Je n'ai jamais signé une pétition de ma vie et pourtant je vais sauter le pas. Je manque tellement d'expérience dans ce domaine que j'ai seulement laissé un message, avec mon nom, sur le répondeur téléphonique de l'association des professeurs d'histoire et de géographie et que depuis j'espère avoir été inscrit sur la liste. Cela me fait un drôle d'effet. Accepter de coexister avec tant d'autres qu'on estime ou qu'on ne connaît pas, partager un temps le même espace, ce n'est pas rien. Comme cette démarche de ma part demeurera unique, j'ai pris garde à ne pas me tromper, à ne pas m'engager dans un combat douteux, partisan ou insignifiant. Il fallait absolument que la cause fût bonne.
Elle l'est. L'histoire et la géographie doivent devenir optionnelles en classe de terminale S dans le cadre de la réforme du lycée. C'est une faute, peut-être même un scandale. En tout cas une aberration. J'ai pris connaissance des explications du ministre Luc Chatel, de Richard Descoings qui a défendu ses propositions et sa vision de l'enseignement scientifique et littéraire. J'ai perçu les inquiétudes de tel ou tel syndicat étudiant craignant que cette polémique occulte les problèmes posés par la réforme du lycée dans son ensemble (nouvelobs.com, Le Monde, Le Figaro, Le Parisien).
L'idée même de rendre optionnel ce qui, pour la plupart des esprits de culture et de bonne foi, relève du fondamental - quelle que soit la voie choisie - semble surgie, de manière erratique, d'élucubrations plus désireuses de provoquer que de pacifier. Il y a des matières auxquelles on ne doit pas toucher parce qu'admettre leur caractère facultatif pour les besoins d'une rationalisation discutable, c'est déranger l'ordre d'un monde qui ne peut pas se passer d'elles pour se comprendre, qui refuse de les négliger parce qu'il ne serait plus compris. Quand un système, poussant au plus loin la sophistication et la rigueur de son organisation, en est réduit à de telles extrémités, force est d'admettre que lui seul doit être modifié, et non pas ce qu'il exige dans son apparente logique. L'histoire et la géographie ne sont pas négociables dans une société comme la nôtre. On ne chipote pas avec elles. On ne feint pas de mettre en cause leur légitimité en les frappant de contingence. On les garde précieusement comme un trésor ou de plus en plus une planche de salut.
Par quel étrange masochisme ce pouvoir - qualifiable rapidement "de droite" - éprouve-t-il l'envie de saper les fondements de ce qui constitue une civilisation du quotidien ? Par quel surprenant détour a-t-il pour obsession de décevoir les sympathies intellectuelles et les affinités d'esprit qui croyaient pouvoir s'attacher à une conception de l'univers respectueuse du passé et porteuse d'avenir qu'on lui prêtait naturellement ? Par quelle volonté perverse de piétinement et de destruction, non pas les militants ni les partisans toujours convaincus mais la famille d'esprit plus largement entendue , au regard des principes et des valeurs tant pour les comportements singuliers que pour l'être collectif, est-elle ainsi insensiblement déçue, écartée comme s'il convenait à toute force, pour se distinguer, de sacrifier l'essentiel et l'identité qui rassemblaient ? Il n'était pas nécessaire d'avoir voté en faveur de Nicolas Sarkozy pour penser que ce ne serait pas son gouvernement, à l'évidence, qui proposerait l'histoire et la géographie optionnelles ou l'abandon de la culture générale ici ou là. Il y avait des cohérences qui semblaient inscrire chaque camp dans un réseau clair et serré d'orientations et de prescriptions. On aurait eu tout faux !
Le débat sur l'immigration et l'identité nationale, à supposer qu'il soit aujourd'hui opportun et ne risque pas de susciter plus de fractures que de consensus, n'a rigoureusement aucun sens si on le relie à cette histoire et géographie optionnelles en terminale S. La contradiction forte qui existe entre l'histoire ciment d'une République et l'histoire reléguée manifeste qu'aiu sein même de l'univers du pouvoir, la coordination est imparfaite puisque sur le plan de l'enseignement elle bat en brèche ce sur quoi l'effervescence civique devrait s'appuyer. J'ajoute que le salmigondis historico-culturel dont Henri Guaino a parfumé certains discours du président de la République, la journée consacrée à la lettre de Guy Môquet sont totalement déconnectés par rapport à ce désinvestissement éducatif. On est en droit d'exiger d'un Etat que le chemin qu'il trace, surtout pour ces tréfonds d'un pays infiniment plus importants que les joutes de la politique, soit limpide et lisible.
