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Voici les sites qui parlent de Camus dans notre panthéon :

Commentaires

Luce Caggini

Camus le pied-noir

Parmi les litanies éclairées, parmi ces chants qui ne parlent que de leur soi-même, se justifiant par des citations érudites, mieux que personne, Philippe Bilger a su rendre Camus à Camus.
Surtout, en peu de lignes, cet homme du Nord nous tend la main, nous délivre de cette poche de désespoir où, contenus, confinés, ternis depuis notre retour d'Algérie, nous voilà enfin associés à l'Homme du soleil, l'Homme révolté, sans avoir à justifier notre amour éperdu pour cette Algérie conspuée par les Badiou, les Sartre, ces élites asexuées.
Ont-elles jamais goûté la Méditerranée de nos rives sur leur peau ?
La nudité des corps dans l'embrasement d'une journée sur nos plages ?
Ont-elles eu ces approches des filles de chez nous ?
Tout ce patrimoine de l'homme Camus.

Valerie

Rédigé par Clafoutis le 09 janvier 2010 à 17:46

Discussion a laquelle il n'y a aucune suite a apporter puisqu'elle n'est d'aucun interet pour personne et ne se resume qu'a polluer un billet fort interessant et des commentaires qui ne le sont pas moins.

Je vous fais seulement parvenir une definition qui resume, a mes yeux, vos deux precedentes interventions :

"Un troll est une action de nature à créer une polémique en provoquant les participants d'un espace de discussion. Le mot désigne également un utilisateur qui a recours a ce type d'action."

Yves Byga

Merci Monsieur Bilger pour l'hommage inspiré que vous rendez à Albert Camus. Oui, sa pensée et ses textes sont toujours vivants et d'actualité. Et, oui il a encore souvent raison. En décembre1957, il rendait hommage au président Eduardo Santos, chassé de Colombie par la dictature, et il écrivait, entre autres : “Ceux qui veulent la liberté à la fois pour eux-mêmes et pour les autres, ceux-là, dans un siècle que la misère ou la terreur vouent aux folies de l'oppression, sont les grains sous la neige dont parlait un des plus grands d'entre nous. La tempête passée, le monde se nourrira d'eux.
De pareils hommes, nous le savons, sont rares. (…) Si vous voulez le bonheur du peuple, donnez-lui la parole pour qu'il dise quel est le bonheur qu'il veut et celui dont il ne veut pas.(…)“
52 ans plus tard, regardant le monde, il serait atterré d'avoir encore raison.

Alex paulista

JDR

Je suis bien d'accord avec vous, et c'est ce que j'ai tenté d'exprimer en disant de Meursault qu'il "lui manque une intelligence émotionnelle et ce goût de la vie", sous-entendu par opposition à Camus. Désolé si je n'ai pas été assez clair.

Robert

Merci à Jean Reffait pour son magistral complément au non moins magistral article de Philippe Bilger.
Merci enfin à Albert Camus de provoquer des débats de cette qualité cinquante ans après sa disparition : quoi que certains en ait dit, il a été et reste un vrai "maître à penser", en tout cas il a été l'un des miens et reste en ces temps peu humanistes un fidèle compagnon de l'esprit et du cœur.

Clafoutis

@Valerie (vos commentaires sur : Le crime "à l'essai"):
"Jusqu'ou faudra-t-il tolerer l'intolerable ?"
"Les responsables de cette gabegie devraient avoir a repondre."
"Bon enfin, si vous voulez faire une bonne oeuvre, vous pouvez toujours l'adopter...mais gardez-le au chaud enferme chez vous !!!"
"peut-etre qu'en France aujourd'hui, tout le monde ne sort pas encore arme d'un couteau pour vaquer a ses activites quotidiennes ?"

