Il paraît que Patrick Ouart va quitter sa fonction de conseiller auprès du président de la République pour les affaires judiciaires (Challenges, 20minutes, nouvelobs.com). Si la nouvelle est confirmée, les langues vont se délier et je ne doute pas que les flagorneurs ou les craintifs d'hier vont se muer en critiques audacieux.
Je ne risque pas de tomber dans ce travers dans la mesure où je n'ai jamais eu l'occasion de le rencontrer vraiment, de lui parler et de l'écouter. Je ne connais son influence, son pouvoir que par la bande, par le récit de quelques amis, par la rumeur judiciaire, par le bruit de ses démêlés avec Rachida Dati, par ses propres déclarations à Mathieu Delahousse devant lequel il s'est félicité, sans réserve, de son rôle d'avocat conjoint de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Clearstram.
Homme de l'ombre auquel on prête des lumières évidentes, une intelligence certaine, une fidélité sans faille et un sens politique qui lui a permis sans doute de relativiser les exigences de la Justice. Je suis persuadé que dans sa hiérarchie le président était, est au-dessus de tout. Le bonheur d'être inspiré par une inconditionnalité à laquelle on croit dur comme fer, qui vous tient lieu de tout !
En tout cas, ce n'est pas à lui que le Premier ministre aurait pu vertement s'en prendre, comme il l'a fait devant les députés UMP à l'encontre d'Henri Guaino, en soulignant que les "conseillers ne font pas partie de l'exécutif", ce qui méritait d'être rappelé. Patrick Ouart a goûté infiniment plus - et cela dénote une grande force de caractère - la puissance dans le secret alors que d'autres, libérés par la permission du président, ne s'en remettent pas d'avoir le droit d'exploser dans la lumière et en abusent.
La discrétion de Patrick Ouart le conduit même à ne pas répondre aux invitations qu'on lui adresse alors que probablement il dispose à l'Elysée d'un secrétariat performant qui aurait pu lui éviter la corvée de me transmettre directement un oui ou un non. Il s'agissait d'un colloque que j'avais organisé sur la comparaison des justices européennes. Bêtement, je m'étais dit qu'il y avait là un thème qui pourrait l'intéresser. Je n'ose penser que son silence, cette impolitesse pouvaient résulter d'un quelconque mépris du Pouvoir pour tout ce qui n'est pas lui. Il y aurait eu dans cette attitude un excès peu compatible avec la personnalité de ce conseiller. J'avoue que j'ai attaché du sens à cet épisode somme toute dérisoire.
A vrai dire, on sait très peu sur lui. Brillant magistrat, inscrit à l'association professionnelle des magistrats (APM), au cabinet du Premier ministre Edouard Balladur, ami de Nicolas Sarkozy, entré dans le luxe en 2004 chez LVMH comme conseiller de Bernard Arnault jusqu'au 16 mai 2007. C'est tout mais cela manifeste à quel point cet homme s'est toujours trouvé en familiarité avec un seul monde. Consécration de son talent certes mais aussi rançon de sa probable difficulté à épouser les aléas et les états d'âme de la magistrature ordinaire.
Il a supervisé la réforme de la carte judiciaire. Il a contrôlé celle de la procédure pénale. Il a conseillé Nicolas Sarkozy dans l'affaire Clearstream. Comment fait-on pour tenir la balance égale entre la partie civile et le président, pour ne pas étouffer la pertinence juridique sous la fidélité personnelle, comment fait-on, dans ces conditions, sur un tel dossier, pour échanger avec le procureur de Paris ? On suggère, on s'abstient, on ordonne, on laisse faire, on menace, on promet ? Dommage que Patrick Ouart ne nous en ait pas révélé davantage sur ce cas d'école qui aurait été très instructif pour les auditeurs de justice. Aucun exemple n'aurait été plus éclairant pour analyser les rapports entre le droit, la justice et la politique. Entre l'institution judiciaire et l'Etat. Il ne racontera jamais rien. Le silence n'est-il pas l'attitude préférée des véritables hommes de persuasion et d'influence ?