L'histoire, comme l'a dit Dominique de Villepin, c'est la compréhension du monde. C'est aussi, dans un univers qui est moins passionné par la transcendance, une sorte de plongée inverse dans la réalité des siècles, les vies et les tumultes de notre pays, ses gloires et ses hontes, la perception sensible et chaleureuse que nous sommes portés par un destin collectif et que celui-ci continuera après nous. L'histoire et la géographie, c'est donner de l'éternité à notre précarité, de la profondeur à notre légèreté, du passé à notre avenir, de l'espérance à notre pessimisme.
Le magistrat, dans la mesure même où la controverse se rapporte à l'humain, à l'apprentissage de la mémoire et de la tolérance, à l'analyse des causes, à la culture du temps long et court, à ce socle fondamental composé de matière et d'âme, de regret et de désir, est directement intéressé par ces disputes des derniers jours, impliqué parce que la problématique est loin d'être étrangère à ce qui fonde ou non une justice profonde et riche. Des projets moins discutés ont été retirés. Il ne peut pas être optionnel d'être ou non un citoyen digne de ce nom. On ne prive pas plus de l'histoire que du pain.
Cette pétition, oui, il faut que je la signe.
Ce sujet est vraiment intéressant ; j'y reviendrai peut-être... Une colle en attendant, que je posais ainsi au fil de mes promenades et rencontres et même ici sur des tchats à beaucoup concernés (lycéens) ou moins (autres) et à laquelle aucun n'a su me répondre : quel fut au XXème siècle en Europe "intra muros" l'autre grand génocide qui fit en moins de temps plus de morts que le génocide des Juifs par les nazis ? Personne, pas un(e) ne m'a répondu correctement ; tous ignoraient ce dont je leur causais quand je donnais la réponse... Les historiens sérieux ici présents, prière de ne pas souffler... C'est dire combien ce débat quant à l'histoire-géo en terminale S et autres et plus généralement l'histoire-géo au lycée est mal posé. En vérité, c'est tout l'enseignement concret et véritable de ces matières qu'il faut complètement repenser, et au lycée et même au-delà... C'est un véritable drame de la connaissance généralisée du passé auquel la société dans son ensemble est confrontée et d'autant plus confrontée en sa jeunesse et cette petite polémique à laquelle nous assistons aujourd'hui n'y fait rien en réalité ni en mal ni, pire, en bien.
Re-joyeuses...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 19 décembre 2009 à 00:27
Tout ce qui est excessif en devient dérisoire.
Cet auto-sujet de dissertation pour élève de
1ère L (dissertation de français, même pas
de philo) a été outrageusement brandi
avec des effets de manches lyriques, des
sonorités d'appels au Sauvetage du
Monument menacé ...
Que d'emphase et de grandiloquence pour un
petit aménagement technique : on ne voit
pas en quoi l'Histoire serait menacée, il
faut penser à l'intérêt des jeunes, voici
l'opinion d'un Historien Universitaire dans
les commentaires d'un grand quotidien :
"
Plutôt une bonne réforme
07/12/2009 à 09:39
Malgré mes sympathies pour bon nombre des signataires de la pétition et ma qualité
d'historien universitaire, je ne suivrai pas cette condamnation réflexe d'une réforme qui
cherche à sauver la voie littéraire, la plus indiquée pour la formation des historiens (même si on peut évidemment y venir de tous horizons) et qui va donner au contraire à l'histoire le
statut de discipline sérieuse en première scientifique, comme l'est le français actuellement, car évaluée dans une session particulière du bac, sans entrer en concurrence avec les disciplines scientifiques. Actuellement, la majorité des élèves de Terminale S surchargés de cours, l'oeil sur les coefficients, négligent cette discipline, à l'exception d'une minorité (tout le monde ne prépare pas Sciences Po!) qui a des objectifs plus ouverts. Ceux-là
garderont évidemment l'option Histoire. Quant aux autres, ils ne seront plus là à garder le radiateur mais est-ce un mal ? Par ailleurs, il serait vraiment temps de démonter ce mille-feuille indigeste qu'est devenu le cursus du lycée. Le bac que j'ai passé avait 3 fois moins d'épreuves que le marathon que mes filles ont subi. C'est une (mauvaise) spécificité française qui conduit au bachotage et à l'encyclopédisme de surface, pas à l'esprit critique.
"
Et nous lui avons répondu :
"
Excellente analyse : vous avez la hauteur de vue d'un vrai Universitaire
07/12/2009 à 11:12
Mais il y a une meute des "boutiquiers"...