J'ai extrait ci-dessus quelques-unes des fortes pensées qui agrémentent vos interventions, enrichissent le débat et m'ont donc fait réagir.
J'ai dit - rapidement - que vous étiez (avec beaucoup d'autres commentateurs) excitée. C'est effectivement abusif : tout au plus énervée. Voire exaltée. Mais certainement pas hystérique : il aurait fallu vous enfermer définitivement !
Comme le terme me paraissait un peu "sec", j'ai ajouté "sans âme".
C'était au sens, naturellement, symbolique. J'aurais pu écrire "sans cœur" comme me disait ma grand-mère lorsque je faisais preuve d'égoïsme et de méchanceté. Mais cela aurait fait un peu mièvre en face des arguments de haute tenue.
Voilà ce que vous prîtes pour des insultes.
Si cela vous a blessée j'en suis désolé.
Et je suis prêt à reconnaître que vous fîtes preuve d'un humanisme de bonne tenue, appuyé sur des arguments aussi logiques que nuancés.
Sûr que le Bon Dieu dans son Paradis a eu la larme à l'œil en vous lisant.

@Valerie (votre commentaire du 8/01 à 18h42)
Vous me citiez : "Qu'aurait-il répondu à Valérie ? ..."
Et vous répondiez :
"Desormais, Dieu seul le sait et vous n'en savez rien... pas plus que personne ici-bas.

N'invoquez pas ce Grand Ecrivain qui ne merite pas d'etre associe a votre "bave de crapeau"."

Mais vous aurez remarqué que je n'ai pas fait parler Camus !!!
Quant à la bave de crapaud, reconnaissez que vous ne risquez rien, en tant que blanche colombe.
À noter qu'outre la bave, vous m'attribuez l'expectoration de venin et de bile !
N'est-ce pas too much ? Mm ?

Enfin, j'assume : je suis au regret de vous informer que j'ai, malgré l'ostracisme dont vous me frappez, l'intention de fréquenter ce blog - et même d'émettre parfois, selon mon bon vouloir - mais me pliant contraint et forcé à l'éventuelle censure de notre hôte (mais de lui seul) - des commentaires "à ma façon".

Un mot gentil pour finir : après relecture des commentaires sur "Le crime "à l'essai"", vous n'êtes pas la pire.

Bernard-27400

Albert Camus mérite tous les éloges qui lui sont rendus sur ce blog et auxquels je m'associe.
J'ouvre une parenthèse :
Camus était un abolitionniste convaincu et renvoyait sur le sujet qui touche la peine de mort à la lecture de : "Les monstres", écrit par son ami Roger Grenier.

Savonarole

"Autant Lourmarin est un endroit délicieux, autant le Panthéon est glacial."
Rédigé par: mike | 09 janvier 2010 à 15:18
________________________________________
Imagine l'accueil que lui réserverait Voltaire ! L'absolu manque d'humour de Camus et le célèbre sourire de Voltaire ! Quel débat passionnant !
Finalement Camus taperait le carton avec Rousseau, ils ont plus de choses en commun.
Et quand la partie deviendrait trop bruyante, Jean Moulin ramènerait Camus à plus de raison : "au lieu d'écrire des églogues, t'aurais mieux fait de sauter d'un Lysander sur Limoges !"...
Mike, tu as raison, ce serait "glacial", comme tu dis...

mike

Autant Lourmarin est un endroit délicieux, autant le Panthéon est glacial.

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« La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifie la fin ? À cette question, que la pensée historique laisse pendante, la révolte répond : les moyens »

L’homme révolté, 1951

Laurent Dingli

J'entends bien vos explications, Jean-Dominique Reffait. Je pense cependant qu'il eût été possible de marquer le décalage que vous évoquez parfaitement tout en conservant quelques nuances dans le propos. Il n'y a là, me semble-t-il, rien de contradictoire. En plus d'être un grand écrivain, Camus représente la gauche humaniste et démocratique française, opposée à celle de Sartre qui justifiait les pires crimes du totalitarisme, et c'est aussi pour cela que nous l'aimons. Mais, à l'époque dont je parlais, Camus a hurlé avec les loups contre un homme à terre, accusé injustement de collaboration avec l'ennemi. C'est un fait qui me touche et que je ne peux lui pardonner.