Sans vouloir le froisser, et pour aggraver ma réputation d'être un naïf trop crédule, je suis persuadé que ce beau thème de la République irréprochable, martelé par le candidat Sarkozy, l'a moins convaincu que moi. Parce qu'il n'est dupe de rien ? Parce qu'ainsi on ne trahit jamais rien ? Une forme de réalisme - cynisme, pour être péjoratif - est commode. On est ainsi toujours en paix avec soi-même, alors que la mauvaise conscience est l'apanage de ceux qui sont gangrenés par un idéalisme forcément détruit par la quotidienneté.
Conseiller de luxe, Patrick Ouart va retrouver Bernard Arnault et continuer sa mission d'éminence grise. Membre du comité exécutif de LVMH, il savourera un autre Pouvoir, cultivera d'autres secrets et aura vraisemblablement à assumer le jugement exaspérant et condescendant de la plupart des privilégiés sur la Justice. Ils en ont peur mais la méprisent. Il est insupportable que l'argent ne les garantisse pas contre tout ! Le retour dans cet autre univers, après l'Elysée, laisse tout de même songeur.
Mais comment ai-je osé mettre en doute "la République irréprochable" puisque la commission de déontologie saisie a rendu "un avis positif sans réserves" sur son départ ?
La garde des Sceaux, enthousiaste, ne vient-elle pas aussi de déclarer au sujet de Patrick Ouart : "Je ne rêve que d'une chose, c'est qu'il reste. C'est formidable de travailler avec quelqu'un qui a le sens de l'Etat et des institutions" (Le Figaro).
Tout est dit. C'est ce que je viens d'écrire...
Monsieur Bilger,
Etes-vous si désoeuvré à la cour d'appel de Paris pour passer votre temps depuis des années à ratiociner, donner des leçons et régler des comptes sur internet ?
Rédigé par : Kolleg | 16 novembre 2009 à 02:56
Marie, je ne compare pas les systèmes judiciaires français et allemand.
Pour la seule raison que concernant le système français, je sais très peu. Concernant le système allemand, je ne sais rien.
Maintenant, si Philippe Bilger commet un délit ou un crime il sera poursuivi, condamné, relaxé ou acquitté. Comme vous et moi. Son statut de magistrat ne lui sera d'aucun secours et ne présentera aucune protection. Sa qualité de magistrat sera un élément aggravant.
Si Philippe Bilger commet des actes juridictionnels contraires à la probité, à la déontologie et à l'honneur des magistrats, il sera poursuivi et sanctionné disciplinairement.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 07 novembre 2009 à 10:33
Dame Véronique,
Vous ne pouvez comparer le statut des magistrats allemands au pénal avec ceux de France pour la simple raison qu'il n'y a plus de juges d'instruction en Allemagne.
Rédigé par : Marie | 07 novembre 2009 à 09:33
@Aïssa,
Permettez-moi de rectifier, je ne suis ni cardinal ni adjudant chef !
Ben oui je dis ça pour les générations futures... Je ne voudrais pas que dans quatre ou cinq siècles (ou millénaires) lorsque des étudiants en ethnologie découvriront un vieil ordinateur et que décryptant le disque dur ils m'inscrivent dans l'Histoire (avec un grand H) comme "Pierre-Antoine le grand penseur adjudant-cardinal", et qu'on en déduise une alliance entre le sabre et le goupillon...
Quant au paquet de Bonux, je me rappelle plonger avec fébrilité ma main dans le paquet neuf pour y découvrir le cadeau.
Ce que j'en pense ? Déjà à cette époque les mamans victimes de "la réclame" achetaient de la lessive plus pour faire plaisir à leurs enfants que pour soulager la corvée.
Si vous n'avez rien compris à la blague du belge et du mur, ne vous appuyez pas sur un mur, des fois qu'il s'effrite :-)
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 06 novembre 2009 à 23:25
Il paraît - mais il semble que cela soit chose avérée par les enquêtes de Catherine Nay - que l'on a retrouvé dans les paquets de lessive Bonux de l'époque (ah, Bonux, j'adorais quand maman achetait ça ! Forcément...) des images publicitaires du bébé Nicolas Sarkozy en couche-culotte et tout sourire... CNN en ferait ses choux gras en ce moment... C'est donc la preuve qu'on peut, sans nuire à l'élégance et l'austérité de l'Etat et les Institutions, quitter ceux-ci après les avoir servis pour les sacs Vuitton puisque sans de même les altérer en rien on peut se trouver, grâce à ses parents il est vrai, dans les poudres et les paquets Bonux avant de les servir...