Si vous surveillez nos "réponses" à votre
commentaire, j'aimerais votre avis sur la
proposition suivante : supprimer les maths
"calculatoires" en 1ère et Term. Littéraire au
profit d'un enseignement d'Histoire des
Sciences et techniques ; celui-ci pourrait
être dévolu à 3 corps de "spécialités" : un
historio-géographe pour les descriptifs
commentés (approche sociologique),
un philosophe pour l'approche des questions
épistémologiques de fond (grands enjeux
culturels des systèmes de pensée en liens
avec les découvertes et évolutions), enfin un
scientifique (ou technologue) assurerait des
vulgarisations de qualité sur de grandes
questions (astronomie, mécanique, lumière,
biologie, génétique, psychisme) ... les 3
interventions se partageant le programme.
Trop souvent par mépris rancunier, les
"littéraires" affublent les sciences "dures"
d'une image de dogmes rigides alors que
c'est une formidable histoire humaine
bien vivante !
Il est grave et inquiétant que tant de futurs
"décideurs" énarques magistrats avocats
et politiciens soient dans une honteuse
ignorance des déterminismes sociaux
issus des modes de vie techniques issus
eux-mêmes de l'histoire des progrès dans
la connaissance scientifique du monde :
qu'en pensez-vous SVP (d'avance merci) ?
"
Sur quoi notre Historien a écrit :
"
Réponse à PARITOLOG
07/12/2009 à 12:29
Intéressant en effet mais difficile à réaliser, dans tous les lycées puisque dépendant de la compétence et des bonnes volontés des représentants locaux de ces 3 corps de discipline. Dans mon université, nous avons développé des Unités optionnelles de ce genre (culture scientifique pour littéraires) qui rencontrent l'intérêt des étudiants. Quant aux maths calculatoires, en tout cas statistiques, elles me semblent nécessaires, notamment en sciences sociales et d'une façon générale pour la formation du citoyens (combien ne savent pas interpréter un pourcentage ou un sondage?). Les programmes de maths ont plutôt évolué dans le bon sens en première L mais le problème c'est qu'elles ne sont souvent mal enseignées par des matheux qui considèrent que les stats ne sont pas des "vraies" maths et les élèves littéraires un public médiocre (ce qui est partiellement vrai mais pas forcément de leur point de vue...).
"
Et nous d'épiloguer :
"
Réponse à Alceste001 : d'abord merci,
07/12/2009 à 14:26
Les "littéraires", parce qu'ils sont bloqués
face aux formalismes de logique pure
mathématisée, ne doivent pas pour
cela être privés de clés de savoir
global sur ce qui détermine une grande
part de l'Histoire : nous en sommes
bien d'accord. Dans la mesure où de
plus en plus d'automates effectuent
les routines, l'essentiel est de leur
décrire les significations profondes des
concepts sans les obliger à des
maniements "techniques". Sur leur
besoin en approches probas-stats,
vous avez parfaitement raison car
dans les sciences pas ou peu
déterministes, faibles en modèles
comme la physique construite, c'est
indispensable : mais vos étudiants
peuvent très bien commencer les TD
de stats si besoin après le bac, il n'y
a pas d'âge et avec les formidables
moyens de l'informatique il y a une
possibilité "soft" de "montrer" sans
obliger un peu-matheux à "démontrer".
"
Autrement dit : tempête dans un verre de "S",
le vrai drame est l'incommensurable ignorance crasse des "L" futurs énarques
avocats magistrats et autres "puissants" sur
les concepts des sciences de progrès ...
Car TOUS les progrès proviennent ab ovo
d'innovations techniques et d'éclairages sur
l'environnement (écriture, imprimerie, astronomie et explications du monde, etc...).
Le "droit" s'adapte toujours avec des siècles
de retard sur les progrès de fond qui sont
TOUJOURS initiés par les savants les ingénieurs les artisans etc...
Rédigé par : PARITOLOG | 15 décembre 2009 à 08:31
Cher monsieur Bilger
Je crois sincèrement que vous avez choisi la mauvaise pétition.
Quand on voit ce que pensent les lycéens de l'histoire en général, et au sein de la série S en particulier, je crois que certains crient ici au loup pour pas grand-chose ou par corporatisme pur et dur.
Série S :
Coef histoire 3
Coef math 7
Coef physique 6
Coef bio 6
+2 pour la spécialité choisie.
Autrement dit ce n'est pas en histoire qu'ils bossent le plus.
C'est une situation générale que j'ai pu voir lorsque je suivais mes garçons lors de leur lycée où l'un d'eux a fait S.
Et puis on passe bien l'épreuve de français en 1ère. Nos lycéens sont-ils pour autant des incultes ?
Epreuve de bac en 1ère :
français et biologie pour les ES
Mais pour les ES personne ne s'inquiète qu'ils ne fassent plus de bio en terminale.
La bio serait-elle moins noble que l'histoire ?