Jean Reffait

Monsieur,

Vous nous régalez de références humaines, qui précisément parce qu'elles le sont, sont bien précieuses.
Après François Mitterrand, voici Albert Camus. J'imagine la tempête qui va rugir dans les cerveaux reptiliens de certains de vos tonitruants d'avant-hier, de se trouver face à quelqu'un qui vous fait révérence de provoquer de telles proximités. Je pense que François Mitterrand admirait Albert Camus et que sa mort l'affligea.
Ils ne furent d'ailleurs pas si loin que vous le supposez, durant un temps, car Camus a bien été au parti communiste, ce dont il a bien fait de ne jamais se repentir. Cet homme droit sans tuteur, souple sans corset, élégant sans tailleur de renom, et philosophe parce qu'écrivain et non pas, comme on le lui reproche, glissant un peu de réflexion dans des écrits de valeur stylistique, cet homme a beaucoup marqué ma jeunesse et mon âge avancé ne s'en est pas séparé.

J'ai eu l'occasion, il y a quelques années, devant un autre cénacle, de réfléchir à haute voix sur un mythe qui m'est cher, mais qui, je suppose, vous l'est aussi : celui de Prométhée. Et l'idée m'était venue, toute seule, d'accoler au Caucase maudit du Titan enchaîné, le Mythe de Sisyphe. Je voyais une opposition entre la gloire suppliciée de Prométhée et le ridicule destin de Sisyphe, le roi de Corinthe, qui pensait plus à bafouer les dieux qu'à promouvoir l'Homme, et entre ce qu'ils représentaient à mes yeux : l'Absurde et l'Espérance. J'avais d'ailleurs titré ainsi le texte que j'avais écrit.

Pourquoi n'ai-je pas pu (je ne l'ai pas tenté) marquer la moindre césure entre ces deux porteurs de mythes ? Il m'apparaissait que Camus était, de toute évidence, le dénonciateur posé mais implacable de l'Absurdité sisyphienne et qu'il siégeait pour accomplir ce devoir, en haut du Caucase, lui aussi aux côtés de Prométhée, le foie en lambeaux (le foie ! symbole de tout l'Amour du Monde, spécialement de l'Amour maternel, dans nos civilisations-mères, celles de cette Antiquité-là), et souffrant de sa propre ironie devant les efforts de Sisyphe en train de rouler vers le sommet jamais atteint, son rocher d'Absurde. Je les faisais échanger quelques mots, entre mythes, une fois Prométhée libéré par la sagesse mi-divine mi humaine d'Héraklès, mots définitivement infinis, tels l'éternité de l'Espérance dernier article demeuré au fond de la boîte de Pandore (épouse du frère de Prométhée, Epiméthée. Tiens, tiens...) et l'Absurde dont Camus allait faire une théorie éminemment morale du calvaire humain.

Vous notez fort bien l'apparent paradoxe d'un Camus créant sa vie consubstantiellement de profondeurs philosophiques insoupçonnées et de fariboles joyeuses sans compromission aucune avec la vulgarité de tant qui l'ont lu et qui sont passés à côté de lui sans le voir. C'est très prométhéen, tout cela et, je ne pense pas, qu'évoquant Albert Camus, nous puissions nous exonérer de repérer dans ce cortège dyonisiaque, les simples bonheurs de chaque jour, tels ceux qui résonnaient lors des fêtes de Démeter à Mantinée où, précisément, le Titan se rendit. Ainsi nous retrouvons la terre et les hommes, aussi unis que fils le fut à sa mère (vous citez, in fine, la phrase célèbre de Camus), ou que les villageois de Goethe, dont le Faust est, à cet instant, noyé dans l'Absurdité d'une condition humaine mal assimilée. Albert Camus, écrivait Gaëtan Picon, "est un sage - acceptant l'héritage d'instruments éprouvés." "Mais", poursuivait-il, "le vrai mérite de Camus est d'avoir élevé à la perfection de la forme classique une sensibilité très précisément moderne. Il lui revient l'honneur d'avoir donné de l'homme contemporain la seule expression mythique qu'il ait, jusqu'à présent, reçue.". Et un peu plus loin : "Camus met l'accent sur l'irrémédiable.". ("Panorama de la nouvelle littérature française", Gallimard 1949)

Pour tous ceux qui, comme c'est mon cas, pensent que l'Homme et tout ce qui existe (je ne dis pas "ce qui vit" mais: "ce qui existe") ne s'écrit qu'avec des points d'interrogation, il aura été bien agréable de pouvoir s'appuyer sur cette lumineuse béquille.