Mon cher Pierre-Antoine, votre histoire belge, je n'y ai rien compris... Mais dites-moi, vous que j'aurais plaisir à appeler cardinal adjudant-chef, que pensez-vous du paquet Bonux ?
Si on y trouve un futur Président, ne peut-on y trouver aussi un ancien conseiller ?
NB/ C'est encore ce diable de Bruno Testa qui rapporte cette affaire dans son "billet doux" de l'Union de Reims...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 06 novembre 2009 à 21:13
@CJ
Idem, moi non plus je n'ai pas trouvé où était la pertinence.
@JDR
Bien d'accord avec vous, même général les problèmes de ce militaire n'avaient pas lieu d'être sur ce billet.
Pour ça que je suis intervenu... avec mes rangers.
Quant à la différence de fonction, elle n'est pas plus importante que la différence entre procureur, président de chambre, juge d'instruction... ce ne sont que des fonctions de la justice, comme d'autres le sont de l'armée.
La diversité des commentaires parfois (trop ?) anachroniques, font néanmoins la richesse des échanges. C'est à mettre au crédit de la liberté qu'octroie le webmaster à ses commentateurs.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 06 novembre 2009 à 16:35
@Aïssa,
Qui parle de touiller ?
Je me souviens d'une blague qui faisait le tour des récréations au collège de mon enfance : pourquoi le mur s'écroule quand un Belge s'appuie dessus ? parce que c'est le plus intelligent qui cède...
N'ayant jamais vu de mur s'écrouler, j'avoue ne pas avoir saisi le sens profond de cette blague.
On verra bien s'il y a un Belge sur la liste des commentateurs...
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 06 novembre 2009 à 15:57
Je ne crois pas que les conseillers soient contraires à l'esprit républicain lorsqu'ils aident le président à faire son travail.
Le problème c'est que le président empiète sur les prérogatives des ministres. Ses conseillers prennent donc un peu la place de ces derniers (et de leurs conseillers).
C'est, je crois, ce qui énerve François Fillon.
Mais un pouvoir qui valorise la trahison des hommes et des principes constitutionnels ne vivra pas longtemps. Juste un peu de patience, ses "amis" vont se charger de lui.
Rédigé par : Alex paulista | 06 novembre 2009 à 13:44
Ce billet n'est rien autre qu'un règlement de compte personnel et on ne saurait, nous autres observateurs, nous en mêler sans être un peu comme ces cheveux importuns dans la soupe … (A propos de soupe, cher Pierre-Antoine, je vous ai enjoint de ne plus touillez et vous persistez; désormais, ce n'est plus un potage que vous faites, c'est du bouillon … Enfin … vous allez mieux comprendre avec ce qui suit ...). Néanmoins il est intéressant en ce sens qu'il pose à la fin -certes sous une forme également ironique et provocatrice- la question du sens de l'Etat et des Institutions. J'ai rassemblé sciemment dans mes commentaires l'exemple de Ouart et celui de ce général pour soutenir a contrario de PB que le sens de l'Etat et des Institutions ne lie pas à vie -ne peut pas lier à vie-. Le sens de l'Etat et des Institutions, c'est une idée en action formulée par telle ou telle personne à un moment donné et qui ne vise qu'à la consolidation du contrat social. Ce n'est nullement un contrat même provisoire entre cette idée et cette personne au motif que cette dernière aurait accepté tel poste de l'appareil de l'Etat ou atteint à une fonction similaire puisqu'alors l'idée n'existe pas encore et ne se créée -ou ne se peut être créée- justement qu'au moment de la rencontre entre l'homme et la fonction. PB dit que puisqu'on a été dans cette idée, on doit l'être toujours. C'est faux. Une idée ne peut commander à celui qui précisément va lui donner naissance. Et le fait même de l'avoir créée n'obligera jamais ni à vie ni même un moment son auteur. L'idée créée se diffuse à tous et chacun en prend sa part ou non; l'auteur de celle-ci à égalité les autres … Ainsi Ouart