L'élitisme de la classe S
Se pose-t-on plus tard la question des 30 à 40% de S qui lâchent toute étude après un bac ?
Était-ce bien utile de les envoyer en S ?
Alex Paulista, vous faites remarquer que nos élites se lamentent. Mais cela fait 30 ans que c'est ainsi et on a éduqué deux générations de pleurnichards.
La sélection naturelle et en cours, je le crains et pas à notre avantage.
On est devenu une nation de râleurs, de pleurnichards.
On se plaint que nos élèves aient trop d'heures de cours par rapport à leurs petits camarades européens, qui n'ont pas de plus mauvais résultats que nous, mais dès qu'un ministre essaie de faire quelque chose, de gauche comme de droite, c'est la levée des boucliers dogmatiques.
Rédigé par : Surcouf | 14 décembre 2009 à 21:05
@ A oursivi, Alex Paulista, François F et à tous ceux qui s'intéressent aux pourcentages:
Je commence à comprendre pourquoi nous avons autant de taux de TVA.
Rédigé par : mike | 13 décembre 2009 à 10:05
Je ne désespère pas, mon cher Philippe, de vous faire signer des pétitions en matière d'environnement et de protection animale (au cas par cas, cela va sans dire). A propos, savez-vous que Catholiques et Protestants se sont entendus pour faire sonner les cloches à 15 heures dans le monde afin d'alerter l'opinion sur l'urgence climatique et le sommet de Copenhague ? J'espère que cet oecuménique et divin carillon atteindra les plus sceptiques et les plus profanes oreilles, et peut-être même votre cuisine ? (J'aime bien vous taquiner, cher ami).
Pour revenir à la pétition sur l'enseignement de l'histoire en terminale S, ce point de désaccord ne m'empêche pas de saluer les grands axes de la réforme ni l'habileté de Luc Chatel. Doit être un peu jaloux le minet philosophe, Luc Ferry...
@ Alex Paulista,
J'ai bien envie de vous appeler "118" (218), à partir d'aujourd'hui. Vous êtes, pour moi, une source inépuisable de rire.
Rédigé par : Laurent Dingli | 13 décembre 2009 à 09:20
@oursivi
Il est beaucoup plus utile de savoir détecter l'erreur d'une solution d'un problème que l'on n'a pas soi-même résolu que l'inverse !!! Mais à vous lire, on devine que ce genre de subtilité vous échappe un peu...
@Alex Paulista
Bravo si vous réussissez à résoudre de tête votre petit problème de marche aléatoire. Ce n'est pas mon cas, j'entrevois un calcul de convolution infaisable mentalement mais je n'ai pas une idée exacte de ce que vous appelez "marche aléatoire au temps t" !
Quant à votre problème de pourcentages, j'aime bien cette variante simplifiée :
Je revends 2 voitures 10 000 reals chacune. Sur la première, j'ai gagné 25% par rapport au prix d'achat, sur la seconde j'ai perdu 20%.
Sur l'ensemble de la transaction, ai-je gagné de l'argent, en ai-je perdu ou ni l'un l'autre ?
Et comme vous semblez aimer les pourcentages, vous pouvez aussi soumettre cette petite question :
On compare les pourcentages de réussite à la maîtrise (de physique par exemple !) dans 2 universités A et B.
-Le pourcentage des filles en maîtrise de A ayant obtenu leur diplôme est inférieur au pourcentage correspondant de B.
-Par contre le pourcentage des étudiants (filles + garçons) en maîtrise de A ayant obtenu leur diplôme est supérieur au pourcentage correspondant de B.
-Peut-on en déduire que le pourcentage des garçons en maîtrise de A ayant obtenu leur diplôme est supérieur au pourcentage correspondant de B ? L'inverse ? Ou rien du tout ?
Rédigé par : Francois F | 13 décembre 2009 à 00:23
"Je n'ai jamais signé une pétition de ma vie et pourtant je vais sauter le pas. Je manque tellement d'expérience dans ce domaine que j'ai seulement laissé un message, avec mon nom, sur le répondeur téléphonique de l'association des professeurs d'histoire et de géographie et que depuis j'espère avoir été inscrit sur la liste".
Cher Monsieur, puissiez avoir les mêmes réactions sur d'autres thèmes !
Mais revenons au sujet posé par vos soins.
BRAUDEL est souvent cité. L'intéressé a dit, pour ne pas dire "confirmé", que le présent est composé à 90 % de passé.
Aussi suis-je à vos côtés, et vivement en plus.
Sarkozy votre (ancien) champion va-t-il écouter ?
Rédigé par : GL | 12 décembre 2009 à 22:38
Héhé
Vous avez raison François F.
