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Voici les sites qui parlent de Auschwitz banalisé :

Commentaires

Laurent Remise

Certes le vol de ce symbole de la Shoah est odieux. Mais il faut raison garder et il me semble, à moi aussi, plus important de traiter des crimes actuels et de la justice avec ses faibles moyens.
Mes propos vont peut-être choquer certains, mais je pense aussi qu'il faut être clair.
Ce qui me chagrine toujours un peu quand on parle des camps nazi, c'est qu'on y associe la Shoah en parlant peu (trop peu) des autres personnes exterminées dans ces camps et qui ont été les frères de sang des victimes de la Shoah. L'extermination a été quasi-universelle contre ceux et celles qui gênaient le régime nazi et pas seulement contre les juifs.
A propos du "travail qui rendrait libre", qui pourrait croire encore aujourd'hui en un tel slogan ? Les seules personnes libres dans notre société sont les capitalistes qui ne travaillent pas et font travailler les autres. Ceux qui travaillent ne sont justement pas libres et contraints de travailler pour atteindre le niveau 1 de la pyramide de Maslow.
Quant à parler de l'extermination la plus importante de l'histoire, il me semble qu'on oublie un peu trop facilement l'extermination de tous les peuples améridiens et d'une grande partie des indiens d'Amérique du Nord. Mais personne n'en parle, pas de musée, pas de devoir de mémoire... Pourquoi ???

J.A

Merci ! Et bonnes fêtes à vous monsieur Bilger. Bonnes fêtes aux Blogueuses et Blogueurs ; et meilleurs voeux à tous pour 2010 !

philippe.bilger


Je profite du commentaire de MS pour vous indiquer que je pars quelques jours à Annecy pour les fêtes. Je vais essayer de soutenir le même rythme pour mes billets et vos commentaires seront évidemment publiés dans les meilleurs délais. Que personne ne s'inquiète. Je vous remercie d'ailleurs pour la qualité de ceux-ci, qu'ils approuvent ou non la teneur de mes billets qui cherchent souvent à stimuler votre réactivité. Pour ne parler que de mon tout dernier post, j'ai lu avec infiniment d'intérêt les réflexions qu'il vous a inspirées. Je regrette de ne pouvoir répondre directement à chacun d'entre vous, en particulier à Pegobry qui m'a appris beaucoup même si, me semble-t-il, il exagère la tonalité négative de mon billet. A ce sujet je voudrais souligner qu'en dépit des apparences je n'ai aucune certitude indiscutable sur ce plan. Je me pose des questions et il s'agit davantage d'un portrait en creux de Benoît XVI que d'une analyse historique du comportement de Pie XII. Le titre d'un billet se doit, quand on peut, d'interpeller et vous aurez compris que l'assimilation de Pie XII à Papon par Alain Duhamel est tout à fait grotesque à mon sens. Surtout, n'oubliez jamais que l'écriture fait trop souvent disparaître des ombres et des doutes que la pensée pourtant recèle. Très bonnes fêtes à vous tous et formidable année 2010 !


> Message du 22/12/09 09:43

MS

@Laurent Dingli
Voulez-vous dire que la sémantique a évolué entre 1789 et 1794 ? Peut-être, je sais pas...
Parce qu'il est bien clair que le Culte de l'Etre Suprême introduit en 1794 s'inscrit dans une volonté de déchristianisation de la France.
Il me semble que c'est dès 1789 une religion de l'Humanité qui lui est associée. Sinon pourquoi ce terme nouveau et non pas Dieu de Jésus-Christ, Tout-Puissant, Créateur... ?

Laurent Dingli

Non, non, MS, l'Etre suprême de 1789 n'est pas "l'homme nouveau", mais bien une divinité. Attention aux anachronismes. L'invocation à l'Etre suprême, ajoutée dans le préambule de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen au cours des séances, correspond à la foi chrétienne de la quasi-totalité des Français et, plus particulièrement, à celle des membres de l'Assemblée nationale.

MS

JDR,
La banalisation de l'exception d'Auschwitz ne peut être ni banale ni ordinaire, sinon Auschwitz n'est plus une exception (mais un constituant ordinaire dans ce processus de banalisation).
Sur précisément le caractère tout à fait exceptionnel de cette banalisation, cf. mon premier post.