aujourd'hui et Germanos aujourd'hui. Quelle part est respectivement la leur désormais qui avaient chacun en leur place et leur temps crée l'idée? PB soutient qu'elle est nulle chez Ouart car on ne saurait emmener cette idée faire du commerce privé. C'est comme soutenir par avance qu'elle est de même nulle chez le Président de la République, Nicolas Sarkozy, puisque celui-ci l'a dit publiquement qu'il irait, après sa présidence, je cite, «faire comme Clinton et donner des conférences à 150 000 euros ...» et de même soutenir (et ici je ne voudrais pas faire de peine) que feu Dominique Charvet conservait l'idée quand il devenait directeur des musées de France quand Patrick Ouart la perdrait totalement quand il accepte une direction de Louis Vuitton … Ce sens de l'Etat et des Institutions (cette idée en action) survit à son créateur; il ne lui appartient plus ni ne l'oblige quand il n'est plus dans la situation qui permis sa création continuelle. C'est ainsi que l'Etat et les Institutions demeurent et s'enrichissent (sens intellectuel du terme), quand ceux par lesquels ils s'enrichissent et sont en action passent et à d'autres laissent la place … Ce qu'a fait Germanos pour l'Etat et les Institutions est important et demeure; ce qu'il a fait ensuite est autre chose que -paradoxe sublime de la démocratie- l'Etat et les Institutions qu'il a contribué formellement, officiellement, à enrichir et consolider dans cette Idée supérieure qui est le contrat social, condamnent au nom même de ces principes qu'à cet autre moment de son histoire il a longtemps consolidé et enrichit. On n'en est pas là avec Ouart dès lors que délié de cette idée (le sens de l'Etat et des Institutions), il retourne au contrat social et n'en transgresse pas les principes qui sont ceux du droit commun positif … C'est pourquoi la charge de PB contre cet homme ne repose sur rien sinon un pur subjectif pour lequel on n'a pas lieu à invoquer ici et ni l'Etat et ni les Institutions. Il n'y a pas de grands hommes d'Etat ni de petits; il n'y a que des individus qui à un moment et dans une situation (l'Etat et ses Institutions) mettent l'idée en action (le sens de ceux-ci) et élargissent positivement les items du contrat social; ou ne mettent pas l'idée en action et dans ce cas laissent les choses en l'état; ou donnent un autre tour à l'idée et alors trahissent et dénaturent le contrat social ainsi de la monarchie absolue ou du régime de Vichy … De Gaulle a le sens de l'Etat et des Institutions en 1946 quand il remet l'idée en action et par elle rétablit l'Idée supérieure du contrat social et la consolide; il le trahit en 1962; après 1969, la question ne se pose plus, l'Etat, les Institutions et le peuple s'en fichent qu'il fût allé chez Louis Vuitton ou en retraite à Colombey ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 06 novembre 2009 à 11:29
Marie, en France comme en Allemagne, les magistrats sont soumis aux mêmes lois et au même code pénal que vous et moi.
Leur statut ne les protège en rien contre des poursuites et des condamnations quand ils commettent des délits.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 06 novembre 2009 à 11:28
@Aïssa
"Cela m'a fait songer soudain à ce général d'Armée - mais oui, rien que ça -, ancien chef d'état-major, renvoyé ces jours en correctionnelle pour téléchargement et enregistrement d'images à caractère pédophile, soit des viols commis sur des enfants de 6 mois à 12 ans... G., il s'appelle."
Vous accusez en sous-main le conseiller ? Je ne comprends pas bien la pertinence de la remarque moi non plus.
Rédigé par : Catherine JACOB | 06 novembre 2009 à 11:09
"La discrétion de Patrick Ouart le conduit même à ne pas répondre aux invitations qu'on lui adresse... Il s'agissait d'un colloque que j'avais organisé sur la comparaison des justices européennes. Bêtement, je m'étais dit qu'il y avait là un thème qui pourrait l'intéresser..."