J'ai omis l'heure pleine par erreur en comptant les trains partis entre 10h et midi exclus, c'était là le (petit) piège classique. Vieux décompte des points discrets et des intervalles. On vieillit.
Il faut donc a fortiori que je recrute des jeunes plus éveillés...
En l'occurrence il ne s'agit pas du même registre que ce que je demandais à mes étudiants. Il s'agissait de l'inversion d'un calcul de pourcentages, juste savoir diviser par 1,2 et 0,8. C'est moins captieux.
Mais en fait je dois devenir brésilien, ce qui n'est pas tout à fait pour me déplaire...
Sinon, pour vous donner une idée du type de question que l'on posait en France, c'était : quelle est la probabilité pour qu'une marche aléatoire commençant à 0 soit positive à un temps t et négative au temps 2t. Ce n'est pas dans le registre du piège, tout en étant non-trivial. C'est plus conforme au type de calcul que l'on fait en physique, où l'on s'embarrasse rarement des +/-1 des bornes discrètes (j'essaie de me trouver des excuses...).
Je rassure JPLedun, il m'en faudra un peu plus pour me dissuader de penser par moi-même. Exercice auquel il devrait s'essayer de temps en temps, c'est assez sain finalement.
Rédigé par : Alex paulista | 12 décembre 2009 à 13:36
Rédigé par: Alex paulista | 11 décembre 2009 à 22:02
Cher Alex
Je pense que la réponse à votre dilemme tient à ce que le choix de leur destin supposé a déjà été fait quand ils arrivent en Terminale, donc, même si on sait que certains démentiront la pertinence de l'établissement précoce de celui-là, ceux-là qui n'auront eu accès à ces nobles matières en auront plus ou moins volontairement suggéré la non utilité à leur endroit, ce qui peut paraître un état de fait bien vilain mais quand on compare ce* à quoi ont droit l'essentiel des élèves à leur entrée dans le système scolaire par rapport à ce dont les générations précédentes ont bénéficié, les progrès sont énormes, qui cherchent à maintenir le plus loin possible des élèves pas tous brillants qui il y a seulement trente ans auraient (ont) été envoyés en CAP BEP, avec par la suite une pente à remonter autrement raide s'ils voulaient sortir de leur condition.
*en matière de diversité et d'attrait (enseignement interactif plus ludique, accessible, plus superficiel aussi, c'est bien là le problème) de facilité à l'accès au savoir - merci et non merci Google en ce qu'il a présenté "des profils d'une oeuvre" à tous les savoirs, dans le même temps tentation à un savoir précompilé, à celui qui vise un objectif simple et une acquisition kleenex, sitôt sue et monnayée, sitôt oubliée, telle à un autre niveau, la transformation d'un organisme de recherche en agence de moyens, lesquels ne deviendraient que ceux propres à être contrôlables par les goulus managers immanents (NSarkozy, bonjour M. Ledun) qui sont si dégoûtés de ne comprendre les désintéressés transcendants.
Je trouve courageux, Alex, qu'ayez consenti à répondre à la colle, posée je crois par Robert, là où des embusqués sournois se gardent bien d'avancer une réponse mais discréditent la vôtre sans avancer la queue* d'un argument.
La réponse doit plutôt être 119, 121 trains partant entre 10h et 12h (le cardinal d'un intervalle fermé d'entiers [p,n] étant n-p+1), il faut en extraire les deux extrêmes qui correspondent à celui déjà arrivé (ou en même temps que le départ nous concernant, donc pas croisé) et celui partant à "notre" arrivée, donc pas croisé non plus.
Mais quand avais lu rapidement le post de Robert puis votre réponse, en dehors de toute réflexion sérieuse, j'avais pensé comme vous, 118, parce que c'est le nombre qui vient le plus facilement à l'esprit.
Ce sont les railleries inargumentées qui m'ont donné envie d'investir les deux minutes nécessaires. Toujours plus glorieux de se risquer, fut-ce pour se tromper, que de railler caché...
AO
* et encore moins la leur qui bat piteusement leurs cuisses
Rédigé par : oursivi@Alex&Railleurs | 12 décembre 2009 à 12:55
Je lisais souvent vos notes avec intérêt. Je les lirai beaucoup moins tellement je suis très surpris que vous signiez la pétition sur l'histoire. Votre manque d'objectivité me surprend.
Rédigé par : RH75015 | 12 décembre 2009 à 11:59
@ jabiru
Je vous suis; le raisonnement de Luc Ferry est sérieux et solide.
Rédigé par : mike | 12 décembre 2009 à 10:01
De François F. à Alex Paulista :
"Dernière chose : si vous posez ce problème à vos étudiants brésiliens, ne vous désespérez pas trop vite si personne ne répond 118"
"Mort" de rire. Merci François pour ce rire salvateur.