Surcouf,
L'Etre Suprême n'est certes pas dans l'esprit des révolutionnaires de 1789 une divinité, mais l'homme nouveau dans son parfait accomplissement futur. En ce sens, il est un Absolu, auquel la Déclaration est adossée en vue d'en fonder son caractère inaliénable. D'où (et implicitement dans l'esprit des révolutionnaires) : " Le Bien ne peut exister qu'adossé à un Absolu dont il procède".

oursivi

Lucullus-Surcouf, à en croire votre post et votre lien, de la religion, pour vous, les carottes sont cuites.

Est-ce encore de la croyance que de les espérer crues ?

AO

oursivi

"Le sort d'Auschwitz est celui de la vallée des rois."
JDR,
Qu'est-ce que sont ces salmigondis ?
Vous, pris en flagrant délit d'éthylisme anticipé, pincez-moi, je rêve.

Comparer le sort de millions de gens sacrifiés par quelques fous assassins à celui de rois (pharaons, ne jouons pas sur les mots mis) dont le travail des archéologues et des historiens dit la grandeur de l'art et de la métaphysique, quelle hérésie !

Que l'Occident ait choisi de les remettre en lumière, eux et leurs productions de sens et d'art, quel crime en effet ?!!!

Choisissant de les parer de la gloire d'avoir su inspirer ou choisir cet art là, quelle trahison...

De nous être enrichis à jamais (nous l'humanité) d'une des plus grandes métaphysiques que les hommes ont inventées, quelle vilenie...

Les Egyptiens contemporains, si ne sont des ingrats, eux qui savent que 80% de leur PNB vient du tourisme archéologique, devraient être infiniment reconnaissants envers Napoléon et la perfide Albion qui lui emboîta le pas quant à faire de ce passé enfoui - et par des dizaines de générations de leurs ascendants totalement méprisé déjà du caractère polythéiste si incompatible avec le joug islamique embrassé par ceux-là - un phare dédié à l'universel du génie humain.

Qu'on ait en outre autopsié des momies n'est pas plus choquant que d'autopsier de fort récents vivants, hier parmi nous, dont la famille sait pourtant le tourment affligé aux chairs sans vie, la rationalité l'emportant là heureusement.

Quant à prétendre connaitre

1. Les réelles envies de ces gens morts si loin, eux si épris de vanité et de gloire historique quant au sort fait à leur éternelle traversée et à celle de leur mémoire, eux si souvent posés au coeur de lieux bâtis pour édifier le passant des faits de leur grandeur...? Furent-elles de réelles envies de demeurer dans un infini silence ou adéquates à une renaissance historique que leur offre notre monde contemporain, à de si désireux d'en inventer une autrement hypothétique...
A ce propos, je rebondis sur une chose vue dans un récent reportage diffusé sur Arte samedi soir dernier, où à en croire l'égyptologue strasbourgeois les parcourant, les "textes" laissés à l'entrée du vaste monument funéraire laissent à penser que celui pour lequel fut érigé cette tombe anticipa la lecture qu'en feraient d'autres, bien plus tard, leur souhaitant presque la bienvenue...

2. Quel sens faut-il donner à des volontés exprimées si loin de nous, qu'il nous faut en sus interpréter depuis notre système hors toute parenté du leur ?
Un pharaon voulant interdire à des pilleurs de récupérer ses atours, c'était peut-être au sens de conserver l'unité de ceux-là, d'interdire leur dispersion, leur refonte, leur dénaturation ; en est-il privé quand sa tombe est reconstituée dans un musée, entouré des objets qu'il s'était lui-même choisis, ne verrait-il pas là une façon d'immortalité dont il n'aurait lui-même rêvée ?

3. Quelle valeur a un désir, une aspiration, hors toute conscience pouvant lui donner sens ?

Entre autres.