Merci Monsieur Camus.

Jean-Dominique Reffait@Laurent Dingli et Alex

Laurent Dingli,

On peut ne pas avoir eu tort sans pour autant avoir eu raison. Ce que remarque Philippe, c'est l'encensement dont bénéficient ceux qui ont eu tort et le relatif mépris où sont tenus ceux qui ne se sont pas nécessairement plantés sur tout. Il s'agit, je pense, pour Philippe, de mettre en avant la rareté insupportable de Camus : celle de n'être point laid comme Sartre, laideur qui compenserait la trop grande beauté de l'esprit, celle de ne pas sacrifier le vivant à l'idéologie, celle de ne pas renoncer à vivre, à vibrer, à s'émouvoir parce que cette vie, cette vibration et cette émotion ne seraient pas intellectuellement admissibles. Camus revendique une marge d'erreur, et au nom de celle, recherche la solution viable. Cette marge d'erreur, cette indulgence camusienne, accordons la lui pour ses propres manquements.

Alex Paulista,

Erreur lycéenne que la vôtre : Meursault n'a rien à voir avec Camus, et tout à avoir avec Caligula. Meursault est étranger parce qu'il rejette d'entrer dans la vie réelle, qu'il prétend vivre dans l'absolu de la vérité et, comprenant que cet absolu est inatteignable, sacrifie tout parce que rien ne vaudrait plus la peine.

C'est précisément l'anti-Camus et c'est très exactement le contraire qu'exprime Philippe dans son billet : Camus n'est pas Meursault, Camus accepte la vie, ses contradictions, ses plaisirs qui transigent avec l'absolu d'une exigence de pureté. Camus ne rejoint pas les idéologues prêts à tout faire sauter pour des lendemains qui chantent, toujours des lendemains, jamais la joie de goûter le moment de vie.

Je crains que vous ne soyez dans le contresens adolescent.

Mary Preud'homme

Albert Camus au Panthéon. Gageons que l'intéressé aurait trouvé cela "absurde". D'autant que beaucoup d'autres hommes et femmes qui ont honoré la France, pressentis de longue date, n'y sont toujours pas. Par ailleurs, il semblerait que les descendants d'Albert Camus n'y soient pas favorables. Et vu le contexte de cette décision, comme on les comprend.

Laurent Dingli

@ Monsieur Bouant,
Je ne comprends pas très bien ce que viennent faire là les insultes que vous me prêtez à propos de Camus ni ce que vous dites sur ma prétendue habitude à me dérober. Sur quoi vous fondez-vous ? J'ai eu un seul échange avec vous. Vous m'aviez interpellé à propos d'écologie, et je vous avais répondu poliment et de manière argumentée. Vous n'avez pas jugé bon de poursuivre, peut-être faute d'arguments. En ce qui concerne Camus, vos insultes ("salaud") sont tout à fait déplacées à l'égard de mon commentaire qui se contentait de rappeler à Philippe Bilger que Camus avait, comme la plupart des êtres humains, sa part d'ombre et de lumière. Et, pour étayer mes dires, je faisais référence à un fait précis. Cessez donc, je vous prie, de fantasmer sur mes commentaires, ou alors répondez-y de manière polie et argumentée comme je l'ai fait avec vous.