Monsieur Bilger, est-ce que vous croyez qu'à l'occasion de votre colloque, le Président et sa cour avaient envie d'apprendre de la bouche d'un avocat allemand, (ce que très probablement ils savaient déjà), qu'en Allemagne, un magistrat qui se laisse corrompre, contrairement à la France, passe devant la justice de son pays !
Tout comme se voir rappeler qu'en France il est de coutume d'écrire des lois pour ne pas les appliquer... Et que le pays dit des droits de l'Homme ne pratique en réalité qu'une Justice de copinage...
Le Président Sarkozy a préféré raccourcir à son arrivée au pouvoir le délai de la responsabilité des avocats plutôt que de mettre un magistrat corrompu devant ses responsabilités !
En France un magistrat prête serment et ensuite... ? les instructions pleuvent du ministère de la Justice. Si l'article 30 du CPP n'a toujours pas été abrogé, c'est bien parce que celui-ci convient aux politiques...
Je me souviens de ce magistrat poursuivi il y a quelques années pour corruption et qui semblait étonné du fait que recevoir des places de théâtre ou de concert, être invité dans un grand restaurant ou ailleurs, recevoir des présents, etc... pouvait être assimilé à de la corruption !
Qu'apprend-on à l'ENM ?
Rédigé par : Marie | 06 novembre 2009 à 10:48
Mais flûte à la fin !
C'est quoi cette manie de prendre en otage ce blog pour y déverser sa prose sur tout et n'importe quoi ?
Je n'ai rien à dire sur le billet de Philippe dont la forme me plaît beaucoup mais dont le sujet ne m'est pas connu : je lis, je m'informe et... je me tais !
Le général Truc, c'est pas le sujet, alors rompez !
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 06 novembre 2009 à 10:36
"Le retour dans cet autre univers, après l'Elysée, laisse tout de même songeur."
Enfin franchement.
Vous pensez sérieusement que M. Ouart réintègre LMVH pour faire du juridique pour LMVH ?
Mon idée est que M. Ouart poursuivra sa mission de conseil justice auprès du Président, genre en télétravail, si vous voulez.
Par ailleurs, j'ai écouté le commentaire vidéo de Mathieu Delahousse au sujet du management de l'activité Chancellerie de PO.
Il aurait fustigé Rachida Dati au prétexte que le GDS allait finir par brouiller et fâcher sévèrement Nicolas Sarkozy avec les magistrats...
Mais enfin, par exemple, la lumineuse idée qui a consisté à débarquer en pleine nuit dans un tribunal pour incriminer un juge à la suite du suicide d'un mineur en détention, c'est tout de même une idée à mettre à l'actif de M. Ouart et de l'Elysée, non ?
Le genre caractériel, consignes contradictoires, le chaud et le froid, les précipitations de toute nature comme méthodes de travail ont été directement inspirées par ce conseiller-super coach des deux GDS de Nicolas Sarkozy. Non ?
"Il s'agissait d'un colloque que j'avais organisé sur la comparaison des justices européennes. Bêtement, je m'étais dit qu'il y avait là un thème qui pourrait l'intéresser."
Franchement, Philippe, si j'avais été votre conseiller pour votre colloque, je vous aurais dit à propos d'une éventuelle participation de M. Ouart : bof, bof.
En réalité le sujet des justices européennes, le sujet de la Justice tout court, n'entre pas, n'entre plus depuis belle lurette dans l'univers professionnel de M. Ouart.
Si nous considérons sa biographie professionnelle, en fait, il n'a été magistrat "normal et au quotidien" que cinq toutes petites années, il y a de cela vingt-cinq ans...
Depuis le milieu des années 80, M. Ouart ne fait que de la politique... alors les questions de justice pour lui, croyez-moi, elles n'appartiennent qu'à sa préhistoire intellectuelle et professionnelle.
"Entre l'institution judiciaire et l'Etat. Il ne racontera jamais rien."
Sur les fonctionnements de l'Etat et du Pouvoir il doit sûrement en connaître beaucoup. Sur les fonctionnements des travaux et des jours de l'institution judiciaire, leurs quotidiennetés désespérantes, et sur les exigences de cette justice-là, à mon avis, ce n'est pas, ce n'est plus, sa sphère et ce, depuis fort longtemps.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 06 novembre 2009 à 08:59
Le pouvoir des conseillers est discutable mais ce n'est pas nouveau. Il y avait M-F Garaud, Juillet... qui n'étaient ni ministres, ni élus en leur temps.