AO

Surcouf

@MS
[i]Les révolutionnaires de 1789, qui n'avaient pas encore perdu la raison, ont cru bon d'adosser (dans leur préambule) la Déclaration des Droits de l'homme à une transcendance, l'Etre Suprême, afin de pouvoir en attester (toujours dans le préambule) le caractère inaliénable c'est-à-dire absolu[/i]
Permettez-moi, comme athée, de m'inscrire en faux sur la prétendue existence d'une entité supra quelque chose.
Je sais bien que l'athéisme a mauvaise presse mais je ne renierai pas mes convictions pour autant.
A priori, dans notre société, peu importe la religion mais il convient d'en avoir une sinon on passe pour un mécréant au yeux des bien-pensant.
Pour autant je ne demande pas aux croyants de renier les leurs.

marcel

Au Cambodge, il y a des morceaux de ferraille qui sèment la mort tous les jours et malgré le génocide dont il a été victime, le peuple de ce pays n'a pas la chance d'émouvoir l'Européen travaillé au corps par l'ancien et le nouveau testament qui sont des manuels pour apprendre la haine et où les nazis ont sûrement puisé leur concept de race supérieure, de "peuple élu". La conscience de la Shoah ne concerne que la mauvaise conscience européenne, le reste de la planète n'y est pour rien et vue l'indifférence qui est la vôtre aux souffrances des autres peuples que ceux chéris de Dieu, comprenez que le vol d'une pancarte soit tout à fait relatif. Indignez-vous pour quelque chose qui vaille la peine et ne surfez plus sur une vague que vous entretenez au risque de provoquer une autre tempête.

Isabelle Rambaud

Les espaces sacralisés ne souffrent pas la profanation parce qu’ils ont partie liée avec la mort : cimetières, lieux de cultes, camps de concentration… Les injures, les tags, le vol provoquent donc douleur individuelle ou collective, pour la mère qui découvre la disparition d’une statue sur la tombe de sa fille comme pour les survivants des camps et leurs familles qui sont bouleversés par ce récent vol du fronton d’Auschwitz. L’écho qui est donné à cette douleur dans les médias est à la mesure des sites et des populations concernés.
Je suppose que si la flamme du soldat inconnu était « volée » sous l’Arc de Triomphe (elle est quand même bien gardée !), l’armée et les anciens combattants feraient aussi part de leur stupéfaction douloureuse.
Mais faut-il tant se stupéfier de ce qui relève peut-être plus d’une grande bêtise que d’un acte volontairement antisémite ? Les auteurs ont été arrêtés, l’enquête se poursuit comme on dit et l’on devrait prochainement en savoir plus sur leurs motivations.

Jean-Dominique Reffait

MS, il suffit de lire pour comprendre.
Ce qui est ordinaire est la banalisation et la désacralisation.
Il n'y a donc pas de grand écart entre ce qui fut un lieu très sacralisé de l'Egypte ancienne que nous désossons aujourd'hui sans la moindre gêne et ce lieu sacralisé qu'est Auschwitz, en passe d'être désossé itou. Les premiers profanateurs de la vallée des rois furent des égyptiens contemporains qui se cachaient pour piller les tombes, tout comme nos voleurs d'Auschwitz. Demain, les profanateurs d'Auschwitz seront tout aussi officiels et estimés que nos égyptologues.

On peut le constater comme une permanence humaine sans l'approuver. C'est en cela que je rejoins complètement Philippe : c'est un phénomène à la fois inéluctable et détestable.

Ludovic

@ J.D. Reffait,

Curieuse comparaison, Auschwitz et la Vallée des Rois. J'avoue que le lien m'échappe et comparer la recherche archéologique à ce vol odieux est surprenant de votre part.
L'historien que vous êtes n'ignore pourtant pas ce que la connaissance historique doit à l'archéologie, tout particulièrement s'agissant de l'Egypte pharaonique dont on ne saurait quasiment rien.

J.A

Il est des douleurs dont on ne guérit jamais ! Auschwitz, Kathyn, Sétif ; et bien d'autres pour nos mémoires.

Laurent Dingli

JDR,
Auschwitz et la Vallée des Rois ? Un peu indigeste votre nouvelle marmelade.

oursivi

Rédigé par: Duval Uzan | 20 décembre 2009 à 13:49

On ne sait très bien à vous lire si relevez d'une inscription au CE1-2 où on apprend le sens de la numérotation décimale, ou de St Anne où on apprend à enfiler un vêtement assez peu lâche aux entournures ?

PB, rassurez-moi, avec ce dégel, je doute, serions-nous déjà à Pacques pour faire (ré et pas rai)sonner tant de cl.....