@ Ludovic et cher confrère,
Je n'ai jamais pensé que la place d'Albert Camus n'était pas au Panthéon, mais que la Légion d'honneur attribuée à Daniela Lumbroso était en contradiction de manière trop évidente avec ce premier projet. Voyez-vous, je suis peut-être naïf, mais j'aime bien la cohérence de l'action publique. Je comprends que vous soyez désabusé, notamment à propos des "colifichets" de la République (je suis persuadé quant à vous que vous les méritez), mais je crois qu'il ne faut pas baisser les bras devant ces procédés indignes, même s'ils ne sont pas nouveaux. Quant à ma vision de Nicolas Sarkozy, détrompez-vous, il reste pour moi "Little big man" : grand parfois, notamment lorsqu'il défend l'aide internationale aux pays pauvres ou une politique ambitieuse au plan environnemental, mais petit lorsqu'il avilit la République par des pressions insensées, comme celle consistant à imposer ladite Lumbroso à France Télévisions (Le Point) avant de la décorer. Et oui, je ne décolère pas, et je rejoins Philippe Bilger sur ce qu'il dénonce depuis longtemps. Vous voyez, c'est comme pour Camus, c'est tout de même étrange de ne pas comprendre que l'on puisse critiquer un homme que l'on respecte et même que l'on admire. Beaucoup de gens oscillent entre la haine et l'adulation. Comme vous avez toujours manifesté une attitude non sectaire sur ce blog, je suis persuadé que vous me comprendrez.

Achille57

J’ai pu observer sur certains blogs (bien sûr pas celui-ci qui se démarque des autres par la qualité de ses intervenants et surtout de son propriétaire) que certains passages de l’Etranger soigneusement sortis de leur contexte étaient reproduits afin de laisser entendre qu’Albert Camus avait gardé un grand ressentiment envers les Arabes.
Manipulation grossière évidemment destinée à semer le trouble à un moment où un grand débat est lancé par Eric Besson sur l’identité nationale.
Albert Camus était d’abord un humaniste et à ce titre ne pouvait nourrir de sentiments racistes.

Camus ne s’est jamais trompé de cible. Il a eu tort d’avoir raison dans sa conception de notre société, alors qu’il est clair aujourd’hui que Sartre s’était lourdement trompé.

Albert Camus a dit que sa patrie était la langue française. N’est-ce pas là la vraie idée qu’il convient de retenir en ce qui concerne l’identité nationale ?

Ludovic

Cher Laurent Dingli,

Je vous rejoins volontiers sur Daniela Lumbroso, pourquoi la Légion d'honneur ? Mais Camus a tout à fait sa place au Panthéon.
Et puis vous savez tout comme moi ce qu'il convient de penser des colifichets de la République, j'en ai reçu deux c'est dire (un ruban violet puis un bleu).
Je constate un certain désenchantement vis-à-vis de celui que vous dénommiez il y a peu encore "mon little big man".
Je n'ai jamais été enchanté par le personnage, aussi lorsqu'il me surprend, ce ne peut être qu'heureusement.
Quant à dire qu'il est médiocre, je vous rejoins tout à fait.
Un grand homme d'Etat nous a quittés hier, et je ne vois pas grand monde qui mérite de lui être comparé aujourd'hui.

Florence

La différence entre Camus et Sartre, c'est la différence entre la vérité et la mode. L'une passe, l'autre trépasse.

Duval Uzan

Ce qui est nommé est perdu, disait-il dans "Noces" et L'été".

Chut, quel silence...

Duval Uzan

Robert

Albert Camus, si décrié et rejeté par une certaine intelligentsia germano-pratine, revient en grâce et ce n'est que justice pour l'humaniste qu'il n'a cessé d'être. Sans doute, comme tout être humain, a-t-il pu se tromper quelques fois. Mais son sens absolu de l'éthique lui a fait toujours garder le sens de la mesure et de l'honneur. On ne peut guère en dire autant de la grande majorité des intellectuels de son époque qui, par ailleurs, lui refusaient cette qualité d'intellectuel ! Sans doute aussi sa mort, certes prématurée, est-elle intervenue au faîte de son œuvre et lui a-t-elle empêché de risquer la chute qu'ont connue la plupart de ses contempteurs.

Sans doute ses qualités et surtout celle du parfait écrivain amoureux et respectueux de notre langue lui font-elles incontestablement mériter de figurer en notre Panthéon national auprès de ses pairs qui y reposent déjà. Mais ce choix, s'il n'appartient qu'à sa seule famille, ne saurait être tout ou partie lié à des contingences ou arrière-pensées politiciennes. Camus mérite mieux que cela.