Donc, rien d'extraordinaire à ce qu'un président se fasse conseiller.
Que ce conseiller soit magistrat n'a rien de choquant sauf à considérer que les magistrats doivent l'être à vie ?
Qu'il y ait des passerelles entre le monde économique et l'administration n'est pas plus choquant, ce serait même moderne !
Que nos magistrats aillent vivre la fin de mois d'une PME, avec des traites qui ne rentrent pas et 50 gus à payer avant d'aller embastiller à tout va pour abus de bien social !!
Évidemment, la vedette de votre billet aurait pu vous répondre, je suis bien d'accord.
Cordialement
Rédigé par : david | 06 novembre 2009 à 08:27
@Pierre-Antoine,
Il ne sert à rien d'ergoter sur les fonctions du général d'armée en question, qu'il n'ait été que chef de cabinet du ministre de la Défense plutôt que chef d'état-major n'a aucune espèce d'importance.
Je ne le trouve pas si indigne, il reconnaît les faits, il demande à être soigné, il ne manigance rien, alors foutons-lui la paix et laissons faire la Justice.
Je ne vois d'ailleurs pas ce que son cas vient faire ici.
Rédigé par : Ludovic | 05 novembre 2009 à 22:21
Il ne faut pas s'attarder, cela semble tourner au pugilat, au sujet d'un général qui n'est en rien concerné par les propos de notre hôte. Dommage.
Rédigé par : yves | 05 novembre 2009 à 21:01
@Aïssa
"Ah je l'ai toujours dit : on ne fera pas d'un parachutiste un vicaire impartial du Christ"
Je vous rejoins parfaitement, pour deux raisons :
1- je ne suis pas parachutiste, le parachute n'était pour moi qu'un moyen de transport aérien vertical descendant !
2- Le Christ n'a aucun vicaire sur terre, il n'en a pas besoin... et n'en a pas désigné !
Il assure lui-même la verticalité ascendante directe entre lui et chacun de nous, et ce, sans interférence humaine.
Pour le reste...
Relisez-vous, vous avez dit "chef d'état-major (...) G." et c'est là-dessus que je vous ai dit qu'il n'y en avait aucun qui correspondait à la lettre G.
Pour votre parfaite information (cela n'a rien de corporatiste) un commandant d'unité, ne commande, fut-il le prestigieux 2ème REP, que son unité, pas un état-major.
De plus un sous-chef d'état-major n'est pas que je sache "chef" il n'est que "sous" le chef d'état-major".
Vous vous seriez contenté de dire "le général (...) G." a des ennuis d'ordinateur, je n'aurais pas eu la curiosité de regarder la liste des chefs d'état-major TAM et cela m'aurait évité de sortir le gros calibre :-)
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 novembre 2009 à 20:23
@ Alex Paulita
L'univers du luxe est plus complexe, derrière cette appellation une seule marque est en mesure de revendiquer cet attribut: Chanel dont Karl Lagerfeld contrôle 100 % la conception, la fabrication, et la distribution exclusive avec une main d'oeuvre qui réalise entièrement sur le territoire français.
LVMH avec ses marques phares comme Louis Vuitton ou Dior est moins soucieux de cette rigueur, peu de gens le savent, mais les tiges (aspect technique inutile à développer) des souliers Vuitton sont fabriqués en Inde, avec une astuce de directive européenne qui verra Made in Italy. Depuis une quinzaine d'années, grosso modo depuis l'arrivée de Bernard Arnault et François Pinault dans l'univers de l'habillement, du soulier et des accessoires de luxe, des techniques sournoises de fabrication se sont développées en dehors des ateliers français exterminant un savoir faire, externalisant à moindre coût.
La technique la plus évidente est la suivante: adresser les modèles à réaliser en Pologne ou en Inde, ensuite acheminer en France ou en Italie les modèles en kit qui seront montés par les ouvrières pour bénéficier de l'étiquette tant convoitée du made in France ou made in Italy. Il existe encore quelques créateurs et artisans qui résistent en dehors de LVMH et PPR.