AO

oursivi

"Trop souvent, et moi le premier, on éprouve le besoin d'aller chercher dans les comportements odieux une rationalité même primaire. Parce qu'il est trop difficile d'accepter la bêtise nue et ses ravages."
PB

Conclut un très joli paragraphe, que l'on pourrait peut-être résumer de la fameuse maxime qui veut que l'on doive "préférer les malhonnêtes aux andouilles, car les malhonnêtes se reposent parfois, eux."

C'est probablement de cela que ce vol relève. Mais les réactions qu'il suggère sont autrement intéressantes quant à ce qu'elles disent de qui les profère.

AO

Pierre Verhas

On a arrêté les voleurs.

Il s'agit soit de malfrats qui agissent pour un "collectionneur", soit de simples voleurs de métaux.

En attendant, cette affaire prouve que nous vivons dans un monde où tout est désacralisé, y compris la mémoire.

Sans doute est-ce dû à l'individualisme exacerbé qu'on a développé dans notre société.

MS

Je souscris pleinement et je pondère. JDR

Vous souscrivez pleinement (au caractère exceptionnel donc, "Auschwitz est une exception souillée, banalisée" - PB) et votre pondération qui consiste à banaliser la banalisation débouche en totale contradiction ("rien que de très ordinaire" - JDR) avec votre acquiescement initial.
Le relatif n'est décidément pas très rationnel.
Il est même sans pondération quand l'articulation de son grand écart vient à mettre sur le même plan "Le sort d'Auschwitz e(s)t celui de la vallée des rois".

Allez, une note positive, nous allons encore fêter Noël. Tout ne passe peut-être pas ;-)

Robert

@ Denis Monod-Broca

Les symboles sont indispensables à beaucoup d'actions humaines, ne serait-ce que pour fixer le cadre "moral" dans lequel elles doivent se dérouler et en être les garants.

Cela me fait penser au drapeau, sacralisé singulièrement par les militaires. Ceux-ci se battront et accepteront de se faire tuer pour ce bout de chiffon coloré, non pas pour ce qu'il est physiquement, mais bien pour ce qu'il représente, la France et ses valeurs qui méritent d'être défendues au péril de sa propre vie.
A défaut d'une telle référence, il est évident que le militaire n'est plus le soldat de la liberté, mais devient un mercenaire au service d'intérêts particuliers...

Bernard-27400

@ Denis Monod-Broca

Je suis bien loin de partager votre avis et certainement pas le seul. Effectivement si cette pièce dans son individualité n'est qu'un "bout de ferraille", cette pièce appartient à un tout, c'est le membre d'un corps, d'ailleurs comparable à notre corps. Une phalange d'auriculaire anatomiquement parlant n'est rien, mais vue sur l'homme, elle appartient à un tout et si on vous la coupe vous souffrirez... C'est un peu pareil.
D'autre part, on commence par cette plaque, puis les barbelés, les miradors,... le camp, puis on finit par monter un parc d'attractions à son emplacement, c'est pour ça que la tolérance zéro doit exister pour ce genre d'acte sous peine de le voir se banaliser et se répéter avec plus de vigueur.

Véronique Raffeneau

jpledun dit l'essentiel de ce que je voudrais exprimer à propos de ce vol.

Ceux qui ont été massacrés à Auschwitz ou ailleurs dans cette Europe de la nuit sont à tout jamais dans notre coeur.

A Bobigny il y a une gare désaffectée où quelques-uns se retrouvent chaque année en mai pour se souvenir de tous ceux qui sont partis là de France pour mourir assassinés.

Personne, jamais, ne pourra voler les rails, les murs, l'escalier en pente qui mène à cette gare de désolations et de malheurs.

Laurent Dingli

@ Duval Uzan,
Je suis d'accord avec Ludovic, vous faites un bien mauvais procès à Philippe Bilger. Oui, vraiment, calmez-vous, cela devient grotesque.

yves

Il est urgent d'attendre.
Il faut tourner sept fois sa langue etc.
J'ai essayé, je n'y arrive pas.
Et aussi, après la pluie...
L'indignation n'est pas une discipline, elle s'apparente au réflexe un peu comme un coup de poing, peut-être trop vite donné mais lancé pour se protéger.
Si tout est relatif, si avec le temps tout s'en va, c'est le présent qui compte et qui décide de tout.
Tant mieux si tout rentre dans l'ordre, nous oublierons l'incident.
Auschwitz ne s'oubliera pas, c'est une marque au fer rouge sur le front de l'espèce humaine.

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