Rédigé par : jpledun@Francois F. | 12 décembre 2009 à 02:36
"N'éternisons pas cette discussion qui ne passionne peut-être que nous"
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 10 décembre 2009 à 23:24
Bien au contraire, c'est autrement intéressant que de s'intéresser à l'astrologue à 800.000 euros, pris la main dans le sac, qui ment et fait même mine de n'en rien savoir.
Je vais me replonger dans des grimoires d'histoire religieuse, tiens.
AO
Rédigé par : oursivi | 11 décembre 2009 à 23:43
Cher oursivi
"Que cela soit triste ou pas, les "séries spécialisées" (pro) n'ont que rarement destin à diriger des masses telles que la compréhension nécessaire ne puisse se passer des humanités. Ou du moins, est-ce ainsi que cela est perçu en haut lieu."
Justement : est-ce parce qu'ils n'ont pas étudié les humanités qu'ils ne peuvent pas épouser ce destin, ou bien l'inverse comme vous le sous-entendez ?
Rédigé par : Alex paulista | 11 décembre 2009 à 22:02
@Alex Paulista
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
Je ne croyais pas être obligé de développer une solution si évidente mais à vous lire, c'est nécessaire alors allons-y :
Prendre le problème au sens où vous l'entendez initialement, c'est exclure des solutions les "croisements à l'arrêt" (c'est-à-dire les trains de 10h et de 12h) et donc considérer comme solutions l'ensemble des trains partant de B entre 10h01 et 11h59.
On est d'accord ?
A partir de là, on ne peut aboutir à 118, nombre pair. Réfléchissez 10 secondes.
Avec une série alternée pair/impair qui commence à une minute impaire (10h01) et finit à une minute impaire (11h59), le nombre des trains solutions qui démarrent de B à une minute impaire est obligatoirement supérieur d'une unité au nombre des trains solutions qui démarrent de B à une minute paire et la solution, qui est la somme des 2, ne peut être qu'impaire, donc ça ne peut pas être 118 !
C'est à partir de ce simple constat que je m'étais permis de vous informer que votre solution de 118 était erronée ; je ne m'étais même pas donné la peine de chercher la solution mais en l'espèce c'est 119 !
Et si on prend en compte les croisements à l'arrêt (ce qui revient à ajouter à la solution le train de 10h et le train de 12h) on arrive à 121.
Voilà, si vous n'êtes pas convaincu, comptez les trains un par un, vous n'aboutirez jamais à votre solution de 118 !
Je suis toujours un peu inquiet quand quelqu'un qui semble avoir des responsabilités s'entête dans son erreur et refuse d'admettre un résultat faux aussi évident .
Eh non ! Le chef n'a pas toujours raison !
Dernière chose : si vous posez ce problème à vos étudiants brésiliens, ne vous désespérez pas trop vite si personne ne répond 118.
Rédigé par : Francois F | 11 décembre 2009 à 21:42
François F.
Grammaticalement le "bien sûr" s'applique à ce que je dirais, ce qui n'engage que moi.
Je resigne la pétition pour 118. Je peux comprendre la réponse 119 ou 120. Histoire de considérer les situations de trains à l'arrêt, mais c'est vraiment pour vous concéder quelque chose...
Ça y est, vous avez excité ma curiosité: que répondriez-vous, avec l'humilité qui vous caractérise, bien sûr...
J'en profite pour signaler à Robert que j'ai bien compris que ce n'était pas un test, mais je trouve amusant de répondre. Cela n'a de sel que parce qu'on peut tous se tromper de temps en temps, bien évidemment.
Comme en politique...
Rédigé par : Alex paulista | 11 décembre 2009 à 18:31
Rédigé par: Florence | 09 décembre 2009 à 19:16
Pas infondé, ce discernement.
Que cela soit triste ou pas, les "séries spécialisées" (pro) n'ont que rarement destin à diriger des masses telles que la compréhension nécessaire ne puisse se passer des humanités. Ou du moins, est-ce ainsi que cela est perçu en haut lieu.
Notons aussi qu'en général les littéraires se tamponnent le coquillard de s'exercer aux faibles maths répétitives qu'on pourrait leur proposer, là où les scientifiques peuvent être émoustillés par les joutes que l'examen de ces pages glorieuses ou minables que les "leurs" ou de plus lointains semblables ont écrites à coups de sabre, d'intrigues ou de canon.
Surtout quand les consciences s'aiguisent comme en Terminale où l'on est - ou presque - un adulte, un électeur potentiel.