Rédigé par : SR | 05 novembre 2009 à 19:27
@Denis Monod-Broca,
Mais finalement qui arbitre ?
Le conseiller ou le Président élu ?
J'espère quand même, que là-dessus, on ne puisse pas douter.
Alors anticonstitutionnel le conseiller ?
Je ne suis pas d’accord.
Rédigé par : jpledun | 05 novembre 2009 à 19:10
Je vous dis de ne point touillez et vous touillez malgré tout … Vous êtes incorrigible, cher adjudant Pierre-Antoine …
Aucun commandement, écrivez-vous … Ni Etat-major ni bernique … Et ça, c'est quoi: Commandant le 2ème REP; Sous-chef des opérations à l'Etat-major des Armées … Rajoutons des palmes, tiens, un laurier: Commandeur de la Légion d'honneur … (Quand je pense que moi je ne suis que Officier; une fausse que j'ai achetée il y a longtemps à Saint-Ouen et ce cher PB, Chevalier je crois, pas davantage mais une vraie quand même …) …
Que dirai-je si vous confondiez docteur et infirmier?, me demandez-vous … Je vous dirai, mon cher, qu'en homme avisé et au fait de bien des choses que vous ne soupçonnez pas, il est souvent à l'hôpital ou ailleurs où je préfèrerai être soigné par tel infirmier que par tel docteur …
Ceci dit, je vous trouve singulièrement bien corporatiste soudain … Ah je l'ai toujours dit: on ne fera pas d'un parachutiste un vicaire impartial du Christ … Tous mes espoirs reposaient sur vous et voilà que jetez par devers la sainte Bible pour me brandir les «calibres des armes» … Le goupillon a ses limites dialectiques manifestement ... Seigneur, ayez pitié du sous-officier commando en retraite et prêtre d'active Pierre-Antoine, il ne sait plus ce qu'il fait … :)
Causons plutôt du sens de l'Etat et des Institutions si cher à la ministre et sur lequel ce cher PB met l'accent de la manière la plus austère ...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 05 novembre 2009 à 18:55
@ sbriglia
se prévaloir = s'enorgueillir, ne pas confondre avec servir (la justice).
Rédigé par : SR | 05 novembre 2009 à 18:30
@Aïssa,
Cher ami, avant de croiser le fer avec vous, je réfléchirai à la longueur des seringues, avant de le croiser avec moi réfléchissez au calibre des armes :-)
Je connais bien mieux mes classiques que vous ne le pensez.
Vous parliez de chef d'état-major, il ne fut QUE chef de cabinet militaire du ministre de la Défense (même pas du premier). Un rôle d'organisation, pas de commandement.
Que diriez-vous si je confondais docteur et infirmier ?
Quant à la libido du personnel médical, j'en ai une petite connaissance pour en avoir croisé intramuros qui n'avait pas la déontologie chevillée au corps.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 novembre 2009 à 17:41
Après la plume trempée dans l'hydromel de l'Olympe judiciaire, séjour des bienheureux magistrats, voici la plume trempée dans le vitriol de l'Olympe politique, séjour des personnages en transit...!
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 novembre 2009 à 17:37
@Denis Monod-Broca,
"Cette équipe de conseillers que s'est donnée M. Sarkozy, équipe sans existence constitutionnelle mais plus puissante que le gouvernement, est une atteinte à la Constitution"
Je ne crois pas que vous ayez raison sur ce point, comme je le soulignais dans mon précédent commentaire, et on me taxera difficilement de sarkophilie, l'existence des conseillers du président ne s'oppose nullement à la Constitution, encore une fois ils ont toujours existé.
Ce qui est nouveau c'est de voir certains de ces hommes de l'ombre s'exposer en pleine lumière et accaparer un rôle qui légitimement revient au gouvernement.
Après tout, les ministres non plus ne sont pas élus mais nommés par le président de la République sur proposition du Premier Ministre (enfin en principe).
Mais les conseillers, qu'ils soient spéciaux ou spécialisés, ont vocation à rester des hommes de l'ombre.
Rédigé par : Ludovic | 05 novembre 2009 à 17:02