 20:42
Ce projet révèle à quel point le cerveau de nos politiciens (de gauche comme de droite) est complètement distordu.
L'argent n'est plus une monnaie d'échange qui rétribue la création d'une richesse, mais un banal outil de compensation ou de manipulation, dans un monde qui considère un "système" politique et une source infinie d'argent.
Après, on va s'étonner de produire des parasites sans honneur experts dans l'art d'optimiser leur situation personnelle au sein d'un monde qui va collectivement vers sa ruine.
Un tel système m'aurait donné envie de sécher tous les cours, de bosser chez moi et d'humilier aux examens les échecs scolaires champions de l'assiduité.
Si les copies sont anonymes, car les professeurs sont souvent plus sévères avec ceux qui leur montrent les limites de leur utilité.
Rédigé par : Alex paulista | 05 octobre 2009 à 19:52
En entreprise existe la prime d'assiduité, par exemple, les téléconseillers des sociétés de marketing téléphonique sont "récompensés" pour leur présence régulière nonobstant leur servilité qui elle ne l'est pas... récompensée.
Donc appliquer cette idée à l'école reflète tout simplement l'esprit qui anime "notre" gouvernement mais plus profondément, notre société, qui se repaît d'individualisme et de monnayage.
Les valeurs sont ce qui restent quand l'idéal faiblit. Malheureusement l'idéal qui nous transcende aujourd'hui est l'image que projette la caméra du libéralisme.
Libéralisme, terme "transparti", ne monnaye jamais sa réussite, il se l'approprie et demande à l'Autre de payer via la taxe libératrice...
Contrairement à ce que certains pensent, avec honnêteté a priori, l'image donnée aux enfants qui avait une bonne note (j'en ai eu...) était associée à l'imaginaire, loin d'un réel commerçant, "commerçable", achetable... puis après tout l'image ne récompensait pas la présence, mais son travail !!!
Advienne que pourra...
Rédigé par : francky | 05 octobre 2009 à 18:35