De plus, il y avait un vrai délassement à écouter son prof d'histoire géo ; celui qui m'instruisit cette année là était aussi à gauche que la moyenne de la classe était à droite et malgré ce, réussit d'un humour dont l'influence de Coluche n'était absente à convaincre de ses "ennemis de classe" de quelques vertus des social-démocraties.
Me revient l'image d'un camarade de classe doté du même genre d'humour* et, fils de grand patron, politiquement radicalement opposé à cet enseignant mais qui s'en enticha pourtant au point de vouloir s'en faire un ami. Le fait qu'ils fissent tous deux près d'un mètre quatre-vingt-dix n'y était pas pour rien, surtout pour qui connaît cette phrase de Rocard qui déclara un jour son manque de physique cause principale de sa faillite à entraîner Chirac vers la Gauche...
AO
* Il poussa le mimétisme jusqu'à se tuer en moto juste deux ans après le regretté humoriste-motard...
Yves, merci.
Rédigé par : oursivi@Flo&Yves | 11 décembre 2009 à 17:50
Alors là, bravo !
Si je ne suis pas d'accord sur "l'élevage en batterie" de l'école de la Magistrature, j'applaudis au non-renoncement des références historiques !
Rédigé par : routa villanova | 11 décembre 2009 à 12:54
@ Jean-Dominique Reffait,
En soulignant moi-même la contradiction dans les termes, j'ai voulu dire, vous l'aurez compris, que le débat était mal formulé dès le départ : il ne s'agit pas de "racines" de l'Europe - puisque la question de l'antériorité n'apprend rien sur le sujet - mais bien des composantes de l'identité européenne et/ou française. L'important n'est pas de savoir qui, de la poule ou de l'oeuf, a précédé l'autre, mais comment est constitué l'oeuf ou la poule.
Rédigé par : Laurent Dingli | 11 décembre 2009 à 10:19
En réponse à un problème basique posé par Robert, Alex Paulista répond : "je dirais 118 bien sûr"
Le" bien sûr" ne s'imposait pas, surtout pour fournir une réponse FAUSSE !
Un peu d'humilité !
Et après le même va critiquer le niveau en calcul mental des étudiants brésiliens. :)))
Rédigé par : Francois F @alex paulista | 11 décembre 2009 à 00:20
Laurent Dingli, interminable colloque que celui-ci. Si j'évoque les racines de l'Europe, ce sont celles de la conscience européenne et non, évidemment, les divers apports à la civilisation qui, d'une région à l'autre, ont infléchi les perceptions. Ce sentiment d'appartenir de Trèves à Capri à un ensemble cohérent d'intérêts commerciaux, culturels, politiques a été clairement inventé par les Grecs (mythe d'Europe qui sépare l'Orient de l'Occident) et répandu par le génie romain en Europe occidentale. Les racines sont les racines, vous soulevez vous-même le paradoxe de votre conception de racines évolutives. Par la suite, le judéo-christianisme a nourri ses racines, comme une pluie, ainsi que d'autres pluies mais il est intervenu dans un ensemble capable de le recevoir de façon cohérente, à la condition qu'il devienne ce catholicisme romain, reprenant tous les attributs de la puissance impériale, jusqu'à sa capitale et son vocabulaire (Pontife, curie, etc.).
En temps que breton, je conteste malgré tout les racines celtes de la conscience européenne, car nos ancêtres gaulois n'ont jamais rien conçu de tel. Cela ne signifie pas pour autant, comme pour le christianisme, que les celtes n'ont pas eu une influence déterminante dans les pratiques et les perceptions culturelles : ces pratiques et ces perceptions ne se concevaient pas comme européennes à la façon des gréco-romains.
Loin de moi l'idée d'évacuer l'apport - utile ou non - déterminant du judéo-christianisme à la civilisation européenne. Le judéo-christianisme n'a seulement pas fondé la civilisation européenne qui préexistait à son arrivée.
Il y aurait également infiniment à dire sur la nature orientale du christianisme. A plusieurs milliers d'années de distance, le judaïsme et l'islam ont des parentés étonnantes, jusque dans les détails de la compréhension de la vie. Entre les deux, le christianisme est une singularité qui ne ressemble ni à l'un ni à l'autre, singularité née dans le monde romain. Et puisque vous citez Paul, la rupture avec les premiers judéo-chrétiens de Palestine tenait à ce qu'il pensait "impérial" en prétendant que les Grecs pouvaient devenir "chrétiens", ce que les juifs comprenaient alors comme "juif d'obédience chrétienne", sans être né de parents juifs et sans être circoncis. Le christianisme universel, s'il est né pratiquement de Paul, est bien conçu comme une religion impériale au sein de l'empire : l'objectif, c'est Rome.