Laurent Dingli

Non décidément, la pilule ne passe pas. Camus au Panthéon et Lumbroso à la Légion d'honneur... La contradiction est trop évidente, trop cinglante. Donner la Légion d'honneur à l'animatrice de Chabada ! C'est anéantir la panthéonisation du grand écrivain, c'est ravaler sa pensée au niveau des boniches, c'est ramener la République au copinage, au rien, au vide le plus éhonté, c'est cracher au visage de Marianne. Je sais bien que le gouvernement socialiste avait fait de Stallone alias Rambo un chevalier des Arts et des Lettres ! Ce gros tas de muscles amerlok bardé de mitraillettes, un chevalier de la culture ! Foutre ! Mais qu'importe ! la sottise des uns n'excuse pas celle de l'autre. Voilà bien Nicolas Sarkozy : comme l'a remarqué Catherine Nay, qui lui veut pourtant du bien, il finit toujours par gâcher par des insanités ce qu'il peut faire de grand. Cette affaire, qui pourrait paraître à tort comme un détail, est aussi grotesque que scandaleuse. Je crois que vous aviez raison sur cela, Philippe, il se condamne lui-même à la médiocrité.

Catherine JACOB

@Savonarole | 08 janvier 2010 à 18:32
"Il y en a un qu'il ne faut pas mettre au Panthéon, c'est Jacques Lacan.
Quand on voit les ravages de ses blémitudes abstractives sur Catherine Jacob on mesure l'étendue du naufrage intellectuel français"

Je ne veux pas être rendue responsable d'une décision de ne pas mettre Lacan au Panthéon sur un air ou non de bandoléon !

Ceci dit, je suis bien désolée mais il existe une différence et non des moindres entre le démonstratif et l'article défini, et une différence qui peut faire tout le fond d'un mauvais procès ou d'une accusation erronée !

"Albert Camus c'était le contraire de ce narcissisme échevelé."
Albert Camus c'est le roman pas la grammaire !

Ludovic

Bonsoir M. Bilger,

Magnifique éloge d'Albert Camus, qui bien sûr figure depuis bien longtemps dans le panthéon de nos coeurs.
Qui n'a jamais lu Camus ? Je crois d'ailleurs que L'Etranger est le roman le plus lu en France.
Quant à savoir si ses cendres doivent être déposées au Panthéon, une fois n'est pas coutume, je me rangerai à l'avis de J.P. Ledun qui ne va pas en revenir.
Je trouve que l'on fait un bien mauvais procès à Nicolas Sarkozy en l'accusant de récupération politique. Son projet n'est pas si récent que cela et je ne crois sérieusement pas que le président de la République cherche à se servir d'Albert Camus pour redorer son image.
Mais Camus lui-même aurait-il souhaité cette panthéonisation ? On ne le saura jamais, mais il était très attaché à son village de Lourmarin où il avait sa maison et où il repose dans une sépulture très modeste au milieu du thym, du romarin et des mimosas.
Laissons sa fille décider de ce qu'il convient de faire, loin de toute polémique.

Savonarole

Rédigé par: Clafoutis | 08 janvier 2010 à 12:05

Passer de Camus aux vaches folles, tout en se posant mille questions.
En voilà un clafoutis...

Valerie

Rédigé par Madame ou Monsieur Clafoutis le 08 janvier 2010 à 12:05

"Qu'aurait-il répondu à Valérie ? ..."

Desormais, Dieu seul le sait et vous n'en savez rien... pas plus que personne ici-bas.

N'invoquez pas ce Grand Ecrivain qui ne merite pas d'etre associe a votre "bave de crapeau".


"...autres excités sans âme ?..."

Ayez au moins le courage d'indiquer si vous etes un homme ou une femme, ce sera deja un minimum pour insulter autrui.

Je ne vous autorise en aucun cas a faire mention ne serait-ce que de mon seul prenom pour degrader ma personne.

Pour cracher votre venin, il y a toujours des forums que vous trouverez a votre niveau et sur lesquels vous pourrez deverser votre bile.

A bon entendeur, salut.


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