N'éternisons pas cette discussion qui ne passionne peut-être que nous, mais notons cependant qu'il est ridicule de torcher un débat sur l'identité nationale en quelques semaines de ronds de jambe dans les sous-préfectures, au regard de la difficulté de ce que nous évoquons...
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 10 décembre 2009 à 23:24
Monsieur,
Vous en êtes à votre première pétition. L’enseignement de l’Histoire et de la Géographie me conduit à en être à ma première réponse à l’un de vos billets, lus cependant avec assiduité. Au plan des idées sur la conduite des affaires de notre Patrie, de ses affaires sociétales et de ses Institutions, nous ne sommes, trivialement parlant, pas du même bord.
Cette Patrie que j’ai invoquée sans tarder, hors du barbouillage dont la recouvre la fameuse « identité nationale », n’intéresse pas que les élèves de Terminale S. Parlant de l’Histoire (et avec la Géographie c’est tout un. Je tolèrerais qu’un de nos jeunes compatriotes sût ce qui se déroula à Marengo et qu’il situât cette localité, à cause du bœuf, dans la pampa argentine, jusqu’au CM1. Certainement pas au-delà), il s’agit d’un enseignement fondateur qui, à mes yeux, se situe immédiatement après celui de la lecture. Celle-ci est l’outil de toutes les connaissances et on pourrait aussi bien ânonner « Bo-na-par-te » que « pa-pil-lon ».
Cette Patrie est gravée partout, au plus profond de nous, même lorsque certains, en colère, décrètent qu’elle n’aura pas leurs os.
Le déroulement de son Histoire et la vision de son environnement passé et présent, le sentiment qu’il y a pour l’Histoire de cette Patrie et de l’Humanité toute entière une communauté dont on doit connaître les contours, les reliefs et les populations, ce n’est point chose négligeable, qu’on peut tripatouiller au gré de « ruptures » (suis-je myope depuis quelques années : je ne vois que des « fêlures » ?). Vous avez décidé de vous élever contre. Bien des honnêtes citoyens, avec vous, c’est vrai, peuvent se poser la question : "Avons-nous eu tout faux ?". Eh oui, Monsieur, vous avez « eu tout faux. » La Patrie, son parcours, la nécessaire connaissance que tous doivent en avoir, font que vous nous offrez l’occasion de faire, sur ce chemin crucial, un pas avec vous.
Soyez-en, du fond du cœur, remercié.
Si cela ne vous coute qu’une pétition, vous vous en tirez bien. J’ai quelques bonnes raisons de penser que nous aurons d’autres gribouillis plus crochus et venimeux à affronter.
Je souhaite que vous nous offriez alors une nouvelle occasion de faire encore un pas avec vous.
Je vous prie de croire, Monsieur, en ma considération très distinguée.
Rédigé par : Jean Reffait | 10 décembre 2009 à 22:48
Cher Alex,
Je ne cherchais point à vous tester, mais plus simplement à vous suggérer une question à poser à vos étudiants en complément de votre petit problème, que par ailleurs j'avais bien compris.
Mais il est loin le temps de mon enfance où l'on apprenait à résoudre par le raisonnement arithmétique...
L'un des problèmes de notre enseignement scientifique (essentiellement des mathématiques d'ailleurs) est qu'on l'a considérablement rendu abstrait, oubliant que l'esprit de chaque collégien ou lycéen n'est pas toujours fait pour l'abstraction.
Sans doute aurait-on plus de vocations à ce type d'études si l'on reprenait l'enseignement de la géométrie (plane ou dans l'espace) qui, outre qu'elle forçait à un raisonnement rigoureux, obligeait l'esprit à chercher sur des représentations concrètes. On a tout simplement oublié l'une des fonctions fondamentales de l'enseignement : former la plastique du cerveau...
Rédigé par : Robert | 10 décembre 2009 à 22:02
OK et merci ! Et où se trouve le lien pour signer la pétition ?
Rédigé par : Alice LEWIS | 10 décembre 2009 à 21:33
Cher Robert
Il s'agit du prix de revente (le seul qui vaille !). Sinon, pour votre question je dirais 118 bien sûr, soit ceux partis de B dans l'intervalle ]10h, 12h[.
Cher Ludovic
"la série S représente un bachelier sur deux"
Vous êtes certain ?
J'ai vécu la dernière année du bac C et je crois qu'à l'époque il ne représentait que 5% des bacheliers.
Je peine à croire que le bac S, qui regroupe les anciennes filières C, D et E concerne 50% des bacheliers.
Il y a une quinzaine d'années il y avait tous les A1, A2, G, G2, B, plus tous les bacs techniques Fi.
Rédigé par : Alex paulista | 10 décembre 2009 à 19:37